Mission Humanitaire dans la province de Khanh Vinh
Du 17 octobre au 7 novembre 2015
22 jours
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Bientôt deux ans se sont écoulées à l'heure ou j'écris ce lignes ...

J'ai encore en tête notre arrivée à Ho Chi Minh, la sortie de l'aéroport les sacs chargés de matériel humanitaire, de cadeaux. La chaleur qui nous a tout de suite écrasée tandis que nous contemplions encore abasourdis par le voyage les centaines de scooters qui tournoyaient devant nous.

Ho Chi Minh ville l'ancienne Saigon ! Première étape de notre aventure à la rencontre d'un peuple et d'une ethnie.

Nous étions 11 jeunes Français(es) tous issus d'horizons différents partis pour diverses raisons, prêt à s'embarquer dans les mêmes avions, trains, bus, bateaux à travers le sud Vietnam. Saigon, Nha Trang, Khanh Vinh, Vinh Long, Can Tho, Phu Quoc

Aujourd'hui avec le recul nécessaire je souhaite partager ces moments, ces souvenirs intenses qui ont fait notre aventure. Pourquoi laisser dormir ces photos dans les cartons, et ne pas partager cette aventure avec ceux qui nous ont soutenus à l'époque ?

        Depuis 2015, les enfants du village ont grandis et nous avec eux !

Remerciements au Centre Socio-culturel du Langensand de Haguenau, L'association Mère Isabelle, La Croix Rouge Vietnamienne, Le Lion's Club, Le Rotary Club, La ville de Haguenau, aux Donateurs Anonymes ainsi qu'aux personnes ayant suivit cette aventure !


Nous ne sommes que la partie émergée d'un projet construit tous ensemble.


Merci à vous tous !

Notre page Facebook : https://www.facebook.com/Vietnam-2015-Projet-Humanitaire-Khanh-Vinh-907726812607270/


Les Raglais sont un groupe ethnique du Vietnam. Composé d'environ 97 000 personnes, leur langue appartient à la famille des langues malayo-polynésiennes.

Ce peuple fait partie des minorités ethnique du Vietnam et à ce titre, se voit refuser l'accès au travail dans le pays. Cependant le gouvernement Vietnamien les autorise à rester dans le pays, les Raglais vivent en communauté dans les jungles et les forets alentours.

Ils trouvent leur moyens de subsistance dans la culture et l'exploitation forestière, principalement dans la vente de bois, la production de charbon, la culture du maïs qui reste dépendante des conditions climatiques.

Ils vivent sous de petites huttes en bambou qu'ils construisent eux mêmes...

Quand la météo est clémente ces conditions de vie restent supportables, mais lorsque arrive la saison des pluies tout change. Le froid, la pluie et l'humidité s'infiltre partout et les fondations pourrissent.

Les familles sont nombreuses, les enfants jouent ensemble et se baignent dans la rivière qui longe le village. Beaucoup vont à l'école, jusqu'à un certain âge. Cependant la triste réalité est celle qui condamne la plupart des enfants de la terre vivant dans ces conditions. La plupart d'entre eux tombent dans la délinquance, la prostitution, la vente de drogue ou se voient contraints de travailler comme leur parents dans les forêts ou dans les cultures.

Sans dire que ce destin est promis à tout les enfants ... Simplement que la majorité d'entre eux ne se voient pas offrir d'autres choix.

Cela rend difficile le regard que l'on porte sur ces jeunes visages, c'est aussi ce qui nous motive à leur donner bien qu'un simple apport matériel. J'ose espérer que notre présence aussi courte fut elle aura pu inspirer certains d'entre eux ...

Qui sommes nous ? Des étrangers venus d'aussi loin pour construire 4 maisons dans le village. Et pourquoi ?

Nous avons construit quelque chose de durable mais, la plus grande richesse reste celle que nous avons partagé avec les habitants, avec les enfants du village. Aller à la rencontre des autres pour rapprocher les peuples.

Les Raglais nous ont donné et appris énormément en retour ! Depuis ils me manquent un peu plus chaque jours.

L'humidité et la Chaleur n'aurons pas eu raison de notre motivation et pourtant ...

Notre arrivée sur le chantier s'est faite grâce à la camionnette de la Croix Rouge Vietnamienne. En empruntant un sentier de terre sinueux on commençait à deviner quelques habitations en bambou, les enfants criaient lors du passage de la camionnette.

La vue s'est subitement dégagée et nous laissa apercevoir ce à quoi ressemblera notre lieu de travail. Un sol poussiéreux, quelques briques empilées les uns sur les autres, un tas de cailloux et de gros blocs de pierre. Au sol on devinait déjà tracé, les contours de la future maison. Les ouvriers Vietnamiens nous attendaient depuis quelques jours, ils avaient pris de l'avance en acheminant tout les matériaux nécessaires et en préparant le terrain.

Les présentations ont été rapides car tout le monde souhaitait se mettre au travail avant que le soleil ne vienne compliquer l'avancé des travaux.

Nous avons formé 3 groupes de 3 à 4 personnes. Un des groupes resta sur place tandis que les autres allaient rejoindre les autres lieux de constructions. Car il n'existait pas qu'un seul chantier mais trois ! Tous répartis le long de la rivière...

Pendants quelques semaines les groupes se relayaient sur les différents chantiers en fonction de l'avancé des travaux.

Les étapes de construction d'une maison sont les suivantes :

- Pose de gros blocs de pierre en guise de fondation

- Remplissage de la zone délimitée avec du sable puis tassage à la main

- Pose des premières briques, début de la construction des murs

- On dispose à l'intérieur de la maison au sol des cailloux puis on tasse à la main

- Montage des fenêtres et mise en place de la porte

- Enduire les murs extérieurs avec du ciment

- Mise en place du toit en tôle

- Enduire l'intérieur de la maison

- Passage des murs extérieurs et intérieurs à la chaux que l'on étale à l'aide de grand pinceaux " Made in Vietnam " c'est à dire en bambou et en paille.

- Couler le ciment de manière égale sur le sol

- Laisser sécher deux, trois jours

- Carrelage intérieur puis peinture extérieure

- Inauguration et installation de la famille avec apposition d'une plaque sur la maison

Toutes ces étapes sous un soleil brulant !

Malgré ça nous étions en permanence entourés par les enfants du village, certains ont chanté pour nous, d'autres nous observaient de loin attendaient que la camionnette nous récupère et couraient derrière elle pour nous dire au revoir. Nous n'avons jamais été seul sur les chantiers, les ouvriers faisaient de leur mieux pour nous apprendre comment maçonner correctement.

La barrière de la langue fut la seule barrière entre nous. On aura vite appris les gestes, les quelques mots de vietnamien pour demander de l'eau ou du ciment et inversement.

Au bout de quelques jours les ouvriers et nous travaillions ensembles.

Et le résultat ... 4 Maisons construites en quelques jours.

Hamoud, Yildiray, Gaelle, Eric, Delphine, Alexis, Gulia, Angéline, Claudia Mehmet, Selcuk, Atilla, Ali, Chanh, Liem, Tuyet, Le My Linh Le et tous les autres ...