Carnet de voyage

Les pérégrinations de Cess et Loïc

Par
15 étapes
53 commentaires
45 abonnés
Dernière étape postée il y a 4 jours
Par Cesslo
Voyagez avec nous pendant une année
Octobre 2018
52 semaines
Partager ce carnet de voyage
30
oct
30
oct
Publié le 2 novembre 2018

Les sacs a dos sont enfin bouclés, nous avons pesé (dans tous les sens du terme) chaque affaire qui y sera contenue et nous sommes fins prêts à partir, direction la gare routière de Samoëns pour prendre le car qui nous emmène à Annemasse, puis Genève. Et c’est sous la neige que nous partons rejoindre, dans un premier temps, un pays aux montagnes de feu, l’Indonésie.

31
oct
31
oct
Publié le 2 novembre 2018

Selamat datang ! Bienvenus ! Jakarta est un nom exotique qui nous fait rêver, un peu comme Zanzibar ou Katmandou. Pourtant lorsque qu’on regarde un peu les guides touristiques ou que l’on lit des forums ou même que l’on demande conseil à des personnes ayant vécu en Indonésie, la réponse est unanime : « aucun intérêt ». Il n’a pas fallu un mot de plus pour que l’on se décide à aller voir par nous mêmes.

Quartier d'Ancol au Nord de la ville 

Nous avons tout d’abord été saisis par l’intensité de la circulation, ce sont des ruées de scooter qui se faufilent entre les voitures, et parmi eux quelques bajaj (sorte de tuk tuk) qui essaient tant bien que mal de rivaliser avec les quatre roues.

Nous avons préféré autant que possible marcher dans cette ville ou les trottoirs sont quasiment inexistants et truffés de pièges comme des dalles de caniveau très peu rigides... mais marcher nous permet de mieux ressentir les lieux et d’aller au hasard des petites rues que nous voyons, et c’est là que nous trouvons le charme de la ville. Nous avons ainsi mangé un très bon nasi goreng, THE plat national qui est en fait du riz frit au poulet avec un oeuf, dans un petite rue remplie de bouis bouis en tout genre et abritée par le viaduc du train de banlieue. Nous nous sommes retrouvés en plein milieu d’une manifestation religieuse. Nous avons compris plus tard qu’il s’agissait d’une protestation contre le mouvement Banser, plus large organisation musulmane indonésienne, des personnes de ce mouvement sont accusées d’avoir bruler le drapeau de Hizbut Tahrir Indonesia, autre organisation religieuse qui a été dissoute par le gouvernement l’année passée. Il est difficile de trouver des informations en anglais sur le sujet et les quelques personnes que nous avons interrogées dans la rue ne nous ont pas permis d’en apprendre plus.

Nasi Goreng (à gauche) et herbes aromatiques omniprésentes à chaque coin de rue 
Manifestation très pacifique 

Nous avons traversé de minuscules ruelles bordées de plantes qui donnaient l’impression d’être dans le jardin de leurs habitants, et nous nous sommes retrouvés tout d’un coup dans la vieille ville Kota Tua ou Batavia, construite par les hollandais lors de leur passage en Indonésie entre 1800 et 1949.

Kota Tua 

Alors c’est vrai qu’il n’y a pas de quoi remplir un guide touristique car le lieu manque d’ « attractions » mais le charme et la surprise sont là, au détour de chaque rue, ponctués par de nombreux « hello mister » et d’encore plus nombreux sourires. Le touriste est rare et cela se sent, les jakartanais sont curieux et beaucoup nous demandent ce que l’on fait là, certains veulent simplement pratiquer leur anglais (ou leur français!) ou prendre un selfie. Ils sont en tout cas très accueillants et d’une gentillesse très spontanée, nous ne sommes jamais restés très longtemps à chercher notre chemin sans que quelqu’un vienne nous aider, toujours en pouffant un peu.

L’image de la France elle ne change pas, nous sommes les champions du monde et la figure nationale est toujours Zinedine Zidane.

Nos quelques jours passés ici nous ont offert un très bon premier contact avec le pays et l’envie d’en savoir plus. Nous allons maintenant nous diriger vers Yogyakarta, la capitale culturelle de Java, mais n’ayant pas trouvé de place dans le train direct, nous passerons une nuit à Cirebon sur la côte.

3
nov
3
nov
Publié le 6 novembre 2018

Nous voici donc a Cirebon (prononcé tchirebone avec le r roulé) après quelques 3h dans un train très confortable. On se fait alpaguer direct pour tous les chauffeurs de tous les moyens de transport existants à 2, 3 ou 4 roues, mais nous marchons jusqu’à l’hôtel qui n’est qu’à moins de 10 min a pied.

Après un petit repos, nous prenons un bajaj version vélo dans lequel nous rentrons à peine tous les deux, effectivement nous n’avons pas le gabarit des locaux! Il va nous emmener au palais du sultan le Keraton Kasepuhan qui est le plus vieux de la ville qui en compte au moins quatre. Nous négocions bien sûr le prix qui sera divisé par deux, on arrive a se faire une idée des prix en comparant avec les applications de taxi disponibles ici. Le trajet est plutôt sympa, on est à ras du sol et on sent que notre chauffeur peine parfois! Eh oui transporter quelques 140 kg sans assistance ça commence à faire!

Il nous dépose en plein milieu d’un marché bouillonnant! C’est extra de se retrouver là dedans, on déambule entre les stands de barbe à papa et ceux de poulet (sur)frits, et on peine à trouver notre chemin dans ce dédale! Heureusement tout le monde est là pour nous indiquer le chemin et nous appeler boulay (enfin surtout Cess, c’est comme ça qu’on appelle les blanc becs enfin plutôt les rougeots) La visite du palais est assez rapide, on ne trouve aucune indication donc on se ballade juste à l’intérieur, accompagnés d’un vieil homme qui s’improvise guide mais dont nous ne comprenons malheureusement qu’un mot sur dix.

Finalement après mille remerciements, nous prenons congés et allons déguster un nasi goreng au milieu du marché (un peu épicé celui-ci).

On rentre tôt à l’hôtel pour récupérer et se préparer à reprendre le train le lendemain matin pour Yogyakarta!

En résumé, c’était plutôt sympa de se rendre dans une ville au hasard, complètement hors des circuits touristiques, on se sent un peu plus local malgré les nombreux « boulay » entendus!

4
nov
4
nov
Publié le 8 novembre 2018

Nous arrivons en milieu d'après midi à Yogyakarta ou Djogja où nous pensons rester 3 jours, nous avons trouvé une guesthouse très charmante avec un très joli jardin rempli de plantes, qui se trouve à l'emplacement des anciennes cuisines du palais du Sultan.

Guesthouse "Omah Konco"

Une fois installés, nous nous baladons dans le quartier ou règne une véritable ambiance de village. Nous nous arrêtons d'abord dans un café où le propriétaire nous explique la confection du kopi luwak, il s'agit de récupérer les grains de cafés dans les selles des civettes qui, en les digérant, subliment leurs arômes. S'en suit tout un processus de nettoyage et de décorticage. Le café obtenu a effectivement un gout très différent de celui auquel nous sommes habitués, il est beaucoup moins amer et reste moins en bouche.

Explication du Kopi Luwak 

Nous rencontrons ensuite un homme qui parle français et qui veux nous montrer son exposition de batik, nous décidons de le suivre, et il nous emmène dans de toutes petites ruelles très jolies jusqu'à un magasin de batiks et sarong (habit traditionnel qui ressemble au pagne) où nous finirons par acheter deux batiks.

Exposition de batiks et port du sarong de manière traditionnelle pour les femmes 
Horde de bajaj attendant le client

Les gens que l'on rencontre sont toujours aussi sympas, Tchétché, un employé de la guesthouse nous guide dans le labyrinthe que sont les ruelles des anciennes cuisines du palais, nous tombons sur un atelier de fabrication de marionnettes Wayang qui sont confectionnées à partir de peau de chèvre (ou de vache?). Nous ne pourrons pas parler à l'artisan qui est en train de prendre sa douche!

Marionnettes Wayang (et le puppetmaster) 

Le lendemain nous discutons avec Ranie, une indonésienne amie du propriétaire qui passe deux semaines ici avec ses enfants, qui nous convainc d’aller visiter les temples de Prambanan au coucher du soleil. Au passage elle nous demande numéros de téléphone et instagram comme c’est d’usage ici dès la première rencontre, les indonésiens sont fans de réseaux sociaux! Elle est effarée quand nous lui disons que nous n’avons pas de compte instagram...

Nous allons donc visiter le complexe de temples de Prambanan qui est un ensemble de 240 temples hindouistes construits au IXe siècle. Ils ont tous été détruits par un tremblement de terre au XIIe siècle puis certains reconstruits à partir des décombres au XIXe siècle. Le site est toujours en reconstruction, surtout suite à un violent tremblement de terre en 2006. Les trois principaux temples sont dédiés à Shiva le destructeur, à brahma le créateur et à Vishnu le protecteur. C'est très beau et très majestueux mais ce satané ciel blanc ne nous permet pas de faire de jolies photos!

Ensemble de temples de Prambanan 

Nous nous trouvons bien à Djogja et décidons de rester 2 jours de plus ce qui nous fera rester 5 jours au total!

Le lendemain matin nous nous réveillons avant le muezzin, à 3h, pour aller voir le lever de soleil sur le temple Borobudur, temple bouddhiste construit aussi au IXe siècle. Hélas le soleil ne sera pas au rendez-vous mais la pluie oui ainsi que les hordes de touristes qui passent leur temps à faire des selfies et à se mettre devant nos caméras. Le lieu est à la limite de l'attrape touriste avec des tarifs "spécial étranger" exorbitants qui augmentent tous les ans. Le site reste tout de même splendide. Nous ne pouvons pas apercevoir le Mérapi (le volcan très actif de la région) qui se cache derrière les nuages.

Stupas sur le dernier niveau du temples et Bouddha faisant face aux montagnes 

Nous passons le reste de la journée et le lendemain à déambuler dans les rues de Yogya, entre Malioboro la rue principale, le marché traditionnel, le Tamansari (qui servait de palais de retraite et de baignade au Sultan) et le marché aux oiseaux qui est en réalité un marché aux animaux puisqu'on y trouve certes surtout des oiseaux mais aussi des chats, des chiens, des lapins, des reptiles et quelques criquets et quelques larves (miam miam). Apparemment les indonésiens aiment acheter des oiseaux pour chez eux mais aussi pour faire des concours, terminer premier peut rapporter gros à son propriétaire.

Nous passons un soir au milieu d'une fête foraine qui fait un peu froid dans le dos tellement les manèges sont vétustes!

Bains royaux et séance photo 
Marchés  aux oiseaux (et criquets) et traditionnels

Côté nourriture, on se régale toujours autant (pas surs que nos intestins soient du même avis mais tant pis!). On trouve plein de Warung partout, ce sont des petites échoppes ambulantes ou non de street food. Quasiment tout est à base de nosi (riz) ou mie (nouilles) mais on trouve aussi des omelettes contenant beaucoup de choses non identifiables et aussi les fameux sate qui sont des brochettes de poulet ou de chèvre nappée d'une sauce aux arachides.

En ht à gauche un warung bien fourni, en ht à droite, préparation des sates, en bas des plats traditionnels à base de riz/nouilles

Sur les conseils de Tchétché nous allons voir un spectacle de marionnettes Warang, c’est très amusant, la personne qui anime ces marionnettes est à fond! On ne comprend pas tout vu que les dialogues sont en bahasa indonesia (ou peut être en javanais?) mais on a droit à un petit résumé sur un flyer. C'est l'histoire d'un roi qui veut épouser un ange qui à pris forme humaine, mais cet ange est déjà mariée à un prince héritier et le roi va donc la kidnapper pour l'emmener dans son royaume. L'histoire se compose de plusieurs épisodes et nous avons vu le premier donc on ne connaitra pas la fin!

Fait étrange, lorsque l’on arrive au spectacle, la salle est pleine et après environ 40 minutes, on se rend compte qu’on est plus que 3 personnes dans le public (plus une femme qui dors sur une chaise)!! Le spectacle nous a pourtant paru de qualité.

Les warang en action 

Pour notre dernier jour à Djogja, nous avons décidé de louer un scooter et partir explorer les environs de la ville en poussant jusqu'à la plage de Parangtritis à une cinquantaine de km au Sud. Seulement ici les 50km se font en plus de 2h! On traverse de très jolis paysages avec de belles rizières. On a le droit à quelques séances de selfies avec de jeunes étudiants (Sorry Mister, please selfie!), ce qui est marrant c'est qu'il y en a un qui demande et dès qu'on prend la photo, il y a des dizaines d'autres qui arrivent en se marrant. Et puis au retour, on se prend de belles saucées, on peut dire qu'on est officiellement entré dans la saison des pluies!

Rizières en eau 

Demain nous partons pour Surabaya pour faire un stop d'une nuit avant de reprendre un autre train pour Probolinggo qui sera notre point de départ pour aller voir le fameux mont Bromo et son cratère fumant!

10
nov
10
nov

Nous arrivons a Probolinggo après un court stop à Surabaya où nous avons dormi dans un hôtel capsule! On se serait cru dans un vaisseau spatial!

Notre chambre capsule 

Arrivés à Probolinggo nous partageons un bemo (mini bus pour 15 personnes) pour aller à Cemoro Lawang qui est le village collé au parc du Bromo. Heureusement nous ne sommes que 8 car le bus n’est vraiment pas très grand! C’est l’occasion de rencontrer un couple d’allemands et 2 étudiantes, allemandes aussi, en stage sur Java. Il se trouve que nous allons tous dans la même maison d’hôtes.

Nous arrivons après de raides montées au village et nous partons tout de suite faire l’ascension du Bromo qui culmine a 2329m.

Le site est magnifique, en descendant du village par un chemin très escarpé, on se retrouve dans la caldeira, vaste cirque circulaire créé par de très anciennes éruptions, que l’on traverse pour se diriger vers le Bromo qui fume en quasi permanence. Le lieu est presque irréel, on se croirait sur une autre planète.

La montée se fait en partie par un chemin assez raide et en partie par des escaliers aménagés, le sommet du cratère n'est pas très haut et facilement accessible. On se retrouve ainsi sur une arête de cratère, envahis par la fumée sulfureuse qui sent très très fort et entouré d'un bruit bouillonnant provenant du fond du cratère. C'est très impressionnant lorsque la fumée tourne d'apercevoir le fond rempli de petites fumeroles et de souffre. On reste un bon moment en haut puis dans la caldeira avant de retourner vers notre chambre d'hôte et se coucher tot pour pouvoir assister au lever du soleil dans le cirque.

Il faut environ 1h de marche pour atteindre un point de vue sur le Bromo (le cratère fumant), le batok (le volcan au premier plan) et le Semeru qui culmine en fond et fume aussi de temps à autre. Le départ est donc fixé a 3h30 en compagnie des 2 allemandes rencontrées la veille. Et on peut dire qu'on est pas tout seuls à avoir eu l'idée, des dizaines de jeeps et de scooters nous doublent dans la montée, et finalement on est une bonne centaine rassemblée dans un petit espace. Le lever de soleil est spectaculaire sur le cirque.

Le Bromo est l'attraction principale de Java et de nombreux voyagistes organisent des tours. Cela devient un peu l'usine si on se retrouve au milieu, nous avons fait au mieux afin d'éviter les foules en se renseignant sur les programmes de tours et en allant à contre courant (cela n'a pas été le cas pour le lever de soleil..).

Nous repartons très contents par le même bemo pour redescendre à Probolinggo et prendre le train pour Banuywangi pour aller voir cette fois ci le fameux volcan Kawah Ijen et ses flammes bleues.

Durant nos 4h d'attente avant de prendre le train, nous sommes accostés par des lycéennes qui veulent pratiquer leur anglais. La conversation dans un anglais très approximatif est très amusante. On leur montre des photos de Paris et de la neige à Samoëns, et elles nous parlent de leurs études et nous demandent où sont les meilleures universités en France.

Village de Cemoro Lawang 
Marche dans la Caldeira 
Au sommet du cratère fumant 
Lever de soleil sur la caldeira, le Batok, le Bromo et le Semeru en fond 

La vidéo à la prochaine étape!

12
nov
12
nov
Publié le 16 novembre 2018

Nous arrivons après 4 longues heures de train à Banuywangi sous une pluie battante, après quelques soucis pour trouver un taxi nous rejoignons enfin, bien fatigués du levé très matinal, Lutfi qui nous accueille pendant 2 jours. Sa maison d'hôte est très simple mais très sympa et Lutfi s'avère être un hôte extra.

Le quartier où se trouve la maison de Lutfi 

Nous passons une nuit et une journée tranquille chez lui afin de nous préparer pour l'ascension du Mont Ijen qui est prévue pour la seconde nuit. Nous rencontrons un couple d'allemands, Andreas et Astrid, qui logent également chez Lutfi, et nous décidons de faire la randonnée ensemble.

Le volcan Ijen est l'un des seuls au monde où l'on peut apercevoir des flammes bleues, résultat de la combustion des gaz volcaniques et du souffre. Dans son cratère se trouve également le plus grand lac acide avec un PH de 0.2. Il est aussi plus tristement connu pour ses mineurs qui récoltent le souffre du cratère dans des conditions très difficiles.

Lever (enfin si on peut appeler ça lever...) a minuit pour rejoindre le point de départ de la randonnée, il faut environ 40 minutes en jeep, avec un chauffeur aimable comme une porte de prison. Nous partageons la voiture avec nos nouveaux amis allemands ainsi que deux espagnols et un javanais. Le groupe s'élargit à l'arrivée.

La montée est assez raide mais le chemin est très praticable nous dépassons rapidement le groupe car nous préférons rester en petit comité. C'est assez incroyable de monter de nuit, à la lumière des frontales. Il y a pas mal de monde qui monte, des touristes, mais aussi des mineurs, qui montent récolter le souffre du cratère. Vision assez choquante, on voit des gens allongés dans des chariots qui se font tracter par des mineurs, cela met assez mal à l'aise quand on pense au travail éreintant qui les attend en haut.

Après environ 45 minutes, on commence à sentir les émanations de souffre et nous avons besoin de mettre nos masques à gaz, on arrive au sommet du cratère une vingtaine de minutes et 400 m de dénivelé plus tard, à toujours dans la nuit noire, et on retrouve Andreas et Astrid. Nous entamons la descente dans le cratère, le chemin est un peu escarpé mais rien de difficile, il y a environ 250m de dénivelé. On discerne des dizaines de lumières de lampes torches au loin, c'est très beau. Les odeurs de souffre deviennent plus forte et on sent que la respiration est plus difficile.

Mise en condition pour la descente dans le cratère 

Lorsqu'on arrive en bas, on est entouré d'émanations de souffre, c'est surréel, on aperçoit de petites flammes bleues au sol, exactement comme un réchaud de camping mais naturel. On a du mal à se repérer dans l'obscurité mais on trouve tout de même la rive du lac, qui parait minuscule dans la nuit, On trempe quelques doigts dedans, l'eau est chaude et très claire.

Récolte du souffre 
Les flammes bleues et le lac acide 

Il est presque 4h, nous décidons de remonter en haut du cratère, pour assister au lever du soleil. La remontée est plus difficile mais lorsque l'on voit les mineurs porter jusqu'a 80 kg de souffre sur leurs épaules, on ne se plaint pas. La plupart des mineurs font le trajet 2 fois par jours pour amener le souffre à une raffinerie de la région ils sont payés 1000 roupies par kg, ce qui fait au mieux 12 euros par jour.

Cargaison typique d'un mineur 

Il y a beaucoup de brume en contre bas, et le nuage de souffre est en plein sur nous mais cela reste très beau! On arrive même à apercevoir le lac dans toute sa grandeur lorsque le nuage se disperse un peu.

Lever de soleil sur les environs 
On se croirait dans un paysage imaginaire 
Le nuage de souffre est toujours là! 

La descente vers la voiture est superbe, on découvre ce paysage que nous n'avions pas vu lors de la montée. Ça restera une expérience très forte et unique.

Nous rentrons chez Lutfi prendre un petit déjeuner à base de nouilles, et nous attendons notre transport que nous partageons avec Andreas et Astrid, et qui nous emmènera à Bali. Lutfi en bon hôte nous accompagnera jusqu'au terminal de ferry et fera même la traversée avec nous pour s'assurer que la voiture nous attend bien à l'arrivée.

Ainsi se terminent nos aventures javanaises qui ont été fortes en émotions et en rencontres.

Lutfi, sa grand mère, Andreas et Astrid 
14
nov
14
nov
Publié le 17 novembre 2018

Notre étape balinaise est courte puisque nous y passerons juste une nuit, ce qui nous permettra de prendre l’avion pour Labuan Bajo situé sur l’île de Flores.

Depuis le ferry, il nous faudra un peu plus de 5h de trajet pour rejoindre le sud de l’ile, nous laissons nos amis allemands a mi-chemin qui nous encouragent à passer les voir à Berlin à notre retour.

Ce long trajet nous permet de découvrir les paysages de Bali qui sont assez différents de ceux de Java, on sent tout de suite la culture indoue omniprésente, ainsi toutes les maisons comportent des autels dédiés aux dieux et des devantures dignes des plus beaux temples.

Les embouteillages eux par contre de changent pas trop, on mettra donc 5h, agrémentés d’un mix musical bob marley/britney spears en boucle, pour rejoindre Kuta situé à 130km.

Arrivés à Kuta, c’est un peu le choc, il y a des touristes partout et de chaines de magasins, on se croirait à Miami Beach! Ce n’est pas trop ce que nous recherchons et c’est la raison pour laquelle nous ne restons pas plus longtemps. Conscients que le reste de l’île a enormement à offrir, nous préférons tout de même priviligier d’autres destinations comme Flores et le parc national de Komodo. Bali est une destination relativement facile d’accès et nous pourrons y revenir plus tard.

Nous nous envolons donc dans un avion à l’heure (chose apparamment rare) et très vide, pour aller voir le dernier habitat des dragons de Komodo.

14
nov
14
nov

Nous arrivons dans le petit aéroport de Komodo! Nous sommes assaillis par les chauffeurs de taxi mais nous préférons marcher car l’hôtel que nous avons réservé se trouve à peine à 20 minutes à pied.

Dans la rue principale de Labuan Bajo se trouvent toutes les agences qui proposent des tours dans le parc de Komodo, on prend notre courage a deux mains et on va les voir quasiment toutes pour comparer les offres et négocier, entre les centres de plongée et les agences, on discute avec une bonne dizaine. Entre les tours à la journée, sur plusieurs jours, la plongée à la journée ou sur plusieurs jours en dormant sur le bateau, on ne sait plus où donner de la tête.

Labuan Bajo 

Finalement nous nous décidons pour une découverte des principales îles du parc de komodo sur une journée sur un speed boat qui nous permet d’aller un peu plus loin et donc plus à l’écart aussi des autres touristes.

Départ donc le lendemain à 5h30, nous ne sommes que 5 sur le bateau ainsi que 3 membres d’équipage, c’est la basse saison en Indonésie.

Le premier stop se fait à Padar Island réputée pour la vue magnifique à son sommet. Le trajet pour y aller est déjà magnifique sous le soleil levant, on découvre les innombrables îles de l’archipel.

Arrivés à Padar Island, on reçoit un petit briefing par le guide qui nous informe qu’il y a une population d’une dizaine de dragons sur l’île mais que ceux ci se trouvent en retrait des chemins de randonnée, mais que si l’on en voit et qu’on se fait charger, il faut courir en zigzag très très vite (le komodo peut aller jusqu’à 40 km/h, autant dire qu’on est cuits!).

Après une petite marche assez raide de 20 min, on est au sommet de l’île avec une vue époustouflante!

Depuis le sommet de Padar Island 

Nous partons ensuite pour l’île de Komodo qui abrite la majeure partie des dragons. On s’arrête entre temps sur une plage de sable rose, magnifique, où l’on peut observer des tortues nager tranquillement. Le sable rose vient du mélange du sable et de minuscules morceaux de corail rouge.

Pink beach 

Sur l’île de Komodo, accompagnés d’un guide, nous croisons le chemin de plusieurs dragons dont quelques petits de 3-5 ans. Ces derniers sont un peu plus actifs même si leur activité principale se résume à trouver des coins d’ombre et à s’étaler comme des patates au sol. Les dragons mangent seulement 1 fois par mois et se reposent ensuite. Ils mangent des biches et des buffles qui sont également sur l’île mais n’hésiteront pas à manger un bébé komodo s’ils ont faim, ces derniers vont donc se cacher en hauteur dans les arbres dès leur naissance et pendant 2-3 ans!

Les dragons de Komodo Island 

Nous finissons la journée par un peu de plongée tuba et nous avons la chance de nager au dessus d’une belle raie manta!

Nous décidons pour le reste du séjour à Flores de rejoindre un liveaboard, c’est à dire une excursion de plusieurs jours en bateau avec 12 plongées au menu dans le parc de Komodo.

Nos embarcations pour 5 jours 

Nous sommes 8 plongeurs sur le bateau, un guide pour deux et les plongées sont extraordinaires.

Briefing avant chaque plongée 

Sur un site on se retrouve en plein courant marin, accrochés au fond de l’eau pour ne pas dériver, et on voit toutes sortes d’animaux passer dans le courant, requins, thons, carangues géantes, c’est l’autoroute des poissons! C’est superbe et un peu éprouvant pour nous qui n’avons que peu de plongées à notre actif!

Tous les sites sont très beaux, on à la chance de croiser le chemin de quelques raies manta et également de faire quelques plongées de nuit fascinantes.

Plongée, plongée et plongée! 

L’équipage du bateau est au top ainsi que l’équipe de plongée. On se sent seuls au monde dans ce parc!

Seuls au monde ! 

Loïc passe haut la main sa certification advanced (plongée jusqu’à 30m), nous sommes prêts à plonger n’importe où, courant ou non!

On restera 5 jours sur le bateau, (très bien) nourris et logés. Le dernier jour, on a même le droit à une petite randonnée sur Rinca Island qui abrite aussi quelques dragons.

Dragons de Rinca Island 
Komodo National Park 

Notre voyage indonésien s’achève sur ce séjour inoubliable et nous retournons maintenant à Bali pour deux nuits avant de prendre l’avion pour notre prochaine destination...

24
nov
24
nov
Publié le 4 décembre 2018

Nous arrivons à Cairns au petit matin depuis Bali, et découvrons une Australie tropicale très différente de l’image plutôt aride que nous avons généralement du pays. Cairns est une ville de taille moyenne (on se rendra compte plus tard que dans les standards australiens, Cairns est plutôt une grande ville!) qui sert surtout de point de départ pour les visites vers la grande barrière de corail et vers le parc de Daintree au nord, vaste forêt pluviale tropicale regroupant une faune abondante, unique au lieu.

Pas de croisière vers la barrière de corail pour nous car nous n’adhérons pas trop aux types d’excursions proposées (gros bateaux de 80 personnes avec buffet à volonté).

Les rues sont très calmes, les seules personnes que l’on croise sont d’autres touristes (évidemment qui d’autre marcherait sous ce soleil de plomb), même les routes sont désertes, ça nous change de la circulation frénétique des villes indonésiennes!

Nous nous amusons de voir beaucoup de gens qui marchent pieds nus, que ce soit en ville ou au supermarché, c’est un véritable art de vivre. On peut d’ailleurs observer de nombreuses paires de tongs abandonnées ça et là.

Le long de l'Esplanade de Cairns 
Le Cairns tropical 

On reste 5 jours pour se poser un peu, on en profite pour se balader en bord de mer, impossible de se baigner à cause des crocodiles et autres méduses... on loue des vélos pour aller voir la Crystal Cascade où il est possible de se baigner, 22km en 2h30, c’est la « balade » en vélo la plus éprouvante que nous ayons fait, pas un pet d’ombre sous 45°, on a bien cru tourner de l’oeil! La récompense de la cascade était bien venue!!

Lorsque l’on sort un peu de la ville, on a des impressions de far ouest avec ce soleil cuisant, des rails de train qui ne semble que peu utilisés, et des noms de ville tels que Freshwater ou Saltwater.

Cairns by night ! 

Après ces 5 jours de presque routine, il est temps de récupérer le van que nous avons loué pour un peu plus d’un mois. Le plan est de remonter légèrement vers le nord jusqu’à Cap Tribulation en pleine foret pluviale puis de redescendre ensuite tranquillement vers Melbourne à quelques 3000km de là...

Notre bolide 
Publié le 6 décembre 2018

Avec notre nouveau logement ambulant, nous mettons le cap au nord. La route qui longe la côte est très jolie, le devise du Queensland du Nord est « where the rainforest meets the reef » et effectivement, on voit la forêt tropicale qui se jette littéralement dans la mer de corail. La route prend un peu de hauteur ce qui nous permet d’avoir de magnifiques points de vue. On se croirait un peu dans une île montagneuse des caraïbes.

where the rainforest meets the reef 
Figuier rideau 

Nous nous arrêtons sur quelques plages où nous trouvons parfois des zones délimitées par des filets qui assurent une baignade sans risque d’être piqués par des méduses. Ces petits carrés de baignades font un peu ridicules devant l’immensité de la mer qui s’étend devant nous et qui donne vraiment envie de s’y plonger tout entier!

Baignades difficiles ! 

Nous passons une première nuit dans les hauteurs, dans un camping qui marche au don, en gros on peut utiliser douches, wc et l’eau disponible contre un don de 2 $ que l’on glisse dans une boîte.

Le lendemain nous rejoignons les gorges de Mossman où nous avons repéré un petit sentier de 3-4 km (amplement suffisant par une chaleur pareille). La balade est sympathique et la baignade dans la rivière encore plus! Nous croisons de nombreuses dindes des broussailles, sortes de grosses poules pas farouches qui gratouille le sol pour trouver des insectes. On trouve ces dindes absolument partout!

Nous mettons ensuite les voiles vers Cap Tribulation où se trouve la fin de la route bitumée, nous n’irons donc pas plus loin (notre van est loin d’être un cheval de course!).

Plage de Cap Tribulation 

A part quelques habitations, une station essence, et deux bars restaurants, on se trouve en plein désert tropical pendant des kilomètres et des kilomètres. La vie animale elle est très présente, c’est une vraie cacophonie dehors avec tous les oiseaux qui chantent, les cigales, les grenouilles et autres bêtes de la forêt. On voit de nombreuses plantations de canne à sucre, ainsi que beaucoup de manguiers. On trouve d'ailleurs sur le bord de la route des stands de vente de fruits tropicaux, on achète ce que l'on veut et on laisser les sous dans une boite.

Nous trouvons un camping en bord d’une superbe plage, Noah Beach, nous nous autorisons d’ailleurs une très rapide baignade, il fait vraiment trop chaud et le camping ne propose pas de douches.

Nous remarquons que sur les plages où les méduses représentent un danger (c’est à dire toutes les plages), on trouve également du vinaigre à disposition en cas de piqûre et parfois un kit de premier secours. On imagine mal un tel système sur les plages françaises.


La température ne passera pas en dessous des 30 degrés pendant la nuit, on étouffe dans notre cocon où la moindre fenêtre ouverte fera rentrer des dizaines de moustiques. Cela nous décide a redescendre au plus vite vers le sud où on espère trouver des températures plus clémentes, en tout cas pendant la nuit.

Nous nous dirigeons donc vers les Tablelands qui sont des plateaux situés à 700m d'altitude à l'ouest de Cairns. Nous trouvons enfin un point de baignade bien sympathique, le lac Tinaroo où il fait bon, à peine une trentaine de degrés. Nous posons ensuite notre van pour la nuit dans une ferme qui accueille les campeurs contre une petite compensation pécuniaire. Le lieu est extraordinaire, il y a un petit sentier qui descend de l'espace de camping vers une rivière où l'on peut voir les ornithorynques se nourrir en fin de journée. A la tombée de la nuit, il y a des centaines de chauves souris qui migrent d'arbres en arbres, c'est un spectacle magnifique autant au niveau sonore que visuel, et non sans rappeler une scène d'Indiana Jones et le temple maudit. Et enfin à la nuit tombée c'est au tour des opossums, bandicoots (sorte de rat-hamster comme dirait Loïc) et pademelons (paddymilla en langue aborigène qui signifie petit kangourou de la forêt ) d'entrer en scène. C'est magique de voir tous ces animaux s'éveiller, on ne regrette pas d'avoir choisi cet endroit pour bivouaquer, d'autant plus qu'il fera frais toute la nuit.

Animaux nocturnes 

Nous retournons ensuite vers la côte et poursuivons jusqu'a Townsville. De là nous prévoyons de bifurquer vers l'Ouest pour aller la rencontre du fameux Outback australien.

Publié le 15 décembre 2018

A Townsville nous passons la matinée dans une piscine publique. Il est courant de trouver en Australie, du moins dans les villes que nous avons visitées jusqu’à présent, des piscines publiques totalement gratuites où l’on peut se doucher, utiliser des bbq électriques à la disposition de tous, et se prélasser dans l’herbe. C’est remarquable de la part de la municipalité et souvent ces endroits sont d’une propreté irréprochable.

Lorsque nous prenons la direction de l’ouest en sortant de Townsville, on remarque tout de suite que la route est beaucoup moins empruntée, les voitures se font de plus en plus rares. En revanche des énormes camions, les « road trains » font leur apparition. Ce sont des camions qui transportent d’énormes chargements, jusqu'à 4 remorques chacun, pour les acheminer, on imagine, dans les villes du bush et de l’outback.

Un road train avec ses quatre remorques

Ce n’est pas vraiment clair où démarre le bush, et où se trouve la frontière avec l'outback. Comme l’explique Bill Bryson dans son génial « nos voisins du dessous, chroniques australiennes », le bush représente tout ce qui est rural et l’outback est ce qui se trouve au delà. Puis on remarque que les gens utilisent l’un ou l’autre terme indifféremment. En tout cas ce sont des zones où la population est très réduite. L’Australie compte 3 hab/km2, et sachant que la zone comprise entre Sydney et Melbourne représente 50% de la population (qui est d’à peine 25 millions au total), on se rend vite compte du nombre d’hectares sans la moindre présence de vie humaine.

Ce qui représente pour nous le bush 

Nous parcourons quelques centaines de kilomètres dans un paysage qui devient de plus en plus sec, il y a encore beaucoup de végétation, dont des zones entières qui ont brûlé, et nous croisons de nombreuses vaches, plutôt maigrichonnes, qui se regroupent sous l’ombre des arbres. Elles semblent sorties de nulle part car on a beau regarder dans tous les sens, on ne voit pas l’ombre d’une ferme à l’horizon. Il y a également ce qui apparaît être des milliers de termitières à perte de vue.

Nous trouvons une aire de repos où le bivouac est autorisé. Et encore une fois, merveilleux australiens, on trouve des toilettes et douches super propres. On se trouve juste à côté de la voie ferrée qui est utilisée uniquement par des trains de marchandises. Au crépuscule, nous nous approchons des rails, tout en prenant garde de ne pas marcher sur un serpent et tout d’un coup on entend de grands bruits dans les fourrés et on voit des dizaines et des dizaines de wallabys qui s’enfuient en sautillant! On se trouve vraiment en pleine nature sauvage.

Le lendemain nous nous mettons en route pour Richmond qui est connue en Australie pour les fossiles de dinosaures retrouvés dans la région. Dès le lever du soleil, on est assaillis par la chaleur et par les mouches, c’est insupportables, on se réfugie vite dans la clim du van et c’est parti pour quelques centaines de kilomètres supplémentaires, on roule en moyenne à 90km/h donc les trajets sont assez longs. La distance de ville à ville est d’environ 100-200 km et il n’y a absolument rien entre deux villes si ce n’est des aires de repos, des clôtures et des vaches.

A chaque pause où l’on sort du van, on est attaqués par les mouches, c’est à devenir fou, on se tortille dans tous les sens en donnant des coups dans le vide mais rien à faire, elles viennent dans les oreilles dans les yeux, sur les lèvres. Plus on s’agite et plus elles reviennent! Ce signe très distinctif qui consiste à secouer la main vers l’oreille pour chasser LA mouche est appelé ici "le salut du bush". De toute façon il fait bien trop chaud pour sortir en pleine journée. D’ailleurs lorsqu’on passe au travers d’une ville, ou plutôt d’un hameau, on ne voit absolument personne, on se croirait au beau milieu d’une ville fantôme. Le paysage change doucement, les arbres laissent places à des buissons plus petit et plus secs, on est quasiment seuls sur cette route infinie, lorsque l’on croise une voiture, on se salue d’un petit signe de main.

Dernier rempart contre les mouches 

On dit que la règle numéro 1 de l’outback est de ne pas conduire la nuit, et on comprend pourquoi quand on voit le nombre de carcasses de kangourous au bord de la route.

Lorsqu’on arrive à Richmond (500 habitants) on est content de trouver de l’eau sous la forme d’un lac où l’on peut se baigner. Encore une fois il n’y a pas foule, juste un autre couple avec leur chien qui s’amuse dans l’eau. On fait rapidement le tour de la ville (qui se compose de 4 rues). C’est fascinant de voir comme ces villes de l’outback sont comme figées dans le temps, dans le style années 50 aux Etats Unis (enfin comme on l’imagine). On trouve d’anciennes enseignes, de vieilles publicités dans des vitrines un peu poussiéreuses, des magasins tous alignés le long de la rue principales avec des places de parking au milieu de la même rue. Cela dit la ville à l’air de bien vivre, le petit supermarché ne manque de rien et le "caravan park" où l’on s’arrête à tout ce qu’il faut, même de l’herbe verte. nous demandons à nos hôtes comment ils supportent la chaleur et les mouches, ils nous répondent dans un accent extrêmement difficile à comprendre, que la température est ok pour le moment, ils attendent 7 degrés de plus (il fait déjà 41…), et que les mouches sont assez calmes…

On dine avec une famille suisse rencontrée au camping, ils nous expliquent qu’ils traversent le pays depuis Darwin et vont vers la côte, ils voyagent avec leur garçon d’environ 10 ans pendant 8 mois à travers le monde. On aura même l’occasion de voir un kangourou curieux lors du repas ce qui ravira le garçon qui attendait d’en voir un depuis des jours.

Nous repartons après avoir bien dormi suite à l’achat d’un petit ventilateur qui se charge en usb et de l’installation de quelques pans de moustiquaires qui nous permettent de dormir fenêtre ouverte et de profiter un peu de la relative fraîcheur du petit matin.

Nous n’avons pas d’idée précise de la direction que nous voulons prendre et nous décidons de poursuivre vers l’ouest jusqu’à Mount Isa qui est une ville minière.

350 km et 2 villes traversées plus loin, on se retrouve à l’entrée de Mount Isa (23 000 habitants!! il y a même un Mc Do!!), l'énorme mine domine la ville, c’est impressionnant, on dirait qu’elle va l’engloutir. Comme on ne peut pas visiter la mine, on cherche un endroit ou dormir et on flâne un peu le reste de la journée.

Mount Isa et sa mine en fond 

Nous avons maintenant le choix de continuer vers Alice Springs à l’ouest à plus de 1000km, aller au Sud vers le désert de Simpson à 1000 km (à croire que tout se trouve à 1000km), revenir vers l’Est pour aller du côté de Brisbane a 1600 km de là. Ayant un peu peur de la monotonie de l’outback, et voulant voir le reste de la côte Est, nous revenons un peu sur nos pas et bifurquons légèrement vers le Sud en direction de Longreach.

Nous conduisons toute la journée. En s’arrêtant à une station essence esseulée au bord de la route, le tenancière nous dit qu’elle se trouve à 2h de la ville la plus proche, on se demande ce qui a poussé ces personnes à s’installer dans des coins aussi reculés, aussi arides et aussi remplis de mouches et où la seule compagnie se résume à quelques routiers qui s'arrêtent se ravitailler et un gros chat gris qui crache quand on le touche.

Pas embêtés par les voisins 

On croise de nombreux kangourous et quelques émeus sur la route, c’est assez magique même s’il est courant d’en voir ici, on est toujours excités quand on aperçoit une bande de kangourous se déplacer en sautant.

Quelques animaux croisés dans l'outback 

On s'arrête de rouler peu avant le coucher de soleil (c’est le moment où les mouches se couchent elles aussi..) sur une aire de repos assez sauvage où nous nous sentons en plein bush!

Le matin nous filons vers Longreach qui est la grande ville du coin (3000 habitants), nous trouvons à côté de l’office du tourisme des douches et tout ce qu’il faut pour se faire un bon petit déjeuner, on est toujours autant épaté de trouver ce genre de lieu, ultra propres qui fonctionnent uniquement avec des volontaires et sur donations.

Nous prenons ensuite plein Sud vers Windorah. La route est fascinante, il n’y a qu’une voie de circulation et le décor est splendide, on passe dans des étendues de terres rouges infinies. On doit croiser environ une vingtaine de véhicules sur les 300 km qui séparent Longreach de Windorah.

Windorah, a peine une centaine d’habitants, se situe au milieu d’étendues désertiques et non loin de quelques jolies dunes de sable rouge. La prochaine ville (et station essence) à l’ouest se trouve à 390 km. On sent qu’on est aux portes du véritable outback. Nous n’irons pas plus loin car le van n’est équipé que d’un réservoir de 50 litres et ne peut guère aller sur des pistes de graviers ou de sable (et puis on ne peut pas trop s'éloigner étant donné qu'on doit rendre le van à Melbourne).

L'Outback dans toute sa splendeur 

Nous passons la nuit dans le camping municipal et repartons vers Quilpie le lendemain matin.

Bien installés 

Sur la route on traverse une "dingo barrier fence", c’est une clôture de 5400 km (elle traverse quasiment le pays d’Est en Ouest) qui protège les moutons d'élevage situés au sud de la clôture, des dingos, sortes de chiens sauvages qui sont apparemment très voraces. Cette clôture avait initialement été construite pour éviter la progression des lapins (ce qui fut un échec total) qui est un véritable fléau en Australie. Amenés par un colon britannique nostalgique de la chasse, ils ont proliféré à une vitesse folle (passant de 12 couples à 600 millions en cinquante ans) et ont grignoté une bonne partie de la végétation laissant de nombreuses autres espèces sans nourriture, les menaçant ainsi.

On croise quelques autres curiosités comme la route qui devient tout à coup une piste d'atterrissage (vu la fréquence des avions dans le coin, pas de quoi s’inquiéter).

Quelques curiosités croisée sur la route 

Quilpie est une petite ville dont l’économie est basée sur l’exportation d’opales dont la concentration dans la région est l’une des plus fortes dans le monde. Malheureusement l’office du tourisme qui abrite le petit musée est fermé, ce qui est bien dommage pour un samedi après midi. Nous continuons donc notre route vers Charleville que nous dépassons rapidement et nous nous arrêtons à Morven pour passer la nuit à côté d’un terrain de rugby qui autorise le bivouac, au milieu de quelques familles de kangourous!

Nous reprenons la route pour Brisbane le lendemain avec un peu de nostalgie de l’outback qui s'installe tout de même au fur et mesure que les paysages deviennent plus verts et plus habités. Nous avons adoré cette expérience de l'outback et cela nous a donné envie d'en voir plus du côté du grand Ouest. Nous reviendrons!

10
déc
10
déc
Publié le 28 décembre 2018

Nous passons une nuit sur un showground, grand espace en herbe destiné à accueillir des expositions de bétail ou de camions, très populaires dans les petites villes, avant d’arriver à Brisbane en fin de matinée. On est lundi et la ville est plutôt calme ce qui rend la balade très agréable.

A l’instar de beaucoup de villes américaines, l’autoroute file au milieu de la ville mais il y a tellement de chemins aménagés pour les piétons et les cyclistes qu’on ne voit presque pas de voitures. On remarque d’ailleurs qu’énormément de gens profitent des trottinettes électriques et des vélos en libre service disponibles un peu partout.

On découvre, à pied, une ville très agréable, où les gens ne semblent pas pressés.

Nous sommes agréablement surpris de trouver de nombreux musées gratuits, nous en profiterons pour aller visiter l’hôtel de ville ainsi que le musée d’art moderne (le GOMA) et le muséum d’histoire naturelle où nous pourrons reconnaitre certains spécimens que nous avons rencontré dans le bush.

Au GOMA 
Art urbain 

Nous profitons également du city hopper, ferry gratuit qui parcourt le fleuve Brisbane, pour admirer la vue sur la ville et sur ses beaux ouvrages d’art.

On trouve les gens très disciplinés, voire un peu trop, par exemple il faut marcher du bon coté du trottoir, et pas à contresens au risque de se prendre un regard accusateur lourd de sens! Un peu comme sur les escalators parisiens.

La nature est toujours aussi présente même en plein centre ville, et le lagoon (plage artificielle) à 2 pas du centre ajoute encore de l'exotisme à la ville.

Lagoon et forêt tropicale en plein centre ville 

Brisbane nous laisse une impression qu’il y fait bon vivre, c’est une ville très accessible malgré ses 2 millions d’habitants. Nous y passons 3 jours, le temps de récupérer une pièce de rechange pour le drone et puis nous repartons ensuite vers le Sud pour se rendre à Sydney.

Publié le 29 décembre 2018

Nous nous enfonçons un peu dans les terres en quittant Brisbane car les vacances d'été approchant, nous craignons le monde sur la côte, et comme le camping sauvage est interdit, et comme le camping est le sport national, nous devons trouver des zones autorisées qui ne seront pas prises d'assaut par tous les autres campeurs.

Nous nous retrouvons ainsi seuls plusieurs soirs, ce qui accroit ce sentiment de liberté que l'on peut avoir en voyageant en van. Nous nous arrêtons notamment chez Tony, aux environs de Gold Coast, qui possède quelques emplacement sur son terrain. On se retrouve à nouveau en pleine forêt pluviale et c'est un paysage toujours aussi impressionnant et inattendu. Nous sommes saisis par l'abondance d'oiseaux, nous faisons ainsi connaissance avec le kookaburra, oiseau emblématique du pays, et avec le cassican flûteur et son chant très mélodieux.

Kookaburra

S'apprêtant à visiter Gold Coast et sa banlieue Surfers Paradise, destination hyper touristique et emblématique de l'Australie, Tony nous conseille une alternative "where the locals go" et nous nous rendons ainsi ã Burleigh Heads qui se trouve légèrement au Sud de Gold Coast et qui offre les mêmes paysages avec une petite ballade en forêt le long de la côte en prime. On aperçoit la skyline impressionnante de Gold Coast au loin, qui fait un peu penser à Dubai.

Nous passons ensuite rapidement à Gold Coast pour voir ce qui vaut son succès, c'est une zone effectivement très touristique qui regroupe de grands gratte ciels et de nombreux parcs d'attractions ainsi qu'un énorme Sea World. Nous ne nous y attardons pas mais pour la petite histoire, la banlieue de Surfers Paradise s'appelait autrefois Elston, le nom a été changé en 1933 pour Surfers Paradise qui était jugé plus vendeur.

Gold Coast et ses gratte ciel 

Nous continuons vers le Sud, en longeant la côte, pour rejoindre Sydney, nous avalons beaucoup de kilomètres pour arriver au plus vite et garder du temps pour visiter le Sud de l'Australie.

L'océan se fait plus froid et plus agité 
La faune est toujours aussi présente 
17
déc
17
déc

Nous arrivons dans la banlieue de Sydney où nous avons trouvé un "logement". En fait Russel, rencontré sur AirBnb nous laisse camper dans son jardin avec notre van. La formule se révèle plutôt intéressante surtout que le centre ville de Sydney se situe á à peine 20 minutes en bus.

Vue sur le quartier de Kirribilli 

Nous passons notre première après-midi à nous balader autour de Circular Quay pour admirer le Harbour Bridge et l'Opéra de Sydney. Nous rejoignons ensuite le quartier historique de The Rocks, lieu où la ville fut officiellement fondée en 1788. Le quartier a très mauvaise réputation en ses débuts, fréquentés par les prisonniers et les prostituées. Aujourd'hui c'est un endroit très prisé, avec de nombreux bars et terrasses. On apprécie toujours autant de pouvoir entrer gratuitement au petit musée de The Rocks qui décrit succinctement la vie à Sydney, depuis les peuples aborigènes présents à l'origine, jusqu'à l'établissement de la colonie pénitentiaire et la transformation progressive de la ville aux travers des années.

Les emblèmes de Sydney 
The Rocks (au premier plan)

Nous traversons ensuite l'immense parc qui abrite les jardins botaniques royaux pour se rendre au point de vue de Mrs Macquarie, et admirer le coucher de soleil sur l'opéra et le Harbour Bridge. Mrs Macquarie était l'épouse du cinquième gouverneur de Sydney, Lachlan Macquarie qui a joué un rôle majeur dans la transformation de l'Etat de Nouvelles Galles du Sud, passant de colonie pénitentiaire á état libre.

Le lendemain nous passons presque la journée entière au musée maritime qui est passionnant. On peut y visiter un sous-marin et quelques bateaux dont une réplique de l'Endeavour, navire commandé par le capitaine Cook qui a découvert la côte orientale de l'Australie. En tout cas c'est comme cela que l'histoire est écrite ici même si la découverte du continent par les portugais remonte à quelques siècles auparavant. L'histoire de l'Endeavour n'en demeure pas moins intéressante, la mission première de l'expédition, qui se situe aux alentours de 1770, était de faire des observations astronomique à Tahiti mais sur le retour, James Cook fait voile vers la Nouvelle Zélande pour la cartographier puis sur le chemin du retour, le navire longe la côte Est australienne, découvrant ainsi Botany Bay qui sera le lieu de débarquement du premier bateau de prisonniers anglais quelques années plus tard. L'expédition de Cook n'a pas exploré le continent, loin de là mais à répertorié de nombreuses espèces végétale jusqu'alors inconnues et initié de premières rencontres avec les aborigènes. Ce n'est que 18 ans plus tard que l'Angleterre enverra ses premiers colons et ses premiers prisonniers.

Réplique de l'Endeavour 

Le reste du musée se révèle tout aussi intéressant avec notamment une expo sur James Cameron et ses explorations des profondeurs ainsi qu'une expo sur les requins, grands incompris des mers.

Le lendemain nous allons à Manly, la station balnéaire de Sydney très réputée pour le surf, et qui a servit de lieu de tournage de la série Hartley Coeurs à Vif (série emblématique de notre génération). Malgré le temps très pluvieux et l'eau assez froide, il y a beaucoup de surfers et de baigneurs.

Manly, paradis du surf 

Après ces quelques jours passés à Sydney, il est temps pour nous de repartir, direction Canberra!

Publié le 12 janvier 2019

Nous choisissons de rejoindre Melbourne par les terres et retournons donc vers le bush pour rejoindre Canberra. En route nous optons pour des petits chemins en gravier, la vue est superbe sur la vallée et nous croisons des dizaines et des dizaines de kangourous en famille! Ils sont trop mignons et alors qu’on ralentit pour ne pas en percuter, une voiture s’arrête et sa conductrice Beth nous propose très spontanément de nous montrer les wombats et les kangourous qu’elle à récupérés orphelins ou malades (l'un d'entre eux était aveugle) pour les emmener dans un refuge où ils seront soignés et réintroduits ensuite dans le bush. C’est extra de les voir de si près et de pouvoir même tenir Chandler, un tout petit! Beth nous raconte sa passion pour le bush et sa vie dans sa maison autonome depuis un an. On est très contents de cette rencontre à l’improviste et la soirée se termine en beauté lorsque l’on trouve un coin pour dormir à coté d’un ovale de cricket, qui est peuplé par d’innombrables oiseaux blancs et roses.

Les oiseaux ont investi l'ovale 

Le lendemain nous rejoignons Canberra pour voir cette ville que tout le monde évite soigneusement. Effectivement ce n’est pas la ville la plus chaleureuse, elle consiste en une succession de parcs, de musées et d’édifices gouvernementaux, le tout reliés par d’interminables avenues a 3-4 voies complètement vides. Tout cela dans une géométrie millimétrée. On a l’impression que personne ne vit ici, on ne voit personne dans la rue. Nous nous arrêtons quelques heures au National Museum of Australia où naturellement on entre gratuitement mais avec un parking bizarrement assez cher. Le musée regroupe un mélange d’un peu tout ce qui constitue l’histoire de l’Australie, y compris des témoignages de descendants d’Aborigènes qui essaient de faire perdurer leurs traditions et cultures. Une vidéo retient l’attention, c’est un extrait d’un discours du premier ministre qui, en 2008, a adressé des excuses publiques au peuples aborigènes pour à peu près tout ce que la colonisation leur a fait subir. Ce jour est resté en mémoire cependant on a du mal à comprendre quelles actions on été prises à la suite de ce discours. Aujourd’hui, de nos yeux de touristes, on remarque que les aborigènes ne sont pas du tout intégrés, ils ne font pas partie de la population active. Ils sont présents dans les petites villes mais c’est comme si on avait deux peuples bien distincts qui ne se voient pas. On est un peu loin de l’image de rêve de l’Australie à ce niveau.

Vue sur Canberra 

Nous quittons ensuite Canberra pour rejoindre le parc Alpin dans l'état de Victoria. Cet itinéraire est bien moins emprunté que celui de la côte et c’est tant mieux, on découvre de grandes montagnes inattendues ainsi qu’une station de ski (on n’imaginait pas pouvoir skier en Australie!). En hiver l'accès á la station est payant, environ 40 dollars par jour et par personne (25 euros) et ensuite vient un forfait pour les remontées de 150 dollars par jour! Nous dormons en altitude où la température dans le van va descendre à 4°... (mais au moins il n'y a pas de mouches!) du coup nous ne nous attardons pas et redescendons un cran pour retrouver un peu de chaleur. Nous circulons pendant 50 km, soit plus de 2h, sur une piste pas tellement adaptée aux vans avant de trouver un coin sympa au bord de la rivière et de profiter d’un bon barbecue.

Dans le parc alpin 

Nous rejoignons ensuite la côte Sud où nous trouvons, à Toora, un super endroit pour dormir, tout prêt d’arbres abritant des koalas. Mais ces derniers ne sont pas faciles à apercevoir, on en verra tout de même un bien joufflu en partant le lendemain matin (après avoir en vain chercher quelques geocaches).

A la recherche des koalas 

Nous partons en direction de la Great Ocean Road, qui est une route touristique très très empruntée, connue pour ses falaises, la mer d’un bleu très intense et bien sur les spots de surf. Nous passons notre réveillon de Noël dans un camping d’un parc national très agréable, au bord de la mer et sous une trentaine de degrés.

La route qui longe l’océan se révèle effectivement très pittoresque et, cerise sur le gâteau, au détour d’une balade à pied en forêt, nous découvrons de nombreux koalas dans leur moment plus ou moins actif de leur journée (ils passent 20h sur 24 à dormir..).

Nous retournons ensuite vers Melbourne passer notre dernière nuit dans le van, en plein coeur de la Yarra Valley, très connue pour ses vignobles.

Il est temps de rendre notre van qui nous aura servi de toit pendant plus d'un mois et que l'on aura baladé pas loin de 8000 kilomètres!