2018:Inde,Indonésie...

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Retour aux sources, l'Inde, pays aux multiples facettes, où tout à commencer...
Du 30 décembre 2018 au 27 mars 2019
88 jours
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Bonjour à tous,

Après plusieurs mois d'incertitude quand aux congés de Domie, nous voilà enfin sur le départ, avec un mois de retard !!!

Retour où tout à commencé... L'Inde, mon premier "grand voyage" en 1999. Mes premières impressions avaient été assez déroutantes, avec mon amie Sandrine nous débarquions dans un univers inconnus, New Delhi, mégapole surpeuplée, sur-polluée ou les vaches, les charrettes, les bus, les rickshaws, les mendiants, les montagnes de détritus, les embouteillages, les klaxons incessants vous aspirent dans un tourbillon où tous repères ont disparus. Les premières heures dans ce chaos indescriptible m'ont marqué à jamais, avait-on fait le bon choix, allions-nous arriver à entreprendre ce voyage ? La réalité était bien différente du "phantasme"...

Les rues de Delhi ... 

J'ai d'abord détesté être la bas, j'ai détesté cette misère insupportable qui vous saute au visage, j'ai détesté ces regards masculins insistants et parfois obscènes, j'ai détesté la puanteur des montagnes de poubelles qui jonchent les rues, j'ai détesté la condition des femmes...

Un voyage en Inde nécessite un certain temps de "digestion", on n'en revient pas vraiment indemne! Ne voulant pas rester sur ces premières impressions, j'y suis retournée, encore et encore. Peu à peu j'ai été fascinée par ce pays aux multiples visages...

Lorsque j'ai rencontré Domie, en 2005, nous sommes parties en Inde, puis peu à peu nous avons ensemble découvert d'autres horizons, d'autres cultures. Mais, inlassablement, nous y retournons...

Cette année se sera mon 9ième voyage en Inde et le 4ième pour Domie...

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Le voyage a failli s’arrêter dès notre arrivée à Paris!!! Sur les e-visa dont nous avions fait une capture d’écran, il manquait la date de validité, la dernière ligne du papelard! Impossible de nous laisser passer car ne serions refoulées en Inde! Après 3/4 d’heure de recherche dans les mails, sur le site des visas…nous finissons par retrouver le précieux sésame et gagnons la porte d’embarquement ! Un gros stress avant l’envol…Nous arrivons à Visakhapatnam, au matin, après 24 heures de voyage, direction le plumard pour une petite sieste! Au réveil, nous trainons un peu dans le quartier, histoire de s’imprégner du lieu! Ville de près de 2 millions d’habitant, Visag n’a pas grand chose à offrir aux visiteurs, la circulation y est infernale, nous sommes complètement déboussolées par le tohu bohu, les Klaxons incessants. Les rues sont dangereuses, traverser s’avère plus que périlleux, à droite , à gauche, devant, derrière, à chaque instant un véhicule nous frôle! Et comme les trottoirs ressemblent au Beyrouth des années 80…autant dire qu’il faut être en forme et bien réveillée pour une petite virée !


Le soir du réveillon, nous nous offrons un repas dans un « grand » hôtel , toutes vêtues de Quechua , autant dire que la « classe » française en a pris un coup!L’ambiance est bof bof, middle classe indienne vieillissante, buffet et alcool à volonté…

Le lendemain, nous décidons de nous rendre sur une plage à 15 km ,décrite ainsi par Lonely plant : « cette plage à la splendeur sauvage est l’une des plus belles du littoral oriental de l’Inde. » Quelle fut pas notre surprise!!! Les lieux sont pris d’assaut par 1/2 million d’indiens, ça crie, ça piaille, ça jette toutes les déchets partout…Au dessus de nos têtes des ULM ultra bruyants, sur l’eau des aéroglisseurs vrombissants…Waouh! Etant quasi les seules touristes étrangères, nous sommes très demandées pour les séances photo… »selfie madam? » L’Inde n’a pas vraiment changée…

La plage sauvage de Rusikhonda 

Après cette journée d’acclimatation, nous sommes heureuses de quitter la ville pour un lieu reculer dans l’arrière pays…Le train qui nous mène vers les montagnes de l’Orissa serpente à travers tunnels et vallées escarpées, nos voisins de banquettes ne sont pas très causants, middle classe en vacances. Des que le flot de touristes indiens descend, nous nous retrouvons avec quelques locaux, qui entament directement la discussion.Plus de partage, de sourires, d’échange et moins de smartphones!!!

Nous avions reversé un genre de « package » depuis le France, un « tout inclus » pendant 3 jours…Le concept du « lodge » est de faire connaitre ce coin reculé de l’arrière pays et des communautés adivasi, tout en développant des emplois.

Desia camp

Adivasi: Le terme « adivasi » signifie en sanskrit « les premiers habitants » et recouvre une très grande diversité de populations. Schématiquement, les adivasi constituent les peuples qui se trouvaient déjà en Inde avant l’arrivée des populations aryennes. On les appelle aussi « populations tribales » et « aborigènes de l’Inde ».

Quelques petites balades aux alentours, nous mènent vers des villages isolés, entourés de plantations, ou les conditions de vie semble bien rudimentaires…

Pendant ces 3 jours, nous visiterons des marchés ruraux ou se rendent chaque semaine les différentes tribus afin de vendre leur artisanat (paniers en osier, poteries…) et leurs petites récoltes de légumes.


Au marché de Onkadelli, nous rencontrons les Donga ou « peuple nu », les échanges étant essentiellement pécuniaires (vente de collier, photo contre petit dédommagement…) Peuple premier, installé dans ces montagnes depuis la nuit des temps, les Donga sont animistes, ont leur propre langue. Resté longtemps isolés du monde, le développement du pays les pousse peu à peu à abandonner leur traditions ancestrales. Cette tribu ne compte plus que 5000 personnes alors que l’Inde va bientôt atteindre 1,4 milliards d’individus!!!! Il y a encore peu de temps, il fallait une autorisation spéciale pour visiter ces communautés aujourd’hui « menacée ».

Après 3 jours, complètement isolées, sans wifi, ni signal téléphonique, nous arrivons à Koraput, petite ville grouillante, sale, bruyante et sans grand intérêt…

Mis à part le marché hebdomadaire et le temple de Jagannath (dieu de l’Orissa) .

Le temple surplombant la ville, où les Dieux aux grands yeux ronds, typiques de l’Orissa, semblent à milles lieues du tumulte et de l’agitation des hommes vivant au bas de leur demeure.

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Nous arrivons à Gopalpur au petit matin. La nuit en train, l’arrivé à 5h du mat à Behrampur, le tuk tuk en pleine nuit alors qu’il fait bien frais…puis la recherche d’un hôtel, des va et viens en trainant nos sacs. Le soleil faisant son apparition, énorme boule orange nimbée de brume, diffusant une lumière presque irréelle.


Vers 7h, nous trouvons enfin notre sésame, un petit hôtel au charme désuet, pas d’internet, sceau d’eau chaude à la demande mais une jolie chambre lumineuse avec balcon face à l’océan!


La plage est particulièrement propre, fait assez rare pour être remarqué! Assises face à l’océan, respirant les embruns iodés, caressées par une légère brise, nous savourons ce moment de calme, quand soudain, un vieux papi en doti (genre de « pagne » en tissu) se campe devant nous, à mi mollet dans l’eau, relève son doti jusqu’a la taille, exposant tous ses attributs, et s’asperge l’arrière train sans aucune retenue!! Ah ah ah! Incredible India!

En fin d’après midi, les bateaux rentrent de la pêche, les hommes réparent et rangent leurs immenses filets, les femmes remplissent leurs grands paniers d’osiers qu’elles ramèneront en équilibre sur leurs têtes.

A l’arrière de la plage s’étend le village, les ruelles sont encombrées de matériaux, partout à travers la pays, l’Inde parait en perpétuelle construction! Les habitants sont très étonnés de nous voir là, pleins de sourires, de hello, et les éternelles mêmes questions « what s your name? where do you come from?.. » qui permettent malgré tout un échange, aussi restreint qu’il soit! Les indiens sont curieux, souriants, avenants, étonnants.

Afin d’accueillir notre ami Stephane, nous rejoignant pour une quinzaine de jours, nous filons vers Bhubaneswar. Cité chaotique et encombrée, comptant près de 2 millions d’habitants, elle mérite cependant une courte visite, notamment pour sa « vieille ville ». Un quartier authentique, ou se dressaient autrefois d’innombrables temples, dont une cinquantaine subsistent. Le plus spectaculaire, le Lingaraj mandir étant fermé aux non hindous, peut être observé d’une plateforme.

vieille ville 

Pour atteindre les temples Troglodytiques de Udayagiri, à 5km, nous passerons une heure suffocant au milieu des fumées toxiques d’un monstrueux bouchon! D’un coté, la colline de Udayagiri, criblées de grottes et de niches taillées dans la roche. Ces temples datant du Ier sc av JC, furent construit par des ascètes Jaïns.


Udaygiri

« Jains »: Religion « athée », sans Dieu créateur, née au Gujarat (Inde), il y a plus de 3000 ans…


Lui faisant face, la colline de Khandagiri, où se dresse un temple Jaïn,

est prise d’assaut par les centaines de touristes indiens.

De retour en ville, nous assistons à une manifestation de femmes. Depuis 45 jours et nuits, elles se battent pour un meilleur salaire (90 euros/mois) et pour avoir des droits à la retraite! Après 42 ans au service du gouvernement, elles sont remerciées, sans aucune pension !!!!

Pour rejoindre Puri, nous embarquons dans un bus hors d’âge, tout brinquebalant… s’arrêtant tout les 100 mètres! Ici, le concept de nombre de places n’existe pas, on s’entasse, on se colle, on s’écrase…et ça finit toujours par rentrer!

Puri, village balnéaire très prisé des hippies dans les années 70 est devenue une ville plutôt animée, surtout autour de l’immense temple datant du 12ieme siècle.(interdit aux non hindous!!!)Lieu de pèlerinage des plus sacré, dédié à Jagannath (avatar de Vishnu), son accès est interdit aux véhicules. Le long de l’immense avenue y menant, des dizaines d’échoppes à « bondieuserie », étals d’offrandes, et foule bigarrée … L’Inde comme on l’aime, vivante, généreuse et authentique!

A une quinzaine de km, le village de Raghurajpur comprend une seule rue bordée de maisons en brique ornées de peintures murales. La plupart abritant un atelier d’artiste : peinture sur soie, gravure sur feuilles de bambou… Bien que tourné vers le tourisme et la vente d’artisanat, l’atmosphère est sereine, les habitants accueillants …

En fin de journée, visite de l’incontournable Temple du soleil de Konark. « Conçu comme le char cosmique de Surya, dieu du Soleil, ce vaste temple d’une beauté à couper le souffle fut édifié au milieu du XIIIe siècle, probablement par le roi Narashimhadev Ier pour célébrer sa victoire militaire sur les musulmans. Vingt-quatre gigantesques roues en pierre symbolisant les heures de la journée sont sculptées autour de la base, et sept puissants chevaux de pierre (pour les jours de la semaine) tirent l’ensemble.(lonely planet)

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Publié le 1er février 2019

Varanasi, Bénares, Kashi…tant de noms au fils des siècles. Une des villes les plus anciennes au monde (env 3000 ans), habitée de façon continue. Cité des plus sacrées en Inde, pour les hindous mourrir à Bénares permettrait de se libérer du cycle des réincarnation (Moksha). Les rituels les plus intimes de la vie et de la mort s’y côtoient, avec pudeur et sans artifices.Sur les magnifiques gath (quais) qui bordent le Gange, se dressent à perte du vue de colossaux palais et demeures, construits par de riches Raja, afin d’être au plus près de Mère Ganga, le fleuve sacré.(pour les hindous, le Gange serait issu de la longue chevelure de Shiva )

Au lever du jour, les gaths s’animent d’une foule bigarrée venue effectuer une multitude de rituels. Le pouvoir du fleuve est immense, s’y baigner permettrait de se laver de tous les pêchers, de purifier son corps! Des centaines de pèlerins viennent chaque jour s’immerger, prier, méditer, déposer des offrandes…De nombreux Brahmanes bénissent les dévots.

Quelques gaths plus loin, un « spectacle » bien différent s’offre aux visiteurs. Dans un décor médiéval, le grand gath de crémation est lui aussi en pleine activité. Sur la rive, à même la terre, des dizaine de buchers crépitent, entourés de familles endeuillées. Environ 120 corps seraient incinérés chaque jours.

Dans les ruelles en retrait, des montagnes de bois sont entassées. La vie bas sont plein, coiffeur de rue (les indiens se font raser la tête lors d’un deuil) vendeurs de tchai (Thé), alors que de nombreuses dépouilles couvertes d’un linceul, défilent sur des brancards de bambou au son du mantra « Ram,Ram,Sita Ram ». On se croirait plusieurs siècles en arrière!!!!Le Gange purifie les vivants, et libère les défunts, la vie et la mort se mêlent, sans tabou.

Chaque soir, après le coucher du soleil, l’Aarti puja (cérémonie du feu) attire des centaines de personnes. A Bénares, les swami (prêtres) célèbrent le Gange et son créateur, lord Shiva. Les chants religieux, les encens, les cloches, les rituels millénaires nous transportent vers une autre dimension.

Aarti puja, Dashashwamedh ghat.

A l’arrière des gaths, le quartier du chowk nous emporte dans un labyrinthe de venelles sinueuses. Des dizaines de commerces minuscules, marchands de parfum, d’encens, de tissus, d’objets religieux, chaque mètre carré est exploité! Les vaches sont omniprésentes et nous barrent parfois le chemin! J’ai même été chargée par un taureau belliqueux et j’ai fini par me vautrer à un centimètre d’un bouse bien fraiche!!!

La pause "Tchai". 

C’est mon quatrième séjour à Benares, la première fois était en 1999, autant dire au siècle dernier! Bien que les gaths et le chowk n’aient pas tant changés d’un point de vue visuel, je trouve que la ville a perdu cette atmosphère mystique qui m’avait séduite il y a 20 ans!Tous les saddhus (ascète hindou) croisés sur les gaths interpellent les touristes pour une photo contre rémunération, le business l’emporte sur les motivations spirituelles…Dans le Chowk, le constat n’est pas mieux, ces énigmatiques ruelles hors d’âge, sont envahies d’un incessant va et vient de moto accompagné de leurs klaxons agressifs et stridents!!!!


Pour échapper à la frénésie de la ville, et après cinq jours à arpenter le quartier, nous partons à Sarnath, proche banlieue de Bénares. C’est ici que Bouddha, après avoir atteint l’Eveil à Bodhgaya, à fait son premier sermon.

Rien d’extraordinaire, mis à part quelques groupes de musiciens danseurs…

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Publié le 21 février 2019

Khajuraho, village réputé pour ses temples, est désormais accessible, en avion.

Pourtant les hordes de touristes auxquelles on s’attendait ne sont pas au rendez vous! Son isolement a permis une préservation exceptionnel des ces joyaux millénaires ! Temples édifiés au Xième er XIième siècle, ce sont de véritables chefs d’œuvre, couverts de sculptures semblant surgir des façades: dieux, déesses, danseurs, musiciens, animaux… Le corps féminin y est célébrer, ainsi qu’une sexualité débridée !!!

Les temples érotiques de Khajuraho... 

Hormis ces édifices exceptionnels, la petite ville n’a rien de particulier. En sortant de l’école communale, installée dans un vieux palais, nous faisons la connaissance d’un vieux baba. Certains indiens, après avoir mené une vie « normale », avec femmes et enfants, se consacrent à la prière …on les appelle alors Baba.

L’école communale.

Ayant remarqué que je le prenais en photo, il me demande de les lui donner, nous finissons par passer une heure chez un « photographe » pour imprimer les clichés!!! Heureux de ses cadeaux, il nous invite à déjeuner chez lui…

Babaji.

Plus tard, nous faisons sympathisons avec un conducteur de rickshaw, qui nous emmène visiter son village, Rajnagar…Dans les rues les gens paraissent surpris de voir ces deux touristes et nous accueillent avec rire et sourire, surtout lorsque nous restons bouche bée devant le coiffeur, en train de « masser » à grand coup de baigne un client!!!

Rajnagar 

Le temps maussade et froid nous pousse vers l’ouest, au village d’Orchha. Sur la petite ile, entourée de la rivière Betwa, se dresse un ancien palais de Maharaja, datant du 16ieme siècle, le Raj Mahal. Quelques fresques très colorées sont encore visibles, mais il semble urgent d’entamer un travail de restauration, avant que ces chefs d’œuvre ne disparaissent à jamais…

Raj mahal.

Jouxtant ce palace, un autre palais encore plus imposant: le Jehangir Mahal. Datant du 17ième, il incarne la magnificence de l’architecture islamique Moghole, avec ses coursives vertigineuses, ses coupoles, ses moucharabieh (Jali) offrant une vue spectaculaire sur la ville et la campagne alentours…

Jehangir mahal.

Petite ville de taille humaine, Orchha a conservé un charme désuet avec ses nombreux édifices anciens. Le temple de Ram Raja (ancien palais), et ses coupoles roses, attirent de nombreux pèlerins, la place qui lui fait face grouille de vendeurs en tout genre et de mendiant faisant l’aumône…

scènes de rue 

A Bundi, nous entrons au Rajasthan, pays des Rois, des Maharajas, et de leurs somptueux palais…Cette petite ville, blottie au milieu de collines arides, nous charme dès notre arrivée. Moins fréquentée que certaine de ses voisines, la vieille ville est un dédale de ruelles au maisons bleues où il est bon de se perdre.

Au détour d’une rue, nous rencontrons de jeunes filles en train de fabriquer des bidee, ces cigarettes indiennes roulées dans des feuilles d’eucalyptus. Nous sommes de suite invitées à boire un Tchai (thé au lait).

Accueil chez la famille... 
scènes de rue.

Du haut de son promontoire, l’imposant palais de Bundi se pare de couleurs flamboyantes au coucher du soleil. Bien qu’en grande partie laissé à l’abandon, certaines pièces couvertes de peintures relatant la vie de la cour, témoignent du savoir faire des artistes de l’époque.

Bundi, vu du palais. 

Parmi les dizaines de baori, le Ranji-ki baori (puit de la reine) atteint 46 mètres de profondeur.

Baori: ou puits à degrés, étaient utilisés tant pour des raisons religieuses et rituelles, , que comme source d'approvisionnement en eau.

Rani-ki baori.

Avant de quitter l’Inde, nous partons retrouver notre amie Sandrine, pour quelques jours à Pushkar.






Ville sacrée pour les hindous, qui doivent s’y rendre au moins une fois dans leur vie, ville incontournable pour les commerçants européens qui viennent acheter en gros toutes sortes de marchandises qu’on retrouve sur nos marchés…Pushkar mixe mercantilisme et dévotion dans une atmosphère sereine et bienveillante.A l’aube et au crépuscule, les gaths entourant le lac sacré se peuplent de dizaine de pèlerins venus se purifier, alors que les vieilles bâtisses s’éclairent d’une douce lumière.

Aube et crépuscule... 

Pour la première fois, en Inde, nous voyons des chiens obèses!!! Chaque jour, les habitants distribuent nourriture et petits biscuits aux quadrupèdes! Dans la rue du Bazar, ou des dizaines de boutiques se succèdent, aucun harcèlement vis à vis des touristes. La ville est propre, les gens aidants, souriants et paisibles. Une étape bien agréable et reposante!

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Il nous aura fallu presque 2 jours de voyage pour atteindre Sorong, ville portuaire de la Papouasie occidentale, étape indispensable pour accéder à l’archipel merveilleux des Raja ampat!!!

Nous retrouvons nos amis mallorquins, Elvira et Alain, rencontrés en 2008, aux Iles Andaman!






Après 2h de ferry, nos hôtes viennent nous chercher à Waisai. Nous avons encore 2h de « petit bateau » pour rejoindre Pulau Dayan, une minuscule île perdue au bout de Batanta.







Batanta est une grande île de l’archipel, mais reste encore très sauvage et peu visitée, car éloignée des sites plus accessibles (où nous étions l’année précédente).Le homestay, avec ses 5 bungalows face à la mer, est juste parfait…

Dayan homestay. 

Dès les premières sessions de snorkeling, nous sommes, à nouveau émerveillées par la richesse des fonds marins. Explosions de couleurs, de formes, coraux mous et durs, gorgones…

Into the wild.

Un aquarium géant, peuplé d’une multitudes de poissons aux formes et couleurs incroyables!

les petits poissons!!!

Plusieurs sorties en bateau, nous mènent à Manta Point, juste en face du homestay…C’est le seul endroit à Batanta où l’on peut observer les majestueuses raies manta. Elles viennent inlassablement à cet endroit, qu’on appelle « cleaning station », pour se faire nettoyer par de petits poissons!!!A notre arrivée sur le site, nous sommes assez excitée et un peu anxieuse de ne pas les voir… Nous sautons par dessus bord, et quelques minutes après… Elles sont là, elles sont trois dont une géante, et nous offrent un spectacle de toute beauté, un ballet sous marin d’une grâce infinie. A un moment, l’une d’elle remonte vers moi et ouvre son énorme bouche tellement près, que je sursaute!

Manta. 

Cette rencontre restera à jamais dans nos mémoires, un moment d’une grande intensité, une émotion immense. Je ressens de la gratitude mais aussi beaucoup d’inquiétude quant à l’avenir menacé de notre planète et de la fabuleuse biodiversité qui la peuple!

A « secret garden », il faut se frayer un passage sous la falaise incurvée, alors que des courants extrêmement puissants essaient de nous repousser! L’aventure semble périlleuse, et nous sommes obligés de nous accrocher aux parois pour évoluer! Mais le jeu en vaut la chandelle! C’est ici que nous pouvons observer les plus beaux nudibranches, ces minuscules invertébrés, au formes et couleurs surprenantes.

Nudibranches.

A quelques encablures de Dayan, au village de Yennyar, nous sommes accueillis par une ribambelles de gamins… tout le long de notre incursion dans les allées sablonneuses du village, ils nous accompagnent en chantant, à tue tête…

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Nous quittons Dayan pour la Dugong Homestay, plus loin sur Batanta. Encore une fois, nous sommes accueillis par des personnes adorables, aux petits soins. Les 2 bungalows sur la plage, sont un peu décatis, et bien rudimentaires, mais la vue est unique. Le luxe c’est d’être absolument seuls (avec nos amis) face à un panorama époustouflant!

Motivés pour une marche en forêt, nous décidons d’aller voir des cascades. Apres avoir traversé une baie en bateau, puis une magnifique mangrove aux palétuviers immenses, nous accédons à un chemin menant à la première cascade. Malheureusement, étant partis trop tard, nous ne pouvons atteindre la grande cascade, à une heure de marche!

Le top de cette escale à Dugong, aura été de découvrir le minuscule atoll de Urun. Un ilot de sable farineux, seulement habités par une colonie de sternes, et encerclé par une barrière de corail de toute beauté!

Pulau Urun

Notre dernière étape, sur Batanta, nous mène au Yenaduak Homestay. Des bungalow VIP, avec salle d’eau à l’intérieur, et immense terrasse. Le hic, c’est que qui dit « eau dans le bungalow »…dit « moskito à gogo » !!!

De plus, le temps est un peu moins beau, couverture nuageuse et grandes marées…d’ou une visibilité vraiment pas terrible pour le snorkeling!

Idem pour notre sortie « oiseau du paradis », après une heure de bateau, puis une demie heure de marche, à grimper sur un sentier hyper glissant (2 gamelles pour moi!!), dégoulinant de sueur… nous arrivons au lek (zone de parade et de reproduction) !!! Malheureusement, la pluie s’invite et nous repartons sous l’averse, à moitié frigorifiés.Le retour en petit bateau, de Batanta à Sorong n’est pas notre pire voyage, mais certaines passes sont un peu houleuses, et l’embarcation pas très stable!!! Au bout de 2 heures nous arrivons à bon port et quittons pour la seconde fois cet archipel incroyable.Nous rêvons déjà d’un futur voyage, explorer Misool, île encore plus isolée, reliée par un ferry, une fois par semaine…

Retour à sorong. 
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Publié le 10 mars 2019

Le voyage de Sorong à Bali, est assez épique… Nous avons deux escales, départ 10h30, arrivée 22h… Presque plus long que pour rentrer en France!!!


Tout le long du trajet qui mène à Ubud, nous sommes surprises par la multitude de temples qui bordent la route…En fait nous apprendrons que chaque maison possède plusieurs temples dans son jardin, dédiés aux ancêtres, et aux Dieux. J’ai toujours cru que les balinais étaient bouddhistes!! Et bien, pas du tout. Ici on vénère la trilogie hindou: Brahma, Shiva et Vishnu! Pour autant l’hindouisme balinais est très différent de celui pratiqué en Inde. On peut parler de syncrétisme religieux, mêlant les anciennes croyances animistes. On croit aux Dieux des montagnes, de la mer, des rivières, mais aussi aux Êtres surnaturels, aux esprits et aux démons.


A Ubud, nous goutons au « luxe » d’un hôtel magnifiquement situé, bien qu’au centre de la ville, la végétation est luxuriante! Pour à peine 40 euros avec le ptit dej, nous découvrons le raffinement balinais …Savez vous qu’en Indonésie, nous sommes en pleine saison des pluies??? Non! Et bien, nous non plus!!! Ici aussi, les perturbations climatiques sont flagrantes. Pas une goutte de pluie, une chaleur écrasante, un soleil brulant !! Heureusement qu’après nos balades, nous pouvons nous rafraichir dans la jolie piscine!!!

Pause rafraichissante!! 

La ville en elle même est jolie, quelques rues piétonnes bordées de belles boutiques…Mais un peu trop touristique à notre gout! Apres l’isolement de Raja ampat, c’est un sacré contraste! A nous les pizzas au feu de bois, sushis et autres gourmandises….En plein centre, le temple de Saraswati vaut vraiment une visite. Construit au 19 ieme siècle pour la Déesse hindoue des Arts, il est entouré de bassins couverts de lotus.

Saraswati temple. 

Accessible à pieds, la foret des singes est une petite réserve naturelle qui abrite environ 600 macaques en liberté ainsi qu’une végétation assez dense. Un havre de paix rafraichissant, avant l’arrivée des nuées de touristes!!!Cette « montagne » sacrée pour les balinais accueille trois temples très anciens.

Pour voir d’autres merveilles, il faut sortir de la ville et se perdre en scooter sur les petites routes de campagne…Le Gunung Kawi, un des temples les plus ancien de Bali (11 ieme siècle), se situe en contre bas d’un vallée luxuriante. Pour y accéder, il faut descendre près de 270 marches mais le plus éprouvant est bien sure la remontée sous un soleil de plomb…L’effort est largement récompensé par la beauté du site: séparés par une rivière une dizaine de sanctuaires rupestres de 8 mètres de hauts abritent des pagodes taillées dans la pierre.

gunung Kawi.

A quelques km, se trouve le temple Tirta empul, construit en 926, il est réputé pour ses sources d’eau sacrées se déversant dans un bassin. Avant de s’immerger et ainsi se purifier, les fidèles déposent des offrandes sur l’autel surplombant les fontaines du bassin.

Temple de l'eau sacrée.

Pour finir cette belle journée, nous allons voir ces fameuses rizières en terrasse, classées à l’Unesco! Alors oui, c’est très beau, mais c’est pas non plus à tomber par terre! Je veux dire par là, que ce genre de paysages est visible dans beaucoup de pays en Asie!!! Ici, c’est devenu une attraction, faut payer pour se garer le long de la route, et des balançoires géantes ont été installées pour amuser le toutou de base… Ça gâche un peu !!!

Après ses 4 jours à Ubud, Bali, nous quittons nos amis pour nous envoler vers des terres moins fréquentées, sur l’île de Flores, 500km à l’Est…

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Publié le 18 mars 2019

Le vol de Bali à Maumere, à l’est de Flores, survole toutes les petites îles de la sonde…A faible altitude, la vue est splendide.

A l’hôtel, on nous propose une sortie snorkeling. Le prix pour deux est assez élevé, aussi après Raja ampat, nous avons de gros doutes sur la beauté des fonds marins!!! Nous rencontrons alors Fabienne et Thierry, qui sont intéressés pour partager le bateau…On décide donc, sans grande conviction, d’aller voir ces soit-disant merveilles subaquatiques!!!

Notre capitaine et son fils sont adorables et se prêtent au séance photo!! Les paysages sont fantastiques…

Et alors, c’est comment sous l’eau ?????? Juste hallucinant, somptueux, grandiose, sublime, époustouflant…

Le lendemain, nous quittons la côte, le coeur plein de couleurs, pour nous diriger vers les montagnes…En chemin, nous faisons un stop à Koka beach. Deux croissants de sable baignés d’eau turquoise, reliés par un promontoire rocheux. Le site est fabuleux. Quelques hébergements sommaires et un « resto » local…

Koka beach.

Le belvédère qui surplombe les deux baies offre un paysage extraordinaire…Avec en arrière plan, des collines couvertes de forêt.

Dans l’après-midi, nous reprenons la route pour gagner l’intérieur de l’île. Après un arrêt sur la plage de galets bleus, la « transflores » serpente vers les montagnes luxuriantes.

Le village de Moni, est réputé comme point d’accès au volcan Kelimutu, mais aussi pour ses randonnées au milieu des rizières, ses sources d’eau chaude, ses cascades…A la saison sèche, quelques jours dans ce cadre bucolique doivent être merveilleusement ressourçant !!!Sauf qu’on est en saison des pluies, et dès notre arrivée, celle-ci s’invite et la vue sur les alentours disparait !!! Il est bien connu que les montagnes retiennent les nuages! Malgré tout, nous gardons espoir de découvrir les magnifiques cratères du Kelimutu.

Rendez vous pris à 4h30 le lendemain, afin d’assister au lever du soleil…( il pleuvra toute la nuit…)Après 1/2 heure de voiture et 1/2 heure de marche, nous arrivons aux abords des cratères. Le jour se lève timidement, dévoilant un paysage nimbé de nuages vaporeux, aux teintes orangées.

Au fur et à mesure que le soleil grimpe vers le zénith, les tons changent et bientôt le voile est levé. Les deux cratères jumelés, aux bleus turquoises laiteux resplendissent au creux des parois abruptes. Un troisième lac de cratère, à l’écart des deux autres apparait moins spectaculaire au vu de sa couleur vert foncé.(Les couleurs des lacs varient selon la saison et la composition chimique des gaz volcaniques. Ils peuvent ainsi passer du vert au noir ou du rouge au bleu.)

Selon une légende locale, les trois lacs serviraient de demeure aux esprits des défunts. Le premier lac, le lac Tiwu Ata Mbupu, abrite les âmes des ancêtres. Le second, le Tiwu Nuwa Muri Koo Fai, celui des âmes plus jeunes. Le dernier lac, le lac Tiwu Ata Polo, plus éloigné des autres servirait de refuge aux mauvais esprits.

Petit bonus, à l’heure au tout le monde est bien réveillé… les macaques viennent quémander quelques cacahuètes et poser tel des stars.

Punaise, où est mon smartphone!!!
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De Moni, nous décidons de rejoindre un petit village de la cote nord de Florès. La route qui traverse les montagnes puis descend vers la mer offre des paysages grandioses: rizières, collines couvertes de jungle, cascades…

A Riung, nous trouvons une petite guesthouse très sympa et surtout tenue par des personnes adorables!Superbe rencontre avec Itchan, Stani et Jane, une québécoise incarnant la joie de vivre et la sympathie…venue s’installer ici…

Riung est un village du bout du monde, difficile d’accès, par des routes défoncées… Isolement qui a permis au lieu de conserver cette atmosphère si paisible!!!Un marché minuscule, quelques routes peu fréquentées, un port entouré de mangrove…des habitants chaleureux…

Nous organisons une sortie « snorkeling », journée en bateau et barbecue sur une ile…Coté « snorkeling », nous sommes enfin… déçues, ahahah !!! Soit nous ne sommes pas allées sur les bons spot, soit nous sommes devenues très exigeantes, après les sites hors du commun visités avant??!!!

Pour notre dernier repas, Itchan nous prépare un festin pour une misère!!! Langouste géante, salade d’avocat, urap (une salade à base de feuilles de kassava et coco, un pur délice!!!)…

La route qui rejoint Bajawa est un vrai désastre! A l’arrière du taxi collectif, nous sommes secouées pendant 3h…La minuscule piste serpente à travers des montagnes couvertes de forets, traversant des villages improbables, enveloppés de bruine.

A Bajawa, la bruine et la pluie se sont installées! Nous restons une nuit et prenons un vol pour Labuan bajo! Nous apprendrons plus tard que la route reliant les deux bourgades a été détruite par d’énormes coulées de boue faisant une dizaine de morts…Labuan bajo, décrite comme une charmante petite ville, est en plein essor, le béton coule à flot…et des édifices hideux défigurent la petite localité!!!! Même le marché aux poissons, autrefois prés du port, a été déplacé dans un énorme hangar rutilant et aseptisé!

Malgré tout, l'étape reste agréable...

marché aux poissons... 

L’arrière pays reste encore sauvage et peu développé…les pistes cahoteuses permettent d’épargner une bonne partie du littoral!

Point de départ pour visiter le parc national de Komodo, nous optons pour une formule un peu plus « luxueuse » que celles proposées par la plupart des agences! A bord d’un joli bateau en bois, nous sommes 5 personnes, accompagnées d’une équipe de 7 professionnels: cuisiniers, capitaine, mécano, guide snorkeling pour Domie et moi, et un guide plongée pour les 3 autres personnes… Tout le confort à bord, le pont accueillant l’espace salle à manger, à l ‘arrière la cuisine et les toilettes/douche, à l’avant un coin « détente », et sur le pont supérieur le couchage…


Le premier spot de snorkeling est assez exceptionnel, ici on dit fièrement que les fonds à Komodo sont aussi beaux qu’à Raja ampat…

De mieux en mieux équipées!!! 

Notre deuxième et troisième escales, encore un rendez vous avec les majestueuses raies manta !!! A peine sauté du bateau… les chorégraphies s’enchainent…nous en verrons plusieurs dizaines!!!


L’archipel de Komodo est formé d’une multitudes d’iles et ilots volcaniques couverts de savane, et bordés de récifs coralliens.

Sur la grande ile de Komodo et sur Rinca, réside un habitant redoutable, le « dragon » de Komodo: la plus grande espèce vivante de lézard, avec une longueur moyenne de 2 à 3 mètres et une masse d'environ 70 kg, son origine remonterait à 140 millions d’années ! Endémique de cette région, il n’en resterait qu’environ 6000.

Arrivée de très bonne heure, nous sommes les premiers à arpenter le sentier assez bien balisé, accompagné d’un guide assurant notre sécurité. Domie et moi, avons souvent la tête en l’air, à la recherche d’oiseaux… nous en verrons quelques uns, mais cette balade est plutôt dédiée à l’observation des varans…