Carnet de voyage

Road Trip in South-East Asia

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Dernière étape postée il y a 2290 jours
Apres 6 mois à porter le costume, les chaussures de trek sont de retour !
Février 2018
10 semaines
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Jour de départ !

Pour me rendre à Gare de Nord, j'ai le choix entre le rer B, le D ou la ligne 4. Mais, une fois a Chatelêt à 9h50, ces 3 lignes sont interrompues (entre autre pour colis oublié). Mon Thalys pour me rendre à Bruxelles est à 10h19 et un ptit coup de stress se fait sentir. Finalement, à 10h, l'incident sur le B est terminé et j'arrive à 10h05 à Gare de Nord. Une petite course dans la (trop grande) gare puis une impression de billet plus tard, me voilà soulagé dans mon train qui part 3 minutes après m'être déchargé! Un petit coup de chaud pour bien se préparer au 35° d'Ho Chi Minh. Une bière belge serait plus que la bienvenue!


Le bronzape parisien après 6 mois passés à La Défense...
Publié le 15 février 2018

Le reste du voyage se déroule sans inconvénient, une fois à Bruxelles je prends de nouveau un train pour aller à l'aéroport, puis je fais mon checkin. Un peu d'attente et me voilà parti pour Doha, Qatar.


Voyage léger

Une escale de 2h plus tard, le nouvel avion m'emmène en direction de Ho Chi Minh, mon point de chute. Une fois là bas, ma première nuit en auberge étant déjà réservée, je cherche le bus que l'hôtel m'a communiqué pour m'y rendre. Je me fais balader à droite à gauche pendant plus d'1h, tout le monde se contredit sur l'emplacement de la gare, et à chaque fois on essaie de m'y emmener, en taxi, uber ou mob'. De longues recherches infructueuses plus tard, j'apprends qu'en fait il n'y en a pas de bus car ce sont les vacances ... J'opte donc finalement pour un Uber.

J'arrive enfin à l'hotel qui est top ! (Like hostel and cafe) Les dortoirs de 10 sont super bien aménagés.

Lit cloisonné pour un intimité parfaite

Après une douche plus que nécessaire, je m'en vais balader en ville, à la recherche de premiers garages qui pourraient vendre des Honda Win. J'en fais 2-3 et il y en a une qui serait susceptible de me convenir. J'y retournerai demain pour négocier.

Je trouve qu'il y a une ambiance plus que festive dans les rues, et me rends bien vite compte que c'est le Têt, le nouvel an vietnamien, le soir même ! J'apprends aussi l'emplacement du feu d'artifice, visible depuis un pont. Après 5h de vadrouille et 30000 pas effectués, les maigres plateaux repas des compagnies aériennes ne sont d'aucune aide et je m'arrête dans un street food. Ici, on mange sur le trottoire, dirigé vers la route. C'est le people watching. Je commande le plat que mon voisin de tablé me recommande, et que je ne regrette pas !

Finalement, après avoir dîné, 2 fois, je me rends au pont pour voir le feu d'artifice. Le réveillon est très différent du notre ici, on ne se fait pas la bise, on ne crie pas. Les gens se contentent de venir admirer le feu d'artifice, mais c'est plus traditionnel en majorité. On met des encens devant sa porte accompagnés de fruits et de sucreries, en offrande aux anciens pour les inviter dans la maison.

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Je me rends au musée de la guerre du Vietnam où il y a de nombreux véhicules en exposition. Tanks, hélicoptères et avions, je "mitraille" et ai le sourire car j'admire ces engins de guerre. Cependant je le perds vite une fois dans les Tiger Cages - prisons américaines destinées aux vietnamiens nordistes capturés - et face aux nombreuses images de torture de prisoniers.

Le sentiment de dégout devient encore pire dans les salles dédiées aux conséquences du Napalm et de l'Agent Orange - herbicide utilisé pour détruire toute végétation afin de ne laisser aucune cachette possible, et qui a conduit à des No man lands. Ces produits étaient fortement toxiques et énormément de personnes ont subi des malformations et de graves maladies - venant compléter lse victimes directes -


M41 et Chinook américans

Ensuite, l'objectif de la journée étant ne l'oublions pas d'acheter une moto qui sera ma meilleure amie durant 10 semaines, je reprends les recherches entamées la veille.

Je décide de retourner dans l'après midi chez un vendeur de rue qui fait du buy and sell après rafistollages, que j'avais vu la veille et qui avait une Win pour 300USD qu'il venait de remettre en état. Je ne voulais pas craquer sur un premier choix, mais après avoir fait un grand tour, je n'ai pas trouvé plus intéressant -tout étant fermé durant 3 jours à cause du nouvel an-

J'y suis donc retourné et ai négocié le prix a 280USD, avec en prime l'installation d'un rack pour le sac de trek à l'arrière et un support à smartphone -en plus du casque-

Nous signons les papiers, lui donne une avance de 60USD et reviendrai la prendre le lendemain, 10h, quand il aura installé les options convenues.

Je rentre tranquillement à l'hotel, fier de mon achat qui je crois est une affaire. A voir maintenant qu'elle ne tombe pas en rade dès les premiers kilomètres ...

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Publié le 16 février 2018

Apres une nuit à avoir refait le monde en compagnie de backpackers venant entre autre du Danemark, Cameroun, Australie, Allemagne, je peux cette fois ci etre levé à temps pour le ptit déj sur le rooftop.


Breakfast on the rooftop

Je reçois ensuite plein de conseils de la part de l'hotesse de l'auberge, des choses à faire/voir durant l'aller de la première partie (sud Vietnam) du road trip.

Après avoir rechargé les batteries, je me mets en route pour aller récupérer la moto. Il va falloir que je lui trouve un nom d'ailleurs !

L'expression Recharger les batteries prend tout son sens

Après avoir récupéré la Win, je vais en direction de LaGi. C'est un peu compliqué de sortir de Saigon (autre nom pour HCMC) et je prends un ferry pour traverser la Nha Be river.

Je fais un bout de route en compagnie d'un vietnamien en scooter avec qui on discute aux feux, jusqu'à Ba Ria, ou je mange d'excellentes nouilles!

Je reprends la route et m'arrête ensuite Ho Coc Beach.


La baroudeuse à Ho Coc

J'arrive finalement à LaGi, de nuit, et sans phares. Ceux ci ne fonctionnent plus alors qu'ils fonctionnaient à l'achat. La dynamo doit être morte.

Bilan de la journée, 173km effectués pour un peu plus de trois heures sur routes, mais surtout une leçon: se tartiner de crème !

Premier coup de soleil pour la première journée
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Je reprends la route vers 10h30 après un Pho de ptit déj, en direction de Mui Ne.


Sur la route, longeant les rizières

Je fais un premier arrêt à Ta Cu mountain, accessible par un téléphérique et où se trouve au sommet une pagode et un temple bouddhiste, ainsi qu'une statut de bouddha allongée, de 49m

La pagode à Ta Cu Mountain
Statut de bouddha

Je m'arrête ensuite à Ke Ga, où se trouve un phare et une plage. J'y rencontre 2 français qui font la route jusqu'à Mui Ne aussi. On déjeune ensemble et nous reprenons la Coast Road ensemble, en faisant des arrêts pour visiter des villas abandonnées. Il y en a énormément le long de la route.


Le phare de Kega

On arrive de nuit à Mui Ne, qui est une grosse ville touristique. Simon et Manu qui ont une réservation y retrouvent une pote française, mais sinon tout est booké. Je me dis que je redemanderai en fin de soirée si il n'y a pas eu d'annulation dans un dortoire. (Mui Ne Hills Backpackers)

Une grosse soirée est organisée dans le complexe hotelier, qui est équipé de piscines et billards.

On fait un tournoi de beer pong, et nous rencontrons pleins de backpackers.

La soirée prend fin à 3h, au moment où les saisonniers coupent la musique et les lumières et nous demandent de quitter les abords de la piscine. Je monte des escaliers puis les redescends discrètement pour me coucher tranquillement dans un espace confort près de la piscine.

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Publié le 19 février 2018

Réveil dès 8 heures, car l'hotel prend vie avec le rangement et le commencement du service des petits déjeuners.

Je me réveille avec une grosse inflammation de l'oeil, dû certainement à l'eau de la piscine et mes lentilles. Je file à l'accueil de l'hôtel pour me renseigner sur une pharmacie. J'en trouve une, la pharmacienne a un très bon anglais, et me donne des gouttes et des cachets. Ultra efficace car mon oeil dégonfle très rapidement et le soir même ca ne se voit presque plus.

J'ai hésité longuement à mettre celle-ci

Une fois de retour a l'hôtel, on se retrouve avec les 3 francais et on se pose dans un des coins relax près de la piscine. Repos de la soirée de la veille, déjeuner puis bronzage au programme de la matiné.


Coin cosy qui m'a servi de lit la veille

En milieu d'après midi on décide d'aller dans des dunes pour voir le coucher de soleil. Cependant Simon a un problème d'échappement qu'on décide de résoudre en s'arrêtant dans un garage. J'en profite pour voir mon problème de démarrage et de batterie. Le probleme de Simon est vite résolu mais ma moto doit rester et ne sera réparée que le lendemain après midi ...

Nous nous rendons donc aux dunes à deux motos.

Red sand dunes de Mui Ne

On y voit de belles couleurs, puis nous reprenons le guidon de nuit pour se rendre à un resto.

Une fois de retour à l'hôtel, il y a un peu moins d'ambiance que la veille. On est crevé de la marche dans les dunes et de la soirée de la veille, et ne nous ne tardons pas à nous coucher, après tout de même une tourné chacun - ah oui, ici la bière est à 70cents la bouteille de 450mL -

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Publié le 20 février 2018

Levé à 10h30, je fais le check out de 11h et vais rejoindre Valentine pour déjeuner, Simon et Manu étant repartis tôt le matin pour HCMC.

Le mécano m'avais dit de repasser dans l'après midi, donc je fais bronzette au bord de la piscine.

Je me mets finalement en route pour le "garage" -ceux ne sont que des petits spot en bord de route, repérables car il y a des motos et une personne travaillant sur l'une d'entre elle- Je marche beaucoup, trop en fait. Je décide de faire demi tour, me disant que je l'ai loupé. Cette fois ci, plus vigileant, je reconnais un détail du lieu recherché, mais cette fois aucune moto et la devanture est fermée par cadena. Pas étonnant que je ne l'ai pas remarqué la première fois ! Je demande au magasin voisin une explication, la vendeuse me dit qu'il n'a pas ouvert de l'après midi.


Le garage, avec ma moto en grande absente

Énervé et frustré d'avoir marché pendant une bonne heure pour rien et de perdre encore une journée, je m'arrête à un établissement de massage.

Une heure de massage vietnamien avec huile (pour 5euros) aura réussi à me détendre.

Je rentre à l'hôtel où je discute avec de nouveaux arrivants, fais un billard et chill encore au bord de la piscine.


The place to chill
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Le retard de la publication de cette journée dans le carnet est étroitement lié à son titre.

Aujourd'hui je vais récupérer (normalement) ma moto. Après donc un second check out, je me rends de nouveau au garage, cette fois-ci sans problème pour le trouver.

Le "garagiste" -je mets des guillemets car ce serait une erreur de vous les imaginer comme travaillant dans des garages- me montre ma moto, à laquelle il a changé une partie électrique interne au moteur. J'ai pris une photo pour pouvoir retourner voir le vendeur à Ho Chi Minh, espérant réussir à en retirer un quelconque dédommagement -sait-on jamais-

Il m'en demande tout de même 700k VND (25euros), ce qui est très probablement beaucoup plus qu'il n'en faut. Je lui dis donc que sachant qu'il m'a fait perdre un jour, je lui en donne 500k. Il s'offusque, fait de grands "non" de la tête et retourne travailler sur une autre machine. Je lui dis alors que ce n'est pas une facon de négocier que de m'ignorer. Pas de réponse. Je pose alors le billet de 500k et m'en vais vers la moto. Il accourt et retire les clés du contact! Je lui dis alors: ah tu es debout maintenant, tu veux bien négocier ? Je sors un nouveau billet de 100k, et lui dis qu'il aura donc 600k s'il me refait le plein d'huile et qu'il s'occupe de ma chaine (à tendre et à graisser). Il s'en va alors chercher des outils, fait les petites manoeuvres, et récupère sont dû.

Je pense quand même avoir payé plus qu'il n'en fallait, mais sa mascarade de travailler sur une autre moto a bien contribué en son sens, et étant dans une ville très touristique, je jouais en extérieur...

Les pièces changées au moteur

Roulant à fière allure, sur ma toute nouvelle monture vibrionnante, je sors de la ville. Quand tout à coup, arrivant de nulle part, une grosse moto blanche et verte se met à ma hauteur et me fait signe de me ranger. Merde ! J'en avais oublié les mises en garde concernant la présence de policiers, dont le quotidien est d'attraper des touristes pour leurs soutirer le plus de dollars possibles !

Je rassemble alors les différents conseils que l'on m'avait donnés dans ma tête, et suis la moto en sens inverse jusqu'à arriver à un emplacement en retrait de la route, où se trouve une camionnette et plusieurs policiers (qui ressemblent plus à des militaires faut-il dire, pays communiste adoré!)

L'un d'eux m'invite à m'asseoir à une table. Je me retrouve donc face à deux policiers -véreux- prêts à engager cette partie de poker. L'un ouvre le jeu en me demandant d'ou je viens, dans un bon anglais, ce à quoi je rétorque "France" (premier tip donné, ne pas parlé anglais sinon c'est foutu). Il gagne la manche en utilisant google traduction, devant parler chacun notre tour, son smartphone traduisant avec haut parleur -putain de technologie!- Il me demande mes papiers, carte de propriété du véhicule et permis, je lui donne donc la carte grise et mon permis français -sachant qu'il n'a aucune valeur ici depuis une loi de 2015- il m'explique donc cela, et me dit ensuite que je suis passible d'une amende entre 800k et 1,2 million (entre 29 et 43 €) ou d'une confiscation du véhicule pendant 7 jours. My call, je sors le portefeuille et pose 2 dollars sur la table, "un chacun" je leur dis. Le second policier à n'avoir encore jamais parlé, éclate de colère. Il sort un papier et me dit de le remplir, pour confiscation du véhicule, et me montre la camionette. Merde, je comprends mieux sa présence à celle là ! Les enfoirés viennent de remporter la seconde manche. J'ai bien l'impression qu'ils sont en train de jouer aux bon et méchant flics ces lascars, je sors alors 2 autres dollars que je pose devant le bad cop. Celui ci me dit alors que j'ai été attrapé en excès de vitesse, et que c'est passible de bien plus. Voilà une porte de sortie ! Je n'y crois absolument pas -non pas au fait que je roulais trop vite, je n'ai pas de compteur fonctionnant- mais au fait qu'ils aient une quelconque preuve. Sur de remporter cette troisième manche, je leur dis que c'est n'importe quoi. Et c'est là où ils sont très forts ! Ce bad cop de génie me sort une photo sur son smartphone (!), où l'on me reconnait parfaitement, et avec un "53kmh" écrit en rouge. Mais d'où il sort ça ?! Ils mettent vraiment les moyens appropriés pour attraper et faire payer les russes ! Dans une dernière tentative de corruption, je tends un billet de 10€, et insiste sur le fait que ça a plus de valeur que les dollars. Et là, je vois le regard du good cop, toujours assis en face de moi, s'émerveiller. Il dit "okay okay", me rend mes papiers et me fait signe de partir, tandis que l'autre policier, lui, fait la gueule et lui parle en vietnamien, surement pour lui dire qu'ils peuvent avoir plus. Je ne perds pas un instant à récupérer mes papiers et à détaler.

Je ne sais si on peut appeler ça une victoire, mais au moins j'aurai participé à une confrontation avec des policiers communistes en gardant ma moto, mes papiers et déboursant un quart de la somme demandée.

Je reprends donc ma route, en direction de Da Lat, et marque un arrêt car c'est la dernière fois que je suis sur la côte. Je fais alors mon premier vol de drone au vietnam, survolant la mer et les dunes!



Les derniers instants de la baroudeuse au bord de mer

Pour rejoindre Da Lat, il y a 170km, et la route est en montagne. Je peux faire ronronner la baroudeuse et la pencher dans des lacets! Seulement par moments, j'ai de gros coups de chaud. Je comprends mieux pourquoi quand je commence à voir de la fumée et surtout, une fois un lacet passé, arriver nez à nez avec des flammes.


Très grosse chaleur venant accompagner les 30°C déjà présent

Il y a en fait un large feu de forêt qui s'est propagé.

Le feu de forêt vu avec un peu plus de hauteur

Plus tard dans l'après midi, après avoir déjeuné au sommet d'une montagne avec un cycliste vietnamien qui m'a fait un cours d'histoire sur la guerre du vietnam, je marque un arrêt aux Prenn Waterfalls.

La cascade du parc Prenn Waterfalls

Il y a aussi des autruches, un gros buffle et des éléphants dans le parc. Je crois bien que c'est la première fois que j'en vois !

Un temple est aussi présent, accessible par jeep ou par escaliers. Je décide de gravir ceux ci, en pensant au fameux extrait de Kill Bill. Un coup de chaud en cachant un autre, je comprends rapidement pourquoi je suis seul, il y a en effet 743 marches (je les ai comptées lors de la descente, me disant que c'était tout de même quelque chose) et cela pour finalement arriver à un temple pas si impressionnant que cela -du moins il n'y avait pas Maitre Pai Mei pour m'enseigner le Five Point Palm HeartTechnique-

Après tous ces événements, j'arrive enfin à mon hostel, juste à temps pour le All you can eat de l'auberge. Celui-ci est suivi de jeux d'alcool proposés par un groupe d'écossais, suivi par une virée au Maze Bar, un bar sous forme de labyrinthe très étrange!


La préparation de la boisson devant être bu par le perdant du drinking game
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Publié le 23 février 2018

Après un petit déjeuner bien chargé, je vais faire une escapade à Cau Dat Tea Hills, une ferme cultivant le thé. C'est à une heure de route depuis l'hostel, empruntant des routes de montagne. Le trajet était presque plus fun que la destination. Les lacets s'enchaînent, ça monte, ça descend, le soleil est au beau fixe et une légère brise apporte un peu de fraicheur.


Cau Dat Tea Hills

Une fois de retour à l'auberge, nous faisons une sortie commune avec plusieurs backpackers, à la Crazy House de Da Lat. J'y emmène quelqu'un en passager. Cette "maison" est parfaitement hallucinante! Premièrement il est impossible de trouver le bon mot pour en décrire son aspect extérieur, personnellement ça me fait penser à une tête de Nazgûl...

Une des parties de la Crazy House

Il y a de nombreux étroits escaliers qui s'entremêlent, menant à des chambres et pièces toutes plus étranges les une que les autres, dont une salle aquarium, entièrement peinte aux couleurs de l'océan avec de nombreux animaux marins.

La pièce aquarium

Nous allons ensuite chiller dans un parc près d'un lac et bronzer (plutôt brûler me concernant).

Sur le chemin du retour, la moto fait un bruit très étrange au niveau de la roue arrière. Je saurai plus tard qu'il s'agit du roulement à billes, et que la roue vacille. Cela est surement dû au transport du passager supplémentaire. Je vais donc la déposer dans un garage (encore!) On me dit de revenir le lendemain, à 10h.

Je rentre alors à pieds à l'hostel, pour recommencer ce qui est la tradition ici, le buffet suivi de jeux d'alcool. Je discute d'ailleurs avec Alejandro, originaire du Mexique et qui a vécu deux ans à Aix en Provence. Nous échangeons alors en trois langues, francais, espagnol et anglais! C'est la première fois que cela m'arrive, et c'est vraiment génial ! On parle le franglishspañol et aucun mot ne peut nous manquer!


Le parc de Da Lat
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Publié le 25 février 2018

Aujourd'hui j'entame le retour de la boucle dans le Vietnam du Sud (première partie du Road Trip).

Après d'excellents pancakes à la banane, je me rends au garage à 10h, comme convenu. Cependant, la moto n'a pas encore été prise en charge... je vais donc passer le temps à l'auberge, à discuter et à jouer au billard.

Finalement, à 14h30 elle est prête. Le roulement à billes de la roue arrière avait cassé, d'ou le bruit très grinçant.

C'est enfin parti pour ce qui est un véritable moment de bonheur ! La route en montagne dans ce décor, c'est vraiment le pied ! Je roule avec une playlist dans les oreilles et le soleil brille (attention tout de même, au moment ou j'écris ces lignes je suis brûlé sur les épaules, avec formation de cloques)

Je m'arrête aux Elephant Waterfalls, où j'effectue une sortie de drone. Pas très serein au début à cause du souffle de la chute d'eau, finalement tout se déroule pour le mieux et les images sont extras !! (A venir après mon retour... désolé pour le spoil, mais d'ici là vous aurez oublié)


Elephant Waterfalls

Reprise de la route, tout se passe bien jusqu'à ce que je sente de l'humidité sur ma jambe. Et voilà que la moto refait des siennes ! Il y a de l'essence qui fuit du réservoir, mais pas de trou visible ... je m'arrête à une station essence faute de trouver un bricoleur. Après recherches, il s'avère que l'essence fuit sous la couche de peinture, qui présente des gonflements à un certain niveau. On gratte un peu, et sous la peinture il y a en fait deux morceaux de scotch rigide qui camouflent 2 trous dans le réservoir ! Les vietnamiens ne manquent vraiment pas de ressources, et je suis spectateur de la mise en application d'ingéniosité en matière de débrouille. Un bidon d'essence sera finalement fixé au réservoir percé, à l'aide de chambres à air découpées. Celui-ci est percé et le tuyau d'arrivée d'essence lui est raccordé, puis fixé grâce à du silicone fondu puis séché.


Le système D à son apogée: un nouveau réservoir

Après deux heures de réparations je repars de nuit pour rejoindre Bao Loc, étape pour dormir avant de rejoindre Ho Chi Minh.

Bon, si je vous raconte qu'il m'est encore arrivé un problème technique dans la soirée, vous continuerez à me croire ou alors ça fait trop ? Au moment d'arriver à l'hotel, 21h passée, ma pédale de changement de rapport lâche! Heureusement que je suis en face de l'établissement... Il faut que je mange, je demande au propriétaire de l'hotel familial où je peux me rendre, mais celui-ci m'emmène au restaurant, accompagné de son fils. Ils ont du sentir que j'étais un peu sur les nerfs, après leur avoir expliqué que ma moto était de nouveau sur le banc.

On mange très bien, puis de retour à l'hôtel, on s'attaque au levier de vitesse. On le refixe rapidement, et je peux donc aller me coucher.


Le dîner de la solidarité
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Je reprends la route, direction Ho Chi Minh, en espérant que cette fois-ci tout se déroule sans d'encombre. Je commence à y croire, vu que la route est magnifique et je m'arrête même faire une sortie drone tellement la vue est belle! Il y a un lac bleu turquoise, sur lequel flottent plusieurs petits îlots.


Le lieu en question

Cependant, je désenchante rapidement, quand, de retour à la moto, je me rends compte que j'ai perdu toute mon essence! Le silicone qui hémertisait la jonction tuyau d'arrivée d'essence et bidon avait fondu, à cause des 36°C ambiant.

Heureusement, pas très loin, un homme m'aide, et encore une fois le système D est mis en oeuvre. Nous changeons de bidon pour passer à un réservoir de secours 2.0, celui-ci étant parfaitement hermétique car il a utilisé la valve d'une chambre à air -ayant un pas de vis, après l'ajout d'un joint et d'un boulon, il est impossible que ce nouveau réservoir artisanal ne fuit-

Le réservoir 2.0, vert cette fois-ci, pour être assorti au casque

Reprise de la route donc avec un réservoir tout neuf, ou presque. Mais comme un pépin n'arrive jamais seul, un autre malencontreux événement m'attend ...

En effet, je me fais de nouveau arrêter par la police. Deuxième fois en dix jours ... Encore une fois le motif est un excès de vitesse, et on me montre de nouveau un cliché de moi, sur smartphone, avec un gros "50kmh" écrit en rouge, faisant penser à un filtre snapchat... Cette fois-ci encore, je ne dis aucun mot en anglais, on joue avec google trad, et je refais le coup des deux dollars puis quatre posés sur la table. Cependant, j'ajoute une touche théâtrale. Confonté à leur refus des 4 dollars mais une demande de 50 dollars -sans blague- je récupère l'argent sur la table et tends mes mains, jointes, comme pour qu'ils me passent les menottes. L'un rigole narcissiquement, mais l'autre policier revient chercher les 4 dollars et me fait signe de partir. Très content de moi, je termine une bouteille d'eau et recherche une poubelle. Un policier vient alors à moi, la récupère et m'en donne une nouvelle bien fraiche, en me disant: "souvenir!" Au final je m'en sors encore mieux que la première fois, et je positive encore plus lorsque, le lendemain, un suisse me dira que lui avait été escorté jusqu'à un ATM, et avait dû donner 4.5 millions de dongs (l'équivalent de 160 euros !!)

Finalement, après ces péripéties, j'arrive à Ho Chi Minh, dans la même auberge que 10 jours auparavant, et vais diner dans un restaurant indien suivi d'un bar avec les amis français rencontrés à Mui Ne la semaine précédente.

Le lendemain, je me rends chez le vendeur qui m'avais vendu cette moto de malheurs, et lui explique qu'il ya plusieurs façons de terminer notre deal... Nous empruntons la voie raisonnable et il passe plus de deux heures à réparer tout ce que je lui demande -changement de réservoir, il est maintenant noir mais se fond bien dans le style de la moto, changement de la pédale de vitesse, réparation du démarreur électrique, le frein avant est retendu, le câble d'embrayage aussi (la moto avançait toute seule en étant débrayée) et le jeu sur la poignée de gaz est supprimé- et tout cela sans rien payer!

Durant ce temps, j'ai une longue discussion avec un suisse avec qui je prends un verre, à propos du service militaire, obligatoire dans son pays, et de leur gouvernement qui est composé de 7 ministres, mais pas de président. Toutes les décisions sont votées par le peuple! Il part en fin de journée pour les Philippines, et cherche donc à vendre son casque, qui est aux normes européennes et bien mieux que le mien, que l'on peut qualifier de juste bon pour être en règle, mais ne présente aucune sécurité. Je l'aurai au final pour seulement 10$.

La journée s'achève donc avec une moto comme neuve -j'espère vraiment ne pas avoir de nouveaux problèmes dans les jours à venir- ainsi qu'un nouveau casque, plus prêt que jamais pour la seconde partie de mon road trip, le Cambodge !

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Départ donc d'Ho Chi Minh pour aller voir le temple Cao Dai, situé à 2h de route, ainsi que la Black Virgin Mountain.

Après une route agréable et sans encombre, j'arrive au temple assez rapidement.


Temple Cao Dai

Ce temple est le berceau du Caodaïsme, une religion récente (1925) située à la croisée du confucianisme (comportement moral dans la vie en société), du taoïsme (recherche de la plénitude et de la sérénité par le détachement et par un certain comportement intérieur et extérieur) et du bouddhisme (qui donne une réponse à la question de l'existence et du devenir de l'homme). Mais elle s'inspire aussi fortement du christianisme.

Beaucoup de personnalités sont présentes dans son panthéon, tels que Moïse, Jésus, Mahomet, William Shakespeare, Louis Pasteur, Sun Yat-sen et Lénine. Jeanne d'Arc est aussi particulièrement vénérée pour avoir guidé la réception de la foi et promu l'égalité des sexes par l'intermédiaire de séances de spiritisme.

L'intérieur du temple, avec ses 18 piliers-dragons

Ensuite, je me dirige vers la Black Virgin Mountain. Le pied de la montagne est très touristique et son accès est payant. Ça ressemble très franchement à un parc d'attraction et je ne suis pas très fan ...

La Black Virgin Moutain, qui porte bien son nom

Je prends le téléphérique pour l'ascension, et effectuerai la descente à pieds. En haut se trouve une pagode bouddhiste, mais ce qui est surtout impressionnant, c'est la vue, qui s'étend sur des kilomètres, étant la plus haute montagne du Vietnam du sud.

Vue depuis le centre de la montagne

Alors que je comptais initialement passer la nuit dans le coin, au Vietnam donc, j'ai été plus rapide que prévu et me décide à traverser la frontière du Cambodge dès ce soir.

Plus je m'en rapproche, et plus la route est entretenue. Adieu tous les nids de poule, place à une belle ligne droite, lisse et défilant au milieu d'une forêt d'arbres s'inclinant sur la route, comme voulant souhaiter la bienvenue au voyageur qui s'y aventure !

La baroudeuse n'aura présenté aucun problème technique. C'est si agréable une journée sans arrêt impromptu !

J'arrive à 19h à Moc Bai, le poste de frontière. J'ai lu beaucoup de choses à son sujet et connais les arnaques à éviter. Je refuse donc de payer 5 dollars supplémentairs pour un "visa express" imaginaire, à 35 dollars, qui m'éviterait soit disant de patienter 3 heures. Devant mon refus catégorique de payer, j'obtiens mon tampon 30 secondes plus tard, le poste de frontière étant désert à cette heure ci. Aussi, j'ai laissé ma moto dans un coin et ai fait toutes les procédures (émigration, visa, immigration) à pieds, et une fois le tampon appliqué, je suis retourné le chercher. Cela pour éviter une taxe de passage de la moto (inexistante encore une fois) que les douaniers aiment bien demander.

Je passe brièvement sur une très grosse peur que j'ai eu, lorsqu'un 4x4 rouge a manqué de me tuer, ou plutôt manqué de m'exploser en pièces détachées, me fonçant droit dessus et à pleine vitesse, lors d'un dépassement. Lui n'aura pas vacillé, mais je ressens encore le souffle généré lors de l'évitement.

Une heure de route plus tard, et quelques centaines de moustiques écrabouillés, j'arrive enfin à Svay Rieng, où je fais étape avant de rejoindre la capitale cambodgienne.

La nouveau casque "de la mort"

Je vais, pour terminer cette longue journée, dans un restaurant traditionnel cambodgien, où je mange le meilleur riz préparé jamais dégusté ! Sur le retour je me fais ensuite inviter à boire un coup par un groupe de jeunes dans la rue, puis de nouveau à boire un autre coup avec du personnel de l'hôtel et des amis, qui font un barbecue dans la cour. Bien que totalement rassasié, je n'arrive pas à refuser la gambas que l'on m'offre, délicieuse.

C'est donc la panse bien remplie que je vais me coucher, dans une chambre double (ne restant plus que cela), fatigué, mais impatient de découvrir ce nouveau pays !

La fameuse gambas, péchée dans le Mékong
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Départ de Svay Rieng à midi. La moto roule toujours impeccablement, et les routes sont vraiment mieux entretenues qu'au Vietnam !

Je m'arrête à ce qui semble être un temple abandonné, auquel il n'est pas possible d'accéder... Je contourne donc la difficulté en faisant des prises de vues aériennes avec le drone. Il y a une grande statue de Bouddha avec derrière lui, et ce sera souvent le cas au Cambodge comme je m'en rendrai compte par la suite, un Naga. Ce mot signifie tout simplement serpent, et a un rôle protecteur ainsi que porteur de prospérité -surprenant compte tenu de sa représentation en monstre effrayant-.

Le bouddha accompagné du Naga au premier plan, puis le temple

J'arrive à 15h à la capitale. Je fais alors une balade en moto, après m'être installé à l'hôtel. Je me rends au Wat Phnom, une pagode bouddhiste, puis au monument de l'indépendance -signée en 1953-.

Vient alors l'heure du diner, et je suis pressé de gouter à nouveau des mets traditionnels cambodgiens, tant la premiere fois fut une révélation. Je ne saurais trop conseiller le Romdeng, où j'ai mangé mon meilleur poulet au curry vert et lait de coco, un plat Khmer.


Le fameux plat, accompagné d'un jus de coco dans sa noix

Après cet excellent diner, alors que je m'apprête à rentrer, je ne peux que m'arrêter de nouveau au monument de l'indépendance, tant les jeux de lumières sont superbes !


Le monument de l'indépendance

Je poursuis alors ma séance photo nocturne avec la statue de l'avant-dernier roi du Cambodge, Norodom Sihanouk, avant que son fils Norodom Sihamoni ne lui succède en 2004.

La statue de Norodom Sihanouk

Le lendemain je continue la découverte de cette ville pleine de richesses, que je préfère déjà à Ho Chi Minh Ville, en me rendant au Palais Royal. Il y a de nombreux bâtiments et statues, et les jardins sont très soignés.

Le Palais Royal

Petit moment historique et riche en émotions, je visite par la suite le musée Tuol Sleng, aussi appelé musée S-21, en référence au nom de ce qui est la plus connue des prisons politiques mises en place sous la dictature des khmères rouges. Dans cette prison ont été torturés et assassinés entre 14000 et 20000 personnes, considérées comme opposantes au régime de Pol Pot. Le musée permet la commémoration du génocide cambodgien, qui a eu lieu entre les années 1975 et 1979.

Et pour ne pas terminer ce séjour à Phnom Penh sur un sentiment amer, je vais diner sur le rooftop d'un hotel. Bien que le repas ne soit pas à la hauteur de la tour, la vue n'en est pas moins grandiose !


La vue depuis le rooftop (on aperçoit le monument de l'indépendance)

Phnom Penh est vraiment une superbe capitale, et je m'y rendrai surement de nouveau, quand j'irai vers le nord du Cambodge, après m'être rendu dans le sud, direction que je prendrai demain...

14

En ce nouveau mois qui débute, je quitte cette belle ville qu'est Phnom Penh, pour me diriger vers la côte cambodgienne.

La route se passe tranquillement, j'évite par deux reprises des interpellations de la police, qui ont arreté le véhicule me précédent chaque fois.

Alors que je me rapproche de la baie ou se trouve mon auberge, une tempête éclate! Ce sont les premières gouttes de pluie que je reçois depuis le début de mon voyage. Mais ces gouttes se transforment rapidement en filets d'eau, m'obligeant à chercher un refuge où m'abriter. Je m'arrête peu de temps après que le vent se soit levé, sous le porche d'une maison en bord de route. Je suis trempé, et la tempête prend de plus en plus d'ampleur. Je ne sais combien de temps celle-ci va durer, alors je m'assieds et attends patiemment.

L'eau qui commence à envahir mon abris

L'expression "le calme après la tempête" prend tout son sens, et après une heure d'attente la pluie cesse, le vent baisse et les nuages laissent place petit à petit à des éclaircies.

Je peux alors reprendre la route, qui se limitera à un chemin poreux de sable et de terre sur sa dernière portion, pour enfin arriver à un petit coin de paradis! Une maison de bois perdue, isolée entre la mer et la jungle, où l'électricité n'est disponible que par générateur, et donc à des horaires restreints.

Un accueil avec une bière offerte, que demander de plus?

Je fais alors la connaissance de Tim, un belge qui voyage depuis 5 mois, puis Max, un français en vacances avec sa copine, se joint à nous un peu plus tard. Nous récitons chacun nos expériences et échangeons des conseils et lieux à propos de futurs destinations, alors que le soleil se couche de l'autre côté de la baie.

Un vrai petit coin de paradis

Dans la nuit, de nouveau une tempête éclate. Les gouttes résonnent fortement dans le dortoir, et les boules Quies sont plus que requises pour retrouver les bras de Morphée.

Alors que nous avions prévu d'aller avec Tim, Max et Aude faire excursion dans la jungle vers 9h, on attendra finalement midi, que la tempête se soit calmée.

L'expédition commence donc, et le soleil tape fort depuis la dissipation des nuages. Heureusement, on arrive très vite à l'entrée de la jungle, dans laquelle nous nous engouffrons et sommes ainsi protégés des puissants rayons, par les incalculables arbres environnant.

Welcome to the jungle

Après une ballade de trois heures, nous sommes de retour au campement, puis Tim et moi prenons deux kayaks pour naviguer dans la baie, observer des mangroves ainsi que le coucher de soleil.

Une fois à terre, j'observe une dernière fois ce décor, alors que les derniers rayons s'éteignent.

Les derniers rayons de soleil sur la baie (sans retouche de couleur!)

Je prends donc la route de nuit, le dortoir étant complet ce soir et n'ayant pas réservé pour deux nuits. Je souhaite me rendre à Otres beach, pour faire une excursion en bateau le lendemain. Je la ferais avec Tim qui me rejoindra normalement, lui ayant déjà réservé à l'avance ses nuits.

Le trajet qui aurai dû durer seulement une heure, prend un peu plus longtemps que prévu ... En chargeant la moto de mon sac, qui est sur béquille centrale dans la terre, et donc instable, celle-ci bascule. En la redressant, je me rends compte que le rétroviseur est brisé, et plus embêtant, que mon frein avant est cassé. Je décide tout de même de prendre la route, bien que ce soit dans des conditions plus que contraignantes (la nuit, la portion de route en terre très abîmée et la fonctionnalité de l'unique frein arrière). L'inévitable est alors arrivé. Après seulement cinq minutes à rouler, je dois ralentir à cause d'une trop grosse prise de vitesse en descente. Le freinage au frein arrière uniquement, complété par un excès de poids à l'arrière du véhicule sur le terrain terreux et glissant, je chasse et tombe. Rien de cassé heureusement, je me remets en selle, plus prudent mais surtout plus lent que jamais.

Seulement, la suite du trajet ne m'épargnera pas d'une seconde incommodité... La majeure partie de ma concentration portant sur mon allure et mon frein, j'en oublie mon réservoir et tombe en panne d'essence! Il fait nuit noir et la moto ne tournant plus, je suis en absence de phare. Heureusement je sors ma frontale pour rester visible, et pousse jusqu'au premier foyer. Devant mon désespoir, un homme m'emmène en scooter jusqu'à une petite épicerie, qui vend de l'essence ... dans des bouteilles de coca! Après l'achat, nous retournons à mon véhicule, que je peux rassasier. Je renfourche pour une enième fois la bête, et me rends à ma nouvelle auberge, plus fatigué que jamais.


La baroudeuse qui tourne au Sky Coca

Un délicieux plat Khmer puis une bonne douche sauront me faire oublier les événements indésirables survenus en cette fin de journée active, mais ne suffiront pas à me motiver et descendre à la soirée latina qui se déroule en dessous du dortoir. La fatigue remporte ce match, et je m'éteins sur du reggeaton vibrionnant...

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Je me lève à 8h afin de retrouver Tim à 9h, au niveau de l'embarcadère d'Otres Beach. Après avoir avalé le petit déjeuner proposé avec l'excursion, nous montons à bord de xe qui s'apparente à une grande chaloupe. Nous sommes une quinzaine dans celle-ci, manoeuvrée par un seul marin, qui gère le gouvernail à la main -jusque là tout est normal- et l'accélération de l'hélice au gros orteil, qui est relié à la commande de gaz par une ficelle!

Une pause nous permettant de plonger au masque et au tuba est organisée, mais mis à part quelques bancs de poissons pas très exotiques, il n'y a pas grand chose à voir...

La balade en bateau est paisible, et nous passons près de trois îles.

Une des îles longées durant l'excursion

Nous accostons à l'une d'entre elles, où nous déjeunons un plat préparé par notre skipper.

Après reprise de la naviguation, nous faisons de nouveau halte à une autre île, laquelle présentant un promontoire de 7 mètres, "parfait" pour plonger.



Le "parfait" promontoire

Parfait, pas tant que ça. Après un premier plongeon sans incident, je remonte pour faire un backflip, seulement cette fois-ci je touche le fond et me rape le dos.

Je passe le trajet retour à dormir sur le pont et crame encore une fois, la crème indice 50 n'ayant apparement pas plus d'effet contre le soleil cambodgien que contre son homologue vietnamien.

Les blessures sont bien moins impressionnantes une fois le sang essuyé, mais actuellement j'ai de belles croutes

De retour sur le côte, je vais faire réparer mon frein avant en ville. Le modèle de frein pour Honda Win n'est pas disponible, mais cela ne paraît pas être un problème pour le garagiste, qui prend un tout autre modèle, et le lime jusqu'à ce que la forme soit adéquate pour s'adapter à ma poignée.

Je retrouve Tim le soir, avec qui je dîne dans un resto très sympa, ou les cocktails ne sont qu'à 1,5 dollars.

Le lendemain, je profite un peu du confort de mon hotel, et de mes derniers instants sur la côte cambodgienne, avant de reprendre la route vers le nord. La veille, nous avons décidés avec Tim de se retrouver encore une fois, à Kampot. Lui est parti dans la matiné.

Je me mets en route en début d'après midi, et arrive vers 17h. L'endroit où je vais passer la nuit est super! Il y a une piscine, un jacuzzi, une salle de sport, un hammam et un sauna. Bien sûr n'allez pas vous imaginer un hotel-spa 4 étoiles, toutes ces infrastructures sont à imaginer dans un contexte cambodgien, mais pour 5 euros la nuit c'est un rapport qualité prix imbattable ! J'ai même le luxe de loger dans la hutte de Bilbo le Hobbit.


Les trois huttes de Hobbit

J'en profite alors pour faire une séance de muscu, histoire de ralentir comme je peux ma perte de poids qui me préoccupe un petit peu, puis faire un tour dans le sauna.

Au moment où je m'apprête à rejoindre Tim pour dîner, je me rends compte que j'ai une crevaison, mon pneu arrière étant à plat. Encore une galère avec la moto ! Je suis vraiment loin du centre, et donc après réflexion, je décide de l'enfourcher. Je mets tout mon poids sur l'avant et roule lentement, afin d'éviter au maximum d'abimer la jante, et me dirige jusqu'à la ville pour trouver un garage. Il est déjà tard et tout est fermé... Je laisse donc la moto près d'un hotel et vais rejoindre Tim, avec beaucoup de retard. Après un délicieux repas Khmer suivi d'un bar, je rentre en taxi-scooter, pour aller me loger dans ma petite hutte douillette.

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Alors que je viens de passer une nuit atypique dans une hutte, un tout nouveau moyen de transport m'attend lui aussi. En effet, alors que j'ai toujours refusé les services des Tuk Tuk, en leur montrant mes clés de moto accompagnées d'un "I'm fine!", ce matin je ne peux y échapper. Celui-ci me conduit jusqu'à l'emplacement où j'avais laissé ma moto, puis pousse celle-ci jusqu'à un garage. Le changement de chambre à air prenant un peu de temps, je regarde l'huile à moteur et la graisse pour chaîne qui sont en vente. S'ensuit alors une longue négociation afin d'avoir un tarif intéressant concernant ces achats et d'autres réglages à effectuer. Mais devant le refus irrévocable du patron de baisser le montant pour toutes les prestations, je ne fais ni revoir la poignée de gaz ni la pedale de vitesse, et n'achète rien. C'est la premiere fois qu'on me refuse une négociation, surtout pour un si gros montant...


Ce bon vieux Tuk Tuk des familles

Avant de prendre la route pour Phnom Penh, où je me rends de nouveau mais pour faite étape cette fois-ci, je fais un détour pour gravir la Bokor Mountain. Le temps est assez couvert et donc la vue pas très impressionnante, je fais demi-tour avant d'atteindre le sommet, n'ayant pas beaucoup de marge si je ne veux pas arriver de nuit dans la capitale.

C'est raté, je conduis quand même une heure en pleine obscurité...

Vers le milieu de l'ascension de la Bokor Mountain

Une fois arrivé à la guesthouse, je me rends directement sur le rooftop pour admirer la vue sur le Mékong, et deux français s'y trouvent, m'invitant à prendre une bière. L'un d'eux vient d'Aix, où il a ouvert puis vendu un bar, et compte en monter un autre, à ambiance latine, dans Ho Chi Minh.

Après un bon dîner Khmer, je travaille un petit peu quant à la planification de la suite du voyage, dans le Nord Cambodge.

Je me mets alors en route le lendemain pour Kampong Thom, une ville étape avant de rejoindre Siem Reap, où se trouve la célèbre cité d'Angkor. En chemin, je m'arrête pour ma pause déj et déguste un excellent sandwich (ressemblant beaucoup au Banh Mi, le nom vietnamien désignant leur sandwich traditionnel)



Une bonne pause, et c'est reparti

Il y a de nombreuses choses à faire a Kampong Thom, ce qui en fait une ville étape de premier choix!

Je me rends donc au Sambor Prei Kuk, un site préangkorien datant du VII ème siècle -un demi millénaire antérieur à la cité d'Angkor donc, datant seulement du XII ème siècle, expliquant sa meilleure conservation-.

Il y a une dizaine de prasat -qui veut dire temple ou palais selon l'époque- et de nombreuses représentations de garuda, le dieu aigle, ennemi naturel des nâgas, serpents des eaux et de la terre, que l'on retrouve plus souvent au Vietnam. Mais Nâga et Garuda ne sont en fait que deux incarnations de Vishnou, les deux aspects de la substance divine, en qui ils se réconcilient.



Un des prasats de Sambor Prei Kuk

L'après midi, je visite une ferme à soie dont le propriétaire est un américain dénommé Bud, mais j'apprendrai, après rencontre de sa femme cambodgienne Nevin, qu'il est décédé il y à 2 ans. C'est elle qui me donne des explications concernant le procédé de l'élaboration des écharpes en soie, du cycle d'obtention de la soie par les vers jusqu'à son tissage à la main et au pied par les 5 travailleuses présentesce jour.

Ainsi, Nevin m'emmène pour commencer voir les vers à soie. Ils sont conservés dans un plateau muni de feuilles, et au bout de 4 semaines ils commencent à fabriquer leur cocon.

Une fois les cocons formés, ils sont placés au soleil 3 jours afin de tuer les chrysalides à l'intérieur. Quelques cocons sont mis de côté et donneront naissance à des papillons, destinés à se reproduire et permettre un nouveau cycle après la ponte d'oeufs. Le cycle est de six semaines.


Vers à 2 semaines (à gauche) et 4 semaines (à droite)

Les cocons sont alors placés dans de l'eau bouillonante afin que la soie devienne plus maléable et que les cocons s'entremêlent. On en extrait alors une petite quantité, que l'on entoure autour d'un tambour, que l'on fait rouler.

On sépare deux types de soie, celle faisant partie de la couche extérieure des cocons, et la soie de plus grande qualité, celle se trouvant au centre, plus fine.

Une fois la soie extraite et enroulée, on peut la colorer, puis la placer dans les tables à tisser. Avec un ingénieux système de pédalier, les tisseuses peuvent faire des motifs dans les écharpes qu'elles élaborent, qui sont alors prêtent à la vente.

Les cocons, "pourrissant" au soleil


Ravi de connaître ce curieux procédé, je prends la route pour Siem Reap. Je rencontre trois anglais à l'hôtel, avec lesquels je joue au billard, puis nous nous rendons dans la Pub Street, bien trop touristique à mon goût et en décalage complet avec ce que je suis venu chercher à Siem Reap. Je les quitte durant un changement de bar, pour retourner à l'hôtel et réfléchir quant à ma visite des Temples d'Angkor, avant de me coucher, fatigué par cette nouvelle longue journée.

Une soirée plus européenne que jamais
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Pour des raisons météorologiques, j'avais décidé la veille de ne pas faire la visite des temples d'Angkor aujourd'hui, journée qui était annoncée nuageuse le matin et donc ne permettant pas d'observer le fameux lever de soleil sur le site -ceci s'avérera une très mauvaise idée...-

J'en profite alors pour faire des recherches sur la suite de mon voyage et me reposer auprès de la piscine. Je vais aussi acheter mon billet d'entrée pour la cité afin ne pas perdre de temps demain, ceux-ci étant vendus à un bureau situé à 8 km de l'entrée -augmenté récemment à 37dollars au lieu de 20usd la journée, ou bien 62usd les trois jours-.

Après un bon resto, je vais me coucher tôt en prévision d'un réveil avant les premières lueurs du jour qui m'attend le lendemain.

Je me lève alors à 4h40. Impossible de profiter du petit déj inclus avec la nuitée à cette heure ci... Après un débarbouillage rapide, j'enfourche la moto et me dirige vers le site touristique. Le temps est très nuageux et il y a même quelques gouttes qui tombent. J'espère tout de même encore que d'ici deux heures le temps se sera éclairci -bien naïvement-.

Je croise quelques autres touristes courageux, mais se déplaçant pour la grande majorité en Tuk Tuk. Une fois le contrôle des billets passé, tout le monde se rend au premier vestige, le plus majestueux, Angkor Vat, pour admirer le lever de soleil derrière celui-ci. Cependant j'avais lu qu'il y avait un point de vue surélevé depuis lequel il était possible de très bien voir ce même décor, mais bien plus intimement.

Je me rends donc à ce fameux lieu. Il faut grimper un peu, et durant l'ascension je croise trois français. Décidément c'est un bon plan qui se partage au sein de notre communauté francophone.

Nous sommes ainsi une petite dizaine sur notre promontoire. Malheureusement, la météo ne sera pas clémente avec nous et le soleil ne pointera pas son nez avant midi, bien caché derrière les nuages.

Grosse déception donc de m'être levé si tôt pour si peu, mais au moins la cité est presque vide et je peux faire un premier tour sous un ciel très chargé sans voir personne aux différents temples les plus intéressants.

Ta Prohm

Après le déjeuner, le ciel s'est éclairci, et je fais donc un second passage sans m'attarder dans la foule, juste histoire d'avoir des photos de ce que j'ai déjà exploré, mais avec une once de ciel bleu en plus.

Ainsi, je me rends de nouveau au Bayon, le temple aux mille visages. Toutes les façades, tours ou colonnes en sont gravés.

Bayon lors de mon tour plus ensoleillé

Je ne m'y suis pas aventuré une seconde fois, car la première était plus que satisfaisante, étant en compagnie seulement de ces rois et dieux représentés de toutes parts.

Quelques visages du Bayon lors de ma première visite sous la grisaille

Je croise aussi en chemin des singes sauvages, qui s'attardent le long de la route, nourris par les visiteurs. L'un d'eux monte sur le scooter d'un cambodgien se trouvant juste devant moi. Ils ont vraiment des attitudes et manières très humaines dans leur façon de manger ou de se chamailler...

Après avoir traversé pour une troisième fois le pont permettant de passer les douves, dont les balustrades sont faites de guerriers tirant par la queue un Nâga, je me rends enfin au grand temple.


Le pont surplombant les douves

Je me suis donc gardé la surprise, et le plus beau pour la fin, à savoir le temple d'Angkor Vat. Je me place derrière un des bassins à nénuphares pour prendre le fameux cliché.

Angkor Vat

Il est bientôt 14h et je commence à fatiguer sous le soleil de plomb qui est maintenant bien présent, et au milieu d'une foule qui ne cesse de s'agrandir. Cela fait tout de même presque 9h que je me balade sur le site, et je décide alors de quitter les lieux, exactement au même moment qu'ont choisi les trois anglais pour arriver. Nous nous saluons et je rentre à l'hôtel pour me reposer. Je prépare aussi ma prochaine étape de demain avec hésitation, voulant prendre la route pour l'est, une région dénuée de touriste, et en chemin marquer un arrêt de nouveau à un site de plusieurs temples. Je me questionne alors, savoir si cela vaut le coup et si je ne vais pas saturer ...

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Ce matin je quitte Siem Reap et prends la route vers l'Est du Cambodge, réputé pour être une région bien moins touristique, et pourtant proposant de nombreuses richesses!

A peine sorti de l'hôtel, je me fait siffler et arrêter sur le côté. Un escadron de pas moins 7 policiers arrête toutes les motos -locaux et touristes- sous prétexte que la route que je viens de prendre ne serait accessible que par la gauche et que je viens de la droite comme beaucoup d'autres... le panneau doit être bien planqué car ils arrêtent des véhicules à la pelle et une file d'attente est établie devant un policier confortablement installé à une table, sous l'ombre d'un arbre. Les locaux donne 25000 Riels -5 euros- mais quand vient mon tour il m'explique le pourquoi de mon arrestation, en me montrant sur feuille le panneau interdiction en question, mais préfère me dire que les touristes ne sont pas autorisés à conduire des motos de locations au Cambodge. Il vient de me tendre la perche dont j'avais besoin! Concernant la propriété de moto, il est dit de tout sur internet, comme quoi c'est interdit pour les touristes sans permis cambodgien, tantôt autorisé avec le permis international, et parfois qu'il n'y a pas besoin de permis si la cylindrée est inférieure à 150cm3, d'après une loi datant du 1er janvier 2016... C'est cet argument que j'utilise. Je lui dis donc que je ne suis pas locataire, mais bien propriétaire -en sortant ma blue card encore une fois- et, sur un ton sûr de moi, qu'il est autorisé depuis le 1er janvier 2016 de conduire une moto de moins de 150cm3 nous appartenant sans permis, même pour les touristes. Il ne semble pas convaincu - je n'ai vu cette loi que sur un seul site il est vrai...- il reprend son discours que je dois le payer si je veux partir, et me demande plus que les 25000 KHR pour l'interdiction de tourner. Je lui rétorque encore, sur un ton impassible, que je ne suis pas en tord concernant le fait que je conduise, et qu'il n'a qu'à appeler mon ambassade. Comme la queue derrière moi ne cesse de s'agrandir de futures amendes à 5 euros, et devant ma ferme intention de ne pas céder, il me dit de partir, sans même me demander l'amende initiale. Mission réussie cette fois-ci, j'ai enfin réussi à m'en sortir sans allonger un dollar !

Je me remets donc en route et ai finalement pris la décision de faire un arrêt au site de temples de Koh Ker, avant de rejoindre la ville étape de Preah Vihear. Même si ce sont des temples -Angkor!- cela me fait un léger détour et fera au moins une attraction dans cette journée qui s'annonce être seulement de la route.

Il y a un temple très atypique en terme d'architecture, le Prasat Thom étant une pyramide de 37m de haut, ressemblant étrangement à celles que l'on peut trouver en Amérique Latine. Je m'y rends donc, il est l'heure du déjeuner et un peu avant le site attractif, une bonne vingtaine de touristes sont dans un restaurant. Ayant faim moi aussi après les 2h20 de route que je viens de faire, je me dis qu'il serait tout de même mieux de profiter de cet instant pour atteindre le sommet qui devrait être plus tranquille.


Le Prasat Thom, en haut duquel on peut monter

Je ne regrette absolument pas mon choix, car premièrement ce site ne ressemble en aucun cas aux autre temples que j'ai eu l'occasion de voir, mais en plus il est quasiment désert! Je me dis qu'une sortie drone, bien que proscrite, est plus que souhaitable! J'ai le temps de faire deux prises de vue avant qu'un gardien s'empresse de monter les 150 marches pour me dire de le faire redescendre immédiatement. J'ai hâte de partager les vidéos, le pré-rendu smartphone étant déjà extra j'ai hâte de voir ce que ça donnera sur PC!

Tous les autres temples du sites sont plus ressemblant avec ceux que j'ai déjà pu voir. Je m'arrête cependant au Prasat Pram, dont les ruines ont été recouvertes par des arbres ayant pris racines dessus.


Le Prasat Pram, toujours à Koh Ker

Je ne tarde pas à reprendre ma route, ayant encore un bout de chemin à parcourir...

Ici tous le monde me salue. Les gens des petits villages en bord de route ont beaucoup moins l'habitude de voir des européens. Je stop de nouveau mon avancée pour faire une prise de vue drone. Il y a alors une demi dizaine d'enfants qui viennent me tenir compagnie. Ils sont tout admiratif devant l'objet volant et nous faisons une video en roulant tous ensemble, moi à moto et eux à vélos.

Ce crew

Je reprends ainsi la route vers ma ville étape. Après une nuit calme et une matinée temporisée par des réparations qui dureront 3h - je fais faire une soudure sur la béquille qui vient buter contre ma chaine, revoir le démareur électrique qui présente encore des soucis et refais faire les joints suite à une fuite d'huile-, je peux enfin me rediriger vers l'Est, bien plus tardivement que prévu...

La route est superbe, toute neuve, et le paysage change petit à petit de décor pour devenir de plus en plus verdoyant. Je m'enfonce doucement dans la jungle, où les petits villages normalement si nombreux se font maintenant rares et laissent place à une nature plus omniprésente que jamais. Mon retard de ce matin me permets finalement d'apprécier un délicieux coucher de soleil, dont les derniers rayons donnent une teinte rosé au ciel.

J'arrive peu avant la tombée de la nuit à mon auberge. Celle-ci est tenue par un couple de français, Claire et Arthur, qui ont tout plaqué pour construire cet havre de paix. Je fais aussi la connaissance des quelques autres backpackers présents, peu nombreux. Nous dinons ensemble, c'est Arthur aux fourneaux et on sent qu'il y a une touche française dans ce qu'il prépare.

On jouera ensuite à un jeu de société avec Christina, une anglaise qui a perdu son mari et qui donne des cours de langue via une ONG, Laurine, une travelleuse espagnole, un autre anglais et Arthur.

Le lendemain, après un petit déj copieux, je vais explorer les environs. Je me rends dans un premier temps à la chute d'eau Cha Ong.

Cha Ong Waterfalls

Celle-ci est quasiment à sec, mais il parait que durant la saison des pluies, le débit est plutôt impressionant.

Je vais donc à une seconde chute, Kachanh, qui s'avère bien plus intéressante! Après avoir traversé un pont de singe, j'ai accès à un bassin d'eau dans lequel je me baigne. Je me rends sous la cascade pour prendre une douche ... frappante!

Kachanh waterfalls

Une petite sieste plus tard, bercé par le son sourd mais reposant de l'eau, je me rends en fin d'après midi au Yeak Laom Lake, un lac d'origine volcanique. Il est parfaitement circulaire, et j'en fais le tour, d'environ deux kilomètres, avant de m'installer à un ponton, pour faire ma deuxième sortie drone de la journée -ne pouvant pas résister à une prise de vue aérienne des chutes précédemment-

Des enfants se rendent aussi sur le ponton, qui leur sert de plongeoir. Confronté à leur amusement, je me joins à eux, pour effectuer plongeons, saltos et une bataille d'eau.


Yeak Laom Lake

Fatigué de toutes ces activités nautiques, un bon dîner m'attend à l'homestay, animé par des conversations avec les autres voyageurs. Mais une conversation s'avèrera bien plus utile que les autres, puisqu'elle me sera d'un grand secours le surlendemain ...

-voilà que je me mets à mettre des cliffhanger en fin de récit-

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Aujourd'hui j'ai pour objectif de passer au Laos. La frontière est à 4h de route, je veux donc partir assez tôt. Cependant, à cause d'un problème de fermeture éclair de mon sac à dos, que je fais réparer au marché, je tarde à partir. Mais alors que je m'apprete à prendre la route, un ami à Arthur et Claire, venu boire un coup à l'homestay, me met en garde quant à la fermeture du poste de frontière à 17h - si ce n'est avant connaissant l'assiduité des fonctionnaires asiatiques-.

Il m'est donc impossible d'y être dans les temps. Je déjeune donc à Banlung, mais décide de prendre la route tout de même pour Stung Treng, qui me rapproche du Laos. Une fois en ville et mon hotel trouvé, je me mets à la recherche d'un restaurant. Je fais une petite overdose de la nourriture asiatique, et mange un burger dans un resto que j'ai vu à mon arrivé. Celui-ci est décevant, mais je me réconforte en pensant aux nouvelles spécialités laotiennes qui m'attendent!

Je prends alors la direction de la frontière le lendemain assez tôt. Une fois arrivé à proximité du poste cambodgien, je reste à l'écart et attend qu'un bus de touristes n'arrive, afin de me faire passer pour l'un d'entre eux et ne pas avoir de problème avec la moto. J'ai en effet entendu de nombreux retours concernant un passage difficile de cette frontière Cambodge-Laos, pour les touristes motards. Cependant, après un certain temps, il n'y a toujours aucun autocar à l'horizon, alors que ceux-ci devaient arriver vers 12h30...

Je décide alors de tenter le coup comme lors de mon passage de la frontière Vietnam-Cambodge, en me rapprochant tout en coupant le moteur et en laissant la moto à une distance raisonnable du poste d'émigration. C'est loupé! Un homme dont l'apparence ne laissait en rien penser qu'il travaillait là me remarque et vient me voir, puis me demande de le suivre. Une fois dans un bureau, il m'annonce qu'avant de pouvoir m'enregistrer à l'émigration, je dois payer 20$ pour que la moto elle aussi puisse passer. Après quelques phrases échangées, en exclamant mon incompréhension car j'avais pourtant entendu dire qu'une moto vietnamienne en règle pouvait passer la frontière sans aucun problème, son caractère sévère et décidé ne me laisse plus le choix d'utiliser ma botte sécrète!

J'ai déjà mentionné mon échange fructueux avec Christina, à Banlung. Elle avait en fait rencontré un haut gradé de l'armée cambodgienne, alors qu'elle donnait des cours anglais dans le sud du pays. Ils sont devenus copains, lui étant très fier du travail bénévole de Christina auprès de la nouvelle génération asiatique. Il lui a donné sa carte en lui disant qu'en cas de souci, elle n'avait qu'à appeler. J'ai donc bien évidemment demandé si je pouvais avoir une copie de cette fameuse carte, qui pourrait s'avérer bien utile.

Je suis donc à présent devant cet agent qui n'a pas l'air commode et qui demande 20$ pour me libérer de son bureau. Après avoir tout de même hésité dans un premier temps à tenter le bluff de la carte, je n'ai plus d'autre choix. Je m'approprie alors l'histoire de Christina, et raconte que j'ai rencontré le Lieutenant Général des armées à Takéo, alors que je donnais des cours d'anglais. Celui ci m'a certifié qu'il n'y a pas de raison que je rencontre une difficulté à la frontière, mais que si c'était le cas je n'aurais qu'à l'appeler. Je tends alors en même temps la carte à l'agent, et lui demande d'appeler mon "ami". La tête de celui-ci s'est alors métamorphosé. Un mélange de crainte et de respect ont évincé son caractère supérieur. Après avoir appelé un collègue, qui a lui aussi écarquillés les yeux sur la carte, et après avoir effectué quelques allers-retours des yeux entre son collègue, la carte et moi, il me dit que je peux partir. C'est gagné !

La carte "Sortie de prison" du Monopoly

Le sourire aux lèvres, je quitte alors son bureau, pour effectuer les formalités aux postes cambodgien et laotien, qui ne présenteront aucun problème.

Juste après la frontière se trouvent les plus grosses cascades d'Asie en termes de débit, Khonephapheng Waterfalls. Je décide de m'y rendre et il n'y a presque aucun touriste!

Le drone est de sortie bien évidemment. Le coin est vraiment très sympa, et bien que les chutes soient assez impressionnantes, elles doivent l'être encore bien plus lors de la saison des pluies! En quittant le lieu, deux bus arrivent, desquels descendent de nombreux touristes. J'aurai évité l'heure de pointe.

Khonephapheng Waterfalls

Je me dirige enfin dans une région située à l'extrême sud du Laos. De nombreux îlots flottent sur le Mékong en cette partie du pays, nommée les "4000 îles". J'embarque sur un petit bateau individuel avec ma moto, pour me rendre sur Don Det et assiste à un beau coucher de soleil sur le fleuve, puis après avoir trouvé un dortoir, je sympathise avec des travellers, avec qui je vais dîner. Nous attendons plus d'une heure pour avoir chacun nos spring rolls, mais ce seront les meilleurs nems que j'ai jamais mangés!

Balade à bateau-moto entre les 4000 îles

Nous entendons parlé d'un festival ayant lieu ce soir, auquel nous nous rendons. Mais la fête s'avère être bien trop locale pour nous: une estrade avec de la musique laotienne très criarde complète un spectacle de clowns déguisés en femmes et parlant en laotien avec des voix aiguë très forcées et à l'humour incompréhensible. Nous ne nous y attardons pas et rentrons au dortoir. Je vais au lit dans la foulée, cette journée m'ayant une nouvelle fois bien fatigué!


Coucher de soleil aux 4000 îles
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-Désolé pour le manque d'activité ces derniers temps, mais cela est dû à la perte de mon téléphone, un événement impromptu parmi quelques autres comme vous allez le découvrir maintenant, et j'ai par conséquent très peu de photos à partager (seulement celles que j'ai envoyées par messages avant la perte du smartphone). Je fais donc un unique post pour retracer toute la semaine 15-21, étant donné mon retard et le manque de détails dans mes souvenirs.-


Après donc ma journée passée sur l'île de Don Det, ma route se poursuit en direction de Paksé. Quitter l'île s'avère un petit peu difficile, la météo est très capricieuse et il pleut comme vache qui pisse à intermittences. Je reprends une barque pour moto afin de traverser le Mékong -après une looongue négociation- puis trace vers Paksé. Premier problème, mon câble d'embrayage casse à seulement 20 minutes de la ville! Il fait nuit mais suis obligé de m'en occuper... Un petit garage me le remplace, mais ne dispose que d'un câble de longueur trop courte. C'est à dire que lorsque je tourne, je débraye ... Mais sans autre solution je roule ainsi jusqu'à Paksé. Je tourne pas mal en ville afin de trouver une guesthouse convenable, je perds un peu patience et une nouvelle fois suite au relâchement de ma pédale de changement de rapports, celle ci lâche... Après avoir trouvé un lieu ou passer les deux prochaines nuits, je me détend en dégustant les deux spécialités de la ville: les saucisses douces laotiennes et la salade de papaye.

Le lendemain (16mar) je me rends à la célèbre Tad Fane Waterfalls, sur le plateau des Bolovens.




Tad Fane Waterfalls, lieu du drame !

Alors que je me rends au point de vue classique (photo ci dessus) je suis plus que tenté de me rendre au bord de la chute, par un petit chemin repéré un peu plus tôt, traversant la jungle et qui contourne le précipice me séparant de mon objectif. Après une demi heure à me débattre avec les branches, j'arrive au point recherché. Je suis au sommet de la chute de gauche, en face du point de vue touristique, seul. Je suis obligé d'immortaliser cela avec le drone, que je prépare pour un vol. Cependant, le pire de ce que je redoute a chaque sortie arrive... Le drone devient fou, et fonce droit vers la falaise sans que je puisse le contrôler! Je suis enragé! Grâce au retour vidéo instantané je sais à peu près où il se trouve -il n'est pas tombé en bas de la falaise de 130m de haut- mais a été stoppé par des branchages.

Une seconde avant la folie du drone (je suis en blanc en haut à droite de la chute)

Après une heure de recherches actives dans un état d'énervement rare et de nombreuses griffures sur jambes et bras, j'abandonne et retourne au point de vue, où je suis garé.

Alors que je suis en train de me lamenter sur mon sort, je vois un groupe de personnes proposant la traversée du précipice en tyrolienne -celui que j'ai contourné par la jungle- Ils sont équipés de baudriers et je suis sûr qu'ils ont des cordes. L'un d'entre eux parle anglais et je leur explique ma détresse. Nous nous accordons sur un tarif pour organiser, avec 4 de ses gars, une expédition de recherche du drone le long de la falaise. Nous empruntons alors la fameuse tyrolienne -qu'ils font payer d'ordinaire 40dollars la traversée- puis après avoir descendu un arbre sans sécurité pour se rendre sur la scène de crime, la team s'équipe pour organiser la descente en rappel le long de la falaise.

On quitte le parcours acrobranche classique par la seule voie possible, un arbre

Après seulement quelques changement d'emplacement afin de quadriller la zone, l'un des guides remonte, le sourire aux lèvres mais surtout le drone en main! Je suis tellement heureux et soulagé! On immortalise leur professionnalisme, et remontons par le chemin -que j'emprunte une troisième fois donc-.

Une équipe de winner, le drone en trophée

Je remercie alors infiniment toute l'équipe, et paye chaque membre 20$ chacun, puis quitte les lieux qui resteront à coup sur en mémoire pour un bon moment.

Après cette journée forte en émotions, je dois affronter mes problèmes mécaniques,mais cela attendra le lendemain matin.

Au lever donc, alors que l'objectif de la journée est de me rendre à Savannakhet pour passer 2 jours chez la famille laotienne d'un collègue et ami de ma mère, ma première tache est de faire réparer ma moto. Cela durera bien plus de temps que prévu, trois heures littéralement. Après avoir choisi la voie de juste arranger le levier de vitesse, cette fois-ci je le fais réparer avec une pièce neuve mais cela nécessite de démonter entièrement le moteur ...

J'arrive alors tard chez la famille de Davong, mais celle-ci m'accueille triomphalement avec un dîner composé d'une nouvelle spécialité, le laab de canard. La famille est nombreuse et il y a seulement deux jeunes, Phoutasome et sa copine, qui parlent anglais, et qui jouent donc le rôle d'interprètes. C'est avec ces deux nouveaux amis que je passe le lendemain. Nous passons la journée à faire une balade en scooter. Nos nous rendons dans la forêt en périphérie de la ville puis effectuons la visite d'un temple bouddhiste. Après le déjeuner, une boutade sur la forme physique de Phoutasome nous amène à nous rendre à la salle de sport de la ville.

Deuxième séance de sport en 1mois

Le soir venu, je suis encore traité comme un roi car je suis invité au dîner de famille au meilleur restaurant de la ville. Durant ce moment de partage, et alors que je fais beaucoup de photos avec les membres de la famille, le patron veut lui aussi son selfie avec moi. Mais la surprise de la soirée sera le fait qu'à la table d'à coté, composé d'une vingtaine de fonctionnaires fêtant quelque chose, se trouve le chef du département des transports de la région de Savannakhet, qui est aussi le patron mais ami de Sibouie, chez qui je loge. Celui-ci me dédicace la chanson qu'il chante devant tout le monde, le karaoké étant le sport national ici. Les plats s'enchaînent sur notre double table et la bière coule à flot. Ma panse n'aura jamais été si remplie et il est temps de rentrer à la demeure. Demain je prends la route tôt pour Na Hin car je veux visiter la grotte de Kong Lor.

Seulement la moitié de notre tablé...

Avant de prendre la route, Phoutasome m'emmène chez "le spécialiste" chez qui je change mes suspensions. J'avais en effet brisé l'une d'elles lors de mon passage de la frontière sur une route qui était en plus mauvais état que tout ce que j'ai pu voir. Celui-ci ne souhaite pas me faire payer, mais j'insiste pour lui donner un "gift, not a charge".

La route pour Na Hin se déroule bien, elle est certes longue mais agréable car à un certain moment j'entre dans un parc national. Cependant ... une nouvelle galère survient. Je suis de nouveau à plat, mais au beau milieu de nul part. Je dois encore prendre le risque d'abîmer un peu ma roue arrière pour trouver quelqu'un qui puisse m'aider. Une fois la chambre à air changée, je suis à plat 100m plus loin. Ma roue est tellement fichue quelle détruit les chambres à air et n'ai d'autre choix que de la changer. Mais je me trouve dans un petit village dans le parc et il fait déjà nuit. Pas de réparateur ici et je me dis que je vais dormir chez l'habitant qui m'a aidé à changer ma chambre. Mais celui ci se montre très peu hospitalier et me propose de me faire payer le remorquage jusqu'à la ville la plus proche. Il me demande 100 000 Kip (10€) pour le service, qu'il va s'empresser de monter a 150 000 sur cris de sa femme (encore moins hospitalière). Toute la négo se fait via Davong que j'ai au téléphone, ces gens ne parlant pas un mot d'anglais. Je paie finalement les 10€ initiaux pour me faire emmener avec la moto à un motel dans la ville voisine, avec un garage a proximité.

La moto est remorquée tandis que je ne suis pas très serein

Je ne dors pas bien mais le lendemain, le garage a ce qu'il faut pour me remplacer jante, chambre à air et pneu. Cela me coûte un bras mais je n'ai pas d'autre alternative. Je peux ainsi me rendre à la grotte de Kong Lor, à 2 heures de route, en détour de mon trajet vers Vientiane. Une fois arrivé sur les lieux, j'attends d'autres voyageurs afin de partager une pirogue. J'embarque alors avec un anglais et un français, pour une virée de 2h dans la grotte de 7km de long. Des jeux de lumières sont installés à certains endroits afin d'admirer les nombreux stalactites et stalagmites. Nous traversons aussi quelques fines chutes d'eau avec la pirogue, dues à la pluie de ce matin qui s'infiltre dans la grotte. Le décor est très impressionnant, avec des structures amorphes de toutes parts, le tout dans une atmosphère paisible, plongée dans le noir complet faiblement éclairé par nos 4 frontales, avec comme seul son le bruit de l'eau ruisselant lorsque le moteur est coupé -sauf quand l'un d'entre nous veut tester l'écho avec un bruyant "halloooo"-

La fin de la balade arrive à sa fin, je salue mes deux compagnons de "croisière" et reprends ma route, revenant sur mes pas pour récupérer mes affaires laissées à mon motel ainsi que la route principale menant a Vientiane. Mais une nouvelle fois, alors que je suis presque arrivé à un point étape, et qu'il fait nuit, un scénario que je commence à bien connaître s'écrit: mon câble d'accélération casse ... La poignée de gaz ne donne plus rien, et je dois donc la démonter, dégainer le câble et je peux ainsi terminer les quelques kilomètres qu'il me reste en accélérant en tirant à la main dessus.

Je répare le lendemain matin de manière artisanale ma poignée de gaz, avec un manchon trop petit que je scie et de la colle. Pouvant de nouveau accélérer sans me faire une crampe, je fonce cette fois-ci pour ... Vientiane, enfin! Cependant, après m'être arrêté déjeuner à Paksé, je perds mon téléphone, qui était mal fixé sur son support moto! Après plusieurs allers retours sur les très court 300m du possible incident, sans succès dans mes recherches, j'en conviens que quelqu'un a déjà filé avec. Je perds en même temps que le portable en lui même, plein de photos, mais surtout un tas de notes importantes, ce qui me fait enragé. Mais une problématique plus pressante est que je n'ai plus accès à la confirmation de réservation que j'ai faite pour ce soir a Vientiane. Après 2h de route, j'arrive dans la ville et essaie de trouver un hôtel avec un PC duquel je peux retrouver le mail en question. Cependant, Google étant trop sécurisé, je n'arrive pas à me connecter à mon compte sans code d'activation envoyé sur mon téléphone ... Mais j'arrive finalement à trouver le nom de l'hôtel dans lequel j'ai fait la réservation, et après avoir redemandé l'utilisation d'un portable à des tchèques dans la rue, afin de me repérer et retenir le reste de route pour atteindre le lieu, j'arrive finalement à mon dortoir.

Cette perte de téléphone vient donc s'ajouter à la liste de moments contrariants, qui commence à être longue... Mais heureusement, demain, un grand réconfort plus qu'attendu fait son arrivé dans cette aventure ...

21

Il a peut être semblé étrange que je fasse autant de route cette dernière semaine. J'ai en effet parcouru 1200 km en 7 jours afin de rejoindre Vientiane assez rapidement depuis le sud du Laos. Il y a une explication très simple à ce rythme soutenu - presque aussi élevé que mon excitation - et qui est lié à l'heureux événement dont je parlais dans mon post précédent.

Alors que l'idée que Koralie, ma copine, me rejoigne en Asie était dans un premier temps un fantasme plus qu'une réelle possibilité, ce désir devint de plus en plus intense et sa concrétisation paru plus que possible. En très peu de temps, les billets d'avion étaient achetés, les vaccins effectués, le visa demandé. Mon amoureuse est donc en route pour qu'on se retrouve à Vientiane et poursuivre l'aventure que j'ai entreprise pour 5 nouvelles semaines, à deux.

Les retrouvailles ont lieux à l'aéroport où je suis venu chercher Ko à moto. Après avoir rechargées les batteries à l'hôtel, 24h d'avion oblige, la suite de la journée est consacrée à la recherche d'un bureau de change et d'une puce internet - l'arrivée de Ko permettant de retrouver un appareil électronique, bien pratique! - On déjeune au bord du Mékong puis prenons une bière en attendant un rendez-vous pour voir une moto en vente par des backpakers allemands. On est encore en train de réfléchir concernant le voyage à une ou deux motos. Beaucoup de travellers voyagent à deux sur une Honda Win, et cela présente des avantages comme la limitation de réparations, plus nombreuses si il y a deux motos, et la réduction des frais d'essence. Le couple allemand a beaucoup voyagé avec leur moto, mais celle-ci ne me convainc pas pour autant. Cependant l'idée d'une moto pour deux prend de plus en plus d'ampleur.

Le soir venu nous allons dîner dans un resto à volonté où nous pouvons faire cuire légumes et viandes dans deux poêlons. Le concept avait l'air cool mais dans la pratique nous sommes déçus car nous n'arrivons pas à faire cuire les aliments à souhait. Le fait que les serveurs veulent nous faire payer plus cher que ce que nous avions convenu en début de repas (seulement un menu premium) et aient aussi facturé le seau de glaces pour la bière -à volonté elle aussi - dénote aussi la fin de soirée. Mais il en faudra plus pour gâcher nos retrouvailles et après négociations nous ne paierons que ce qui était convenu.

Des retrouvailles à volonté

Le lendemain, après un petit déjeuner à l'américaine à l'hôtel, nous partons à pieds échanger les euros de Ko dans un bureau repéré la veille qui n'applique pas de frais d'échange, puis nous revenons à l'hôtel prendre la moto. Notre décision est prise, nous ferons le trip à deux sur la Baroudeuse et il faut donc acheter un casque pour Koralie et faire poser des racks sur les côtés en plus du rack arrière pour transporter les sacs supplémentaires. On tourne beaucoup en ville mais on trouve finalement un casque neuf pour seulement 16euros et après s'être fait balader de garages en garages pour trouver quelqu'un qui puisse effectuer la pose des sideracks, on est envoyé finalement chez un spécialiste qui fait la pose à la soudure de deux supports latéraux pour les sacs.

Le travail est super bien fait et nous avons encore le temps de nous rendre au Bouddha Park à une trentaine de kilomètres de la capitale. La visite s'avère rapide, le site étant plus intéressant dans sa globalité par son atmosphère un peu loufoque que les status en elles même, bien qu'il y en aient de très sympas. La dernière construction aussi est complètement décousue, dans laquelle les marches ou divers passages sont faits alternativement pour des géants et pour des nains.


La vue sur le Bouddha Park

Koralie conduit la moto pour la première fois sur le retour à l'hôtel, où nous chargeons tous les sacs sur nos racks flambants neufs. La moto n'a jamais été aussi chargée et sa maniabilité est compromise, mais le trajet se passe sans problème vers un lodge à l'écart de la ville. Nous avons une hutte avec terrasse et le proprio est super sympa. Il parait que la cuisine ici est top alors nous commandons plusieurs plats typiques, excellents mais épicés.


Une vraie mule

Nous repartons de ce coin très sympa le lendemain, après avoir pris un petit déjeuner très chill dans l'espace commun en extérieur. On prends la route pour Vang Vieng, et la moto fonctionne super bien, parcourant à vive allure des lacets en montagne.

Après 4h de route, et s'être fait photographiés comme des stars par une demi-dizaine de thaïlandais sur une aire de repos, nous arrivons enfin dans la ville située en vallée de grandes montagnes karstiques. Le soir venu nous sortons dîner, un sandwich typique de Vang Vieng ainsi qu'un Pad Thaï, la frontière n'étant pas loin, puis nous nous rendons au bar à proximité de notre hôtel, dont nous entendons la musique depuis un bon moment de notre chambre. Trois Pina Colada et une partie de billard sont de mises, puis on ne tarde pas à aller se coucher, voulant nous lever tôt le lendemain pour explorer les environs de Vang Vieng.

Les photos de repas sont de plus en plus nombreuses ...

Levés à 7h30 pour profiter pleinement de la journée, nous avalons rapidement le petit déjeuner proposé par l'auberge et enfourchons la moto pour partir à l'assaut du parc national de Vang Vieng. Nous avons repéré l'itinéraire d'une boucle à moto sur internet la veille dont nous nous inspirons. 

Nous nous rendons donc en premier au point de vue de Pha Ngeun. Après une ascension de 600 mètres à pieds et 250m de dénivelé positif - oui, ça fait raide ! - nous arrivons à un pic permettant de voir toute la vallée. Il y a beaucoup de touristes, la vue n'est pas si extraordinaire mais cela nous permet au moins d'avoir fait notre séance de sport ! 

La fatigue de ressent au sommet du promontoire

La prochaine étape est le Blue Lagoon, activité principale de Vang Vieng. Cependant cette réserve naturelle est victime de son succès et est blindé de monde, bondée de bus de chinois qui se baignent dans le lagon en gilets et boués.

Nous ne souhaitons pas nous attarder ici mais heureusement une grotte est accessible depuis ce lieu, et peu de monde s'y aventure. Nous y accédons après une rude ascension puis dégainons les frontales. Le calme est retrouvé et le décor est très reposant, dû aux jeux de lumières que nous offrent les quelques rayons de soleil ou alors les nombreuses bougies disposées pour éclairer un "chemin", bercés par les incantations bouddhistes de quelques fidèles près d'un autel dans la grotte.

À l'intérieur de la grotte, à l'abri du brouhaha du Blue lagoon

Après avoir quitté le Blue Lagoon pour trouver un petit restaurant très sympathique où nous dégustons des spécialités laotiennes délicieuses, nous souhaitons nous rendre au "Secret Blue Lagoon". Le GPS fonctionnant mal ce sera peine perdue, mais découvrons un petit poste tenu par deux enfants qui nous demandant de payer 10000kip par personne (1euro) pour continuer notre chemin. Vu l'émotion du plus grand lorsque nous essayons de négocier, nous décidons de payer et d'aller voir ce qui se cache derrière ces 2€. Le plus grand nous avait assuré que nous pouvions nous baigner.

Une petite marche de quelques minutes plus tard, et avoir suivi les panneaux "swimming" et non "cave", nous arrivons à un cul de sac. Perplexes, nous comprenons en fait qu'il faut rentrer dans une grotte pour y découvrir un trou d'eau d'à peine 3m de diamètre. Complètement seuls, nous nous mettons à l'aise et nous y baignons, accompagnés de musique résonante. Un premier couple passe, mais probablement gêné, ne reste pas. Un peu plus tard, un deuxième couple arrive, s'installe et commence à se baigner. Cette fois-ci nous quittons les lieux à notre tour et repartons alors pour tenter de trouver le véritable secret Blue lagoon. Après quelques errances, on nous demande de payer à nouveau 10k Kip par personne pour accéder au fameux lagon que nous avons enfin trouvé, mais fatigués, assoiffés et de peur de tomber encore sur de nombreux touristes, nous décidons finalement de rebrousser chemin et de rentrer à Vang Vieng.

Le parc national et ses montagne Karstiques, en arrière plan de la rivière longeant notre hôtel.

Le nuit venue, après dîner, nous nous rendons au night market de la ville puis nous laissons tenter par un pancake Banane-Beurre de cacahuètes puis une mangue fraiche, avant de retourner à l'hôtel. Demain nous prendrons encore la direction vers le nord du pays, mais non sans problème mécanique cette fois-ci...

22

Aujourd'hui nous prenons la route pour Luang Prabang, à 180 km de Vang Vieng. Le petit déjeuner est rapidement avalé et nous chargeons la moto de nos sacs. Cependant notre rituel est interrompu par la venue d'un couple de toulousains, intrigués par notre véhicule, et qui engage la conversation à propos de motos et voyages. Ils reviennent de Louang Prabang et sont admiratifs devant notre volonté d'y aller chargé ainsi, en connaissance de la route.

Après avoir fait le plein, un contrôle de la tension de la chaine et de la pression des pneus, Ko prend le guidon. Alors que la Honda avait roulé d'une façon plus que satisfaisante jusqu'à maintenant contre toutes attentes, avec un passager et un sac supplémentaire, il fallait bien qu'elle nous joue un tour... On constate en effet qu'elle roule moins bien que la veille, avec des trous d'accélération, des bruits de broutage et une vitesse max réduite à 66 km/h.

Alors qu'on commence l'ascension de la montagne, on arrive dans une zone de travaux en plein virage, avec une route sablonneuse et un camion à l'arrêt. La combinaison de ces éléments avec le fait que tout le poids de la moto soit réparti sur l'arrière nous fait aller au tapis.

Heureusement plus de peur que de mal! Après s'être remis de nos émotions et avoir constaté les dégâts très minces, je prends le guidon. -Ko à quelques bleus tandis que je suis simplement griffé, la moto quant à elle a un repose-pied de cassé-. Le kick pose lui aussi problème après la chute, ne tenant plus. Nous devons donc le ranger dans un sac avec le repose pied, une fois la moto démarrée. Nous pouvons ainsi reprendre la route en pensant que le pire est derrière nous...

Cependant, nous comprenons rapidement l'admiration quelque peu craintive du couple toulousain. Il s'avère que les côtes de la montagne sont très raides -12% par moments-. A cela s'ajoute le froid et l'humidité, et les compétences de la Baroudeuse sont au plus faible. Nous arpentons les côtes en deuxième, et première pour les plus inclinées. Nous avançons au ralenti et la pauvre Win sent le brûlé, nous obligeant à nous arrêter. Je décide de poursuivre en courant -qui se transforme très rapidement en marche- en espérant trouver une voiture pouvant me monter au sommet tandis que Ko continue la grimpette à moto, soulagée de mon poids. Après deux pick-up ne ralentissant même pas, un van me prends finalement. Celui-ci est très pressé, et lorsque nous dépassons Ko je lui fais signe de continuer jusqu'au sommet, non sans savoir quelle galère l'attendait...

Ko continue donc seule à moto, plus rapidement qu'à deux, mais avec une certaine appréhension suite à la chute. Le brouillard est très épais, le froid rend les tremblements du corps quasi incontrôlables et la moto se met à caler ! D'elle même deux à trois fois. Avec le poids, il est difficile de l'arrêter correctement avec le frein avant, elle se met alors à glisser dans la descente. Il faut alors ressortir le kick du sac, kicker, le ranger, et repartir... 

Jusqu'au sommet, il y a un passage de terre caillouteuse comme celle de la chute. Heureusement, celle-ci a servi de leçon et les bons réflexes sont la et le passage se fait sans encombre. Enfin et après plusieurs minutes de route dans un froid terrible, un brouillard qui empêche de voir à 2 mètres et une moto qui cale ou broute, arrive un autre passage de sable mou avec des sillons de pneus. Forcément, calage en plein dedans. Ko finit par s'en sortir on ne sait comment en faisant à moitié du cross dans cette plage de sable en pleine montagne.

Alors que de mon côté je l'attends au sommet, je finis par entendre la moto arriver, mais ne peut rien voir à cause du brouillard. J'aperçois enfin le duo sortir de l'épais amas, couverts de sable! Je pense alors à une nouvelle chute, mais Ko me raconte son ascension épique.

La Baroudeuse, plus souffrante que jamais

C'est le début de la descente et on peut enfin repartir à deux, avec une moto plus coopérative, mais toujours frigorifiés et avec encore 90km à parcourir sur les 180... 

Nous nous arrêtons déjeuner dans un petit restau situé dans l'un des micro villages de la vallée, ce qui nous réchauffe et nous redonne le moral pour les 70km restants. 

La suite de la route, essentiellement du dénivelé négatif, se fait sans encombre et nous arrivons dans la ville après 6h de route pour 180km... Un record!

Nous trouvons une guesthouse puis allons prendre un goûter plus que mérité dans une pâtisserie qui propose croissants et pains au chocolat.

Nous sommes alors décalés avec l'horaire du dîner et quand nous commençons à avoir faim, nous avons beaucoup de mal à trouver un restaurant acceptant de nous servir après 22h. La journée de galères n'est donc pas terminé avec une errance qui commence à faire son temps...

On arrive finalement à dénicher un restaurant au cadre charmant qui accepte de nous servir autour de 23h. La nourriture y est top, la bière Lao gold très bonne et nous finissons enfin cette journée sur une note très agréable.

Le lendemain, alors que nous avons prévu d'explorer les sites incontournables de Louang Prabang, notre programme est mis à défaut à cause d'une pluie battante qui s'abat sur la ville.

Il est impossible de prendre la moto avec ce déluge, mais l'on se motive tout de même à sortir braver la pluie, équipés de nos kway, de tongs et shorts. Il pleut mais il fait plutôt chaud ! Nous déambulons alors dans la ville vide de touristes, ayant probablement préféré rester au sec.


Sous le déluge -petit placement pour Sopra Steria-

A défaut de trouver des activités par cette météo, nous marchons beaucoup et arpentons d'autres parties de la ville, puis nous déjeunons, par deux fois. Nous découvrons des snacks typiquement laotiens comme le riz soufflé ou les chips d'algues. Une accalmie nous permet d'emmener la moto en réparations, afin de souder le repose pied, changer ceux du passager et changer une pièce électrique.

Nous nous rendons enfin au night market où nous dégustons de nombreux petits mets: raviolis, nems, pâtes de riz, pancake à la noix de coco, le tout accompagné d'un fruitshake mangue banane ananas, notre nouveau mélange préféré. Cette journée aura été totalement motivée par la nourriture, et nous la terminons autour d'une bière dans un bar au bord du Mékong avant de rentrer nous coucher, en espérant que le temps soit plus clément demain afin de pouvoir faire notre programme.

La journée commence alors comme la précédente, avec un réveil à 7h et pleins d'espoir. Bien que le ciel soit couvert, il ne pleut pas et nous filons à moto aux chutes. Nous arrivons les premiers sur le parking, après une trentaine de kilomètres de route en lacets, un vrai régale pour Ko.

Comme promis, le spectacle est éblouissant ! Les chutes sont sur plusieurs niveaux, tous aussi beaux les uns que les autre et d'une eau bleue à couper le souffle. Le dernier niveau est la plus grande cascade, se trouvant au plus près de la source.


La grande chute de Kuang Si

Alors que nous avons déjà les cuisses bien chaudes, nous apercevons un panneau indiquant une grotte et un endroit ou se baigner, dont nous prenons la direction indiquée. Après plus d'un kilomètre de marche, et aucun autre panneau croisé, nous voyons un nouveau panneau vers la Sweetwater cave et un restaurant, à 1,5 km... Ayant déjà fait une bonne partie du chemin nous décidons de continuer. Nous arrivons finalement à la grotte plus petite et bien moins impressionnante que celle du blue lagoon mais tout de même sympathique à visiter, remplie de chauves souris et de mini bouddha disposés dans les trous des parois.

On en fait vite le tour, et on a toujours très chaud de notre ascension. On se dirige donc vers la source d'eau promise. On arrive alors au fameux restaurant et ses lodges pour se reposer. C'est très paisible et joli comme endroit. 

Un long tronc d'arbre rejoint les deux rives de la rivière, avec un panneau invitant à tenter la traversée : "faites l'aller retour et gagnez une bière, tombez deux fois et payez la bière".Je tente de relever le défi. Après m'être équipé d'un bâton pour m'équilibrer, je joue au funambule sur le tronc. Il me faut un peu de temps pour apprivoiser ce pont improvisé qui tremble et roule un peu, mais je finis par arriver de l'autre côté ! Plus que le retour et on aura gagné une bière. Malheureusement, je tombe par deux fois, sous les rires de Ko, et ressors de ce challenge vaincu et trempé.


Qu'est-ce qu'on ne ferait pas pour une bière...

On commande alors une bière, bons joueurs que nous sommes -et surtout soiffards- et un riz frit pour combler la faim creusée par nos efforts. Nos forces retrouvées, nous reprenons le chemin des chutes, en descente cette fois-ci. Il y a plus de touristes qu'à l'aller, mais le temps s'étant éclairci il fait maintenant chaud et nous pouvons nous baigner dans l'eau couleur azur. Tandis que je prends Ko en photo, plusieurs chinois la prennent aussi en tant que modèle, c'est assez gênant.


Ko prise comme modèle par quatre photographes

Après quelques instants de trempette et de photos, il est déjà 13h30 et nous avons encore pas mal de choses à faire. Nous continuons de longer les magnifiques chutes d'eau jusqu'à rejoindre l'entrée du parc. Il y a une réserve d'ours où nous pouvons en voir quelques uns, dont un à la posture très drôle, ayant une patte en l'air.

L'heure de la sieste pour les ours

Nous rentrons à Louang Prabang et après un bref déjeuner, nous nous dirigeons vers le fameux temple de la ville. Celui-ci nous déçoit quelque peu en comparaison à tout ce qu'on a pu en lire... Se pose alors la question de monter au mont Phousi, ou bien traverser le Mékong pour profiter d'un autre point de vue de l'autre côté. Pour y réfléchir nous nous posons au bord du fleuve où nous faisons des ricochets, rejoints par un enfant qui nous ridiculise. Après ce petit break, nous ne serons plus très motivés à faire une quelconque autre visite.


Wat Xieng Thong

Le soir venu, nous retournons au marché de nuit, déguster des raviolis dont nous sommes tombés amoureux la veille. Mais nous ne pouvons pas partir de Luang Prabang sans avoir testé le Fish'n chips cuisiné avec des poissons du Mékong ! Nous allons alors dans l'un des restaurant surplombant le fleuve, sur une terrasse bien agréable, et dégustons une eau de noix de coco (la même qu'Obama !), des spring Rolls et le fameux fish'n chips qui s'avérera très bon. Il manque encore un dessert à tout ça, et au nous nous rendons alors au night market, prendre une gaufre à la noix de coco, que nous accompagnons avec celle dont nous avions bu l'eau juste avant... Petit achat de robe pour Ko et retour à l'hôtel, nous devons tout packeter pour partir tôt le lendemain !


Une dernière photo des cascades pour la route...
23

Aujourd'hui nous prenons la direction de Luang Namtha ! Nous n'avons pas réellement décidé du programme : d'une traite les 300km ou une pause à Oudomxai, sachant que Google Maps prévoit 7h30 pour les 300km... Les divers blogs de backpackers relatent des routes terribles sur cet itinéraire, on se prépare donc au pire en appréhendant une route de montagne en très mauvais état. Mais contre toute attente, on se retrouve sur un goudron tout neuf ! Les paysages sont superbes et c'est un véritable terrain de jeu pour la moto! Montées, descentes et virages de montagnes, la Baroudeuse avale les kilomètres et nous nous régalons alternativement en se passant le guidon. Il fait beau et chaud, la vue est magnifique, la route géniale et la moto fonctionne à merveille. Ce trajet restera gravé comme l'un des plus agréables !

Nous arrivons à Oudomxai vers 16h après 200km parcourus. Il est trop tard pour continuer jusqu'à Luang Namtha, 100km plus loin. Nous décidons de nous arrêter pour la nuit et dénichons un hôtel avec une très belle chambre et salle de bain. L'avantage de dormir dans des lieux peu touristiques : le luxe à bas prix ! 

Nous sortons dîner après une sieste dans le lit King size dans un restaurant à la cuisine typique laotienne, où nous tentons un plat que nous découvrons pour la première fois à la carte: "fried beans curd". Alors que nous pensions avoir des haricots blancs ou rouges, nous nous retrouvons avec ... du tofu. En tant que gros amateurs de viande, nous sommes quelques peu déçus, mais comme à notre habitude nous avions commandé pour un régiment et les deux plats supplémentaires sont quant à eux excellents.

L'avantage de commander autant quand un plat ne plait pas

Le lendemain, nous sommes prêts pour reprendre notre route vers Luang Namtha. Nous avons une petite frayeur lorsque nous ne retrouvons pas la moto à son emplacement de la veille. Mais bien vite, une dame qui doit avoir remarqué notre inquiétude nous indique la maison qui fait face à notre hôtel. La moto a en fait été déplacée de l'autre coté de la rue, dans une cour privée fermée avec un portail. Après ce soulagement, notre poursuivons notre luxueux break à Oudomxai en prenant le petit déjeuner dans un hôtel bien plus haut de gamme que le nôtre. Accueillis comme des rois par le maître des lieux, on savoure un super petit déjeuner agrémenté de spécialités locales offertes par notre hôte comme de la patate douce, des saucisses faites maison ou de la citrouille, le tout dans une ambiance très accueillante instaurée par le personnel. 

On quitte finalement la ville étape, bien rassasiés, pour reprendre notre route, cette fois-ci avec une météo bien moins sympathique: ciel gris et basse température aujourd'hui. Il se met à pleuvoir et nous roulons donc sur route humide dans le brouillard sans être très rassurés dans les virages. Lors du passage dans un des villages de la vallée, le câble d'accélérateur rompt brusquement. La Win s'arrête.. pile devant un réparateur ! Pour une fois on a de la chance. La réparation est très vite faite et nous nous remettons en selle.

Petit à petit le temps se réchauffe et la route commence à sécher. Le temps se lève et on peut enfin découvrir le paysage, caché jusqu'alors. On peut utiliser pour la première fois le selfie stick acheté la veille.

Les prises photo au stick ne font que commencer ...

Pour la prise de la photo, en ralentissant, la moto guidonne énormément. Elle est impossible à manœuvrer et après un rapide examen de celle-ci, on se rend compte que six rayons ont cassé sur la jante arrière. On ne sait pas depuis quand c'est comme ça, on a pris quelques trous même si on essaie de les éviter au maximum... On n'est plus qu'à 30km de Luang Namtha, et ça ne se ressent qu'à faible allure, on continue donc la route ainsi en espérant ne pas crever.

Arrivés en ville, on cherche d'abord un restaurant -nos priorités ne changent pas-. Après le déjeuner on se met donc à la recherche d'un garage. C'est la seconde fois que je change la roue arrière... S'il y a bien quelque chose qu'on aura visité, ce seront les restaurants et les garages deux roues !

On se rend ensuite à la guesthouse qu'on a repérée. Nous sommes accueillis par deux francophones -on apprendra plus tard qu'elles sont belges et bénévoles pour la guesthouse-. Elles accueillent en français et anglais les visiteurs, refont le site web en anglais et sont logées et nourries en échange. On prend place dans notre bungalow, certes plutôt mignon, mais pas du niveau des avis laissés sur booking, surtout au niveau de la propreté.

On dîne au même endroit car les belges nous ont vanté les talents de cuisinière de la maitresse des lieux. Comme d'habitude, on a les yeux pour gros que le ventre et on commande un riz frit, du porc au gingembre et une salade de nouilles. Les deux premiers plats sont effectivement délicieux et surtout très copieux... On regrette d'avoir commandé le troisième, d'autant qu'à son arrivée sur la table, une odeur de poisson/fruits de mer peu ragoûtante nous monte au nez. On tente tout de même, mais je crois qu'on vient de découvrir l'immonde sauce à base de poisson fermenté dont j'ai déjà entendu parlé sur des blogs. Une horreur. C'est le premier plat que nous laissons presque intact...

Katia et Fiona, les belges, nous invitent à jouer au Monopoly vietnamien avec elles : il s'agit uniquement d'un jeu de cartes sans plateau, mais avec le même principe que le jeu que l'on connaît. C'est très sympa et nous faisons deux parties, pendant lesquelles nous avons la visite d'une mante religieuse. Nous nous coucherons un peu tard alors que demain nous avons rendez-vous à 8h30 à une agence pour un trek dans la jungle, que nous avons booké plus tôt dans la journée.

Notre visiteuse durant les parties de Monopoly

Le réveil sonne, et tout comme à Luang Prabang, on entend le tonnerre qui gronde et une pluie torrentielle. Pour le trek dans la jungle c'est mal parti... On n'ose même pas sortir de la chambre pour aller prendre le petit déjeuner à 7h30 comme on l'a demandé la veille. On laisse le temps passer, et vers 8h, tout se calme d'un coup. On s'active alors pour engloutir le Pho que nous a préparé la jeune laotienne et on décolle à 8h40, tant pis pour le retard, on aura l'excuse de la moto. 

On arrive à 9h, et le gérant nous informe que l'autre couple qui devait faire le trek avec nous a annulé à cause de la pluie, nous ne serons donc que deux avec le guide.

La première étape avant le trek consiste à se rendre au marché local pour faire les courses du déjeuner. On se rend ensuite, toujours en tuk-tuk et avec notre guide, à un point d'informations où l'on est censé retrouver un second guide, local, et s'informer sur la région. Le temps passe et commence à faire long quand le premier guide nous demande si on est prêt, alors que ça fait un moment que l'on tournait en rond en pensant attendre le second guide, qui est en fait une des femmes à l'extérieur du centre, présente dès notre arrivée...

Nous reprenons donc le tuk tuk, qui nous dépose au bord de la route, où commence un petit chemin de terre. On s'y engage, sans trop comprendre comment la guide locale allait pouvoir marcher dans la jungle avec ses savates. Manifestement elle s'en sort pourtant mieux que nous dans la boue glissante. On arrive à une rivière de 2-3m de large, avec un débit assez important, et un air surpris de la guide. Il s'avère en fait que le pont de fortune créé par trois petits troncs a été détruit par le fort orage. Je replace les troncs et nous traversons.

Escapade dans la jungle

Commence alors la grimpette dans la jungle, avec le guide qui nous montre quelques plantes que l'on mange crues et que l'on peut retrouver dans la cuisine traditionnelle Lao. On marche comme ça une bonne heure, en s'enfonçant dans la jungle et en glissant dans la boue, nous aidant tant bien que mal du bamboo stick coupé par le guide, faisant office de bâton de marche. 

On s'arrête pour déjeuner sur des feuilles de bananier à même le sol. Les achats du matin sont disposés sur la table improvisée et chacun mange à la main. Dans le programme du trek, nous étions censés faire du feu et apprendre à cuisiner...

Le déjeuner prévu initialement pour 6, sur d'énormes feuilles de bananier

Pause pipi pour le guide, qui revient avec une sangsue collée au jean. Ça ressemble à un tout petit ver, noir, mais pas à l'idée que l'on peut se faire de la sangsue. Ce sera le début d'une longue chasse de ces bestioles... Ko fait sa pause technique aussi et en découvre au retour également, deux fois plus grosse, sur le mollet. Les deux heures de marche restantes seront passées à vérifier nos jambes toutes les trois minutes, et à les décoller trois par trois. On fait une autre petite pause à une balançoire de lianes au bord d'une rivière où on prend des photos avec les guides, et le trek touche à sa fin.

Mise en abime

Pour la fin, nous nous arrêtons à un point de vue. Sentant quelque chose me chatouiller, je me gratte le genou et découvre une énorme sangsue qui tombe de sous mon pantalon ! En fait elles ressemblent bien aux sangsues que l'on s'imagine, mais seulement une fois qu'elles ont pompé du sang ! Elle devait y être depuis un moment vu la taille...

La coupable qui tente de fuir en arrière plan

Lord du retour en tuk tuk, on discute avec Ko à propos du trek et de toutes les activités promises et non effectuées, comme la fabrication de chapeaux en feuilles de bananier, la réalisation d'un feu et la cuisine dans la jungle, l'escalade d'arbre, ou la visite de village traditionnel, et on se met d'accord pour négocier le prix du trek avec le boss. Le comble, nous sommes de retour à l'agence à 15h, annoncé à 17h dans le programme, et personne n'y est pour nous rendre nos casques laissés le matin...

Nous décidons de refaire un tour des garages moto pour explorer la piste des pertes d'accélérations impromptues : le matin, sur le trajet du trek, nous avons eu toutes les peines du monde à arriver jusqu'à l'agence, la moto se mettant subitement à brouter et décélérer. Le carbu et le filtre à air sont neufs, on part donc sur la piste de cochonneries dans le réservoir qui boucheraient parfois l'arrivée d'essence. 

Alors qu'un des garages nous envoie balader, le propriétaire du second est complètement défoncé à l'opium. Il est en effet fréquent ici de fumer la substance dans un énorme bong en bois. Il arrache le tout nouveau filtre à air puis tente de le réparer en mettant de la mousse dedans et en l'accrochant avec des élastiques. Vu sa tête on ne s'attarde pas et on remet le problème de la moto à plus tard. Évidemment, avec sa mousse dans le filtre à air bouchant complètement l'entrée d'air, la moto n'avance quasiment pas, et on se hâte de la retirer, puis la Baroudeuse retrouve pêche.

On retourne récupérer nos casques à l'agence. Le boss n'est pas là, mais je demande à l'appeler. S'ensuit une longue négociation au téléphone, celui-ci me disant que c'est à cause de l'orage que l'on a pas pu faire toutes les activités. Celle-ci se termine difficilement par un remboursement de 100 000 Kip, sur les 600 000 payés. 

Vient alors l'heure du diner, et frustrés de la veille de ne pas avoir eu des burgers dans un restaurant pour lesquels nous étions venus -pour changer un peu des riz frits, nouilles ou nem-, nous y retournons voir notre ami qui a bien les pains cette fois ci. Les burgers sont bons, le serveur toujours souriant et nous passons une bonne soirée. Une mamie vendant des bracelets vient et tente de nous en vendre. C'est la 4ème fois, entre le night market et le restaurant, que nous devons refuser ou l'ignorer. On apprendra plus tard que ces femmes ne vendent pas des simples bracelets, mais de l'opium caché dans un sachet sous les bracelets!

Sur le chemin du retour pour la guesthouse, nous passons à nouveau devant une vitrine de gâteaux où l'on a déjà acheté des pâtisseries la veille, et en reprenons pour le dessert... Finalement, nous nous endormirons à 21h, lumière allumée et en tas sur le lit, sans les avoir mangé, bien trop fatigué de cette looongue journée.