Carnet de voyage

日本 1 an de PVT au Japon

66 étapes
96 commentaires
Un an de pérégrinations à deux, d'Hokkaido à Okinawa
Mars 2017
353 jours
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C'est le cœur gros que nous vous écrivons ces lignes, qui seront les dernières de ce blog. Notre aventure japonaise s'est achevée ce 17 mars. La boule au ventre à l'aéroport n'était pas due qu'à la peur de l'avion de Raphaël. Nous ne sommes officiellement plus résidents japonais. Nous avons vécu des moments incroyables, extraordinaires, merveilleux ! Dur de ne pas être dithyrambiques quand on parle de cette expérience... Bien que nous ayons vécu quelques moments difficiles, ils ont été rares et disparaissent à l'évocation de n'importe laquelle des destinations que nous avons eu la chance de visiter... Et le plus extraordinaire dans tout ça, c'est que nous n'avons qu'une idée en tête : y retourner ! Nous restons sur notre faim et nous avons encore bien des destinations à visiter dans ce pays... Et surtout, nous reviendrons très bientôt pour une mythique randonnée de deux mois... Mais chaque chose en son temps !

Il est temps pour le moment de dire merci.

Merci à ce pays de nous avoir accueilli à bras ouvert et de nous avoir permis de nous intégrer si vite.

Merci à chacune des personnes qui nous a abordé, aidé, offert une tournée ou une explication, fait faire une visite ou simplement une photo... Nous nous sommes bien amusés et enrichis (métaphoriquement) grâce à chacun d'entre vous !

Merci à nos familles et amis qui sont venus nous rendre visite et nous ont fait nous sentir moins loin de la France et avec qui on a pu partager de grands moments qui resteront précieusement dans nos mémoires.

Merci à nos familles et amis qui n'ont pas pu nous rendre visite mais qui ont continué à nous soutenir, à nous donner des nouvelles, à nous envoyer des colis plein de bonnes choses (vous êtes devenus des pros de La Poste!). Vous avez pris soin de nous, de notre moral et ça nous a aidé bien plus que vous ne pouvez l'imaginer !

Merci à nos collègues et amis sur place, les japonais et les autres. Les mots sont pauvres pour décrire tout ce que nous avait apporté et à quel point notre séjour a été embelli de votre seule présence. Nous avons versé bien des larmes pour chacun d'entre vous, si tristes que nous étions de vous quitter.

Et bien sur merci à toi, lecteur de ce blog, assidu ou non, famille, ami ou inconnu. C'est un pan entier de notre vie que nous avons livré ici. Le partager nous a permis de nous sentir moins seul, de nous connecter à vous tous, même épisodiquement. On espère bien sur que vous avez pris autant de plaisir à le lire que nous en avons pris à l'écrire. Ce n'était ni exhaustif, ni objectif mais nous espérons que cela aura été inspirant et vous donnera envie de visiter ce pays si accueillant et si riche de destinations époustouflantes.

Ce n'est toutefois pas un adieu... Notre périple continue en Malaisie d'où nous vous écrivons ces quelques lignes.

Si le cœur vous en dit, c'est par ici...

https://www.myatlas.com/CaroleRaphael/un-mois-en-malaisie

MATA-NE !

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Comme il faisait beau à Tokyo, nous avons décidé de profiter au maximum de cette journée pour aller se promener au bord de la mer. Pour cela, nous sommes descendus vers le sud à une heure et demie de la capitale, pour visiter la presqu'île d'Enoshima. Et une fois arrivés à la gare de Shonan, surprise ...

Le Fujisan dans toute sa splendeur !

Et oui c'est bien le Mont Fuji ! On ne pensait même plus le voir tellement il faut un temps parfaitement clair pour pouvoir l'observer... Encore une fois la météo était avec nous ! Nous avons rejoint la presqu'île grâce à un monorail suspendu puis un petit bateau de pêcheur... Au programme beaucoup d'aigles, un joli temple et une ambiance de bord de plage. Pas grand chose à faire à part se promener, c'était une magnifique journée !

Ensuite, retour sur le continent pour pour aller dire bonjour au Bouddha Kannon qui domine la ville au milieu d'un jardin en fleurs...

Le lendemain, nous avons décidé de nous offrir une petite randonnée à l'ouest de Tokyo cette fois, direction le mont Takao ! Le chemin n'est pas vraiment long, deux heures suffisent pour arriver au sommet. En revanche, ça grimpe raide pendant la première heure... Une fois en haut, un joli point de vue sur Tokyo, encore un temple et même la possibilité de voir le mont Fuji ! Mais cette foi-ci, le temps étant un peu couvert, nous avons simplement pu l'apercevoir. On ne peut pas gagner à tous les coups ! Petit coup de fainéantise sur la fin du parcours, nous sommes redescendus en télésiège pour nous économiser...

Pour ne rien vous cacher, nous avons été un peu déçus de ce lieu. Il est toujours mis en avant comme un incontournable des alentours de Tokyo mais nous n'avons pas vraiment accroché... On a peut être trop vu de choses exceptionnelles... Quoiqu'il en soit, ces deux bols d'air frais nous ont fait du bien, loin de l'agitation tokyoïte...

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Pour parachever cette extraordinaire, cette formidable, cette merveilleuse année que nous venons de vivre, quoi de mieux que de revenir là où nous l'avons commencée ?! C'est donc de Tokyo que nous écrivons cet article, l'un des derniers certainement... Mais avant les atermoiements, place à la découverte ! Nous avons prévu de nous rendre dans quelques lieux que nous n'avions pas eu le temps ni l'occasion de visiter lors de notre premier séjour il y a un an et de retourner à d'autres que nous avions particulièrement appréciés...

Premier trajet de métro pour le palais de l'Empereur nippon ! Il fait encore frisquet et le soleil joue à cache-cache mais on se sent déjà bien loin d'Hokkaido. Je ne vous cache pas que le lieu peut être un peu décevant car, hormis la symbolique et l'histoire du parc, le palais s'aperçoit de très très loin, personne ne peut l'approcher et le parc en lui-même est assez fade comparé aux merveilles que nous avons pu apprécier cette année... Néanmoins, les premiers sakuras (cerisiers) en fleurs nous accueillent avec leurs jolis bourgeons en dédommagement...

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Au hasard de nos promenades à Akihabara, l'empire du geek, des jeux vidéos et de l'électronique, nous avons reçu un coupon de réduction conséquent pour aller au "Robot restaurant". Ce lieu ne vous dira peut-être rien mais il s'agit d'une véritable usine à rêve made in Japan, essentiellement créée pour les touristes où tout est absolument démesuré. Raphaël s'y était déjà rendu lors de son ouverture en 2014 mais j'étais pour ma part très curieuse de constater le phénomène de mes propres yeux. Ce n'est pas réellement un restaurant mais plutôt un cabaret-show (où l'on peut accessoirement commander à manger et à boire) où robots, chars et danseurs forment une chorégraphie étourdissante. C'est un mélange de couleurs criardes, de néons fluos, d'histoires épiques et de costumes bariolés chorégraphiés au millimètre sur une musique nippone quasi-hystérique. Difficile d'en dire davantage devant une telle dinguerie. On en sort comme après avoir plongé dans un bain de LSD, les mauvais côté en moins. Petit aperçu.

Après toute cette pétarade d'effets spéciaux faits-maison, on a décidé de prendre un bon bol d'air frais et de profiter du soleil au Shinuku gyoen, le parc de Shinjuku. Ambiance printanière et grand soleil, on en oublierait presque qu'on est au cœur de Tokyo.

Nous sommes retournés au Senso-ji, le temple le plus célèbre de Tokyo et du côté de la Sumida, la rivière qui le borde, histoire de boucler la boucle. Nous logeons dans le même quartier qu'à notre arrivée et tout ce qui nous semblait si nouveau et excitant fait maintenant partie de nos souvenirs...

A Tokyo, nous avons aussi retrouvé Tus, notre nippon du Puy, ainsi que sa donzelle avec qui nous avons bien bu, bien mangé, bien dansé, bien karaoké... Du bonheur ! Et nous avons enfin percé les secrets du curry japonais grâce à une "master-class" proposée par Maha, la copine à Tus... Essai plus que concluant, la recette reviendra avec nous en France !

Pas d'inquiétude même si ça commence à sentir la fin, il n'est pas encore l'heure de nous quitter.. A très vite !

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De retour à Sendai après notre petit tour en voiture dans la région de Tohoku, nous revoilà piétons ! Notre première visite se situe au sud-est de la ville. Le Zuihoden est un mausolée consacré à la famille Date, le clan fondateur de la ville. Situé dans une forêt d'immense cèdres, il y a un petit parcours où se trouve plusieurs bâtiments presque identiques dans le style Momoyama, chacun dédié à une génération du clan. Le style Momoyama est très différent de ce que l'on a pu voir dans le reste du Japon, notamment au niveau des couleurs. Beaucoup de noir et d'or et quelques détails très travaillés multicolores. Bref, encore une fois un lieu magnifique et impressionnant de sérénité ! Il faut dire que la région est peu touristique et encore moins depuis le tremblement de terre de 2011.

Ensuite nous nous sommes dirigés plus au nord de la ville jusqu'au sanctuaire Hachimangu. Là, un retraité du coin nous a pris sous son aile pour nous faire visiter le lieu. Il parlait parfaitement anglais et il était très content de partager ça avec nous (et nous aussi d’ailleurs). Cela fait plusieurs fois maintenant que des japonais nous font faire des petites visites et c'est vraiment adorable ! Pour ce qui est du sanctuaire en lui même, on retrouve encore une fois ce style particulier de la région.

Et puis, retour en centre-ville pour prendre un peu de hauteur et déguster de succulents "gyozas" (raviolis japonais) à la langue de bœuf (spécialité de Sendai) avant de prendre notre bus de nuit pour rejoindre Tokyo où nous avons prévu de passer quelques jours.

Nous aurons donc passé moins de temps à Sendai que prévu mais ce n'est pas si mal, c'est une grande ville intéressante mais les attractions touristiques sont plus nombreuses aux alentours que dans la ville elle-même. Cela nous aura aussi permis de nous réhabituer à l'ambiance urbaine nippone avant de plonger dans le grand bain de la capitale... A bientôt pour de nouvelles aventures tokyoïtes !

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Après Matsushima et sa baie, nous partons pour Hiraizumi, à 1h30 au nord. Ce détour n'était pas prévu au programme mais le bourg a été classé au Patrimoine Mondial de l'Unesco en 2011 pour ses temples, jardins et sites archéologiques bouddhistes. Du coup, nous y voila. Autrefois, il y a quelques siècles Hiraizumi était une ville si riche et puissante qu'elle était reconnue comme étant la capitale de la région de Tohoku (nord de Honshu). Elle a été dirigé par le clan Fujiwara pendant trois générations jusqu'au moment où le seigneur de Kyoto, inquiet de cette prospérité, la fit tout bonnement raser ! Ambiance ! Aujourd'hui Hiraiumi n'est plus qu'une ville de 7000 habitants mais sa gloire passée peut se retrouver dans quelques sites remarquables. La particularité majeure de ses sites est la représentation de la "Terre pure" où règne la déesse Amida. Sur le site du temple Motsuji , le premier que nous avons visité, le lac représente la mer, les enrochements les falaises etc, le tout en restant très épuré, peut-être même un peu trop pour nos goûts. La neige y ajoutait malgré tout un certain charme. Les bâtiments quant à eux sont très récents, seules quelques fondations peuvent être observées çà et là et permettent d'imaginer l'immensité du site.

Nous reprenons la voiture pour le nord de la ville et le temple de Chusonji. En fait, il s'agit d'une multitude de petits temples dans la forêt, à l'écart du village, dans la montagne. Une jolie promenade dans une ambiance zen même si nous avons été surpris par le nombre de touristes ! Nous sommes là en particulier pour observer la pièce maitresse du lieu, un pan entier de temple entièrement bâti d'or et conservé depuis plusieurs centaines d'années. Une vraie beauté pour laquelle vous n'aurez aucun aperçu, les photos étant là encore interdites ! Néanmoins, c'est l'atmosphère pieuse et l'isolement dans la forêt que nous avons le plus apprécié.

Dernière arrêt à un nouveau temple, le Takkoku-no-Iwaya avant de quitter Hiraizumi sur les conseils du gérant de l'auberge (un homme adorable qui nous a offert thé et chocolat, merci encore!). Nous ne connaissons pas l'histoire du lieu mais nous avons été subjugué par sa topographie !

C'est cette belle étape que nous reprenons la route pour trois heures jusqu'à Yamagata, petite ville plus au sud. Nous avons prévu d'aller y visiter un nouveau temple (et oui encore!). Il y en avait tellement peu à Hokkaido qu'on a décidé de se rattraper à peine revenus à Honshu.

Et la route est tellement jolie que c'est un plaisir d'engloutir les kilomètres...

Nous avons donc repris des forces à l'hôtel du coin le soir même. Pas difficile de bien se reposer à Yamagata, c'est une petite ville un peu terne et pas bien festive. Elle ne nous laissera pas tellement de souvenirs... Mais si nous sommes là c'est pour Yamadera, un temple perché dans la montagnes et pour lequel il faut gravir plus de 1000 marches! Une fois échauffés (un litre de café et trois donuts plus tard), nous nous élançons à l'assaut de la montagne. Étonnamment ce ne sont pas les marches elle-mêmes la plus grosse difficulté, c'est la météo. Nous approchons du printemps mais il fait encore très froid. La neige dévoile peu à peu les marches mais aussi de belles plaques de verglas, une véritable patinoire ! L'ascension et plus tard la descente n'étaient pas de tout repos ! La récompense était en revanche sublime. La falaise qui nous écrasait nous a ensuite offert un formidable piédestal pour observer la vallée et se recueillir. Certainement la plus belle étape de notre (courte) visite de Tohoku.

Retour à Sendai le soir même, encore sur un petit nuage...

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Nous revoilà en vacances et nomades ! Néanmoins, il a été plus que difficile de quitter l'île d'Hokkaido, au propre comme au figuré ! Une tempête de neige décennale s'est déclenchée le jour de notre départ. Nous nous sommes trouvés bloqués à Otaru, entre Kutchan et Sapporo, avec une interruption de circulation des trains jusqu'à un horaire indéterminé. Nous avons donc dû vaillamment patienter dans le froid avec des dizaines de voyageurs, tout aussi perdus et glacés que nous, pour attraper le premier bus direction l'aéroport. Malheureusement, ça n'a pas suffit à nous faire rattraper notre retard et l'avion a finalement décollé sans nous. Quelques places étaient disponibles le lendemain dans le vol suivant, qui est parti quand même avec plus de 2 heures de retard en raison des vents déchainés. Et le moins que l'on puisse dire c'est que le vol et surtout l'atterrissage ont été cauchemardesques, secoués que nous étions comme coincés dans un sèche-linge... Après 27 heures de voyage, nous voilà enfin de retour sur Honshu et prêts à découvrir Sendai et sa région.

La visite de Sendai sera repoussée de quelques jours étant donné que notre programme a été quelque peu bousculé par les aléas météorologiques. Comme première impression, nous pouvons juste dire qu'elle ressemble à pas mal d'autres grandes villes japonaises à ceci près que tout y est tristement neuf. En effet, quelques stigmates du tremblement de terre et du tsunami qui a suivi sont encore visibles cà et là, en particulier entre l'aéroport et la ville de Sendai, la partie la plus durement touchée. En France, nous avons beaucoup parlé de Fukushima en raison de l'accident nucléaire mais tout a été balayé sur la côte sur plusieurs kilomètres. Nous reviendrons sur tout ça plus tard, au retour de notre balade véhiculée.

Nous avons grimpé dès le lendemain de notre arrivée à Sendai dans notre petite Subaru carrée de location en direction de Matsushima. Sur la route, la campagne semble encore aride de l'hiver qui s'achève tandis que les montagnes nous surplombent. Matsushima est une petite cité portuaire dans une baie. Ce lieu est réputé pour être une des 3 plus belles vues japonaises (à égalité avec le torii dans l'eau de Miyajima et Amanohashidate, le pont dans le ciel vous vous souvenez?! On a déjà visité ces deux-là). Ce trio-là est appelé "nihon sankei".

Arrivée à Matsushima sous le soleil 

La particularité de cette baie est qu'y sont parsemées 260 îlots rocheux à la végétation touffue, formant un archipel atypique ! Deux de ces cailloux sont accessibles à pied de la côte, l'un avec le petit temple Godaido pour s'y recueillir tandis que l'autre, appelé Oshima, est un peu plus grand et offre une jolie promenade aux embruns sous les pins.

Enfin, le temple de Zuiganji, l'un des plus grands de la région Tohoku où nous nous trouvons actuellement a été fondé en 808 et témoigne de la splendeur passée de Matsushima. Les photos sont interdites à l'intérieur du temple mais vous pouvez toujours admirer les jardins... La particularité de ce lieu (en rénovation au moment où j'écris ces lignes), c'est qu'un ensemble de grottes ceinturent l'édifice dans lesquelles sont gravées et sculptées des images de Bouddha et des sutras. Malheureusement, c'est encore inaccessible en raison des travaux, nous les apercevons de loin, il faudra revenir...

Zuiganji

Enfin, nous avons pris de la hauteur pour admirer la baie et la vue était réellement splendide...

Après cela, nous avons repris la route direction Hiraizumi, autrefois faste capitale de Tohoku (région qui correspond à toute la zone nord de Honshu) et aujourd'hui classée au Patrimoine Mondial de l'Unesco. Cette visite n'était pas prévu mais le programme y était alléchant...

A très vite !

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Et voilà, notre saison à Niseko est terminée ! Notre dernier jours de travail c’était hier, notre départ c'est pour demain... Et on peut dire que la fin à été plutôt mouvementée avec pas mal de promenades ici et ailleurs. Nous avons été rider à Rusutsu, un immense domaine skiable à un peu moins d'une heure de Niseko. Takeshi, un de nos collègues nous y a gentiment amené avec quelques autres. Nous sommes arrivés à la tombée de la nuit et c'était tout simplement génial. Une des meilleures session de nuit de snowboard ! Peu de monde, des pistes très larges, bonne neige et avec une super équipe, c'était vraiment merveilleux ! Nous avons même fait un peu de hors piste au milieu d'un parc d'attraction fermé qui n'ouvre que l'été ! Un décor spectaculaire...

La dream team de Rusustsu 

Le lendemain, rebelote, le copain nous conduit à nouveau après le travail mais cette fois à Sapporo (2 heures de route quand même!) pour déguster un des meilleurs ramen (soupe de pâtes) que nous ayons mangés jusqu'à présent. Et c'est un des restaurants très ancien qui a contribué à populariser cette soupe au Japon. On s'est régalés. Pour terminer la soirée en beauté, petit arrêt à Jozankei, ville-onsen pour un bain chaud extérieur dans un joli cadre enneigé...

Cela nous fait un peu regretter de ne pas avoir eu de voiture pour explorer davantage les environs... Il y a vraiment de belles choses à voir et à faire à Hokkaido !

Puis est venu l'heure difficile, le moment tant redouté des au-revoir... Des copains nous ont accueillis chez eux, dans leur grande maison pour que nous puissions inviter tout le monde. Et c'était une magnifique soirée ! On a même eu droits à des cours de cuisine japonaises pour apprendre à faire des "takoyaki" (de délicieux beignets au poulpe, spécialité d'Osaka).

Nous avons mangé jusqu'à nous gaver, nous avons trinqué jusqu'à être enivrés et nous avons pleuré de ne pas savoir quand on va se retrouver. Un départ plein d'émotions et de larmes avec une conclusion au karaoké comme on l'aime !

Finalement, cet endroit ne nous a pas autant séduit que les autres mais nous y avons fait peut-être les plus belles rencontres japonaises depuis le début de notre aventure... Et ce n'est pas rien ! Nous y avons amélioré notre japonais, notre anglais, Raphaël a appris à snowboarder et tant d'autres ! C'est donc avec le sourire que nous tirons le bilan de cet hiver enneigé (16 mètres à l'heure où j'écris ces lignes...). Et surtout nous partons avec le cœur gros de ces nouveaux amis et de tout cet amour qu'il nous ont donné...

A bientôt Hokkaido, demain nous découvrirons Sendai !

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Pour le "Yuki Matsuri" (littéralement Festival de la neige) de Sapporo, ça faisait longtemps qu'on avait demandé les congés, longtemps qu'on avait réservé notre auberge ! C'est un incontournable de l'hiver à Hokkaido et près de 3 millions de visiteurs s'y sont pressés en 2016 pour en découvrir la féérie. Autant vous dire qu'on n'était pas tous seuls ! Pour l'occasion, Tus est même venu de Tokyo pour profiter de l’évènement. Cette année, c'est la 69ème édition de l'évènement. A sa création, une poignée d'étudiants avaient sculptés quelques statues de neige dans le parc de la ville. Devant le succès retentissant, la mairie s'y est investi et aujourd'hui des artistes du monde entier viennent réaliser des œuvres de neige et de glace avec l'aide de l'armée de terre nippone.

Une fois arrivés à Sapporo nous avons retrouvé Eri et Tus pour déjeuner et nous sommes allés au festival dans le parc Odori au centre de la ville. Ce grand parc est composé de plusieurs platebandes qui s'étalent sur près de 2 km. Chaque platebande a sa propre attraction (le plus souvent une sculpture gigantesque ) et est entourée de guinguette pour manger, boire, de stands publicitaires et parfois d'autres statues au dimension plus raisonnable. Nous vous présentons donc les sculptures " officielles" monumentales et extraordinaires (souvent sponsorisées par une marque). Côté invités, cette année la Suède et Taïwan étaient mis à l'honneur. On pouvait même entendre ABBA dans les allées du parc...

Et voici le travail des amateurs... Certains n'ont rien à envier aux professionnels. On retrouve beaucoup de personnage de dessins animés pour l'inspiration et les Minions de Moi, moche et méchant sont les incontournables ! Les Japonais en sont vraiment fans ! Et comme dans tout les "matsuri" (festival) japonais il y a stand de nourriture, cadracon et mascottes ...

Toujours dans le parc Odori, un immense tremplin est installé pour une compétition de big air (concours de figures sur d'énormes tremplins). Super impressionnant ! On a même vu des gamins de 9 ans s'élancer sur la piste...

Et puis plus tard nous sommes allés à Susukino, le quartier des plaisirs nocturnes de la ville où une centaine de sculptures de glace étaient exposées... Nous avons retrouvé Yuta pour une petite soirée "jingisukan" (Ghengis Khan). Spécialité emblématique de Sapporo, il s'agit d'un barbecue d'agneau mariné, un régal absolu ! Le tout s'est conclu par un karaoké d'anthologie avec prêt de costume offert ! Bref on s'est de nouveau senti au Japon, ça fait plaisir !

Et puis le lendemain, visite au Tsu Dome, le troisième site du festival. Cette fois encore, des statues de neige mais aussi des toboggans, des balades en bouée trainée par une moto neige, des sticks au fromage, du curling...

Et pour conclure sur cette belle échappée, qui nous a enchantée pendant 3 jours, une vidéo de saut à ski, et une autre du "mapping" de Final Fantasy XIV (un jeu vidéo très populaire) dans le parc Odori... Magique !

Il ne nous reste plus beaucoup de temps à Kutchan avant de reprendre la route puisqu'on finit le travail le 27 février... On reprend le cours de notre aventure nomade dès le 1er mars et il nous tarde !

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Finalement on commence à s'y faire à Niseko (maintenant qu'on s'en va bientôt...) ! Depuis deux semaines, il fait de plus en plus beau, on a même des jours sans neige... Je (Raphaël) m'améliore un peu plus en snowboard, je descends même des pistes noires et je m'initie timidement au backcountry (hors piste) !

La semaine dernière, nous avons découvert dans le village de Niseko un lieu extraordinaire... Un château de glace ! Une soirée drum n' bass était organisée à l'intérieur. Alors pour ce qui est de la musique Carole était bien plus enthousiaste que moi mais en revanche sur la beauté du lieu nous étions unanimes ! C'est un collectifs d'artistes qui travaille dessus en permanence. Ils ont passé plus de 5 mois à le construire, de nuits, aux heures les plus froides. Ils sont allés jusqu'à faire fondre certaines parties les jours venteux pour créer des stalactites et le résultat est à couper le souffle ! Il y a 5 salles avec canapé creusé dans la glace, un bar et bien sur... les platines du DJ ! Le lieu est tout simplement merveilleux et tout ce qu'il y a de plus underground... Magique ! Une féérie qui disparaitra au mois d'avril...

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Bref, en ce moment, tout va pour le mieux, le blues de fin d'année est loin derrière nous et voila qu'il ne nous reste qu'un mois avant de quitter Ski Japan et Niseko... Ça passe vite !

Mais, revenons à nos moutons pour la suite et fin de notre série "la bouffe au Japon" avec l'affrontement de la gastronomie de deux de nos endroits favoris : Okinawa VS Osaka !

Commençons par Osaka, notre ville, notre chez nous (quand on nous demande, on répond qu'on vient d'Osaka!). Cette ville est réputée dans tout le Japon pour sa "soul food" : ces petits plats à grignoter dans la rue ou au restaurant et qui sont peu couteux. Petit tour d'horizon...

  • Les "takoyaki", le véritable emblème de la ville ! Il s'agit d'une pâte (style pancake version salée) agrémentée d'oignon cébette, de gingembre mariné et autres douceurs qui cache à l'intérieur un morceau de poulpe. Cuit dans des moules ronds de 3cm de diamètre environ, le tout est nappé d'une sauce spéciale appelée "okonomi" (proche de la sauce barbecue) et de mayonnaise (ou pas, pour Carole). Ensuite, on dispose sur les petites boules des copeaux très fins de poissons séchés qui dansent à la chaleur... Oui, c'est difficile à définir et c'est complétement fou mais c'est super bon ! On les trouve partout à Osaka, il y a un nombre incalculable de petites gargottes qui vendent la barquette de 6 "takoyaki" pour 350 yens (moins de 3 euros). On peut aussi les commander dans les "izakaya" (restau style tapas) et l'auberge où nous travaillions à Osaka organisait des soirée takoyaki toutes les semaines... C'est l'emblème de la ville ou vous dit !

On vous a trouvé un petit lien si vous êtes curieux de voir ce que ça donne de les voir cuisiné en vrai : https://www.youtube.com/watch?v=VxapWYp8rFM

Petite précision, ce n'est pas tourné au Japon mais il n'y a qu'un Japonais pour avoir une telle maitrise de la gestuelle... C'est un vrai spectacle dans les rues d'Osaka !

  • L'"okonomiyaki" : Il s'agit d'une pâte qui peut contenir de multiples ingrédients divers et variés mais la base est faite d'oeufs battus, de farine et d'un féculent rapé (une version jap de la pomme de terre). Une fois le tout battu, du chou y est ajouté. On met à cuire cette pâte sur des plaques de cuisson devant vos yeux jusqu'à cuisson complète. En effet, des planchas sont directement incrustées dans la table et vous pouvez y laisser votre "okonomiyaki" et le déguster petit à petit pour qu'il se garde au chaud. Avant la dégustation, comme pour le "takoyaki", il est ensuite recouvert de la sauce okonomi, de mayonnaise et de copeaux de poissons séchés. Et pour faire plaisir à tout le monde, on peut y ajouter de très nombreux ingrédients supplémentaires : des pomme de terres, du mocchi (pate de riz gluante), crevette, poulpe, porc, boeuf...

Nous avons essayé de vous décliner les étapes de préparation en photo. C'est le serveur qui s'est chargé de toutes ces opérations bien sur.

L'"okonomiyaki", il n'y a rien de comparable en France et c'est dommage c'est un de nos plats favoris !

  • Les "kushikatsu". Cette fois on est sur un principe simple, une brochette panée ! Une brochette de quoi ? Mais de tout ce que voulez ma bonne dame! Poisson, viande, légume, sucré, salé, tout y passe! Une fois servies, il ne reste qu'à tremper les brochettes dans une sauce style barbecue en beaucoup liquide. Un seul pot de sauce par table et par jour (oui oui, vous utilisez la même que vos prédécesseurs, ça fait partie du truc) donc on ne trempe jamais deux fois sa brochette dans le pot, c'est la règle ! Le "kushikatsu" se commande à l'unité et doit être bon marché. A Osaka, dans le quartier Shin-Sekai, l'unité est vendue entre 70 et 100 yens (60 et 80 centimes d'euros). Bon évidemment un kushikatsu ne suffit pas à faire un repas, il faut donc en commander plusieurs et généralement chaque tournée est accompagnée de sa bière... Du coup, on est sur la version "made in Osaka" de l'izakaya (le bar à tapas).

Voila pour LES trois spécialités d'Osaka, passons maintenant à Okinawa et Ishigaki! Cette dernière en particulier est notre coup de cœur du voyage et la nourriture y est différente du reste du Japon... Certains plats japonais y sont déclinés en version locale tandis que d'autres n'existent que sur ces îles. Voici nos chouchou :

  • le porc "agu". Okinawa possède son AOP sur la viande de porc, c'est d'ailleurs la seule que nous aillons rencontrer au Japon sur cette viande. Plutôt cher car rare mais excellent... Et nous l'avons goûté sous toutes ses formes notamment en "tonkatsu" (escalope panée dans la chapelure panko) et curry absolument fabuleux.
  • Les "gyozas" d'Ishigaki. Ce sont les plus surprenants que nous ayons goûté. En effet, en lieu et place d'une pâte contenant la farce, il s'agit de peau de poulet grillée. Nous avons même dégusté cette variante avec la farce à l'intérieur d'un pilon de poulet. Un peu plus gras que la version originale mais savoureux à souhait.
A droite gyozas classique vs à gauche gyozas d'Ishigaki 
  • le boeuf d'Ishigaki. Une autre AOP locale, tellement locale qu'on ne l'a trouvée que sur l'île! Beaucoup moins persillé que celui de Kobe ou de Tajima, il ressemble davantage à du bœuf français. Il n'en reste pas moins excellent de quelque manière qu'il soit cuisiné : burger, donburi (bol de riz garni)...
  • le "taco rice". C'est le plat-symbole de l'histoire récente de l'archipel. En effet, sur l'île principale d'Okinawa il y a des bases de l'armée américaines qui se sont installées suite à la défaite du Japon lors de la Seconde Guerre Mondiale. Aujourd'hui, bien que leur présence soit de plus en plus remise en question par la population, Okinawa est une société mixte Nippo-américaine (sur l'ile principale uniquement). Les gens de l'archipel se sont donc appropriés le "tacos" de la cuisine tex-mex et l'ont décliné en version japonaise. A la place de la galette, on met du riz puis on retrouve les ingrédients classiques du tacos : boeuf haché, sauce tomate épicée, tomates, salade, fromage et avocat. Le tout est parfois servis dans un bol en fonte encore chaud.. Pas si extraordinaire a priori mais un délice !

Et puis il y a tout le reste : les tempuras d'algues, le "adan champuru" (impossible à explique, on n'est même pas surs d'avoir bien compris ce que c'était), les yaeyama soba... Impossible de tout vous lister ici mais on espère vous avoir fait un peu saliver !

Alors, laquelle de ces destinations a ravi votre coeur ?

Enfin, dernier point, Caroline m'a fait réaliser que nous n'avions pas parlé sucré encore... Il est vrai que les Japonais ne mangent généralement pas de dessert. Il peut arriver qu'ils mangent un fruit ou une douceur en cours de repas mais cela peut être avant le plat principal, entre deux bouchées salées ? peu importe... Ce n'est pas forcément le finish. On trouve malgré tout de plus en plus de desserts proposés dans les restaurants dans les grandes villes même s'il s'agit essentiellement de glaces, preuve que l'idée du dessert commence à les intéresser un peu. Néanmoins, les Japonais sont de grands gourmands et ce n'est pas parce qu'ils ne mangent pas de desserts qu'ils n'aiment pas le sucré ! Il y a quelques spécialités qu'on doit vous présenter...

D'abord les "mocchi". Pâte sucrée à base de riz, friandise un peu gluante mais plutôt bonne. Elle peut être parfumée et donc colorée en fonction. Il y a aussi l'"anko", une pâte de haricots rouges sucrée typiquement japonaise dont le goût s'approche un peu de la crème de marrons. Étonnamment bon ! Enfin, il y a aussi les "tayaki", une espèce de gaufre en forme de poisson qui peut être fourré à l'"anko" ou à la patate douce (et Carole en raffole !).

Sinon, côté fruits et légumes, on retrouve beaucoup de choses communes avec la France mais la grande star ici, c'est le chou et la patate douce qui sont omniprésents ! Seul le riz les détrône dans les estomacs nippons. Il y a également de nombreux légumes qui nous étaient jusqu'alors inconnus, une vraie découverte ! Toutefois, les fruits et légumes restent ce qu'il y a de plus cher. Par exemple, une pomme coûte environ 1€, un melon 20€, bref, c'est pas donné...

On espère que cette petite parenthèse gastronomique vous aura mis en appétit et vous encouragera d'autant plus à venir au Japon.... Vos papilles ne le regretteront pas !

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3 mètres de neige plus tard, nous revoilà avec des nouvelles aussi fraiches que la poudreuse (1 mètre en 1 semaine!). Kévin et Nadia ont débarqué de Reims pour nous tenir compagnie une petite semaine, histoire de savoir à quoi ressemble l'Australie au Japon. Pour l'occasion, nous étions de repos, nous avons donc bien profité de la station et de ses plaisirs : restaus, onsen, bars et bien sur... les pistes jusqu'au sommet du mont Niseko-Annupuri !

Cerise sur le gâteau, juste après leur départ, nous avons assisté à un spectacle de "taiko" en plein air. Ce tambour japonais est parfois rattaché à un art martial tant il exige puissance, souplesse et précision, un véritable show sous la neige et dans un froid glacial !

Maintenant, revenons à nos moutons...

Nous poursuivons notre présentation de la succulente cuisine japonaise par quelques-uns de nos restaurants et concepts favoris, à importer d'urgence.

  • Le "yakiniku". Une institution, un immanquable au Japon ! Un peu plus coûteux que la moyenne des restaurants, cela vaut largement le détour. A votre arrivée, un barbecue est installé au milieu de la table et il suffit ensuite de commander son plateau de viande(s), quelques légumes et de se les faire griller soi-même ! Tout est pré-découpé, prêt à être ingurgité en une bouchée puisqu'il n'y a pas de couteau. Deux sauces sont servies avec les plateaux : miso et soja... Et ça fonctionne parfaitement ! Côté viande, c'est le bœuf japonais la star incontestée mais on retrouve également du porc et du poulet. Les Japonais sont également friands des abats mais nous avons le plus souvent évité, n'étant pas de grands amateurs. La meilleure solution pour savourer le "yakiniku" (littéralement "viande grillée en japonais") est le "tabehodai", à savoir la formule à volonté, qui oscille entre 20 et 30€ pour les restaurants les moins coûteux. Le paradis des viandards pour déguster le "wagyu" (le boeuf japonais), très différent en gout et en texture du bœuf européen. Un régal on vous dit !
  • Les "izakayas". Ce sont les équivalents nippons des bar à tapas. L'idée est la même : boire et manger entre amis ou collègues en picorant différents petits plats. Ne nous mentons pas, c'est souvent l'antichambre des karaokés. Une fois repus et enivrés, on est souvent sur une belle lancée pour aller chanter à tue-tête dans le karaoké le plus proche avec ses compagnons de débauche... Et on adore ça ! Mais attention ! Ce n'est pas parce qu'on vient dans un esprit festif que la qualité de la nourriture est négligée, loin de là... Sur la carte, notre numéro 1 ce sont les "yakitoris". Il s'agit tout simplement de brochettes grillées. Les plus classiques sont souvent au poulet mais on en retrouve au souvent au bœuf ou au porc, plus rarement à l'agneau. Elles sont généralement marinées à la sauce soja ou "teriyaki" mais elles peuvent également être au sel ou servies avec une sauce à part. Bref, c'est l'art du barbecue à la japonaise, comparable au "souvlaki" grec pour les connaisseurs.

Les spécialités dépendent ensuite de chaque restaurant (et de votre commande, les cartes sont souvent bien fournies) mais nous pouvons citer : les "edamame", des fèves de soja qui ressemblent à des fèves classiques et se dégustent crus ; les "gyozas" (photo 1), délicieuses ravioles fourrées à la viande et à l'oignon qui peuvent également se savourer avec un "ramen" ; les "karaage" (photo 2) des beignets de poulets frits qui peuvent être le meilleur ou le pire du poulet ; les "sashimi", tranches fines de poisson cru et j'en passe ! Enfin, le riz frit (photo 4) et les "yakisoba" (des pâtes sautées) servent souvent de complément aux éléments à picorer. Le tout dans une ambiance festive, un bonheur !

  • Pour finir, il y a ce que nous avons baptisé le "concept du plateau". Au Japon, la notion d'équilibre est très importante, y compris au moment des repas. Déjà, lorsqu'ils amènent leur "bento" au travail (leur boîte qui contiennent leur déjeuner), celle-ci est composé de plusieurs différents plats en petites portions, dans l'idée que tous ces aliments se complètent. La déclinaison au restaurant de cette habitude ce sont ces fameux plateaux. Ainsi, vous choisissez votre plat principal et celui-ci est accompagné de deux voire trois petits plats complémentaires, compris dans le prix. On vous montre quelques exemples : sauté de porc aux pousses de soja et gyozas (photo 1), poisson grillé (photo 2), boeuf sauté au chou (photo 3) ; tonkatsu (filet de porc pané à la chapelure panko) et sa sauce teriyaki (photo 4)

Les plats sont systématiquement accompagnés de riz et de soupe miso mais aussi de pickles de légumes (radis, patate douce, gingembre...), de tofu, de purée ou encore de salade de chou... Génralement on trouve de tels plateaux pour environ 1000 yens (8€ à peu près) et on a assidument fréquenté ces restaurants à la sortie du boulot à Osaka ! Un repas complet à un prix très modique et le plus souvent délicieux, que demander de mieux?!

Nous en resterons là pour aujourd'hui avant de finir la trilogie d'articles consacrés à la cuisine japonaise dans un prochain épisode qui verra s'affronter les spécialités culinaires de deux de nos endroits préférés du Japon... A très vite !

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Avant toute chose, quelques nouvelles du front neigeux du côté de Kutchan! On continue de bosser et d'améliorer notre japonais et on essaie toujours de s'habituer à la nuit qui tombe à 16h. Pas facile. Sinon pas grand chose de neuf : on joue à Pokémon Go, on va faire du snowboard, on teste quelques restaurants à l'occasion. On s'ennuie un peu ici quand même, peut-être ne sommes-nous pas assez passionnés de glisse. Et puis, bien que nous n'ayons rien contre nos compatriotes australiens, on a quand même l'impression d'être davantage chez eux que chez les Japonais (et ils nous manquent). Donc ça va toujours mais cela reste la partie de notre voyage que nous apprécions le moins à ce jour... Nous avons quand même eu quelques belles journées entre deux déluges de neige (il neige vraiment en continu, plus de 8 mètres cumulés à ce jour!) et puis il y a les copains et les collègues qui soutiennent notre moral !

Il est toutefois venu le temps, non pas des cathédrales, mais de parler nourriture. On garde un peu le suspens sur la chose depuis le début, essayant de tout tester avant de vous offrir une vue d'ensemble mais nous avons dû nous rendre à l'évidence : beaucoup trop de spécialités à travers le pays pour en faire le tour en un an. Nous allons donc tenté le périlleux exercice de la synthèse à travers quelques plats emblématiques...

  • Le "ramen". Grand (voire énorme) bol de soupe systématiquement garni de pâtes dont la grosseur peut varier. Il y a ainsi des pâtes de type spaghetti et d'autres beaucoup plus épaisses qui s'appellent les "udon" (et nous, on n'est pas bien fan mais c'est une histoire de goût). La base de cette soupe est un bouillon qui lui aussi peut être de plusieurs sortes : "shio" (bouillon léger au sel), "shoyu" (bouillon léger à la sauce soja), "tonkotsu" (bouillon de porc) et enfin, notre chouchou, le bouillon "miso". Difficile d'expliquer ce qu'est le "miso" en terme de goût mais c'est un dérivé de soja, un incontournable de la cuisine japonaise. Le "ramen" est la plupart du temps garni en légumes et viande qui diffèrent selon les régions, saisons, restaurants... Une infinité de créations possible ! Le plus souvent on retrouve l'équivalent nippon de l'oignon cébette, tranché finement, une tranche de rôti de porc, une feuille d'algue et du bambou. A Hokkaido, ils ajoutent du beurre et du maïs (ce qui ne nous a guère convaincu d'ailleurs). Tout est donc possible avec le "ramen" mais c'est toujours un plaisir à déguster ! Il existe également un "ramen inversé" appelé "tsukemen" où la garniture est servie séparément du bouillon. A vous ensuite de tremper (cf dernière photo). Et son plus grand atout c'est aussi... son prix! Un "ramen" coûte souvent entre 700 et 1000 yens soit entre 5 et 8€ à quelques louches près.
  • Le curry : à ne pas confondre avec le curry indien. Rien à voir ni en goût, ni en odeur, ni en aspect. Le curry japonais se déguste en sauce épaisse avec du riz. Il est légèrement relevé et c'est un de nos plats les plus emblématiques, en particulier depuis que les températures ont chuté. Ca réchauffe ! On retrouve souvent carottes et oignons dans cette sauce brune mais le curry se déguste le plus souvent sous forme de "katsukare", c'est-à-dire avec une escalope de porc panée pré-tranchée et délicatement déposée sur le plat. Pas de couteau pour manger au Japon, c'est l'apanage du cuisinier. Le curry est un des rares plats que l'on déguste non pas avec des baguettes mais avec une grosse cuillère. Voilà pour le curry de base. Il a ensuite été décliné de toutes les manières possibles et imaginables par les Japonais parce que ces gens sont complètement fous (et c'est pour cela qu'on les aime). On trouve donc du curry avec pêle-mêle de l'omelette, un steack haché, du fromage, du steack haché fourré au fromage, des épinards, du poisson pané et j'en passe... Là aussi, c'est pas cher, copieux et on se régale !
  • Les "sushis" : un incontournable de la cuisine japonaise internationalement connu. Nous avons mis beaucoup de temps avant de nous y aventurer, n'étant pas amateur de cru en général. Autant vous dire que tous nos préjugés ont volé en éclat en l'espace de quelques bouchées. Oubliez tout ce que vous croyez savoir sur les sushis. A moins d'en avoir déguster au Japon, il est vraiment difficile de s'imaginer ce que c'est. Même dans les restaurants peu chers, nous avons pu y déguster de délicieux sushis ! Généralement servis par deux, le riz est à température ambiante, façonné à la main, tranche de poisson extra-frais déposé dessus, le tout soudé par une pointe de wasabi. Voila pour la théorie. Les classiques (saumon, thon) sont nos favoris mais comme pour la plupart des plats , ils ont été déclinés à l'infini. Le poisson peut être ainsi cru ou cuit, les sushis peuvent également être composés avec de la viande (souvent du "wagyu", le boeuf japonais, cru), de l'omelette, du crabe, de la crevette etc. Bref, peu de chance de laisser les papilles indifférentes. Nous avons jusqu'à présent plutôt fréquenté les restaurants de sushis tournant. Le principe est simple : les chefs sont au centre et préparent des sushis qu'ils déposent sur un tapis roulant qui les entoure. Ainsi, les clients n'ont qu'à s'installer en face et à se saisir des plats qui circulent devant leurs yeux. Il est également possible d'en demander préparés sur le moment (souvent pour les plus chers ou les moins populaires). Les prix, eux, dépendent des couleurs des assiettes. La carte propose en effet un code couleur qui permet de connaitre le prix de chaque assiette. A la fin du repas, la serveuse n'a qu'à compter les assiettes pour vous donner l'addition ! Simple et efficace. On adore aussi qu'il y ait systématiquement un robinet d'eau chaude pour chaque client ce qui permet de se servir du "matcha" (thé vert japonais) à tout moment du repas. Les meilleurs sushis que nous ayons dégustés à ce jour,Japon sont à Hokkaido où le poisson est d'une fraicheur absolu et qui fait trois la taille d'un sushi d'Osaka ou de n'importe quelle autre province. Je m'arrête là pour les sushis mais il y a bien des choses à raconter là-dessus... Cela reste quand même un repas un peu exceptionnel, y compris pour les Japonais, car la note peut grimper très vite, surtout si on a bon appétit comme c'est notre cas. Il faut au minimum compter 2000-2500 yens par personne (16-23€ à peu près) pour manger à sa faim dans un sushi tournant standard, loin des prix d'un "ramen" ou d'un "curry" qui sont eux, bien plus nourrissants. Et les prix peuvent s'envoler très hauts. Certains sushis peuvent couter 800 yens l'unité (plus ou moins 6€) ! Bref, un plaisir qui se savoure.

Voici pour les trois premiers plats de notre tentative de synthèse... On vous prépare la suite pour bientôt et on vous laisse saliver...

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Pour célébrer Noël, nous quittons Niseko. Nous avons pu avoir nos jours de congés sans trop de difficulté puisque Noël ne représente ici pas plus qu' Halloween chez nous (un peu de déco çà et là et un argument de vente).

24 décembre : Nous avons loué notre premier "petit cube" (une voiture toute carrée typiquement japonaise) pour rejoindre Noboribetsu, un village-onsen. La route est difficilement praticable ici entre la neige, la burle et le verglas mais au bout de 2 heures, nous arrivons enfin à l'hôtel à Muroran. Cette ville, particulièrement moche, a pour seul intérêt d'être proche de Noboribetsu pour un prix très modique... Bon, il y a quand même un "sento" au 12ème étage de l'hôtel (bain public dont l'eau est chauffée artificiellement contrairement au "onsen" qui eux, sont naturellement chauds), on n'est pas des bêtes !

Magnifique Muroran, haha 

25 décembre : direction Noboribestu, ville réputée pour ses "onsen" et sa Vallée de l'Enfer sous une véritable tempête de vent. Il s'agit d'un canyon peu profond, jonché de cratères et de petits geysers, parcouru par des eaux chaudes qui alimentent les établissements thermaux de la ville en contrebas. Malgré la mauvaise visibilité due à la neige et aux vapeurs, le décor est saisissant. Nous avons suivi la petite promenade qui mène à un geyser qui bouillonne par intermittence sous l'effet des gaz.

Contraste des couleurs et de la neige

La Vallée de l'Enfer étant un symbole de la ville, on peut trouver des statues de démons (bienveillant!) un peu partout ici. Nous avons également visité un petit sanctuaire shintoïste et nous avons évidemment profité d'un des nombreux "onsen" de la ville. C'était extraordinaire avec une vingtaine de bains différent dont quelques-uns à l’extérieur. Nous avons même dégusté cette eau riche en minéraux !

Puis retour à la Vallée de l'Enfer mais de nuit cette fois pour une balade illuminée ! On se croirait sur la lune au milieu de ce paysage aride et gris...

26 décembre : Nous nous dirigeons vers le lac Toya située à mi-chemin entre Noboribetsu et Kutchan. Un nouveau lieu façonné par l'activité volcanique puisque ce lac s'est formé après une éruption. Au centre du lac, cinq îles couvertes de neige. Le panorama est superbe et donne un sentiment d'immensité lorsque nous longeons les rives. Plus au sud, le Mont Usu, un volcan encore en activité (sa dernière éruption date de 2000). Entre le bleu du lac, les montagnes fumantes et la neige le lieu est fabuleux !

Un téléphérique nous hisse jusqu'au sommet. Une fois en haut, il fait -15°C, on se les gèle ! De grosses parkas oranges sont à notre disposition et elles ne sont pas superflues... D'en haut, nous pouvons admirer tout ce que nous trouvions déjà si beau vu d'en bas : le lac Toya, le cratère du Mont Usu et toute le plateau. Et en bonus, on peut faire de la luge !

Au sommet du mont Usu, c'est beau mais c'est glacial ! 

Et pour finir, quelques paysages que dont nous avons pu profiter sur le chemin de retour à Kutchan...

Nous nous sommes régalés pendant ces deux jours, même si l'esprit de Noël n'était pas vraiment au rendez-vous au Japon... Nous avons bien pensé à vous tous ! Un grand merci pour toutes vos attentions, vos messages, cela a un peu réduit la distance qui nous sépare ! Nous vous embrassons tous en vous souhaitant de très joyeuses fêtes de fin d'année ! MERRY KURI !

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Salut la France ! Peu d'articles rédigés ces derniers temps mais le boulot nous occupe pas mal... Nous faisons le ménage dans des appartements de luxe, des chalets et autres suites d'hôtels de standing en équipe de 5 un peu partout dans le coin. Nos collègues consistent en 40 Japonais, 2 Anglais et 1 Australien, autant dire qu'on progresse en langue étrangère ! C'est pour l'instant beaucoup moins pénible que ça ne l'était à Osaka, mais le gros de la saison commence à peine... On a quand même 2 ou 3 jours de repos par semaine donc nous avons mis ça à profit pour visiter les temples de Kutchan. Ça n'a d'abord pas été une réussite mais ce n'est pas surprenant pour des raisons historiques.

Comme Okinawa, Hokkaido a longtemps été un royaume indépendant peuplé par les Aïnous, le peuple indigène. Ils n'étaient pas shintoïstes mais animistes et ne sont aujourd'hui plus que quelques milliers. Et comme à Okinawa, le Japon a colonisé ces terres au fil de son histoire. Entre le XVIème et XIXème siècle le Japon y a ainsi pratiqué l'assimilation forcée (interdiction de parler la langue aïnou, ségrégation, mariage forcé et autres joyeusetés). Ce n'est que depuis les années 60 qu'il y a un "droit à la différence" et un respect des traditions de ce peuple. Tout cela explique que les villes d'Hokkaido comme Sapporo, Otaru ou Kutchan soient très récentes (et pas spécialement attrayantes), de même que l'absence relative de temples et sanctuaires par rapport aux îles principales nippones. Nous avons donc d'abord du apprécier seulement la promenade enneigé dans Kutchan et ses abords.

Kutchan et ses temples fermés... 

Après quelques kilomètres de marche dans la neige, nous avons néanmoins fini par découvrir un charmant sanctuaire shinto enneigé et accessible dans la forêt...

Kutchan-jinja 

La plupart de nos jours de repos sont dédiés au snowboard dorénavant ! Raphaël s'y est mis aussi et après quelques jours de pratique, il arrive à descendre les pistes sans (trop) tomber ! Bravo à lui ! La neige est généreuse dans le coin et le domaine skiable est suffisamment grand pour que son exploration nous occupe encore un moment...

Et l'un des avantages, outre le foisonnement de poudreuse sur les pistes, c'est qu'à partir de 16h on peut pratiquer le snowboard... De nuit !! Des sensations toutes nouvelles et de bon augure pour le reste de la saison ! On vous livre juste un petit aperçu...

On espère pouvoir bientôt vous livrer de nouvelles photos plus impressionnantes au fur et à mesure que notre niveau de glisse progresse...

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Et nous voilà à Niseko ! Après deux petites heures de train au départ de Sapporo, un responsable de Skijapan (notre employeur) nous accueille à la gare et nous amène dans notre nouvel appartement. Il se situe à Kutchan, un petit village à 10 minutes des stations de ski. Nous sommes en colocation avec un couple d'Anglais dans 50m2 sur deux niveaux et avec deux chambres doubles, chaque couple a sa chambre. Par contre, ce n'est plus un appart à la japonaise dans lequel nous vivons mais plutôt comme chez nous. Et bien sur, comme à Osaka, on vous offre la visite !

Clairement, à Kutchan, l'hiver, il n'y a pas grand chose à faire. Le seul vrai intérêt, c'est l'emplacement proche des pistes...

On surnomme la région Niseko mais il s'agit du nom de la montagne dont on peut dévaler les pentes. Il y a en fait 4 domaines skiables : Hanazono (tout petit), Annupuri, Niseko et Hirafu. Et chacun abrite quelques logements, commerces et restaurants au pied des pistes. Hirafu est le plus grand domaine des quatre et c'est aussi là que nous travaillons ! Tout le monde suit ?!

Petit aperçu de Kutchan, notre village enneigé

Nous avons passé notre première semaine de "travail" à Hirafu, au pied des pistes encore fermées. Au programme : présentation de l'entreprise et de tous les managers avec un show à l'américaine et des cadeaux à gagner !! J'ai (Raphaël) d'ailleurs gagné un masque facial grâce à un quizz sur le Japon...

Nous sommes plus d'une centaine de saisonniers à SkiJapan, la majorité sont des Australiens, tout comme les managers. Ce n'est pas toujours facile à comprendre, ils ont un accent et ils utilisent plein d'expressions de chez eux... Même nos colocs anglais ne comprennent pas tout ! On s'accroche et on arrive malgré tout à plus ou moins comprendre le principal, on se serre les coudes avec les 3 autres Français qui sont là et le photographe espagnol, Juan.

SkiJapan nous a également offert une journée de balade à Otaru, une ville proche de Kutchan. Ils ont affrété un bus et nous ont réservé une visite d'une ancienne bâtisse d'un riche poissonnier (principale ressource de la ville pendant longtemps) et une manufacture de whisky japonais !

Une journée "made in SkiJapan" à Otaru

Bref, on se plait plutôt pas mal même si la barrière de la langue n'est pas toujours facile à surmonter. On bosse dur sur l'anglais maintenant ! On n'a plus trop l'impression d'être au Japon... Heureusement qu'on travaille au ménage, dans ce boulot il y a 40 Japonais pour... 5 étrangers ! (Carole & moi inclus) Notre petit vocabulaire nippon nous sert surtout dans le boulot du coup et plus du tout dans la vie. Maintenant, on parle australien !

Un nouvel hiver et une nouvelle facette (du Japon?!) s'offre à nous et nous sommes impatients de l'explorer...

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Dernière étape de voyage avant de vous raconter notre installation à Niseko (à Kutchan pour être plus précis) où nous passerons l'hiver. Après un vol sans encombre au départ de Fukuoka, nous arrivons à Sapporo, parés pour affronter le froid. Nous sommes maintenant sur Hokkaido, l'ile la plus au nord du pays et on a perdu une dizaine de degrés en seulement 2 heures de vol... Mais pas de neige pour le moment ! L'auberge que nous avions réservé sur conseil de Yuta (mon pote rencontré à St Etienne) est absolument géniale ! Après une petite soirée bien arrosée, c'est parti pour la découverte de Sapporo (re-découverte pour moi) ! L'objectif principal de la journée est avant tout d'acheter des vêtements chauds pour l'hiver... Ce qui ne nous empêche pas de déguster un merveilleux ramen au miso (spécialité de Sapporo).

Sapporo nous rappelle un peu Montréal sans la neige... 

Le lendemain, direction le parc Moerenuma accompagnés d'Eri (rencontrée à St Étienne aussi) et sa fille Rina. Ce parc a été designé par Isamu Noguchi un Japonais / Américain en 1988 et ouvert en 2005. Nous y avons passé l'après-midi et c'était très agréable. Ce qui nous a le plus marqué c'est qu'il n'y avait personne, ou presque dans de grands espaces... C'est très rare au Japon !

Et pour terminer la journée, "izakaya" (l'équivalent d'un bar à tapas où on mange plein de choses en trinquant) avec Yuta ! Qui nous a dégoté une superbe adresse ! Nous avons terminé la soirée par un karaoké (pour changer...)

Et en sortant du Karaoké, vers 2h du matin... Surprise !

Winter is coming ...

C'est une préparation parfaite avant notre arrivée à Niseko la blanche... A très vite pour vous présenter notre nouveau chez nous !

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Pendant notre séjour à Fukuoka, nous nous sommes offerts le luxe d'une escapade à Nagasaki, qui est seulement à deux heures de train. La journée a donc commencé très tôt le matin, sous la grisaille pour se rendre jusque là. Une fois arrivés sur place, le soleil n'étant toujours pas décidé à se montrer, nous nous sommes dits que ce serait l'ambiance idéale pour aller visiter le mémorial des victimes de la bombe atomique ainsi que le musée qui y est rattaché. Hiroshima m'avait beaucoup émue, c'était sans compter Nagasaki. La visite nous a laissé un goût amer, une boule au ventre et quelques larmes aux yeux.

Ces lieux racontent de manière factuelle le bombardement et ses conséquences, qui y sont également évaluées de manière scientifique. Mais au-delà, les témoignages des survivants, les photos, poèmes et images qui leur sont dédiés sont vraiment émouvants et saisissent les tripes. Il y a ainsi l'horloge s'étant figée le 9 août 1945 à 11h02, heure du bombardement, une reconstitution du centre-ville et de la dite bombe, des vestiges d'objets et de vêtements retrouvés sur place, le prix Nobel attribué à l'association de Nagasaki qui œuvre pour la dénucléarisation. Enfin, le mémorial des victimes s'élèvent du sous-sol jusqu'à la lumière et enferment les 42 livres regroupant les noms de toutes les victimes.

On ne sort pas indemne de la visite 

Tous retournés que nous sommes, on reste dans l'ambiance spectrale après un rapide déjeuner pour aller visiter un lieu mythique : Gunkanjima. L'île, accessible seulement par bateau et sur réservation avec visite guidée, se trouve dans la baie de Nagasaki. Des industriels y découvrirent d'importants gisements de charbon au XIXème et creusèrent des galeries jusqu'à un kilomètre de profondeur sous le niveau de la mer. Dans des goulots étroits, les mineurs y travaillaient dans des galeries de deux kilomètres de longueur. Un vrai dédale ! Pour plus de commodité (et maximiser les profits), les propriétaires firent s'installer les travailleurs et leurs familles sur cette île isolée...jusqu'à devenir le lieu le plus densément habité du Japon au XXème siècle ! Tout ceci se raconte au passé car l'exploitation fut cessée dans les années 1980 et l'île fut vidée de ses habitants. Ne subsiste qu'un caillou abrupt, peuplé de bâtiments fantômes, ravagés par les tsunami successifs et érodés par les vents. Un lieu lunaire, saisissant, parfait pour de l'exploration urbaine (malheureusement interdite mais pratiquée malgré tout par quelques téméraires). Cela offre aussi l'opportunité de visiter la baie par la mer... Nous avons pu débarqués sur l'île durant une heure avec un guide tout spécialement dédié, puisque nous étions les seuls anglophones.

Fascinante Gunkanjima

Le soleil ayant pointé ses rayons sur notre après-midi et excités par cette expédition atypique, nous nous sommes motivés pour terminer notre journée par prendre de la hauteur sur la ville. Nagasaki est réputée pour offrir une superbe vue du haut de son point culminant, à quelques encablures du centre-ville. Un téléphérique et nous sommes au sommet ! Séduits par cette vue, nous finirons par manger au restaurant panoramique un steak de bœuf de Nagasaki (délicieux et juteux). La nuit, la vue n'en que plus belle !

Ce qui conclue joliment notre sortie à Nagasaki. Il n'y a plus qu'à prendre l'avion qui nous emmène à l'autre bout du Japon, sur l'île d'Hokkaido ! Bonjour l'hiver, le froid et les copains à Raphaël !

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Nous sommes un peu en retard dans la narration de nos péripéties puisque nous sommes déjà arrivés à Niseko (dans le nord, île d'Hokkaido), là où nous allons passer l'hiver. On va donc essayer de rattraper un peu ce retard en vous parlant de Fukuoka !

Avant-dernière étape de nos vacances dans le sud du Japon, c'est passé vite ! Un long voyage en train nous a permis de quitter l'île principale de Honshu en destination de Kyushu et sa capitale : Fukuoka. Fini les bourgs de campagne, bonjour l'urbain ! Ce voyage est surtout l'occasion pour moi d'expérimenter pour la première fois le "Shinkansen" (le TGV japonais). Face à son concurrent français, non seulement il a fière allure mais en plus il est d'un confort inégalé ! On peut allonger ses jambes à l'infini...

Allez viens dans le train, on est bien ...

De prime abord, Fukuoka est une ville sympathique. Un grand centre urbain traversé par une rivière mais paisible avec de larges avenues et de nombreux flâneurs. Peu d'attraits proprement touristiques par rapport à de nombreux autres lieux mais une certaine quiétude y règne ce qui la rend assez charmante. Nous visitons les ruines d'un château médiéval (et y observons de jeunes rugbymen à l'entrainement, une première). Nous nous mettons dans l'ambiance, en nous laissant porter par nos pas aux quatre coins du centre-ville et ses rues couvertes, son temple... Et surprise : c'est déjà Noël ! Sapins, guirlandes et illuminations, tout est déjà en place pour les célébrations !

Fukuoka en vrac

Puis vient le grand jour que nous attendions depuis un moment : le tournoi de sumos. La plupart des billets ont déjà été vendus. Notre seule option est de nous lever aux aurores pour être avant 7h sur les lieux et faire la queue jusqu'à l'ouverture des guichets à 7h45. Une centaine de places sont vendues quotidiennement ainsi, à des prix très raisonnables (2000 yens soit moins de 20€). Il faut donc être dans les 100 premiers... Et nous y sommes ! Numéro 70 ! Nous allons donc pouvoir profiter du tournoi toute la journée !

Debout à 5h30 mais on a nos entrées ! 

Le matin, l'arène est presque vide car c'est le tour des "jeunes". Du coup, nous avons pu nous asseoir aux premières loges et profiter des combats de très près ! Cela s'enchaine très rapidement et un match ne dure jamais plus d'une minute. Les règles sont assez simples, un combattant perd lorsqu'il est sorti du cercle de corde ou qu'il touche le sol avec autre chose que ses pieds. Comme le sumo n'a pas de classement par catégorie de poids, certains matchs ressemblent à David contre Goliath... Et ce n'est pas forcement les plus gros qui gagnent, au contraire !

Puis, l’après-midi, c'est le tour des catégories supérieures, les stars de la discipline. L'arène est maintenant pleine à craquer et il y a vraiment de l'ambiance ! La plupart ont réservé un petit espace et ont ramené le pique-nique... Tout est beaucoup plus scénarisé : la présentation des combattants, le rituel d'avant match... Les sumos boivent de l'eau servies par le vainqueur du combat précédent et jettent du sel sur le ring en guise de purification avant l'affrontement. Les derniers matchs sont ceux des Yokuzuna, le plus haut grade du sumo, considérés comme des "demi-dieux". Ils ont une présentation spéciale, chacun à leur tour. Ce jour-là, il y en avait trois au combat. Un seul à gagné, Hakuho ! Encore invaincu à ce jour dans la compétition. Le tournoi dure près de deux semaines pour laisser à chacun le temps d'affronter tous les adversaires de sa catégorie.

Les "seniors" de la discipline

Nous avons adoré cette journée et finalement 10 heures de sumo ça passe vite ! Maintenant nous suivons encore les résultats du tournois, à la télé ou sur internet. Bref, on est séduit !

Le lendemain, un petit passage dans la banlieue de Fukuoka pour aller visiter un autre "grand bouddha" (et oui, encore!). La particularité de celui-ci est qu'il est couché, ce qui est assez rare au Japon. Le petit parc qui s'étend à travers la foret est rempli de dizaines de statues de toutes tailles. C'est paisible... Et au retour un pont chantant nous attend. Une baguette est posée à l'aune du pont. Il suffit de la laisser glisser le long de la main courante pour que ce xylo-pont laisse entendre sa douce mélodie.

Pour bien finir la journée, quoi de mieux que de déguster les spécialités locales?! Et pour cela, rendez-vous dans un "yatai" ! Il s'agit d'un petit restaurant ambulant qui apparait à la tombée de la nuit dans les rues de Fukuoka et plie boutique une fois la lune levée. Ils sont une trentaine dans un petit quartier de Fukuoka, au pied des buildings. Les plats s'enchainent et le chef décide du menu : "mochi gyozas" (pâte de riz farcie à la viande), "ramen tonkotsu" (soupe de pâtes au bouillon de porc), omelette aux œufs de poisson pour ne citer qu'eux... un délice !

C'est la meilleure des conclusions possibles pour ce voyage à Fukuoka. A très vite, on rattrape notre retard dès que possible !

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Suite de nos pérégrinations vers le Sud ! Sur le chemin, une étape possible a attiré notre attention : Iwami Ginzan. Site classé au Patrimoine Mondial de l'UNESCO, il s'agit d'anciennes mines d'argent exploitées pendant des centaines d'années et qui ont considérablement enrichi le Japon avant d'irriguer toute l'Europe. Par hasard, en cherchant un hébergement à proximité accessible en train, nous avons trouvé un temple bouddhiste prêt à nous accueillir. La femme qui gère l'auberge vient donc nous chercher en voiture à la gare pour nous amener dans ce petit temple sur les collines de la ville de Nima.

Le temple-auberge et sa jolie vue 

Un Japonais y réside lui aussi, il s'appelle Hamato et on a immédiatement sympathisé. C'est un jeune retraité passionné de randonnées, et il nous propose de nous amener en voiture aux mines le lendemain et de passer la journée avec nous. Banco ! Au moment du partage du dîner, l'ambiance est tellement chaleureuse que la gérante invite une amie à elle qui parle un peu anglais (jusque là on baragouine de l'anglo-japonais-gestuel dans la bonne humeur). Et, coup de bol, la dite-copine travaille comme guide officiel d'Iwami Ginzan et nous propose de nous joindre à la visite guidée matinale du lendemain. Le tout pour pas un rond. Nous sommes vernis !

Le lendemain donc, on commence d'abord tous les trois avec Hamato par le musée d'Iwami Ginzan pour en apprendre sur le contexte historique et les techniques d'extraction de l'époque. Apparemment, à partir du XVIIème siècle, les Portugais ont été autorisés à faire du commerce avec le shogun (le seigneur local) et se sont mis à exporter cet argent jusqu'en Europe contre de la soie venue de Chine et de Corée, des épices etc... Il y a donc pas mal d'influences européennes sur ce site. On vous fait grâce des nombreuses autres histoires liées à ce lieu, vous y viendrez vous-même jeter un coup d’œil si le cœur vous en dit !

Deuxième étape, nous rejoignons notre guide rencontrée la veille ainsi que quelques personnes qui se joignent à la visite officielle d'Omori. Ce village très bien préservé est l'ancienne résidence de nombre de notables à l'époque où la mine était encore en activité. Un lieu traditionnel, agréable à parcourir.

Après avoir partagé le déjeuner avec nos compagnons de visite, ils partent reprendre leurs activités et nous voilà tous les quatre : Raphaël, Hamato, notre guide et moi. On s'est tellement amusés qu'elle finit par passer la journée entière avec nous et par nous faire visiter de vieilles maisons rénovées normalement interdites au public (en plus de nous faire partager ses lumières sur la mine elle-même, cette femme est formidable !)

Autant vous dire qu'on retourne au temple-auberge épuisés et enchantés par cette petite randonnée. De nouvelles surprises nous attendent pourtant, puisqu'un autre couple de Français et un Japonais sont arrivés. Nous partageons donc le diner ensemble en faisant connaissance... Jusqu'à ce que la gérante, voyant que nous sommes curieux à propos de photos affichées concernant le "matsuri" (la célébration annuelle) du temple, décide de nous faire partager ça en direct...

Voici donc Raphaël affublé du costume de danseur-dragon pendant que je fais des essayages de pantalons et que le prêtre passe nous faire un petit coucou et parle pèlerinage. Le tout pendant que la patronne nous diffuse des vidéos enregistrées au dernier "matsuri" pour nous faire voir le spectacle. Inattendue, délirante et joyeuse soirée d'échanges !

Si vous ne voyez pas Raphael, c'est qu'il est devenu dragon !

Bref, cette destination n'est pas la meilleure de notre voyage, loin de là mais on y a vécu parmi nos meilleurs moments. La rencontre avec Hamato a été extraordinaire de simplicité et de bonne humeur et nous avons passé de supers moments avec tous les autres en français et en japonais ! Un moment dont on chérira longtemps les souvenirs....

Après deux nuits ici, il est malheureusement temps de partir. La gérante, qui bien qu'un peu bourrue de prime abord s'est révélé être un vrai sucre d'orge, nous propose de nous déposer en voiture dans le village d'à côté, réputé pour ses "onsen" (=source chaude). Après avoir croisé quelques singes sur le trajet (la routine quoi), elle nous dépose donc devant un établissement de bain réputé pour avoir une qualité d'eau incroyablement bénéfique pour à peu près tout...

Yunotsu onsen

La légende raconte qu'un moine a découvert cette source en observant un raton-laveur blessé, qui venait guérir ses plaies en se baignant dans cette eau salvatrice. En fait, l'eau est tellement riche en minéraux que des couches colorées recouvrent le bain brulant (43°C le bougre) et crée des strates partout où l'eau s'écoule. D'où l'impression de substance bizarre qui déborde du bain. Peu ragoutant mais c'est finalement juste une couche minérale. Du caillou donc. Et ça crée une ambiance particulière... Forcément on a adoré ! Le plus dur, c'est de repartir avec les gros sacs sur le dos après une telle pause détente mais Fukuoka et ses sumos nous attendent...

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Après (la plutôt barbante) Tottori, nous allons à Matsue, capitale de la préfecture de Shimane, toujours sur la côte de la mer du Japon. On nous a vanté son charme tranquille et nous voulons en avoir le cœur net... Au fil des rails, on admire les rizières qui ont déjà été portées leur fruit et dont les tiges sèchent au soleil. A l'arrivée, Matsue confirme son statut de charmante bourgade paisible, dominée par un petit château au centre d'un parc. Nous nous offrons une balade en bateau sur les douves pour achever la journée. Les couleurs automnales ajoutent un certain charme...

Le lendemain, nous sortons de la ville pour aller visiter sans grande conviction un jardin japonais réputé pour ses pivoines, bien que cela ne soit pas la saison... Et devant nos yeux ébahis, s'est étalé à nos pieds le plus magnifique, poétique, sublimissime jardin que nous ayons jamais vus de notre vie. Une beauté indécente ! Des couleurs à couper le souffle dans un cadre enchanteur à la fois rigoureusement entretenu et pétillant de vie, de désordre savamment maîtrisé et de jeunes pousses... Indéniablement, notre plus belle visite de ce séjour ! Un immanquable de Matsue !

Yuushien Garden 

Après cette parenthèse verdoyante, nous sommes retournés aux alentours du château pour en explorer le parc (oui, il n'y a quand même pas grand chose à faire touristiquement parlant à Matsue à moins de partir en excursion). Cette journée s'achèvera, comme souvent maintenant, avec un beau coucher de soleil, cette fois-ci sur le lac Shinji.

Vu que le soleil se couche à 16h30, on n'en loupe pas un. Pas facile psychologiquement d'affronter la nuit noire à 17h30 et ce changement de lumière nous pousse du coup à aller au lit de plus en plus tôt puisqu'on commence à bailler à 19h. Mais le spectacle est magnifique et on se demande bien pourquoi nous n'allions jamais voir de coucher de soleil lorsque nous étions en France... Les vacances ont vraiment du bon ! Par contre le froid commence à pointer le bout de son nez et même si on se passe encore d'écharpe et de bonnet, la nuit venue, les premiers frimats de l'hiver se font sentir... On continue donc à descendre vers le sud pour gagner quelques degrés et quelques minutes de soleil en plus. C'est parti pour Nima (et oui, encore paumés dans la campagne, on adore !)

On s'accorde même un détour sur le trajet à Izumo pour aller y visiter un des sites shinto les plus sacrés du Japon. Il est dit qu'au mois d'octobre, tous les dieux désertent les temples du Japon pour s'y réunir. Plus de voiture, tout en train et à la marche, les sacs à dos commencent à peser (14kilos pour moi, 16 pour Raphaël, ça en fait un peu) mais l'envie est trop forte. Des "sobas" (délicieuses spaghettis de sarrasin servies au bouillon avec des légumes) made in Izumo pour déjeuner et en piste !

Izumo taisha

Le lieu est impressionnant par rapport aux temples shintos habituels, qui sont habituellement plutôt petits et sans fioritures. Ici, un des toits est couvert d'or, la corde tressée qui marque la sacralité du lieu est gigantesque et cela s'étend sur plusieurs pâtés de maison... La foule de Japonais présente nous confirme l'importance du sanctuaire. Malgré tout, on reste un peu extérieur au charme du lieu en tant que profane. Une jolie étape mais peut-être pas à la hauteur de nos attentes (même si on ne savait pas trop à quoi s'attendre finalement...)

Nous arrivons à Nima en fin de journée, bien fatigués. Nous avons réservé deux nuits dans un temple perdu dans cette petite ville un peu paumée... On ne sait donc pas trop où on met les pieds mais notre bonne étoile veille... On vous raconte la suite bientôt !

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"On the road again" comme dirait l'autre. Dernière étape avant de rendre la voiture. Nous quittons donc la paisible Shin'onsen après y avoir cuit un dernier œuf au" onsen" (on ne s'en lasse pas...) en espérant trouver un ville plus animée à notre prochaine étape : Tottori. Pour l'atteindre, nous prenons la route côtière qui traverse le San'in Kaigan Géoparc. Ques aco? Et bien, on l'ignorait mais un "géoparc mondial UNESCO est un espace territorial présentant un héritage géologique d'importance internationale" dixit l'UNESCO. C'est-à-dire que c'est un espace écologiquement et culturellement préservé qui permet de mieux comprendre comment a évolué ce milieu depuis des centaines de millers d'années. En effet, cette côte était au temps jadis (quelques millions d'années avant nos aventures) rattachée à la Chine continentale. La faune, la flore, les paysages et tutti quanti sont donc bien spécifiques. Vous imaginez bien qu'on a eu envie d'explorer tout ça. On oublie l'autoroute et c'est parti pour la départementale !

Cette route nous offre à voir un enchainement de falaises abruptes qui épousent la mer du Japon...

Première surprise après ces paysages minéraux, nous débouchons sur une longue langue de sable fin où se déroule une compétition de surf ! On n'a pas pu résister et on est restés un moment profiter du spectacle. Surtout que le cadre était charmant, au pied d'un roc flanqué d'un torii rouge, face à un sanctuaire shintoïste de la côte..

Surfer paradise 

Nous finissons par arriver à Tottori, toujours sous le soleil, pour enfin visiter l'attraction de la ville : la Dune de sable et le musée du Sable. Honneur à ce dernier. On vous laisse admirer les chefs d’œuvre titanesques de sculptures de sable que nous y avons découvert. Le thème de l'année : les USA. Oui, ils détruisent tout et recommencent chaque année avec un nouveau pays... De vrais déglingos !

On est loin des pâtés de sable de notre enfance... 

Enfin, étape ultime de cette lumineuse journée, les dunes de sable de Tottori, l'équivalent de notre Dune du Pilat ! Et, cocorico, c'est nous qu'on a la plus grosse ! Mais en revanche, les dunes de Tottori s'étendent bien plus loin que la Dune nationale, ce qui crée une atmosphère très proche du désert, entre la route et la mer. Il y a même la possibilité de s'offrir un balade en chameau (ils sont fous ces japonais!). Etonnant et fascinant. Ce lieu nous a d'ailleurs offert un beau coucher de soleil comme on les aime.

En revanche, la ville de Tottori nous a plutôt déçu. Sans charme, ni véritable vie, aussi calme à la tombée de la nuit (c'est-à-dire 17h, ici le soleil se couche TRES tôt) que les petits patelins que nous avons quitté. Nous n'y resterons pas plus d'une nuit et repartirons dès le lendemain matin, en train cette fois. Nous irons à Matsue, une ville dont on nous a vanté les charmes et la tranquillité...

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"Le réveil sonne, il est 5h30 du matin, la nuit a été courte. Nous ne perdons pas de temps et prenons la voiture, il reste encore de la route pour y arriver. Une demi-heure plus tard, au pied de la colline, des randonneurs commencent déjà leur ascension dans l'espoir de pouvoir le voir. C'est un phénomène qui n'apparait qu'un matin sur quatre, avant 8h et seulement en cette saison. Les conditions semblent être réunies mais impossible de le savoir sans être en haut. Alors, la voiture nous mène le plus haut possible mais la suite se fait à pied, à travers un sentier sinueux. Nous croisons beaucoup de gens en train de redescendre. Est-ce déjà fini ? Ont-ils pu le voir ? Nous continuons notre parcours jusqu'au premier point d'observation : rien, que de la brume ! Alors, nous continuons quand même, avec l'espoir de pouvoir l'apercevoir. Et finalement, juste avant le deuxième point d'observation, le voilà : le Château dans le ciel !"

Le Château dans le ciel est le surnom du château de Takeda, de la ville d'Asago. Ce phénomène n'apparait qu'en automne et il faut que beaucoup de conditions soient remplies pour pouvoir l'observer. Ce n'était pas facile de monter mais nos efforts ont été largement récompensés! Ensuite, nous sommes redescendus (puis remontés sur un nouveau mont) pour aller visiter les ruines de ce château. Le point de vue sur la vallée d'Asago vaut également le coup d’œil... Pour la petite anecdote, un couple de Japonais rencontrés lors de la montée vers les ruines nous a fait une visite guidée tout du long.

Puis, direction Shin'onsen, plus au nord. Sur la route, un immense temple perché dans la montagne attire notre regard. Dominant un petit village perdu dans les montagnes, l'édifice est vraiment impressionnant. Nous décidons d'aller le visiter, il n'y a presque personne et trois bouddhas géants nous attendent.

Et nous arrivons à Shin'onsen, la ville des "onsens" (les sources d'eau chaude naturellement chauffée par l'activité volcanique du sous-sol). La commune est séparée en deux parties distinctes : Yumura, le coeur du village qui abrite les sources principales et Hamasaka, la partie balnéaire et son port. Hamasaka est l'endroit où nous établirons notre campement dans une chambre typiquement japonaise de 40m² ... Plus grande que notre appartement à Osaka ! Notre meilleur hôtel, meilleur futon, meilleure nuit en 7 mois de voyage !

Bon en revanche, il n'y a pas grand chose d'autre à en dire, Hamasaka c'est un peu triste et pas vivant. A 18h, il fait nuit, tout est fermé, pas une âme-qui-vive. Heureusement que nous avons loué une voiture! Yumura est bien plus intéressante puisque pas mal de touristes japonais y viennent et on y admire les bassins où l'eau sort à 98°C!! Elle bout une fois à l'air libre... Refroidissement obligatoire avant de pouvoir s'y baigner dans les nombreux établissements prévus à cet effet. Il y a aussi des bains de pied en plein air pour se dégourdir les jambes en cours de balade. Une vraie petite cité thermale (qui reste quand même très paisible, on n'est pas à Osaka!).

Mais la meilleure attraction du village c'est la cuisson des œufs au "onsen" ! Explications :

Une expérience inédite !!

Bref, un séjour calme et reposant entre promenades, bains chauds et cuisson des oeufs (on a pratiqué tous les jours!) mais deux nuits auront été largement suffisantes pour explorer ce petit bout de campagne. On y pratique le japonais à fond les ballons car pas d'anglophone dans ce coin reculé... Mais on se régale, tout en détente. Prochaine étape à venir : Tottori avec une route prometteuse au cœur du Géoparc classé au Patrimoine Mondial de l'UNESCO... A très vite !

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Après quelques jours à Osaka et y avoir fêté un Halloween déjanté (et un peu imbibé)...

... Nous voilà de retour sur les routes du Japon! Et cette fois, direction le nord de la préfecture de Kyoto, à Amanohashidate, pour l'une des "trois plus belles vues du Japon" selon le classement "officiel" des Japonais. Après quelques heures de route, nous arrivons dans la ville de Miyazu où on commencera par la visite d'un petit temple sous un soleil radieux.

En soirée, après avoir rejoint notre auberge, nous nous sommes aventurés dans la montagne pour essayer d'apercevoir le "pont du ciel" qui fait la renommée de l'endroit. Il s'agit d'une mince langue de sable boisée traversant la baie de Miyazu. Après une ascension par des routes tortueuses et abruptes nous atteignons un nouveau temple et sa pagode. Le soleil se couche, nous sommes seuls, la vue est splendide...

Le lendemain matin, on reprend de la hauteur avec un petit télésiège (trop rigolo) pour atteindre le meilleur point d'observation. De là, le but est de passer sa tête entre ses jambes pour voir le pont dans le ciel ! C'était surtout marrant de voir tout le monde se prêter au jeu. Nous avons également fait la connaissance d'un petit groupe de mamies, on a eu trop la côte !

Ensuite départ pour le magnifique village d'Ine où nous avons passé l'après-midi. Ine est un village de pêcheur célèbre pour ses "funaya" (maison avec parking à bateau). Le rez-de-chaussé est réservé à la voiture côté route, au bateau côté mer, les gens habitant au niveau supérieur. Le tout sur pilotis. Le soleil est encore au rendez-vous, le village possède un charme fou ! Les habitants font sécher leurs poissons à coté de leur linge... C'est calme et reposant...

Prochaine étape, Shin'onsen ! On tape dans le pittoresque, avec de moins en moins de touristes et encore moins d'européens... La pratique du japonais (même nos quelques petits mots de vocabulaire basique) se révèle de plus en plus indispensable ! Mais ça vaut (largement) le détour...

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Après cette escapade forestière hors du commun, nous reprenons la route pour faire le tour de l'île, ce qui ne prend guère plus de quelques heures en voiture. Les côtes abruptes et les chemins escarpés nous offrent des points de vue incomparables sur l'océan. Se niche même au cœur d'une falaise, un temple digne d'un ermite dans lequel nous pénétrons accompagné par le chant d'une personne qui y prie. Envoûtant.

Nous ne faisons pas le tour de Yakushima par hasard. Notre hôte nous a chaudement recommandé la côte ouest car la route y traverse un parc national. Il est apparemment possible d'y observer quelques animaux...

Un fois arrivés dans la zone, devant nos yeux ébahis, des singes, partout ! Sur la route, dans les arbres, mangeant, dormant, grimaçant, se cherchant des puces... Des macaques par dizaines ! Quelques daims feront également une brève apparition...

Et la journée n'est pas finie ! Des "onsens" (bain d'eau naturellement chauffée par l'activité volcanique) de plein air, en bord d'océan nous attendent à marée basse... A mesure que la marée monte, l'océan rafraichit ces "baignoires" jusqu'à ce qu'il ne soit plus possible de s'y baigner. Le tout couronné par un coucher de soleil qui se pare de ces milles couleurs...

Voila qui clôture magnifiquement cette journée. La première pour nous qui nécessite deux articles de blog à elle seule ! Yakushima nous a régalé avant même d'y avoir posé le pied. Un endroit de plus en plus connu et on comprend pourquoi ! Nous avons malheureusement dû quitter cette belle sauvageonne dès le lendemain pour cause de typhon arrivant à grand souffle... Le voyage en ferry de retour avec la houle a pas mal secoué les Veysseyre (la Bringues est plus résistante au roulis du bateau) et nous avons regagné Osaka de manière un peu anticipé. Le temps de profiter de ces derniers moments ensemble autour de quelques parties de Uno bien à l'abri du typhon qui faisait rage...

Raphaël & moi avons repris la route en duo pour de nouvelles destinations inédites jusqu'à la reprise du travail fin novembre.

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Une bien belle journée s'annonce après un réveil très matinal. Nous allons nous enfoncer dans les entrailles de l'île pour y découvrir un de ses joyaux les plus précieux : sa forêt. Plusieurs s'offrent à nous mais elles doivent se mériter, plus de 4 heures de marche ardue sur un terrain tourmenté. Nous avons finalement opté pour l'une des plus célèbres : Shiratani Unsuikyo Ravine. Il s'agit de la forêt qui a inspiré Miyazaki pour le film Princesse Mononoké. Nous nous sommes évidemment pris en photo pour garder quelques souvenirs de notre épopée à travers ce luxuriant domaine.

Les Veysseyre-Bringues chez Princesse Mononoké

Mais il s'agit avant tout d'une plongée dans l'univers fantastique d'un domaine entre le réel et l'imaginaire... La forêt nous a happé pour nous y faire rencontrer ses chimères et créatures... Certaines de chair et de sang, d'autres de bois et de sève... Notre imagination a fait le reste...

Jusqu'à la récompense ultime au sommet de la montagne, où la canopée s'écarte pour nous laisser admirer quelques instants la splendeur de cette île. On sent le temps suspendu, paysage immuable, de temps à autre échauffé par quelques rayons de soleil malicieux.

Cette journée nous a permis de découvrir bien des trésors mais celui-ci, littéralement gagné à la sueur de notre front, a une saveur toute particulière, nimbée de mystère et de légende...

On vous laisse baigner dans cette atmosphère, nous vous raconterons la suite de cette superbe journée (et du séjour) dans une prochaine étape.

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Après une grosse heure de vol depuis Osaka, nous voici donc sur Kyushu, la grande île du sud du Japon. Nous avons atterri à Kagoshima tôt le matin et, à peine arrivés, nous avons pris un ferry pour atteindre la presqu'île de Sakurajima. C'est en fait un volcan encore en activité qui était autrefois une île et qui a été relié au continent lors d'une éruption au début en 1942.

Au programme de la journée, visite d'un petit temple, mais surtout découverte de Sakurajima et de la vie de ses habitants... Car malgré la menace permanente, il y a bien quelques habitants au pied de ce volcan qui crache des cendres tout au long de la journée... Il est d’ailleurs impossible de trop s'en approcher. Mais même de loin, les nuages de fumée épaisse restent très impressionnants. Un peu partout, le sol est couvert de cendres. Et à la sortie de l'école, port de casque obligatoire pour les écoliers. D'ailleurs nous avons discuté avec une professeure de lycée qui nous a expliqué que l'établissement comptait 4 élèves cette année... Pour 9 enseignants et 3 classes ! C'est fou ! Surtout que ce n'est pas le seul lycée de l'ile, il y en a deux autres... Une école sur mesure !

Pour commémorer la dernière grande éruption du Sakurajima, les habitants ont décidé de laissé le torii d'un temple tel qu'il a été recouvert par la lave. Il faisait 3 mètres de haut. Ca laisse songeur...

Et puis retour vers Kagoshima par le ferry à la tombée de la nuit, quand certaines ont déjà commencé la leur sur le futon du bateau...

Le lendemain, départ vers la mythique île de Yakushima avec un nouveau ferry. La traversée nous prendra quatre heures. On s'éloigne de Kagoshima ainsi que du Sakurajima et les dauphins sont même venus nous dire au revoir !

Même pas débarqués, Yakushima est déjà impressionnante de par ses montagnes escarpées ! Une fois sur l'île, nous avons réussi à louer une voiture par une petite agence locale. C'est parti pour le début de la découverte. Comme il fait beau et chaud, nous avons essayé de nous baigner... Pari réussi ! L'eau est bonne (22/23°C) ! Comme les vagues sont vraiment puissantes, nous avons trouvé une crique abritée par les rochers. C'est sur cette plage que les tortues viennent pondre leurs œufs au printemps. Et elles ont bon goût, l'eau est d'un bleu superbe. Ensuite, direction notre auberge où notre hôte nous a marqué nos noms en japonais sur nos lits, a préparé notre programme et a cuisiné notre repas du lendemain par la même occasion... Une vraie maman d'adoption !

La journée du lendemain sera consacrée à la découverte en profondeur de l'île, affaire à suivre...

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Après l'escapade paradisiaque, retour au bercail ! C'est au tour des Veysseyre Laurent (le frère) et Pauline (la nièce) de venir nous rendre visite. Ça fait plaisir toujours plaisir de retrouver les gens du pays, surtout quand c'est la famille ! Du coup, on leur a concocté un programme aux petits oignons avec des classiques et des découvertes à 4 !

D'abord découverte d'Osaka bien évidemment, mais sous la pluie, puisqu'un typhon avance à toute vitesse en notre direction. Du coup, on visite des temples, on joue aux arcades, on teste des fauteuils de massage (plutôt douloureux d'ailleurs) et surtout... On va au Spa World. C'est un gigantesque complexe de bains de toute sorte avec étage mixte piscine/jacuzzi et étage "onsen" tout nu avec plus d'une dizaine de bains différents dans des décors extraordinaires. Et cerise sur le gâteau, on en profite pour se faire masser grâce à Valérie ! (Encore merci du cadeau!).

De retour à l'auberge, on s'est même fait un copain de Hong-Kong pour aller au karaoké !

Puis l'incontournable Nara et ses daims ... (Oui, on ne s'en lasse pas!)

Et bien sur, un détour par Kyoto. Au menu, Kinkakuji (le temple d'or) et ... Ramen de feu !

Et maintenant que nous avons bien révisé nos classiques, nouvelle destination découverte au sud de Kyushu... Affaire à suivre...

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Nous continuons encore et toujours notre exploration d'Ishigaki. Tant que nous avons la voiture tout est possible, il suffit d'une heure et demie seulement pour traverser toute l'île. Nous sommes tombés sur une auberge dont le propriétaire est génial et nous conseille pour les restaus et activités en dehors des sentiers battus. Grace à lui, nous avons pu continuer à nous émerveiller chaque jour un peu plus !

D'abord Crystal beach, plage sauvage traversée par une rivière d'eau douce qui charrie des cristaux naturels. Le sol est couvert de récif corallien (gants et chaussures de snorkelling obligatoires!) qui regorge de poissons tropicaux. nous voilà dans un véritable aquarium naturel !

Crystal beach 

Puis, nous reprenons la route en direction du nord de l'île à nouveau jusqu'au Shisa park. Les Shisas sont des lions protecteurs, emblèmes des îles d'Okinawa, allant par paire. Un mâle bouche ouverte pour faire fuir les ennemis et une femelle bouche fermée pour protéger le bonheur. Il se décline dorénavant sous toute sorte de forme mais reste très présents partout sur les iles : toits des maisons, boutiques, restaurants etc. Nous avons pu observer ses formes les plus délirantes dans ce parc. Extraits.

Ensuite, escale à la palmeraie locale. Il existe une espèce endémique de palmiers qu'il est possible d'observer en dégustant un jus de fruits frais. Ishigaki produit plusieurs fruits tropicaux dont l'ananas et le fruits du dragon. Des morceaux sont mixés sous nos yeux avec du jus de canne à sucre fraichement extrait sous nos yeux. Un délice à déguster sous le couvert de la canopée, dans la chaleur moite de la palmeraie.

Palmeraie de Yaeyama 

Le lendemain, deux arrêts pour les meilleurs point de vue panoramique de l'île (excepté celui du sommet de la montagne).

Mais que c'est beau ! On ne s'en lasse pas... 

Puis direction une activité originale : plage ! Mais là aussi, nos copains les poissons se montrent facilement et certains sont vraiment incroyablement parés...

Le temps a par contre vilainement tourné ensuite et nous avons affronté un petit typhon. Pas de quoi s'alarmer mais les sessions plage sous un ciel turquoise ont été suspendues par la pluie et le vent pendant trois jours !

Nous avons seulement pu nous échapper pour déguster un plateau de 42 délicieux gyozas, pour découvrir un petit temple proche de notre auberge et déguster un très bon burger au boeuf d'Ishigaki (l'AOC locale).

Le retour à Osaka est prévu demain et nous avons aujourd'hui pu profité de notre bain de l'année 2017 ! Une belle manière de clôturer ce séjour...

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Quel endroit merveilleux ! Depuis quelques jours, nous vivons vraiment dans un petit coin de paradis perdu au milieu de l'océan. En début de semaine, nous avons loué une voiture pour découvrir un peu plus l'île principale d'Ishigaki. Difficile de ne pas s’arrêter toutes les 5 minutes tant la beauté des paysages est à couper le souffle. Pour notre première journée sur les routes, nous avons longé la côte est. Premier arrêt à la tombe des Chinois, monument à la mémoire des centaines de victimes d'un naufrage au XIXème siècle. Nous avons aussi découvert à côté un petit sanctuaire shinto dans la jungle. A quelques minutes de là, a été érigé le phare de Kannonzaki qui offre un magnifique point de vue... Puis, pause déjeuner au hasard dans un restaurant côtier... Ambiance chaleureuse et détendue et repas délicieux. En discutant avec la serveuse, elle nous apprend que toute l'équipe bosse dans un restaurant à Niseko l'hiver, à deux pas de là où nous travaillons ! Le rendez-vous est donc pris pour dans deux mois !

La route est agréable, il fait très chaud alors quoi de mieux pour se rafraichir que d'aller faire un plouf ?! Nous choisissons la plage de Sukuji, une des plages "officielles" d'Ishigaki. Elle est très agréable bien qu'il y ait peu de fond pour nager. L'eau est toujours à plus de 26° c'est extraordinaire ! On patauge dans un immense pédiluve turquoise. Et en plus de ça, il n'y a presque personne ...

Pour l'anecdote, la bouteille en plastique de la deuxième photo est remplie de vinaigre et laissée là en raison des méduses (parfois dangereuses) de la région. Il suffit de l'appliquer là où on a été touché. Mais la saison des méduses est presque terminée, nous n'en avons pas croisé une seule pour le moment heureusement pour nous...

Sukuji beach 

Ensuite direction "THE place to be" : la baie de Kabira. C'est une des plus belles plages de sable blanc de l'île avec une eau limpide, des ilots à la végétations luxuriante, un endroit presque parfait. Presque, car il est interdit de s'y baigner en raison des courants puissants qui traversent la baie et qui sont dangereux. L'endroit reste sublime et encore une fois pas grand monde avec qui nous devions partager ce moment...

La baie de Kabira

Le lendemain direction les terres, et l'ascension du mont Nosoko ! Une montagne pas très haute mais à la forme particulière... Une grosse demi-heure de marche à travers la jungle avant d'arriver au sommet. Une fois la haut c'est tout simplement extraordinaire!!

C'est si beau qu'on se sent obligés de lever les bras et crier "Youhou!" toutes les 3 secondes... 

On ne boude pas notre plaisir et on décide de se rendre sur une autre plage : Sunset beach. Et surprise, les fonds marins y regorgent de poissons! Et pour couronner le tout, un rocher abrite tout un bataillon de poissons-clowns. Des Nemos en pagaille ! Un vrai plaisir de snorkeller dans ces conditions...

Et pour le coucher du soleil, direction le phare d'Hirakubo à la pointe nord de l'île. Cette fois la végétation et les courbes des collines nous font voir une autre facette d'Ishigaki plus abrupte et sauvage.

Hirakubo

La journée se termine par un détour à l'observatoire pour admirer les étoiles puis un arrêt sur la plage de Shiraho, à quelques pas de notre auberge pour observer le lever de lune, aux alentours de 22h... Petit caillou isolé dans l'océan, avec très peu d'éclairage public, l'archipel Yaeyama est l'un des plus beaux observatoires du Japon...

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Et nous voila de retour à Okinawa ! Cette fois nous sommes encore plus au sud que lors de notre première étape au mois d'avril, nous avons atterris sur l'ile d'Ishigaki dans l'archipel Yaeyama.Et nous avons tout de suite retrouvé cette atmosphère particulière qui fait qu'on ne se sent plus trop au Japon... Il faut dire qu'on est quand même à 1600 km d'Osaka ! Les buildings et les néons ont été remplacés par des palmiers et des hibiscus...

Ici peu de touristes autres que Japonais, le temps à l'air de s'écouler plus lentement, la tenue de rigueur est la chemise à fleur et il fait chaud !!! 30 degrés en moyenne et l'eau est à 26°... Pas si mal pour un mois d'octobre! Du coup nous sommes allés faire quelques plouf à la plage (pas d'autoroute par dessus cette fois).

La nuit, la ville possède un charme particulier, détendue et à la fois très festif. Ici les gens sont très impressionnés de notre niveau de Japonais (qui n'est pas très haut pourtant). On n'ira pas jusqu’à dire qu'on est les stars locales mais on pourrait le devenir !

Nous étions déjà sous le charme d'Okinawa,mais Ishigaki nous plait encore un peu plus. L'île est moins urbanisée et garde un côté "campagne tropicale" et sans base militaire américaine, ce qui ne gâche rien !

Aujourd'hui, après trois jours sur l'île principale de l'archipel Yaeyama, nous avons rejoint sa petite soeur Taketomi, à 10 minutes de ferry seulement ... L'île compte moins de 400 habitants à l'année et son village est préservé au niveau de l'architecture. Les toitures sont toutes dans le style typique d'Okinawa, les petits murets de pierres sont tous identiques et les hibiscus bordent les rues de sable... Un joli tableau !

Au détour d'une rue, nous découvrons par hasard une des attractions de l'ile : la visite du village en charrette, tirée par des buffles. Nous ne pratiquerons pas cette fois mais les bestiaux sont imposants !

Mais qui dit île, dit plage, et nous sommes allés sur la plus belle : la plage de Kondoi ! A marée basse, un banc de sable se forme dans l'eau et il est possible de le rejoindre pour aller prendre un petit bain de soleil... La couleur de l'eau était extraordinaire !

Et maintenant que j'ai mon appareil photo waterproof, je peux vous présenter quelques-unes de mes rencontres de la journée !

Cette journée nous a enchanté ! Et Taketomi valait largement le détour à la journée... C'était l'île de mon choix, Carole a choisi l'ile d'Hateruma qui sera une de nos prochaines étapes dans l'archipel Yaeyama...

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Dernière petite échappée en duo avant de quitter le Kansaï pour de nouveaux horizons... Raphaël m'a offert une nuitée au Koyasan pour mon anniversaire. Cette montagne sacrée, à 2 heures d'Osaka, est très connue des japonais car y a été fondée la plus importante secte bouddhiste du pays, il y a 1200 ans. Aujourd'hui 117 temples y sont encore en activité et la particularité est qu'il est possible de résider dans certains monastères et de participer aux cérémonies habituellement réservées aux moines. Ce à quoi nous avons eu le privilège d'assister. Mais commençons par le début...

Après deux trains, un téléphérique et un bus, nous arrivons en début d'après-midi sur place. Je suis surprise (Raphaël y est déjà venu il y a trois ans) par l'atmosphère relativement "normale" du lieu. Sans connaitre tout l'historique de l'endroit, cela ressemble à un petit village japonais classique avec ses boutiques, ses distributeurs et ses touristes qui s'y promènent le nez au vent. Nous visitons les deux principaux temples du Koyasan. Le premier, Kongobu-ji, a le même parquet rossignol, dont le sol chante à chaque latte que le Nijo-jo à Kyoto et un joli jardin sec...

Ensuite, nos pas nous mènent vers le temple emblématique du lieu, qui est en réalité un site avec plusieurs temples et une pagode... Les premiers "momiji" (les érables japonais) se parent peu à peu de leur couleur automnale ce qui accentue le charme du lieu... Pour la petite histoire, un pin sacré, une variété rare de pin japonais trône au milieu de la cour et trouver une aiguille de pin à trois branches est censée apporter le bonheur et la chance. A ce jeu-là, Raphaël a été champion et en a trouvé trois en quelques minutes sous les exclamations enthousiastes de pèlerins japonais !

Ensuite direction le temple dans lequel nous séjournerons cette nuit. La chance de Raphaël fonctionne à plein régime puisque l'hôte qui nous accueille nous informe qu'il se tient cette nuit une cérémonie exceptionnelle, qui n'a lieu qu'une fois par an, au cœur de la zone la plus sacrée de la montagne. On dine donc à 17h (!!) de plats traditionnels et végétariens japonais préparés par les moines. Puis, après cela, nous nous dirigeons avec les autres clients à travers le cimetière sacré du Koyasan long de près de deux kilomètres. Il fait nuit, le noir est total à l'exception de quelques lanternes qui guident nos pas. Nous pénétrons symboliquement dans le monde des morts avec deux ponts successifs, sous le regard des cèdres pluri-centenaires... Le mysticisme ambiant nous plonge dans un univers jusqu'alors inconnu...

Vous ne verrez pas de photos de la partie la plus sacrée du sanctuaire. C'est là où reposent les reliques du fondateur du Koyasan qui s'est "endormi" (bouddhiquement parlant, il est toujours vivant...) et la cérémonie se tenait dans le temple le plus sacré de la montagne où toutes photos ou vidéos sont interdites. Un moment marquant dans notre voyage...

Le lendemain, lever à 6h pour la première cérémonie de la journée avec le maître du temple dans lequel nous avons dormi. Ensuite, nous partageons la cérémonie du feu où il brûle nos vœux, écrits sur des stèles de bois, afin qu'ils se réalisent... Les battements sourds du tambour et les lectures/chants de "sutra" (les versets bouddhistes) sont hypnotisants... Cela contraste avec le modernisme du maître qui porte iWatch, lunettes en titane et fais des blagues par moments (il parle surtout japonais mais nous avons aussi quelques échanges en anglais).

Puis pause petit-déjeuner à 8h pour nous remettre de nos émotions avant de retourner visiter l'immense cimetière de jour cette fois... Et ce qui était extraordinaire de nuit est absolument époustouflant de jour. Nous avons irrémédiablement quitté le monde des vivants, hors du temps au fil de ce cheminement... La spiritualité que dégage ce lieu est sans commune mesure avec ce que nous avions pu vivre jusqu'à présent...

Le retour à la civilisation ne s'est pas fait sans mal mais, en tant que samouraïs des temps modernes, nous sommes dorénavant prêts à affronter les nouvelles péripéties que ce périple nous réserve !

Gambare ! 

Nous quittons demain notre nid d'Osaka pour l'île d'Ishigaki, la plus au sud du Japon, pour renouer avec l'ambiance d'Okinawa que nous avions tant aimé au début de notre séjour. Et puis il parait que là-bas, l'eau est encore à 26°C... On vous dira ça bientôt...

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La semaine dernière, j'ai fait un petit détour dans la série "A la découverte du Kansaï" pour aller découvrir Hiroshima et l'île de Miyajima toute proche... Petite déception, j'ai déchargé la batterie de mon appareil photo durant le voyage et du coup les quelques photos que j'ai pu prendre l'ont été avec mon portable et sont donc de piètre qualité, désolé...

Arrivée très matinale (5h30) dans une ville encore endormie après un voyage en bus de nuit... Je commence par aller visiter le minuscule château d'Hiroshima, dont on fait le tour en quelques minutes seulement. Le temple proche a d'étranges statues de poisson porte bonheur...

Après une pause petit-déjeuner et avoir déposé les affaires à l'hôtel, je pars me balader pour arriver jusqu'au parc du Mémorial pour la Paix, lieu d'impact de la première bombe nucléaire jamais lancée par l'humanité. Malheureusement, le musée est en travaux mais le parc, quant à lui, est toujours ouvert. Quelques personnes s'affairent déjà pour nettoyer le lieu de recueillement et apporter des fleurs fraiches... Le dôme abrite un coffre en pierres comportant les listes des noms des victimes de l'attaque. Au second plan, on voit apparaitre la flamme conservée de l'incendie que la bombe provoqua. Et enfin, au loin on aperçoit le dôme soufflé par l'explosion et conservé comme lieu de commémoration. C'est un lieu paisible dans la lumière blanche du petit-matin et émouvant...

Un mémorial pour les enfants victimes du bombardement a également été érigé à la suite de la mort d'une petite fille de douze ans, victime des radiations. Des écoles de toute la planète viennent y déposer des guirlandes faites de grues colorées en origami... Ils chantent et se recueillent pour cultiver la mémoire de cette catastrophe humanitaire.

Une cloche a aussi été installée et fait résonner un son sourd de temps à autre dans le silence du Parc.

Je me suis ensuite dirigée jusqu'au pied du dôme, symbole de l'attaque, conservé intact tel qu'il fut lors de l'explosion de la bombe. Les guides et bénévoles défilent pour sensibiliser dans toutes les langues à l'horreur de la guerre et pour lutter contre la course à l'armement de tous les pays et la prolifération des armes nucléaires.

Après cette visite bien chargée émotionnellement, je prends le tramway jusqu'à l'extérieur de la ville pour rejoindre l'île de Miyajima. En effet, hormis ce mémorial, la ville d'Hiroshima est assez quelconque par rapport aux autres villes japonaises et présente assez peu d'attraits.

Me voilà donc dans le ferry où je rencontre un Wallon fort sympathique avec qui je passerai une grande partie de la journée. L'île est célèbre pour une vue emblématique, à marée haute, d'un grand torii les pieds dans l'eau et pour ses daims en liberté (comme à Nara)...

Premier arrêt pour la visite du temple sur pilotis qui fait face à cet impressionnant torii.

Après avoir déjeuné avec mon comparse de la journée (et trinqué à la bière locale produite sur l'île), c'est parti pour l’ascension du mont sacré qui surplombe l'île pour l'exploration d'un des plus beaux temples que j'ai pu admirer à ce jour au Japon : le Daisho-in. Il est divisé en petits îlots de verdure charmants et savamment entretenus, formant des alcôves végétales propices au recueillement, diffusant une atmosphère zen colorée, rythmée par les nombreuses statues qui jalonnent le chemin... Magique !

La lumière du jour commence à baisser et je me sépare de mon équipier qui doit reprendre le ferry... Je n'irai malheureusement pas beaucoup plus loin que la cascade qui surplombe le temple, manquant de temps pour rejoindre le sommet du Mont Misen...

La journée et le séjour se termineront par une promenade sur la plage à marée basse. En effet, à ce moment-là, on peut venir toucher le torii géant, enfin les pieds aux secs, et y déposer une pièce entre deux coraux qui s'y sont accrochés. Si ma pièce reste sagement en place, la chance devrait m'accompagner encore un moment dans ce beau pays...

Après une nuit douillette dans un vrai lit (oui un vrai grand lit !! pas un chiche futon un peu duraille, un vrai bonheur!!), retour en bus à Osaka pour retrouver mon Raphaël qui travaille encore quelques jours avant d'avoir, lui aussi droit à des vacances bien méritées...

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Après l'échappée merveilleuse en préfecture de Wakayama, nous voilà de retour à Osaka et sa région pour quelques jours... Nouvelle dose d'ambiance urbaine, bruyante, néons qui flashent et brouhaha permanent dans l'effervescence de la capitale du Kansaï. Nous décidons tous les trois de prendre la ville de haut et montons au sommet de l'Umeda Skybuilding. Osaka illuminée s'étale à nos pieds... Et on en profite pour se faire des photos de beaux gosses !

Du coup, rapidement, nous éprouvons le besoin d'une bouffée d'oxygène au milieu des arbres centenaires. Et pour ça, l'adresse la plus proche se trouve en banlieue nord d'Osaka : Minoh ! C'est la deuxième fois que j'y viens mais cette fois, pas de chance les singes et les hiboux resteront à l'abri des regards. Ce qui n'empêche aucunement d'apprécier la balade. D'autant que les premiers "momiji" (les érables) commencent à se parer de leur couleur automnale...

Après l'ambiance bucolique, retour à la ville, mais à Kyoto cette fois ! D'abord, en tête à tête avec ma mère, visite inédite au château de Nijo, la demeure du dernier shogun (l'équivalent d'un comte ou d'un grand seigneur local) qui servit également de théâtre aux exploits du dernier samouraï, à la fin de l'ère Edo. Le lieu dégage une atmosphère particulière notamment en raison de son "parquet rossignol". La pose de ce parquet flottant est fait de telle sorte qu'à chaque pas, les lames de bois chantent tels des oiseaux !! Impressionnant !! Il est également très différent de tous les châteaux que nous avons visité jusqu'à présent... Les photos étant interdites à l'intérieur, je ne peux que vous laisser deviner la splendeur intérieure de ce monument !

Nijo-jo 

Ensuite, direction le "Sanjusangen-do", le temple aux 1001 statues de Bouddha (oui, rien que ça!). Il faut se rendre compte que chacune de ces statues mesure environ 1,50m de haut et qu'elles sont toutes rigoureusement différentes. Un Bouddha de plusieurs mètres de haut trône entre les deux blocs de 500 statues, imposant le respect. Des divinités gardiennes du culte sont également représentées le long des allées... Là encore, les photos sont interdites à l'intérieur mais quelques photos officielles sont disponibles sur internet, je les ajoute donc aux quelques photos extérieures pour vous recommander chaudement la visite en cas de voyage inopiné à Kyoto :)

Sanjusangen-do 

Sinon, nous avons également assister à une exposition de bonsaïs. Je n'aime pas tellement ça mais il faut avouer que certains jardiniers ont réussi de sacrées prouesses...

Et enfin, dans les allées du château, plusieurs expositions d'art contemporain étaient offertes aux visiteurs. Ainsi, il y avait une immense fleur rouge et... euh... des cacas dorés géants avec des traces de pas dedans... Je vous laisse juger par vous-mêmes...

Art (?!) contemporain et gare de Kyoto 

Le temps est venu pour nous de regagner la gare de Kyoto... Retour à Osaka !

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Dans l'épisode précédent, nous vous disions donc que nous nous préparions pour le "Kumano-Sanzan", pèlerinage gravitant entre les trois temples principaux du "Kumano Kodo", pèlerinage bouddhiste de plusieurs centaines de kilomètres, jumelé à St Jacques. Il pleut sans discontinuer depuis notre arrivée mais le "onsen" de l’hôtel et un gargantuesque petit-déjeuner nous ont requinqué. Nous voila motivés pour pénétrer le premier temple : le "Kumano Hayatama Taisha" dans la ville de Shingu. Il s'agit d'un sanctuaire principalement shintoïste au pied d'une montagne à la végétation luxuriante, bien que situé en bordure de ville. Une fois dans l'enceinte, nous voilà plongés en pleine nature et coupés du monde.

La pluie y crée une atmosphère bien particulière...

Une fois bien imprégnés des lieux, nous reprenons la route pendant 30 km (et 30km dans cette région, ça vaut bien une centaine de kilomètres sudiste!). Premier arrêt dans un petit temple annexe au pèlerinage pour nous dégourdir les jambes.

Ensuite, nous sommes allés vers l'extraordinaire, le sublimissime, l'inénarrable : "Kumano Nachi Taisha". Imaginez des collines à la végétation dense, d'un vert émeraude intense, avec les montagnes pour seul horizon. Ajoutez-y une cascade de 130 mètres de haut qui se détache d'une falaise de roc abrupte, surplombée par une corde signifiant aux communs des mortels son caractère sacré. Saupoudrez le tout d'une pluie fine et de lambeaux de brumes dansant avec la cime des arbres. Ce n'est pourtant que de la vapeur qui s'échappe sous la canopée en raison de la chaleur volcanique de la terre... Mais le tout crée une symphonie, une poésie pour le regard... Et cette pagode à 3 étages, solennelle et majestueuse semble avoir toujours été là. Et être là pour toujours, immobile, veillant à ce que la splendeur de ces lieux demeure à jamais intacte...

Et voici donc la pagode Seiganto-ji et la cascade Nachi. Difficile de photographier une telle beauté...

Après être montés au sommet de ce joyau et être tombés amoureux de ce cocon de sérénité terrestre, nous nous sommes finalement retournés pour aller visiter le temple rattaché à cette pagode. Lui aussi avait un certain romantisme sous la pluie qui s'intensifiait...

Nous nous sommes finalement péniblement remis de nos émotions grâce à une nouvelle session de bain dans le "onsen" de l’hôtel...

Le lendemain, nous quittons pour de bon notre hôtel. Il est temps pour nous de clôturer ce "pèlerinage automobile" par le Kumano Hongu Taisha. Celui-ci a été édifié à l'intérieur des terres, près de la forêt qui entoure le petit village sur lequel il veille discrètement. C'est en effet le temple le plus vénéré des trois. Moins exubérant, plus épuré bien que magnifiquement orné en plusieurs endroits, l'atmosphère sacrée y est saisissante. Dès que nous approchons le pas des premières marches qu'il faut affronter pour atteindre le sommet où se trouve le temple, la dimension sacrée du site est une évidence.

Petit détour dans le programme... A quelques encablures de ce dernier temple, nous avons aperçu un gigantesque torii au milieu de la campagne. Nous avons donc fait un petit tour pour admirer ce sanctuaire à l'écart de ce village décidément profondément imprégné de mysticisme.

C'est le cœur gros que nous sommes repartis et avons quitté ces sublimes lieux. La préfecture de Wakayama est décidément d'une richesse incroyable ! C'est dans celle-ci que je m'étais déjà rendue à la plage de Shirahama, c'est dire la diversité de ses paysages et de ses atmosphères... Cette destination, un peu confidentielle car plus difficilement accessible, est un véritable trésor nippon que nous vous recommandons ardemment si vous en avez l'occasion !

Nous vous retrouvons très vite pour un nouvel épisode d'A la découverte du KansaÏ pour compléter nos explorations de cette région si charmante...

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Nous vous avions laissé alors que nous étions en train d'arpenter les rues d'Osaka à quatre, en famille...

Osaka est extraordinaire !

Mais nous avons vite plié bagage pour une journée à Nara le 15 septembre pour l'anniversaire de Céline ! Les daims et les temples y sont toujours au rendez-vous sous le soleil (ce qui ne va pas durer d'ailleurs...)

Raphaël et moi leur avions ensuite concocté un weekend surprise... Nous avons donc loué une voiture et pris la route la plus tortueuse du Japon à travers les montagnes de la préfecture de Wakayama pendant plus de 4 heures jusqu'à poser nos valises à Hongucho. Ce patelin paumé au milieu de... ben rien en fait... est très apprécié des Japonais pour ses "onsens" (les sources naturelles d'eau chaude, on vous en parle souvent, c'est une part de l'art de vivre à la japonaise dont nous sommes absolument fans!).

L'hôtel que nous avons réservé possède sa propre source d'eau chaude qui permet d'aller se tremper à toute heure du jour ou de la nuit. Et comme nous étions souvent seuls, Raphaël en a profité pour vous ramener quelques photos (elles sont normalement interdites vu que tout le monde est tout nu).

L'hôtel prête aussi des "yukatas" (des kimonos en toile légère), ce qui fait que tout le monde est très élégant et se balade dans cette tenue, en ville comme à l'hôtel. C'est un peu la version japonaise des villes thermales françaises...

Classe ou pas ?!

Nous avions initialement prévu une descente en rafting traditionnel japonais (si,si, ça existe) mais la météo a décidé de bousculer notre programme, il pleuvra sans discontinuer tout le weekend. Du coup, la session rafting est annulée. Nous avons décidé d'en profiter pour suivre une partie du pèlerinage de "Kumano Kodo", classé au Patrimoine Mondial de l'Unesco et jumelé ... au chemin de St Jacques de Compostelle ! Nous allons faire la partie qui relie les principaux temples de la région, appelé le "Kumano sanzan" en voiture puisque la météo ne nous laisse pas trop le choix...

La suite au prochaine épisode !

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Beaucoup de nouveaux évènements nous ont pas mal occupés ces derniers temps... Pour commencer, Raphael et moi sommes recrutés pour cet hiver à Niseko pour faire le ménage dans un immense complexe au pied des pistes de ski... On va tater des pistes nippones dès fin novembre jusqu'à fin février, une super nouvelle !

Ensuite, j'ai fini de travailler, d'abord comme professeur d'anglais et femme de ménage. Et le 10 septembre était ma dernière soirée en tant que barmaid. La direction a pris la décision de fermer tous les bars des auberges Khaosan où nous travaillons, nous avons donc du finir les bouteilles... Jusqu'à la dernière goutte ! Du coup tous les collègues sont venus trinquer! Et comme souvent quand on lève le coude, cela implique aussi de terminer la soirée dans un karaoké...

On devient de vrais pros du karaoké, on est accros...

Et puis la frangine a débarqué au Japon pour que nous puissions passé nos anniversaires du 15 et 17 septembre ensemble ! On en a profité pour (re)visiter quelques classiques d'abord à Osaka...

Balades dans Osaka, quartier d'Umeda et karaoké... 

Puis à Kyoto...

Kinkakuji (le temple d'or), Arashiyama (montagne aux singes) et Fushimiinari (mont sacré couvert de toriis)

Mais aussi de nouvelles découvertes pour elle et nous !! A commencer par le grandiose aquarium d'Osaka!

Et le Ginkakuji de Kyoto. Il est appelé ainsi, non parce qu'il est couvert d'argent mais parce qu'à sa construction, le temple rayonnait sous la lueur argentée de la Lune... Le jardin est préservé et entretenu avec tant de minutie et de grace qu'il mériterait d'illustrer le terme "zen" dans le dictionnaire à lui tout seul.

Une perle de verdure !

Notre maman nous a ensuite rejoints et nous sommes (re)parties à l'assaut du château d'Osaka !

Et ce n'est pas fini, nous leur avions concocté un programme surprise pour le weekend dans la campagne japonaise... Une découverte même pour nous !

La suite au prochain épisode...

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Le 16 août à Kyoto, c'est le festival Daimon-ji! A partir de 20h, de grands "kanjis" (caractères japonais) et autres motifs sont tracés par le feu sur les pentes des monts qui enserrent la ville. Ces caractères sont immenses (jusqu'à 80m de haut quand même) et on peut les observer de partout dans la ville, mais pas tous à la fois. Nous avons grimpé sur une petite colline au centre de la ville pour essayer d'en observer le plus possible. Évidemment, nous n'étions pas les seuls à avoir cette idée. Deux heures avant la tombée de la nuit, il y avait déjà du monde!

Et puis à 20h00, l'illumination !

Evidemment, c'est bien mieux en vrai ...

On a pu en voir 5 (sur les 6 au total), certains étant plus visibles que d'autres. Ces kanjis de feu célèbrent les morts, c'est un peu la Toussaint japonaise...

Le lendemain, départ pour Hikone au bord du lac Biwa, le plus grand lac du Japon. Une petite ville pour le pays (100 000 habitants, autant dire un village) qui est principalement connue pour son château.

Les bords du lac

Le château est particulier car contrairement à beaucoup d'autres monument au Japon, celui-ci est d’origine... Par contre, il n'a pas du tout le charisme de celui d'Himeji !

En revanche le jardin japonais au pied du château était somptueux et tellement paisible... Une belle conclusion à l'escapade !

Hikone nous laissera le souvenir d'une ville (trop!) calme où tout ferme à 17h30, une ville étalée, un peu terne et finalement plus photogénique que réellement charmante... Une étape bien dispensable mais c'est l'avantage de rester 1 an, on peut tout explorer !

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Le dernier article remonte à un moment maintenant, mais avec la tempête ponote, on avait plus une minute à nous... Le 28 Juillet dernier c'était mon anniversaire. Tus est venu de Tokyo spécialement pour l'occasion ! De grands moment de fiesta encore une fois !

Nous sommes aussi allés voir un match de baseball entre hommes... Au menu : les Buffalos (Osaka) contre les Lions (Tokyo)... Expérience intéressante bien que la subtilité de certaines règles nous échappent encore. Le stade en revanche était magnifique, un dôme de 35 000 places tout de même ! Mais bon sang, que c'est long un match de baseball !! Après deux heures et demi de jeu, on en n'était qu'a la mi-temps... Du coup, nous n'avons pas eu le courage de rester jusqu’à la fin...

Maintenant nos voisins altiligériens sont partis... Snif... Mais en nous laissant plein de bons souvenirs de cette belle aventure ! Course de giropode, concours de rodéo, pêche dans un restaurant à poissons, promenades à Kyoto au temple Fushimi inari et Sanjusangendo, et folles soirée à Osaka... On ne s'est pas ennuyés pendant un mois grâce à eux !

Kampai ! 

Salut les gars, et merci pour ce mois de folie franco-japonaise !

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Un moment que nous n'avions pas écrit de nouvel article avec l'arrivée de nouveaux Ponots à Osaka. Ça fait du bien de retrouver les copains, la fine fleur altigérienne ! Et ils ne sont pas arrivés les mains vides... Du coup ça fleure bon la France dans les ruelles de notre quartier...

En échange, on les initie aux subtilités du karaoké et autres activités arrosées...

Mais on fait aussi des activités culturelles, hein ! Pour preuve, ils sont allés faire un tour du côté de Nara.

On vous refait pas le reportage, vous connaissez déjà... 

Et point d'orgue de ces derniers jours (hormis l'anniversaire de Raphaël bien sur) : le Tenjin Matsuri ! Un des trois festivals majeurs du Japon, vieux de 11 siècles. Il se déroule à Osaka pendant deux jours du 24 au 25 juillet et atteint son climax le 25 au soir avec deux heures de feu d'artifice, défilés de bateaux, parades, et j'en passe ! Et toujours cette ambiance décontractée, festive et familiale qui fait qu'on s'y sent bien et qu'on prend plaisir à boire quelques verres en discutant avec les (très!) nombreux Japonais, venus eux aussi assister au spectacle...

Nous sommes arrivés plus de deux heures avant le début pour nous installer en bord de rivière, en mode pique-nique/apéro estival et trouver une place qui nous permette d'admirer le show. Et nous n'étions pas les seuls ! Au final une bien belle soirée, délicieusement conclue par un curry japonais (mais nous y reviendrons, on prépare un article spécial gourmandises....). Bref on ne chôme toujours pas à Osaka maintenant que nous sommes une équipe de 5 !