Accompagnez-nous dans nos folles aventures entre Brésil, Paraguay, Argentine, Chili, et Bolivie
Septembre 2019
25 semaines
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Le voici, le tout dernier article du blog et, évidemment, un dernier arrêt aux stands s'impose:

  • 35 650 kilomètres
  • 2 891 litres d’essence
  • 329 mètres cube de gaz
  • 123 litres de bières (le comptage s'est bien évidemment arrêté juste avant le pré-carnaval)
  • 4936 photos et vidéos

Sans oublier :

  • 14 contrôles de police (passages de frontières exclus)
  • 17 visites chez le mécano


Cela fait 6 mois que vous suivez - assidument et avec plaisir on espère - nos tribulations, nos découvertes, nos joies, nos galères, nos coups de gueule...


Mais l'heure est venue de nous séparer de notre fidèle destrier à qui nous avons trouvé une famille d'accueil permanente...et ce n'est pas sans une certaine émotion...et une bonne dose de soulagement 😉 que nous faisons nos adieux à notre cher Dobbyzao! #goodbyeDobby.


Nous passerons donc les trois dernières semaines de notre périple "em casa", chez nous, à Rio 😉 à fêter notre troisième et dernier carnaval, multiplier les despedidas (soirées de départ) et nous ré-habituer à Cachaça que nous avons récupérée plus en forme (+1,5kg) que jamais 😛


Alors que l'avions du grand retour décolle, nous avons du mal à retenir nos larmes... Merci à la cidade maravilhosa... pour tout ... ce n'est qu'un au-revoir ... en attendant les retrouvailles en France ou ailleurs !

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Et voilà, on y est, le jour j, le D day.


C'est la dernière étape du voyage avant notre retour à Rio, puis en France.


Nous empruntons la sublime route côtière entre Rio et Paraty. Les nuances de bleu sont incroyables, c'est un joli finish.


Nous nous arrêtons passer l'après-midi et la nuit à Angra dos Reis, face à Ilha Grande, et entourés par les tortues de mer.

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Histoire de se remettre de notre week-end paulistano, et de se reposer avant le carnaval de Rio, nous faisons étape à Ubatuba, une petite ville au bord de la mer. Nous nous y dégotons une petite plage quasi déserte où passer la nuit, à côté de quelques pêcheurs et un couple de brésilien en combi.

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Après une petite séance de sport et une coupe (légèrement ratée) pour David, nous continuons notre ruée vers l'Est.


Quelques centaines de kilomètres, et deux heures de bouchons plus tard, nous arrivons à Sao Paulo. Et pour ne pas déroger à la règle, nous commençons par une petite visite....chez le garagiste! Ce sera rapide, pour une fois. Nous faisons jute l'équilibrage des pneus que l'on a fait réparer la veille.


Nous voici donc prêts pour le pré-carnaval!


Et là, un petit point culture s'impose:

Au Brésil, contrairement à l'image que l'on en a en France, le carnaval ce n'est pas que le défilé au sambadrome (grandes tribunes longeant une longue piste). C'est aussi - et surtout - les "blocos", ces défilés de rue, où des milliers (et parfois des millions) de personnes déguisées se regroupent, pour danser au rythmes des baterias, s'amuser, boire, bref pour faire la fête pendant des heures, jour et nuit.

Il y a un pré-carnaval, un carnaval et un post-carnaval. Le pré-carnaval commence dès la fin du mois de janvier. Des ensaios (ou répétitions) des différents blocos sont organisés chaque w.end, pour préparer LE carnaval, et le foie des brésiliens 😉. S'ensuit la semaine du carnaval, cinq jours de folie, avec les blocos non-stop le jour et les défilés des plus grandes école de samba (au sambadrome) la nuit. Et enfin, pour les plus vaillants - ou les plus acharnés - les blocos continuent pendant environ 2 ou 3 semaines durant le post-carnaval.


Fin de la parenthèse et retour à Sao Paulo, où nous retrouvons Loïs, qui nous accueille généreusement chez lui 😀.


Hortense, qui n'a pas été malade des six mois, ne se sent pas très en forme et passera une partie du w.end au lit pendant que David et Loïs s'en donneront à coeur joie... 😛

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Les kilomètres défilent et nous continuons à nous rapprocher de Sao Paulo, où nous irons passer le week-end chez notre pote Loïs qui y fait son VIE.

En attendant, pour changer des stations services, nous nous trouvons un super lieux pour passer la nuit. C'est un petit camping juste au bord de l'eau.

Le lieu est superbe, il fait bon, le ciel est étoilé, et nos voisins sont étonnement silencieux pour des brésiliens.


Nous en profitons pour nous faire un churrasco...qui s'avèrera être le dernier #eternaltearsofsadness et que nous arroserons d'une bonne bouteille de vin bolivien (découvert lors de notre tour à Uyuni). Il ne restera pas une miette du kilo et demi de viande que David avait acheté de peur de manquer...

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Après une nuit étouffante, nous prenons la route, direction l’est et des contrées moins humides.


Ce sera l’occasion de se faire “poursuivre” par une patrouille de policiers fédéraux et militaires, armés jusqu’aux dents. Ils contrôleront les papiers et Dobby, par qui ils seront impressionnés et contrairement avec les policiers boliviens, nous ne nous ferons pas extorqués. Heureusement ils ne trouveront pas notre planque de drogue - BLAGUE !!!!!!!! Maël, Coco, Ben, Caro, Lolo, Virgie et Guilhem, la blague du commandant Robichet ne fonctionnera pas deux fois 😛


Nous quittons doucement le Pantanal et nous rapprochons de notre prochaine grosse étape: São Paulo.

En revanche ce soir encore, impossible de dormir en nature car les alentours restent hostiles et nous n’avons pas envie de nous faire croquer par les crocos.


Une douche, une petite bière avec les camionneurs, et au lit !

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Aujourd’hui, c’est notre dernier jour en Bolivie !! Nous y aurons passé trois semaines et aurons concentré nos tribulations dans la région sud.


Sur la route, nous nous arrêtons à Águas Calientes, petit village parcouru d’une rivière aux eaux transparentes et...chaudes! La température de la rivière est à 37/38 degrés... un délice.

Nous prendrons notre déjeuner dans un petit boui boui familial, très sympathique, entourés des chiens, chats, poules et coqs puis nous nous dirigeons vers la frontière.

Notre dernière expérience bolivienne sera mitigée. Lors de notre tout dernier contrôle de police dans le pays nous serons victimes d’une tentative d’extorsion de 10 Bolivianos (1,5€). Le policier qui contrôle les papiers réclame donc 10 bols, et David qui en a ras-le bol, est prêt à payer la contribution ou colaboracíon comme ils appellent cela. C’était sans compter sur Hortense qui n’hésite pas à demander si cette “colaboracíon ” est obligatoire - évidement la réponse est non. Nous reprenons nos cliques et nos claques et filons au plus vite.


Pour info, c’est la troisième fois que ce genre de contrôle se produit. La première fois nous avons eu une “amende” de 100 bols, pour ne pas avoir le “botequin” ou trousse de secours dans la voiture. Le policier à moitié honnête nous montrera tout de même l’article dans le code de la route. C’est donc légal même si - bizarrement - il ne contrôle aucun véhicule bolivien...et on a tout de même de quoi ouvrir un hôpital dans la voiture...mais ce n’est pas la trousse officielle.


La deuxième fois, le policier corrompu, qui ne contrôle que nous à nouveau...et nous informe qu’il est interdit de transporter du carburant dans un bidon sans une autorisation officielle remise lors de notre entrée dans le pays. C’est du n’importe quoi, sachant qu’en plus ici, une fois sur deux, les stations essence refusent de remplir le réservoir directement et qu’il faut donc passer par un bidon...Il nous confisque donc le bidon rempli...


Nous n’aurons eu ce genre de comportement que dans ce pays et plus précisément dans la région sud-est...


Bref, on passe la frontière. Ça y est, on est de retour à la maison - ou plutôt notre deuxième maison!

Cela fait tout drôle de reparler portugais !! On a du mal mais ça va revenir vite, on espère! En revanche, on sent tout de suite la chaleur des brésiliens, qui restent selon nous les plus accueillants d’Amérique latine. On se sent tout de suite à l’aise.


Nous repassons par le Pantanal sud, et observons plein d’animaux sur la route: des toucans, des crocodiles, des perroquets et même un énorme serpent... il vaut mieux ne pas avoir d’envie pressante ! Hormis la jungle il n’y a pas grand chose autour et vu ce que l’on a observé, il ne fait pas bon dormir en pleine nature: On se rabat donc sur une petite station service des familles.

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Ce matin nous partons à la découverte de Santa Cruz.


Nous prenons le collectivo - ces minis bus bondés “muy típicos” et populaires - et nous descendons au niveau du centre historique.

En début d’après-midi, nous récupérons Dobbyzão et allons nous mettre au vert, à Chichos.


Chichos est un petit village, entouré de formations rocheuses colorées et dont le sanctuaire, situé en hauteur, offre un peu de fraîcheur - qui s’avère plus que nécessaire au vu de la chaleur écrasante et de l’humidité de la région.

Bon, il faudra vite se réfugier dans Dobby et barricader les fenêtres avec les moustiquaires car une nuée de vers luisants s’agglutinent autour de nous mais hormis cela nous passerons une agréable nuit.

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Levés de bonne heure nous nous rendons chez le garagiste pour qu’il jette un œil à notre cher Dobbyzao.


Il faut qu’il tienne au moins les 650 kilomètres qui nous séparent de la frontière brésilienne. Carlos et son jeune mécano ne trouvent pas la pièce - qui encore une fois ne se trouve pas en dehors du Brésil - mais il nous bricolent une solution de fortune, à base de silicone. #Dobbyaenfindesfauxseins!


Nous partons de chez le garagiste direction le centre historique. On ne fera pas 200 mètres, littéralement ! 200 mètres plus loin, le moteur coupe et ne redémarre plus... #cétaittropbeau. Au moins, on aura pas à chercher très loin pour trouver un garagiste... Retour à la case départ. Carlos et son jeune mécano reprennent du service.


Le problème vient de la pompe à essence, qu’ils changeront en une paire d’heure à peu près.

Il fait quasiment nuit et nous sommes épuisés. Nous nous ferons donc le luxe de nous payer une chambre d’hôtel, la première depuis 4 mois ! Et on poussera même le vice avec un resto de viande - excellent ! 😀 #ilfautcequ’ilfaut #lesbonheurssimples

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Le départ de notre ballade dans le parc Amboro est à 9h.


Le groupe se compose de deux allemandes et de Laura, une française super sympa avec qui Hortense papotera toute la journée.


Notre guide, Nicolas, nous fait découvrir la flore et la faune locale. Nous sommes dans la Yunga, la région de jonction entre le Chaco, l’Amazonie et Andes. On y trouve un grand nombre de plantes et d’animaux.


Bon, vu la forte pluie qui nous accompagnera toute la ballade, on repassera pour la faune - hormis des papillons aux ailes transparentes et un petit oiseau se cachant dans un tronc, on ne verra pas grand chose...

En revanche, nous pourrons observer la diversité de la végétation et notamment les fougères géantes, appelées Dixonia. Ce sont des fougères fossiles, grandissant d’1cm par an et pouvant atteindre jusqu’à 20 mètres (soit 2 000 ans) #tugèresfougère

Une fois encore, la pause au mirador nous fera voir 50 nuances de gris...

De retour à Samaipata, nous restons un peu sur notre faim...la ballade était chère pour ce que c’était et nous avons le sentiment de ne pas avoir vu grand chose de très différent de ce que nous connaissons. Ça nous aura au moins dégourdi les jambes mais rien ne nous retient ici, sans parler du retour du bruit au niveau des freins arrières.


Nous décidons donc de filer vers Santa Cruz, dernière grande étape et grande ville de notre tour en Bolivie!

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Nous prenons la route, direction Samaipata.

Le climat et les paysages commencent à changer. Les canyons laissent place à une végétation plus verte et plus dense, et la chaleur et l’humidité se font sentir. Nous nous rapprochons bien de l’Amazonie et du Pantanal!

Nous faisons un petit stop photo.

David repère ce qu’il croit être une petite épine sur le côté du pneu avant gauche. Après l’avoir retirée, on entend le long pshhhhhhh annonciateur de bonnes nouvelles...


Et oui, elle est en fait épaisse comme une aiguille à tricoter...Alors qu’il s’apprête à changer le pneu, en plein virage, au milieu de nulle part, Hortense insiste pour continuer jusqu’au petit bled 7km plus loin, où elle espère trouver une gomeria - on évite ainsi le revival du 25 décembre ou de la cuesta del obispo....


La course contre la montre commence. Il faut aller suffisamment vite pour ne pas être complètement à plat mais pas trop histoire de ne pas se mettre dans le décor.


Ce sera un pari réussi ! Le petit bled a bien une gomeria, sous la forme d’une pièce remplie de pneus défoncés, et d’un mec qui dort sur un lit de fortune au milieu...Ça fera le job.

Le mec se réveille et répare le pneu avant gauche sous la surveillance de David qui repère alors une autre épine dans le pneu arrière gauche!


On ne fait pas les choses à moitié nous ! Nous réparons tout ça et continuons notre chemin.Arrivés à Samaipata, qui signifie “repos dans les hauteurs” en Queshua, nous filons au QG...le marché! On y découvrira le Saice, denier plat typique qu’il nous restait à tester.

Petite pause wifi en prenant le dessert suivi d’un petit verre pour célébrer...nos 3 ans de PACS que l’on avait complètement oubliés mais que Facebook nous a gentiment rappelés 😛 #romantismebonjour

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Ce matin, nous prenons la route de Samaipata, notre prochaine étape bolivienne.


La route en lacet est souvent coupée par les très nombreux troupeaux de biquettes, de vaches, et autres ânes, chiens et cochons #muytipico.


Avec les freinages à répétitions, un nouveau bruit apparaît...Ce n’est pas très rassurant, surtout sur ce type de route.


Nous ferons donc un stop chez notre tout premier garagiste bolivien!

Il s’agit de Valerio, un italien qui s’est installé à Aiquile il y a 40 ans!


Son garage est attenant à la maison d’un archevêque, où il nous invite à boire un vrai café (fait avec une cafetière italienne s’il vous plaît !).


Heureusement, ce ne sera rien de trop grave cette fois-ci. Le système de réglage du frein dans le tambour était sorti de son logement. C’est très probablement le dernier mécano qui l’avait mal remonté...


Nous y passerons deux petites heures, avant de reprendre la route. Il reste encore pas mal de kilomètres avant Samaipata. Encore un peu fatigués, nous décidons de nous arrêter en plein champ pour passer la nuit, entourés d’un petit troupeau d’ânes. #hihan

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Nous sommes un peu plus reposés que la veille mais nous sentons le besoin de rester au calme, et à pied. Mel et Raph prennent la route de La Paz.


De notre côté, ce sera une journée repos, lessive, blog et geeking, sans oublier un petit passage au QG du Mercado municipal pour le déjeuner#onneperdpaslesbonneshabitudes

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Déjà cinq mois et cinq pays !

Si le compte à rebours du retour a commencé, on compte bien profiter de chaque moment jusqu'au dernier !

Business as usual, les chiffres mis à jour:

  • 32 242 kilomètres
  • 2 528 litres d’essence
  • 321 mètres cube de gaz
  • 112 litres de bières
  • 4904 photos et vidéos

Sans oublier :

  • 13 contrôles de police (passages de frontières exclus)
  • 15 visites chez le mécano

A ciao bonsoir !

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Contre toute attente, nous avons relativement bien dormi. En même temps nous étions tellement épuisés que ce n’était pas si difficile.


Il continue de pleuvoir.


Nous tentons le deuxième chemin indiqué par le GPS - après tous ces efforts ce serait dommage de faire demi-tour. Nous avons parcouru 100 kilomètres en 9h, il nous en reste 40.


Nous partons en reconnaissance à pied sur le chemin, qui passe par le lit de la rivière (qui a doublé de volume avec les pluies...)


On se rend rapidement compte qu’il nous est impossible d’y passer en voiture, même en 4x4, ou du moins pas seuls. Le sol est très mou, et les cailloux sont trop nombreux. Nous risquons de nous enfoncer et de rester coincés.


Vu que personne ne passe par ici et que personne ne sait que nous sommes là, vu que la rivière continue de monter, et que la pluie ne s’arrête pas, nous nous avouons vaincus...et prenons le chemin du retour.


Il va falloir remonter tout ce que nous avons descendu. Nous nous armons de courage, et il va nous en falloir car, avec cet énorme orage, il y a de fortes chances que de nouvelles pierres soient tombées et que la route soit abîmée par les pluies. On croise les doigts pour ne que nous ne soyons pas bloqués...


Certains passages seront très techniques et plus que sportifs...sans compter la pluie, le brouillard, et les nouveaux éboulis qui sont apparus... Nous recommençons à déblayer, à déplacer et à nous frayer un passage tant bien que mal. Nous devons même consolider certains endroits de la piste qui menacent de s’effriter et s'effondrer...

Nous mettrons 8h à regagner Sucre. C’est la lumière au bout du tunnel...Le soulagement est à la hauteur de notre épuisement.


Nous rendons la voiture que nous avons soumise à rude épreuve et allons retrouver Dobby.


En arrivant, quelle bonne surprise ! Nous retrouvons Mel et Raph!! Les pauvres sont terrassés par une tourista carabinée... mais nous sommes super heureux de les voir !


Une bonne douche chaude, un bon plat chaud (au marché) et nous filons au lit, à 21h, ravis d’avoir retrouvé notre chez nous et de s’en être sortis.


Nous abandonnons l’idée d’aller visiter Toro Toro car il faudrait rouler encore toute une journée et louer un nouveau 4x4...pour être honnête, nous avons eu notre dose et acceptons notre défaite, après nous être plus que bien défendus...

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Nous partons en même temps mais dans des directions opposées: nous poursuivons vers Toro Toro et Raph et Mel filent vers Sucre.

Il y a environ 150 km de piste jusqu’à notre destination, et le GPS indique environ 7h...C’est la grande aventure.


La route est sinueuse, tantôt à flancs de montagne tantôt sur les crêtes. Elle traverse des petits villages aux maisons de terre séchée où les habitants passent leur temps à s’occuper de leurs petites plantations, de leur bétail et à mâcher de la coca en permanence.

Certains sont assis en bord de route, les pieds dans le vide, à attendre... on ne saura jamais quoi!

La piste devient de plus en plus défoncée! Nous passons en mode 4x4, autant dobbyzãozão que nous.


Premier lit de rivière asséchée: malgré les capacités de franchissement hors norme de notre Hilux, il faut mettre la main à la patte. Nous déblayons et amenuisons les marches en déplaçant des pierres, passons la courte et ça passe. Nous répéterons l’opération pour les 4 prochains.

Le rythme est donc encore plus lent que prévu et nous sommes bien loin d’imaginer ce qui nous attend encore...


Le ciel commence à s’assombrir et la piste se rétrécit. Par ailleurs la terre laisse progressivement la place à une route de pierres, provenant d’éboulis car les parois des montagnes sont friables et les pluies fréquentes.


Cela fait déjà plus de 5 heures que nous roulons et avons tout juste fait la moitié du chemin. Les traces de pneus sur la route se font très rares, et nous ne croisons d’ailleurs personne. Malgré tout, nous persévérons.


Nous sommes stoppés net par une barrière de troncs d’arbre. Nous décidons de la défaire et de passer. Et puis il n’y a de toute façon pas la place pour faire demi tour.

A partir de cet instant nous serons forcés de nous arrêter quasiment tous les 100 mètres soit pour défaire les barrières suivantes soit pour tenter de déblayer les éboulis de plus en plus nombreux et dont les pierres sont de plus en plus grosses.


On porte et déplace des pierres de 50/70 kilos, des troncs d’arbres mortss. Chaque franchissement devient de plus en plus dur et surtout de plus en plus dangereux. Nous sommes pris en sandwich entre la falaise très friable et le vide. Mais pas d’autre choix que de continuer car il est impossible physiquement de faire demi tour et on ne peut pas rester sur la route, à cause du risque d’éboulis...Sans oublier que le tonnerre gronde de plus en plus fort. Niveau scénario catastrophe on est pas mal...


Nous sommes épuisés physiquement et moralement. Nos mains sont pleines de coupures et nos muscles sont de plus en plus douloureux.


On parvient enfin au niveau de la rivière. C’est le moment de remonter. Il nous reste 6 kilomètres jusqu’au prochain hameau où nous souhaitons passer la nuit - et 40km jusqu’au parc de Toro Toro, notre destination finale.


Nous roulons encore un peu, franchissons un énième lit de rivière asséchée, et là, c’est le drame!


La piste n’est plus praticable en voiture, elle est à peine assez large pour un vélo... Le GPS nous indique une autre route mais la pluie se met à tomber...


Nous faisons demi tour dans la rivière et nous arrêtons sur un endroit plat, surélevé par rapport à la rivière, et suffisamment loin de la falaise pour ne pas se mettre en danger.


La pluie s’intensifie, le tonnerre gronde et les éclairs sont tellement nombreux qu’on dirait qu’il fait jour. Nous sommes bloqués dans la voiture. Impossible de monter la tente.


Nous mangerons nos crudités à la lumière de la frontale sur les sièges avant où nous passerons aussi la nuit...

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Nous récupérons notre Toyota Hillux, un énorme pickup blanc, et prenons la route. Ça y est nous sommes vraiment des locaux ! Et puis ça nous permet aussi de suivre Mel, Raph et le Saint Bernard dans leurs crapahutages. On va même les dépasser, c’est pour dire !

Nous nous rendons dans le canyons de Maraga. Nous y ferons une petite ballade, suivis de Juan Miguel - notre chien adoptif du jour - et découvrirons la Garganta del Diablo du coin et les formations rocheuses vertes et violettes, si particulières à la région.

À notre retour nous aurons le droit à une petite leçon de Quechua (unique langue parlée par les habitants du coin).


Explications: alors que nous retournons aux voitures, une villageoise vient nous réclamer un droit d’entrée. Face à notre réticence et notre mécontentement, son ton rend intelligibles les noms d’oiseaux dont elle nous affuble en Quechua. Nous finissons par céder et quittons rapidement les lieux pour nous rendre sur la piste qui nous mène à Toro Toro.


Nous y trouvons un endroit pour dormir et nous y installons.


De notre côté, vu que Dobbyzãozão n’est pas aménagé, nous planterons la tente...dans la benne!

De leur côté, Mel et Raph font un Check mécanique car ils entendent des bruits louches lorsqu’ils roulent...C’est là que le couperet tombe... les soudures entre les suspensions et le châssis - qui avaient déjà cassé une semaine avant - sont à nouveau rompues.


Il leurs est impossible de rouler sur des pistes dans ces conditions. Pas d’autre choix que de faire demi-tour pour aller les faire réparer...


Nous sommes tous dégoûtés pour la voiture et à l’idée de devoir se séparer à nouveau alors que l’on vient de se retrouver mais malheureusement il n’y a pas d’autre solution.


Nous profiterons au maximum de notre dernière soirée ensemble, et nous promettons de nous retrouver au plus vite, à Rio, en France ou ailleurs.

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Journée logistique: nous planifions notre visite du Parc national de Toro Toro.

Cela implique la location d’un 4x4 - et oui, notre Dobby, bien qu’extraordinaire, ne serait pas à la hauteur des pistes très accidentées que nous allons emprunter.


Une fois ce détail réglé, nous rendons une petite visite au Mercado central, où nous goûtons des plats locaux : le Mondongo, le Chorizo et la soupe de Mani, que nous arrosons de Liñaça (boisson sucrée aux graines de lin) et de Mocochinche (sorte d’ice tea très sucré à la cannelle).

Quelques courses, une session blog et plusieurs bières plus tard, nous retrouvons notre désormais QG, le marché central (#commedeslocaux) histoire de se requinquer avant de retrouver nos maisons respectives pour une bonne nuit de sommeil - histoire d’être en forme pour suite de nos aventures.

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C’est en convoi que nous partons rejoindre la ville de Sucre.

Les distances ne sont pas grandes mais la route sinueuse et l’altitude nous imposent un rythme tranquille.

Nous nous arrêtons dans un resto de routier - histoire de renforcer nos défenses immunitaires - avant d’enfin rejoindre la capitale constitutionnelle du pays (la Paz en étant la capitale administrative).

Sucre est une charmante ville coloniale, plutôt tranquille. En revanche, il nous faut du courage et surtout de bons mollets pour arpenter ses rues très pentues.

Et d’ailleurs, nous nous récompenserons de nos efforts en sirotant de la Potosina, bière locale qui nous avait échappée à Potosí

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Aujourd’hui nous quittons Tupiza pour nous rendre à Potosí.


Inscrite au patrimoine mondiale de l’UNESCO, elle est perchée à 4090 mètres d’altitude. C’est d’ailleurs la plus haute ville de plus de 100 000 habitants au monde.


Mais elle est surtout connue pour la mine qui la surplombe : le Cerro Rico. On y extrait encore de l’argent, de l’étain, du fer et du zinc. C’est là la principale activité économique de la ville - et accessoirement une des principales ressources économiques du pays.


Nous visitons son centre historique, et nous arrêtons déjeuner au Mercado central. Nous y sommes les seuls gringos. On fera difficilement plus typique!

Pour continuer notre exploration culinaire, nous goûtons au Tawas-tawas, des petits beignets sucrés soufflés, un délice ! A tel point que nous irons en racheter une fois la première fournée engloutie

Mais l’événement marquant de la journée sera tout autre. Nous recouvrons enfin Mel et Raph que l’on avait quittés il y a plusieurs semaines.


Nous partagerons nos anecdotes et expériences respectives autour de quelques bières, comme au bon vieux temps, et ça fait du bien!

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Dernier jour, dernier réveil à 4h30, mais c’est pour la bonne cause car ce matin nous allons voir le lever du soleil sur le salar.


Nous roulons sans phares, dans la nuit noire (#poètedudimanche) sur une étendue de sel qui paraît sans fin. C’est une sensation assez particulière et déroutante.


Nous nous arrêtons au milieu de nulle part et observons le lever du soleil, émerveillés.

Puis nous nous rendons à l’isla Incahuassi, une île peuplée de cactus géants en plein cœur du salar.

Clin d’œil culture: cette île était habitée par une famille Quechua venue se réfugier sur le salar pour fuir les colons espagnols (et l’esclavage). Pour ne pas mourir de soif, ils plantèrent des cactus, unique source d’eau douce sur cette île entourée de sel.


Nous nous rendons ensuite sur les parties inondées du salar. Entre janvier et juin, c’est la saison des pluies en Bolivie et une partie du salar se gorge d’eau, produisant un effet miroir. On a l’impression de flotter entre ciel et terre.


C’est donc l’heure de la séance photo traditionnelle, mais on vous prévient le rendu photo n’a rien à voir avec la réalité, c’est beaucoup, beaucoup mieux en vrai !

Nous essayons de nous rattraper avec les photos de touristes « types » mais les talents de photographe de Martin laissent à désirer...On vous laisse juger par vous-même...

En revanche nous aurons la chance d’observer des « Ojos del salar » ce fameux trou dans la croûte de sel, qui permet au salar de «respirer ».

C’est l’occasion d’en apprendre un peu plus sur ce désert de 13 500 km carré, le plus grand salar au monde, dont la croûte de sel peut atteindre 120 mètres d’épaisseur et qui constitue par ailleurs environ 70% des réserves de lithium mondiales. Si aujourd’hui le minéral mou est exploité de façon expérimentale, il y a fort à parier que d’ici peu l’extraction du lithium y sera intensive, et mettra en péril, ce lieu exceptionnel.


Et voilà, sur cette joyeuse note, c’est déjà l’heure du retour ! Nous laissons Emma et Claire à Uyuni, et regagnons Tupiza avec Martin et Beatriz pour y retrouver notre Dobbyzao adoré.

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Debout à 4h45, nous partons à 5h en direction des geysers de Sol de Mañana.

D’énormes fumeroles se dégagent du sol et des petites piscines naturelles regorgent d’un liquide grisâtre en ébullition. Le paysage est assez irréel.

Petite déception cependant car on ne voit pas l’eau jaillir du sol mais le spectacle n’en reste pas moins unique, et encore plus lorsque le soleil se lève !

Nous nous dirigeons ensuite vers la laguna Colorada. Alors que nous en sommes en route, nous nous arrêtons en plein milieu du désert pour prendre le petit dej et déguster les pancake que Beatriz nous a concocté ce matin!


Le ventre bien repli, nous arrivons à la laguna Colorada. Il porte bien son nom: les couleurs y sont en effet incroyables. Et, histoire de parfaire le tableau, il est peuplé d’une immense colonie de flamants roses.

Nous continuons à remonter vers le nord et le salar. Nous passons par le désert de Siloli, et son « arbol de piedra », et longeons de magnifiques lagunes entourées de sommets enneigés.

Nous arrivons finalement à notre hôtel du jour: un hôtel de sel ! Il est fabriqué quasi exclusivement en sel: les tables, les chaises, les sommiers, le sol, tout est fait de sel!

Nous y laissons nos affaires et partons prendre l’apéro sur le salar - rien que ça et oui, après l’apéro debout, c’est l’apéro sur le salar !

Dernier dîner avec nos compères, une petite douche chaude et au lit car demain, nous nous levons ENCORE à 4h30. #quandy’enaplusy’enaencore!

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Nous partons à 7h pétantes.


Les routes défoncées, les pistes de sables, les passages de gués nous font apprécier le 4x4 !


Le programme du jour est chargé:

  • le village fantôme / les ruines de San Antonio de Lipez, où ont vécu les Quechuas - ensuite réduits en esclavage par les colons espagnols, qui les utilisaient pour exploiter la mine sur laquelle ils avaient bâti leur village
  • la laguna Morijon
  • le volcan Uturuncu
  • la laguna Hedionda et son immense colonie de flamants roses de trois sortes :
  • le petit salar de Chalviri
  • le désert « Salvador Dali »

Et nous finissons en beauté au village de Sol de mañana, où nous nous baignons dans des piscines naturelles à 37/38 degrés. Un pur bonheur !

Nous passerons encore une soirée au top avec Claire et Emma. Les discussions sont animées et les fou-rires nombreux!


Nous nous couchons vers 21h30 car le réveil du lendemain est fixé à 4h45! Et oui le sud Lipez ça se mérite!

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Ce matin c’est le grand jour. Nous partons pour 4 jours de tour, direction le Sud-Lipez et le fameux Salar d’Uyuni!


Départ 7h30. Nous rencontrons notre guide Martin et sa femme, Beatriz, la cuisinière mais aussi les deux filles avec qui nous ferons le tour : Claire et Emma, deux belges que nous trouvons ultra-sympas dès le premier abord.


Petit aparté : Emma vit...à Rio! Drôle de coïncidence!


Nous prenons donc la route à bord d'un vieux Toyota Land Cruiser, ultra équipé et robuste, ce qui va s’avérer plus qu’utile.


Nous commençons par visiter les canyons aux alentours de Tupiza: le canyon del Inca et del Duende, ainsi que la fameuse Puerta de Diablo.

Puis nous partons pour le Sud Lipez. Les routes sinueuses et caillouteuses nous emmènent vers les sommets. Nous passerons les prochains jours entre 4000 et 5000 mètres d’altitude.


Les paysages de canyons et de montagnes que nous traversons sont sublimes. Ça mitraille dans tous les sens.

Sur le chemin nous ne croiserons que les habitants du coin: les autruches, les vicuñas et les lamas qui peuplent les environs. Par chance, c’est la saison des naissances. Nous pourrons donc observer des bébés lamas, pas plus vieux qu’une ou deux semaines. #trentemillionsdamis

Nous poursuivons vers l’ouest, et tout à coup, de nulle part, jaillit la ciudad del encanto. C’est une forteresse de sable naturelle de cheminées, de pics et de parties plus planes, qui s’est formée avec l’érosion. On se croirait dans le seigneur des anneaux. C’est magnifique!

Nous continuons nos pérégrinations à coup de “ooooh” et de “wahou” jusqu’à notre arrivée à Rio San Pablo, village quasi désert de 3 rues, où nous passerons la nuit.

La maison est basique mais c’est propre et les lits sont très confortables - et c’est tout ce qu’on demande. Pour la petite histoire, notre dernière nuit dans un lit date de Salvador au Brésil, il y a 4 mois... On est au top dans Dobbyzão !


Après une partie de cartes et un petit bac’ endiablé, nous dévorons l’excellent repas que nous a concocté Beatriz, en compagnie de Martin, et de nos compères belges, avec qui nous nous marrons comme des bêtes.

Épuisés, nous mettons le réveil (à 6h15 ) et nous nous endormons comme des bébés...à 21h #trentenaires #cestfatigantdevoyager!

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Nous ne partons pour le salar que demain.


Au programme du jour: sac, courses, blog et surtout l’achat du billet de retour pour la France. Et oui, le temps passe vite ! Et il ne nous reste qu’un mois et demi de voyage sur les 6 prévus !


Nous rentrerons donc le 10 mars, après 3 semaines à Rio, dont une pour notre troisième et dernier carnaval ! #cariocasdagemma #crisedefoie


Ça nous fait tout drôle de nous dire que le voyage se termine, que nous quittons vraiment le Brésil. On est à la fois tristes et super contents de retrouver nos proches après quasiment 3 ans à l’étranger!

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Journée route. Nous avons 500 kilomètres à parcourir avant d’atteindre la ville de Tupiza en Bolivie.


Nous retraversons la quebrada de Humahuaca jusqu’à la frontière de La Quica.

C’est notre premier passage en Bolivie, dernier pays avant de retrouver notre cher Brasilllll et la France


Le passage de frontière se fait sans histoire et nous voici sur les routes boliviennes.

Tupiza n’a pas d’intérêt en soit mais c’est un point de départ - bien moins touristique qu’Uyuni- pour les excursions du Salar et du Sud Lipez.


Et non, nous n’emmènerons pas Dobby sur le Salar, il ne s’en remettrait pas . D’une part, on peut s’y perdre, rester bloqués pendant plusieurs jours et surtout le sel est extrêmement mauvais pour la mécanique et l’électronique des voitures.


Nous passerons une fin de journée et une nuit tranquille. Ce sera l'occasion de goûter au "pique macho", plat typique du coin, que nous arrosons de notre toute première bière bolivienne, la Pacena 😉

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On commence par un point culture/géographie: les geysers du Tatio aussi appelés Tatio Malku (l’ancêtre qui pleure en langue atacamène) se situent à 4350 mètres d’altitude, tout près de la frontière avec la Bolivie. Ils se visitent très tôt le matin car c’est à l’aube qu’ils sont le plus visibles. En cause: l’écart thermique entre la température de l’eau très chaude et la température extérieure encore très froide (même en été, il fait -5 degrés...). Sur ce site on peut observer une quarantaine de geysers soit 11% des geysers de la planète.


Nous nous levons donc à 5h, pour être prêts à 5h30, heure de l’ouverture.


Alors que l’on attend une confirmation de l’ouverture par l’administration, Hortense nous fait un revival du Pérou. Mal de tête, hyper-ventilation, envie de vomir...


On passe à l’infirmière pour un petit coup de vomito et d’oxygène mais rien n’y fait ça ne passe pas. Hortense est au bout de sa vie. (Oui oui, David n'a pas hésité à prendre une photo...!)

Nous n’avons pas d’autre choix que de redescendre au plus vite. Safety first, tant pis pour les geysers.


On va se réfugier à San Pedro, où nous nous trouvons un spot pour faire la sieste.


Quelques heures plus tard, Hortense commence à se remettre. Nous prenons donc la route de la frontière...argentine. Et oui, nous allons y faire un passage éclair, pour ensuite rejoindre la Bolivie par le sud.


Nous avançons donc jusqu’au Salinas Grandes, pour une nuit sur le salar.

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Nous nous levons sous un grand soleil. Ce matin : petite lessive, et planification de nos premiers jours en Bolivie. Sans oublier le petit sauvetage d’un camion qui s’est coincé dans la rivière.

Nous aussi nous allons bientôt pouvoir nous rebaptiser « El Saint Bernard » ou plutôt « El Labrador » car il faut rester réalistes 😂😂


Sur les coups de midi nous partons pour les geysers de Tatio, notre dernière étape Chilienne.


Nous entamons la montée (les geysers sont à 4350 mètres d’altitude) et au fur à mesure que l’on avance le ciel se couvre, les nuages se font plus épais, les premières gouttes tombent et la piste se transforme en pataugeoire.

Nous sommes de moins en moins sereins...


Lorsque nous arrivons sur le site, une pancarte nous informe « cerrado por mal tiempo ». C’est fermé ! En même temps vu l’énorme orage qui éclate on comprend.


On ne lâche rien pour autant car repartir sous ses trombes d’eau et avec le peu de visibilité serait trop dangereux. On négocie donc avec l’administration qui accepte de nous laisser dormir sur place et attendre le lendemain pour voir si le temps se dégage et s’ils ré-ouvrent le site.


On peut vous dire qu’on ne faisait pas les fiers dans la voiture. Le tonnerre gronde, les éclairs jaillissent de toute part et la pluie se transforme en neige. #cimerAlbert

On passera la fin de journée et la soirée dans Dobby, au sec et au frais, mais au moins nous serons les premiers sur place demain et nous aurons même un avant goût du spectacle: vu qu’il fait froid, on aperçoit déjà de très nombreuses fumeroles jaillirent du sol.

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Nous nous levons en meilleure forme que la veille.


Aujourd’hui au programme : visite de la vallée de la Luna, puis départ pour Calama.


La vallée de la Luna s’étend sur 12km et fait partie de la cordillère de la Sal. Le long de la piste, nous découvrons des paysages presque irréels: des gorges de sel, des dunes de sable, des canyons et des vallées lunaires. C’est époustouflant. Et comme nous sommes venus avant l’heure d’ouverture, nous y sommes quasiment seuls ce qui nous permet d’en profiter pleinement.

Nous repartons émerveillés en direction du garagiste Frio Ramirez de Calama. Cela ne vous dit rien? Nous non plus rassurez-vous.


Arrivés sur place nous sommes immédiatement pris en charge malgré le fait que le garage soit déjà plein.


On y passera l’après-midi. Au menu: retirer les bulles d’air du système de frein, et fabrication sur mesure de tiges de guidage d'étriers de frein. Et oui, le garagiste de Salta ne les a simplement pas remontées ! #onvouspasselesnomsd’oiseaux

Encore une fois, ces pièces ne sont pas disponibles au Chili, il faudrait donc les importer ce qui prendrait un mois...David devra faire du forcing pour que le garagiste bricole une solution pour tenir jusqu’au retour au Brésil, ce qu’il finit par accepter.


Nous quittons Calama un peu plus serein (pour combien de temps, ça on ne le sait pas ^^) et allons nous installer en bord de rivière pour passer la nuit.

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La journée commence bien. On démarre Dobby et impossible d’enlever la marche arrière. L’embrayage ne répond plus.


Après plusieurs minutes et plusieurs tentatives, on réussit à partir. Mais dès les premiers virages, en plus de l’embrayage, David sent que les freins ne freinent quasiment plus.


On est dégoûtés. Ça ne fait même pas une semaine que nous sommes passés chez le garagiste.


Nous tentons de nous motiver et nous décidons d’aller voir le salar de l’Atacama.


Contrairement au salar de salinas grandes, le salar n’est pas blanc. Il est en fait couvert d’une épaisse couche de poussière et de pierre. C’est immense, et impressionnant de rouler au milieu mais ce n’est pas vraiment ce à quoi nous nous attendions.

Nous décidons alors de changer de perspective. Il y a une lagune qui offre un point de vue surélevé sur le salar. Arrivés à l’embranchement qui y mène, nouvelle déception: c’est fermé! Décidément ce n’est pas notre journée!


C’est a ce moment là que notre rayon de soleil de la journée pointe le bout de son nez.


(Les prénoms utilisés ci-après ont été modifiés pour assurer l’anonymat des protagonistes). Une allemande, Gretchen, toque à notre fenêtre pour nous demander de venir l’aider. Et oui, son mari, Gunther, à réussi à ensabler leur pickup de location! #pasdoué #çafaitdubienquandc’estchezlesautres


Sur place on trouve un petit groupe de français qui nous aidera à pousser. Cependant rien n’y fait il faut tirer avec une sangle.


Par miracle, débarque alors Miguel avec sa camionnette et une chaîne! Et hop, 5 minutes plus tard, Gunter et Gretchen repartent comme en 40.


De notre côté nous restons un peu dépités. Nous allons passer un peu de temps dans un café avec wifi pour planifier la suite. Évidemment, le wifi est pourrave ...


Pour parfaire cette journée de la loose, nous galèrerons à trouver un endroit pour passer la nuit...


Nous nous posons et nous apaisons un peu. Après avoir sérieusement envisager de mettre Dobby dans une casse chilienne, nous revenons à la raison et décidons d’aller le lendemain à Calama (grande ville la plus proche) pour faire les réparations et continuer nos folles aventures !

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On se réveille. On est vivants 😉 En fait, il n’a pas fait froid, on s’est même payé le luxe d’avoir chaud ! #deception 😉

Ce matin, le ciel est dégagé. Nous pouvons donc profiter pleinement des paysages et prenons le petit dej avec vue sur le lac et les flamants roses au loin, encerclés par des sommets volcaniques enneigés. Not too bad !

Nous tentons ensuite de nous rendre au salar de Tara. Nous passons en mode 4x4. Il n’y a pas vraiment de pistes ni d’indication, mais comme vous vous en doutez à ce point, on fonce!


On passe devant les « monjes », monuments naturels formés par de la lave en fusion qui s’est solidifiée au contact de la neige des glaciers, et qui a ensuite été sculptée par le vent et l’eau.

Puis c’est le désert...on essaie tant bien que mal de suivre les traces. Les montées et descentes s’enchaînent, sur un sol plus ou moins meublé. Et là, on arrive à une descente en dévers. C’est le point de non-retour.


Nous pourrions probablement la descendre, en revanche la remonter serait probablement compliqué. Nous n’avons pas El St Bernard à nos côtés, et on le répète, on est seuls eu milieu du désert.


La voix de la sagesse se fait entendre et nous rebroussons chemin. Sans regret. On se console en se disant que l’on se rattrapera avec le salar d’Uyuni.


Nous poursuivons notre route, nous arrêtant toutes les 15 minutes pour immortaliser ce lieu magique fait de plaines désertiques, de volcans, de sommets enneigés, de plaines vertes, de salars, de lacs où se reflètent les sommets et où se baignent les flamants roses. On n’a jamais rien vu de pareil!

Nous passons au pied de l’immense volcan Licancabur et arrivons ensuite à San Pedro de Atacama.

C’est une petite ville ultra touristique, où nous ne nous éternisons pas. Petite pause course et essence, et nous filons vers les lagunas Miscanti et Miñiques.

Nous nous paierons ensuite un coucher de soleil de fou, sur fond de salar et passerons une nouvelle nuit dans les hauteurs, au dessus des 4000 mètres.

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Aujourd’hui, c’est notre tout dernier jour en Argentine. Ça fait tout drôle! On y fait quand même des aller-retours depuis presque 3 mois! Mais on va finir en beauté.


Pour commencer il fait beau.


Après un passage éclair à Pumamarca et sa montagne aux 7 couleurs (bien moins impressionante que celle du Pérou on doit bien se l’avouer, sans vouloir faire les voyageurs aigris), nous prenons la route 52.

Et là, la magie opère. Les panoramas de montagnes colorées, de canyons, de failles gigantesques, de précipices sans fond sont sublimes. On en prend plein la vue !

On franchit le col de Poterillos (4170 mètres) qui débouche sur un haut plateau immense au milieu duquel apparaissent les « salinas grandes », tel un mirage.


Nous y ferons une pause pour marcher sur la croûte de sel, faire un bon vieux selfie de touristes et admirer l’effet miroir que le salar produit à l’horizon.

La route continue ensuite jusqu’a la frontière chilienne et au poste du Paso de Jama. Là, les paysages et la météo sont tous autres. Le ciel se couvre et la neige fait son apparition. C’est parfait puisque nous avons décidé de dormir juste après la frontière, dans les prémices du désert d’Atacama, à 4200 mètres ! 😉

Nous passons la frontière et pénétrons dans le fameux désert le plus aride au monde. Bon la tout de suite il pleut mais on veut bien croire le routard.


En tout cas les paysages restent tout aussi incroyables, et le ciel menaçant donne même un petit côté mystique.

On se dégote un super spot à l’abris du vent, juste au bord d’un lac. Et pour finir en beauté, la pluie cesse et David pourra même manger dehors. (Oui, encore une fois!)

On se prépare pour le grand froid, en mode nuit sur l’Antarctique. On sort les duvets en plus de la couette, les vêtements de haute montagne au cas où, et on se cocoone. Ça va être sportif 😉

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Nous nous levons au milieu d’un troupeau de biquettes.

Il fait gris mais nous sommes bien décidés à aller découvrir ce canyon de plus près, et nous ne serons pas déçus cette fois. La rando qui suit le lit asséché de la rivière, nous mène tout au fond du canyon coloré.

Nous disons au revoir à nos biquettes et quittons le petit village d’Uquia, direction Humahuaca, et sa fameuse montagne aux 14 couleurs, appelée Hornocal. Après avoir vu la montagne aux sept couleurs au Pérou, nous avons hâte de découvrir celle-ci !


Malheureusement, au fur et à mesure que nous avançons, les nuages se font plus denses et plus menaçants. Vaillant guerriers, nous décidons tout de même de continuer, dans l’espoir que ça se dégage une fois en haut.


Nous empruntons la route en lacet jusqu’à atteindre ”lo cerro de los 14 colores”, à 4350 mètres d’altitude.

Comme vous pouvez le voir, la vue est magnifique . C’est une nouvelle manifestation de notre chance habituelle avec les points de vue et randos.

Nous empruntons tout de même le sentier qui mène à un second point de vue plus avancé. Nous parvenons à prendre quelques photos - de mauvaise qualité - del Hornocal mais on est loin des 14 couleurs, c’est plutôt 50 nuances de gris, en moins sexy.

C’est la vie ! On ne peut pas gagner à tous les coups. Et puis, on a quand même été plutôt chanceux côté météo et paysages depuis le début du voyage.


Nous regagnons donc la ville de Tilcara pour profiter du “festival” qui s’y déroule. Bon en fait c’est plutôt une petite fête de village, avec spectacles de danse traditionnelle et stands de nourriture locale, mais c’est plutôt bonne ambiance.

Nous terminons la soirée en nous offrant un bon resto. L’agneau au merlot et le lama sont un régal #plaisirsnoncoupables

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Nous nous levons avec le chant du coq, frais comme des gardons, prêts pour de nouvelles péripéties!


Nous prenons la direction de la Quebrada de Humahuaca. Il s’agit des confins de l’Argentine, sa partie la plus andine, quasiment bolivienne. Inscrite au patrimoine mondial de l’UNESCO, pour ses paysages, sa biodiversité et son histoire, elle concentre quelques 10 000 ans de civilisation.


La route 9 qui la parcoure, est ponctuée de paysages à couper le souffle et de petits villages mi-typiques, mi-touristiques.

Nous nous arrêtons à Tilcara pour une pause dej, course et café et poussons jusqu’à la Pucara de Juella.


Le routard nous annonce une rando de 2h, dans un cadre de montagnes colorées exceptionnel, jusqu’à une forteresse atacamène. En réalité il s’agit plutôt d’un chemin qui mène à une sorte de forêt de cactus sur un haut plateau. L’aller-retour nous prend moins d’une heure...Nous restons donc sur notre faim... Bon a posteriori, on se dit qu’on a clairement pas dû prendre le bon chemin. #pasdoués

Pour nous consoler, nous allons nous installer au tout début de la sublime quebrada de las señoritas, en vue de s’y balader le lendemain.


Nous y prendrons même l’apéro avant que l’orage n’éclate et nous pousse à rentrer nous réfugier. #onneperdpaslenord

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Cette fois nous serons les premiers sur les lieux.


A 9h30, le travail reprend - mais un peu trop lentement au goût de David qui est comme un lion en cage.


Heureusement pour sa santé mentale, ils finissent les réparations, et nous pouvons enfin quitter Salta...il est 17h...!

Nous partons pour le nord du nord ouest, direction la quebrada d’Humahuaca, mais ce soir nous nous arrêtons en rase campagne, au bord d’un lac, au calme et au frais pour se ressourcer un peu avant de continuer nos (folles) aventures. On en a bien besoin!

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A 9h, nous sommes devant le garage, qui ouvre à 9h30.


Le garagiste a du mal à retirer la pièce cassée - le joint de cardan. Puis il a du mal à mettre le nouveau joint de cardan, le nouveau roulement et le moyeu car les pièces ne sont pas exactement les mêmes. Ils vont devoir les customiser puis tout remonter.


Nous y passerons la journée entière et même la nuit ! Et oui, la voiture est immobilisée...donc pas d’autre choix, nous dormirons au garage, la voiture surélevée sur le pont - une première !

Au moins, c’est calme et sécurisé. On a le wifi et on peut même prendre une douche ! Par contre pour le glamour, on repassera !

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Contre toute attente, nous passons une plutôt bonne nuit.


Nous sommes dimanche, les garagistes sont donc tous fermés. Cela nous laisse le temps d’aller visiter la ville.


Salta est la plus grande ville du nord ouest argentin. Fondée en 1582, celle que l’on surnomme “Salta la Linda” (ou Salta la belle) et qui abrite désormais un demi-million d’habitants, mêle passé colonial et modernité.

Nous nous baladons dans le centre historique, puis empruntons le téléphérique pour nous rendre au cerro San Bernardo, qui offre une vue panoramique sur la ville.

Après une petite sieste, nous redescendons les 1000 et quelques marches et allons déjeuner dans un petit boui-boui défraîchi. Nous goûtons à deux des trois options proposées par la maison: les empanadas et le tamales, une découverte. Il s’agit d’un plat typique composé d’une pâte de maïs et viande, entouré d’une feuille de maïs et cuit à la vapeur. Un délice !

Une petite pause digestion sur la place centrale et nous regagnons nos quartiers...


Nous passerons la fin de soirée à squatter le wifi de la station service, repoussant le moment d’aller se coucher. Et oui, la boîte de nuit ouvre même le dimanche. #bonheur #ironie #vivementdemain!

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Après une bonne nuit de sommeil, nous commençons la journée par une petite marche sur les hauteurs. Comme le dit si bien David, il faut se bouger un peu où nos fesses et les sièges de Dobby ne feront plus qu’un!


Nous continuons ensuite, toujours sur la route 40, toujours plus caillouteuse.


La plaine verte laisse petit à petit place à des plateaux semi-désertiques, plantés de cactus “candélabres” et couronnés de montagnes multicolores.


Nous entrons ainsi dans le parc national de los Cardones, qui tient son nom de cette variété de cactus et que nous traversons sur la recta Tin-Tin, cette portion de route toute droite, et asphaltée (graça a deus) sur 14 kilomètres.

À peine le temps de se faire à ce nouveau paysage que nous en changeons déjà ! Fini la recta Tin-Tin, nous retrouvons les lacets étriqués du col de la pedra del molino, qui culmine à 3350 mètres.

Hortense fait ses classes sur la route de montagne, qui se transforme en piste alors que nous empruntons la Cuesta del Obispo. Tudo bem, on y va tranquille...


Sauf que pour Dobby, ce n’est pas tudo bem du tout... On entend tout à coup un rugissement de douleur. On s’arrête dès que l’on peut...sur une petite aire d’urgence, entre lacets étroits et ravin.


David ausculte Dobbyzao, et le verdict tombe: le cardan avant gauche nous a lâché. On ne peut donc plus bouger. SU-PER ! La journée avait pourtant si bien commencé !


Évidemment, à cet endroit il n’y a aucun réseau.


Hortense arrête successivement deux voitures et leur demande de prévenir le garde-chasse du parc pour qu’il prévienne la police à son tour. Sauf que nous n’avons aucun moyen de communiquer et donc aucune certitude sur l’aboutissement de cette stratégie.


Une heure et demi passe et toujours pas de police en vue. David décide de tenter sa chance avec la borne d’appel d’urgence, mais bien sûr, personne ne décroche...

On arrête un bus de touristes en se disant qu’il y aura peut être un téléphone satellite mais c’est raté. Le chauffeur et la guide nous disent qu’ils appelleront une dépanneuse une fois arrivés en ville. Mais encore une fois, aucune certitude, et toujours pas de police ni de dépanneuse.


La nuit va bientôt tomber, et c’est samedi soir...On est au top!


Sans autre solution, on se décide finalement à se séparer: David fera du stop jusqu’à la prochaine ville (à 1h30 de route...) pour tenter de trouver un dépanneur et Hortense restera avec Dobby.


C’est à ce moment que deus nous est apparu. Totalement par hasard, une voiture de police passe. Nous l’arrêtons et expliquons la situation. Ils embarquent David, et filent à toute allure vers la ville la plus proche.

4 heures passeront. Hortense attendra bien sagement dans la voiture, son angoisse augmentant un peu plus à chaque nouvelle heure qui passe. David, lui aura vécu bien des aventures. Les policiers, après avoir dévalé la route, contacteront pas moins de 7 entreprises avant de trouver une dépanneuse disponible. Ils négocieront même le prix pour nous, pour éviter que l’on se fasse avoir.


Notre sauveur arrivera de Salta en environ 1h, récupérera David et remontera toute la route, pour aller récupérer Dobby (et Hortense ).


Lorsqu’ils arrivent enfin, il est 22h00. Hortense n’y croyait plus et se voyait passer la nuit seule, sur le flanc la montagne, au bord du vide. #dramaticmuch?


Le dépanneur qui mâche frénétiquement ses feuilles de coca, charge Dobby, et nous prenons la route.

Il fait nuit noire, et pour rappel, nous sommes en plein milieu de la cuesta del obispo, et ses lacets de terres ultras serrés... Histoire de nous mettre à l’aise, le dépanneur nous montre une croix, au niveau d’un virage, et nous explique qu’un chauffeur de bus un peu trop pressé a fait valdinguer une vingtaine de personnes droit dans le vide, juste à cet endroit. #ambiance


Après 3h de route, nous arrivons épuisés à Salta.


Le dépanneur - après avoir essayé de nous arnaquer et d’augmenter le prix (taxe gringo oblige) - nous laisse, à notre demande, au bord d’une avenue ultra passante, à côté d’une boite de nuit, en face d’une station service.


C’est très bruyant mais ça a le mérite d’être près des garages et à priori c’est safe, et puis nous sommes tellement fatigués que nous tombons comme des mouches.

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Bien décidés à profiter de la jolie lumière de début de journée et à éviter la chaleur et les hordes de touristes en bus à double étages, nous nous activons et partons au plus tôt à la découverte de la Quebrada de Las Conchas ou Canyon des coquillages (en référence à la mer qui recouvrait les Andes il y a 2 millions d’années).


Celle-ci s’étire sur une trentaine de kilomètres et offre une superbe palette de couleurs: le vert de vallée contrastant avec l’ocre, le rose, le brun, le jaune des parois du canyon, façonnées en diverses formes par le vent et l’eau.


Nous parcourons la route qui traverse le canyon, nous arrêtant quasiment à chaque virage pour prendre des photos. C’est un vrai régal! D’autant plus que nous sommes seuls du début à la fin !

Arrivés à la dernière formation rocheuse, nous faisons une petite pause café, et prenons ensuite le chemin du retour, direction Cafayate.


Après une copieuse pause dej, nous décidons de nous continuer à remonter vers Salta. Nous récupérons à nouveau la route 40. (Vous l’aurez compris, cette route longe la cordillère des Andes, de Ushuaia jusqu’à la frontière bolivienne, traversant littéralement le pays du nord au sud).


Sur le segment Cafayate-Salta, l’asphalte laisse place à une piste très caillouteuse, qui traverse tour à tour canyons, plaines, zones semi désertiques et montagnes.


Nous commençons par sillonner le canyon de las flechas. Complètement différent de la quebrada de las conchas, celui-ci est de couleur blanc/beige/gris et ses parois sont comme découpées en pics acérés. D’une sécheresse presque oppressante, la végétation y est complètement absente.

Nous sommes donc assez surpris lorsqu’il débouche sur une immense plaine, pleine de verdure, et de vaches paissant tranquillement.

C’est là que nous nous arrêterons pour la nuit, à la fraîche.

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Aujourd’hui c’est direction Cafayate.


Après une petite pause dej dans le jardin d’une eglise #deuséfiel, nous atteignons les ruines de Quilmes.


Attention spolier: Quilmes n’est pas seulement une marque de bière. Et aujourd’hui ce n’est pas la brasserie que nous visiterons.


Les Quilmes font partie de la nation Diaguita. Au 9ème siecle, ils s’installent sur les versants de la vallée de Cafayate et y construisent une ville. Peuple vaillant, ils résistèrent à de nombreuses tentatives d’invasion (incas et autres tribus locales) mais plieront finalement face aux espagnols en 1665, après 130 de résistance. Ce n’est qu’à la fin du 20eme siècle que l’Argentine a reconnu ce peuple en tant que tel et lui a restitué ses terres.

On peut aujourd’hui visiter les ruines de la ville originelle, et le village Quilmes, où vivent désormais les descendants des quelques Quilmes ayant réussit à s’enfuir.

Les ruines et artefacts qui y ont été retrouvés témoignent de leur ingéniosité. Comme le dit David ils n’ont pas grand chose à envier à leurs voisins Incas, pourtant bien plus médiatisés qu’eux.

Fin de la pause culture. Sur le chemin du retour nous prenons un passager “en stop”. Vu que nous n’avons que deux places assises dans la voiture, il voyagera 5 kilomètres sur le marche-pieds. 🏻

Nous atteignons Cafayate. Une petite vidange pour Dobby et quelques courses plus tard, nous nous arrêtons dans les prémices de la Quebrada de Las Conchas, que nous découvrirons le lendemain.

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Journée chill.


Nous rechargeons les batteries - on en a besoin 😉 - et rattrapons notre retard sur le blog.


Nous en profitons pour offrir à notre cher Dobbyzao un petit ravalement de façade. Lui aussi, il en avait besoin, on dirait presque qu’il est neuf 😛

Rien de plus à ajouter ! (Profitez-en, c'est rare qu'Hortense n'ait rien à dire 😉)

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La route de los seis miles, comme son nom l’indique, passe au pied de nombreux volcans culminant à plus de 6000 mètres d’altitude, dont le plus haut volcan actif au monde: le volcan Ojos del Salado.


Elle traverse aussi le parc national Neves Très Cruces et ses lagunes - la laguna Santa Rosa, la Laguna del Negro Francisco et la Laguna Verde - où des colonies de flamants roses ont élu domicile.


À mesure que l’on se rapproche, la route devient plus accidentée.

Nous tenons le cap et atteignons la Laguna Santa Rosa, perchée à 3750 mètres. La vue y est incroyable. Les sommets enneigés des “Nevado Très Cruces” se reflètent sur les eaux limpides de la lagune. Des flamants roses, hauts perchés, viennent parfaire le tableau que nous ne nous lassons pas d’immortaliser.

Sur le point de prendre la route la laguna Del Negro Fransisco, nous croisons Raph et Mel. Ils confirment nos doutes: la piste pour s’y rendre est difficile, même en 4x4. Nous sommes téméraires mais pas inconscients, et renonçons donc à nous y rendre.


En lieu et place, nous nous dirigeons vers la Laguna Verde, et finalement nous n’avons pas perdu au change. Les photos parlent d’elles-mêmes.

C’est à nouveau l’heure de nous séparer. Nos comparses vont tenter de monter sur Ojos del Salado, dont une partie est accessible en 4x4. Ils partiront ensuite pour la côte chilienne, et ses spots de surf.

De notre côté, nous repartons côté argentin pour découvrir la région du nord ouest, autour de Salta et de Cafayate.

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Nous prenons la route de Copiapo, étape obligée pour faire le plein d’essence avant de se diriger vers la Ruta de los 6000 et le parc Neves Très Cruces.


En effet, une fois passé cette ville, la prochaine station est à plus de 500 kilomètres, et en comptant les balades dans le parc, nous risquons d’être à sec. On prend donc nos précautions, et achetons un jerricane de 20L, juste au cas où.


Nous nous séparons ensuite de nos acolytes qui sont plus pressés par le temps que nous, et avançons tranquillement vers les sommets.

Ce soir, nous nous arrêtons juste avant le parc, histoire de continuer à s’acclimater en douceur, en compagnie d’un troupeau de biquettes alléchées par l’odeur de nos délicieuses fajitas.

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On vous parlait du comique de répétition dans l’article précédent...et bien voilà, encore une nuit blanche, encore du reggeaton. Au moins on approfondit notre connaissance de la culture argentine


Bon, ce matin, frais comme un lendemain de gueule de bois, nous prenons la route du passage des Pircas Negras et de la laguna Brava.


On est un peu sur nos gardes, car l’office du tourisme nous a dit que pour la Laguna Brava, un guide était obligatoire et le routard indique qu’il faut avoir un 4x4...

On relativise un peu: le rôle de l’office du tourisme est quand même de nous faire prendre une excursion pour développer le tourisme dans la région. Quant au Routard, c’est un guide pour les voyageurs en sac à dos, pas vraiment orienté road trip. Et puis Dobby a pris de la bouteille, plus rien ne l’effraie On se met donc en mode warrior et on y va. #Dobbytoutterrain


Les 80 premiers kilomètres, la route est asphaltée. Tudo bem. Puis nous prenons une piste très peu large à travers un canyon. Encore une fois, tudo bem! À tel point qu’on double un Pick-up un peu trop lent au goût de David (Imbert) Schumacher .

On repasse sur de l’asphalte, traversant la plaine, jusqu’au flanc de la montagne andine. C’est le moment de vérité !

Alors que nous entamons la montée, les paysages commencent à changer. Nous sommes émerveillés - autant par les paysages, les formes et les couleurs que par le fait que Dobby tienne le coup!

Et nous ne sommes pas au bout de nos surprises. On progresse et on franchit les 4000 mètres. Dobby ne lâche rien, même si on est souvent en 1ère, et Hortense non plus! Elle qui avait été si malade au Pérou, est au top de sa forme!


On touche enfin au but: la laguna Brava, sa couche de sel, et ses mini tornades. C’est à couper le souffle.

Malgré le vent qui se déchaîne, David se paie le luxe de déjeuner dehors. On se refait pas

Nous poursuivons jusqu’à la frontière, et quelques kilomètres après, nous apercevons El St Bernard au loin

Nous irons nous installer en “basse altitude”(à 3400m) pour passer la nuit.

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La nuit aura été presque parfaite... Alors que nous dormons comme des bébés, en plein milieu de la nuit, nous sommes réveillés par la douce mélodie du reggaeton #ironie #lagasolina #eltaxi. (Oui, nous utilisons le comique de répétition et oui nous ne connaissons que très peu de titres de reggaeton )


Nous ne parvenons pas à déterminer d’où vient la musique, car les petites anses du lac font résonner les basses, mais en tout cas, c’est comme si nous y étions !


Cela va durer une petite heure...Ce qui sera amplement suffisant pour ruiner notre nuit.


Nous nous levons tout de même comme prévu à 7h, pour un petit footing. #masochismebonjour

Plein d’énergie (lol) c’est l’occasion d’une petite coupe estivale pour David. #JeanLouisDavid #Hortensepassioncoiffure

Trêve de plaisanterie, nous avons encore pas mal de kilomètres à parcourir jusqu’au parc de Talampaya, où notre visite est prévue à 16h. Nous lançons donc notre fidèle destrier, direction la ruta 40.


La route jusqu’au parc est incroyable. Nous traversons des zones montagneuses, des zones désertiques et passons par le parc d’Ischigualasto, et ses magnifiques canyons.

Petit aparté: Ce qui est vraiment top c’est qu’ici, tout comme au Chili ou au Bresil, les routes que nous parcourrons et les endroits où nous nous arrêtons sont aussi beaux que les sites touristiques en eux-mêmes.


Retour à nos aventures. Une dernière ligne droite fendant le désert nous amène jusqu’au parc.

Le canyon de Talampaya se visite uniquement par le biais d’un tour organisé. Ce n’est pas le type de tourisme que nous préférons mais cette fois-ci nous n’avons pas d’autres choix. Heureusement, ça en vaut la peine.


Nous empruntons le lit asséché de la rivière Talampaya qui traverse le canyon.

Cette rivière peut monter jusqu’à 1,5 mètres lors de fortes pluies, et interrompre toutes les visites comme ce fut le cas trois jours avant notre arrivée - ce que l’on a du mal à imaginer vu la sécheresse et la chaleur oppressante du lieu. #farwest #wildwildwest


Les parois - particulièrement verticales - du canyon culminent à 150 mètres. L’érosion y a créé de nombreuses cheminées et autres formes géologiques faisant penser à l’architecture de certaines cathédrales (la Sagrada Familia de Barcelone nous assure la guide).

En plus du vol de trois condors, la visite sera aussi l’occasion de découvrir un nouveau petit animal, typique de la région: le Marra. Ce petit mammifère, que nous avions croisé dans les environs d’Ischigualasto, se situe entre le lièvre et le Caipivara (Pour ceux qui ont suivi nos aventures nous avions découverts ces espèces de ragondins gras et haut sur pattes dans le Pantanal).

Petite note poétique: on se sent tous petits face à la force de la nature et la beauté pure qu’elle produit. #pachamama.

Petite note pragmatique : la visite n’en demeure pas moins chère


Nous poursuivons notre route jusqu’à Vila Union, où nous retrouvons Mel et Raph.

Ce sera l’occasion d’un changement de plan: nous remontons toujours vers Cafayate mais au lieu de rester côté Argentin, nous allons traverser le Paso Pircas Negras, passer côté chilien, faire une pause à Copiapo pour faire le plein et retraverser vers l’argentine en passant par le parc national Neves Tres Cruces où nous franchirons la barre des 4700 mètres d’altitude.

En attendant, nous dînons ensemble au bord du lac et nous nous couchons tôt : Mel et Raph se lèveront à 4h le matin suivant.

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Nuit quasi blanche à cause de la chaleur. Cela ne nous était pas arrivé depuis le Paraguay ! Et nous qui nous plaignions du froid il n’y a pas si longtemps.

Nous continuons notre chemin en direction de Talampaya, mais aujourd’hui nous quittons la Ruta 40 et faisons un petit détour par les routes secondaires pour aller pique-niquer au bord d´un lac que David a repéré.

Arrivés sur place...rien ! Le lac s’est asséché ! On a l’air bien bêtes

Nous décidons de poursuivre notre détour pour faire une boucle et récupérer la route 40 le lendemain.


Nous poussons donc jusqu’au lac de Rodéo, et nous ne serons pas déçus! La route est superbe, les paysages sont vraiment incroyables et le lac - qui n’est pas asséché cette fois-ci - est fantastique.

C’est un lac d’eau turquoise entouré de canyons qui forment des petites anses, avec vue sur la cordillère des Andes. Il y a pire...

À notre arrivée le ciel se couvre mais cela ne nous empêchera pas de faire un petit plouf et de dîner dehors.

Passées les quelques micro-gouttes, nous aurons même le droit à un sublime coucher de soleil.

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Obaaaa ! Tout comme nous entrons dans cette nouvelle année, nous entrons aussi dans le dernier tiers de notre voyage...

Quatre mois - et quatre pays - déjà!!! Quatre mois sur la route, quatre mois d'aventures, quatre mois de paysages, quatre mois à se supporter 24/24, quatre mois que Dobby nous supporte 24/24...et se supporte tout seul (ou presque 😉) aussi!

Le temps file à toute vitesse, mais une chose est sûre, on en profite au maximum !

Pour ne pas déroger à la tradition, mise à jour des chiffres:

  • 25 314 kilomètres
  • 2 119 litres d’essence
  • 270 mètres cube de gaz
  • 97 litres de bières
  • 3729 photos et vidéos

Sans oublier :

  • 12 contrôles de police (passages de frontières exclus)
  • 13 visites chez le mécano

Allez, bisous !

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Nous nous levons sous un grand ciel bleu, petit-déjeunons et prenons la route de la Bodega « La Azul ».


Aparté/Mise en contexte: la province de Mendoza est la capitale argentine du vin. Principale région viticole du pays, elle représente à elle seule 75% de la production nationale. S’y côtoient entreprises familiales existant depuis le 19ème siècle et grandes usines modernes produisant à la chaîne. La région se compose de 3 secteurs: la vallée de Maipú, aux portes de la ville, Lujan de Cuyo, qui s’en éloigne de 20 kilomètres et la vallée d’Uco, à une centaine de kilomètres.


La bodega la Azul est située dans la vallée d’Uco. Nous l’avons choisie car c’est une petite maison, ce qui permet d’éviter le côté visite à la chaîne et l’atmosphère ultra guindée de certaines grandes maisons. Mais aussi parce que le repas avec wine pairing y est très recommandé. 😉


Nous nous installons légèrement à l’écart de la terrasse principale, à l’ombre d’un saule pleureur, au top.

La dégustation peut commencer: 3 entrées, un plat principal et un dessert, avec vins associés (à volonté!). Un régal ! #buenaprovecho #bonappétit #exitlesummerbody

Deux heures et demi plus tard, la sieste est un passage plus qu’obligé 😂👌🏻


Nous prendrons ensuite la route vers le nord, direction notre prochaine étape : le parc national de Talampaya.


En attendant, pour ce soir ce sera nuit dans le désert, sous une chaleur étouffante.

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Réveil tardif plus ou moins difficile.


Aujourd’hui nous nous séparons de Raph et Mel pour quelques jours. Eux, vont vers le nord en empruntant la piste 4x4 qui longe la cordillère. De notre côté, nous ferons un petit détour pour aller visiter les vignobles de la région de Mendoza.

Après quelques heures d’une route magnifique, à slalomer au milieu des canyons, nous arrivons au pied du Cerro Pajaritos, où nous passerons la nuit. Et on peut vous dire qu’on a pas traîné. #onn’aplusvingtans

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Ce matin, nous allons voir d’un peu plus près l’Aconcagua - aussi appelé Acon Cahuac, ou sentinelle de pierre en langue Inca.


Vu le prix totalement disproportionné de la journée de trek, nous n’irons que jusqu’au deuxième mirador.


D’ailleurs on se permet de passer un petit coup de gueule rapide (ça faisait longtemps 😂😉) : une des grosses frustrations du voyage aura été le fait que l’accès à quasiment tous les sites naturels soit payant, souvent de manière disproportionnée, et plus cher pour les étrangers... Fin de la parenthèse.


David, Raph et Mel parcourront ces quelques kilomètres en courant, suivis de près par Hortense.


Manque de bol, ce matin l’Aconcagua a la tête dans les nuages. Nous sommes bien contents d’y être passés la veille quand le soleil brillait 😉💪🏻

Nous prenons ensuite la route d’Uspallata, petit bled où nous avons trouvé un camping pour passer le réveillon.

Au programme : apéro, barbecue de folie, partie ultra serrée de TTMC - que Mel et Hortense ont tout de même gagnée 😉- et « visite » d’un bar local, histoire de faire le plein de reggaeton et perdre une partie de notre audition 😂😂😂. #lagasolina #eltaxi

Ps: le DJ a même passé Scatman! C’était la foooolliiiieee #Scatbabilaloupipololooloolop #bipopopolopop (Léa, la référence est pour toi 😉😘😘)


Bref, c’était (encore) une soirée au top du top. #felizañonuevo

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Après une bonne nuit de sommeil, nous continuons notre remontée, où plutôt notre traversée. Aujourd’hui nous allons parcourir le pays d’ouest en est, jusqu’à la frontière du « Paso de los libertadores », direction l’Argentine.


Nous commençons par un petit détour via les dunes de Valparaiso. Des dunes de sables situées en plein dans une banlieue de la ville, et plus hautes que certains immeubles!