Carnet de voyage

Cap autour du monde

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Dernière étape postée il y a 14 jours
Par Capart
365 jours de voyage, qui dit mieux ?
Du 8 janvier 2023 au 8 janvier 2024
366 jours
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Publié le 7 décembre 2022

Un an loin de cette petite vie parisienne... Un an loin de la maison, de la famille, des amis... Un an seule, avec mon sac à dos et mes deux paires de chaussures. Quelle idée ! Pourtant le 8 janvier décollage pour le Népal. Pourquoi le Népal ? Aucune idée. Je souhaitais commencer par la Mongolie mais les températures m'ont dissuadée. Et je n'ai jamais fait de treks. Et j'ai une forme physique pas au top. Et je détester porter un sac à dos. Et j'ai des chaussettes préférées qui ne sont pas compatibles avec la notion de prendre seulement l'essentiel. Mais bon, le billet est pris, l'employeur est prévenu, le camion de déménagement est loué, les au revoir ont commencé et il ne me reste plus grand chose à acheter avant de partir alors... Let's go !


C'est un voyage réfléchi sans l'être vraiment, c'est parti d'une envie lointaine, d'une petite provocation "de toute façon je vais partir !" pour se transformer petit à petit en un projet concret, réalisable et bientôt réalisé. Il fallait bien l'écouter cette petite voix qui me demandait "est-ce vraiment ça la vie que tu veux ? rester à Paris ? dans ces conditions ? ...", et ça allait faire deux ans au même endroit. Et qu'est-ce qu'on fait habituellement après deux ans à Paris ? On va voir ailleurs ! Et cette fois-ci pas besoin d'un VIE, pas besoin de rentrer régulièrement, pas de regrets sur ce qu'on laisse derrière... Car si on part, c'est pour une raison, non ?

Alors il est temps de partir, de ne pas vivre dans le passé et de profiter du moment ! Et comme dirait une nana/ ange dans un des pires films de Noël Netflix de cette année "worrying doesn't take away tomorrow's troubles, it takes away today's peace" : pas d'inquiétude tout va bien se passer !!

Mes plantes vont bien, merci 
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Publié le 9 janvier 2023

Après une semaine assez complexe émotionnellement, mélangeant excitation / appréhension / nostalgie et surtout beaucoup de déni… Il fallait bien le prendre cet avion (enfin ces avions) !

Décollage dans les larmes, mise en mode avion alors que je ne captais déjà plus, lancement d’un film et pouf j’étais déjà arrivée à Istanbul. J’ai commencé à réaliser que je partais, seule, à l’arrivée de cette correspondance. En effet, j’étais exactement au même endroit en novembre 2021 lors d’un voyage à destination de la Thaïlande. C’est en reconnaissant le hall, la borne internet et la porte d’embarquement où j’étais précédemment accompagnée qu’il y a eu un déclic : cette fois tu te débrouilles toute seule ma vieille, et tant pis si ton sac est trop lourd et que tu as envie de t’en plaindre ! (Il fait 12 kilos et j’espère vraiment ne pas devoir faire des treks avec).

L’arrivée au Népal s’est faite sans encombres, le visa obtenu très rapidement et un transfert de l’hôtel m’attendait devant l’aéroport (ce que je considère être un petit luxe, j’avais envie de commencer en douceur). Sieste de récupération dans un lit de bien 2m de large, je risque pas de tomber, puis achat d’une carte sim pour le mois.

Mes premières impression (très hâtives) du Népal, ou du moins de Katmandou, sont les suivantes : ville vivante, grouillante, bruyante. Des klaxons toutes les 5 secondes, une organisation entre les scoots / voitures / piétons qui n’est pas très claire au premier abord, des détritus un peu partout. Et pourtant, on sent qu’il se passe quelque chose… J’ai l’impression que ce bordel fait un peu écho en moi et me permettra d’apprécier d’autant plus la tranquillité prochaine des montagnes.

J’ai commencé dans l’avion le livre Kilomètre zéro de Maud Ankaoua (merci Agnès pour le conseil !). Histoire d’une femme devant se rendre au Népal un peu contre son gré et qui va s’y découvrir. J’ai donc l’intention de suivre les conseils prodigués dans le roman « Chaque instant que tu perds à être malheureuse ne te sera jamais rendu. Tu sais où commence ta vie, mais pas quand elle s’arrête. Une seconde vécue est un cadeau que nous ne devons pas gâcher. Le bonheur se vit maintenant. »

Alors direction le bonheur au Népal ! C’est à dire que je vais au resto goûter leur plat traditionnel héhé

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Publié le 11 janvier 2023

Je ne vais pas vous mentir : c’est une petite claque cette ville.

Si je m’étais un minimum renseignée avant de venir, je n’aurais pas été surprise, tout est déjà écrit dans les blogs et sites de voyages. Ne souhaitant pas me gâcher la « surprise » je suis partie avec pour seules connaissances les dires d’un YouTuber parti 3 semaines au Népal en 2020 et le film disponible sur Netflix « Aftershock: Everest and the Nepal Earhquake » (intéressant mais ne regardez pas avant mon départ du pays). Donc je n’y connaissais pas grand chose…

Aujourd’hui je peux dire que je comprends lorsque les gens disent qu’on adore ou qu’on déteste Katmandou, comme Marseille bébé (mes lectrices d’une autre génération n’auront pas la référence, désolée). Je n’ai pas détesté mais je n’ai pas eu le coup de cœur non plus.

Pour résumer : les temples/ lieux touristiques sont beaux mais pas toujours accessibles aux touristes, il y a finalement peu de choses à voir à Katmandou centre, c’est bruyaaant, on mange très bien.

J’ai fait peu de visites depuis mon arrivée, ayant privilégié une lente acclimatation (petite flemme j’avoue) et le fait de marcher d’un point à l’autre plutôt que de prendre un taxi car il parait qu’il faut se perdre dans les ruelles.

Les quelques visites :

Swayambunath, le Temple des singes, situé sur une colline, auquel on accède par un long escalier composé de 365 marches. J’ai du faire une pause en cours de route, autre que celles pour reprendre mon souffle, car des singes faisaient un blocus et que je n’osais pas passer. Après quelque temps un gentil népalais et sa femme m’ont dit de les suivre, sans ça je risquais de rester bloquée longtemps. J’avais en tête le souvenir d’autres singes d’un autre pays, un poil plus agressifs et l’idée de me faire mordre si tôt dans mon périple ne me plaisait guère.

Le Temple, au delà de ce qu’il représente religieusement (c’est bien expliqué ici : https://fr.wikipedia.org/wiki/Swayambhunath) a surtout été un petite respiration pour moi. Du calme, de la verdure, des petits singes, des plus gros singes, une vue sur la ville. On est loin des klaxons et de la poussière d’en bas.

Ensuite je me suis rendue sur la grande place de Katmandou, Durbar square (https://fr.wikipedia.org/wiki/Place_du_Darbâr_(Katmandou)) . C’est joli, il y a des monuments, des travaux (suite au fameux tremblement de terre de 2015), un ancien palais, des pigeons.

Souhaitant m’extirper de la foule j’ai suivi des ruelles au hasard pour, avec ma chance, tomber sur « Asan Bazar » c’est à dire une sorte de souk népalais… Je tourne à droite : des stands, à gauche : des stands, à droite : des stands… ça ne s’arrêtait pas. Et c’est pas comme si j’avais des choses à acheter (ils proposent plein de marques de sport pour pas cher !). Une expérience assez amusante car l’ambiance y est différente des rues plus classiques de Katmandou. Les scoots peuvent passer mais pas les voitures, ce marché étant situé dans des ruelles très étroites. Cela n’empêche pas le bruit mais cette fois il vient plus des voix des humains !

Autre lieu incontournable : le stupa de Bodnath (https://fr.wikipedia.org/wiki/Bodnath), absolument immense. On tourne autour dans le sens des aiguilles d’une montre. Comme lors de toutes mes visites très peu de touristes occidentaux, j’ai du en croiser 3 ou 4.

Impossible de prendre une belle photo du stupa tellement c’est grand. À droite, le monde qui tourne autour. 

Et pour finir mes visites… Le temple de Pashupatinath (https://fr.wikipedia.org/wiki/Temple_de_Pashupatinath). Il s’agit d’un édifice religieux hindou situé au bord du fleuve Bagmati. J’avais lu qu’il n’ouvrait l’après-midi qu’à partir de 17h donc je me suis promenée dans les alentours. Suis tombée sur un parc, parc qui menait à un cours d’eau, cours d’eau que j’ai suivi, pour finalement tomber sur le temple. Donc j’ai pas payé l’entrée mais c’était pas fait exprès (et je suis pas tout à faire sûre que l’entrée soit autorisée pour les non Hindus mais trop tard…) !

C’est un temple où ils pratiquent des crémations. C’est à dire qu’il y a plusieurs plateformes sur lesquelles sont posés des morceaux de bois et où l’on va déposer la dépouille (on ne voit pas directement le corps car il est dans un draps blanc). Je ne suis pas restée suffisamment longtemps pour voir « l’allumage » (pardon j’ai pas trouvé d’autre mot…) mais des corps brulaient déjà lorsque je suis arrivée. J’étais préparée psychologiquement à la scène donc j’ai été moins impressionnée que ce que j’imaginais. Pour ceux qui se posent la question : non il n’y a pas d’odeur particulière, juste du bois qui brûle en plein air.

Et j’ai aussi eu le droit à une rencontre sympathique qui m’a détournée de la scène. Un jeune garçon m’a abordée pour discuter, savoir d’où je venais. On a papoté, il m’a un peu expliqué en anglais approximatif ce qu’il se passait et m’a demandé de prendre une photo avec lui pour les copains. Vu ma photogénie habituelle les copains vont être déçus mais si ça fait plaisir ! Sur le conseil de ma sœur je lui ai demandé sa chanson préférée, ou du moment, afin d’avoir un petit souvenir de chaque rencontre. Alors Suman Giri écoute « Perfect » d’Ed Sheeran… Je m’attendais à plus exotique !

Des vaches en liberté, un coucher de soleil et un bûcher (petit point orange).  

Demain départ 6h30 pour Pokhara, d’où nous débuterons le trek du sanctuaire de l’Annapurna. Je n’aurai peut-être pas l’occasion de publier d’ici là car moins de réseau / wifi, à dans 12 jours (approximativement) !

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- Temps de lecture estimé à beaucoup trop longtemps, désolée -

Comment commencer…. Ces 8 jours sont passés extrêmement vite et aussi au ralenti. Ce fut une expérience inoubliable.

A de très nombreux moments, pendant la marche, j’ai pensé à ce que j’allais écrire. A mes tournures de phrases, aux éventuelles blagues que j’allais pouvoir faire et pourtant je crois qu’il me sera impossible de rendre bien rendre compte de cette semaine écoulée.

Je vais tenter de commencer par le commencement et le pourquoi du comment.

L’idée en voyageant au Népal était de faire un trek, obligatoirement. J’hésitais entre Langtang et celui du sanctuaire. Après réflexion j’ai préféré faire le plus connu, plus fréquenté certes mais partant hors saison cela ne me posait pas plus de problème que cela.

Ensuite, il fallait régler la question du guide et / ou du porteur. N’ayant jamais fait de trek ni porté mon sac à dos (je me débrouille généralement pour faire porter mes affaires ou mon eau par mes compagnons de randonnée, quitte à ne pas boire du tout tellement je n’aime pas porter de sac), j’avais peur de ne pas avoir les épaules pour supporter plusieurs jours d’affilée une petite dizaine de kilos à porter.

La solution à la question s’est trouvée assez facilement : avant de partir j’avais publié sur un groupe facebook des français au Népal pour savoir s’il y aurait des personnes partantes pour partager un verre ou une sortie sur le mois à venir. Un français en particulier m’a répondu, Loïc, en tour du monde de 7 mois avec Rémy. Nous avons dîné ensemble et nous avions l’envie commune de faire le sanctuaire, avec des dates qui coïncidaient. Je n’étais pas très sûre de partir sans guide mais l’idée d’être avec deux français plutôt sympas me plaisait. Dans un premier temps nous avons convenu de faire le trajet en bus de Katmandu à Pokhara ensemble, puis j’aurais à décider sur place de les accompagner ou de faire le trek de mon côté.

La veille du départ j’ai loué un duvet et une doudoune bien chaude et acheté un bonnet pour tout matériel, ayant le sentiment que je partais avec très peu d’affaires pour affronter la montagne et le froid qu’il ferait en altitude mais pas le courage de porter plus. Ce trek arrivait bien tôt dans mon séjour et dans mon tour du monde en général, je ne me sentais pas prête et pourtant j’en avais terriblement envie après ces quelques jours bruyants dans la capitale. C’était l’appel de la nature, l’appel de l’air frais et du challenge à surmonter. RDV 6h30 à l’arrêt de bus qui se trouvait à 4min à pieds de chez moi, j’ai passé la veille au soir à faire ma première lessive à la main et à tenter de sécher au sèche-cheveux tant bien que mal les affaires afin de ne pas partir en trek avec des vêtements déjà sales…. La nuit fut courte, surtout qu’il m’a fallut attendre encore quelques jours avant de ne plus être sur le rythme français.

Le bus a été une expérience très amusante. J’avais lu que les conducteurs « arnaquent » les touristes en les faisant asseoir au fond du bus, les places les moins confortables, étant donné l’état de la route et des amortis des véhicules. Cela s’est effectivement vérifié, le conducteur nous a indiqué nos places fictives au fond, ce qui nous convenait très bien. La route étant bien défoncée, j’ai passé une bonne partie du trajet (de 8h) à faire des bonds sur mon siège, c’était assez amusant ! En revanche impossible de dormir.

A l’arrivée nous nous sommes directement dirigés vers le bureau délivrant les permis de trekker pour environ 40euros. Prise de photos, signature de documents, tout se fait minute. Ce permis en poche, nous avons tout ce qu’il nous fallait pour débuter le trek ! Nous passons une nuit à Pokhara puis nous partons en taxi tôt le matin suivant vers Nayapul, le point de départ des randos et treks. La nuit est fraîche, je m’étais réservé une chambre seule pour justement bien me reposer avant d’attaquer mais j’ai froid, c’est bruyant, je ne suis pas contente, toujours calée sur l’heure française je dors peu.

Et nous voilà sur le départ !! Excitation, peur, fatigue, de nouveau tout se mélange. Mais je prends le temps de regarder autour, tout est nouveau, je ne connais pas ce type de paysage. C’est beau, ce n’est que le début mais c’est déjà immense. Je sens mon sac à dos : c’est lourd (je l’avais allégé de quelques affaires laissées à l’auberge heureusement). La première partie est composée de marches, presque uniquement de marches. C’est d’autant plus difficile car il y a moins de plat et ça monte raide. De plus, certaines marches sont bien trop hautes pour mes petites jambes… C’est toute ma force que je dois mettre à chaque fois pour m’élever de mon poids et du sac à dos, je sens que j’aurais dû faire du sport les semaines précédentes !

Premiers jours  

Notre premier lodge est vide, nous avons une chambre chacun et aucun autre touriste avec nous. Il faut que je précise qu’il y a plusieurs itinéraires pour rejoindre l’ABC, par Poon Hill ou en direct. Nous avons choisi le parcours le plus long, par Poon Hill car la vue y est réputée très belle et l’acclimatation à l’altitude normalement plus aisée. Ce trek étant moins emprunté, ou avec des arrêts différents des nôtres, sur cette partie du parcours nous avons généralement été seuls dans les lodges pour dormir. Les températures commencent à chuter dès le coucher du soleil, le contraste est assez saisissant entre l’après-midi et le soir, et cela va aller en s’empirant. La nuit est donc fraîche et une fois encore il m’est difficile de dormir. Je suis dans ce lieu totalement inconnu, je regarde bien trop mon portable, je suis tracassée, j’ai déjà froid.

Poon Hill et moi avec mon sac à dos  

Le lendemain nous prenons notre petit déjeuner devant une vue magnifique, au soleil, la journée s’annonce belle.

Je déchante assez vite lorsque je me rends compte que les marches de la veille n’étaient en fait que le début… et que tout le trek sera en fait DES MARCHES. Mes petites jambes subissent, avec difficulté mais j’avance. Les garçons me distancent pas mal, je les vois au loin et ils m’attendent à des points stratégiques. Nous montons Poon Hill, première vraie difficulté pour moi. C’est plus d’une heure de montée de marches super raides et la sommet est à plus de 3000m d’altitude. Je finis par planquer mon sac dans des herbes pour monter plus légèrement, le trajet étant le même à l’aller et au retour.

Après Poon Hill nous déjeunons, egg veg spaghetti pour tous les trois : des spaghettis aux œufs et aux legumes, puis nous reprenons la montée.

ET LA C’EST LE DRAME. Je ne digère pas les pates et régurgite une partie de mon dejeuner. Il nous reste encore une demie journée de marche et je ne suis pas en super forme. Je laisse les gars partir devant et avance au ralenti. Mon état s’empire avec la montée. Mon ventre n’est pas content, la sangle du sac ne me fait pas du bien mais si je l’enlève tout est porté par mon dos et c’est trop douloureux… J’avance pas à pas. Je me fixe des objectifs qui se trouvent à 5m de moi. Je fais une pause à chaque virage. Je m’assoie dans les marches le souffle court, le cœur qui bat si vite. Je n’ai plus le contrôle de mon corps. J’ai de grande difficulté à faire redescendre mon rythme cardiaque après avoir monté 10 marches, je suis épuisée et inquiète. Je n’ai pas le choix que d’avancer, normalement le village que nous devons atteindre ne doit pas se trouver à plus d’une heure, peut-être deux avec mon rythme. Je me sens diminuée et il n’y a RIEN que je puisse faire, je suis seule face à moi-même et ma volonté. Chaque pas me pèse et j’ai peur que mon cœur me lache. Je n’ai pas supporté mon déjeuner / l’altitude / l’effort, j’ai du sommeil de retard, je n’ai qu’une seule envie : m’allonger sur une marche et y dormir. Y faire une bonne longue sieste, j’ai tellement besoin de dormir. Mes yeux se ferment… J’imagine que des animaux vont me trouver et me manger… Je reviens à la raison : si je reste trop longtemps en arrière les garçons vont s’inquiéter et je ne veux pas être un poids pour eux. Alors je continues malgré tout. Le jour commence doucement à décliner et je n’en vois pas la fin, le village devrait être bientôt là. Je me trouve sur une petite crete, je crois voir de la fumée mais en fait c’est un nuage qui passe…. Je fais des pauses encore et encore, c’est interminable et mon état ne s’arrange pas. Lors d’une énième pause je vois Rémy plus haut sur un rocher, je me dis que c’est bon je dois être arrivée ! Pas du tout, Rémy me dit qu’il n’a pas son sac et qu’il va prendre le mien. Je ne comprends pas tout de suite. Loïc est parti avec leurs deux sacs pour que lui-même puisse porter le mien… Je suis honteuse, énervée, mais aussi extrêmement soulagée. Sans sac je peux marcher et respirer sans que mon cœur soit au bord de l’implosion (et on marche dans une sorte de forêt donc plus de marches).

Je pense qu’il nous a fallut une heure supplémentaire pour rejoindre le village, les estimations données étaient peu fiables. Je suis arrivée, je suis allée me coucher, dans mon duvet et recouverte de deux couvertures supplémentaires. Mon état ne s’arrange pas, je me lève au bout de deux heures et finis de rendre mon déjeuner. Me sentant mieux, je rejoins les garçons dans la seule pièce chauffée par la poêle. J’essaye de m’hydrater au maximum. Mauvaise idée : l’eau ne passe pas non plus. J’arrive tout de même à boire un peu de bouillon pour le dîner. La nuit est difficile évidemment, je ne rattrape pas le sommeil manquant et n’ai pas l’impression de guérir.

Le matin je mange quelques cuillères de porridge puis nous repartons. Nous sommes en descente sur le début de la marche donc j’avance normalement. Je mange un demi sneaker avant d’attaquer la grande montée… Encore une mauvaise idée ! Je vomis de nouveau quelques dizaines de mètres plus tard. Les garçons sont dejà bien montés. Les sensations de la veille reviennent mais je me concentre : une respiration = une marche, je réduis excessivement mon rythme afin de m’assurer de ne pas trop pousser mon corps. A mi chemin, après de nombreuses pauses, je me rappelle les carambars que j’ai dans les poches. Je revois très clairement le moment où je les y est mis, et je bénis ce fameux jour. C’est que du sucre, ça m’aide à avancer. Les garçons sont de nouveaux venus à ma rencontre pour me porter mon sac mais cette fois je suis moins loin qu’ils n’imaginaient et je peux continuer sans aide. Nous nous posons pour déjeuner et décidons d’y rester la journée. J’en ai besoin physiquement, eux doivent faire leurs lessives et ça m’arrange énormément.

J’ai enfin réussi à faire une bonne nuit de sommeil, j’ai retrouvé l’appétit, je me sens mieux. Je décide de continuer le trek. J’avais eu peur de devoir abandonner aussi vite, nous en parlons avec Loïc et Rémy et nous convenons que mon état de santé et ma vitesse de marche ne sont plus un frein pour monter jusqu’à l’ABC avec eux. Les jours suivants se mélangent, c’est de la montée, on voit bien qu’on se rapproche de plus en plus du but. Les sommets sont de plus en plus visibles. Le Machapuchare (6993m) est à notre droite, nous le longeons pour atteindre le sanctuaire.

Lever du soleil  

En prévision de l’altitude je prends du Diamox, médicament permettant de réduire le risque de mal des montagnes. Je ne ressens donc pas d’effets particulier, si mon précédent épisode n’était pas justement un contre coup de l’altitude…

Pour le dernier jour d’ascension il est prévu peu de temps de marche, pour nous laisser le temps de nous faire à l’altitude. Nous atteindrons le camp de base du Machapuchare puis nous dirigeons vers notre destination finale, le camp de base de l’Annapurna. Je me sens bien, apaisée. Je sautille. Je prends des photos et cours pour rejoindre les garçons. Je sais au fond de moi que bien qu’il reste la descente c’est bon, j’ai réussi.

Approche du camp, vue du coucher du soleil et photo souvenir (j’avais froid) 

Et j’y arrive. J’atteins le camp de base. Je l’ai fait. Malgré les insomnies, l’intoxication alimentaire, la diet forcée. Je repense au livre Kilomètre Zéro que j’ai fini en cours de trek. En l’occurrence « Nous atteignîmes une heure plus tard le sanctuaire dans un cri de victoire. Je me sentis petite et grande à la fois, au centre de treize plus hauts sommets himalayens! Minuscule au milieu de ces montagnes imposantes emplies de certitudes, mais immense d’être arrivée jusque-là ».

Je me rappelle aussi qu’elle est aussi passée par une phase de maladie, de rejet. Ca me fait presque plaisir de me dire que si j’étais dans cet état c’est qu’il fallait que mon corps accepte la situation. Toute la situation. Moi, ici au Népal, dans ces conditions. Pas de retour en arrière. Maintenant on avance et on avance bien, on arrête de foncer dans le mur, ça empêche de dormir et ça fait mal au ventre. « Je lâche le contrôle, je fais confiance à l’univers. Nous sommes là où nous devons être. Il suffit d’être à l’écoute sans chercher quoi que ce soit, sans penser à l’avenir, parce que je crois que nous ne pouvons imaginer la grandeur du spectacle ».

Pano de l’ABC au lever du soleil, avec le glacier devant  

Pour être tout à fait honnête je suis fière de moi. Je suis fière de m’être lancé ce défi et d’avoir réussi dans ces circonstances. J’ai eu de l’aide évidemment (et je remercie chaleureusement mes deux compagnons de voyages pour cela !!), et j’ai beaucoup pensé à mon entourage, à ceux qui comptaient pour moi. Je me suis étrangement sentie aimée et portée, même loin de tous. Il est évident que c’est typiquement une experience de vie que j’aurais aimé partager avec ceux qui ne sont plus là mais je suis tout à fait persuadée qu’ils étaient avec moi tout du long. Et qu’ils auraient aussi été fiers parce que la petite Capu qui sort de sa zone de confort pour aller vomir aux pieds de l’Annapurna c’est pas tous les jours !!

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Publié le 25 janvier 2023

Le retour à la réalité a été un peu difficile. Redescendre de la montagne, retourner à l’activité humaine, sortir de sa bulle. Car pendant 8 jours c’est ce que c’était : une bulle d’inconfort, de nature et de bonne humeur.

Inconfort d’activité physique, d’hygiène (les douches à 40 degrés alors que la température de la pièce d’eau avoisine les 0 degrés, les seaux d’eau chaude lorsqu’ils n’ont pas de douche, les toilettes turcs sans réelle évacuation, les toilettes turcs sur lesquelles l’eau dispersée autour gèle rendant l’ensemble très très glissant, l’absence de savon pour se laver les mains, l’eau trop froide pour ne serait-ce que pour se laver le visage..). Nature évidemment car hors village où se situaient les lodges il n’y a rien, à part des marches et de la végétation (oui oui je ne me remets toujours pas de la quantité de marches montée).

Le premier jour à Pokhara a donc été éprouvant émotionnellement. Après avoir passé presque 10 jours avec mes deux compagnons français, qui m’avaient bien aisément fait oublier que j’étais bel et bien partie seule, c’est l’heure des au revoir. C’est de nouveau moi avec moi-même et c’est un peu déprimant. Heureusement après un appel à ma maman au bord du lac, ou plutôt un premier craquage au téléphone, et une bonne nuit de sommeil me voilà de nouveau sur pied ! Je décide de rester un ou deux jours à Pokhara puis de filer à Bardia, le parc National abritant des tigres.

5 jours plus tard je suis encore à Pokhara et je vais y rester encore 4/5 jours…

Cette ville incite à la paresse, à prendre le temps, à trainer, à lézarder. Il suffit d’un rien pour prendre des habitudes et c’est ce qu’il se passe ici. Je prends un rythme molasson, à base de réveil entre 8h et 9h, petit-déjeuner entre 9h30 et 10h, discussions avec les voyageurs présents à l’auberge, lecture, préparation (qu’est-ce que je fais de ma matinée, aucune idée réellement) puis décollage pour des visites vers midi. L’après-midi est dédiée à la découverte de la ville et de ses alentours, pour un total de 12 à 20km par jour (je rattrape ma flemme matinale) puis je rentre me reposer à l’hôtel avant de ressortir diner ou boire un verre.

Les visites ont été les suivantes :

  • World Peace Pagoda (https://www.tripadvisor.fr/Attraction_Review-g293891-d447149-Reviews-Peace_Temple-Pokhara_Gandaki_Zone_Western_Region.html), la pagode / le temps de la paix : on y accède en contournant le lac Fewa au bord duquel la ville est installée, en traversant des champs et en montant (encore !!) des marches. Je me suis évidemment un peu perdue en chemin, j’ai demandé à une mère et sa fille la route à prendre qui m’ont indiqué un chemin qui descendait au lieu de monter… J’ai fait demi tour après quelques mètres persuadée que je n’allais pas dans la bonne direction. Quelques minutes plus tard j’ai eu la surprise de voir que ces deux personnes étaient en fait derrière moi et s’arrêtaient aux mêmes endroits. Mon imagination s’est vite emballée, je m’imaginais qu’elles allaient me tendre un guet-apens et que j’allais devoir leur donner toute ma fortune. J’ai donc fait différentes tentatives pour voir à quel point elles me suivraient et même en contournant le chemin pour me rendre à un point de vue hors route principale elles se trouvaient toujours derrière moi…. Arrivée au temple j’ai laissé mes chaussures aux soins des gardes qui s’acharnaient à crier « chuuut » pour que les touristes (principalement népalais) respectent le silence du lieu et j’en ai fait le tour. Monument très grand, j’y ai surtout vu un intérêt dans la vue imprenable sur les montagnes qu’il offre. Chaussures remises (mes suiveuses avaient-elles fait tout cela pour me voler mes chaussures Salomon ? Absolument pas non), je reprends ma rando en direction de Pumdikot, où est érigée une statue géante de Shiva. Tout le long du chemin je suis accompagnée par un chien, qui semble me montrer la voie. Il faut savoir qu’il y a des chiens PARTOUT au Népal et qu’il est fréquent qu’ils fassent des petits bouts de rando avec les marcheurs (bon ok j’ai peut-être ouvert un paquet de gateau devant le chien, comme ici il n’y a pas de croquettes ils sont habitués à être nourris comme cela). Sur le retour je retrouve mes deux népalaises, qui ne m’ont pas détroussée mais qui ont seulement été au même endroit que moi toute l’après-midi…
Photo de gauche non retouchée, la chienne, la vue de la rando, Shiva et la pagode de la paix dans la descente 
  • Le musée international de la montagne : située à proximité de l’aéroport, ce musée met en avant les différentes ethnies népalaises, les monts les plus hauts (la majorité se trouvant dans l’Himalaya), des récits des explorateurs, de leurs équipements, des explications sur la formations des montagnes, la faune et la flore népalaise, les risques humains sur l’écosystème… Très complet, j’ai passé un bon moment dans ce musée et ça changeait des temples !
Le musée en intérieur et en extérieur  
  • Sarangkot, qui bénéficie d’un point de vue imprenable sur la ville et sur les montagnes. J’ai rencontré un français qui souhaitait faire la même rando le lendemain donc nous avons décidé d’y aller ensemble. Je laisse mon gros sac à l’hôtel, prends ma trousse de toilette et une tenue de rechange et c’est parti pour une rando de quelques heures puis d’une nuit à l’hôtel afin d’observer le lever du soleil sur les montagnes le lendemain matin. Pour ceux qui me connaissent il m’arrive assez régulièrement d’emprunter des chemins de rando peu commodes voire non conseillés, ça fait partie du charme Sgr. Malheureusement pour mon compagnon, Paul, ce charme n’a pas opéré… Moins d’une demi heure après notre départ nous nous retrouvons dans un passage étroit dont l’usage a l’air d’être un tout à l’égout / dépotoir / passage pour l’eau en temps de mousson. Un niveau est un peu trop haut à passer pour moi, Paul m’aide à monter et se tord la cheville en me tirant. Moment un peu gênant, je me sens responsable et je ne peux pas faire grand chose. Il souhaite continuer donc nous avançons tant bien que mal. Heureusement nous rencontrons très vite un Népalais qui nous accompagne et nous indique un chemin plus approprié. Il fait un bout de route avec nous et malgré un anglais approximatif nous échangeons un peu. Il recommande un chemin direct et assez pentu car nous avons l’air en forme. Il fait très chaud, beaucoup plus que pendant le trek. Nous sommes en plein soleil, il doit bien faire 25 dégrées. La rando est faite de marches, sinon ce ne serait pas drôle. Paul a plus de mal : la chaleur, sa cheville, un manque de pratique, le font souffrir. Pour ma part je me rends compte que tout va bien. J’ai chaud mais mon corps s’est habitué aux marches et je ne subis pas, j’en profite même ! Je me sens plus forte qu’auparavant et capable de bien plus. Nous rencontrons en cours de route un anglais / israélien / canadien avec qui nous finissons la rando. Arrivés en haut le paysage est très brumeux et nous ne voyons pas grand chose. En plus Paul a l’air de vraiment souffrir, nous prenons rapidement nos chambres afin de nous reposer pour la soirée.
Vues lors de la rando  

Le matin, lever 6h10 pour assister au lever du soleil à 6h55, ça pique ! Et la brume est encore au RDV donc impossible de voir le soleil sur les montagnes. On a quand même le plaisir de voir distinctement le soleil monter très doucement. Retour en cable car (téléphérique) et je retourne à mon hostel récupérer mes affaires.

Lever du soleil  

Ces quelques jours à Pokhara ont été doux, j’ai vite été gagnée par la langueur qu’il y règne. Cela m’a permis de bien me reposer, de faire le point suite au trek, à mes premières semaines népalaises et sur mes attentes / envies. Après 8 jours dans notre monde, loin de la réalité (encore plus lorsque nous avons coupé nos téléphones plusieurs jours de suite et que le rallumage a été pour moi une source d’appréhension et d’hésitation) il fallait un retour progressif, ce que cette ville offre aisément.

J’ai l’impression d’avoir déjà vécut plusieurs vies : celle d’avant mon départ, dont les dernières semaines s’estompent petit à petit, celle de Katmandou, celle du trek et celle-ci. Et ce n’est que le commencement…

Je vis de plus en plus dans l’instant présent, je ne dépends de personne et ait plaisir à partager des instants de vie avec des inconnus. L’expérience avec Paul m’a aussi fait prendre conscience que partir avec quelqu’un qui n’a pas le même rapport à l’activité physique, qui n’a pas non plus l’habitude de randonner (pas de chaussures adaptées par exemple) est un frein et je suis bien contente de ne compter que sur moi-même la plupart du temps !

Au programme du reste de la semaine : retraite de 4j de yoga / méditation sur les hauteurs de Pokhara ! Ils appellent ça retraite mais c’est plutôt un stage car accès wifi et droit de parler. Les deux français viennent de finir et m’indiquent que nous serons 3… Rien de mieux pour progresser ahah (je vais morfler)

Stay tuned 😉

(Et merci pour vos petits messages en commentaire, ça m’a fait très plaisir !!)

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Retraite de yoga et de méditation pendant quelques jours, encore une belle expérience. Ce fut en plus d’une réelle pratique du yoga et d’autres activités annexes, une intégration dans la vie d’une famille népalaise.

Je dis 4 jours mais c’est en fait deux demi journées et deux jours entiers. Pour faire simple, voici le programme suivi sur les deux jours pleins (avec un seul massage sur la totalité de la retraite) :

Le programme et le couple qui accueille  

Pour le premier jour, à l’arrivée une chambre est attribuée, je fais connaissance avec mes futurs compagnons de retraite et avec nos trois professeurs autour d’un thé et de pop-corn. Je suis donc avec un couple de norvégiens très sympathiques, venus découvrir le Népal lors d’une petite entorse à leur tour d’Europe en van. Il y a deux professeurs de yoga, le directeur de l’établissement et un plus jeune qui l’aide depuis deux mois, la prof de danse / masseuse qui est la femme du directeur.

Nous commençons notre premier cours avec le prof le plus jeune. Je ne suis pas très douée mais cela ne change pas beaucoup des cours que j’ai pu faire précédemment en France. C’est une toute première pour les norvégiens donc c’est assez drôle à voir (et à entendre !), l’ambiance est décontractée. Seconde activité de l’après-midi est la dance népalaise… Et là ça devient franchement drôle : nous devons suivre les mouvements de notre prof en ayant aucune idée de ce qu’elle fait réellement. On se regarde tous, on sourit et rit beaucoup, il n’y a aucun jugement sur ce que l’autre fait, on a suffisamment de mal à savoir quoi faire de son propre corps pour se soucier des mouvements de l’autre ! En tout ça ça détend et on sort de cette session avec la banane.

Vient rapidement le diner, tous les plats sont végétariens et excellents. Elle cuisine les plats typiques népalais, on sent que c’est totalement naturel, que c’est fait simplement et avec plaisir. Elle nous dit d’ailleurs que ça lui fait plaisir quand ses hôtes aiment sa cuisine, que c’est un peu comme si nous étions ses enfants et qu’elle est heureuse quand tout le monde mange bien. Les quantités sont importantes mais c’est tellement bon qu’on se ressert presque systématiquement.

Le soir, nous faisons de la méditation à la bougie. Le principe est simple : dans le noir une bougie est allumée, on fixe le halo sans cligner des yeux pendant quelques minutes puis on éteint la lumière et il faut lors se concentrer sur la trace laissée par la lumière lorsque nous fermons les yeux. J’avoue que la première partie de l’exercice m’est difficile et je cligne des yeux toutes les 10 secondes.

Nous nous couchons à 21h, selon le rythme népalais.

Le lendemain c’est réveil 5h50, départ pour la marche à 6h15. Bon en fait le vrai départ est à 6h25 mais personne ne me l’a dit la veille. Nous marchons une bonne heure sur le bord du lac Fewa, le temps de nous réveiller complètement et que cela nous serve de petit échauffement. La lumière est belle, nous assistons au lever du soleil sur le lac, accompagnés des nombreux chiens du voisinage. De retour c’est boisson chaude pour la pause intermédiaire puis de nouveau session de yoga et méditation. Cette fois nous avons le directeur de l’école, qui est plus expérimenté et qui corrige nos positions plus régulièrement. Il nous propose aussi régulièrement de nous aider à pousser un peu plus, aller plus loin dans le mouvement que ce que nous arrivons à faire naturellement.

Les journées passent vite, le petit déjeuner arrive tard pour nous, comme nous nous levons tôt nous avons l’impression qu’il est l’heure du déjeuner lorsque nous finissons le premier cours de yoga. Le rythme est assez intense et nous apprécions les pauses ainsi que l’excellente nourriture bien méritées.

Je ne vais pas rentrer dans le détails de toutes les activités, plutôt donner mon ressenti général sur cette retraite.

Ce fut de nouveau une parenthèse hors du temps, un espace de bien être et de découverte. On se sent bien avec cette famille, ils ne parlent pas tous bien anglais mais ce n’est pas grave, on en apprend un peu plus sur le Népal, sur sa culture, ses habitudes, les répercussions du covid… Le yoga fait du bien au corps, on pousse l’effort différemment que lors d’un trek, de nouveaux muscles sont sollicités et c’est de plus en plus agréable. J’ai l’impression que mon corps a été mis à rude épreuve sur les dernières semaines et c’est un réel bonheur de constater que c’est possible : qu’on peut faire beaucoup de choses avec de la volonté. Je ne dis pas qu’il suffit de vouloir pour pouvoir mais c’est en tout cas un bon début. Cette première étape, ce premier pays, m’aura donné confiance en mon corps. Cette confiance que j’avais perdue ces deux dernières années en pensant que je n’étais pas suffisamment bien. En fait si, ce corps ne correspond peut être pas à l’idéal masculin et il y aura toujours mieux ailleurs c’est vrai. En revanche il me supporte jour après jour, c’est avec lui que je passe mes journées et je dois le respecter, l’entretenir, sans écouter les voix intérieures et extérieures qui viendraient le comparer à d’autres. Chacun est unique et je sais que je suis bien telle que je suis actuellement et qu’à l’avenir si quelqu’un pense que je ne suis pas assez bien alors tant pis pour cette personne, je resterai fière de ce que nous avons accompli mon petit corps et moi. Je vais bientôt avoir 30 ans et je réalise que si je ne me respecte pas, d’autres se permettrons de faire de même.

La méditation a aussi aidé mon bien-être mental. Après le yoga on s’allonge sur les tapis, recouverts d’une couverture et on se laisse entraîner par la voix de notre instructeur. Le but est de ne pas nous endormir tout en nous détendant complètement, ce qui est très difficile (il arrive au norvégien de se réveiller au son de son propre ronflement, j’ai de la chance de ne pas faire de bruit : je me réveille aux sons plus forts de la musique). Il est facile de sombrer car l’anglais des instructeurs n’est pas parfait et lorsqu’ils nomment les parties du corps auxquelles nous devons penser il est fréquent de laisser son esprit dériver… L’importance est de pouvoir se concentrer de nouveau sur le moment présent. Alors on laisse venir les pensées intrusives et on les laisse repartir, sans les interpreter. Il s’agit de questionnements, de pointes de nostalgie parfois, de projection dans le futur, d’anticipation, de regrets. Et c’est pas grave, ça continuera d’arriver et tant que j’arriverai à retourner au moment présent, à ma propre réalité alors je crois que ça me permettra de prendre conscience que j’avance et que je continue de grandir.

Les concepts de notre instructeur sont simples et nouveaux pour personne :

  • go with the flow : ce qui est un peu synonyme de vivre dans le présent pour moi, de ne pas lutter contre notre propre nature
  • Trust the process : ayons confiance en la vie, en ce qui va nous arriver ; mais qui est très lié au suivant :
  • 3D : désir, détermination, discipline… savoir ce que l’on veut et faire ce qui est en notre pouvoir pour l’atteindre. Le but n’est pas tant le résultat, car tout ne dépend pas de nous, mais bien ce qui est réalisé pour l’atteindre et les efforts fournis.

Et bien qu’ayant lu ou entendu parler de tout cela précédemment, cela a pris une nouvelle signification pour moi. Il doit le répéter à tous ses élèves, cependant je crois que j’avais besoin de l’entendre à ce moment précis de mon voyage.

Je ne sais pas si je vais suivre les exercices de souplesse indiqués ; je suis sûre de souvent repenser à ses paroles et ses indications lorsque je suis submergée par les émotions. Car c’est un peu ça le yoga : avoir totalement conscience de son corps et de son esprit et surtout garder le contrôle. Réapprendre à se faire confiance, à faire confiance à son intuition et faire 1 entre ce qu’on ressent dans son corps et ce que dit la tête.

J’ai passé 4 jours avec cette famille et je me suis sentie bien. Ils étaient très prévenants sans être intrusifs et j’ai eu le droit à la marque rouge sur le front en partant. Je ne vous cache pas que je me suis sentie un peu bête et que j’ai même demandé au bout de combien de temps je pourrais l’enlever… Finalement je l’ai gardée pendant les 17h qu’ont duré mon trajet en bus de Pokhara à Bardia et ce jusqu’au lendemain matin 6h30 (elle a un peu subit pendant le repos du bus, heureusement j’avais le bonnet pour cacher!).


Trop de concentration  

Je vais peut-être devenir hippie à ce rythme… J’ai même acheté un pantalon en chanvre ! Promis je ne me mettrai jamais au thé matcha.

Je suis à présent à Bardia, au parc national, pour une durée indéterminée. L’objectif est de voir des tigres en marchant dans la jungle. Je suis morte de peur (de me faire attaquer, de ne pas en revenir) mais je vais appliquer mes propres leçons et ça va le faire !

« Je ne vous quitte pas, dit-il doucement. Je serai avec vous d’une manière différente », La clarté de la Lune, Clan des Otori (lecture du moment).

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Le plaisir d’aller de me rendre au parc national de Bardia au lieu de celui de Chitwan résidait principalement dans le fait que sa situation géographique le rendant difficilement accessible, les touristes y seraient moins présents et les infrastructures moins développées, donc les chances de voir des tigres plus élevées.

Mais qui dit moins accessible dit aussi bien relou, surtout avec les routes Népalaises.

En partant à 11h30 de la retraite de yoga j’ai eu le temps d’aller directement à la station de bus avec un petit bus local, de chercher avec difficulté le comptoir pour acheter un ticket pour Bardia, d’acheter un paquet de chips et une barre de chocolat en vitesse et de sauter dans le bus 15min avant son départ ! Je suis rassurée le bus n’est pas plein et il est plus moderne que celui pris pour faire KTM-Pokhara, les sièges peuvent s’incliner et je ne suis pas mise tout à l’arrière.

Petit à petit le bus se remplit, uniquement de népalais, je suis la seule européenne. Les bus touristiques ne se rendent pas dans cette région mais au moins c’est un direct ! Qui dit direct ne veut absolument pas dire rapide… Il faudra environ 17h pour faire les 430km. J’ai un gentil népalais à côté de moi, qui s’endort assez rapidement. J’essaye de faire de même mais ce n’est pas très confortable et ma tête à tendance à tomber sur l’épaule de mon voisin. A plusieurs reprises je me redresse en panique car je m’appuie sur lui ! C’est un trajet épuisant et plus d’une fois je me met à rêver de mon incroyable lit à Tours, sous mon velux, en écoutant la pluie, avec le gros chat noir. Mais non, je dois prendre mon mal en patience ! J’avais réservé un hotel pour qu’ils puissent venir me chercher à l’arrivée, peu importe l’heure. L’assistant du conducteur me tire donc du sommeil vers 6h du matin et 30sec plus tard je sors du bus, totalement désorientée. Un tuk tuk m’attend, il me prend mes affaires directement, je monte dedans sans réfléchir et me voilà à retenir mes sacs d’une main tout en essayant de mettre ma doudoune de l’autre. Il y a tellement de brouillard que je ne suis pas sûre que le conducteur y voit grand chose… 12km plus tard j’arrive enfin à destination ! J’engloutis un petit déjeuner copieux (pain perdu à la népalaise et muesli aux fruits) puis vais me coucher. Le reste de la journée je suis un peut décalée, je traine à l’hôtel, rédige l’étape précédente et, en fin de journée, le propriétaire de l’hôtel m’accompagne jusqu’au view point situé à 3/4 kilomètres. Je suis un peu inquiète car le parc naturel se trouve de l’autre côté de la route donc les animaux pourraient être très proches. Je ne sais pas à quel point c’est sécurisé et le fait que l’on me dise que des panthères viennent régulièrement près de ma chambre m’inquiète un peu.

Je dois normalement aller faire le safari à pieds le lendemain mais il est annoncé de la pluie, je décide donc de repousser d’un jour pour mettre toutes les chances de mon côté. J’en profite pour prendre mon petit déjeuner vers 9h, pancakes au miel, et de traîner avec les touristes présents. Je me balade dans le village, j’achète des petits gateaux et des clémentines… J’ai l’impression de faire mon marché du dimanche, c’est agréable. L’après-midi je fais un grand tour dans la campagne autour du village ; il fait beau, chaud, les enfants font des coucous de la main.

Le jour suivant, réveil 6h10 pour petit dej 6h30 et départ 7h dans la jungle ! La jungle n’a pas grand chose à voir avec ce que j’imaginais. Je pensais à une forêt tropicale mais c’est un raccourci de ma part. C’est en fait un mélange entre des plaines d’herbes hautes, des bosquets de fougères, des landes désertiques autour du cours d’eau… D’un premier coup d’œil on se rend vite compte que s’il y a besoin de courir se réfugier dans un arbre le choix de l’arbre sera problématique car parfois il y en a peu ou alors pas de ceux dans lesquels on peut monter rapidement. (Note à moi-même : apprendre à mes futurs enfants à grimper aux arbres juste au cas où, j’ai quelques années pour m’y mettre personnellement..) En entrant dans le parc je me dis qu’il aurait été préférable que mon guide me donne quelques instructions, des recommandations et des conseils au cas où nous nous trouvions à proximité d’un tigre. Car j’ai des notions du comportement à adopter suite aux différentes conversations avec les autres guides ou étrangers mais ce guide là ne communique pas avec moi. Comme nous devons nous montrer les plus discrets possibles nous évitons de parler au maximum. Ce sera silence pour la journée !

Arrivée dans le parc

Les premières minutes sont très tendues. Je suis aux aguets et j’ai peur au moindre bruit. Les tigres peuvent être partout !

Nous faisons plusieurs stops : un premier dans la plaine, dans une haute tour, de la taille d’un immeuble de deux ou trois étages. C’est fait en bois, lorsqu’on est en haut ça tangue et c’est pas très rassurant. Ca n’a pas l’air d’affecter mon guide. Il décide de ne pas rester et repart d’un coup, je dois suivre rapidement. Nous nous rendons dans une autre tour, qui a une vue plus précise sur une parcelle d’eau. Mon guide m’explique qu’un tigre a été vu la veille traversant dans un sens et il espère qu’il fera le trajet inverse ce jour-ci. Nous y restons assez longtemps, rien ne se passe. Nous repartons vers un autre point d’eau. Idem, mon guide s’assoit et attend. Il est souvent sur son tel, je ne comprends pas bien ce qu’il se passe. On repart vers la deuxième tour. Cette fois on s’installe pour plusieurs heures. Un couple de touristes nous rejoint avec leur guide. Nous déjeunons sur place.

Dej avec vue 

Il était prévu dans le package de la journée le petit déjeuner ainsi que le déjeuner. Pour le dej j’ai une gamelle de riz et une omelette. Au bout de 10min mon guide m’apporte en plus du chili et des légumes. Je ne comprends de nouveau pas : est-ce qu’il s’agit de son reste de déjeuner ou bien devait-il dès le début partager avec moi ? Dans un premier temps je me contente de chili car le riz est très sec. Évidemment mauvaise idée… C’est TRÈS TRÈS TRÈS épicé… Je me précipite pour y ajouter des légumes et espère que cela apaisera le feu dans la bouche. Malheureusement (encore !!) mon ventre n’y croit pas trop et n’est décidément pas content de devoir tolérer de tels ingrédients.

S’en suit une après-midi de bruits de ventre de l’extrême (sans que j’en sois particulièrement mal non plus), que mon guide entend parfaitement dans ce silence complet. Il finit même par me dire « the tiger will hear you » = le tigre va t’entendre…. Ajoutant un peu plus à mon malaise.

L’après-midi nous nous déplaçons plus, à travers des paysages très différents. Des forets, des plaines, le long de l’eau, dans le sable, sur les cailloux… Tout y passe.

Mon guide de dos ahah 

Je suis toujours aux aguets : lors des arrêts au sol nous tournons le dos à la jungle et je trouve l’attitude de mon guide suspecte. Il est trop détendu ! C’est une forêt avec des ANIMAUX SAUVAGES, lâche ton tel et protège moi !! Il se moque de moi parce que je me retourne à chaque craquement (il s’agit en fait des oiseaux qui soulèvent les feuilles pour fouiller le sol) et me dit que de toute façon si un tigre approchait réellement on ne l’entendrait pas car il poserait une patte après l’autre d’une façon si délicate que nous ne pourrions le percevoir. Ok merci, me voilà super rassurée. Sinon il reste encore les panthères et les rhinos et les éléphants qu’on peut entendre alors on peut être un peu plus attentif non…?

Finalement, mon moment préféré, est lorsque nous nous installons tout près de l’eau. On voit plus facilement les oiseaux et surtout les observer plonger, c’est impressionnant. Nous voyons aussi des loutres (bon ma traduction originelle était fausse, je pensais que c’était des otaries - ça m’a semblé étrange mais pourquoi pas, ils réintroduisent plein d’espèces par ici) et des biches venues s’abreuver.

Au total, nous avons marché 21km, mon guide dit 24, et j’ai trouvé la journée interminable. J’avais l’impression de passer mon temps à ne rien faire ou à courir derrière mon guide alors que je marche normalement rapidement, d’être bien trop bruyante dans tous mes mouvements, d’avoir le pas lourd, de trop me moucher … En fait, de l’empêcher de faire ce qu’il voulait. C’est bête, il est mon guide et je suis seule avec lui, il devrait se mettre à mon niveau et m’attendre lorsque je marche plus lentement parce que je ne suis pas habituée à me prendre des branches dans le visage ! Idem, je suis obligée de me démener pour le suivre tout en m’appliquant de la crème solaire d’une main et en tenant mon bâton de l’autre. Je pourrais me faire manger par un tigre à l’arrière qu’il mettrait 20m à s’en rendre compte.

Vous l’aurez compris, je n’ai pas vu de tigres. Sinon toutes ces contradictions seraient vite oubliées ! J’ai vu un chacal avec les jumelles et c’était trop mimi (« une sorte de renard » parce que je n’avais pas compris mon guide), des éléphants, des singes, des crottes de tigres, un serpent géant déchiqueté (on s’en rend compte à l’odeur tellement le truc empeste de loin), des biches…

Concrètement, je pense que les tigres du Bengale c’est comme le monstre du Loch Ness, le Yéti ou le Dahu… Ca n’existe pas. Les guides s’amusent à gratter la terre pour faire croire aux naïfs touristes qu’il s’agit des traces faites par les tigres pour marquer leur territoire, ils mettent des crottes à droite et à gauche en disant que ce sont celles des tigres (comment pourrait on savoir hein?!), des traces de griffes sur un arbre ou deux pour le côté Wahou et pour finir ils montrent des espèces en captivité à la sortie de la jungle… Le tour est joué !

Plus sérieusement cette dernière partie m’a assez dérangée… On tombe sur un préau avec trois éléphants enchaînés. Il ne faut pas s’approcher car ça peut être dangereux. Ensuite il y a un enclos avec un rhinocéros, allongé au sol. Il refuse de se lever malgré l’insistance de mon guide et l’offre de feuillage bien vert. Comme je fais une drôle de tête (ne sommes-nous pas dans un parc national protégé ?) le guide m’explique que cet animal a tué le moine du village et qu’il a été décidé de l’aveugler et de le garder en captivité. Puis il me montre un autre enclos, sur deux étages, où est enfermé un tigre. Il aurait tué trois villageois. Je ne vois qu’un pelage un peu caché. Donc les seuls animaux sauvages vus de relativement près sont des animaux en captivité, ok…

Vraiment pas fun 

Je finis ma journée fatiguée, un peu déçue, contente de l’avoir tenté mais aussi contente que ce soit terminé. J’aurais pu retenter le lendemain mais ça m’a demandé trop d’énergie, c’est bien trop d’attente, de patience et de tension ! Je veux bien être patiente pour quelque chose dont je suis sûre de voir le résultat mais moins pour des « peut-être », trop de perte de temps... Je sais qu’il pourrait s’agir d’une philosophie de vie mais clairement je ne suis pas encore prête !

De plus, ces quelques jours à Bardia ont été assez solitaires, je ne suis pas mécontente de repartir. Bien que je sois avec trois autres touristes, dont un couple de français, nous ne créons pas de liens particuliers passée la première journée. Nous nous levons tôt, les journées sont longues, les soirées fraîches (ET HUMIDES !!), tous au lit à 21h. J’ai aussi assez rapidement un peu de mal avec les français, qui ont pourtant exactement mon âge, et surtout avec la nana. Dans un premier temps j’ai des difficultés à comprendre l’antipathie que je ressens pour elle. Puis je repense à ce que j’ai lu récemment… Si je suis en colère, si j’ai des sentiments négatifs envers quelqu’un cela vient de moi, pas d’eux. C’est moi qui décide de réagir de cette façon, suite à leur comportement, parole ou action. Alors je creuse un peu la réflexion… Cette fille m’énerve car elle a déjà beaucoup voyagé, elle est pleine d’assurance, elle est très avenante, ils ont l’air bien avec son mec, ils viennent tous deux de recevoir leur PVT pour le Canada et font des projets pour les prochains mois. Bah ma vieille Capu t’es juste jalouse ! Quand je comprends ça je me rends aussi compte que c’est stupide. Je compare leur situation à la mienne qui est tout à fait incomparable. Je me sens bête mais au moins j’ai pu analyser rapidement et je trouve ca bon signe ! Toutes ces fois où j’aurais moi aussi aimé être tranquille, vivre sans pression, profiter sans penser aux conséquences, être ce que j’appelle souvent méchamment un peu « je m’en foutiste » alors que j’en suis actuellement incapable et que je le reproche facilement... Ce sont des rappels de nos propres manquements et chacun devrait agir librement sans être jugé. J’aurais dû ne pas être impactée par cette fille et ne pas comparer. Cette rencontre m’aide à y voir plus clair donc ce séjour à Bardia n’aura pas été totalement inutile !

Bon je sais que dans ce carnet de voyage vous ne vous attendiez pas à autant d’introspection, sachez que moi non plus ! Maintenant que j’écris, ce qui me fait du bien et me permet de pousser un peu plus mes réflexions, je pense que j’apprécierai de voir mon évolution dans quelques mois ou années.

Alors oui je tombe dans le « cul-cul » sentimental mais heureusement je ne force personne à lire 😉 Ce qui m’interpelle c’est que j’écris pour moi mais que j’ai bien conscience que des personnes me lisent, plus ou moins proches, dont certaines que je ne reverrai jamais ; c’est assez étrange. Je ne serai plus jamais employable au ministère ahah

Prochaine étape : Lumbini, ville de naissance de Bouddha !

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Publié le 5 février 2023

J’ai choisi de visiter Lumbini pour deux raisons : il s’agit du lieu de naissance de Bouddha et cela allait couper la route en deux.

Je suis donc partie avec le bus de 20h30, après une journée assez maussade sous un temps couvert et d’autant plus humide. Le tuk tuk me dépose à l’arrêt de bus une bonne quarantaine de minutes avant le départ. Je présume que je vais devoir attendre une bonne heure car j’ai du mal à imaginer un bus népalais ponctuel. J’achète un paquet de chips (pas trop le choix niveau alimentation dans ces endroits) et lorsque je retourne à mon sac le bus arrive, bien en avance. Je monte difficilement avec tous mes sacs et mon paquet de chips à la main. A ma grande surprise le bus est plein d’européens, que de têtes blondes. On m’indique le dernier siège disponible, dont le dossier ne tient pas : je suis en position allongée d’office et il réagit au moindre mouvement du véhicule. Comme ils n’ont pas pris le temps d’ouvrir le compartiment pour les bagages je mets mon sac à dos dans l’allée, ce qui prend une place monstre et gène les passagers au premier arrêt. Je m’applique à le fourrer sous mon siège, tant pis si ça empiète un peu sur l’espace de mon voisin.

Le groupe d’européen est en fait un groupe de jeunes anglais, d’environ 18/20 ans. Un voyage organisé sûrement, je crois qu’ils viennent d’Inde.

Je devais aller au terminus du bus mais lorsque les anglais descendent et que mon voisin me réveille je suis prise de panique et rassemble mes affaires pour descendre aussi, alors que nous ne sommes pas au terminus. Le temps de m’éclaircir les idées, de capter où nous sommes et de voir qu’autour de moi il n’y a pas d’autres bus… Je suis perplexe et j’assomme de question l’aide du conducteur. J’indique que l’on m’a dit qu’il fallait que j’aille au bout de la ligne, que je ne comprends pas, je ne dois pas descendre ici… Il ne m’aide pas plus. Un passager qui va monter voit mon désarroi et décide de m’aider. Effectivement je dois remonter dans le bus, ce n’est pas le bon arrêt, c’est dans quelques kilomètres. Merci monsieur.

Je descends finalement plus tard, dans la ville qui m’avait été indiquée par l’hôtel. Mais là surprise : pas de bus non plus. J’ai été habituée au Népal à ce qu’il s’agisse toujours de parking de bus, pas d’arrêt n’importe où. J’essaye de me renseigner auprès des passants que je trouve (il y en a peu il est 6h30 du matin), pour localiser le bus se rendant à Lumbini. Un tuk tuk me harcèle pour m’y emmener mais je ne préfère pas. Je suis fatiguée et je n’ai pas de patience. Je me dirige vers les policiers que je vois de l’autre côté de la route, eux devraient être en mesure de m’aider ! Ils me disent que l’arrêt est en face, que je dois attendre, que le prochain bus est à 10h. Pardon ?! Et je fais quoi moi en attendant ? C’est tout de même étrange, on m’avait dit qu’il y aurait un transfert direct. J’insiste pour qu’on me dise où se trouve exactement l’arrêt de bus (parce qu’il a beau être de l’autre côté de la route je ne le vois pas !) et ils me disent que c’est à 200m je peux prendre un tuk tuk. Je rigole. Pour 200 mètres je devrais être en mesure de marcher… Je vais dans la direction indiquée, je vais bien finir pas trouver ou l’arrêt ou quelqu’un qui pourra m’aider.

Je trouve le bus, il y a en plein qui partent à quelques minutes d’intervalle et j’arrive à Lumbini et à l’hôtel repéré quelques minutes plus tôt sur booking vers 7h30. Ce fut un long trajet… Je prends une douche et me glisse dans un lit extrêmement peu confortable, sensation de planche de bois, mais je dors bien.

L’après-midi je me balade dans Lumbini. C’est en fait un grand parc rassemblant des temples. Il y a un grand canal que l’on peut traverser en bateau (ce que je ne fais pas). Je me balade tranquillement, doucement, en m’imprégnant de l’atmosphère particulière de ces lieux. Peu de touristes de nouveau, peut-être 5 au total sur la journée, et quelques népalais. C’est surprenant qu’un lieu si symbolique soit presque vide. Mais il est vrai que je suis là à une période peu touristique, en dehors des vacances scolaires et qu’il fait froid pour les népalais !

Je ne vais pas rentrer dans le détail historique, d’autres l’ont mieux fait que moi : https://whc.unesco.org/fr/list/666/ https://fr.wikipedia.org/wiki/Lumbini.

Je me pose régulièrement, que ce soit au bord du canal pour reposer mes pieds ou bien dans le jardin sacré pour réfléchir. J’ai en ligne de mire le lieu où la mère de Bouddha se serait baignée avant de lui donner naissance, quelques mètres plus loin. Un pilier indique le lieu exact. Il y a des Moines qui prient sous l’arbre, des singes à quelques mètres d’eux. C’est calme et propice à la méditation. Pour ma part, bien que non croyante, je fais le vœux (ou la prière) d’être en mesure de respecter mes volontés formulées dans la montagne. Ces quelques phrases qui devront m’aider à avancer petit à petit, comme un mantra, pour ne pas retomber dans l’avant Népal. Je me sens mise à rude épreuve tous les jours, surtout qu’un manque de socialisation se fait sentir depuis quelque temps. Il est dur de ne pas retomber dans ses vieilles habitudes, ses vieux repaires/réflexes bien qu’ils soient mauvais, même à des milliers de kilomètres de la France. Alors j’espère que ça va vite passer et que je saurai profiter de la chance que j’ai d’être ici sans penser à autre chose en parallèle.

Lumbini et ses couleurs  

Même sans m’en rendre compte je marche beaucoup tous les jours. J’ai fait 12km dans l’après-midi et je rentre me reposer avant de resortir diner. La ville étant toute petite l’hôtel est situé juste à côté des bus et de l’entrée du parc mais il se trouve tout de même au bout d’un champs. Devant le champs se sont installés des népalais sous tentes, une famille très pauvre et qui envoie ses enfants faire la manche dès qu’ils me voient passer. Lorsque je sors diner il fait nuit et bien que je sache pertinemment que les népalais sont un peuple doux et non agressif j’ai une petite appréhension de passer devant cette famille sans la lumière du jour. Je me dis qu’heureusement il y a la lumière des lampadaires. ET QUE S’EST IL PASSE PILE A CE MOMENT LA ? Une coupure totale de courant. Je me met à rire tellement c’était improbable. Bien sûr je suis passée sans encombre et le courant est revenu quelques minutes plus tard mais c’était comme un signe « arrête donc de t’inquiéter pour rien : tu vois ce que tu redoutais n’est pas arrivé ». Je vais peut-être travailler sur ma paranoia aussi ahah

Le soir même je book la dernière place disponible pour le bus direction Katmandou du lendemain. Départ à 5h, réveil à 4h15. Comme je me couche tôt j’arrive tout de même à faire une nuit correcte (après avoir installé une couette supplémentaire sous moi pour rendre le lit un poil plus confortable).

Pour résumer cet arrêt : je pense que c’est un lieu reposant, intéressant, plein d’histoire et qu’il vaut vraiment le coup lorsqu’on a le temps. Cela serait d’autant plus sympathique à visiter pour sortir de l’animation de Katmandou. Comme je venais d’un endroit déjà très très calme je pense ne pas avoir pu en profiter au maximum, surtout en enchaînant les transports.


Etape suivante : Bhaktapur, dans la vallée de Katmandou.

Maya temple 
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Publié le 5 février 2023

De nouveau je commence par les transports parce qu’il semble que ce soit ce qu’il m’arrive de plus inédit en ce moment !

Le réveil a été assez facile, j’ai trouvé aisément mon bus et avec les deux touristes qui attendaient aussi le bus nous avons été placés au dernier rang. Celui-ci se remplit petit à petit de népalais, je me retrouve avec un grand et large monsieur à mes côtés. Il se débrouille dans un premier temps pour changer de siège en allant à l’avant, je lui en suis reconnaissante. J’ai oublié de mentionner un élément important des bus népalais : ils mettent la musique à fond. TOUT LE MONDE en profite, même les passants dans la rue. C’est assez infernal. Ils la baissent pour la nuit heureusement (à la différence des bus indiens il me semble). Pour ce bus, dans un premier temps, ils ne mettent pas de musique car il est tôt et que les passagers dorment. Puis BOUUUM à fond les ballons. Je vois du coin de l’œil que les touristes à ma gauche ont le même réflexe à quelques secondes près : nous sortons nos boules quies dans l’espoir d’atténuer un peu le bruit. Car la musique népalaise n’est pas au goût de tous… Je ne saurais même pas la décrire tellement c’est un mélange de sons traditionnels, de techno, et de sons plus enfantins. Puis moment inédit : l’aide du conducteur a l’air de demander à tout le bus quelque chose (un sondage peut-être) et il met un film ! C’était tout à fait incroyable, j’ai absolument rien compris. Je ne sais pas s’il s’agissait d’un seul très très long film ou bien de deux différents. Je crois que le premier était goldmine ? Ou alors ça se passait juste dans une mine d’or. Les acteurs étaient affreusement nuls, les cascades ratées, même les larmes coulaient en gouttes non stop ; doivent pas beaucoup pleurer dans ce pays. En tout cas ça a fait un bon divertissement et ça m’a fait oublier par moment de me battre avec mon voisin de droite (qui est revenu) pour l’accoudoir.

Ce trajet aussi fut mémorable…. Partie à 5h du matin je suis arrivée à 16h30 à Katmandou. Comme j’avais en tête de me rendre à Nagarkot le soir même je devais passer par Bhaktapur. Donc je prends un second bus qui me mène d’une gare routière à une autre. Déjà pour trouver le bon bus j’ai du demander à plusieurs personnes, rien n’est jamais indiqué et il faut faire confiance à la personne qui dit « c’est ce bus monte il part ». Arrivée à cette gare routière je dois marcher pour rejoindre une autre gare routière, d’où les bus partent pour Bhaktapur. Un garçon m’accompagne car il fait à peu près le même chemin. Je vois qu’il y a plein de bus en partance, je suis rassurée car j’avais lu sur internet que les derniers départs avaient lieu à 18h et il est 17h50. En revanche c’est une autre paire de manche pour trouver le bus qui ira au bon endroit, surtout un bus avec une place assise (c’est à environ une heure de route). Je demande dans un premier, il ne comprend pas. Je demande dans un second, il est plein. Ils n’ont pas d’espace pour les sacs donc je n’ai pas envie de monter si je n’ai pas de place pour éventuellement le caler quelque part. Une jeune femme m’indique un bus et me dit qu’il me faudra un peu marcher. Pas de souci tant que j’arrive à destination. Je prends donc celui qu’elle m’indique. Et là l’enfer commence. J’en ai plus que marre du bus, je deviens ronchon, j’ai mangé des chips et des biscuits donc rien de consistant, les népalais n’ont pas le même rapport à la proximité et au contact que moi, j’ai envie de hurler. Je dois me contorsionner pour ne pas avoir les corps des deux monsieurs debouts dans l’allée contre moi. Mon sac gène et on me le fait savoir… J’ai envie de sortir !!

J’ai souhaité ça un peu trop vite : le bus s’arrête, terminus, alors qu’on est pas du tout arrivés. Comment ça je dois descendre ? Mais on m’a dit qu’il allait à Bhaktapur ! On m’indique que d’autres passeront qu’il suffit de monter dedans. J’étais pas suffisamment à cran, encore merci. Bon effectivement, un bus arrive très rapidement et il y a de la place. Sauf que… il ne rentre pas dans la ville et il me reste à marcher. C’est 10min de marche, ça fait du bien d’être à l’extérieur et de me dégourdir les jambes après tout ce temps enfermée. Je fonce à l’hôtel, négocie le prix de la chambre en me basant sur le prix de booking et dépose enfin mes sacs ! C’était un looong trajet. Je descends rapidement diner puis bonheur ultime : une longue douche chaude et hop je me glisse dans des draps propres dans un grand lit très confortable, ça fait un bien fou !

Je décide de ne pas aller à Nagarkot, malgré la vue incroyable et la possibilité d’y voir l’Everest… Je préfère rester ici, dans mon récent confort non humide froid, et en profiter pour faire une lessive.

Le jour suivant je me réveille tôt et profite du lit, je traine jusqu’à 9h et me décide à explorer la ville. Je vais prendre mon petit déjeuner sur la place principale. L’endroit bénéficie normalement d’un belle vue sur la place mais suite au tremblement de terre de 2015 c’est bouché par des tas de gravats. Le café y étant réputé je commande un cappuccino (premier café au Népal il me semble) et, j’ai un peu honte, un cheese grilled sandwich… Après un mois à manger népalais j’avais envie de changer.

Puis la journée se passe en déambulations, de la place principale Durbar Square de nouveau, aux magnifiques temples, toutes les échoppes, les spectacles de rue… C’est assez calme, ça n’a rien à voir avec l’animation de Katmandu. La ville a beaucoup de charme et plein de spécialités culinaires à tester !

Dont le fameux Juju Dhau, au lait de bufflonne fermenté dans un pot en terre cuite. C’est onctueux, fondant, pas trop sucré, plein d’arômes. Je valide !

Il y a aussi les sortes de beignets / donuts fris. J’ai testé la version sucrée et c’était trop sec je ne l’ai pas mangé.

Il y a aussi les samosas sucrés, au lait sucré et aux épices, très bon !

Et la galette de lentille que l’on trouve dans tous les coins de rue. Pas fan fan mais ça reste bon.


Le soir je dine à l’extérieur et choisis un restaurant un peu par hasard, n’ayant pas été convaincue par les recommandations de TripAdvisor le midi. Je me retrouve dans un lieu très mignon avec un karaoke ! Alors seules trois personnes ont eu l’audace de chanter mais c’était totalement décalé et très sympas. Mes messages vocaux étaient agrémentés de chants népalais, c’était cadeau !

Lendemain idem, la ville est petite, j’ai déjà bien fait le tour la veille donc j’en profite pour me poser dans un resto avec vue, pour poster mes cartes postales, pour acheter mes souvenirs (un pins et un magnets, je ne souhaite pas me charger).

Départ 16h pour prendre le bus retour direction Katmandou, trainer sur le rooftop terrasse d’un hostel en attendant de pouvoir prendre mon avion pour le Cambodge (d’où j’écris actuellement) ! Il me restera un article récapitulatif (itinéraire, questions sur le pays, budget…) sur le Népal et ce sera la fin de mon premier mois de tour du monde !

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Publié le 7 février 2023

Un mois déjà… A deux jours près.

C’est fait ! Je l’ai fait ! Je suis partie toute seule en tour du monde. J’ai du mal à y croire. J’ai pas vu le temps passer. Ces longs mois à en parler, à confier mes doutes, à espérer ne pas avoir à partir seule parce que j’avais peur, à m’imaginer le pire, à douter… Pour qu’en fait ce soit aussi simple ?! Que tout se fasse naturellement, même dans les galères ?! C’est fou.

Bon est-ce que j’ai vraiment eu des galères ? J’ai cru que j’allais mourir dans les montagnes mais ça compte pas, je comprenais pas bien ce qu’il se passait. J’ai eu du mal à trouver des bus et j’ai voulu engueuler tous les népalais qui me disaient n’importe quoi mais pas dit que ce fut des galères. Au final, je suis encore plus contente de l’arrivée et du résultat quand tout n’est pas tout rose. Assez naturellement lorsqu’on a pas de douche chaude ou de lit qui ne soit pas une planche on est d’autant plus content de retrouver le confort. Ca remet juste en perspective les choses et ça fait se rendre compte de la chance que l’on a au quotidien ! :D

Pour résumer mon petit mois :

  • 3 jours Katmandou
  • 1/2 journée Pokhara
  • 8 jours de treks : Annapurna base camp
  • 5 jours Pokhara
  • 4 jours de retraite yoga méditation
  • 4 jours parc national de Bardia
  • 1 jour Lumbini
  • 2 jours Bhaktapur
  • 1/2 journée Katmandou

Il m’a manqué du temps pour visiter Patan, Nagarkot, Charikot, Bandipur, faire le Langtang trek… Mais on ne peut pas tout faire, surtout avec la perte systématique de temps causée par les routes.

Pour le budget je crois l’avoir respecté, à quelques euros en plus ou en moins. J’avais compté large, une trentaine d’euros par jour et pourtant tout y est passé. Le couple de français rencontré à Bardia comptait 10 euros par personne… Ce qui me semblait très peu, même en tenant compte du fait qu’ils partagent les coûts des chambres et des transports privés par deux. Ils n’avaient d’ailleurs pas fait de trek, ce qui était une grosse partie du budget (location de matériel + permis de trek).

Que dire du Népal…. Ca a été une petite claque. Je crois que j’imaginais les pays d’Asie comme la Thaïlande ahahahha quelle gourde. En comparaison la Thaïlande c’est un pays européen en fait. C’était tellement un mauvais exemple et avec du recul j’ai l’impression d’avoir été dans un « faux pays » où tout est lisse et industrialisé. Cela dit, tant mieux pour eux si leur niveau de vie suit (hors prostitution j’entends).

Ici tout est poussière, vendeurs de rue, chiens, bruit, musique, klaxons, briques, enfants lavés dans des bassines dans la rue, « taxi ? », « guide ? » … J’ai vu la misère, j’ai vu la vraie pauvreté et les népalais n’ont pas l’air de se plaindre. Leur vie est comme ça, et voilà. Quand je pense qu’on se plaint de tout et de rien, qu’on est jamais contents, qu’on cherche toujours mieux que ce soit matériellement ou humainement (les relations !), bah clairement ça m’a fait réfléchir. On sait que notre monde de surconsommation, de swipes, de satisfaction de l’instant et de non engagement est mauvais et pervers… Et voir de mes propres yeux comment d’autres vivent, se contentent de SURVIVRE m’a fait un choc. Ce n’est pas quelque chose auquel j’ai pensé tout de suite, c’est plus insidieux. Je me pose toutes ces questions sur ce que je veux, sur ce qui fait que je suis moi et (in)satisfaite, je ressasse évidemment (j’ai le temps !) et c’est dans ces moments que je réalise que c’est des conneries tout ça. Pourquoi se prendre la tête, en plus à posteriori, sur des choses / des personnes / des situations qui n’évolueront jamais alors qu’à côté de moi j’ai ces personnes qui n’ont pas le loisir de sortir de leurs conditions de vie et de leur misère. Rien n’est juste mais au moins j’ai le pouvoir d’agir sur ma vie, je ne suis pas bloquée et je peux passer à autre chose quand la situation ne me convient pas. Bon ok ça c’est dans le principe, WIP.

Le Népal c’est une belle leçon de vie. C’est le fait de pouvoir compter sur de complets inconnus pour porter son sac lorsqu’on en peut plus. C’est accepter que des gens auront nos arrières, peu importe quoi, et que d’autres ne seront jamais là quand il faut et c’est OK. C’est découvrir que l’on peut s’apaiser en s’ancrant dans le sol, en prenant une position particulière de yoga. C’est réapprendre à respirer et à s’écouter, c’est faire confiance à son corps. C’est aussi accepter d’être triste de temps à autre mais de garder espoir : le temps adoucira les peines et seuls les bons souvenirs resteront, petit à petit. Le Népal c’est aussi de la solitude, pour encore plus apprécier les prochaines rencontres. Le Népal c’est écouter, écouter tous ces nouveaux sons, cette langue inconnue, ces musiques désagréables, ces aboiements des chiens dans la nuit, ces klaxons qu’on finit par mettre en arrière plan…

Le Népal, c’est des gens souriants, toujours prêts à aider quand bien même ils ne comprennent pas un mot d’anglais. C’est de la nourriture riche et variée, un savant mélange de différentes cultures. C’est se sentir évidemment différent mais ne pas le subir, être observé sans méchanceté, plus avec de la curiosité. C’est être touriste loin de la France tout en étant entouré de gens bienveillants et attentionnés, ce que l’on ne trouve pas toujours dans son propre pays.

Le Népal c’est des paysages de dingue, c’est une faune et une flore incroyable (si c’est pas des gros mythos cf les tigres), c’est l’humidité et la différence de température entre le matin et l’après-midi, c’est des couvertures qui donnent pas du tout envie, c’est les meilleurs faux pancakes au chocolat que j’ai mangé de ma vie, c’est envoyer « tu fais quoi ce soir? » à une nana et partir en rando avec son pote le lendemain, c’est ne jamais savoir ce qu’il va se passer et ne pas en être inquiet. Ou bien est-ce que c’est juste voyager ?!

Est-ce que je retournerai au Népal ? Je ne sais pas. J’ai découvert le plaisir du trek et je me dis qu’il y a de nombreuses possibilités pour cela en Europe. Peut-être aurais-je plaisir à retracer mes pas avec mes proches dans de lointaines années !

Alors pour ce premier voyage solo de toute ma vie je suis comblée. Jamais je n’aurais pensé que ce serait aussi enrichissant, aussi différent, aussi coloré et vivant !

Et pour tous ceux qui se disent qu’ils ne pourraient pas partir seul.e : je ne pensais pas pouvoir non plus, ça allait à l’encontre du grand plan d’avenir que j’avais tracé dans mon imagination… Et pourtant ! Ce plan qui ne se réalisera pas est sûrement la meilleure chose qui me soit arrivée au fond… La fin d'une chose marque le commencement d'une nouvelle : j’ai hâte de découvrir ce qui m’attend !

« Vivons d’imprévus c’est moins long à organiser » Alex Bocat

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J’ai cru que je n’allais pas arriver dans le pays : à l’enregistrement l’hôtesse m’a indiqué qu’il fallait absolument un billet d’avion/bus de sortie du territoire afin qu’elle puisse me laisser monter dans l’avion. Ne sachant pas quand exactement nous allons rester au Cambodge je n’ai pas de preuve à fournir, idem pour la réservation d’hôtel que je n’ai pas encore faite. Il a fallut parler à plusieurs responsables, qui ne m’écoutaient pas malgré mes différentes plaintes : le visa ne stipule pas que je doive présenter de tels documents, pourquoi leur système me le réclame ? Il est presque minuit, je monte petit à petit en tension. Surtout que devant refaire mon enregistrement j’ai un risque de devoir mettre mon sac en soute si les hôtesses se rendent compte de sa taille, ce que je ne souhaite pas faire (pour sortir plus vite et éviter de perdre mon sac car j’ai un changement).

De longues minutes se passent avant que j’ai enfin un interlocuteur qui comprend que j’ai bel et bien un visa (qui se trouve dans sa main !!) et qui s’excuse pour ce malentendu. Il m’est tout de même demandé de peser mon sac pour savoir s’il fait plus de 7 kilos, dans le cas contraire il ira en soute… Avant de le poser sur le tapis je leur explique qu’il est gros mais qu’il est pas si lourd et c’est le seul bagage que j’ai et svp c’est ma maison ce sac. Le manager me dit que s’il fait 9 kilo ce sera ok, il acceptera que je le garde avec moi. Je suis tout à fait persuadée qu’il fait bien plus : je suis partie avec 12 kilos mais je tente quand même. La balance indique 13 (mes habits chauds sont tous dedans en prévision des chaleurs du Cambodge). J’implore la nana qui n’a pas compris que j’avais un visa dès le début, je lui dit qu’elle m’a fait vraiment très peur et que vraiment ce serait sympa de sa part de me laisser mon sac. Elle me dit qu’elle peut monter à 10 kilos mais c’est son dernier mot. OK je vais tenter de mettre 3 kilos de fringues sur moi… Je mets ma veste impermeable sur mes épaules, des petits objets dans mes poches, je sors mon iPad, le clavier et mes produits liquides. Je pose l’iPad et les produits liquides sur le comptoir, là où les agents ne peuvent pas voir et je retente ma chance à la pesée. 10,1 kilos ! Je l’indique avec fierté aux agents. Ils me demandent ce que j’ai enlevé, un peu dubitatifs. Je montre mes poches pleines, ma veste et l’iPad, les produits de toilettes cachés derrière et ils acceptent de me laisser partir avec. Je m’empresse de tout remettre dans mon sac, je trouve ça un peu bête car sur moi ou à l’intérieur tout va aller en cabine.

Un arrêt à Kuala Lumpur plus tard, j’atterris à Phnom Penh. Et il fait chauuuud. Ca change du Népal ! Je prends une carte sim dans l’aéroport, je retire des riels cambodgien (j’ai déjà échangé ma monnaie népalaise contre une centaine de dollars) et télécharge l’application Grab pour commander un tuktuk. Je vous épargne mes problèmes de compréhension de la monnaie avec mon conducteur et les soucis à la réception. Je récupère les clés de mon dortoir, me change et direction la piscine ! Je suis assez fatiguée du trajet mais pas vraiment envie de faire de sieste dans le dortoir, je préfère me reposer au bord de l’eau. Il est midi, c’est la pire heure, je n’ai pas de crème solaire pour le corps, je finis très très rouge avec de belles marques de maillot de bain. Il n’y a pas grand monde dans l’hostel à cette heure, j’ai la piscine pour moi, c’est super agréable !

Je finis par me lasser et décide de me rendre dans un centre commercial dans l’optique d’acheter des sous-vêtements, étant partie avec trop peu à mon goût. J’ai l’impression que le mall n’est pas si loin, je décide d’y aller à pied. Encore une bonne idée… Après plus d’une heure je me retrouve sur une route impossible à traverser, j’ai l’impression d’être au bord du périphérique, je préfère prendre un tuktuk pour les 5 minutes restantes. J’arrive au mall et vais directement à H&M. Et bien figurez vous qu’ils ont des chaussettes mais pas de culottes ! Et qu’à l’exception de Calvin Klein et d’un autre magasin, il y en avait nulle part !! Est-ce que les cambodgiens ne portent pas de sous-vêtements..? Je m’étais déjà posé la question au Népal… Je ne suis pas sûre de vouloir plus investiguer la question.

Je rentre à l’hostel, il se fait tard, et je commande mon diner, petite flemme de ressortir pour chercher un restaurant. J’ai eu le plaisir, peu de temps après ma commande, qu’on me propose de jouer au billard. Un jeune homme tchèque, seul aussi, qui ne voulait pas jouer tout seul. Parfait pour moi après autant de temps sans voir de touristes (à l’exception de la française avec qui j’ai bu un verre le jour de mon départ du Népal). Et ça a été une super soirée ! Billard, babyfoot (hahaha), bières, ça m’a fait un bien fou de retourner à une vie sociale plus normale. C’était ma première soirée au Cambodge, lui sa dernière, ça nous a presque permis de faire le point sur ce qu’on peut attendre de tels voyages et de nos rencontres ! Le voir se questionner sur ce qu’il fera en rentrant, de ne pas souhaiter retourner trop longtemps chez ses parents, avoir peur d’être seul (serions-nous tous pareils ?), hésiter entre plusieurs pays… Même si je viens de partir je sais qu’un jour il me faudra prendre ces mêmes décisions et bien que j’essaye de ne pas trop y penser j’ai déjà quelques idées (Italie, Pays-Bas…. Promis maman j’essayerai de ne pas tomber amoureuse d’un expat à Bali :D), que j’aurai le temps d’évaluer au fur et à mesure.

Comme ma sœur arrive dans 5 jours au Cambodge je décide de partir dans le sud, à Kampot, en attendant son arrivée (rester à Phnom Penh autant de jours sans pouvoir visiter m’a paru d’un ennui mortel). Je prends le bus l’après-midi et arrive en soirée à Kampot.

La ville en elle-même n’a pas un grand intérêt. C’est plutôt la nature qui y est très chouette. Parc national, rivière, visite de plantation de poivre, activités d’eau… J’ai visité la ville le lendemain de mon arrivée et j’ai fait une croisière pour voir les lucioles. Il y a un ponton avec des dizaines de bateaux attendant les touristes pour partir. Une fois encore, peu de touristes donc nous nous retrouvons tous dans le même bateau. Nous devions être une quinzaine max… Mais où sont les touristes ?

Coucher du soleil lors de la croisière et un pont toujours utilisé mais très prisé pour les photos 

Le lendemain je me rends dans un hostel en dehors de la ville pour louer un kayak, cela m’avait été recommandé par une connaissance de Pter le tchèque. La femme de l’accueil m’indique qu’ils sont déjà loués mais qu’elle n’est pas sûre que les personnes vont venir donc que je peux attendre une heure et aviser à ce moment là. J’en profite pour déjeuner et prendre un jus de fruit du dragon (trop bon !). Finalement, un kayak sur les deux est libre mais une nana qui réside à l’hostel en a fait la demande, je ne suis donc pas prioritaire. On nous propose de partager, ce que nous acceptons avec plaisir. J’ai pu parler au dos d’une anglaise pendant 2 heures, à papoter sur nos voyages, sur notre vie d’avant, sur nos projets… C’était une rencontre assez surprenante car cette fille était très différente des personnes que je fréquente habituellement. En rentrant nous avons pris une noix de coco chacune pour le jus puis demandé à ce qu’ils la cassent pour qu’on puisse la manger. Je n’avais pas le souvenir d’avoir fait ça auparavant et j’étais vraiment super contente !

Les pêcheurs rentrant et le coucher de soleil (+ moi avec mon nouveau maillot de bain, meilleur investissement !)

J’ai passé ma dernière demi journée à Kampot au bord de l’eau et de la piscine, à prendre des coups de soleil (seulement sur le devant de mon corps, c’est charmant) et à boire des jus.

Pour cette étape j’ai vraiment fait le minimum. J’avais besoin de relâcher la pression du Népal et m’autoriser à ne pas faire TOUT ce qu’il y avait sur ma liste. Par exemple, j’aurai pu aller au parc en louant un scoot et y faire de la randonnée mais la location de scoot est encore un challenge que je dois surmonter dans les prochains mois/ semaines. Et tant pis, j’ai beaucoup de temps pour faire beaucoup de choses, ce n’est pas grave si j’en rate quelque unes sur la route.

Je passe une nuit dans un nouvel hostel à Phnom Penh et je vais chercher ma sœur à l’aéroport demain à 10h !!

Aujourd’hui je change de mes citations, ce sera paroles de chanson : Tableau de Kaky

« Quand je vois tous ces gens qui se confondent Qui s'oublient, qui se regardent et qui s'enfoncent Je me dis qu'il faudrait qu'ils se rendent compte Que la vie est belle seulement quand tu plonges Et si tu laisses toujours les choses venir Le danger c'est d'avoir peur de tomber Arrêtes de toujours vouloir te prévenir Se relever, c'est ça qui te fera gagner »

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Publié le 19 février 2023

Et c’est parti pour l’aventure à deux !

Je vais chercher ma sœur, Coline, à l’aéroport. Elle arrive d’ailleurs avant moi ; l’aéroport étant très petit il ne nous est pas difficile de nous retrouver. Nous retirons de l’argent, récupérons une seconde carte sim et prenons un Tuk tuk pour rejoindre l’hôtel que j’avais séléctionné le matin même. Arrivées sur place nous avons la surprise d’apprendre qu’il n’y a pas de piscine alors que c’était un atout phare du lieu (en plus du calme, je souhaitais que Coline puisse se reposer confortablement les premières nuits). Nous hésitons à rester ou à trouver un autre logement. Il est cependant difficile de trouver un lieu à proximité proposant deux lits séparés (nous sommes compliquées !) à pas cher. Nous confirmons notre réservation, la chambre n’est pas prête, Coline se change en vitesse et nous partons nous promener en attendant.

Nous essayons d’abord de nous rendre au Palais Royal. Le masque est obligatoire, je n’en ai pas pris sur moi. Nous essayons de négocier auprès de vendeurs de rue pour les avoir moins cher, c’est inutile ils refusent de baisser le prix sachant pertinemment que l’endroit le plus proche pour en acheter n’est pas à proximité immédiate. Nos finissons par en prendre un et sommes autorisées à rentrer dans l’enceinte du palais. Nous prenons nos tickets et arrivées aux portiques de sécurité on nous refuse l’entrée du fait de nos tenues. Nos shorts sont trop courts. Donc nous avons passé trois niveaux d’accueil pour nous avoir refuser l’entrée, après l’achat des tickets, logique. Nous aurions pu acheter des pantalons mais nous sommes agacées par le principe et décidons d’y retourner le lendemain (nous nous sommes faites rembourser les billets directement).

A la place du Palais Royal, et parce qu’il n’y a pas tant d’activités et de visites à PP, nous allons visiter la prison S-21, aussi appelée Tuol Sleng. Il s’agit d’un lieu emblématique de l’histoire du Cambodge, sous le régime des Khmers Rouges (Khmers pour cambodgiens et rouge pour le communisme). https://www.playingtheworld.com/cambodge/visite-de-la-prison-s-21-a-phnom-penh/ (c’est bien résumé et bien écrit)

Je ne vais pas m’étendre sur l’histoire du Cambodge et sur le régime de Pol Pot. C’est une partie de l’histoire cambodgienne extrêmement interessante et je vous encourage à lire à ce propos (ou regarder « D’abord ils ont tué mon père »).

Ayant quelque peu lu à ce propos nous nous attendions à un lieu exceptionnellement émouvant et bien que ce soit sinistre et que des atrocités aient eu lieu entre ces murs j’ai trouvé qu’il était difficile d’en saisir l’entièreté. J’imagine que le beau temps, la cour pleine d’arbre verdoyants, l’herbe bien entretenue viennent tempérer le discours de l’audioguide. Cet ancien lycée semble apaisé à présent, fort de sa mémoire et de son rôle primordial d’information et de commémoration ; c’est comme si le châtiment des dirigeants responsables (excepté Pol Pot) de ces massacres, les tombes dédiées aux 14 hommes tués avant la découverte du site par les vietnamiens (c’était un lieu de torture et d’aveux, les prisonniers n’étaient pas sensés mourir sur place) ainsi que l’ouverture au public avaient aidé à une certaine transition.

Les tombes des derniers assassinés et les cellules 

Le soir nous nous rendons au marché de nuit. Très mignon et vendant de tout. J’y ai même vu des culottes !! J’avoue ne pas avoir eu le courage d’en acheter mais cela confirme que les cambodgiennes en portent bien !

Le lendemain nous avions décidé de nous rendre le matin aux champs de la mort, Choeung Ek "killing fields", et l’après-midi de retourner au palais.

https://www.voyagecambodge.com/guide-cambodge/attraction/choeung-ek

Les champs de la mort se trouvent un peu à l’extérieur de PP, il s’agit du lieu où les divers prisonniers, les ennemis du régime, étaient envoyés pour être exécutés. Ces lieux se comptent par centaine dans le pays. Certains ne sont pas accessibles car entourés de bombes. Lors de cette visite le parcours du prisonnier y est très bien expliqué, de son entrée par camion, au différents outils utilisés pour les tuer (les balles n’étant pas utilisées afin de les économiser et pour éviter le bruit), aux produits dispersés dans les fosses pour cacher l’odeur et pour finir de tuer ceux qui agonisaient dans les fosses communes, à l’assassinat de bébés contre un arbre… De nouveau, impossible de bien comprendre l’ampleur de ce qu’il s’est passé dans ces lieux et seuls les ossements par milliers dans le stupa mémorial font réaliser qu’effectivement des hommes, des femmes, des enfants sont bien morts à l’endroit même où je me trouve.

L’arbre sur lequel les bébés sont tués et l’intérieur du stupa mémoriel 

Suite à cette visite nous décidons finalement de faire un musée qui retracerait l’histoire du Cambodge. Nous nous étions rendues compte que nos connaissances étaient limitées, ce que nous avions appris de nos visites se limitaient à l’histoire des Khmers rouges mais n’abordaient que très peu les événements antérieurs et postérieurs. Nous allons au musée SOSORO. Cette visite fut surprenante car il s’agissait en fait du musée de l’histoire de la monnaie cambodgienne ! Par ce biais il était possible de remonter sur des siècles pour retracer les diverses façons d’échanger des biens et donc de connaître qui dirigeait le pays et comment. Façon originale de mieux cerner la politique et l’histoire du pays.

Le musée était assez long et nous avons du nous dépêcher pour déjeuner (avec un jus frais en dessert!) et courons au palais car nous savons qu’il ferme tôt. Sur la route les guides nous indiquent qu’il est fermé et que nous ne pouvons plus y accéder… Mauvaise gestion du temps. Nous nous posons devant un temple afin d’essayer d’anticiper nos prochaines étapes.

Nous décidons de rester une nuit de plus et de faire la visite le matin puis de partir pour Kampot dans l’après-midi.

Dans la soirée, pour le coucher du soleil, nous nous rendons dans un Sky Bar conseillé par un pote d’école. La vue est imprenable sur la ville et nous en profitons avec un cocktail hors de prix (8 dollars, vous vous rendez compte ?! ;) ).

Celeste Sky bar  

Dernier jour sur PP… Habillées bien comme il faut et masquées nous pouvons enfin visiter le palais à son ouverture. Et bien la plupart des édifices étaient fermés et les jardins n’étaient pas accessibles. Il m’avait effectivement été dit que la visite ne valait pas les 10 dollars mais comme les touristes à qui j’ai passé l’information nous avions souhaité le vérifier par nous-mêmes…

Le palais 

En fin de matinée nous nous rendons dans mon ancienne auberge pour profiter de la piscine. Nous nous faufilons discrètement et y bronzons allégement (bien trop, je prends des coups de soleil sur mes anciens coups de soleil, je suis rouge ++ mais ça va bien finir par se transformer en bronzage….).

En début d’après-midi nous prenons le bus pour Kampot car il me restait des choses à faire et que c’est la route pour les îles ! Après quelques heures de bus nous arrivons à Kampot. Pas besoin de Tuk tuk, je me suis cette fois arrangée pour prendre un logement à proximité du centre. Nous déposons nos affaires et sortons rapidement nous restaurer. Il m’avait été recommandé un restaurant sur le marché de nuit qui me tentait bien, le KFC (!!) qui avait pas mal d’options végétariennes à petits prix. La place du marché, le soir, est chaleureuse et nous buvons notre première bière ensemble. Un fait amusant sur les bières cambodgienne, outre qu’elles n’aient pas vraiment de goût, c’est qu’en fonction de l’inscription sur l’intérieur de la capsule il est possible de gagner une bière ! Nous en avons gagné une cette soirée là.

De manière générale la cuisine Khmer contient de la viande, il n’est pas aisé de trouvé quelque chose qui nous fasse envie et qui soit totalement authentique. Je mange beaucoup de riz, de curry vert ou rouge, de nouilles sautées aux légumes… Mais ils proposent souvent d’ajouter du tofu donc cela permet de compenser un peu.

Le premier matin nous nous rendons à La Plantation, qui cultive du poivre et d’autres aromates, à une vingtaine de kilomètres de PP. Ce poivre est extrêmement connu dans le monde (comme je ne m’y connais pas en cuisine je n’en avais pas entendu parler) et de nombreux français étaient présents, sûrement aussi car il s’agit de la seule plantation des environs proposant des visites gratuites….

Nous avons donc pris un tuk tuk, la route était en construction (pour changer!) et il a fallut une bonne quarantaine de minutes. Arrivées sur place, le tuk tuk nous demande si nous souhaitons qu’il nous attende pour le trajet du retour, pour 15 dollars. Nous trouvons cela cher, le faisons savoir à notre chauffeur et nous éloignons. Quelques petites minutes plus tard ce même chauffeur de tuk tuk nous rattrape accompagné d’un autre homme. Celui-ci nous explique que nous devons accepter car il n’y aura pas d’autre chauffeur disponible pour nous sur le retour. Nous n’avons d’après lui pas le choix, ou alors il faudra marcher les 20km. Nous n’apprécions pas le processus : le fait de ne pas nous donner le choix. Nous n’acceptons ni ne refusons et décidons que nous verrons bien en sortant de la visite si notre tuk tuk est toujours présent. Ce fut une erreur car n’ayant pas de réseau dans la plantation nous n’avions pas l’opportunité de vérifier si nous pouvions commander un véhicule, cela nous a trotté dans la tête pendant la visite.

Les plants de poivre et la différence de maturité 

La visite a été assez rapide, menée par la propriétaire, nous avons vu à quoi ressemblaient les baies sur l’arbre, eu l’explication sur les différentes sortes de poivres et l’historique de la plantation. Il nous conseille vivement de faire la dégustation à la fin de la visite. Ce que nous faisons, surprises de voir le nombre de poivres, épices et mélanges que nous allions goûter. Le poivre de Kampot est bel et bien incroyable, loin de ce qui est vendu en grande distribution. Plus besoin de tourner 3 fois le moulin à poivre pour que cela ait du goût ! Nous n’en avons pas acheté car voyage longue durée oblige, mais cela ne sera pas oublié !

Nous avons aussi dégusté une glace à la vanille et au poivre de Kampot. Cela ajoute vraiment un petit quelque chose très agréable. Moi qui ait toujours souhaité faire mes propres glaces maison (quand je serai adulte), j’espère tenter l’expérience un jour.

Puis il a fallut rentrer… Nous choppons la wifi du lieu et nous rendons compte qu’il est impossible de commander un véhicule pour rentrer. Nous pensons qu’éventuellement d’autres touristes pourraient nous ramener à bord de leur tuk tuk mais ils sont peu nombreux à partir directement après la dégustation. Nous demandons à deux françaises : l’une est malade et elles hésitent entre se rendre à Kep (la direction opposée) ou rentrer à Kampot. Finalement elles se décident pour Kep mais nous disent qu’elles vont voir avec leur tuk tuk s’il aurait des contacts. Nous n’avons même pas besoin de leur aide, des monsieurs nous interpellent à la sortie du site et nous indiquent être disponibles. Un en particulier est insistant et nous n’avons pas le choix. Il propose 15 dollars et nous essayons de négocier. Nous proposons 12 et lui 11. D’accord, étrange négociation ! Nous acceptons sans hésiter et en lui faisant répéter plusieurs fois « eleven ». A la fin de la course nous lui tendons les billets… Il attend tout d’abord le reste de l’argent, nous répétons « 11 » et nous voyons le moment où il comprend son erreur sur son visage. Moment très gênant mais il accepte l’argent sans broncher et nous partons. Même si nos avons été honnêtes, ce fut son erreur et non la notre, nous avons bien conscience qu’il s’agissait d’une mauvaise traduction et avons le sentiment d’avoir profité de lui. Je suis persuadée que le karma va venir frapper à la porte très bientôt…

L’après-midi nous prévoyons un moment détente et allons dans un hotel qui met à disposition sa piscine si nous consommons pour 6 dollars par personne. Nous déjeunons sur place et profitons de l’espace quelques heures. La piscine est à l’ombre, l’eau est fraîche, cela fait du bien dans l’atmosphère un peu étouffante de la ville.

La piscine  

Pour le coucher du soleil, nous nous dirigeons à pieds vers les marais, le reflet du soleil sur l’eau devant être très beau. Nous marchons un certain temps le long d’une grande route. Sur internet le lieu exact des marais n’était pas indiqué et nous commençons à avoir un doute sur notre route. Coline m’indique qu’elle pense que c’est de l’autre côté de la rive mais le pont est très loin et je considère que nous avons suffisamment avancé pour ne pas faire demi-tour. C’est un peu bête, si j’avais accepté de prendre un tuk-tuk pour nous y rendre nous n’aurions pas raté les marais salants. Nous avons tout de même vu un très joli coucher de soleil sur une plage de sable blanc, entourée de cambodgiens. L’endroit semblait être le point de ralliement des locaux et c’était très sympa.

Photo de St Valentin à la bière et coucher de soleil  

A venir : Koh Rong Sanloem… Une île paradisiaque.

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Publié le 23 février 2023

Pour se rendre à notre hôtel il nous faut prendre un bus jusqu’à Sihanoukville au sud ouest de Kampot puis prendre un speedboat jusqu’à l’embarcadère principal de Koh Rong Samloem et enfin marcher une trentaine de minutes jusqu’à notre hotel.

Le speedboat est rigolo, ça va vite, ça tape un peu (il y a du vent et des vagues, un orage devait éclater dans la matinée). Quelques minutes de plus à bord et je rendais mon déjeuner.

Arrivées sur l’île on se rend vite compte que ce sera un séjour de repos et de calme. Nous apercevons quelques hotels, restaurants en bord de plage mais très peu et qui ne dénaturent pas le paysage. Les bungalows visibles sont construits sur pilotis, en bois, et se fondent bien dans la forêt en bordure de plage.

Pour rejoindre notre logement, qui est de l’autre côté de l’île sur la sunset beach, il nous faut marcher trente minutes d’après les indications de l’hôtel et entre 45 minutes et une heure selon les avis postés sur booking.

Carte de l’île et fôret 

Encombrées de nos sacs à dos (j’atteins maintenant 14 kilos avec l’eau!) nous nous lançons dans cette marche / randonnée. Je suis la première sur le chemin, nous ne sommes que deux et il semble que les autres touristes aient choisi la facilité en payant un bateau pour se faire transporter directement sur ce côté de l’île.

Le chemin est étroit, dans la forêt. Il fait chaud, humide et mon sac appuie sur mes coups de soleil. De vieux panneaux indiquent de temps en temps la direction de l’hôtel. Nous faisons attention où nous marchons, de nombreuses racines sortent de terre et pourraient nous faire trébucher si nous n’y prêtons pas attention. D’autant plus qu’il est plus difficile de s’équilibrer avec le sac à dos, le point de gravité ayant changé.

Après une quinzaine de minutes j’entends des bruissements devant moi, comme si un animal avançait dans les feuilles. ET BIEN CA N’A PAS LOUPÉ ! Un serpent se trouvait sur le chemin et se met un peu à l’écart, à quelques mètres de moi. J’appelle Coline et la presse de venir voir viiiite. Elle arrive et je lui montre. Je n’ose plus trop avancer maintenant qu’il est si proche et décide de lui lancer un bout de bois pour lui faire peur. Il se décale suffisamment pour que Coline estime pouvoir passer. Pour ma part je souhaite qu’il s’éloigne encore un peu et essaye de lui lancer un autre bout de bois. Il ne bronche pas. Coline le fait aussi mais cela produit d’effet inverse : il avance dans ma direction. Je recule rapidement, un peu en panique. Ce qui m’inquiète le plus est le fait qu’il ait le haut de son corps relevé, la tête dirigée vers moi, en hauteur, comme s’il était prêt à attaquer. Clairement je l’ai dérangé et il n’est pas content ! Il finit par se décaler un peu et je cours rejoindre ma sœur.

Le reste de la rando se passe sans autre événement, mis à part qu’il s’agit bien d’une petite rando et que les touristes avaient raison : mieux vaut éviter les tongs ! Des cordes sont installés le long du chemin sur la partie la plus pentue pour aider. Avec la chaleur et les affaires nous sommes rincées et c’est avec plaisir que nous buvons la limonade fraîche offerte par la gérante. On a le sentiment de l’avoir bien méritée !

Nous prenons possession de notre logement, très sommaire mais qui donne directement sur la plage, nous faisons notre lessive et allons parcourir notre plage à la recherche d’un déjeuner.

La plage compte 4 / 5 hôtels différents, les prix sont assez élevés partout (pas surprenant, il s’agit d’une île). Une fois rassasiées nous installons nos affaires devant notre bungalow et c’est parti pour une aprem plage ! Petit bière, coucher de soleil, on ne se plaint pas.

Pendant la nuit l’orage qui devait avoir lieu le matin éclate soudainement. Je suis réveillée par le bruit de la pluie bâtante sur le toit du bungalow et j’ai même un peu peur lorsqu’une noix de coco tombe sur le toit au dessus de moi ! L’orage dure assez longtemps, ça me semble interminable, surtout que le bungalow n’est pas totalement fermé en haut… Je reçois de la pluie des genoux aux pieds. Je me contorsionne pour essayer de me rendormir au sec, je lis un peu et finis par mettre les boules quies.

Le jour suivant le ciel est dégagé, l’eau encore un peu agitée mais l’air est moins lourd.

Nous allons prendre le petit dej à l’hôtel et décidons de visiter l’île à pied ! Avant de partir le responsable de l’hôtel nous alerte à propos des singes : nous risquons d’en croiser et ils ont attaqué un touriste la veille ou l’avant-veille.

Il nous faut reprendre le chemin de la forêt dans l’autre sens, cette fois je laisse Coline passer devant.. Nous sommes sur nos gardes et chaque branche pourrait être un serpent camouflé pour mieux nous mordre. Nous ne croisons ni singe si serpent.

Comme il est tôt nous nous fixons comme objectif de traverser l’île vers le nord.

Dans un premier temps il s’agit de rejoindre la partie de l’île où se trouve le Mad Monkey hostel puis de remonter en saut de puce de plage en plage. La première étape est déjà compliquée : nous galérons à trouver le chemin et sommes aidées par une nana qui souhaite aussi s’y rendre. Rien n’est indiqué, l’auberge met à disposition un transfert gratuit pour ses hôtes donc j’imagine que peu de personnes s’y rendent d’eux même.

Le Mad Monkey hostel donne l’impression qu’ils vivent en autarcie : il n’y a qu’eux sur ce coin de l’île, ils sont loin de tout et il est difficile de savoir comment ils s’occupent la journée ; je suis contente d’être de l’autre côté de l’île.

Une fois sur place nous nous baignons puis demandons à un jeune cambodgien travaillant pour l’hostel où se trouve le chemin pour nous rendre vers le nord. Il nous indique la gauche, direction la mer… Puis il s’adresse en cambodgien à une autre personne. Nous supposons que quelqu’un va venir nous montrer plus précisément la route mais rien ne se passe. Nous repartons en ronchonnant et allons directement à l’accueil touristique de l’hostel. La dame nous explique que pour nous rendre de l’autre côté il faut rejoindre le village de pêcheur qui est à 15min… en passant par la mer, en nageant. Nous avons nos sacs, la mer est encore un peu agitée suite à l’orage : mauvaise idée.

Nous rebroussons donc chemin sans avoir eu l’opportunité de voir le nord de l’île.

Pas de souci nous allons visiter le sud ! Il y a un phare de l’autre côté, avec une jolie vue d’après les commentaires google. Nous décidons de déjeuner au centre de l’île puis de continuer tranquillement tout en gardant du temps pour revenir sur notre plage pour le coucher du soleil.

Nous avançons, avançons encore, longtemps… Et nous sommes toujours sur la même plage… Il fait chaud, le phare se trouve encore à une heure, il nous faudra aussi remonter toute la plage et traverser de nouveau la forêt pour aller de l’autre côté de l’île. Après une pause photo nous décidons d’abandonner ce projet et de nous rendre sur la plage située à proximité de la notre…. A vol d’oiseau. En réalité il n’est possible d’y aller qu’en canoë ou à pied en passant par la plage principale (donc de traverser deux fois la forêt). Elle s’appelle Lazy beach et est réputée comme étant une des plus belles plage au monde.

Pour y accéder nous devons emprunter le tronçons de la future route. Des arbres ont été déracinés, la forêt sûrement partiellement brûlée, c’est dévasté et on a conscience d’être face à un désastre écologique. Nous avions lu qu’une partie de l’île avait été réquisitionnée par le gouvernement et que les propriétaires y étaient évincés. Nous avons vu les affiches dénonçants ces actions et les dates peintes sur les logements indiquant la date de destruction. Mais nous ne savions pas que ce serait aussi marqué dans le paysage.

Passé une intersection (qui reliera sûrement un jour toutes les plages) nous nous enfonçons de nouveau dans la nature, traversons une bananeraie et arrivons à destination. La plage est belle, peut-être un peu moins que la notre à notre goût (sûrement parce que la randonnée menant à notre plage la rend plus unique).

Après quelque temps nous rentrons de notre côté, ayant l’intention de faire une sortie en kayak pour observer le plancton phosphorescent et devant réserver notre trajet retour auprès de l’hôtel. Deux échecs. Il n’y a pas assez de monde pour l’activité et notre hotel ne s’occupe pas des réservations… Je sens qu’il s’agit du retour du karma !

Puis c’est notre dernier jour sur l’île : préparation des sacs, baignades, déjeuner et speedboat pour retourner à Sihanoukville. La bas nous attend un bus de nuit direction Siem Reap !

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Le bus de nuit cambodgien… n’a rien à voir avec le bus de nuit népalais. J’ai l’impression d’avoir un 5 étoiles tellement c’est confort en comparaison ! Le bus est composé de la sorte : de chaque côté des sortes de lits superposés, le lit du bas étant au niveau du sol, à droite deux couchettes par étage et à gauche une seule. Avec Coline nous avions sélectionné des couchettes côte à côte en bas (nous ne savions pas qu’il y aurait deux étages). Comme nous sommes au niveau du sol nous entendons bien le moteur mais cela ne nous empêche pas de dormir. Je suis très impressionnée car il s’agit de mon premier bus avec couchette et j’aime beaucoup ! Il ne faut évidemment pas penser à la sécurité. Nous sommes allongées, il n’y a pas de ceinture…

Le bus arrive avec une heure d’avance, soit vers 6h. L’endroit de dépôt est assez loin du centre, nous n’avons pas réservé d’hôtel. Nous décidons de regarder les disponibilités sur booking et de nous y rendre directement, en espérant qu’ils puissent nous fournir une chambre rapidement. Comme il est encore tôt nous tombons sur le gardien de nuit qui ne comprend pas bien, nous convenons de lui laisser nos sacs jusqu’à 8h en attendant qu’une autre personne prenne la relève. Nous allons prendre notre petit déjeuner dans un endroit que Coline avait repéré et essayons de trouver sur internet un guide français pour la visite d’Angkor. Comme nous organisons en amont que très peu notre voyage nous n’avions pas pu anticiper notre venue à Siem Reap (nous avons tiré au sort pour savoir si nous devions aller au Battambang ou non..). Malheureusement en cette période touristique tous les guides francophones sont indisponibles à nos dates et c’est aussi extrêmement cher. Nous échangeons avec des français qui nous indiquent qu’ils ont fini par prendre un guide anglais, en groupe, pour deux jours. Un peu par dépit nous suivons leur recommandation et réservons le même type de prestation pour le lendemain et l’après-lendemain.

Pour nous occuper l’après-midi, une fois que l’hôtel nous a confirmé une disponibilité pour deux nuits, nous réservons avec eux une sortie de 14h à 18h pour voir les villages flottants à proximité ainsi que le lac Tonlé Sap. Notre guide est pas terrible, il répond un peu à côté aux questions mais la visite reste intéressante. Du fait de la mousson les cambodgiens sont obligés de vivre en hauteur et ce village est un bon exemple de la vie rurale. On y voit aussi une école, des pécheurs s’occupant de couper la tête des poissons, les vider et les faire sécher. Ils font aussi sécher des petites crevettes qui serviront plus tard à l’élaboration de la sauce poisson.

Village flottant, école, crevettes séchées et coucher de soleil.  

Nous observons le coucher du soleil sur le lac, entourés d’occidentaux. L’endroit a clairement été créé pour accueillir des touristes, ils ont même capturé des crocodiles, mis dans des petites cages et ils les exposent fièrement… C’était un peu triste (notre guide nous a dit qu’il n’y avait normalement pas de crocodile à cet endroit donc c’est encore plus aberrant).


Angkor.

Le premier jour visite des temples suivants : Angkor Thom, Pre Rup, Banteay Srei, Neak Pean, Preah Khan. Le deuxième jour : Angkor Wat et Ta Prohm (Tomb raider). (En réalité j’ai pas noté, on en a fait d’autres et sûrement pas dans cet ordre là..)

Quand on parle d’Angkor et plus particulièrement d’Angkor Wat, on sait toute la magnificence des lieux et leur histoire. Qu’une civilisation ait su construire des temples aussi pérennes, vastes et grandioses est assez incroyable.

Lors de notre visite du musée de la monnaie il était décrit les moyens d’échanges de l’époque, ils troquaient et n’utilisaient alors pas de système de monnaie à proprement parler, ce qui aurait été à la fois la raison de l’essor de cette civilisation (beaucoup de commerce et d’échanges) mais aurait aussi la raison de son déclin (car plus difficile d’entretenir une armée dans ces conditions). Nous avions aussi pu voir les plans de la citée, cette immense ville anciennement capitale (d’où vient son nom), et son étendue. Les temples étaient construits en pierre et les habitations ainsi que les palais en bois. Chaque roi apportait sa pierre à l’édifice et construisait son propre temple ou bien un temps pour sa famille. Il était aussi d’usage, lors d’une conversion à une autre religion, d’en modifier l’intérieur afin qu’il corresponde à la nouvelle religion. Il était aussi possible que deux religions puissent cohabiter, être pratiquées au sein d’un même temple.

Je ne vais de nouveau pas rentrer dans les détails de l’histoire, ces temples sont mondialement connus, la littérature ne manque pas. Je vais en revanche écrire sur mon ressenti, mon experience globale.

Ben les temples  

La visite durant deux jours, on ne peut visiter qu’une dizaine de temples sur les centaines existants. C’est peu… Et je crois que ça ne permet pas de voir l’étendue des constructions et du gigantisme du site. Peut-être aurait-il fallut faire le vol en montgolfière en plus pour justement avoir la vue du ciel.

Cela dit, nos deux jours avec ce guide ont été très intéressants, nous avons beaucoup appris et ses explications étaient claires. Il était agréable de pouvoir poser des questions sur le Cambodge en général, sur le protectorat français, sur le système éducatif…

Contrairement aux temples visités en Thaïlande, pour lesquels j’en avais vite eu marre car sans explications il s’agit grosse modo d’amas de jolies pierre et de belles peintures, ici tout avait un sens et une logique. Ca m’apprendra à vouloir moins payer et à visiter seule !

Nous avons donc beaucoup appris. Du type de pierres utilisées, à leur technique du transport (créer des trous, y mettre des battons en bois entourés de tissus pour bien les bloquer et ainsi pouvoir tirer sur les batons pour soulever), aux moyens utilisés (des éléphants, de centaines de milliers d’éléphants !!), à la façon dont les pierres sont stabilisées entre elles…

Notre guide nous a aussi parlé des dieux, de mythologie, de croyance. Assez fatiguante comme visite, on se lève tôt et on a beaucoup à voir en si peu de temps mais ça valait vraiment le coup !

En revanche petite déception pour le lever du soleil. Bien qu’arrivés à l’heure, la longueur des explications du guide avant de nous trouver une place ne nous a pas permis de choisir un bon emplacement. Devant arriver très tôt sur le site justement pour nous assurer d’avoir une bonne vue c’était décevant de ne voir qu’une partie du temple. De plus, le soleil se lève derrière le temple alors que j’avais imaginé que nous le verrions les rayons arriver petit à petit SUR le temple. Donc pour moi cette partie n’a pas eu un grand intérêt même si pouvoir dire que l’on a vu le lever de soleil sur Angkor Wat claque un peu !

Notre guide avait de bonnes idées photo…  

La visite se termine en début d’après-midi et nous avons un programme chargé pour le reste de la journée. Nous devons acheter du produit anti moustique au 7-eleven (encore et toujours, j’en profite pour acheter un masque pour les cheveux et le visage), acheter des cartes postales, écrire des cartes postales, poster des cartes postales, m’acheter un pantalon traditionnel, acheter un pin’s pour ma banane, acheter un magnet puis aller à Phare, the Cambodian circus…

Nous réussissons à presque tout faire sauf poster les cartes et nous poser tranquillement à la piscine de l’hôtel. Le spectacle de cirque est très sympa, ce n’est certes pas traditionnel mais très divertissant ! Nous rentrons à pieds (car nous n’avions apparemment pas assez marché dans la journée !) et prenons des galettes indiennes à emporter pour diner à l’hôtel avant de nous glisser au lit.

Nous avons l’impression que le temps nous échappe. Nous sommes toujours fatiguées à la fin de la journée, nous n’avons pas le temps de nous poser pour nous organiser… Je sens que cela va être de même pour le reste de mon TDM : devoir faire beaucoup de choix, être limitée dans le temps. Déjà aujourd’hui je sais que mon temps en Asie a une date de fin définie, souhaitant être en Afrique en juin. Coline m’accompagne jusqu’au Vietnam puis ma maman devrait me retrouver pour un bout d’Indonésie (coucou Mamounette) puis j’irai plus longuement à Bali où une amie sera aussi en vacances… Tout va s’enchaîner et ce sera déjà la moitié de mon voyage !

Prochaine étape : direction le Laos, le passage de la douane terrestres et les 4000 îles !

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Publié le 4 mars 2023

Du Cambodge au Laos..!

Un tuk-tuk vient nous chercher à l’hôtel pour nous déposer dans le centre. Nous montons dans un minivan avec 7 autres personnes et c’est parti pour quelques heures de route.

A moins d’une heure de la frontière nous sommes arrêtés dans un mini village, on nous demande de descendre et d’attendre. Nous n’avons pas plus d’indications et ne savons pas combien de temps cela pourra prendre. Un homme nous propose avec force encouragements de changer notre monnaie car « les laotiens sont communistes il faut changer de monnaie ici ». Ca ne nous donne pas très envie et nous préférons prendre le risque de n’avoir que des dollars dans un premier temps. Finalement il est temps de repartir, nous attendions d’autres touristes. Il faut une petite heure pour rejoindre la frontière, la route est mauvaise et nous avons hate que cette partie administrative soit derrière nous. Je suis un peu stressée car je sais que ces frontières peuvent poser problème. Les douaniers de chaque pays demandent 2 dollars de pot-de-vin et nous n’avons pas trouvé d’information claire sur le prix du visa. Je n’ai pas envie de donner cet argent mais Coline ne souhaite pas perdre de temps et ne pas bloquer le bus. (Dans le cas où un touriste refuse de donner les 2 dollars le garde fait pression en conservant le passeport, la majorité des « résistants », prêt à camper sur place pour le principe, sont de nationalité française).

Le bus nous dépose au milieu de plusieurs bâtiments, il n’y a pas d’indications sur celui où il faut se rendre. Heureusement des anglais connaissent les lieux et nous indiquent le bon. Nous passons les uns après les autres, d’abord à un premier guichet qui prend nos empruntes et notre photo (c’était aussi le cas à l’entrée au Cambodge), puis un second qui nous demande 2 dollars pour mettre le tampon de sortie de territoire sur le passeport. Nous payons et passons du côté laotien. Là bas rebelotte : premier guichet, attente d’un quart d’heure et demande de deux dollars pour récupérer le passeport. Parmi notre groupe certains n’ont pas assez d’argent ou bien ne veulent pas payer ; les gardes leur rendent leurs passeport suffisamment à temps pour que nous puissions tous repartir ensemble sans avoir à les attendre. Nous sommes soulagées et contentes d’être au Laos !


Bien qu’étant un beau pays et extrêmement riche culturellement parlant, je n’ai pas eu le coup de cœur pour le Cambodge. Je n’ai pas trouvé les cambodgiens particulièrement accueillants ni souriants. Au contraire, j’ai l’impression qu’ils ont beaucoup essayé de nous arnaquer, de nous faire payer plus que ce que nous devions, de nous refiler des vieux billets lorsque l’occasion se présentait (à savoir : au Cambodge ils utilisent les riels et les dollars, en revanche ils refusent systématiquement les billets endommagés). J’ai aimé apprendre sur leur histoire, sur leurs croyances et façon de vivre. Je pense que j’ai trop comparé à ce que j’avais vécu et ressenti au Népal. Ici j’ai passé des « vacances » car fait des activités touristiques classiques, je ne suis pas sortie des sentiers battus. Le fait d’être accompagnée, de ne pas faire d’activité un peu plus sportive / challengeante m’a donné l’impression que le pays était sympathique à visiter mais peut-être un peu ennuyeux ? Alors que je sais bien qu’il ne s’agit pas de comparer et que chaque lieu a ses particularités. Je vais essayer d’être plus ouverte pour les prochaines destinations, même si je suis déjà plus confiante pour le Laos.


Nous reprenons un bus pour les 4000 îles, qui se trouvent à une vingtaine de minutes de la frontière. Le bus nous dépose à un embarcadère et nous prenons un bateau qui nous déposera sur notre île. Ca c’est dans le principe. Si je ne m’étais pas trompée d’île lors de la récupération des tickets…. Deux îles sont très touristiques sur les 4000 îles : Don Khon et Don Det, la première étant un peu plus nature et moins « festive », elles sont toutes les deux petites (on les traverse en une trentaine de minutes) et sont reliées par un pont. Nous devions donc arriver à Don Khon mais sommes déposées à Don Det. Nos commençons à marcher mais avec le sac, le fait d’avoir seulement pris un petit déj de la journée, la fatigue.. Ca m’énerve. Nous nous étions mal comprises avec Coline et je n’ai aucune envie de traverser toute l’île, surtout que, comme nous venons d’arriver, nous ne savons pas combien de temps cela va prendre. Au bout d’une dizaine de minutes nous voyons un camion-bus arriver, nous en profitons pour l’arrêter et lui demander comment nous rendre de l’autre côté facilement. Après quelques négotiations il nous propose de nous déposer moyennent 6 dollars, nous acceptons en ayant totalement conscience que nous nous faisons arnaquer.

Il nous dépose devant notre hôtel et personne n’est présent. Coline part demander dans les environs pendant que j’essaye de les joindre par téléphone (ma carte sim cambodgienne fonctionne toujours si près de la frontière). Un homme finit par arriver et nous montre notre chambre : un lit simple. Il faut savoir que nous n’aimons pas dormir dans le même lit avec Coline, et encore moins quand il fait 35 degrés. Le gérant nous dit qu’il ma indiqué qu’il y aurait qu’un seul lit (faux). Déjà on se dit que ça commence mal…

Tôt le matin nous louons des vélos pour la journée et nous baladons sur les deux îles. Cascades, buffles d’eau, plage, vieux port français… C’est joli et vraiment agréable d’être à vélo, surtout avec la chaleur. Nous nous arrêtons dans l’après-midi pour réserver le tour en canoë de la journée du lendemain et achetons des cartes sim laotienne pour ne plus dépendre du réseau variable cambodgien.

Les 4000 îles  

Nous avons une petite frayeur le midi car pendant notre déjeuner le vélo de Coline a disparu. Nous alertons le serveur et demandons à toutes les personnes présentes si elles sont venues en vélo et si elles peuvent nous dire quels sont leurs vélos. On se rend alors compte qu’il y a le bon nombre, il y a donc sûrement eu échange (pourtant nos vélos sont bien pourrris, la personne n’y a pas gagné au change). Lorsque nous nous apprêtons à partir avec le vélo en trop une dame et son guide, qui avaient dejeuné à la table à côté de la notre, reviennent avec le vélo ! Elle s’était effectivement trompée et avait mis beaucoup de temps à s’en rendre compte. Nous voilà rassurées et nous pouvons continuer notre découverte de l’île. Nous rentrons à temps pour le coucher du soleil qui est particulièrement beau ici.

Le lendemain matin nous allons prendre notre petit déjeuner dans le restaurant de l’hôtel (compris dans le prix de la chambre) puis nous rendons sur un ponton pour qu’un bateau nous dépose à l’endroit où nous commencerons le canoë. Une fois déposée nous avons, compris dans le prix de la journée, un petit dej… C’est parti pour le double petit dej ! Une fois terminé nous prenons place dans nos canoes. Nous sommes avec un couple d’anglais, notre guide ne nous parle pas beaucoup mais ce n’est pas gênant tant que nous sommes sur l’eau. Nous ne savons pas trop à quoi nous attendre car nous nous sommes très peu renseignées pour réserver ce tour. Nous avions lu que c’était top à faire, surtout pour bien profiter des 4000 îles et se rendre compte de leur quantité / beauté. Donc nous savons que nous allons faire du canoe, d’autres visites mais nous ne savons pas quoi…

Nous commençons par remonter le Mékong et nous nous faisons directement la remarque que la journée va être éprouvante si nos ne changeons pas de direction. Heureusement, rapidement, nous faisons un premier stop. Nous déposons nos gilets de sauvetage, prenons nos affaires et partons à pieds. Apparemment nous allons voir une cascade… Arrivés à la cascade nous prenons quelques photos et notre guide nous incite très très fortement à nous baigner. Ce n’est pas très accessible et l’endroit indiqué pour se baigner est SOUS la cascade, histoire de profiter d’un massage gratuit. Comme il fait chaud et que nous portons nos maillots nous le suivons. Nous escaladons plus ou moins dans l’eau, il y a beaucoup de courant et nous n’avons aucune idée de ce que nous devons faire exactement. Nous le suivons aveuglement, amusées par son humeur qui a totalement évolué depuis qu’il est dans l’eau. De guide peu bavard nous avons en face de nous un enfant tout excité qui joue dans l’eau. Il nous entraîne après sur des rochers au milieu de la cascade et nous dit de sauter. Nous n’avons pas de visiibilié, il a l’air sur de lui… Et nous sautons. Nous passons ainsi une bonne heure près de la cascade avant de repartir pour une nouvelle marche, plus longue cette fois, direction la plage pour le dej. Moment convivial avec des fançais et repos à l’ombre. Nos canoes ont été transportés jusque là, nous pouvons repartir directement. Depuis la cascade d’autres groupes nous ont rejoint et nous sommes à présent une petite vingtaine au total. Avant de repartir l’ensemble des guides nous indique que nous allons traverser des rapides et qu’il nous faut ranger tous nos effets personnels dans les sacs étanches afin de ne pas les perdre. Nous ne savions pas non plus qu’il y aurait des rapides ! Notre guide nous dit de bien le suivre donc nous nous positionnons juste derrière lui pour ces fameux rapides. Plutôt que de rapides c’est plutôt plein de vaguelettes que nous devons traverser. Notre guide se dirige à droite toute alors que le reste du grand groupe va vers la gauche. Au bout d’un centaine de mètres le guide se retourne et nous dit qu’il nous faut rejoindre l’autre groupe car le couple qui était parti avec nous n’a réservé que pour la demi-journée donc il les raccompagne sur l’autre rive. Évidemment il ne nous l’a indiqué qu’après les rapides, alors que l’autre groupe est bien avancé. Nous devons donc REMONTER une partie des rapides, aussi vite que possible, dans l’espoir de les rattraper avant qu’ils ne nous sèment… Nous donnons tout ce que nous avons, en pagayant aussi fort que possible, tout en lutant contre nos fous rires. La situation est ridicule, remonter le Mékong alors qu’il suffisait que notre guide nous dise de ne pas le suivre 5 minutes avant… Nous arrivons, à bout de souffle, à rejoindre les autres. Puis nous atteignons une rive et nous changeons les canoes sur des camions, nous montons aussi dans les camions et allons… Surprise ! Voir une cascade. Il s’agit en fait d’une des plus grandes (en largueur) cascades au monde. Effectivement, elle est gigantesque et nous imaginons qu’en saison des pluies cela doit être d’autant plus impressionnant. Après une heure à nous balader sur le site c’est reparti dans le camion pour reprendre une dernière fois le canoë avant de rentrer. Sur le chemin notre guide, qui est entre temps revenu, nous donne (ou plutôt nous force à prendre) des bananes qu’il restait du déjeuner. Il s’agit de toutes petites bananes et nous n’osons pas trop refuser. Coline est en face de moi dans le camion, les canoës nous séparent et je ne l’entends pas très bien. En revanche je vois sa tête et je comprends qu’il y a quelque chose qui ne va pas. Elle mange sa banane et enlève régulièrement des choses de sa bouche avec une tête de dégoût. Elle dit qu’il y a des bouts bizarres dans sa banane. Étrange… La mienne n’avait rien. Comme nous sommes en route je ne sais pas quoi faire de ma peau de banane et ait l’air un peu bête à la garder à la main. Le français à ma droite me la prend des mains et la jete par dessus bord, le camion étant ouvert. Bon ok on est dans la nature j’imagine que ça va vite se dégrader. Coline, de son côté, décide de faire la même chose, de l’autre côté de la route. Ca ne rate pas : sa peau de banane atterrit sur le pare-brise de la voiture derrière nous. Autant vous dire que la voiture n’a pas attendu pour nous doubler… Mais ça nous a bien fait rire (et c’est encore le cas aujourd’hui !). Après recherche il s’avère que les morceaux dans la banane de ma sœur étaient en fait des pépins de banane sauvage, aussi surprenant que cela ait l’air…

Les cascades  

La journée a été bien occupée et nous rentrons fatiguées, satisfaites de nos activités. Le soir nous allons au resto du coin, un que nous n’avions pas encore testé. Nous y croisons des français avec qui nous avions fait Angkor, ils remontent aussi dans le nord du Laos à partir du Cambodge. Le service est super lent, ils prennent du temps à prendre notre commande, ont l’air de l’oublier et de préparer nos plats en toute dernière minute une fois qu’ils remarquent que nous nous impatientons. Ma soupe arrive… Un bouillon clair avec des légumes pas cuits. Je mange les carottes mais impossible de finir : les pommes de terre sont dures, presque crues et après discussion avec les gérants ils ne me font pas payer. Je mange une barre céréale en rentrant, avec un petit mal de ventre, auquel je ne pense pas plus que ça. Ca n’a évidemment pas loupé pendant la nuit : j’ai une « intoxication alimentaire », il m’est presque impossible de dormir, je me lève régulièrement et Coline, bien que non malade, ne dort pas plus. Heureusement nous avions décidé dans la soirée de rester une nuit de plus afin de prendre la journée du lendemain pour profiter tranquillement de l’île et organiser les jours à venir. Pas de chance, le lendemain je me sens mieux mais c’est au tour de Coline d’être malade. Je passe ma journée à la piscine pendant qu’elle se repose du mieux qu’elle peut. C’est foutu pour la journée orga. Nous réservons tout de même auprès de notre hotel le bus du lendemain matin pour nous rendre à Paksé, la nuit à Paksé et la nuit suivante à Vientiane.

Couchers de soleil et moi post maladie mais contente ! 

— Aparté —

J’ai beaucoup de temps pour réfléchir pendant ce voyage. Surtout lors des trajets en bus… C’est plus difficile d’exprimer ce que je ressens, je n’ai plus mes copines pour vider mon sac d’émotion au quotidien. Or ce n’est pas non plus dans ma nature de me taire et écrire, vous l’aurez compris, m’aide à mettre de l’ordre dans ce bordel mental. Parfois il me semble faire face à un silence car je sais que je n’aurai jamais de réponses à certaines questions. A présent, avec le temps, de la distance et du recul, j’arrive à accepter la situation. Il m’a quand même fallu, pour en arriver là, combler le silence des autres avec mes propres pensées. Ces pensées ont besoin de s’exprimer, de sortir, d’une façon ou d’une autre. J’ai écrit un premier texte, de ceux qu’il ne sert plus à rien d’envoyer, et j’ai par la suite continué à écrire sur le même principe (poésie?) d’une façon moins ciblée, que je vous partage ici. Ca change de mes longs textes ahah

Un petit bout de texte, écrit lors du trajet Cambodge Laos 😀
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Après les 4000 îles nous avions prévu de nous rendre à Paksé puis directement à Vientiane, la capitale. Nous avions pris cette décision lorsque Coline était malade et, arrivées à Paksé, nous avons changé de programme….

Nous avions décidé de cet arrêt car nous voulions faire des visites en tuk-tuk sur la boucle des Bolovens. Deux boucles en scooter/ moto sont bien connues au Laos : celle du plateau des Bolovens et celle de Thakhek. Celle des Bolovens débute vers Paksé et celle de Thakhek, à Thakhek… Un stop d’une demi-journée nous semblait suffisant pour prendre un chauffeur et faire les premieres visites de la boucle. En fait, ce programme n’aurait probablement pas pu être réalisé… Nous sommes restées seulement dans la ville. Paksé a peu d’intérêts : un bouddha géant, un marché géant et un pont géant duquel nous pouvons voir le coucher du soleil.

Depuis quelques jours nous faisions face à un gros dilemme : faire ou non une boucle en scooter. Après des heureees de délibération nous décidons de sauter le pas et de tenter la seconde boucle, celle de Thakhek, qui était la plus recommandée sur le groupe Facebook des français au Laos. Nous prenons un bus le lendemain matin pour Thakhek. Dès le soir même nous sommes chez le loueur de scooter…


De par notre histoire, notre passé, nous avions toutes les deux des appréhensions à faire une boucle. Je n’ai jamais conduit de scooter, je n’ai pas conduit de voiture depuis plus de trois ans… J’ai eu la chance pendant des années de me faire conduire lorsque nécessaire (merci les amis/famille/amoureux) et j’avais peur de reprendre le volant. De son côté, Coline avait plus une phobie du scoot et, avant de partir, il y a quelques mois, nous avions convenu que nous n’en ferions pas. Puis nous avons tellement entendu parler de ces boucles, rencontré des gens qui avaient beaucoup apprécié que nous avions peur de regretter de ne pas le faire. Après une conversation complètement débile nous avons statué qu’il valait mieux avoir des remords que des regrets (la notion de moralité nous tenant à cœur à toutes les deux). C’est donc très motivées et totalement effrayées que nous allons louer notre scooter.

Avant de nous décider nous leur demandons de nous montrer comment conduire le bolide. Le loueur n’a que des semi-automatiques (donc une moto plutôt qu’un scoot ?! C’est toujours peu clair), il nous faudra donc changer les vitesses au pied. Des français, quelques minutes avant, nous avaient expliqué le changement des vitesses et heureusement car l’anglais de notre instructeur n’était pas très clair. Pour la démonstration il nous fait monter derrière lui. Sans avoir beaucoup de temps de réflexion, Coline commence. Il lui fait faire un tour, ils reviennent ; elle est très pale… Il lui demande ensuite de prendre le volant et de conduire. Elle le fait, avec hésitation. Pendant son petit tour le gérant dit que si elle est aussi hésitante il ne pourra pas la laisser partir… Pas très rassurant, j’ai d’autant plus la pression. A mon tour. J’essaye de me détendre au maximum et me dis que je ne suis pas plus bête qu’une autre, je devrais pouvoir y arriver ! Avec de la chance, le jeune homme me fait conduire dans une rue perpendiculaire donc loin du gérant, je me sens plus à l’aise. Mes premières secondes sur le scoot sont du grand n’importe quoi et je ne gère pas du tout la force d’accélération (je pars à toute vitesse avec le monsieur qui me court après en me disant de m’arrêter, mais j’accélère à la place..). Il me ré explique et je recommence. C’est déjà mieux. Je retourne devant le magasin et je refais un tour. Je ne vais pas vite, mon instructeur m’ayant indiqué de toujours rester en seconde (la vitesse avec laquelle on démarre…). Le gérant nous dit de revenir le lendemain matin pour les papiers, de réfléchir pendant la nuit et de regarder des vidéos pour apprendre à conduire…

Coline et moi passons une mauvaise nuit. L’appréhension grandit, nous sommes à la fois excitées de commencer mais aussi apeurées. Peur de nous voir refuser la location et de faire n’importe quoi sur la route. D’autant plus (pardon maman on ne te l’a pas dit au téléphone…) qu’il nous a été raconté qu’un accident mortel avait eu lieu quelques jours avant. Une jeune fille percutée par un camion. De nombreux camions circulent sur une partie de la boucle car c’est la route reliant le Vietnam à la Thaïlande. Ils roulent et doublent comme des fous. Savoir cela nous a évidemment refroidies mais cela nous a aussi encore plus forcé à faire attention, à être particulièrement attentives.

Arrivées chez le loueur nous signons directement les papiers et ne faisons pas plus de « démonstration ». Je prends le volant car un peu plus à l’aise que Coline et nous décidons d’aller nous entraîner dans un parking à proximité. Nous y passons une petite demi-heure, afin de nous familiariser avec l’engin. Cela fait, c’est parti pour la boucle !

Des caves et des paysages  

Sur la première partie de la boucle, les visites sont principalement des grottes. Des français nous avaient indiqué les plus agréables donc nous ne les faisons pas toutes. Deux grottes, un déj dans un endroit totalement paumé en compagnie de français, et nous arrivons à l’auberge.

Nous sommes si contentes d’arriver à destination. On l’a fait : notre première journée s’est passée et nous allons bien. J’ai conduit toute la journée, je suis soulagée d’avoir pu nous mener à destination sans encombres. De plus, j’ai apprécié conduire. J’ai retrouvé le plaisir de la conduite, bien que ce ne soit pas encore ça dans les virages !

L’auberge est un repaire de français. Nous passons la soirée en bonne compagnie, près du feu, avec barbecue et pétanque. La nuit se passe sur une terrasse, en étage, dans des tentes. Concept étrange mais la tente est très peu chère et ça change !

Le lendemain, nous avons comme objectif de nous rendre à la grotte la plus importante, la visite phare de la boucle. C’est un peu loin, la route est longue et Coline conduit une partie de la matinée. Elle souhaite se prouver qu’elle peut conduire, bien qu’elle n’y prenne pas un grand plaisir. Pour ma part je préfère complètement conduire car le siège arrière est bien trop désagréable ! Je reprends le volant, sur la fin il s’agit d’une route droite et je me permets d’aller plus vite (promis maman j’ai pas été trop vite non plus !).

Dans la matinée nous faisons un arrêt à la Dragon Cave. Pour en sortir nous passons par la partie la moins aménagée, qui permet de retourner au point de départ par l’extérieur. Il y a aussi un point de vue, mini trek.

Point de vue et grotte rivière  

Arrivées à la grotte, qui est en fait un lac de 7km de long sous la montagne, nous nous rendons directement à l’entrée du lac. Nous nous faisons refouler car il nous faut passer par le système dédié aux touristes… Coline remonte et revient avec deux gilets de sauvetage, deux frontales et un guide. Il nous fait monter dans sa barque et c’est parti pour une virée en bateau dans le noir ! La grotte n’est donc pas du tout éclairée, le conducteur se dirige avec sa frontale et connaît la grotte par cœur. Comme nous sommes en saison sèche il y a peu d’eau : parfois le courant est faible et il doit faire des petites accélérations pour passer, nous devons même une fois descendre et tirer le bateau (enfin ils tirent le bateau…). Encore sans trop d‘explications nous nous faisons débarquer à un moment, le conducteur nous montre de la main le haut d’une mini butte, nous y montons… En fait c’est une partie éclairée de la grotte avec un chemin agencé pour nous montrer les formations rocheuses (stalagmites, stalagmites, colonnes, draperies). Il fait extrêmement chaud et moite, c’est étouffant. Je suis contente de retourner sur le bateau. Au bout des 7 kilomètres, un « village », soit disant authentique mais c’est en fait une création pour les touristes. Il y a cependant quelques panneaux explicatifs sur la création de la grotte et l’artisanat laotien. Nous repartons en sens inverse et cette fois nous n’allumant pas nos frontales. C’est une expérience étrange que de se trouver dans une si grande grotte, seulement guidés par la lampe de notre conducteur… On se rend compte de l’immensité de ce lac et de l’étrangeté de cette visite : nous sommes dans un bateau, sur un lac, sous une montagne, dans le noir.

Le soir je suis épuisée. Une fois à l’hôtel il m’est difficile de bouger, ne serait-ce que pour prendre une douche ou aller diner. La courte nuit précédente et la conduite ont eu raison de moi : je m’endors avec le masque, sans boules quies alors que Coline vaque encore à ses occupations dans la chambre. De plus, j’ai mal aux yeux. Le casque n’a pas de visière et les routes sont poussiéreuses. J’ai les vaisseaux qui ont éclatés, j’ai l’air défoncé et ça me tire.

Pour le troisième jour, notre objectif est de redescendre vers la première guesthouse, où nous passerons de nouveau la nuit. Il nous avait été conseillé des cold springs ainsi qu’un point de vue. Les cold springs sont vraiment jolis mais nous n’avons pas le courage de nous baigner et nous nous trompons de point de vue. Nous allons aussi à une cascade. Pour cela nous décidons de nous rapprocher le plus possible en scoot. Nous ne voyons pas vraiment le chemin à prendre mais nous avons lu sur les avis Google que c’était praticable. Nous y allons sans trop nous poser de questions. Et bien je pense pouvoir officiellement annoncer avoir fait du cross. C’était un tout petit chemin de plusieurs kilomètres avec que des cailloux !! J’étais pas hyper rassurée mais j’ai adoré le faire même si je n’avais aucune idée de ce que je faisais réellement. J’étais bien contente de conduire et pas d’être à l’arrière parce que j’aurais eu bien trop peur. La randonnée par la suite était presque plus sympa que la cascade en elle-même.

Le soir idem, nous sommes fatiguées et décidons de ne pas faire le barbecue mais de commander à la carte. La plupart des personnes que nous avions rencontrées le premier jour sont aussi présentes, ayant toutes préféré faire demi-tour plutôt que de suivre la boucle. Elles sont dans le même état que nous et beaucoup moins dans l’ambiance festive du début.

Eau limpide, nature et coucher de soleil 

Pour le dernier jour nous partons tôt et nous rendons à une cascade. Il n’y a que nous, c’est très calme et beau. Nous hésitons à nous baigner et je pars du principe que nous allons regretter de ne pas l’avoir fait. Surtout que nous ne savons pas quand nous pourrons de nouveau nager. Alors nous y allons bien qu’elle soit très fraiche ! A un moment ma serviette s’envole et tombe dans le bassin d’en dessous. S’en suit une course poursuite dans les rochers afin de la récupérer avant qu’elle ne se coince sous les roches menant au bassin encore du dessous. J’arrive à la récupérer, bien utile une serviette totalement trempée. La magie du microfibre est, bien que cela ne sèche pas le corps, que la matière en elle-même sèche rapidement.

Pour déjeuner nous allons sur un rivage aménagé qui nous avait été conseillé. Arrivées sur place, nous ne comprenons pas comment des personnes ont pu apprécier. Le lieu est plein de chinois commandant des barbecues, pas d’espace pour se baigner et une impression de ne pas être à notre place. Nous achetons des gateaux secs à un stand à l’entrée et reprenons le scoot pour suivre la rivière. Nous y retrouvons deux français que nous croisons régulièrement sur la boucle. Ils sont aussi dégoûtés que nous du lieu.

Comme il se fait tard nous décidons de rentrer sur Thakhek, y récupérer nos sacs, prendre une douche avant de prendre le bus de nuit pour Vang Vieng.


Alors qu’est ce que j’ai pensé de la boucle de Thakhek ? Tout d’abord je suis très très fière de nous de l’avoir fait. D’avoir pris sur nous pour conduire pendant 4 jours un scooter alors que nous en avions très peur. Et d’avoir bien conduit ! Nous avons été prudentes et avons réussi (moi en tout cas) à profiter de la route. J’ai retrouvé les sensations de la conduite en voiture, un sentiment de liberté, d’autant plus qu’on prend le vent et que le scoot nous permet d’éviter les trous de la route. Je suis aussi rassurée pour la suite de mon tour du monde, je savais que conduire serait une étape cruciale (principalement pour l’Indonésie) et je suis contente d’avoir pu tester avant. Je ne serais dépendante de personne pour me déplacer, je serais autonome et c’est vraiment rassurant.

Le fait de conduire, une moto, m’a aussi fait sentir plus proche de certaines personnes. C’est difficile à expliquer mais ça m’a fait remonter des souvenirs agréables et j’ai pu mieux comprendre certaines situations de conduite. Je comprends le plaisir que peut engendrer la conduite de tels engins et je serai moins jugeante à l’avenir sur les fans de motos… Je ne vais certes pas passer mon permis moto mais c’est avec plaisir que je reprendrais la conduite (lorsque je serai moins fatiguée !!).


Comme le départ du bus est tard, entre minuit et 2h du matin, une guesthouse propose de nous prendre en charge dès 22h. Un tuk-tuk nous emmènerait chez lui, nous mettrait une pièce à disposition pour nous reposer et nous déposerait au bus lorsque celui-ci arriverait. En fait, Thakhek est un arrêt sur la ligne Vientiane / 4000 îles donc il est impossible de savoir à l’avance l’heure à laquelle le bus passe et il semble que cette solution nous permet de ne pas attendre à la gare routière qui est loin.

Nous nous retrouvons avec une dizaine de français (encore !) dans une grande pièce devant la salle de vie de la famille du chauffeur. Nous sommes sur des nattes, par terre et attendons…. Après une petite heure nous sommes les premières à partir avec deux autres françaises.

Le taxi se dépêche de nous déposer au bus, qui s’est arrêté au bord de la route pour nous récupérer. On nous donne, comme d’habitude, un sac pour y mettre nos chaussures et nous grimpons dans le bus. Notre place est est haut, tout au fond… Et là surprise : il n’y a qu’un petit espace pour nous 4. Les matelas au sol sont cabossés, les couvertures en boule et les oreillers servent à remplir les trous. Nous avons passé une nuit absolument dégueulasse. Toutes les quatre entremêlées, impossible de bouger sans réveiller les autres. Avec des pieds, des genoux dans le dos et les jambes. Nous sommes presque imbriquées et c’est très très long. J’arrive finalement à trouver un peu de repos en surélevant mes jambes sur un sac à dos, me permettant de ne plus être en contact direct avec la nana en face de moi.

Je crois que je préférais les bus Népalais, c’est plus facile de se battre avec son voisin pour un accoudoir que avoir de la place pour ses jambes.

Nous sommes arrivées à Vientiane… Nous y sommes restées qu’une seule nuit, la ville présentant peu d’intérêt. Nous avons visité un temple le matin en arrivant, fait une sieste, visité le reste de la ville, appelé notre mamounette, parcouru et diné au marché de nuit puis avons pris un minibus le lendemain matin pour Vang Vieng.

Donc prochaine étape : Vang Vieng !

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Publié le 12 mars 2023

A nous Vang Vieng !

Cette ville a eu pendant de nombreuses années très mauvaise réputation et près avoir été le Cancun du Laos c’était devenu l’endroit à éviter. Une attraction de la ville est le tubbing : grosse bouée sur laquelle on se laisse porter par le courant. Il y a une dizaine d’années, de nombreuses morts en un mois ont été déplorées (en 2011 un total de 27 morts). Et pour cause, les jeunes consommaient drogues et alcool, (bien les mélanges !) et descendaient / sautaient dans l’eau sans faire attention. après des accès de tous les genres (principalement drogues), lors des descentes. En 2012 deux backpackers australiens se sont tués, le gouvernement Lao a décidé de réguler cette activité et de faire la chasse aux drogues (mouais, il y a encore beaucoup de propositions partout en ville). A partir de ce moment là toutes les activités ont largement diminué et la ville a pu retrouver un calme tout relatif. En tout cas la vente de drogues est moins banalisée qu’auparavant.

Cela étant dit, Vang Vieng est un arrêt incontournable au Laos, ses environs étant particulièrement beaux. Au milieu des montagnes, des falaises, la ville promettait de magnifiques points de vue et cascades.


Le premier jour a été dédié à la découverte de la ville. Assez petite et concentrée, ce tour fut rapidement effectué. Nous nous sommes renseignées pour le tubbing (autant en faire si c’est l’activité de la ville) et avons cherché à voir des touristes lors de la descente pour nous faire un avis. Impossible d’en apercevoir, nous partons du principe que nous sommes tombées au mauvais moment. Nous essayons de nous organiser pour la journée à venir mais avons de nouveau du mal. Faudrait-il débuter par le tubbing, par les cascades, les blue-lagoon, faire du kayak ou faire de la tyrolienne ? Faudrait-il faire un tour avec un organisme qui nous prendrait en charge sur une journée pour toutes ces activités ou bien cela reviendrait moins cher de les faire par nous-mêmes ? Nous sommes un peu perdue face à la quantité d’offres qui se présente à nous.

Finalement nous décidons de faire au plus simple : nous louerons un scooter le lendemain matin pour nous rendre au point de vue le plus connu de la région, faire un blue lagoon, un trek et, si nous avons le temps, du tubbing dans l’après-midi (ça ne s’est évidemment pas passé comme cela).

Le scooter loué est un automatique, bien plus léger que celui que nous avions lors de la boucle. Coline a l’impression qu’il adhère moins au sol. Comme nous n’avions conduit qu’un semi-automatique nous ne savons pas comment démarrer celui-ci, le système étant différent. J’ai trop honte de demander à notre guesthouse… Je regarde une vidéo sur internet. Ok, c’est bon ça me revient : il faut effectivement appuyer sur le frein en même temps. Une fois l’essence prise (les loueurs utilisent le système du réservoir vide à la location, à rendre vide également, ce qui n’arrive pas souvent car peu de touristes ont envie de jouer avec cela et risquer de finir le trajet en poussant le scooter…), nous allons à quelques kilomètres pour faire le point de vue.

Arrivées sur place, ça donne déjà une impression d’usine : beaucoup de monde, principalement des chinois, et surtout des personnes qui n’ont pas l’air de savoir qu’il s’agit d’un chemin de randonnée. Qui dit chemin de randonnée dit : PAS DE CLAQUETTES non de dieu ! C’est dangereux et ça ralenti tout le monde. Impatientes et agacées par ces longues files de chinois, nous les dépassons dans la montée, en croissant les doigts pour qu’il n’y ait pas trop de monde en haut. Il y a bien sûr pas mal d’attente pour prendre la fameuse photo. Le point de vue est assez connu pour sa scénographie : les Lao ont installé des motos tout en haut, sur lesquelles les touristes peuvent se prendre en photo. En arrivant en haut nous prenons les fameuses photos sur le côté gauche puis continuons vers la droite pour réaliser que la photo la plus connue est en fait du côté droit… Flemme de faire de nouveau la queue pour des photos pas ouf. Car la vue est totalement bouchée : les Laos brulent leurs champs en prévision de la saison des pluie pour préparer les cultures, il s’agit des brûlis. Cela crée tellement de fumée que tout, à une certaine distance, est flou. Un voile obscure les montages environnantes et il est souvent difficile de les apercevoir. Ce qui rend ce point de vue si unique, cette ouverture sur les montagnes, est depuis une dizaine de jours caché dans la brume. Nous repartons avec nos photos de mauvaise qualité, direction un autre point de vue, beaucoup moins connu. Au départ de la rando, il y a seulement deux scooters de garés, ce qui est plutôt bon signe. Nous subissons la chaleur sur toute la randonnée, ça monte pas tant mais il fait une trentaine de degrés et nous avions déjà fait un petit dénivelé peu de temps auparavant. Arrivées en haut nous nous rendons compte qu’il y a aussi une moto ! C’est reparti pour la séance photo qui ne rendra pas très bien. Lors de la déscente, je me sens déjà bien fatiguée et sens qu’il faut que nous déjeunions rapidement. Pour faire des économies et nous simplifier la vie nous avions pris des sandwichs dans le centre de la ville. Les sandwichs Lao sont presque considérés comme des spécialités culinaires par ici. En fait ils n’ont rien d’extraordinaire mis à part que les Lao ne lésinent pas sur les quantités et qu’ils sont très très bon marché. Et ils en font au tofu donc c’est idéal pour nous. Nous décidons de déjeuner au blue lagoon 2 (il en existe 5, tous plus touristiques les uns que les autres). L’espace n’est pas trop bondé lorsque nous arrivons et cela fait du bien de se baigner dans l’eau fraîche. Le sandwich avalé et après un peu de repos nous décidons de visiter une grotte. Il y a un grand choix de grottes dans la région et il est difficile d’en choisir une en particulier. Nous allons à celle nécessitant une petite marche d’approche et qui semble être assez naturelle, sans lumières artificielles installées.

Vue et pose de l’autre côté 

En fait le site offre deux grottes : une à 100m et une à 300m. Nous commençons par la plus proche. Celle-ci est très très profonde, elle nécessite une frontale et aucun panneau indicatif n’est installé. Nous nous enfonçons de plus en plus, j’ai l’impression d’être dans les entrailles de la terre. C’est comme si c’était infini et que nous n’allions pas retrouver le chemin… Vous l’aurez compris : je panique un peu de ne pas être en mesure de retrouver le chemin (on tourne pas mal et je suis pas bien forte en orientation, d’autant plus dans le noir !). Coline souhaite continuer mais je n’en suis pas capable. Je fais demi-tour et sors respirer l’air extérieur (qui n’est pas frais du tout avec cette chaleur). Coline est déçue et annonce qu’elle y retournera peut-être à la fin de la visite de la seconde grotte, si nous avons le temps.

Nous continuons donc notre visite, direction les hauteurs, la grotte se situant un peu plus haut. « Un peu plus haut » est en fait minimiser la distance… mais vraiment. C’était archi loin ! On monte, on monte, encore, encore, on tourne, on retourne, encore… Et l’entrée de la grotte n’est toujours pas là. Je commence à désespérer, à penser qu’elle n’existe pas et que tous les touristes ont abandonné en cours de route. Je suis fatiguée de cette journée et il semble qu’elle ne termine jamais. Finalement, nous y arrivons. On a un belle vue, c’est déjà ça. Nous avançons dans la grotte et il faut passer par un petit tunnel pour continuer d’explorer (nous sommes déjà dans le noir après 20m de marche). J’abandonne ici, c’est au dessus de mes forces : je viens de m’épuiser à monter, j’avais déjà pas très bien vécu la premiere grotte, je ne vais pas m’imposer ça. Hors de question de faire une crise d’angoisse au milieu de la terre, non non non. Je prête ma frontale à Coline et m’assoie par terre, devant le tunnel, pour l’attendre. Elle a pour instruction de parler régulièrement pour que je sache que tout va bien. Ce qu’elle fait, au début. Puis quelques minutes se passent sans que je ne l’entende. Je commence donc à l’appeler à une fréquence régulière, « Coline » « Coline » « Coline », tout en me forçant à conserver mon calme. Une toute petite part de moi m’imagine déjà devoir aller dans ce tunnel à la lumière du flash de mon téléphone, devoir ramper sur des trucs bien degueux et chercher ma sœur dans un dédale de tunnels… Heureusement mon délire s’est vite fait arrêté car la voilà qui revient, tranquillement, sans pression. Nous repartons de la grotte, j’ai hâte de rentrer.

Grotte, blue lagoon et vue  

Le trajet retour jusqu’au scoot est assez rapide mais on est fatiguées. Je n’ai pas conduit de la journée, j’ai préféré laisser Coline ; je ne sais pas trop pourquoi, je crois que je n’avais pas envie, que je ne le sentais pas. Mais elle aussi en a marre et je sais qu’elle n’aime pas la route que l’on doit emprunter, cela lui demande trop d’efforts de concentration pour garder le scoot bien droit dans les graviers. Je prends donc le guidon, sans trop de conviction. Arrivées en ville nous devons prendre un pont pour regagner le centre. Ayant pris un pont peu rassurant à l’aller nous hésitons à prendre le même au retour… J’hésite jusqu’au dernier moment, et je tourne un peu au ralenti. Mauvaise idée : je fonce dans le mur. Dans. Le. Mur. Le scooter tombe, nous avec. Je me retourne, Coline est un peu derrière, la roue tourne encore. J’arrête le moteur en catastrophe et on fait l’état des lieux : nos corps sont OK, ça tire ici et là mais rien de cassé. Plus de peur que de mal de ce côté. Le scoot quand à lui a aussi l’air OK à l’exception de deux marques, une de chaque côté (sûrement le choc du mur d’un coté et du sol de l’autre). Après vérification sur les photos prises lors de la loc, le côté gauche était déjà endommagé. En revanche, le côté droit était nickel… Mais c’est étrange, la trace est bleue. Bleue comme… le mur. On gratte un peu et ça part. Ouf, on n’a rien abimé.

Je ne me sens pas très bien. J’ai eu peur. C’était un accident débile et je suis sûre que c’est dû à un décision de dernière minute et à la fatigue. Je ne me sens pas de conduire de nouveau, on est à 200m de la guesthouse, Coline va conduire.

On rentre dans le chambre et on enlève nos vêtements pour voir les dégâts. Heureusement on portait des vêtements longs (on fait bien attention à être couvertes depuis qu’on conduit). Mon pantalon n’est pas abimé mais mon genou gauche a perdu une couche de peau. Idem sur l’avant de ma jambe droite. J’ai aussi mal à la cuisse gauche. Coline a mal à un mollet et à un genou. C’est pas grand chose mais c’est bien chiant…

J’ai du mal à descendre les escaliers, je suis diminuée dans mes mouvements. Heureusement nous n’avions pas prévu d’activités particulièrement sportives dans les prochains jours donc on espère que cela ira mieux avec le temps.


Pour le lendemain matin c’est activité montgolfière ! Nous avons réservé avant de venir à Vang Vieng, donc avant de voir les brûlis et le manque de visibilité. Tant pis, on en profitera quand même un peu. Ils viennent nous chercher à 4h40, pour que nous puissions voir le lever du soleil des airs. On a clairement pas fini notre nuit. Ils nous donnent du café et un snack en attendant que la montgolfière soit prête. Nous sommes 8 : 2 couples de français et deux autres personnes. Le pilote est aussi français et nous donne quelques vagues informations sur le Laos. Le vol se passe bien, cela dure presque une heure. C’est tellement dommage de ne pas avoir la vue habituelle… Cela donne vraiment envie de retourner dans ce pays à une autre saison !

Après le vol ils nous servent des fruits frais, de nouveau des petits gateaux et… une coupe de vin pétillant ! Voilà presque deux mois que je n’ai pas pu de vin et bien qu’il soit seulement 7h30 c’est agréable.

Montgolfière, vue et coupette  

De retour dans la guesthouse nous nous reposons un peu, allons prendre notre petit déjeuner (c’est compris dans le prix de la chambre…) et finissons par retourner nous coucher pour une petite sieste.

L’après-midi nous allons visiter une grotte qui se situe en périphérie de la ville, ne nécessitant pas de location de scooter. Maps et maps.me nous indiquent deux chemins différents, aucun ne semble être le bon. Nous galèrons un peu à trouver la route et après la montée de pleiiiin de marches, nous accédons à la grotte. Celle-ci est amanagée, elle n’a rien d’extraordinaire mais c’est agréable.

Grotte aprem 

Après la visite nous décidons de faire du tubbing. Nous nous présentons dans une espèce de garage en plein milieu de la ville, les mecs sont peu accueillants, ne donnent aucune indication. Nous payons les 60000 kip chacun et montons dans un camion en compagne de 4 autres touristes. Une fois au bord de la rivière nous choisissons nos bouées et c’est parti pour la descente ! Les fesses dans le trou, nous nous laissons porter par le courant.

Bon je vais être honnête, ce ne fut pas l’activité la plus excitante du séjour. Il y avait peu de courant donc nous avancions très lentement. Encore peu encline à ne RIEN FAIRE je n’ai pas pu m’empêcher de pagayer avec les mains tout au long du parcours pour avancer plus vite. C’était sympa mais j’étais contente que cela se finisse. D’autant plus qu’il y avait de nombreux canoës de chinois qui ne savaient pas du tout diriger leur embarcation et qui nous fonçaient dessus.

Tubbing

Le soir on arrive à réserver en dernière minute le train chinois pour Luang Prabang, qui devrait durer très peu de temps.

Nouvelle étape : Luang Prabang pour trois jours !

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Le train chinois peut être mal percu parmi les voyageurs (je n’ai pas eu de retours de locaux) : déforestation, déplacement de population, désastre écologique… Cela dit il nous a permis de faire en moins d’une heure un trajet qui aurait pris 4h en bus. La gare est moderne, assez organisée et le train est ponctuel. A l’arrivée à Luang Prabang, des services de minibus proposent de rejoindre la ville. Nous prenons des tickets, montons dans le premier minibus disponible et rejoignons la ville en une vingtaine de minutes. Nous avions réservé un hostel car on nous avait dit qu’il valait mieux anticiper, surtout que plus l’on remonte dans le nord plus nous avons le sentiment que les prix augmentent. Nous n’avons aucune idée d’où le conducteur nous déposera, le service ne proposant pas de dépôt directement à l’hôtel. Il fait un premier arrêt, et là c’est la lutte pour essayer de comprendre s’il va plus dans le centre ou bien si nous devrions nous arrêter au premier stop et marcher. Le conducteur nous dit qu’il va dans le centre. Ok mais nous n’avons aucune idée d’où est le centre exactement. Finalement, avec ses vagues explications, nous restons dans le minibus. Bonne décision, la guesthouse est à quelques rues de là. Nous allons donc y déposer nos affaires, avant de visiter la ville.

A l’hostel nous donnons notre numéro de réservation, nous devons régler immédiatement puis un jeune homme nous montre la chambre. Elle est sacrément déprimante : petite, noire, avec 3 lits superposés, un lit au sol dans un coin (donc 7 lits au total dans 10m2 ?) et une salle de bain sans évier. Nous venons de régler pour deux nuits donc pas le choix, nous devons rester. Je me sens moins bien dans cette ville, je la trouve moins accueillante que les précédentes. Toutes les auberges que j’ai pu faire précédemment me semblaient plus sympas, avec des chambres plus grandes et moins glauques. Tant pis, ce n’est que pour deux nuits, cela va passer vite.

Nous partons vadrouiller un peu dans la ville, l’architecture est très belle. La ville fait partie du patrimoine mondial de l’UNESCO du fait de son histoire pré-coloniale et coloniale (les français !). Il y a de nombreux monastères et temples partout dans la ville et un Palais Royal.

La ville n’est pas très grande, la visite est faite rapidement si l’on ne fait pas tous les temples. Pour ma part, après la Thaïlande et le Cambodge, je suis un peu lassée des temples et ce n’est pas ce qui m’attire le plus. En outre, il fait très chaud dans la ville, c’est une des journées avec la plus haute température depuis que nous sommes au Laos et c’est vraiment difficile à supporter.

Nous visitons le Palais Royal (avec un petit espoir qu’il soit climatisé), pour cela nous devons nous couvrir les jambes et les épaules. Le palais a été construit par les français et ne ressemble pas franchement à un palais, plutôt à une belle demeure. Il est interdit d’y prendre des photos. https://fr.wikipedia.org/wiki/Palais_royal_de_Luang_Prabang

Mont et Palais Royal 

Une fois la visite faite nous partons pour l’ascension du mont PHou Si. Ce n’est pas vraiment une ascension, ce n’est pas très haut, mais avec mes récentes douleurs la montée n’est pas très facile et je m’inquiète un peu pour les prochains jours, surtout que nous devrions faire quelques randonnées dans le nord.

Ensuite, comm la chaleur nous a mises KO nous préférons nous prélasser sur un bateau pour voir le coucher du soleil plutôt que de continuer à arpenter les rues.

Avec les fumées de brulis ce n’est pas évident de voir le soleil mais cela reste un bon moment. La croisière est gérée par un français mais il est prévu une animation « traditionnelle ». Il s’agit d’écrire sur une feuille de bambou ses vœux, ses envies et d’écrire sur une seconde feuille ses fardeaux, ses problèmes, ce dont on veut se débarrasser. Nous nous prêtons au jeu. Pour ma part c’est assez rapide, j’ai identifié tout cela depuis quelques temps maintenant. On voit tous les autres touristes penchés sur leurs feuilles, à réfléchir, c’est assez amusant. L’étape suivante consiste en la séparation des papiers : les premiers iront dans un aquarium plein de poissons et les second seront acrrochés à une pierre. Pourquoi un aquarium ? Car un système relie l’aquarium à l’eau du fleuve: les vœux seront ainsi relâchés en même temps que les poissons. A contrario, les fardeaux iront, avec le poids de la pierre, au fond de la rivière. Ils font tout au show, c’est sûrement loin d’être vraiment traditionnel, mais dans le doute, si ça peut fonctionner..!

Coucher du soleil, les vœux et les fardeaux, les petits trucs bons  

Après la croisière nous nous rendons sur le marché local. Ils proposent de l’artisanat et des souvenirs. Le marché est assez grand, étonnamment il s’agit d’une rue dédiée : de part de d’autre de la route, sur le trottoir, les vendeurs s’enchaînent ; cela nous force à parcourir tout les étales car au bout de ce marché se trouve le marché de nourriture. Nous craquons pour des makis et des pates au riz coréennes ainsi que pour une gaufre laotienne (identique à la gaufre cambodgienne, donc à la noix de coco) et à des petites boules faites de pate à la noix de coco dont je ne connais pas le nom mais qui sont très moelleuses, voire pas assez cuites (que je connaissais de Thaïlande, je souhaitais que Coline goûte).

Sur le retour, nous nous décidons pour un massage des pieds. Nous n’en avons pas encore fait jusqu’à présent et cela semble être une bonne idée ! Nous allons au mieux noté (ils font tous à peu près les mêmes notes sur internet), ils sont complets. Nous en faisons un autre, idem. Finalement nous tombons sur un salon de massage qui a deux places disponibles, éloignées l’une de l’autre. J’ai une femme et je vois du coin de l’œil que Coline a un homme. Je suis contente de passer ce moment, j’en avait des bons souvenirs en Thaïlande !

J’ai vite déchanté. Ma masseuse m’a éclaté les mollets. Suite au mini accident en scoot j’avais des bleus, après le massage j’ai l’impression qu’ils sont encore plus ressortis et qu’elle m’en a fait des nouveaux. J’ai beau essayer de lui expliquer qu’il ne faut pas toucher certaines zones, rien n’y fait… J’en ressors encore plus tendue. J’ai l’impression qu’elle veut me rentrer les doigts sous la peau, qu’elle veut m’écorcher et qu’elle a une haine profonde à mon encontre…

Heureusement, cela a tout de même un effet bénéfique : je n’ai plus de douleur à la cuisse, elle a du débloquer un truc.

En tout cas, nous ne ferons pas la même erreur deux fois : nous prévoyons de réserver un massage du dos dans un établissement qui nous a été recommandé par un couple rencontré dans un restaurant (un couple qui a été musher au Canada, j’aurai peut-être l’occasion d’y revenir).

Pour le lendemain nous avions réservé une sortie pour aller aux cascades avec une auberge, pas la notre, car nous n’avions pas le courage de faire le tour des vendeurs de la ville. Cela semblait être la solution idéale car le tour proposé était un peu plus qualitatif et pas plus cher que ce nous avions pu voir sur internet.

Arrivées dans l’hostel en question, nous nous rendons à l’accueil pour annoncer notre présence. La femme de l’accueil ne sait pas de quoi il s’agit et ne comprend pas de quoi nous parlons… Ok, c’est mal parti.

Après avoir montré les échanges avec les équipes de l’hostel, elle appelle ses supérieurs et s’en suit une bonne heure de négociation.

Le tour en question soit n’existe pas soit n’est pas encore mis en place donc ce n’est pas possible pour nous de le faire. En revanche nous pouvons rejoindre le groupe de backpacker qui se rendra sur place, sans les activités additionnelles. Ils nous remboursent notre tour et nous partons avec eux.

Je suis bien sur en colère car d’une solution de facilité c’est devenu une bonne prise de tête.

Heureusement la cascade en vaut la peine. En s’écoulant elle remplit des bassins naturels dans lesquels il est possible de se baigner. Avant de faire trempette nous faisons une petite rando afin de voir le départ de la cascade (et d’avoir chaud : l’eau est fraîche!). Nous trouvons le coin des européens, les asiatiques sont peu nombreux à se baigner, et nageons rapidement avant de reprendre la route pour reprendre le bus. Sur le chemin il y a des enclos avec des ours, soit disant pour les protéger.

Cascade  

L’après-midi se finit rapidement, nous rentrons sur Luang Prabang et comme nous avant du temps devant nous avant le massage nous prenons un goûter. Excellente tarte à la mangue, une première pour moi. Nous refaisons un tour au marché puis direction le salon de massage dans lequel nous avons mis tous nos espoirs.

Sur place, le gérant nous explique les différents massages pratiqués et nous laisse choisir. Sur ses indications nous choisissons le massage avec une huile particulière. Comme cela nous avait été recommandé et que les masseuses devaient normalement parler un bon anglais nous étions peu inquiètes… AAAAH décidément il faut demander des massages ultra soft pour que ça ne fasse pas mal (ou ne pas avoir de problème avec le scooter, au choix).

Au moins nous avons essayé le message Lao ! Peut-être que la prochaine fois sera différente…


Prochaine étape : Nong Khiaw, dans le nord, avant de passer la frontière direction le Vietnam.

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Publié le 26 mars 2023

Nong Khiaw est située à seulement quelques heures de Luang Prabang, nous arrivons en début d’après-midi.

Le bus nous dépose à l’entrée de la ville, des tuktuk proposent de nous emmener dans le centre pour un peu d’argent. En regardant la carte nous réalisons que nous sommes à un quart d’heure du centre et que ce n’est pas vraiment nécessaire de prendre les transports. Donc nous reprenons nos sacs et y allons à pied. Nous sommes les seules à faire ça, les français que nous connaissons embarquent dans les tuktuk.

Nous n’avions pas réservé à l’avance, la plupart des hébergements ne sont pas référencés sur booking. Il s’agit donc d’une course avec tous les autres touristes pour arriver les premiers afin de réserver une chambre pas trop dégueu.

Le premier hotel visité est complet mais le second a une chambre de libre. C’est sommaire, ça s’appelle le « Ouin Ouin » mais la chambre coûte seulement 4 euros.

Allégées de l’anxété de ne pas trouver de logement et de nos sacs, nous faisons un petit tour de la ville et partons à la recherche d’un restaurant. Nous arrivons chez Mama Alex, cuisinière d’un âge avancé, que l’on renommera par la suite « Mama Long-long » tellement le service a été long. Nous la soupçonnons de n’utiliser qu’un seul feu pour toutes ses préparations, un plat après l’autre donc… Je regarde Coline manger tout en me tordant de faim et me plaignant de ne pouvoir déjeuner (une vraie gamine).

Vue du pont de Nong Khiaw  

Nous terminons vers 15h30/16h et souhaitons réserver un trek de 2 jours avec nuit chez l’habitant pour les jours à venir. Nous faisons le tour des opérateurs et en sélectionnons un car le programme a l’air sympa : de la marche, une cascade, une grotte, un cours de cuisine avec les habitants, un point de vue, du canoë….

Le lendemain départ 9h30. Nous sommes trois françaises, deux québécoises et trois suisses (qui ne parlent pas français). Notre guide n’est pas très bavard à part pour les blagues sur la soirée à venir et le fait de boire du whiskey Lao. Nous apprenons son prénom lorsque nous croisons un groupe : il se fait appeler Bob, nous pensons que c’est parce qu’il porte un bob… On le sent rapidement peu motivé : il nous propose, après peu de temps de marche deux choix de trajet. Le premier est en ligne droite à travers champs et le second monte et fait un petit détour. Il dit que si l’on va tout droit alors nous aurons le temps pour faire la sieste à l’arrivée. Après sondage nous décidons de monter, nous venons de commencer et ne sommes pas flemmards au point d’anticiper la sieste à venir… Le chemin monte pendant 50m, notre guide nous fait faire une pause pour fumer une clope, sachant qu’il est le seul à fumer dans le groupe. Nous l’attendons patiemment puis reprenons la marche. Vers 11h nous arrivons dans un village, Bob nous indique que nous nous arrêtons jusqu’à 13h et que nous déjeunerons ici. Nous sommes toutes surprises : il est trop tôt pour déjà s’arrêter, nous ne sommes pas fatigués ! Et nous n’avons pas faim non plus, pourtant à 11h45 c’est l’heure de monter dans le logement et de déjeuner. Tout est végétarien et c’est assez bon mais nous nous forçons un peu à manger. Vient ensuite l’heure de la sieste. Après avoir bu son shot de whiskey Lao (!!) notre guide s’installe au sol et nous indique que nous devrions faire de même. On se sent comme des gamins : on déjeune tôt et on nous impose la sieste. Avec Coline nous descendons sur les « lits » de l’extérieur (des planches avec des nattes) car il y fait plus frais. Digestion et chaleur oblige… Je fais effectivement une sieste et me reveille avec de belles marques sur le visage.

Départ du trek et enfants trop choux  

Nous repartons et cette fois nous avons l’impression de vraiment commencer le trek : il fait MEGA chaud (malin de repartir vers 13h monsieur !) et ça monte sec. On transpire comme jamais et pour une fois on est contentes qu’ils nous aient donné 3 litres d’eau chacun POUR UN JOUR.

Notre guide nous parle peu, ou alors seulement aux personnes de devant, qui doivent d’abord interpreter ce qu’il dit puis le transmettre aux personnes derrière. La communication est difficile et nous abandonnons rapidement. Il cueille des plantes par-ci par là, nous fait tester des trucs mais on ne sait pas de quoi il s’agit, ça nous dépasse un peu. Il continue ses pauses clopes et une fois s’arrête pour rincer son tee-shirt dans un ruisseau ?! Il ne se retourne jamais pour savoir si nous suivons et va super vite dans les montées, on ne profite pas et il ne s’en préoccupe pas. En tout cas il est tellement décalé qu’on se marre quand même.

Nous passons par la jungle, par des champs, par des rizières, par des zones totalement deforestées, les paysages sont variés.

Vers 17h nous arrivons dans un village, le guide nous indique où nous allons dormir : un immense dortoir à partager ! Ce lieu a un certain charme. Nous allons ensuite à la rivière nous « laver », nous baigner donc. L’eau est fraîche mais c’est agréable de se tremper après la chaleur et la transpiration de la journée. Des enfants jouent dans l’eau et c’est un moment de connivence, d’un partage de la vraie vie de ces villageois qui fait du bien. Après notre bain nous nous rhabillons et allons nous acheter des petits gateaux pas très bons (des gaufrettes molles, il s’avère qu’elles sont en fait périmées) et buvons une bière. Puis il est déjà l’heure de diner. Le propriétaire du homestay nous propose des shot de Lao whiskey. Comme nous sommes à la fin du séjour et que nous n’avons pas encore gouté nous acceptons. C’est fort mais ça passe ! Notre guide ne se prive pas ET… surprise… sort un bang en bambou. Et consomme du cannabis sans retenue devant nous, tout en écoutant à fond du Bob Marley. Son surnom est plus logique à présent… Qu’il consomme pourquoi pas, c’est son problème, on comprend mieux pourquoi il est à l’ouest et un peu teubé, mais qu’il le fasse devant nous nous dérange un peu. Il est totalement défoncé et va se coucher tôt, en s’endormant avec la musique à fond dans le dortoir. Moment assez surréel ! Heureusement le lendemain il se lève tout de même avant nous (nous devions nous lever à 7h).

Dortoir, vue et vue  

De 7h à 8h30 nous attendons le petit déjeuner. Pourquoi ne pas nous dire de nous lever plus tard si rien n’est prêt et que le départ en bateau est prévu pour 9h, mystère…

Nous avions demandé la veille quand nous aurions le cours de cuisine avec la famille, le guide nous avait répondu le lendemain. Donc le matin nous reposons la question. Il nous répond que le petit déjeuner (une omelette) était déjà prêt à notre réveil donc qu’il n’y aura pas. Incompréhension : nous doutons qu’il était prévu que les cuisinières nous apprennent à faire des omelettes… Le déjeuner sera récupéré en cours de route donc il est sûr que nous n’apprendrons pas à faire un plat avec qui que ce soit…

Nous faisons du bateau pour rejoindre un autre petit village. De là le programme sera : marche pour visiter une grotte puis marche pour point de vue puis de nouveau bateau, dej dans une ferme biologique, cascade et enfin canoe.

Nous visitons donc une grotte qui est trèèèès longue, elle servait de cachette aux laotiens pendant la guerre du vietnam (les américains ont largement bombardé le Laos et le Cambodge car ils se situent le long de la route qui permettait le ravitaillement en armes des rebelles communistes au sud). Nous nous enfonçons de plus en plus dans la grotte, il n’y a évidemment plus de lumière naturelle mais comme nous sommes un groupe et qu’il n’y a qu’un seul passage j’arrive à aller au bout sans trop de soucis. JUSQU’À ce que Coline dise que « ça va il n’y a qu’un seul chemin » souhaitant signifier que je ne peux pas me perdre, malheureusement je le comprends comme « s’il y a un problème tu ne peux pas fuir » et que Mariette, la française, ajoute peu de temps après « faut vraiment pas être claustro ici ». OKKK demi tour !! Je prends ma petite frontale et c’est parti pour faire tout le trajet retour solo à toute vitesse tout en me répétant en boucle que tout va bien, qu’on a effectivement emprunté qu’un seul chemin, que oui bien sûr ça a l’air plus long qu’à l’aller mais c’est normal et que j’ai de l’eau alors ça va aller, bon j’ai pas de réseau mais c’est normal dans une grotte, ah tiens cette forme je l’avais pas remarquée à l’aller est-ce que je me trompe d’endroit ?!, non Capucine tout va bien au pire on te retrouve en PLS au milieu de la grotte pas de souci… Jusqu’à ce que la lumière apparaisse et que je puisse m’assoir devant l’entrée tout en patientant gentiment. Coline me dit à l’arrivée que j’ai bien fait, ils ont éteint les lumières lorsque tout le monde est arrivé au fond (juste après que je ne parte). Suite à la visite de la grotte nous montons au point de vue.

Sur le chemin de la ferme biologique nous passons devant LA PLUS GROSSE ARAIGNÉE que j’ai vu de toute ma vie. Alors que j’ai tenu des mygales. Mais celle ci est très fine et, même pour la photo, je ne m’en approche pas trop. La ferme est en fait un coin pour les touristes et nous sommes fortement encouragés à consommer une boisson sur place. Le guide nous donne du riz emballé dans une feuille de bananier en guise de déjeuner et une banane.

Araignée géante, vue et cascade  

La cascade est très belle, cependant elle est envahie par les abeilles ce qui rend tout mouvement dangereux. Elles se posent partout sur nous, tout le temps. Nous en avons sous les aisselles, sous les pieds, sous les vêtements…. C’est un peu stressant.

Après la cascade c’est le moment du canoë ! Les québécoises et la française restent sur le bateau, fatiguées, pendant que nous partons. Le trajet est assez court mais c’est chouette de profiter de l’eau et des paysages différemment.

Comme nous étions le premier canoe du groupe et que le bateau est déjà arrivé à destination nous ne savons pas où aller : nous avons le choix entre la rive gauche et la rive droite pour amarrer. Nous jugeons qu’il doit s’agir de la droite et nous dirigeons vers un ponton. Mauvaise pioche : notre guide nous appelle alors que nous allons le dépasser… Nous devons lutter contre le courant pour remonter vers lui, ça nous rappelle quelque chose !

De retour à Nong Kwai, nous allons voir le prestataire qui nous a vendu le tour. Nous souhaitons lui indiquer que nous n’avons pas eu le cours de cuisine (nous sommes assez déçues car nous pensions vraiment passer un moment privilégié avec une famille). Après appel au guide pour comprendre ce qu’il s’est passé il nous dit que nous avons préféré boire une bière plutôt que cuisiner avec la famille… Autant dire que ça me fait vite vriller. Soit le guide ment soit il n’a jamais été réellement prévu de cuisine avec eux, dans tous les cas ça ne va pas. Après des échanges assez énergiques avec le responsable je finis par craquer et indique que le guide a été plus qu’incompétent, qu’il a clairement des problèmes avec l’alcool et la drogue. Il me répond qu’il a conscience que ce n’est pas professionnel et qu’il a déjà eu des problèmes avec lui, il ne propose rien pour autant. Nous partons énervées et décidons, pour la peine, d’aller manger une pizza.

La pizzeria est tenue par deux français, elles n’ont pas un goût de pizza comme on les connait (par exemple la base crème fraîche est en fait une case crème de coco ahah) mais ça fait du bien de manger western de temps en temps !


Le jour suivant nous décidons de prendre du temps pour nous organiser : nous devons trouver un hôtel confort / joli pour le lendemain (c’est un jour important pour moi et j’ai envie de le passer sereinement), ainsi que des billets pour quitter la ville. De plus, nous recroisons des français avec qui nous discutons pas mal et nous ne pouvons partir en randonnée seulement vers 16h30… Cela fait trop tard pour un point de vue, le soleil se couche tôt, donc aller vers une grotte. Au total, sans rien faire de particulier nous arrivons à marcher presque 20km.

Le lendemain nous allons à la découverte des environs : Coline a déniché un point de vue à proximité, qui a quelques notes excellentes sur google. Il est composé en fait de deux points de vue : le premier assez accessible, à environ 20min et le second plus loin. Le premier est facile et nous nous disons que si c’est tout le long comme ça, ce sera vite fait.

Point de vue et moi qui pose 

Au bout d’un certain temps nous croisons un monsieur qui descend et nous averti : le sommet est LOIN et il nous faut de l’eau. Nous l’ignorons un peu, persuadées qu’il exagère et que cela doit dépendre du rythme de chacun. Pas du tout en fait. C’était vraiment pas proche et cela nous a pris un bon bout de temps pour y arriver. Comme la journée est bien avancée la vue la haut est déjà bien bouchée par le brouillard. Tant pis, c’était déjà cool de faire la randonnée ! En rentrant petit sieste, nous ferons le troisième point de vue de la journée pour le coucher du soleil (on a rien vu).

Le 14 je ne souhaite rien faire, c’est ma journée tranquille de commémoration et de soin de moi, sans stress externe. Je souhaite m’offrir le luxe de manger une gaufre au petit dej, malheureusement leur machine ne fonctionne plus. Le matin j’écris un peu, nous déjeunons de nouveau chez mama Longlong, je fais une pseudo sieste, je mange un KitKat, nous allons nous faire un massage et un herbal steam (sauna / hammam aux herbes ? On a pas trop compris)… Pour le dernier soir nous partageons une fondue laotienne.

Nous partons le lendemain matin vers Muang Khua, qui est à mi chemin pour la frontière vietnamienne et où nous allons dormir. J’ai enfin reçu la validation de mon visa, nous pouvons partir.

Hot pot et vue du bateau 

Nous prenons un premier bateau de 6 HEURES. Et pas le type de bateau confortable. Non, un bateau en bois où tous les touristes sont serrés les uns contres les autres. Nous devons passer un barrage en bus puis de nouveau prendre un bateau. Une partie de la place disponible dans le bateau est prise par une moto installée sur le bateau. Pas mega pratique. Ca devient encore moins pratique lorsque des locaux s’installent à leur tour dans le bateau. Ils doivent s’installer de par et d’autre de la moto et nous tentons de nous serrer encore plus pour leur faire de la place. Nous les déposons au fur et à mesure et après la longue traversée nous arrivons dans cette petite ville. Nous n’avions pas réservé de logement et, fatiguées, à la première proposition de chambre d’hôtel nous acceptons et prenons une chambre.

Nous allons ensuite nous renseigner à l’office du tourisme pour connaître les heures de départ du bus qui ira le lendemain vers Dien Bien Phu, Vietnam. Il part à 7h30. Des touristes croisés nous font un peu peur : les vietnamiens risquent de demander le visa en version papier (alors qu’il s’agit d’un e-visa). Commence alors une chasse à l’imprimante dans la ville, avec trois autres touristes. Les indications de l’office du tourisme sont très peu claires mais nous finissons par trouver.

Le lendemain nous prenons donc très tôt le bus. Il nous reste pas mal d’argent donc je me dépêche d’aller acheter plein de gateaux avant de partir. Et heureusement car cela a fait notre pause de 10h, déjeuner, goûter…. Car le passage de la frontière vietnamienne a pris un certain temps (on a cru que j’allais me faire refuser le visa 30j et que Coline allait se faire refuser tout court !), et qu’arrivées à Dien Bien Phu on a vu qu’il était possible de prendre un bus directement pour Sapa, sans perdre de temps dans cette ville (bien qu’intéressant historiquement parlant nous ne souhaitions pas nous y attarder). Donc à peine descendues du bus nous sommes remontées dans un autre. Plutôt qu’un bus c’était en fait un mini bus, et plutôt qu’un mini bus c’était en fait un camion de transport de légumes. Trois touristes devants et des DIZAINES DE KILOS DE LÉGUMES dans le reste du camion. Qui dit transport de légumes dit… livraison de légumes. Nous avons donc fait des stops très très régulièrement pour livrer nos légumes. Nous avons pris cela avec philosophie mais le belge avec nous n’avait pas notre patience et gueule un peu.

Au moment de payer, une vingtaine de kilomètres avant Sapa, un touriste russe indique au chauffeur qu’il a fait du stop, qu’il a été accepté et qu’il n’a donc pas les moyens de payer. Il est convenu entre le chauffeur et lui qu’il sera arrêté au bord de la route. Sauf que nous sommes dans les montagnes, les routes sont faites de virages, il fait nuit et froid. Alors qu’il s’apprête à le larguer nous nous interposons : hors de question qu’il sorte dans ces conditions, ce n’est pas responsable. Face à la révolte (j’exagère totalement) du bus, le conducteur referme les portes, passe le volant à son second et se met à échanger par google translate avec moi. Mon but est de gagner du temps jusqu’à Sapa, où le russe pourra faire du stop plus facilement et plus en sécurité. Alors que le chauffeur accepte le russe dit qu’il ne veut pas aller à Sapa, qu’il doit aller dans la ville suivante. Le mec est lui aussi à l’ouest et ne capte pas ce qu’il se passe et pourquoi il est encore dans le bus. Le belge, méga sympa, lui paye son trajet.

Nous nous faisons déposer dans l’auberge d’un des touristes, lui avait réservé, vers 21h. Nous sommes épuisées et avons FAIM (les gateaux c’est bon mais ça nourrit pas). Malheureusement ils n’ont pas de place disponible. Ils nous trouvent une chambre dans l’hôtel d’à côté. Il n’a pas l’air encore ouvert au touristes et ils font un karaoké dans l’entrée mais ça ira pour la nuit !

Nous retournons dans l’auberge d’à côté pour diner, il est tard, la cuisinière est partie mais la responsable accepte de nous préparer une soupe : c’est notre premier Pho vietnamien !

Pour la suite de l’aventure : le vietnam et plus particulièrement Sapa !

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Publié le 10 avril 2023

Le premier matin à Sapa nous partons découvrir la ville, l’hôtel étant situé dans les hauteurs nous n’avions pas vu grand chose en arrivant.

Après la déception du trek à Nong Khiaw nous souhaitons renouveler l’expérience du « homestay » donc séjourner chez l’habitant. Différentes minorités cohabitent au Vietnam. C’est l’occasion pour nous de découvrir la montagne, les rizières et la culture locale. Pour cela, nous avons pris les contacts de plusieurs guides H’mong sur le groupe des français au vietnam et leur avons envoyé des messages dans la matinée pour connaître leurs prix et propositions de séjour. Celle qui est la plus chère est aussi celle avec qui nous avons le meilleur contact par message. Elle envoie seulement des messages vocaux mais elle parle bien anglais et semble sympa. Nous lui indiquons que ses prix sont trop élevés pour nous (je suis déjà en dépassement de budget, la montgolfière n’ayant pas aidé et je sais que j’ai de grosses dépenses à venir au Vietnam…), elle nous propose un prix plus accessible donc nous lui confirmons que nous passerons les deux prochains jours avec elle.

En attendant, le matin, ce sera mission trouver un petit déjeuner et trouver un hotel pour la nuit à venir car celui où nous avons passé la nuit précédente est un peu cher.

Je sélectionne deux trois endroits qui font des petit dej dans la ville et nous nous y rendons tranquillement à pieds. Nous avions eu des critiques assez négatives sur la ville mais en passant dans les petits quartiers résidentiels, avec plein de maisons très charmantes, la première impression est positive. En revanche les prix nous semblent très élevés ! Nous n’arrivons pas encore à bien faire le changement entre le kip laotien et le dong vietnamien donc tout semble onéreux et nous ne nous arrêtons dans aucun café. En revanche, sur une des rues principales, se trouvent des vendeurs de petites galettes aux marrons. Ils les cuisent sur place, sur le trottoir et c’est bien trop tentant pour ne pas goûter. Coline prend celui aux noix et moi aux marrons. C’est bon ! Ce devait être un « pré-petit dej » mais nous en reprenons un peu plus loin sur la route (moins bons cette fois malheureusement).

Nous continuons notre petit tour, afin de retirer de l’argent car nous avons seulement le reste de nos kip que le chauffeur de bus nous a échangé en passant la frontière. Petits problèmes pour retirer et moment de paniques plus tard, nous nous retrouvons millionnaires et prêtes à réserver une chambre d’hôtel. Le premier hotel dans lequel nous allons a une chambre disponible et la femme est très sympa, souriante.

Nous avions quelques appréhensions concernant le vietnam car selon nos interlocuteurs c’est un peuple peu avenant, très axé sur l’argent, non souriant. Déjà que je n’ai pas trouvé que les cambodgiens et les laotiens étaient particulièrement sympas alors si cela devait être pire… Mais non : cette femme est extrêmement gentille et elle sourit vraiment beaucoup. Idem pour les gérants de l’hostel de la veille qui nous avaient trouvé une solution lorsqu’ils ne pouvaient pas nous accueillir (alors que nous n’avions pas réservé !) et que la gérante avait cuisiné elle-même pour nous dépanner. Ca nous fait vraiment plaisir et je suis contente d’avoir eu mon visa pour 1 mois plutôt que les 2 semaines autorisées sans visa.

Nous retournons chercher nos affaires dans les hauteurs, déposons nos sacs dans notre nouveau chez nous et décidons d’aller faire une petite randonnée ! A l’origine nous souhaitions aller au Mont Fusipan, le mont le plus haut du Vietnam, mais la vue est totalement bouchée (ce n’est pas les brûlis cette fois, juste du brouillard / chape de chaleur). Donc ce sera petite marche dans les rizières.

Enfin ça c’est dans l’idée… Parce qu’en général quand on pense qu’on va faire une petite marche c’est pas tout à fait ce qu’il se passe. Tout d’abord parce que la randonnée est trouvée sur un site de traces de rando dont le tracé précis est payant donc nous nous repérons via maps.me. Ensuite, ce n’est pas parce que maps.me nous dit de prendre telle ou telle direction que c’est une bonne idée.

Ainsi, nous partons après le déjeuner. En prenant un premier chemin qui semble être le bon car il est emprunté par d’autres touristes. Mais pas seulement des touristes… Une horde de guides H’mong les entoure. Apparemment c’est normal. Elles se positionnent en tant que guide pour tout promeneur, les accompagne partout, leur proposant leurs produits, jusqu’à ce qu’ils craquent et les payent. Nous n’y échappons pas. Une petite dame (elle est si petite et si frêle!!) nous suit à la trace. Cela nous met extrêmement mal à l’aise. Nous ne souhaitons pas lui faire de faux espoirs, nous savons parfaitement que nous ne lui donnerons pas d’argent ni ne lui achèterons ses pochettes ou sacs. Nous l’encourageons plusieurs fois à partir, à remonter, à ne pas perdre son temps. Nous sommes tellement démunies face à la situation que nous hésitions à courir ! Elle est si petite, avec ses grandes bottes elle ne pourrait pas nous suivre bien longtemps… Finalement nous arrivons à la convaincre de ne pas continuer avec nous et continuons la rando à deux.

Par la suite, nous mettons en place des techniques d’évitement. Nous évitons de croiser leur regard, nous marchons très vite lorsque nous les croisons et montrons que nous connaissons le chemin et n’avons pas besoin de guide.

Nous descendons de plus en plus dans la vallée, au milieu des rizières. Le ciel s’est dégagé, nous avons beau temps, il fait bon et le paysage est magnifique. La descente ne pose pas de problème jusqu’à ce qu’on se trompe un peu de chemin et qu’on se retrouve devant des chiens prêts à attaquer. Clairement, nous sommes sur leur territoire, chez eux. Il nous est arrivé la même chose le matin même et nous avons à présent une petite (grande!!) appréhension lorsque nous croisons des chiens. Ils ont l’air assez agressifs dans cette région. De plus, il nous a été dit récemment (les mushers!) qu’on devrait plus se méfier d’un chien qui grogne et montre les babines que d’un chien qui aboit. Cela reste à prouver j’imagine, ici ils semblent faire les deux…

Rizières de Sapa 

Lorsqu’il s’agit de remonter, le chemin devient plus complexe… Nous suivons des petits tronçons crées dans les rizières, sans qu’il ne s’agisse de vrais chemins. Parfois nous perdons la trace et devons faire des suppositions pour avancer. J’ai l’impression de faire du surplace, de ne pas remonter, que nous marchons depuis des heures mais que notre progression est infime. Surtout que nous n’avons pas de visibilité, nous ne savons pas quel sera le point d’arrivée car ce n’est pas une boucle. Nous devons passer sur des cours d’eau et en particulier à proximité d’une cascade. A un moment, le passage à côté de la cascade est … un rondin de bambou car la terre s’est effondrée. Le bout de bois est ancré d’un côté et de l’autre, c’est glissant et il n’y a aucune assurance qu’il ne va pas bouger. Peu d’accroches possible le long du mur. Coline passe devant puis c’est mon tour. Je suis fatiguée et un peu en panique, c’est vraiment dangereux l’espace de 3 secondes mais cela peut suffire… Je demande en gueulant à Coline si le rondin est bien stable (elle vient de passer, bien sur que c’est stable), je hurle pour qu’elle s’assure que c’est bien stable, elle finit par y poser son pied pour me montrer que oui regarde c’est bien stable et je passe. On continue de monter… Je commence à en avoir vraiment marre : on va jamais arriver en haut. On finit par voir des habitations ! Et le train ! On se rapproche de la ville. Quand on trouve enfin la route, il nous reste une étape : nous sommes dans un champs, en hauteur par rapport aux habitations, avec un fossé de 2/3 mètres, trop pour sauter. Nous devons donc passer sous les barbelés, rentrer dans un champs de culture et enfin pouvoir remonter dans la ville ! Direction petite bière pour la récompense…

Le soir nous sommes vraiment KO, les temperatures ont chuté, nous sommes en altitude, ce n’est pas comme au Laos. Nous rentrons nous coucher après un diner pas terrible, très contentes de notre journée et prêtes pour passer deux jours avec une H’mong !


Le matin, nous prenons un rapide petit déjeuner à l’hôtel (des « pancakes » qui sont en fait des crêpes épaisses), qui est très très lourd. Su, notre guide, vient nous chercher à l’hôtel pour débuter notre trek. Nous passons tout d’abord par le marché afin de faire quelques achats. Comme nous avons eu une réduction sur le prix, au lieu de déjeuner dans un restaurant nous ferons un pique nique. Elle fait donc ses emplettes en nous laissant à l’entrée des stands et en nous demandant de ne pas bouger, de l’attendre. On se sent un peu comme des enfants, on regarde ce qu’il y a autour de nous et on demande quels sont les différents légumes devant nous. Nous ne les connaissons pas tous, et de loin ! Elle nous montre le bébé bambou qui est ÉNORME en comparaison de ceux que l’on a en France (seuls les jeunes pousses sont mangées, les autres grandissent puis sont utilisés pour collecter les insectes qui y vivent). Avant de partir du marché elle nous tend des petites patisseries qui ressemblent à des grosses chouquettes. Suite au petit déjeuner nous étions déjà en difficile digestion mais maintenant avec ça… Pourtant c’est pourtant super bon.

Nous quittons la ville, Su nous fait prendre une partie du chemin que nous avions emprunté la veille. Nous avons peur qu’elle nous fasse faire la même boucle (et j’ai vraiment pas envie de recommencer). Finalement, nous entrons dans un village auquel nous nous étions arrêtées dans la vallée et commençons l’ascension. Le terrain est tout en montées et descentes, vallons, rizières. La vue est plus bouchée que la veille mais c’est agréable de suivre Su plutôt que de galérer avec nos téléphones (enfin pour Coline, moi je ne faisais que douter du chemin qu’elle empruntait en suivant la carte).

Les rizières sont en cours de nettoyage, réaménagement, plantation. Tout est vert mais ce n’est pas du fait du riz, c’est de l’herbe qui y a poussé et qui doit être enlevée avant de pouvoir planter de nouveau. C’est très joli, je n’avais jamais vu de telles rizières. Ca me fait du bien d’être de nouveau émerveillée : j’avais peur d’être devenue blasée de tout mais ce n’est clairement pas le cas !

Su nous donne les noms des plantes et légumes que nous croisons, elle vole un peu de menthe dans un champs, nous fait sentir des herbes.

Su est une très petite femme. Elle est pleine d’énergie. Elle a un mari, elle l’a apparemment choisi lorsqu’elle avait 14 ans, puis elle s’est mariée à 16 ans, lorsqu’elle était enceinte. Sa mère lui avait dit d’attendre, de choisir le bon, mais elle a préféré celui-ci. Puis elle a regretté, pendant les premières années de son mariage. Maintenant ça va mieux, ils ont quatre enfants, le petit dernier est un garçon donc elle n’a plus besoin de faire d’autres bébés. Car il est primordial pour les familles vietnamiennes d’avoir des garçons. Ils seront les héritiers principaux et seront ceux qui prendront en charge chez eux les parents lorsque ceux-ci ne seront plus en mesure de s’occuper d’eux-mêmes. Donc Su est plus tranquille à présent car elle a accompli son devoir. Même si elle souhaite que les choses changent, elle se doit de perpétrer la tradition. La tradition qui veut que l’ainé reçoive plus de terre que les autres, qu’il soit privilégié et qu’il soit le seul à être en droit de prier pour les parents décédés. Su n’a pas ce droit (elle pratique le chamanisme).

Tout au long de la soirée nous en apprenons un peu plus sur Su et ses ambitions. Elle est guide depuis une dizaine d’années, elle souhaite faire grandir son business et pour cela elle doit apprendre à écrire anglais. Car elle sait le parler, elle a apprit en côtoyant les touristes, elle arrive à le comprendre, mais pas à l’écrire. A savoir que l’alphabet vietnamien est sensiblement le même que le notre (à un million d’accents près). Donc pour Su il s’agit d’apprendre à lire et à écrire. Pour cela, elle suit les cours d’anglais de la sœur de son mari qui eu opportunité d’étudier et qui, suite à son mariage avec un norvégien, a souhaité aider sa communauté (elle donne plusieurs cours : aux enfants, aux adultes qui savent écrire et aux adultes qui ne savent pas, tout cela en dehors de ses heures de travail personnel). Plus on apprend à la connaître, plus on s’attache à elle. Elle semble très résiliante. Elle a mon âge et 4 enfants. Elle me dit que je fais bien de prendre mon temps, que c’est important de bien choisir, que c’est une chance de voyager et que, peut-être, je trouverai l’amour en cours de route (qui sait!).

Elle est vraiment mignonne, elle nous a même prévu des bonbons pour la fin du pique nique. Ca fait des mois que j’ai pas mangé des bonbons et même si je n’aime pas trop habituellement je suis contente d’en avoir. C’est des petits plaisirs un peu ridicules comme manger des bonbons qui font du bien au quotidien quand on ne peut pas avoir de réconfort auprès de nos proches ou dans notre confort habituel.

Apparemment nous marchons à un rythme plus rapide que ce dont elle a l’habitude avec les touristes car nous arrivons tôt chez elle. Nous sommes à la fois excitée de voir comment et où elle vit mais aussi un peu stressées : nous n’avons aucune idée de comment nous allons dormir, quel sera le niveau de confort de sa maison. Et bien que nous ne soyons pas des princesses, nous appréhendons de nous retrouver dans un lieu au confort primaire. Et finalement c’est une assez bonne surprise ! Alors il n’y a aucun confort mais il y a le minimum, c’est à dire un grand lit, des couvertures, une salle de bain et des toilettes à l’extérieur. Nous sommes rassurées ! Su nous prépare un thé, nous présente brièvement à son mari et à ses enfants qui ne parlent pas anglais et nous invite à nous reposer / prendre une douche avant de l’aider à cuisiner.

Après la douche, lorsque je rejoint Coline et Su dans la cuisine, je demande en quoi je peux me rendre utile. La cuisine est en deux pièces , elle a été ajoutée à la structure de base de la maison : une grande pièce avec un feu à même le sol et une plus petite pièce qui comporte le point d’eau et qui permet de remplir des bassines d’eau.

Su me dit de couper une aubergine et me tend un couteau géant. Je dois couper au dessus de la corbeille des déchets destinés aux cochons. Autant dire que c’est juste impossible : je suis incapable de couper en l’air, sans support. J’indique à Su que je suis pas du tout douée avec un couteau et elle m’assigne à la même mission que Coline : trier les morning glory et enlever les branches les plus grosses (enfin c’est ce qu’on comprend mais on est pas bien sûres). Cela fait, Coline est de mission épluchage de concombre et moi coupe de chou. Je dois faire de toutes petites tranches puis tout réduire en morceaux encore plus petits. Je fais ça très lentement, je dis à Su que j’espère qu’elle a du temps parce que ça ne va pas être prêt avant un bon bout de temps. Idem du côté de Coline, deux vraies empotées (elle doit se dire que c’est normal que nous ne soyons pas mariées vu comme nous nous débrouillons en cuisine !!).

Au bout d’un certain temps elle nous tend des frites qu’elle vient de faire, nous pensions que c’était pour le diner, nous dit d’aller sur la terrace et de manger nos frites. Elle nous vire clairement de la cuisine ! Cela dit, on ne se fait pas prier : les frites ont l’air bonnes et c’est l’heure du goûter… Les frites sont excellentes et nous n’osons pas retourner tout de suite dans la cuisine. Nous l’entendons couper les légumes et cela va bien plus vite qu’avec nous. Finalement nous y retournons et tout est prêt pour la seconde partie de la préparation : elle a émincé tous les légumes, cuit les nouilles Chinoises et fait le mélange qui va nous permettre de faire les nems. Elle pose devant nous les feuilles de riz, nous montre comment mettre la farce et comment rouler les nems. On casse les feuilles au début puis on prend le coup de main, pendant ce temps Su s’occupe de la cuisson. Nous préparons une belle quantité de nems puis il est temps de passer à table ! Celle-ci a déjà été dressée, au milieu du salon (le salon ne comporte RIEN à part un autel au fond et une télé contre un mur). Tout le monde s’installe et le repas se fait plutôt en silence. Les enfants et le mari ne parlant pas anglais la conversation est un peu réduite… Mais ils quittent la table petit à petit et nous finissons par papoter avec Su pendant que son mari et le garçon regardent un match derrière nous, les filles sont parties dans leur chambre.

Préparation des nems 

Su sort l’alcool de riz et nous fait goûter (= elle nous sert plusieurs shooters). Son mari, qui est enclin à boire un peu trop, ne boit pas ce soir.

Elle s’ouvre un peu plus sur sa vie, sur les us et coutumes du pays. Sur ses envies pour la suite, sur son impossibilité de divorcer, à moins qu’elle puisse totalement subvenir à ses besoins et à ceux de ses enfants (la maison est construite sur un terrain qui a été donné par la famille de son mari), mais même dans ces conditions cela peut être difficile à cause de la pression familiale, du village, de tout le monde en fait. Elle parle du fait qu’au mariage elle a du rejoindre la famille de son mari, qu’ils ont du vivre dans la maison des parents pendant des années jusqu’à ce que ceux-ci décident qu’il était temps de partir (et pendant ce temps leur maison était prête à être habitée) et que pendant un temps ils ont été plus d’une vingtaine à vivre tous ensemble. Mais c’est normal, c’est culturel. Elle regrette de ne pas avoir de sœur, car pour elle les liens familiaux sont plus importants que tout. Elle est très très proche de sa mère, elle fait tout avec elle, surtout lorsqu’il s’agit du tissage. Tous les ans, elle doit réaliser des nouveaux vêtements traditionnels pour son mari, ses enfants et elle même. Pour cela, il faut fabriquer le fil, le teindre, l’assembler, le tisser… Pour préparer le fil il faut être en binôme, c’est plus simple, et c’est là qu’intervient la maman de Su. Tous les maris ont pour mission de construire un métier à tisser à leur femme lors du mariage.

Elle nous a montré toutes les étapes et c’est du boulot… On ne s’imagine pas faire des choses pareilles, surtout pas pour perpétuer des traditions misogynes.

Treks et Su (si petite, si mignonne !) 

Nous nous couchons pas trop tard, pas sous l’effet de l’alcool car nous soupçonnons que celui-ci a été un peu dilué, mais bien parce que cette journée fut fatigante ! Le lendemain nous avons de nouveau le droit à un petit déjeuner pour 4 personnes avec soupe de pates de riz aux légumes, salade de concombre et fruits. Nous voilà reparties pour une petite journée de marché ! Cette fois, il y a plus de monde sur la route et nous essayons de ne pas être trop proches des autres touristes car ceux-ci se traînent un peu (on a encore des jeunes qui ne sont pas du tout habillés de façon adéquate : non mademoiselle, le short blanc dans la boue c’est effectivement pas la meilleure idée). Nous passons à travers une forêt de bambous, près d’une joli cascade où Su nous invite à nous asseoir pour nous prendre en photos avec une fougère tressées en cœur (ce fut un échec, mon tel ne faisait pas bien le focus). Le midi nous arrivons à un restaurant qui propose seulement deux plats, c’est clairement le stop final pour tous les tours, et nous disons au revoir à Su, le cœur un peu serré. C’est dur de se dire que nous allons avancer dans notre vie, voir, découvrir, des choses incroyables pendant qu’elle est coincée ici, avec un mari indifférent et des envies d’ailleurs.

Cela dit, nous n’avons pas le temps de nous appesantir sur le sujet car à pleine nous retournons à notre hotel et demandons à notre hôte si nous pouvons réserver un bus, qu’elle nous dit qu’il y en a un qui part dans 10min et qu’il faut y aller maintenant. Elle nous embarque dans une voiture, nous dépose au bus et nous fait monter dedans, ils nous attendaient.

Nous sommes donc déjà en direction d’Hanoï, nous devrions arriver dans la soirée !

(Bon… J’ai un mois de retard sur ce blog… je pars demain pour l’Indonésie et j’ai tellement à écrire encore… Je vais essayer de mieux faire car je sens que mes souvenirs se dissipent vite. Mais tout va bien, le vietnam c’était génial !! Je vous embrasse)

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Publié le 19 avril 2023

L’arrivée à Hanoi se fait sans encombre. Nous avons chacune eu un lit couchette au fond du bus, nous étions tranquilles tout le trajet. Nous avons découvert qu’au Vietnam, pour sortir du bus, ils prêtent des claquettes (parce que lorsque l’on rentre dans le bus il faut mettre ses chaussures dans un sac plastique, ce qui fait que les bus sont généralement propres). Donc nous avons bien rigolé, chaussettes claquettes, en nous promenant dans ce qui ressemble vaguement à une aire d’autoroute, à la recherche de petites choses à manger pour nous occuper et pour tester de nouveaux gateaux. Par exemple, nous avions des crêpes sèches comme des gaufrettes mais en très grand et des sortes de moelleux compacts coréens, j’ai beaucoup aimé les deux même si c’était pas très vietnamien...

Claquettes chaussettes, oui cette photo est importante  

A la sortie du bus nous marchons vers notre hôtel, celui-ci est situé dans le vieux quartier, dans le quartier des artisans. Ce quartier est connus pour représenter un type d’artisanat à chaque rue mais j’avoue qu’il m’a souvent été difficile de faire la distinction car ils proposent tous les mêmes produits. Nous traversons des quartiers très vivants, il y a énormément de monde et après le calme, la montagne et les rizières des derniers jours ça fait un sacré contraste.

Nous posons nos affaires à l’hôtel et ressortons pour diner. Je sélectionne un restaurant rapidement, pas trop loin. Bonne surprise, il s’avère qu’il est situé sur le chemin de fer qui traverse la ville https://guidefrancophone.com/rue-du-train-de-hanoi/ (en lisant les commentaires j’avais compris que le resto était proche de la gare ferroviaire, donc je me disais que c’était tant mieux pour les voyageurs…). Donc de notre petite table sur le trottoir nous allons avoir l’opportunité de voir passer le train juste devant nous. Le train arrive bel et bien à la fin de notre diner, c’est impressionnant car il est vraiment très proche. Des gardiens sont d’ailleurs présents pour surveiller que les piétons ne traversent pas n’importe quand ni n’importe comment (et ils font du zèle!).

Le lendemain matin je laisse Coline visiter seule le musée de la femme car je dois m’organiser pour les prochaines semaines. Acheter mon billet d’avion pour l’Indonésie, prévoir un planning pour les premières semaines avec ma mamounette et prévoir mes arrêts entre le départ de Coline et mon arrivée à Java. Ca me prend toute la matinée et je regrette un peu de ne pas être plus organisée au quotidien afin de ne pas perdre du temps inutilement comme cela.

Une fois cela réservé, je rejoins Coline pour le déjeuner (un banh mi vegan pas incroyable) puis nous nous rendons au temple de la littérature. Le lieu est très agréable au milieu de la frénésie de la ville. https://fr.wikipedia.org/wiki/Temple_de_la_Littérature_de_Hanoï. Nous y passons pas mal de temps, il y a beaucoup de salles. Souvent les informations sont répétées plusieurs fois, sur des panneaux au design plus ou moins récent.

Rue du train, temple littérature et cathédrale  

Ensuite, nous déambulons dans les rues, j’ai le souhait de mieux voir toutes les échoppes regroupées par profession mais c’est un petit échec. En revanche, nous nous posons dans un bar et je teste mon premier (et dernier) jus à l’avocat ! Ca a un gout assez étrange, ni bon ni mauvais. On passe devant l’église de Hanoi, enfin plutôt une cathédrale, que l’on visite en passant par une entrée secondaire. Ca ne rate pas, ce n’est pas la bonne entrée, on n’a pas payé, on s’enfuit bien vite lorsque l’on se retrouve presque face à face avec un employé de l’église…

Le soir nous sélectionnons un restaurant végétarien excellemment bien noté (5 étoiles !!) mais peu onéreux. L’entrée est dissimulée, difficile à trouver et nous traînons quelque temps dans la rue avant de nous y engager. Le principe est le suivant (et c’était pas simple à comprendre !!) : il faut sélectionner un plat par personne et, en complément de ces plats, il est offert une soupe, du riz, trois types de tofu. Je prends des nems et Coline un autre plat. Puis les plats offerts arrivent… C’est beaucoup plus conséquent que ce qu’on imaginait… C’est vraiment beaucoup !! On se demande combien on va payer et surtout on espère que le second plat ne va pas arriver. Il n’arrive pas, on s’apprête à payer, le gérant se rend compte de son erreur et, heureusement, nous échappons au plat. Nous payons une misère et rentrons en roulant.


Le lendemain nous nous rendons le matin à la citadelle impériale. Celle-ci est grande mais n’a rien d’extraordinaire. Nous déambulons de salle en salle, il fait chaud, c’est difficile de se concentrer. Nous nous posons momentanément en haut d’une tour, pour échanger par message avec un contact à propos d’une croisière sur la baie d’Ha Long. Ce qui était une petite pause afin de ne pas écrire en marchant se transforme vite en bureau de recherche et d’échange, sous 35°C. Le contact en question nous redirige vers une de ses connaissances qui a une agence en centre ville. Nous nous y prenons de nouveau la veille pour le lendemain, nous avons déjà eu une offre qui nous est passée sous le nez car nous avons pris trop de temps pour confirmer… Cette recherche de croisière est compliquée et nous profitons difficilement de la citadelle avec cela en tête.

Nous décidons, avant le déjeuner, de nous rendre dans l’agence de la dame afin de discuter directement avec elle. Un Grab (similaire à Uber) plus tard, nous voilà devant elle. Elle nous fait plusieurs offres et nous tombons d’accord sur un séjour de 3 jours : un jour de croisière, un jour sur une Ile et un jour de nouveau de navigation. Le prix est plus élevé que ce que nous avions envisagé de mettre dans l’expérience mais on se dit pourquoi pas, ça peut faire de supers souvenirs. Surtout que l’offre est assez alléchante : le bateau est récent, les chambres sont spacieuses et il y a même un jacuzzi… Nous décidons d’aller déjeuner avant de lui confirmer notre participation, j’ai besoin de manger avant de prendre cette décision. Au cours du repas nous l’informons par message que c’est ok et que nous repasserons rapidement à la fin du repas.

A notre arrivée elle nous annonce que la croisière est pleine, que les places ont été prises pendant notre absence. Nous sommes un peu agacées, elle ne nous en a rien dit par message. Il faut donc tout recommencer… Ses autres propositions ne nous conviennent pas et nous faisons quelques autres agences, toutes les croisières sont indisponibles… Nous décidons qu’en rentrant le soir à l’hôtel nous prendrons des billets de bus pour Cat Ba, dans la baie, et que nous trouverons bien un bateau sur place…

Étant enfin décidées sur la prochaine étape nous pouvons plus facilement profiter de la journée. Nous nous rendons donc… dans l’ancienne prison française, sous l’occupation. https://fr.wikipedia.org/wiki/Prison_Hỏa_Lò Pas très joyeux, nous en ressortons un peu blasées. Pour nous remettre d’aplomb nous allons boire un verre dans un bar un peu caché, où environ 5 serveurs sont présents alors que nous sommes deux. Les cocktails sont bons mais coutent super cher (on était déjà assises lorsque l’on a su les prix…).

De retour à l’hôtel nous réservons le bus et, sait-on jamais, demandons s’ils ont des croisières. Ils en ont. Ils en ont une de disponible pour le lendemain, sur trois jours, à un prix correct. Nous regardons sur internet les avis, ils ne sont pas fameux mais un client de l’hôtel vient de la finir et nous fait un retour positif. Nous nous décidons alors à réserver avec eux, en prenant en plus une chambre deluxe afin de ne pas subir le bruit du moteur, pour 10 dollars de plus.

Trop de nourriture, la citadelle et moi contente de partir dans l’ascenseur 

De manière générale je n’ai pas eu de coup de cœur pour la ville, après quelques jours dans la nature c’est assez difficile de retourner dans le bruit des moteurs. Cette ville n’est pas faite pour les piétons et c’est difficile de s’y déplacer. Je suis contente de pouvoir faire la croisière sans que l’on ait à chercher sur place, cela nous facilite la vie et nous sommes ravies de partir le lendemain matin.

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Et c’est parti pour Ha Long bay !

C’est un peu LA référence du Vietnam, avec les Pho, et nous avons très très hate de découvrir ces nouveaux paysages.

Le bus vient nous chercher le matin, malheureusement nous avions oublié à quelle heure exactement. Nous qui pensions être très en avance, suffisamment pour avoir le temps d’aller chercher des petits pains brioché au café découverts la veille, nous nous retrouvons à courir dans la rue principale à la recherche d’un magasin ouvert pour acheter un rapide petit déjeuner. Nous tombons par hasard sur une boulangerie française, le pain au chocolat a un vrai gout de pain au chocolat ! Et nous retournons en courant à l’hôtel avant que le bus n’arrive.

Dans le bus, un homme nous présente la croisière au micro. Nous l’écoutons d’une oreille distraite, c’est difficile de le comprendre avec son accent. Sur la route nous faisons un long arrêt dans un complexe touristique destiné aux perles de culture : les différents types, provenance, leur mode de fabrication et où, bien sûr, ils les vendent. Puis nous repartons, direction le port. A l’arrivée nous ne voyons pas grand chose car tout est brumeux, on pourrait être n’importe où au bord de la mer. Après pas mal d’attente nous montons dans notre bateau. Celui-ci n’est pas à la hauteur de nos espérances, et encore moins à l’image de ce que nous aurions pu avoir… Le bateau est vieillot et la chambre deluxe que nous devions avoir est une chambre classique.

Nous sommes avec un groupe de brésiliens, 4 allemands et un italien. En début d’après-midi nous naviguons et c’est là que la magie opère : c’est trop beau. Le paysage est juste magnifique et c’est difficile de savoir où regarder tellement on a envie de tourner la tête de partout pour ne rien rater.

La vue et la grotte  

On en profite un peu puis vient l’heure des activités : on monte dans le bateau de transfert direction des grottes. Elles sont au cœur d’Ha Long et elles sont effectivement impressionnantes. Composées de 3 salles différentes, avec une vue à l’extérieur assez belle sur la baie.

Puis c’est l’heure du canoe. On a pas beaucoup à parcourir pour aller sur une petite plage. Cette plage, en montant, mène a un petit chemin qui se perd dans la roche. Nous sommes devant, nous le suivons, sans savoir à quoi cela va nous mener. Nous arrivons sur une autre plage, très belle, digne d’un film. Malheureusement elle a aussi plein de petite bête qui nous mangent les jambes donc on ne s’attarde pas trop.

Nous retournons sur le bateau pour nous rincer puis vient l’heure de l’atelier rouleau de printemps ! Nous nous installons autour de la table et regardons notre « guide » réaliser le premier rouleau de printemps. Nous comprenons enfin pourquoi les rouleaux de printemps que nous avons mangé jusqu’à présent au vietnam nous paraissaient ratés : ils ne font que rouler, ils ne plient pas sur les cotés (donc ça tient pas mega bien…).

Les rouleaux de printemps, la vue et moi 

Le diner se passe, les brésiliens picolent bien, c’est leur dernière soirée au Vietnam. Nous nous couchons avant eux et déchantons rapidement : notre chambre se trouve sous le salon, c’est à dire là où les brésiliens chantent et dansent. Le bateau étant plutôt vétuste on a l’impression que des morceaux de plafond vont nous tomber sur la tête….

Le matin, nous naviguons de nouveau, direction l’île de Cat Ba où nous dormirons le soir. Nous devions déjeuner sur un bateau, passer de 11h30 à 17h en activité sur l’eau, mais le programme a changé sans que nous en soyons averties. Ils nous font déjeuner à l’hôtel. A 15h nous ne sommes toujours pas parties, j’ai eu des échanges TRÈS salés avec la vendeuse de la croisière qui me dit qu’elle nous a fait une réduction donc la qualité de la croisière ne peut pas être la même… Ca faisait longtemps que je ne m’étais pas énervée à ce point, je finis même par lui dire des méchancetés en français pour ne pas le faire en anglais. Je refuse de lui parler tant qu’elle n’aurait pas de solution à apporter. Ressasser le problème et pointer du doigt ce qui n’allait pas depuis le départ (je vous passe des détails) ne sert plus à rien, elle sait que les prestations ne sont pas celles vendues et elle s’entête dans son mensonge.

Nous partons enfin pour la croisière de l’après-midi, pendant laquelle nous ferons de nouveau du canoë et verrons un village de pêcheur. Je suis encore sous le coup de l’énervement mais une fois au milieu des formations karstiques et avec la lumière du soleil couchant, c’est oublié. C’est magnifique, les couleurs et les reflets jouent sur l’eau, nous sommes impresionnées et touchées. Nous rencontrons un petit couple de vietnamiens que nous avons pris en photo sur les canoes, ils ont fait de même pour nous, leurs photos sont très sympas. Le tour en canoë nous permet de voir un village de pécheur, très typique. En fait, ce sont des casiers de pêche repartis tout autour de leur habitation / bateau, on se rend bien compte de la pauvreté de ces gens en s’approchant d’aussi près.

Un village et un coucher de soleil du Ha Long  

De retour à l’hôtel le gérant (qui avait servi d’intermédiaire, car bien qu’ayant mon numéro sur WhatsApp la gérante ne m’appelle jamais directement) nous informe que l’hôtel de Hanoi prend en charge 50% du prix des billets de bus pour Ninh Binh et que son hotel prendra le reste. En gros, c’est le prix de la différence entre la chambre normale et deluxe qui nous est remboursé. On a l’impression d’avoir eu gain de cause donc on passe l’éponge.

Fait assez amusant dans cet hotel : les repas sont préparés à l’avance, nous n’avons pas le choix du menu. Les plats sont déposés sur la table lorsque nous nous installons, il y a des options végé et des non-végé. Sauf que s’ils ne nous le précisent pas il est parfois impossible de savoir s’il s’agit de viande ou non. La cuisinière fait des trompe l’œil hyper réalistes. Par exemple des ailes de poulet qui sont en fait des os en noix de coco entourés de tofu frit. Nous faisons goûter l’italien pour nous assurer que c’est bien sans viande mais même lui a du mal à définir les goûts (ça pourrait être du poulet hyper fade ?). En tout cas on manque vraiment pas de nourriture au vietnam et entre le trek avec Su et la croisière on a le sentiment de se faire gaver. Il est connu que les vietnamiens mangent du chien (Su nous a dit seulement une fois dans l’hiver, quand il fait très froid pour se réchauffer, pas plus car ce n’est pas bon pour le corps), mais peut-être qu’ils mangent des françaises aussi…

Pour la dernière matinée il est prévu un trek dans le parc national de Cat Ba. Nous avons 1h30 devant nous et notre groupe n’est pas très vaillant. Il faut avouer qu’ils n’étaient pas au courant qu’il y aurait un arrêt pour marcher. Ils sont donc en tongs. Ils ont bien hésité à se changer mais le guide leur a affirmé que ce n’était pas nécessaire…

Un exemple de repas pour 3 personnes et la vue de Cat Ba 

Nous faisons la rapide ascension jusqu’au point de vue. Nous avons un paysage très vert, valonné, nous ne voyons pas la mer. Lorsque le reste du groupe arrive nous demandons si nous pouvons rejoindre le point de vue suivant, qui est un peu plus haut devant nous. Le guide est un peu inquiet pour le retour mais nous laisse monter. C’était pas notre meilleure idée (encore!) car le haut a été totalement colonisé par des fourmis volantes. Il nous est impossible d’avancer sans être recouvertes de fourmis et sans en écraser quelques unes au passage. Nous retrouvons rapidement les autres et descendons dans la foulée. Il y a un musée à l’entrée du parc, sur la faune des environs. Des animaux empallés, des animaux en bocaux, c’est super glauque et il n’y a pas d’explications. Les musées au Vietnam c’est pas tout à fait ça…

De retour sur le bateau, ils nous font déjeuner à 10h45 alors que nous descendons du bateau vers midi (ils doivent tout préparer pour le prochain groupe). Une fois déposées au port nous attendons notre bus pou Ninh Binh, qui se situe dans les terres, à environ 4/5 heures de route.



Pour résumer, la croisière était pas top, c’était super mal organisé et ils se sont bien moqué de nous. En revanche LES PAYSAGES étaient grandioses et je ne regrette pas d’avoir fait plusieurs jours sur place car cela nous a permis de voir différents espaces, un coucher de soleil, des lumières chatoyantes, de la brume par moment… C’était canon.

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Publié le 21 mai 2023

Ninh Binh est en fait plus une région qu’une ville. Nous nous installons à Tam Coc, plus par erreur qu’autre chose mais ce n’est pas grave. Le bus ne s’arrête en fait pas dans la ville de Ninh Binh et nous confondons deux villes : celle de Tam Coc et celle de Trang An. La première est plus animée, avec beaucoup de restaurants, de bars et d’espaces dédiés aux touristes alors que l’autre ville est en fait un village apparemment très très calme, plus proche de la nature mais sûrement un peu ennuyant.

Nous réservons notre logement à l’arrivée du bus, nous n’avions pas anticipé, justement de peur de ne pas arriver au bon endroit. Nous avons une vue sur les rizières de notre hotel et l’endroit est plutôt sympa.

L’après-midi nous décidons d’explorer un peu les alentours. Nous partons dans la direction opposée de la ville, vers ce qui me semble être un cours d’eau et des rizières. Pour cela nous traversons un village, les gens ont l’air content et ils sourient beaucoup, peut-être un peu surpris de nous voir nous promener à pieds (dans la région les touristes louent des scooters ou des vélos). Nous manquons de nous faire de nouveau croquer par des chiens à un croisement, une dame nous indique de nous décaler ce que nous interprétons par « allez dans la rue à gauche » alors qu’il s’agit d’un cul de sac et que nous devons retourner d’où nous venons. Des enfants se précipitent sur nous lorsqu’ils nous voient arriver dans la ruelle et j’ai l’espoir qu’ils nous accompagnent jusqu’au bout de la rue pour nous protéger (ou se faire manger) des chiens, ce qu’ils ne font pas (ni l’un ni l’autre).

Arrivées à la rivière il n’y a finalement pas de chemin qui nous permettrait de continuer notre balade. Nous repérons sur la carte un point touristique qui semble être un joli abre au milieu des rizières avec plein de commentaires sur google maps. Cela nous intrigue, pourquoi un arbre, et qu’est-ce qu’il a de particulier ? Nous décidons de nous y rendre. C’était sans compter sur les chiens… Une fois engagées dans un petit chemin nous voyons plusieurs chiens sortir petit à petit des maisons et avancer dangereusement vers nous. Nous rebroussons chemin TRÈS rapidement, sans courir, mais pas rassurées. Difficile d’estimer à quel point ils seraient en mesure de nous attaquer.

Le soir nous traversons la petit ville composée en fait d’une très grande rue, on y trouve exclusivement des bars, des restaurants, des spa, avec au centre l’étendue d’eau d’où partent les tours en barques, qui sont en fait la grande attraction de la ville et même de la région. Ninh Binh est surnommée la baie d’Halong terrestre grâce à ses paysages particuliers qui rappellent indéniablement les formations karstiques de la baie.

Le lendemain matin nous empruntons des vélos à notre hotel et nous allons visiter un temple à proximité. Première fois que nous devons payer le parking pour stationner un vélo, on trouve ça un peu gonflé mais c’est en fait très courant au Vietnam.

Nous effectuons la visite d’un temple très joli, composé de plusieurs niveaux. Un premier avec une belle porte donnant sur un mini lac, un deuxième avec un jardin et une partie du temple, puis nous montons dans la montagne en passant par une grotte très glissante (Coline a pu assister à la chute d’un monsieur, qui a, en trébuchant, fait sonner une cloche en tapant avec sa tête, oui j’étais dégoûtée d’avoir raté ça…). Tout en haut se trouve le temple principal, avec sûrement une petite vue en temps plus dégagé.

Femme qui pose et petit conseil de vie  

Nous redescendons et nous rendons derrière le temple, dans un espace protégé, qui semble inconnu des touristes car nous y sommes seules. Il s’agit de descendre dans une petite plaine composé de rizières avec un petit lac au milieu, entouré de falaises. C’est très bucolique, d’ici quelques années c’est sur que ce sera pris d’assault par les touristes.

Sur le retour nous nous prenons une grosse pluie évidemment, on y échappe pas. De mémoire, c’est la première vraie pluie que je subis depuis que je suis partie en tour du monde (j’ai bien le souvenir d’avoir sorti ma veste de pluie auparavant mais aucune idée de quand c’était, au Népal peut-être ?).

Comme nous devons changer d’hôtel (étant donné que nous n’avions réservé qu’une seule nuit et que nous n’avons pas anticipé que le jour d’après serait un week-end donc blindé !), nous ne pouvons pas profiter des vélos sur la journée.

Nous déménageons, notre nouvel est super mignon, cette fois totalement au centre du village mais dans une rue perpendiculaire, loin du bruit. L’hôtel a une piscine juste sous la roche et, lorsqu’il fait beau, ils allument la mini cascade qui permet de faire couler l’eau entre deux morceaux de roche. J’imagine que les photos doivent être canon mais comme il bruinasse c’est juste impossible de se baigner. Au final, dans tous les hotels réservés nous avons très peu profité des piscines ; on a jamais le temps ! Cette fois, vu qu’il pleut on a moins envie de courir partout mais aussi moins envie de plonger dans une eau à 19 degres alors qu’il en fait 22 dehors. Et il fait humide, après avoir vécut sous 35 degrés pendant plusieurs semaines, c’est franchement pas agréable, c’est un peu un temps de France en fait !

Comme c’est très couvert on trouve ça inutile de faire un point de vue même si certains sont très connus dans la région. J’ai un peu l’impression que c’est le thème de mon tour du monde : « comment j’ai raté des paysages car le temps était pas idéal ». Bon c’est pas grave ce sera ma bonne excuse pour y retourner ! Je pourrai faire la Thaïlande du nord, le Laos du Nord et le Vietnam du Nord. Nickel.

Du coup, on est un peu démunies. On décide de retourner chercher l’arbre solitaire. C’est un peu notre objectif du séjour. On trouve un chemin qui semble à peu près praticable, qui ne soit pas sur la très grande route.

On s’engage dans les rizières, une petite dame nous dit qu’il faut pas aller là, on continue quand même. On a un tracé à peu près clair mais la route est super longue, on avait un peu minimisé les distances. J’ai juste super peur de tomber nez à nez avec des chiens, surtout au milieu des rizières…

On finit par se retrouver dans un cimetière au milieu de rien, y’a pas vraiment de chemin et là, au loin, on voit l’arbre. ENTOURÉ DE CAMIONS DE TRAVAUX. Donc en fait ils font des travaux tout autour de l’arbre donc il est pas en pleine nature et il est sûrement pas du tout accessible, même à partir de la route.

Donc on est dégoûtées et après un déj un peu lourd plus des beignets de banane mon corps est pas content et me le fait savoir (petit vomi dans les fourrés, ça faisait longtemps !). Ce sera repos pour la fin d’après midi et dîner léger !

Le lendemain nous décidons d’aller visiter le plus grand temple de la région: le Bai Dinh Pagoda. https://authentikvietnam.com/ninh-binh-bai-dinh-pagode-records

Le temps est vraiment pas clément, on préfère être en partie à l’abri. Arrivées là bas on a une impression de parc d’attraction : on fait la queue pendant longtemps pour acheter les tickets puis on monte dans une voiturette qui nous mène à l’entrée du temple. Le temple est juste immense et en fait composé d’une multitudes de temples, plus où moins anciens. Le plus vieux date de 1136. L’un est dédié aux femmes. C’est mon préféré. L’atmosphère y est étouffante mais il n’y a personne, il est creusé dans la roche et a un bassin dont le contour est sculpté en forme de serpent.

Pas de vue, temple et temple  

On arrive à se perdre aussi dans le temple. On s’attend à atteindre un temple au bout d’un chemin mais il n’y a rien…. Je comprends plus tard qu’au lieu d’un temple il fallait en fait voir la vallée. Vallée totalement cachée par les nuages et la pluie…

Ce qui est super impressionnant dans ce temple c’est son couloir. Il mesure 1052 mètres. Bon je trouve qu’ils trichent un peu car il s’agit pas d’une ligne droite mais c’est vrai que c’est très très long et il y a des bouddhas tout le long ! Ils ont tous une forme différente et certains ont des têtes rigolotes. Ils ont aussi des parties plus dorées que d’autres parce qu’ils ont été plus souvent frottés à ces endroits.

On trouve sur le chemin des galettes au marron comme à Sapa, ça nous fera patienter avant le dej et ça fait plaisir !

On fait le tour de la majorité des temples, on en rate aussi parce qu’on a pas de plan et qu’on en a marre. On trouve même un espace avec du thé et des barres de nougat, on voit les vietnamiens s’en mettre plein les poches alors on en prend quelque uns aussi… (goût nougat / banane, c’était même pas bon).

On retrouve notre chauffeur et on rentre à la maison ! On est restées environ 3 heures et on aurait pu y rester encore plus, avec un guide ça aurait été encore mieux (mais faut s’accrocher pour tenir 5 heures d’explications…).

Le jour d’après nous nous lançons dans l’exploration des environs en partant du côté opposé où nous étions allées précédemment. Nous longeons le petit lac et observons les bateaux transporter les touristes. Une particularité de ces rameurs est qu’ils rament avec leurs pieds. C’est fascinant à regarder, ça a l’air facile vu de loin mais on se doute que ça nécessite un vrai savoir faire. Après on comprend pourquoi ils ont mis cette technique en place : c’est déjà fatiguant de ramer pour soi même alors transporter plusieurs touristes de poids variables…!

Nous n’aurons pas l’occasion de nous faire transporter de cette façon car nous n’avons pas l’intention de faire du bateau ici, nous allons privilégier un autre parcours vers Trang An, qui est supposé plus beau en cette saison. Et les rameurs de Trang An rament normalement (ils demandent même à leurs passagers de participer !).

Cimetière et rivière  

On décide de nous rendre à un temple, il faut bien que l’on ait un objectif. Pour cela, nous longeons la rivière et nous approchons de plus en plus des montagnes. Le paysage se transforme peu à peu, alors que nous étions quelques minutes auparavant dans un environnement plat, nous voilà entourées de ces majestueuses montagnes qui surplombent les environs. Ca donne tellement envie qu’il fasse beau pour pouvoir en profiter pleinement et être en mesure d’atteindre un point de vue… Mais c’est peine perdue, on ne verrait rien, ce serait une perte de temps et d’argent.

Après avoir atteint le temple nous apercevons un panneau indiquant un endroit qui semble très joli. Nous y allons et avons le plaisir de découvrir, dans un espace presque caché, un grand jardin aménagé. Ils ont conservé la végétation d’origine, qui est très luxuriante, et ont fait un parcours autour d’un lac qui se trouve au milieu. Il y a aussi des grottes et un mini point de vue.

Le jour d’après, le ciel s’étant dégagé, nous allons (enfin !) faire la fameuse balade en barque. Celle-ci est à une certaine distance de là où nous nous trouvons donc nous louons des vélos pour la journée. Nous nous perdons un peu en route mais arrivons finalement à destination en fin de matinée.

Arrivées sur place nous devons choisir quel itinéraire nous souhaitons emprunter, il en existe trois. Deux touristes devant nous ont sélectionné le même que le notre alors nous embarquons ensemble. C’est parti pour deux petites heures en alternant entre navigation et arrêts au bord de l’eau, pour visiter des temples. Nous passons devant l’île de King Kong, traversons des grottes, apercevons de très beaux temples… Cela passe vite et nous avons passé un bon moment, ravies d’avoir pu faire cet incontournable de la région sans la pluie.

La balade en barque  

Nous reprenons nos vélos, décidons de pousser un peu la balade jusqu’à la ville de Ninh Bing car nous ne savons pas à quoi elle ressemble. A l’entrée de la ville nous tombons sur un temple sur l’eau, nous garons nos vélos et allons le visiter. Je commence alors à réaliser qu’il s’agit bel et bien de la dernière journée avec ma sœur et l’appréhension monte de plus en plus. Comme la ville n’est pas bien agréable nous rentrons à Tam Coc pour un déjeuner tardif.

La pression commence à monter pour moi, Coline part à 17h pour retourner à Hanoï afin de prendre son avion et moi je prends mon bus en début de soirée pour Hué….

Lorsqu’il est l’heure du départ de Coline, un taxi est venu la chercher, je fonds en larmes. Nous venons de passer presque deux mois ensemble et l’idée d’être de nouveau seule me fait peur.

Cela dit, pas vraiment le choix… J’attends mon bus à un restaurant pour écrire et c’est enfin l’heure…

On m’envoie tout au fond du bus, sur les sièges du bas. Le bus est plein. J’avais reservé quelque chose de confortable normalement et là c’est la surprise… Comme je suis tout au fond (la faute à on a réservé la veille pour le lendemain, on apprend toujours pas…) il ne s’agit pas de sièges individuels mais de banquettes partagées, très étroites, avec des séparations rideau. Comme je suis la première je m’empresse de me mettre du côté de la fenêtre, un couple se met à côté de moi. Ils sont serrés comme tout et l’homme a les pieds qui dépassent dans le couloir. Pour ma part, je suis assez calée même si la proximité est bien présente. J’arrive à m’endormir mais je suis un peu en stress de ne pas être prête pour mon arrêt. C’est sans compter l’arrêt en plein milieu de la nuit, où TOUT LE MONDE descend sauf 3 ou 4 personnes. Je suis un peu perdue, je n’ai aucune idée de ce qu’il y a à visiter entre Ninh Binh et Hué. (J’apprendrai plus tard qu’il s’agit de grottes très réputées au Vietnam, j’ai totalement raté cette information).


Finalement, au matin (donc après une dizaine d’heures de bus), j’arrive à Hué mais l’arrêt se fait loin du centre et il faut une voiture pour s’y rendre. Je vais voir deux touristes qui échangeaient avec des chauffeurs et je me greffe au groupe. Comme je n’ai prévu que de faire un court arrêt sur la journée à Hué puis de prendre un bus pour Hoi An dans la soirée, je n’ai pas d’endroit où poser mes affaires. Je prends le parti d’accompagner les filles à leur auberge afin d’y déposer mon sac pour visiter la ville tranquillement et, accessoirement, y réserver mon second bus. Tout se passe comme prévu et je pars visiter la citadelle de Hué (raison pour laquelle j’ai fait ce stop).

La citadelle de Hué  


Le ciel est encore un peu couvert, l’air se réchauffe après les derniers jours, c’est agréable. Je passe 3 bonnes heures dans la citadelle, à me promener, à explorer, à marcher de long en large… Je n’apprends pas grand chose parce que je suis épuisée et que je n’ai pas le courage de tout lire mais c’est un arrêt intéressant !

Le second bus est plus tôt que prévu, en début d’après-midi, et dure deux ou trois heures. Cette fois l’arrêt de bus est très proche, je n’ai qu’à marcher une quinzaine de minutes pour rejoindre mon auberge.

Me voilà arrivée à Hoi An et la suite sera au prochain épisode.

Comme on me l’a fréquemment fait remarquer je suis effectivement toujours très en retard… Je vais toujours bien, je vis ma meilleure vie en Indonésie actuellement, j’ai pas le temps d’écrire et je suis sur cet article depuis un mois… Il me reste une petite semaine avant de partir en Tanzanie.

Je vais créer les différentes étapes manquantes (cela risque de faire pas de mails, désolée) et je les remplirai plus tard. Je vais essayer d’’écrire sur mes dernières étapes d’abord, tant que c’est encore frais.

Je vous embrasse

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Publié le 21 mai 2023

Je suis bien arrivée à Hoi An. Je prends le temps de m’installer dans ma chambre qui est très mignonne. C’est une auberge mais les chambres ont seulement trois lits chacune avec une jolie décoration. Deux des lits sont déjà occupés mais les nanas (je devine que ce sont des filles grâce à leurs affaires) ne sont pas présentes quand j’arrive. Je prends le temps de me reposer. Puis je me prépare pour visiter la ville. Il est déjà 18 heures lorsque je sors de l’auberge. Elle est très centrale donc il me faut moins de 15 minutes pour atteindre le centre très animé.

Il y a de nombreux touristes, et c’est au début difficile de se repérer. Des rues très passantes, beaucoup de lumières, beaucoup de restaurants et de boutiques. J’arrive à rejoindre le cœur névralgique de la ville (qui est assez petite). La ville est composée d’une rive et d’une île située en face, le tout sur la rivière Thu Bon, où les touristes font de la barque. Et c’est extrêmement mignon. Plein de lanternes, de couleurs, c’est vivant, et ça réchauffe le cœur. Je sens des bonnes ondes dans cette ville. Il y a une multitude de restaurants qui proposent des live music, la rue est très bruyante, plein de marchands ambulants mais cela reste agréable. Je cherche un coin pour me poser mais c’est un peu difficile. Tout me semble très cher. Je ne suis plus dans le nord il faut que je m’habitue aux endroits un peu plus touristiques. Je finis par dénicher un petit restaurant dans lequel je prends une bière.

Pour la suite de mes aventures, je vais à présent écrire en « on » ou « nous » lorsque que je suis accompagnée. Ayant rencontré beaucoup de personnes, ce serait trop long de toutes les présenter et de préciser qui elles sont. Car pour certaines je n’ai passé que quelques heures en leur compagnie, pour partager un dîner ou un café. Avec d’autres j’ai passé plus de temps, elles ont eu une réelle place dans mon voyage mais je ne pense pas que cela soit nécessaire de les nommer.


Donc nous prenons une bière, puis nous allons de l’autre côté de la rive dans un petit restaurant qui ne paye pas de mine où nous sommes les seuls clients. Ce fut l’un des meilleurs diner que j’ai eu au Vietnam. Des petites pâtes gluantes avec une sauce sucrée salée. Dis comme cela ça ne donne pas envie mais c’était vraiment délicieux.

Le lendemain matin, bien reposée, je pars faire une visite plus poussée de la ville. Je n’ai toujours pas rencontré les filles de ma chambre car elles sont rentrées tard. Je ne les ai même pas entendues. Et le fait de me lever entre 8h et 9h me fait vivre en décalé par rapport à leur rythme. L’auberge m’a donné des indications sur ce qu’il y avait à visiter et une carte. Le principe est assez simple : les visites se font à l’aide de tickets. Il faut acheter ces tickets dans un kiosque et pour 120000 dong on a le droit à cinq visites. Je me pose dans un café, je prends un coconut coffee afin de prendre le temps de faire mon choix pour ses cinq visites. Je découvre que j’adore cette boisson et que décidément cela n’a pas du tout le goût du café. Ma première visite est le pont japonais qui à mon avis n’a aucun intérêt, il s’agit d’un mini temple sur l’eau mais c’est tout petit et pour quelqu’un de non religieux cela ne vaut pas le coup d’utiliser un ticket (j’étais dégoûtée).

Je passe devant un temple qui me plaît beaucoup, il est plein de couleurs, de fleurs. Il s’en dégage une sensation de bien-être. J’y suis seule, personne autour, et c’est comme si ce lieu m’avait appelé. J’y reste quelques temps et moi qui ne fais jamais d’offrande, je leur donne un petit billet. Je me sens apaisée et j’ai le sentiment que je vais passer une très bonne journée. Qu’Hoi An était bien le lieu dans lequel je devais me rendre.

Hoi an, temple que j’ai adoré et pancake trop bon  

Avant de partir, j’ai demandé à mon auberge des adresses de restaurants végétariens et l’une d’entre elles me donne particulièrement envie. Je m’y rends donc après quelques visites, c’est assez loin. C’est une très bonne suggestion. J’ai de nouveau mangé un plat traditionnel de Hoi an, une sorte de pancake, c’était excellent.

L’après-midi, je continue mes visites dont une qui était un spectacle de danse traditionnelle dans un petit théâtre. La performance était composée de plusieurs actes. Le premier avec seulement de la musique. Le second des acteurs se sont déguisés en animaux pour représenter différentes divinités. Puis il y a eu de la danse purement traditionnelle et enfin un bingo. À l’entrée, chaque spectateur s’est vu remettre une carte de bingo et celui tiré au sort remportait un cadeau. Je n’ai évidemment pas été sectionnée. J’ai vraiment beaucoup apprécié ce spectacle. J’ai eu l’impression que c’était destiné à des enfants. Cela a rendu la performance très rigolote. Par la suite, j’ai visité d’autres temples et une maison de marchand traditionnelle. Les musées ne sont pas particulièrement développés et l’information est assez succincte mais c’était mieux que rien. Et cela m’a permis de faire un grand tour de la ville. Le soir nous sommes allés boire des cocktails directement sur les quais, l’ambiance, la compagnie, fait que la ville a un côté un peu magique.

Musées de l’artisanat, autre truc  

Le lendemain, nous sommes allés visiter des cultures de légumes. En fait, il s’agit de grands champs dans lesquels ils font pousser toutes sortes de légumes. C’est un peu à l’extérieur de la ville et ils proposent de découvrir comment planter des légumes, ce que nous n’avons pas fait (faut pas déconner, je suis pas ni ignare que ça).

Vegetable garden, lanternes et masques peints 

Comme je n’avais pas réservé suffisamment de nuits à l’avance il m’a fallu changer de logement dans l’après-midi car ils étaient totalement plein. J’ai trouvé une auberge à cinq minutes à pied, qui était beaucoup plus calme que la première, mais qui offrait une séparation de chaque par un rideau, ce que je n’avais jamais vu auparavant (sachant qu’il s’agissait de lits simples normaux et non de lits superposés).

Dans l’après-midi, nous sommes allés à la plage. J’avais le sentiment que je ne m’étais pas baignée depuis très longtemps. Alors que la dernière fois était sûrement à Vang Vieng, au Laos, donc quelques semaines auparavant. Et là j’ai l’impression de vraiment décompresser de me trouver dans mon élément. On passe une après-midi à ne pas faire grand-chose, à explorer (très rapidement) les alentours, à visiter de manière tout à fait illégale une maison en construction qui ressemblait à un château. Visite prolongée jusqu’à ce que nous voyons le gardien arriver au loin. Puis nous prenons des bières en nous imaginant nos vies rêvées. Je suis tellement détendue que je me sens ne faire plus qu’un avec le canapé, ne plus avoir conscience de mon environnement à l’exception de la mer.

Puis nous rentrons sur Hoi An et nous promenons au hasard des rues. Nous ne savons pas où aller exactement. En déambulant, nous entendons de la musique et décidons de la suivre. Et par le plus grand des hasards (ou le destin!) nous nous retrouvons devant le temple pour lequel j’avais eu un gros coup de cœur, la veille. Une cinquantaine de personnes est en train de prier. Ils sont en totale harmonie, tous habillés de la même manière, extrêmement concentrés. Nous décidons de nous asseoir devant le temple et de profiter de ce moment spécial. Nous restons un petit bout de temps à les écouter, à méditer dans un premier temps, puis finalement à essayer de trouver des similarités entre l’anglais et ce qu’ils sont en train de chanter. Donc d’après nous ils veulent « du thé pour le goûter ». Je suis incapable d’expliquer pourquoi je me suis de nouveau retrouvée ici..

L’après-midi suivante nous allons visiter le village de potier où ils font donc de la fabrication de poterie. C’est un petit village à proximité de la ville,à environ un quart d’heure d’Hoi An. Il est évidemment hors de question de ramener des poteries dans mon sac, étant donné le poids de celles-ci et leur fragilité, mais c’est tout de même intéressant de les voir travailler et certaines sont très belles. Il nous est même donné l’occasion de tester un tour de potier. Autant dire que tout le monde n’a pas les mêmes talents et que je m’en suis assez bien sortie par rapport aux autres personnes que nous avons pu voir à l’œuvre. Nous rentrons sur Hoi An et profitons de la soirée sur place.

Je décide de partir le lendemain, ravi de cette petite étape. J’ai rencontré des personnes très sympathiques et j’ai eu un vrai coup de cœur pour cette ville (je le répète!!).


J’avais peur de me sentir très seule après les deux mois en compagnie de Coline mais finalement je repars très rassurée. De plus, j’ai conscience que je n’ai que 12 jours à passer seule avant de retrouver ma mère en Indonésie et je sais que cela va passer extrêmement vite. Je dois reconnaître qu’il est aussi facile de retrouver à l’indépendance d’un voyage « seule », qui permet de prendre ses propres décisions sans en référer à qui que ce soit.

J’ai très apprécié voyager à deux mais le rythme était peut-être un peu trop intense pour moi (merci Coline les réveils à l’aube ahah) et je sais que si je veux tenir sur le long terme il me faut aussi des moments plus calmes. Tant pis si je ne vois pas tout !


Ma prochaine étape sera Nha Trang ou j’ai l’intention de passer mon certificat Open Water.

C’est donc de nouveau parti pour un bus de nuit. Je suis censée arriver très tôt le matin mais j’ai peur d’arriver en pleine nuit. Ce sera la surprise (mais tout le monde sait ce qu’il va se passer j’imagine).

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Publié le 21 mai 2023

Arrivée sur Nha Trang. Normalement à 6h mais non... J'arrive à 4h30. J'ai le choix entre aller dormir sur la plage ou me rendre à mon hôtel, où mon check-in doit être à 14h. Je prends un grab scoot et découvre la ville en roulant. Une grosse statue, des immenses immeubles le long de la plage, du sable blanc. J'ai hâte de voir au matin à quoi cela ressemble !

Mon conducteur a du mal à trouver l'hôtel, je flippe un peu. On est éloignés du centre, dans une petite rue et je ne sais pas si je vais être autorisée à rentrer ni avoir une chambre... Le gardien ne parle pas anglais et me propose d'attendre dans l'entrée. L'idée m'enchante peu donc il appelle la réceptionniste qui n'est, forcément, pas ravie d'être réveillée en pleine nuit. Après quelques négociations, et un joli paiement, j'ai enfin ma chambre. Et c'est magique : c'est grand, c'est joli, j'ai une vue sur les collines et c'est que pour moi !! J'ai choisi le confort et de l'intimité pour mon séjour dans cette ville car je me suis inscrite pour passer mon premier niveau de plongée et que j'ai peur d'avoir besoin de réviser et la vie en auberge n'est pas très compatible avec le concept de travail...

J'ai réservé pour l'openwater le jour suivant, j'ai donc une demi-journée pour découvrir la ville (j'ai pris la matinée pour dormir et trainer). Et bien la ville est étrange... Je ne suis pas habituée aux grandes stations balnéaires et celle-ci n'est pas petite. En outre, la population est majoritairement russe. C'est à dire que dans la rue je suis interpellée en russe par les marchants. Et même abordée en russe par des gens sur la plage... Alors que l'on ne peut pas dire que je ressemble à une russe n'est ce pas.

Chambre et plage 

Je commence par me rendre sur le toit de l'hotel, où se trouve la piscine. C'est venteux (beaucoup d'étages!) et pas aussi joli que sur les photos. Ca ne donne pas particulièrement envie de se baigner. Je ne sais pas pourquoi je m'entête à prendre des auberges ou hotels avec piscines...

Ensuite petit déjeuner vegé dans le centre de la ville et direction le seul musée de la ville : le musée Alexandre Yersin. Qui était cet homme ? Un médecin, bactériologiste et explorateur franco-suisse. On doit surtout à Yersin la découverte en 1894 du bacille de la peste (Yersinia pestis) et la préparation du premier sérum anti-pesteux, ainsi que l'étude de la toxine diphtérique. Je ne vais pas vous mentir : le musée est vieux, les informations très succinctes et pas assez concrètes sur ses recherches et résultats. Cela dit, c'est intéressant et j'ai beaucoup aimé son épitaphe : "Il repose comme il a aimé vivre: seul, absolument seul" qui est absolument HORRIBLE.

Musée  

Après cette courte visite je me rends à la Long Son pagoda, qui se situe près de la gare à une bonne heure à pieds de mon hotel. Ici idem, rien d'extraordinaire, la pagode ressemble à toutes les pagodes que j'ai vu jusqu'à présent. Un grand bouddha allongé et un assis, plus imposant. Je regrette qu'il n'y ait pas une vue plus ouverte sur la ville. Est-ce que je commence à me lasser ? Peut-être un peu. Je rentre en grab, il fait encore extrêmement chaud. Le soir on va diner pizza (oui, ça change des pho et du riz, une pizza par mois n'est pas un sacrilège !) et promenade sur la plage. Je ne me suis pas encore baignée mais j'aurai le temps dans l'après-midi le lendemain.

L'instructeur vient me chercher à 8h en voiture et m'emmène dans un hotel 4 étoiles... Duquel nous squattons la piscine pour le premier cours. Le lieu est vraiment joli et clairement pas dans le même style que tous les logements réservés jusqu'à présent. Je me sens très pauvre devant tant de luxe.

Ce premier cours se passe très bien, je valide tous les points rapidement. Les exercices seront à refaire le lendemain dans la mer avec le second instructeur. Ayant déjà fait quelques plongées auparavant je ne suis pas particulièrement inquiète pour la pratique. En revanche le test écrit ne me rassure pas. Ca nécessite de réviser, d'apprendre par coeur... Je n'ai pas étudié depuis longtemps ! Mais si les deux idiots instagrammeurs connus ont pu le faire je devrais y arriver.

Moi qui taffe et piscine de l’hôtel  

J'ai l'après-midi libre donc ce sera balade le long de la plage qui est gigantesque ! Je me sens bien, ça ressemble à du repos car il n'y a pas grand chose à faire par ici et je suis venue uniquement dans le but de passer mon niveau donc je me sens libre de ne pas faire grand chose. Quand on fait abstraction des immeubles la plage est très belle et c'est un vrai plaisir de s'y promener.

Le lendemain matin le nouvel instructeur vient me chercher à 7h30 en scoot. Direction le port, départ du bateau. Je suis seule avec ce prof aussi. C'est dommage parce que ca ne me permet pas de rencontrer plus de monde mais au moins je suis assurée de ne rien rater !

L'instructeur m'indique ce que nous aurons à faire sous l'eau, quels exercices et dans quel ordre. Je suis prête ! Nous allons dans l'eau et il est temps de débuter la plongée... Ou pas. Après quelques mètres sous l'eau je ressens une gêne. J'angoisse. Je ne vois rien et je vais vers l'abime.. Je fais signe à mon instructeur que je dois remonter. Heureusement nous sommes très proches de la surface donc cela ne pose pas de problème. J'explique à mon prof que j'ai du mal lorsque je ne vois rien d'autre que l'eau autour de moi. Il me semble que cela m'avait fait la même chose lors de ma dernière plongée en Thaïlande. Il comprend tout de suite et m'entraine quelques mètres plus loin, plus proche d'un petit récit. Cela fait totalement l'affaire, je vois des roches et je n'ai pas l'impression que je suis en train de couler à pic dans l'immensité de l'océan. Le reste de la plongée de passe super bien, de même que la seconde dans l'après-midi. Sur le bateau l'instructeur me tend de la paperasse et me demande si j'ai commencer à étudier les cours. Alors non pas du tout, je n'ai même pas téléchargé l'application SSI (oui, j'ai pris la license la moins chère). Il m'annonce que je dois faire les cours et rendre le test pour le lendemain. Oh ok, ce sera donc après-midi et soirée révision ! Je suis un peu surprise d'apprendre que je dois répondre au test de mon côté, que je ne serai pas surveillée. Bon après je suis au Vietnam, je ne devrais peut-être pas être surprise à ce propos.

Mon après-midi est donc consacrée aux révisions. Je commence avec en cours en ligne en anglais, je prends des notes. Jusqu'à ce que je réaliser que les termes sont trop spécifiques pour que je puisse comprendre quoique ce soit. Je passe en français et là... ça devient plus simple. J'ai 10 pages de notes sur mon tel, je fais les petites sessions obligatoires sur l'application puis je passe au test papier. Je n'ai aucune idée de la réponse pour certaines questions (c'est un QCM) donc je finis par regarder sur internet, alors que je n'avais pas imaginer tricher jusque là ! Et je réalise que j'aurai pu faire ça depuis le début : ne pas étudier et simplement regarder les réponses en ligne... J'ai perdu une après-midi mais j'ai appris des choses ! Une fois ce test fini (j'espère avoir 100% de bonnes réponses) je vais prendre un banh mi et on boit une bière pour décompresser de mon après-midi studieuse.

Dernière journée de plongée. Je rends mon test, il ne le regarde même pas, j'insiste pour qu'il me donne les résultats plus tard, je sens qu'il n'allait même pas le corriger (il me dit que je suis une "naturelle" et qu'il est certain que j'aurai un bon score. D'accord monsieur mais je veux savoir combien !).

Les deux sites de plongée ne sont pas terribles. Peu de coraux et que des petits poissons. Ils sont très colorés cela dit et on passe dans une grotte sous marine donc c'est plutôt chouette ! Le Vietnam n'est pas réputé pour la plongée donc c'est normal. J'avais fait le choix de passer mon niveau avant l'Indonésie afin de ne pas perdre de temps sur place, je pensais aussi que cela me reviendrait moins cher (c'est en fait des prix équivalents).

Une fois la dernière plongée effectuée me voilà diplômée ! J'ai mon niveau et c'était super facile. Je suis très contente de l'avoir fait. En plus on a pu observer que j'utilisais vraiment très peu d'air. Moins que les instructeurs et les autres touristes. Pourtant je respire ! Mais j'ai tellement peu de stress et je suis si concentrée sur tous les poissons autour de moi que j'oublie le reste. C'est incroyable cette activité. Je suis toujours aussi impressionnée par la possibilité d'admirer ce monde qui nous est normalement si inaccessible...

Nha Trang et ses bons côtés 

L'après-midi, soulagée que ce soit fini et que cela ce soit si bien passé, je me promener de nouveau dans cette étrange ville. Nous allons aussi me chercher un billet de train pour rejoindre ma prochaine étape. J'ai longuement hésité entre deux destinations et j'ai finalement été convaincue par une nana sur le bateau. Ce sera Mui Né afin de faire du kite surf ! Un gars que j'ai rencontré m'avait parlé d'un stage qu'il y ferait à la fin de son séjour en Asie, ça m'a donné envie et c'est un nouveau challenge : je n'ai jamais fait de sport nautique à voile et j'en ai même un peu peur (et si j'étais nulle??). Le soir nous avons un diner avec des russes. C'est super bizarre. Je ne suis pas sensée leur demander ce qu'ils font là et ce qu'ils pensent de la situation actuelle de leur pays mais ça me titille... Je les pense en exil car ils font venir leur chien de Russie, à travers une compagnie qui est obligée de faire passer les animaux par plusieurs pays et ils ne peuvent pas s'y rendre eux-même. Ils sont gentils mais assez bizarres (ce sera mon ressenti pour la majorité des russes rencontrés : on sent qu'ils ont pas du tout la même façon de penser que nous !).

Et je pars le matin en train ! Le trajet n'est pas long et je croise dans le train des nanas rencontrées au Laos lors du trek dans le nord ! L'Asie est un petit monde ?

Prochaine étape : Mui Né pour quelques jours.

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Publié le 21 mai 2023

Mui Né... Je suis arrivée là sans me renseigner plus que ça. Un type me parle de kitesurf, une nana de dunes blanches ou roses et me voilà dans le train. Je n'avais donc aucune idée de comment serait la ville.

L'arrivée est un peu surprenante dans un premier temps. La vendeuse du ticket de train m'avait indiqué la station la plus proche mais je n'avais pas capté que c'était aussi loin. C'est à dire à 45 minutes en voiture. Sachant que je n'ai plus de réseau car ma carte sim bloque lorsque j'utilise trop internet dans la journée. Je trouve un petit groupe de jeunes anglaises avec qui je fais le trajet. Je me fais déposer à mon hostel. Me trompe de rue et arrive finalement à destination ! L'hostel semble vide et plein à la fois. Plein de gens mais personne ne passe du temps sur place apparemment.

Une fois installée je m'empresse de faire le tour des shops de kitesurf. La plupart se trouvent directement sur la plage et je demande les tarifs lorsque c'est possible. J'en repère un, je prends le numéro et je le contacte pendant le diner. Après une bonne négociation (c'est plus facile hors saison), il baisse suffisamment le prix pour que je puisse en faire dès le lendemain matin.

Le lendemain, après quelques déboires avec les distributeurs, je commence enfin le cours. Le début se fait sur le sable, avec un gros self-volant avec seulement deux lignes. Le but est de le maintenir en l'air et d'apprendre à le manier petit à petit. On utilise en repère l'image d'un cadrant. Il faut rester entre 9h et midi et entre midi et 3h. En alternant. L'exercice se fait bien et nous passons sur un vrai kite, quoique petit. Cette-fois je sens que ça tire plus. Mais au bout de quelque temps je m'y fais. EN revanche je fatigue des avant bras. Je ne suis pas bien positionnée, je ne suis pas sensée utiliser mes bras et mes mains tant que cela.

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Publié le 21 mai 2023

Travail « bientôt » en cours

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Travail « bientôt » en cours

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Publié le 21 mai 2023

Travail « bientôt » en cours

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Publié le 21 mai 2023

Travail « bientôt » en cours

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Publié le 21 mai 2023

Travail « bientôt » en cours

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Après un mois en France me voilà repartie… Le départ a été plus simple que prévu, les au revoir plus expéditifs bien que le risque de ne pas rentrer en France ou d’y retourner dans plus longtemps qu’initialement prévu est plus important que lors de mon premier départ.

Ce mois en France m’a fait du bien. Ca m’a permis de me reposer, de prendre soin de moi, de voir mes copains et de très concrètement réaliser qu’il n’y avait rien qui m’attendait dans ce pays. Bien sûr, j’écris cela maintenant et je ne m’engage pas à ne pas revenir, en revanche à l’heure actuelle je ne m’imagine pas y chercher un travail et m’y réinstaller.

Je viens à peine de repartir mais l’état d’esprit est différent : j’ai déjà atteint la moitié du temps que je pense dédier à ce tour du monde. Les responsabilités du vrai monde vont me rattraper petit à petit et il va me falloir penser à la suite assez rapidement. J’ai déjà commencé les démarches (pour ne rien vous cacher j’ai fait une demande de PVT au Canada mais cela peut prendre beaucoup de temps), et je regarde du coin de l’œil les offres d’emploi au Canada et aux Pays-Bas… D’ici quelques semaines / mois il me faudra faire mes candidatures et c’est bien quelque chose que je vais repousser au maximum !

Cela dit, je suis actuellement au Brésil. Je n’avais absolument pas prévu de passer par ce pays lorsque j’ai fait mon premier planning de tour du monde. J’ai pris cette décision en France, sûrement pour que la reprise se fasse plus facilement, car j’y rejoins Marine, une amie d’école qui y est depuis février. Comme j’ai supprimé la partie Africaine du tour (à l’exception de la Tanzanie), cela me laisse plus de temps sur ce continent donc je ne devrais pas avoir à modifier le reste du planning (même si je n’y suis pas complètement attachée).


Ainsi, première étape au Brésil : Rio de Janeiro !

J’ai pris le vol le moins cher possible donc passage par Lisbonne pour arriver au Brésil. Après beaucoup d’heures de vol j’arrive à l’aéroport, il est 5h du matin. J’avais demandé à mon auberge si je pouvais venir plus tôt, au moins déposer mon sac, mais je me doute que je ne pourrais pas accéder à mon lit et qu’il me faudra attendre le check-in. Je traine donc au maximum à l’aéroport afin de ne pas arriver à une heure indécente et finis par commander un Uber. À l’extérieur, il fait bon mais pas trop chaud et le soleil vient de se lever. Les couleurs sont très vives, ça promet pour les futurs levers de soleil que je ferai (si j’ai le courage de me lever tôt!). J’ai un aperçu de la ville dans la voiture, j’ai hâte d’en voir plus. Je cherche le Christ rédempteur sur chaque montagne mais je ne le trouve pas, ce sera pour bientôt !

Arrivée à l’hostel je suis très bien accueillie, on me permet de prendre une douche (qui sera froide car je ne connais pas le système pour chauffer l’eau au Brésil…), je me change et j’attends que le temps passe avant de sortir découvrir la ville.

L’auberge est très calme et mignonne. Il y a un perroquet, un chien, un chat… L’espace cuisine est ouvert sur un petit salon, c’est assez chaleureux. Les gens se réveillent petit à petit et vont se préparer leur petit déjeuner. Je comprends alors qu’au Brésil les voyageurs cuisinent. Ce qui n’était pas du tout le cas en Asie (la nourriture à l’extérieur est si peu chère). Je n’étais pas vraiment dans l’optique de devoir faire des courses et me préparer mes repas… A voir si je peux trouver de la nourriture de rue qui me permettrait d’y échapper (non) !

Je discute avec deux brésiliennes qui sont là pour le week-end. Elles ne parlent pas très bien anglais (très peu de brésiliens parlent anglais il me semble..) mais sont très sympas et nous échangeons nos contacts pour nous retrouver sur la plage plus tard dans la journée.

Je pars en expédition carte SIM, le réceptionniste de l’auberge m’a indiqué un kiosque à proximité dans lequel je peux en acheter une. Je m’y rends mais je n’ai pas l’impression qu’il s’agisse de ce que je recherche exactement et cela me semble très cher par rapport aux prix vus sur internet. Je préfère chercher ailleurs et y revenir si besoin. Je fais plusieurs kiosques, aucun n’en vend. Finalement je décide de me rendre dans la boutique officielle qui n’est pas située très loin. Je marche quelques minutes avant de me retrouver en face d’un tunnel géant. Je ne suis pas sûre de vouloir m’engager là dedans…. Je décide de me rendre dans une autre boutique de l’opérateur.

Comme j’ai le temps et que j’ai téléchargé la carte je me balade avant de m’y rendre. L’hostel est situé à Leme, à une extrémité de la plage de Copacabana. Il y a une très jolie vue sur la plage et les monts environnants. Puis je me rends à Ipanema en suivant la plage. On est dimanche, il y a beaucoup de monde, la route est partiellement rendue piétonne. De nombreux joggers, promeneurs de chiens, des jeunes, des plus vieux, peu de touristes, tout se mélange. Sur la plage de nombreux filets de volley ball, beaucoup de joueurs et là surprise… Les hommes portent des SLIPS de bain ! J’ai rigolé toute la matinée. Imaginez ces hommes bronzés, musclés à l’extrême, qui seraient la représentation de la virilité, s’il n’y avait ce micro bout de maillot de bain qui gâche tout l’effet.

Leme et Copacabana 

A Ipanema je me rends à décathlon que j’avais repéré avant de partir car je n’avais pas trouvé la casquette que je souhaitais. Ce décathlon a pour seul mérite d’exister car il est extrêmement petit en comparaison de ceux que nous avons en France. Évidemment, ils n’ont pas la casquette souhaitée et je repars bredouille. Je me perds un peu dans les ruelles, tout est nouveau et pourtant cette ville ressemble à l’Europe. Lorsque l’on ne voit pas la plage ou les monts on pourrait tout à fait se croire dans une grande ville du Portugal.

Bien sûr, pendant toute ma balade je fais attention à mon téléphone. C’est quelque chose qui a été dit et redit, les vols à l’arrachée sont nombreux, il faut garder ses affaires proche de soi et être en vigilance constante.

Après plusieurs kilomètres de marche je décide de rentrer à l’auberge, éventuellement pour retrouver les filles à la plage (je n’ai toujours pas de carte sim). En fait, j’ai de la chance, elles y sont et s’apprêtent à y retourner. J’enfile rapidement un maillot de bain, prends mes affaires et nous y allons. La plage où nous allons est un peu loin, le soleil se couche tôt donc si nous souhaitons en profiter il nous faut prendre un Uber pour nous y rendre. Une des nanas m’a totalement adoptée, je sens qu’elle a envie de parler anglais. Elle me raconte qu’elle n’est pas très forte en anglais mais qu’elle a récemment rencontré un touriste allemand donc elle souhaite se perfectionner. Elle est très curieuse et je me sens chanceuse de l’avoir rencontrée à mon arrivée.

Une fois déposées à la plage je comprends qu’en fait nous n’allons pas nous baigner, le soleil commence déjà à disparaitre et nous sommes en fait à un endroit très connu pour le coucher de soleil. Très bien ! Ce sera donc mon premier coucher de soleil à Rio en compagnie de deux brésiliennes, ça me va ! Nous commençons par nous installer en bas du point de vue, il y a des centaines de personnes présentes. Par la suite nous allons plus en hauteur et trouvons un spot sur un rocher où il n’y a pas grand monde et d’où nous avons une très bonne vue. Et je comprends pourquoi ce lieu est recommandé par tous les voyageurs : c’est assez incroyable. On voit toute la plage d’Ipanema et, au fond, la Favéla Vidigal. Plus il fait nuit plus les lumières de la favéla sont brillantes, cela fait un très beau contraste. Nous passons une partie de la soirée à nous promener au bord de la plage puis rentrons à l’auberge. Il est 21h je suis épuisée mais une des brésiliennes me propose de venir en soirée baile Funk avec elle. Qu’est-ce que c’est ? Simplement une soirée organisée par les cartels de drogue de chaque Favéla où on écoute de la Funk. Alors dit comme ça, ça peut paraître assez dangereux… Et ça l’est un peu mais seulement quand on a pas de chance. Les touristes y sont pourtant les bienvenus et il est rare qu’il y ait des problèmes. J’hésite à m’y rendre, d’un côté je me dis que c’est une super expérience brésilienne et de l’autre je suis fatiguée, j’ai juste envie d’aller dormir. La brésilienne me propose donc que j’aille faire une sieste, j’ai le temps, on ne s’y rendrait pas avant 1h du matin. OK… Je peux faire ça. Une fois couchée elle m’écrit pour finalement me dire qu’une nana de sa chambre lui a dit que c’était trop dangereux pour une gringa, d’autant plus quelqu’un qui est arrivé le jour même, et qu’elle même devant prendre son bus à 7h du mat n’est plus sûre d’y aller. Je ne m’en formalise pas et profite d’une bonne nuit de sommeil.

Le lendemain c’est de nouveau mission carte sim mais cette fois je m’organise mieux : je prends un Uber pour me rendre au centre commercial comme ça je n’aurais pas à passer le tunnel à pieds. Je trouve directement la boutique et en 10 minutes c’est fait, j’ai une carte sim fonctionnelle. N’ayant rien prévu pour la suite, je me fais déposer au train qui emmène en haut du Christ rédempteur. Le réceptionniste de l’hôtel m’avait indiqué que la petite randonnée pour s’y rendre à pieds débutait là bas. En fait pas du tout. J’hésite donc : je peux soit prendre le train, payer cher, et attendre deux heures pour le créneau disponible, ou reprendre un taxi pour me faire déposer au bon endroit pour la rando… Je choisis de payer le Uber afin de payer moins cher l’entrée de la visite et profiter d’une petite aprèm de marche dans la forêt.

Une fois là bas je découvre un lieu très joli, un grand jardin, avec de beaux arbres et de grands espaces. Malheureusement je ne trouve pas tout de suite le début de la rando et je prends un chemin de traverse…. Sachant que j’étais toute seule, que c’était ma première rando à Rio et mon deuxième jour… Il n’y a personne sur le chemin que l’emprunte et je tombe sur des gouttes de sang. Je suis franchement pas rassurée et j’essaye de cacher au maximum mon portable (dans ma banane, c’est pas évident…) et je me convainc que la personne s’est blessée avec une branche. Finalement j’arrive à rejoindre le chemin principal mais toujours personne… J’avance vite. Je ne cours pas mais presque. Lorsque j’entends des gens derrière moi cela ne me rassure pas plus et j’accélère encore le pas. Je finis par tomber sur des touristes, je me détends enfin et je peux profiter de la rando tranquillement. Elle n’est pas difficile mais il fait chaud. Arrivée en haut pas de vue, si on veut voir la ville et le Christ il faut payer l’entrée. C’est environ 10 euros, ce qui n’est pas donné. Et je déchante un peu lorsque j’y arrive : c’est noir de monde. Les gens prennent des photos de partout, beaucoup de selfies ou de poses, il y a même des hommes à terre pour prendre leurs copines en photo… C’est infernal. Le Christ en lui-même est impressionnant, on se sent tout petit à ses pieds. La vue est assez brouillée, pollution et brume de chaleur j’imagine. Je ne reste pas longtemps et repars par le même chemin qu’à l’aller. Sur la descente je rencontre d’autres touristes, une hollandaise et un Ukrainien, nous papotons jusqu’à l’arrivée. Cette rando était très chouette et en fait complètement sécurisée mais on entend tellement de choses sur l’insécurité au Brésil…

Christo 

Je rentre me reposer un peu puis vais diner (je n’ai pas choisi le lieu et je considère que cela fait partie de mon expérience brésilienne…) au Copacabana Palace (un des meilleurs hotels de la ville). Le plat et la vin y sont excessivement chers mais le lieu est canon et le service excellent, et je suis, évidemment, en très bonne compagnie.

Palaceee 

Le jour suivant est couvert, il pleut un peu, je me rends au fort de Copacabana qui abrite un musée. Ils ont aussi une expo Frida Khalo mais elle est complète. C’est donc un ancien fort qui protégeait la ville, il en existe une petite dizaine dans la baie de Rio. Il est totalement blindé et c’est un vrai labyrinthe. Ils exposent aussi des obus et présentent les salles de contrôle.

Je rentre me changer à l’hostel et rejoins un français et une suisse pour la soirée (il existe un groupe WhatsApp de français à Rio qui permet facilement les rencontres, il faut savoir que dans mon auberge à part les deux filles aucun de parlait anglais, ou en faisait l’effort de, donc difficile pour faire des rencontres).

C’est encore une sacrée experience : le mec est totalement perché, nous ne sommes pas du tout sur la même longueur d’ondes et j’ai beaucoup de mal à le comprendre. Toutes les conversations sont tournées vers lui et ses relations amoureuses, je rentre rincée de ces échanges.

Le lendemain matin je change d’auberge, je me dis que j’aurais peut-être plus de chances de rencontrer des gens ailleurs. J’y dépose mon sac et je me rends dans le quartier « centro » qui est un peu le quartier des affaires. Quartier mal famé le week-end mais très fréquenté en semaine. Il pleut, je n’ai pas mon imper et ce n’est pas très agréable de s’y promener. Je finis par m’abriter dans un musée, le Centro Cultural Banco de Brasil, où je pense pouvoir voir des expos d’art. Au centre d’un grand hall se trouve une statue géante d’une danseuse. Je ne trouve pas tout de suite la billetterie donc lorsque je vois une file se former je ne me pose pas trop de question et y vais aussi. Je suis tout de même un peu surprise de la façon dont cela se passe, je demande à la personne devant moi. Elle m’explique que c’est une file pour une représentation d’art, que c’est gratuit. D’accord, pourquoi pas ! J’attends un certain temps pour récupérer le ticket, puis encore pour l’ouverture des portes… Je n’ai aucune idée de ce que je vais voir. Lorsque je peux finalement entrer dans la salle j’ai la surprise de découvrir que j’ai atterri dans un concert de harpe ! J’y suis, je vais y rester… Ce sera mon premier concert au Brésil, pas ce à quoi je m’attendais. Accompagnant la harpiste se trouve un chanteur / poète français, je ne suis pas dépaysée et sûrement une des seules de la salle à comprendre ce qu’il dit. Après une heure à alterner entre crise de fou rire et admiration je ressors et, vu l’heure, je n’ai pas le temps de faire une vraie exposition. Une française a fait un musée à proximité donc nous nous retrouvons pour visiter le marché couvert. Le marché est plutôt nul, j’espérais voir de l’artisanat alors qu’il s’agit de maillots de bain, téléphones, et accessoires. Nous nous baladons encore un peu puis je rentre à mon hostel m’installer. Je rencontre un argentin avec qui je vais diner. Tout s’enchaîne très rapidement et je n’ai pas le temps de me poser 5 minutes !

Le lendemain je prends mon premier Açaí, j’en choisis un bien noté sur google. Je fais malheureusement le mauvais choix de toppings mais ça me fait plaisir d’en manger un vrai d’ici ! Je vais ensuite visiter un quartier nommé Botafago, qui a un musée qui m’intéresse pas mal. Malheureusement le musée est fermé, à l’exception des jardins. Je n’ai pas de coup de cœur pour ce quartier qui est très résidentiel.

Le matin suivant je retrouve Laura, une française copine de Marine. Nous visitons le jardin botanique de Rio qui a très bonne réputation. C’est divisé en plusieurs parties dont la forêt, la roseraie, les orchidées, les bassins,… Nous passons un très bon moment et voyons même des singes ! Puis nous redescendons à pieds vers Ipanema pour déjeuner. Nous repassons à mon hostel afin que je puisse mettre des baskets car nous prévoyons de faire une rando pour le coucher du soleil. Comme le ciel est couvert nous décidons finalement de nous rendre quand même dans la Favéla Vidigal (qui était le point de départ de la rando) mais pour aller y boire un verre sur un rooftop dans les hauteurs. Pour cela nous prenons des taxis mots en bas de la favéla. C’est ma première expérience en favéla ! Ce n’est pas du tout ce que j’imaginais. En fait, lorsque l’on se trouve sur une grande rue on a juste l’impression d’être dans un quartier classique car tout y est normal : des boutiques, des piétons, des touristes, la police… La pauvreté n’y est pas criante. La montée en moto est assez sport et je m’accroche très très fort… Arrivés en haut on découvre que le bar est payant et assez cher, nous allons boire une bière ailleurs. La vue est incroyable et je me rends enfin compte de ce qu’est une favéla. Je rentre avec eux dans leur hostel et ils me commandent un taxi (il se fait tard, il fait nuit, ils trouvent ça mieux). Le soir, petite faim, et tous les restos sont très chers à proximité, nous allons manger un açaí avant d’aller nous coucher.

Jardin et favela  

Le lendemain matin je pars en mission : il y a un match au Maracana (le stade de foot mythique de Rio) l’après-midi même et je vais essayer de choper des places au club de foot qui y jouera, les Flamengo. Je m’y rends : c’est plein de supporters, ça chante, ça crie, ça achète des maillots de toute part. Il y’ a une file immense, je m’y place et demande si c’est pour acheter. La femme me répond que non, c’est pour retirer les billets et que le match est complet, oh non… Je vais quand même demander au niveau des billets et ils confirment : ils ne vendent plus de places et attention à la revente beaucoup de faux billets sont proposés. J’abandonne ma mission, un peu déçue, et vais me promener autour du lac. Il fait de nouveau beau, c’est très agréable. Je repère un point de vue sur la carte et décide d’y aller avant de rejoindre Laura pour le match que nous allons voir dans un bar. Évidemment, maps n’est pas à jour et la route pour se rendre au point de vue n’est pas celle indiquée. Je fais demi tour et rejoins Laura à notre auberge (nous avons toutes les deux de nouveau changé !). Nous allons au bar en métro. Le match n’est pas terrible (j’y connais rien mais c’était assez mou), c’était cependant sympathique de voir de vrais supporters dans leur « milieu naturel ». Puis nous nous baladons le long de Copacabana en buvant des caipirinhas… jusqu’à ce que j’ai une furieuse envie de faire pipi et que je décide de retourner au Copacabana Palace (où j’ai finalement été deux fois) pour utiliser les toilettes de la piscine. Et bien sachez que l’on peut rentrer dans ces hotels comme dans un moulin ! Il faut juste savoir où aller…

Lorsque je rentre dans ma chambre j’ai le droit à un petit concert de flute de la part d’une nana. Clairement en apprentissage (niveau collège en cours de musique), ce fut très très drôle.

Le jour suivant je vais visiter le quartier de Santa Teresa, le « Montmartre de Rio » donc tout en hauteur avec des shops mignons et plein de bars. Il y a aussi les fameux escaliers en mosaïques. Ceux qui étaient complément bondés, les photos rendent rien du tout. Puis je me suis baladé dans les différentes rues, un peu perdue, j’ai atterri dans un endroit pas hyper engageant, j’ai eu un peu peur toute seule, et finalement j’ai retrouvé la bonne route !

Le soir, posée sur la plage pour observer le coucher de soleil, puis nous sommes allées écouter un concert très chouette tout en observant des brésiliens bourrés danser.

Escalier et coucher de soleil 

Matinée suivante assez calme, après avoir de nouveau changé d’hostel, je suis allée acheter des chaussures de rando à Marine car elle s’est faite voler une des siennes par un chien… Puis moment princesse je me suis faite faire les ongles… L’après-midi je suis allée à l’autre endroit mythique de Rio : le pain de sucre. J’ai préféré faire la rando qui amène jusqu’à la moitié plutôt que de payer le téléphérique. La marche était courte et sympa, aucune difficulté et la vue superbe ! J’imagine que ce doit être encore plus cool de tout là haut mais j’étais déjà très contente.

Vue pain de sucre 

On est déjà lundi (ça fait plus d’une semaine que je suis arrivée !) et le lundi soir le rdv des touristes et des cariocas c’est… Pedra do Sal ! Une place où se vendent des caipis de partout et où des groupes jouent en live. Nous nous y rendons en métro, je fais le gps donc nous nous perdons et nous finissons par prendre un Uber car nous ne savons pas trop où nous sommes et ça n’a pas l’air très safe… Arrivée sur place c’est exactement comme on l’imagine : plein de gens, plein de musique, c’est un super endroit ! Et je suis contente de voir qu’il y a plus de locaux que de touristes.

Sans grande surprise, le lendemain, après un gros petit dej, nous allons à la plage… C’est la première fois que je m’y pose et que je me baigne. L’eau est bonne et ça fait du bien ! J’ai rdv à 14h pour une visite de favéla, je décale au lendemain, j’ai la flemme de bouger… La suisse nous rejoint et nous allons brièvement regarder le coucher du soleil (et manger des churros au Nutella parce que c’est délicieux). Nous allons ensuite nous faire un vrai resto, c’est notre dernier soir à Rio, il faut fêter ça ! Ce sera d’excellentes pizzas au menu !

Pour mon dernier jour, j’ai mon bus à 17h, je fais la visite de la favéla Rocinha, qui est la plus grande d’Amérique du sud. Je retrouve mon guide au métro, il nous fait prendre des taxis motos pour monter dans les hauteurs, nous descendrons ensuite à pieds. Ce fut très intéressant, il vient de là bas et ça se ressent. C’est un passionné et il aime sa « ville ». Il m’achète à manger, à boire, me montre les graffitis, me parle de l’histoire de la favela, de sa gestion actuelle, me montre une des maisons du boss des dealers (la maison avec une terrasse en bois sur le toit et la mini piscine). C’était top !

Rocinha  

Je rentre à l’hostel, achète trois pommes et des gateaux pour le bus (26h de trajet, ça ne suffira clairement pas) et pars en Uber à la gare routière. Direction Itacaré, dans le nord, pour quelques jours !

Pour résumer j’ai beaucoup aimé Rio. Je ne m’attendais à rien et j’ai trouvé ça très chouette. Ce n’est pas le type de ville que j’aime habituellement mais le mélange entre la cité, la mer et les montagne donne un charme certain. On peut tout y faire, il y en a pour tous les gouts ! J’ai aussi rencontré des gens très sympas, entre français, brésiliens, américains, suisses… Cette ville donne un petit aperçu de la culture brésilienne et j’ai hâte d’en découvrir davantage.

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Publié le 31 août 2023

Partie de Rio à 17h j’ai eu le plaisir de faire mon plus long trajet en bus de toute ma vie (pour le moment, le Brésil peut me réserver quelques surprises sur les heures de transport). Le bus est assez confort, rien à voir avec ceux d’Asie mais ils sont définitivement plus grands, plus spacieux et plus propres.

Ce bus est un direct jusqu’à Itabuna (de 17h) puis j’aurai une heure d’attente pour prendre mon second bus (de 8h). Les prochaines 24h j’avèrent longues et fatigantes… Cela dit la grande partie du trajet se fait de nuit donc je ne pense pas subir tant que ça. J’ai la chance que le premier bus soit direct ce qui signifie que nous ne faisons pas d’arrêts pour déposer / récupérer des passagers. Nous avons cependant régulièrement des arrêts. Je m’installe à une place de deux, sors mon drap de soie car il fait frais (les brésiliens ont tous des couvertures) et c’est parti pour une nuit peu confortable.

J’arrive enfin à destination, Itacaré. Il est 20h et il pleut comme jamais. J’ai le choix entre faire le chemin à pieds, environ 20min, ou prendre un taxi… Le choix est vite fait sachant que je n’ai aucune envie d’arriver trempée et qu’on m’attend à l’hostel car la réception ferme à 20h. Je ne comprends rien à ce que le taxi me raconte mais j’arrive bien à destination.

C’est une auberge assez originale : au fond d’un grand jardin, sur des pilotis, tout en hauteur, ronde, on dirait une cabane géante. Le premier étage est pour les parties communes, donc la cuisine et le salon. Tout est ouvert, il n’y a pas de fenêtre. Il y a quelques personnes présentes lorsque j’arrive mais c’est très calme. Les gens parlent doucement ou lisent, sont sur leurs téléphones dans leur coin. Tout est en bois alors il est demandé de laisser les chaussures à l’extérieur, c’est cozy. Le dortoir est aussi original, 7 lits alignés le long des murs ronds. Il n’est pas plein, l’auberge est très calme.

Épuisée par le trajet je vais me coucher directement. Plusieurs personnes sont déjà au lit, comme il pleut beaucoup il n’y a pas de sorties possibles (les brésiliens annulent les concerts / festivités lorsqu’il pleut).

Le matin il pleut encore, j’ai peur que cela dure toute la semaine. Lorsque je me décide enfin à braver la pluie, celle-ci s’arrête. Je me promène alors dans cette petite ville. D’abord passage obligé par la plage (celle où il est possible de se baigner), celle-ci est très différente de Rio. Quelques petits restaurants, des transats, de la musique, sur une trentaine de mètres. Cette plage n’est pas très belle, le risque de pluie est encore très présent, je préfère m’aventurer vers le centre. Je marche au hasard, je ne risque pas de me perdre et normalement la ville ne craint pas. Tous les magasins sont fermés, il n’y a pas grand monde dans la rue, on dirait une ville fantôme. En fait, il n’est pas encore midi, les boutiques vont ouvrir au fur et à mesure dans l’après-midi jusqu’au soir.

La plage port (où les gens ne se baignent pas) et l’auberge avec ses hamacs et ses planches de surf 

Je déambule, mange un de leur pain au fromage, je tombe sur un groupe de salsa dans la rue…

Le lendemain, je pars en expédition à l’opposé de la ville, du côté des plages qui se trouvent à une distance accessible à pieds. C’est un enchaînement de plusieurs plages que l’on peut rejoindre en grimpant sur des rochers. Elles sont toutes un peu différentes, la dernière est la plus grande. C’est l’endroit où l’initiation au surf se fait et où il y a le plus de restaurants.

Itacaré a un point de vue prisé pour le coucher du soleil, je m’y rends en fin d’après-midi. Il y a un groupe de musique qui y joue puis une femme qui fait une représentation avec un cercle de feu. C’est très joli et l’ambiance a l’air conviviale, cependant je commence à m’inquiéter un peu : je n’ai rencontré personne dans l’auberge (parce qu’elle est vide!) et les gens que j’ai croisé dans la journée sont soit des locaux soit des brésiliens. J’ai peur de me trouver un peu seule dans cette ville.

Heureusement, en rentrant diner je croise un français à l’auberge. Celui-ci propose de m’accompagner voir le concert qu’il y aura un peu plus tard, nous y allons aussi avec une brésilienne.

Pour le lendemain, nous prévoyons de faire une grande balade pour voir 4 plages qui se succèdent. Pour cela nous devons prendre un bus pour aller au point de départ puis remonter progressivement. Le trail est noté comme difficile sur google mais c’est totalement accessible, même en tongs. Et les plages sont vraiment très très belles. La dernière en particulier : deux ou trois kilomètres de plage de sable blanc, sans personne, ou presque. C’est magnifique on a la plage pour nous et pas de risque de se faire piquer nos affaires !

Les différentes plages et le coucher du soleil sur la ville 

Le soir de nouveau petit concert, plus marché culinaire, je goûte enfin le couscous local. Il s’agit de gros grains de maïs cuit (une sorte de polenta) qu’ils mettent dans un appareil rond divisé en deux. Une première couche de maïs, puis du fromage (ou de la viande), nouvelle couche de maïs. Ils referment l’appareil, font chauffer le tout et servent dans un bol. C’est compact, assez bourratif, c’est plutôt bon.

Je prends la journée suivante pour me reposer, écrire un peu. L’auberge est très agréable, c’est un endroit idéal pour travailler ou pour lire. Le soir nous allons voir le coucher du soleil et boire des caipirinhas dans un petit bar sur les hauteurs de la plage. Puis nous continuions en ville (qui est très mignonne lorsque tout est ouvert !).

Je dois prendre un bus à 7h, le réveil va être difficile… J’ai 17h de bus à venir pour atteindre Lençois. La journée sera de nouveau longue et éprouvante (surtout en gueule de bois).

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Publié le 10 octobre 2023

Comme prévu, le bus a été une sacrée épreuve. A 23h j’arrive enfin à Lençois ! Il s’agit d’une petite ville située à proximité de la Chapada Diamantina, d’ou se fait le départ de nombreux treks.

Marine vient me chercher au bus, elle travaille encore à la réception d’un hostel tenu par deux français. Nous ne nous étions pas vues depuis plus de 6 mois !

Le premier matin, je vais me promener dans la ville, j’espère aller dans les hauteurs et avoir un point de vue sur la ville et la vallée. Je ne trouve pas la vue en question en revanche je tombe sur un petit chemin de randonnée, la carte indique que cela mène a une rivière. C’est très tranquille, il n’y a personne et c’est dans la fôrêt donc au frais. Après une bonne marche dans la forêt je tombe sur une grande rivière avec des toboggans naturels. Je n’ai pas pris mon maillot de bain mais la proximité de l’eau permet de se rafraîchir. J’ai plein d’énergie, je me sens pousser des ailes, j’ai envie de courir. Au lieu de remonter tranquillement en marchant je me mets à accélérer le rythme pour retourner à l’auberge. En sandales. C’était pas ma meilleure idée mais après une journée entière enfermée dans un bus ça fait un bien fou. De retour nous allons déjeuner dans un self service pas cher de la ville. C’est la première fois que j’en teste un alors que cela m’avait été recommandé. Il s’agit en fait des « cantines » des brésiliens. Plusieurs plats à disposition, dont immanquablement du riz, des pates et des haricots rouges / blanc, ce qui est la base de l’alimentation de tout brésilien. Dans celui-ci il faut commander les protéines à la cuisinière directement. Les prix sont variables d’un endroit à l’autre mais, lorsque le prix est fixe et non pas au poids, c’est entre 15 (pour végétariens) et 30 reals donc 4 et 6 euros.

Lençois et les toboggans  

Après ce déjeuner nous allons à la rivière, par le centre de Lençois, qui ne correspond pas au même spot que ma sortie du matin. L’entrée par ici est soit disant payante, en tout cas pour les touristes. Marine a pris l’habitude de dire qu’elle vit ici et pour ma part je pars du principe que si je souris sans rien dire ils pourront me prendre pour une brésilienne (ce qui m’arrive extrêmement fréquemment).

Nous passons l’après-midi à la rivière, et planifions les jours à venir. Marine doit retravailler quelques jours plus tard, ce qui ne nous donne pas l’opportunité de partir longtemps, ni de faire le trek de 3 jours. Il nous faut trouver une aventure qui soit courte, seulement deux jours, et la plus économique possible. Nous prévoyons une randonnée pour aller dans la vallée de capao qui doit durer six heures. Nous dormirons là-bas, ferons une autre randonnée dans la matinée puis nous reviendrons en bus.

Je passe une nuit de l’enfer : une fille de mon dortoir (qui est seulement féminin, je n’ai pas choisi) a ronflé toute la nuit. J’ai peur d’être de mauvaise humeur et de me fatiguer rapidement mais tant pis, c’était prévu alors on y va !

Ainsi, nous préparons nos sacs pour les deux jours, prenons un bon petit déjeuner à l’auberge puis débutons tranquillement notre randonnée. Celle-ci se fait normalement en six heures, mais c’est sans compter le fait qu’il ait beaucoup plut les jours précédents. Nous allons prendre plus de temps… C’est trempé, ça ruisselle, nos chaussures ne sont pas humides mais pleines d’eau… Cela dit le paysage est très beau. On se fatigue à essayer d’éviter au maximum les grosses flaques dans des chemins étroits. Nous prenons notre pause déjeuner au bord de la rivière, avec les courses achetées la veille au soir. En plus de la fatigue Marine a un problème de chaussures. Les siennes sont neuves. J’ai du lui en acheter à Rio car elle s’était fait voler les siennes par un chien… L’histoire est assez drôle..Pour lui trouver des chaussures à sa taille, ça n’a pas été une mince affaire. Par exemple nous pensions que les tailles de décathlon étaient les mêmes que celles de France. Mais après avoir essayé, par acquis de conscience, je me suis rendue compte qu’elles étaient d’au moins deux tailles au dessous… Cela n’a pas empêché qu’elles soient trop petites mais elle aura quand même pu les porter ! Sachant que c’était la première fois qu’elle les avait aux pieds dont dans une eau boueuse… pas étonnant que ça fasse mal.

Vallée de capao  

On a aussi la surprise de croiser un serpent. Après en avoir parlé longuement, principalement du fait qu’il y avait des espèces très venimeuses voire mortelles au brésil et dans cette région en particulier. Nous n’étions pas particulièrement sur nos gardes mais curieuses et excitées à l’idée d’en croiser (sans vraiment y croire). Je marchais devant, sur un petit sentier, quand j’ai vu le serpent. Pas le temps de réfléchir, je crie et dis à marine de faire marche arrière. On se retrouve à faire demi-tour et à chercher un nouveau chemin. Le coeur battant je décris le serpent à Marine, qui n’a pas eu le temps de l’apercevoir. On ne saura jamais s’il s’agissait d’une espèce dangereuse mais cela nous a bien fait peur et nous avons été très observatrices pour la suite de la randonnée, à sursauter à la moindre branche qui aurait une forme vaguement évocatrice de serpent.

Nous arrivons enfin à Capao, après plus de 20km parcourus. Nous sommes fourbues mais prenons le temps de nous rafraîchir d’une eau fraîche et d’une bière. Puis il nous faut rejoindre notre hostel qui est… loin, à l’extérieur du village. Nous en avons pour environ 30min de marche supplémentaire, dans la nuit. Tout en sachant que nous allons devoir reprendre cette route pour aller diner.

L’auberge est très mignonne, elle se situe au dessus d’un ruisseau et la décoration, bien que sommaire, est plaisante. Nous nous douchons pour enlever la boue puis rebelotte chemin inverse pour trouver une petite pizzeria. Le village est petit et très touristique. Il est clair que tout est fait pour les étrangers. On peut y manger de tout, il y a pas mal de choix de restaurants et des petits bars. C’est mignon mais je ne m’y verrais pas rester trop longtemps.

Après une nuit de repos bien mérité nous quittons une dernière fois notre auberge pour prendre un petit déjeuner. Depuis le réveil nous nous interrogeons sur un moyen de rentrer à Lençois. Nous ne sommes pas sûres des bus ni de l’heure à laquelle ils sont et le bureau qui vend les tickets est fermé dans la matinée. Nous finissons par avoir l’information et pouvons nous diriger vers la cachoeira de Fumaça (chutes de la fumée), qui a une hauteur de 340m. Elle est connue car elle a longtemps été crue la plus haute du Brésil. Elle est nommée ainsi dû à son petit débit d'eau qui est pulvérisé par le vent avant de toucher le sol.

Nous sommes rompues mais cette marche fait du bien. C’est environ 6km (bien que cela donne une impression de beaucoup plus), en plein cagnard, avec aucune végétation pour nous protéger du soleil. Arrivées en haut nous apercevons la cascade, il faut se positionner assez loin pour l’observer car il est vrai que le débit n’est pas bien élevé. Une famille n’est pas très loin de nous, le père joue de la flute. Je m’allonge quelques instants sur une pierre et… m’endors. Après cette petite sieste réparatrice et un goûter (très important!) nous redescendons et allons boire un verre en attendant notre bus. Il nous faudra en fait prendre deux bus, c’est un peu long mais la lune est magnifique. Nous arrivons tard et allons nous coucher, le lendemain Marine travaille et ces deux jours nous ont bien fatiguées !

Fumaca  

Le lendemain je prends un petit déjeuner tranquillement, je prends mon temps. Je vais me balader dans le village (je suis à la recherche de tongs et d’un hamac avec moustiquaire ; je ne trouve ni l’un ni l’autre). Je vais à la rivière, je me prends un goûter, je fais des courses. Le soir Marine souhaite me montrer les bars qu’elle a fréquenté ces derniers mois donc nous sortons… Les lieux étant soit fermés soit fermant tôt, nous nous retrouvons dans un bar de rue. Un bar de rue qui n’a pas de glace pour faire les caïpi. En toute honnêteté, je déconseille : c’est de l’alcool pur et c’est imbuvable !

Le lendemain, suite à un excès de caïpi sans glace, c’est journée gros repos. Je pars tout de même à la recherche d’avocat car j’ai très envie d’en manger mais rien n’y fait, le seul que je trouve après avoir fait le tour des supérette de la ville n’est pas mûr.

Nous avons prévu de partir le jour d’après pour un trek de 3 jours dans la vallée Diamantina. Nous avons booké avec l’hostel dans lequel nous sommes (Marine a un prix privilégié car elle y travaille) et partirons avec deux guides et 5 autres personnes. Le groupe est donc composé de : un couple de brésiliennes, un couple de français, un jeune français et nous, donc 5 français au total. Le couple de français semble peu à l’aise en rando. Nous faisons une bonne heure de route en jeep, faisons une pause pour retirer de l’argent, puis de nouveau une bonne heure de route. Arrivés à destination nous répartissons la nourriture dans les sacs de chacun et entamons la marche. Nous pouvons voir la falaise se dresser devant nous, à l’aventure !

Le groupe ne va pas trop vite, nous avons un rythme correct. Jusqu’à ce que nous nous apercevions que le couple de français est à la traine et qu’il va nous falloir faire des pauses régulières pour les attendre. Le temps n’est pas top, j’ai oublié de prendre mon imperméable et je commence à bien regretter. Finalement nous n’aurons pas de vraie pluie. C’est très brumeux, la vue n’est pas dégagée cela donne un effet un peu magique, on ne voit pas à perte de vue mais on se rend très bien compte de l’immensité du lieu. Nous traversons des paysages très différents en une journée, et nous amusons bien. Les brésiliennes sont un peu sur la reserve (une seule des deux parle anglais), le couple ne nous parle pas, mais le français est de bonne compagnie. Nous passons par des cascades (je ne me baigne pas, trop froid), par la forêt, par des plaines… C’est vraiment très chouette et je comprends l’engouement qu’il y a pour cette région.

En fin d’après-midi nous arrivons à l’auberge dans laquelle nous resterons les deux prochaines nuits. Nous avons la chance de ne pas partager notre dortoir, nous sommes seulement 3 (les couples ayant leur chambre privée).

1er jour  

Le repas est préparé par les guides pendant que nous nous reposons ou jouons aux cartes. Les brésiliennes nous apprennent un jeu et nous tentons de leur en apprendre un aussi. Lorsque le repas est servi nous hallucinons : c’est gargantuesque ! Les personnes rencontrées qui m’avaient recommandé ce trek avaient bien précisé que la nourriture était très bonne mais je n’imaginais pas ça. Nous avons 5 ou 6 différents plats, dont seulement un seul composé de viande (je me sens chanceuse!) et tout est très bon. Nous nous servons, puis nous reservons, puis de nouveau… Il ne reste pas grand chose de ce premier repas et nous sommes tous prêts à rouler dans nos lits.

Le lendemain, rebelotte pour le petit déjeuner, trop de choix alors que je n’ai pas enfin fini de digérer le diner de la veille ! Mais on ne refuse pas de la nourriture…. La journée est très agréable, le ciel s’est dégagé et l’ambiance s’est aussi réchauffée entre nous. Nous commençons à faire connaissance avec les brésiliennes et d’autant plus avec le français. L’objectif de la journée est d’atteindre un point de vue où nous prendrons le déjeuner. Pour cela nous devons passer par une sorte de cave puis escalader un peu. Le français en couple a le vertige et ne nous permet pas d’installer le camp là où c’était originellement prévu. Nous redescendons pour nous mettre à son niveau mais avant nous prenons quelques photos…

2ème jour 

Le soir, sur la route de l’auberge, c’est baignade dans la rivière puis temps calme. Pendant que je lis dans un hamac Marine fait un gros dodo dans la chambre. Lorsque je reviens notre ami français rentre aussi, ce qui reveille Marine, qui accepte de nous faire la lecture des dernières pages du livre qu’elle est en train de terminer (pour les enfants que nous sommes).

Le repas est de nouveau très copieux mais celle fois ci je n’essaye de ne pas manger autant que la veille afin de mieux dormir. Le matin nous devons préparer toutes nos affaires car c’est notre dernière journée. Nous avons environ 20km devant nous. Et ce ne sont pas des kilomètres faciles car le soleil s’est enfin montré et il fait une chaleur accablante. Le couple de français subit plus que les autres et ils ont de plus en plus de mal à suivre. De notre côté tout va bien, les guides ont l’air de vouloir tracer afin d’atteindre le lieu de pique nique le plus rapidement possible pour nous laisser le temps de nos baigner dans l’après-midi. lls nous emmènent voir deux points de vue absolument magnifiques et nous repartons, avec nos milliers de photos.

Sur le chemin retour l’ambiance est bon enfant, nous apprenons à la française qui parle anglais quelques mots de français (tels que Alice ça glisse…) et elle nous en apprend aussi en portugais (j’ai oublié mais j’ai tout noté !). Nous sommes contents d’atteindre la Jeep qui nous attend. C’est sans compter les heures de trajet pour rentrer à Lençois.

Comme le français prend le bus de 23h le soir même nous partageons un dernier diner avec lui puis allons nous coucher, fatiguées mais satisfaites de ces derniers jours passés en bonne compagnie !

Le lendemain nous nous renseignons pour prendre le bus du soir mais celui-ci est plein, nous partions donc matin suivant. Nous profitons de cette dernière journée à Lençois pour déjeuner de nouveau dans le self-service du premier jour, aller à la rivière et diner avec les deux brésiliennes.

Lençois / Chapada Diamantina fut une petite parenthèse de nature, de verdure, de beaux paysages qui m’a beaucoup plu !


3ème jour 
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Canoa… Comment expliquer Canoa.

C’est une petite ville, un village plutôt, au bord de l’eau. C’est une vie tranquille. C’est des falaises de couleur ocre. C’est du sable dans les rues, du parapente et du kitesurf. C’est un paradis. Canoa c’est un mois de bonheur inexplicable. Canoa c’est la félicitée même. Canoa c’est mon cœur qui est prêt à exploser. Canoa, c’est laisser tomber toutes les attentes et recevoir tout en retour. Canoa, c’est se sentir accueillie, même lorsqu’on ne peut pas parler. C’est rencontrer des gens formidables et c’est se sentir vivante. C’est redécouvrir que notre entourage a un impact sur nous, que si nos amis sont heureux, alors nous sommes heureux ; que si nos amis sont pleins de bonnes ondes, alors nous aussi. C’est savoir s’entourer de bonnes personnes.

Canoa  

Canoa, c’est arriver par hasard dans un bar en plein après-midi pour déjeuner et trouver cette personne qui vous fera sourire pendant tout un mois.

Canoa c’est le destin. Canoa c’est la manifestation de ce que je souhaitais au Brésil.

Alors que s’est-il passé réellement ? Tellement de choses… Ce fut un mois de découvertes et d’activités en tout genre.

C’est arriver un vendredi soir dans une auberge vide, n’avoir aucune idée de quoi faire le lendemain. Le samedi, décider de se balader dans la ville, découvrir la plage, c’est hésiter entre toutes les cabanes-restaurant de bord de plage pour déjeuner et finalement aller à celle du fond, sans raison, parce qu’elle semble plus grande, plus accueillante. C’est attendre longtemps parce qu’il ne faut pas être pressé au Brésil et pendant tout ce temps regarder autour de soit, regarder les passants et... tomber sur cette fille. Cette fille qu’on a déjà vue. Qu’on connaît, on l’a déjà rencontrée cette nana, à Pipa. D’ailleurs peut-être qu’on l’aimait pas trop, sans beaucoup lui avoir parlé, parce qu’elle était amie avec une brésilienne plutôt détestable. On s’était dit que cette fille on lui parlerai pas plus que ça et finalement elle est là, elle commande une noix de coco. Elle est accompagnée, elle prend sa noix de coco et regarde l’horizon. Elle me regarde sans me voir. J’ai un doute. Il me semble bien que c’est elle, je tente ma chance et l’appelle par son prénom. Heureusement, je m’en souviens car elles étaient trois à avoir ce prénom dans l’auberge à Pipa. « Julia ! » je dois m’y reprendre à deux fois pour qu’elle m’entende mais elle finit par se tourner et vient vers moi. Je lui explique que l’on s’est rencontrées à Pipa, elle est confuse : elle ne se souvient pas. Mais ce n’est pas grave, elle s’assoit à ma table et on discute un moment. Elle adore Canoa, c’est rassurant. Elle est en train de faire son premier cours de Kite. Ils ont fait une pause noix de coco. Je dis bonjour à son compagnon et elle repart pour le cours mais pas avant que l’on se soit échangé nos numéros. En fait son prénom c’est Giulia. Elle est super enjouée et a l’air de vouloir que l’on se revoit plus tard. Je ne sais pas si ce sera vraiment le cas mais je verrai bien ! Je retourne à la plage et je profite de mon après-midi. Le soir, j’ai un message de Giulia. Elle me propose de la rejoindre dans un bar sur la plage. OK, pourquoi pas, j’y vais. Je suis un peu anxieuse en arrivant car j’ai toujours peur de galérer à trouver la personne et d’errer seule dans un bar. Mais non, en arrivant, le bar est assez vide, les gens dansent le reggae, c’est bonne ambiance et Guilia est en plein milieu, on ne peut pas la rater. A peine entrée je suis présentée à toute la bande. C’est une petite dizaine de mecs, tous kitesurfers. Je ne parle pas portugais alors je souris et je danse. Guilia me présente comme son amie française. C’est amusant cette notion d’amis parce qu’on ne se connaît pas, on vient de se rencontrer. Mais d’accord, faisons comme ça, soyons amies.

L’expérience Canoa a commencé.

Qu’est-ce que j’ai fait à Canoa ? En fait la question ce serait plutôt qu’est-ce que je n’ai pas fait ? Parce qu’on fait tout à Canoa : on fait du parapente, on fait du kitesurf, on fait du surf, on fait du cheval, on fait du bateau, on se baigne dans des lagons, on marche, on danse, on rit, on pleure, on s’embrasse, on vit.

Excursion.  

On rencontre des gens formidables, des gens qui nous prennent sous leur ailes, des gens qui se préoccupent de nous, qui veulent tout nous faire découvrir, qui veulent qu’on soit aussi heureux qu’eux. Qu'on découvre comment ils vivent et comment est la vraie vie du Brésil. Parce qu’on passe notre temps avec des locaux, avec des natifs, parce qu’on est ancré dans leur quotidien. Cette vie qu’on trouve extraordinaire, facile, simple, accessible, tranquille, calme, mais aussi très excitante, revigorante même. Et bien c’est leur vie de tous les jours. Et pendant un mois nous nous fondons dans ce quotidien. Nous essayons d’en comprendre les tenants et les aboutissants, nous essayons de comprendre les liens entre chacun, d’interpréter les amitiés, d’entrer dans leur cœur. Mais c’est chose impossible. Ces personnes, ces hommes sont trop habitués à voir des gens, les touristes, entrer et sortir de leur vie. Au final nous ne sommes rien ni personne pour eux. Car bientôt nous ne seront qu’une lointain souvenir, remplacées par de nouvelles touristes avec qui ils feront exactement les mêmes choses. Mais ce n’est pas grave non plus car nous aurons nos souvenirs. Nous aurons les sensations. Nous aurons l’amour ressenti pendant ce court mois et ça nous suffira. Ces hommes ils ne parlent pas. Ils ont l’air heureux, est-ce qu’ils le sont vraiment ? On se pose la question. Si ce n’est pas le cas on ne peut rien y faire. Surtout moi. Je ne parle pas ; je ne parle pas portugais, mon espagnol est limité et ils ne parlent pas anglais, encore moins français. Est-ce que j’aurais pu mieux communiquer avec eux si j’avais pu leur parler franchement ? Sûrement. Mais au final c’est peut-être mieux ainsi parce que si j’avais pu leur parler, je ne serais peut-être jamais repartie.

Oui ils ont l’air heureux, c’est vrai ils font les choses qu’ils aiment… Ils kitent tous les jours, ils font la fête, ils font des barbecues. Mais ça cache bien plus. Au détour d’une conversation, souvent alcoolisée, on se rend compte que ce n’est pas aussi facile. Qu’ils ont des personnalités complexes. Qu'au-delà de ces muscles, de ces physiques de parfaits brésiliens il y a plus. On rentre dans ce quotidien et c’est si différent. Leur habitat est simple, ça surprend mais ça ne choque pas. C’est cette maison qui a des rideaux pour séparer les différentes pièces en guise de portes. C’est tellement différent de chez moi. Ça permet de relativiser, d’être plus humble aussi. Ça remet les pieds sur terre. C’est ça aussi ce qu’ils apportent ces garçons. Un sens de la réalité. Une idée du bonheur, que ce bonheur peut être simplifié. Alors bien sûr eux aussi veulent plus, mais c’est quoi plus ? C’est un nouveau kite, c’est du matériel plus performant… C’est pour leur passion, pour leur travail…

C’est un groupe très disparate. On ne sait pas bien qui est vraiment ami avec qui mais ils passent beaucoup de temps ensemble. C’est à dire qu’ils kitent et qu’ils boivent en groupe.

Il y a celui qui trouve tout parfait, qui est passionné par le sport en général et qui fait toutes les compétitions. Il ne sort pas, ou très peu, il ne boit pas, ou très peu. Il pose plein de questions, il observe beaucoup et il fait attention aux autres.

Il y a le petit jeune qui fait des folies en kite, qui sourit et rigole tout le temps. On dirait que la vie n’a pas d’incidence sur lui. Il ne se pose pas de questions, il n’y a pas de conséquences, il profite.

Il y a celui qui est apparu deux semaines après mon arrivée, qui est posé, calme, qui se prend en main. Il a des projets, il sait ce qu’il veut. Il lit aussi, il est intelligent et très beau, et, bien sûr, je ne le comprends pas.

Il y a celui qui boit un peu trop, qui cache un certain mal être mais qui se montre jovial en toute circonstance. Il est très généreux, il partage.

Ils ont tous une belle personnalité et un bon cœur.

Parfois on a envie de leur faire des gros câlins, on a envie de leur dire que ça va aller, on a envie de leur dire qu’on est là pour eux même si au fond on sait qu’ils ne veulent pas notre aide et quelle aide pouvons-nous bien leur apporter ? Parce que ce sont des hommes et les hommes d’ici n’ont pas besoin d’aide, ils ne parlent pas de leurs sentiments, ils ne parlent pas quand ils sont tristes, ils ne parlent pas quand ils ne peuvent pas avoir d’enfants et ils ne parlent pas non plus lorsqu’ils perdent un parent. Pour gérer leurs sentiments, que font-ils ? Ils boivent ou ils disparaissent et réapparaissent lorsqu'ils sont de nouveau en mesure de faire face.

Happy me 

Nous serons vite oubliées, mais je crois que nous avons apporté un peu de joie. Grâce à notre présence peut-être. Ce n’est pas grand-chose, c’est préparer un dîner végétarien alors qu’ils ne mangent jamais végétarien. C’est leur faire tester le guacamole ou le Spritz. C’est rigoler parce qu’on comprend rien à ce qu’ils racontent. C’est passé son temps à sourire parce que c’est tout ce qu’on sait faire maintenant. C’est être reconnaissant de tout ce qu’ils nous ont donné et tenter tant bien que mal de leur faire comprendre.

Canoa, c’était la spontanéité. C’était ne pas savoir ce qu’on allait faire dans la journée. Mais être sûre qu’une nouvelle aventure nous attendait. C’était aller sur la plage pour bronzer avec Giulia et se faire proposer par un copain trois minutes plus tard de faire un tour en bateau. C’est, au détour d’une conversation, alors qu’on nous demande si on aime les chevaux, se voir proposer de faire une balade à cheval dans la semaine. C’est partir le matin pour une compétition de bateau et finir le soir à danser comme des folles dans le bar du coin et c’est décider d’aller se baigner dans l’océan tout en parlant d’amour après quelques verres, un soir de pleine lune. C’est partir le matin pour une sortie en buggy afin d’aller faire du Kite sur un spot sans vagues et passer l’après-midi à faire des jeux de plage parce que le vent n’est pas bon et qu’on ne peut pas kiter. C’est sortir dans le bar du coin, Caverna, ne pas dormir, le matin à 7h aller à la tapiocaria du coin, encore alcoolisée, et dessiner sur les gens puis prendre le scooter (pas moi qui conduis ne vous inquiétez pas), aller chercher mon maillot de bain et se baigner. Tout ça avant 9h du matin.

Un jour normal à Canoa 

Canoa, c’est aussi beaucoup d’introspection, c’est se questionner avec Giulia pour savoir ce qu’on veut faire. Où est-ce qu’on en est et qu’est-ce qu’on veut en fait. Est-ce qu’il faut continuer le voyage ou rentrer peut-être ? Qu’est-ce qu’on veut dans la vie ? Qu’est-ce qu’on cherche en voyageant ? Est-ce que l’amour est le but de la vie ? Et l’amour de soi on en fait quoi ?

En tout cas on a trouvé l’amour à Canoa, c’est sûr. Pas sous la forme qu’on attendait ou du moins pas sous la forme qu’on imaginait. Mais on a eu plein d’amour, qu’on ressent parce qu’on est en symbiose, parce qu’on a les mêmes envies, la même énergie aussi, parce qu’on s’entraîne vers le haut. Parce qu’on a trouvé des vrais amis.

Les beautés  

Est-ce que ces gens se rendent-ils compte de ce qu’ils nous apportent ? J’en doute.

On a 1 million de bons souvenirs, plein de photos, plein de sourires et le départ a été un peu difficile. On est parties à deux avec Giulia. Il était temps. On sentait qu’on avait pris tout ce qu’on pouvait et que rester plus longtemps ne nous aurait pas fait du bien. Alors on est parties le cœur et la gorge serrés, mais bien dans nos peaux, ensemble.

Canoa fut une bulle de bonheur, un endroit magique, rempli de locaux incroyables et je remercie le destin de m’y avoir conduite.

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Publié le 17 février 2024

Cumbuco… Encore une ambiance différente !

Après quelques jours avec Giulia à découvrir la ville (qui est plus petite que Canoa, ce à quoi je ne m’attendais pas), et à faire des leçons de kite sur le même principe que les cours de Canoa : un peu à l’arrache ; je me retrouve seule. Ça fait des mois que je n’ai pas été seule. Après Pipa, après Canoa, Giulia rentre en Italie et je reste à Cumbuco.

Les kites sur la plage de Cumbuco et à l’Indiana (avec le chat!) 

Cumbuco c’est une rue et demie, c’est des petites boutiques pas terribles et une dizaine de restaurants (que je vais finir par connaître par coeur).

Et Cumbuco c’est deux hostels. Le premier, le Up2hostel, dans lequel je suis restée une semaine et l’Indiana Hostel, dans lequel je suis restée, surprise!, plus d’un mois… Up2hostel est situé assez loin du centre et est complètement vide. Cela me permet de me poser, de réfléchir à ce que je souhaite faire par la suite, d’écrire ce que je viens de vivre à Canoa.

Et un jour je rencontre Elizabeth. Elizabeth est dans mon dortoir, nous sommes trois, et elle aime parler. Mais elle ne parle que portugais. Et je ne parle pas portugais. Ou peut-être que si ? Après quelques échanges avec elle (Elizabeth est assez intrusive et démarrer une conversation au saut du lit en portugais ne lui pose aucun souci), je me rends compte que je commence à baragouiner en portugais. Je comprends presque tout et j’arrive à faire des phrases assez simples ! Enfin, après 4 mois au Brésil, j’ai emmagasiné suffisamment pour être en mesure d’échanger en portugais.

Elizabeth veut faire plein de choses, elle est très volontaire et me sort un peu de ma léthargie. Je l’aide dans sa relation amoureuse (pas parce que je sais de quoi je parle mais bien parce qu’elle n’y connaît absolument rien) et elle me force à profiter de Cumbuco.

Elizabeth et moi, premier jour 

Nous finissons par nous rendre ensemble dans la seconde auberge. Elle, parce qu’elle avait déjà réservé pour une semaine et moi parce que j’ai lu que l’auberge avait une école de kite assez réputée, avec des profs compétents et dont les prix sont relativement compétitifs. C’est ainsi que nous nous retrouvons à deux dans un dortoir de 8, le dortoir des pauvres, celui qui est au rez-de-chaussée et qui n’a pas d’air (ce sera ma chambre pour le mois à venir).

L’Indiana Hostel est une auberge de Kitesurfers. Ils respirent kite, mangent kite, dorment kite. Les sujets de conversation tournent tous autour du kite, la seule activité est le kite. Tout le monde a son matériel. Ne pas faire de kite est perçu comme étrange, car qu’y a t-il à faire à Cumbuco à part du kite ? (La réponse : rien).

Dans les premiers temps je reste beaucoup avec Elizabeth. Celle-ci ne parlant pas anglais ni espagnol (l’auberge est tenue par des argentins), et la clientèle étant exclusivement composée de touristes européens, elle a du mal à s’intégrer. Ce qui me met aussi un peu à l’écart mais cela me va, je ne suis pas d’humeur à rencontrer de nouvelles personnes. Nous sortons tout de même avec tout le monde le vendredi soir. Car le vendredi à l’Indiana c’est grosse soirée. Je retrouve des volontaires de la première auberge et des personnes rencontrées la semaine précédente.

A Cumbuco, les soirées se déroulent souvent de la même manière : verres à l’Indiana puis nous allons dans une rue au bord de la plage, « l’inferno » où les bars s’enchaînent, où les gens boivent et dansent directement dans la rue. Chaque bar a sa musique et c’est un gros bordel.

Et ce soir là, c’est le drame… Sur le retour, vers 4h du matin, j’ai la brillante idée de caresser un chien. Ce qui aurait pu bien se passer : les chiens sont relativement mignons au Brésil, beaucoup sont errants mais ils sont en bonne santé et non agressifs. C’était sans compter sur CE chien, sur LE chien qu’il ne fallait pas toucher. C’est le mâle alpha, c’est le chef du gang des chiens de Cumbuco. C’est le mâle qui roule des mécaniques et qui domine tous les autres chiens. Mais je ne sais pas, ce soir (matin?) là, j’ai dû trouver que c’était un joli chien. Erreur. Le chien me saute sur les genoux et me mord à la main. Je recule rapidement et rentre d’un pas rapide à l’auberge, qui se situe à quelques dizaines de mètres, accompagnée d’un copain. S'ensuit une étape de désinfection et de bandage, un peu alcoolisée. Puis gros dodo.

Le lendemain, tout le monde est au courant de ma mésaventure et je dois raconter mon histoire plusieurs fois. Je n’avais pas vraiment réfléchi à la situation mais je prends vite conscience qu’il n’est pas raisonnable de ne rien faire. J’avais fait deux injections de vaccin contre la rage avant de partir mais la procédure à suivre est d’en faire deux supplémentaires en cas de morsure.

A l’hopitaaaaal  

Et la démarre une nouvelle aventure… Plusieurs visites d’hôpitaux, plusieurs trajets en taxis, toujours accompagnée d’Elizabeth qui explique patiemment la situation aux soignants et qui me fait la traduction dans un portugais sans masque et sans accent. C’est un dimanche, les hôpitaux n’ont pas tous les vaccins disponibles, il me faudra aller dans un centre de vaccination le lendemain…

Tout ça est très éprouvant car ça m’est tombé dessus et que la gestion des rdv, des vaccins et du regard des autres n’est pas évident. De plus, pendant tout ce temps je me sens bloquée à Cumbuco, j’avais eu l’intention de faire 10h de cours de kite puis d’aller dans le nord mais je ne peux rien faire. Je ne fais pas de kite car les vaccins me font mal au bras et je me sens très fatiguée. Donc je ne fais pas grand chose de mes journées, ce qui n’aide pas à se sentir bien dans cet hostel.

Puis les jours passent, je me remets au kite et, une fois Elizabeth partie, je fais plus ample connaissance avec les autres clients de l’auberge. Et je commence à apprécier ce lieu !

C’est simple… Un mois plus tard j’y suis encore. J’y passerai même Noël et le nouvel an.


Alors en quoi consistait cette vie à Cumbuco ?

C’est assez tranquille, on s’y fait vite des habitudes, et surtout, on s’y fait des amis. Les journées passent doucement, en fonction des cours de kite et du vent. S' il y a du vent le matin je me repose l’après-midi et inversement. Parfois la session est prévue le matin et finalement le vent n’arrive pas, on attend, on attend, et le cours a lieu à 14h, avec la marée montante (donc avec les VAGUES).

Toujours pas le niveau d’instructrice ahah  

Ma prof est extrêmement professionnelle et attentionnée… elle parle anglais ! C’est une première pour moi, je comprends tout ce qu’elle raconte !! La première session est catastrophique, il faut que je me réhabitue à tout : au matériel, aux vagues, au vent, à la prof. Je sens dans son regard qu’elle ne me croit pas quand je lui dis le nombre d’heures effectuées précédemment (ou alors elle pense que je suis vraiment une grosse quiche). Puis le cours d’après ça n’a plus rien à voir j’ai l’impression de déjà progresser !

Après l’incident du chien je suis forcée de prendre une pause et je sens, à la reprise, que mes progrès sont un peu moins marqués. Puis, au détour d’une conversation, j’apprends qu’il est possible d’avoir un suivi radio : ça veut dire que je vais avoir un talkie walkie accroché à mon casque et que ma prof en aura un autre de son côté ; elle seule sera en mesure de me parler, je ne pourrai qu’écouter.

Ça fait tout de suite une différence ! Je progresse rapidement et prends confiance en moi. Au fur et à mesure ma prof arrête même de me parler pour me laisser en toute indépendance (car dès qu’elle me félicite, c’est systématique, je tombe tout de suite après).

Puis le vent tombe, c’est la fin de la saison, et pendant une semaine ça devient difficile de kiter, à moins d’utiliser une grande voile, ce que je ne souhaite pas (beaucoup moins réactif donc moins agréable).

Après cette semaine de repos forcé, et parce que j’ai déjà fait bien plus que mes 10 heures initialement prévues, je décide de demander à louer le kite pour la journée. Ça me reviendrait moins cher, je pourrais faire plusieurs sessions et je ne serais alors pas dépendante des disponibilités de ma prof. Pour louer le matériel sans supervision il faut être totalement indépendant avec sa voile et sa planche, ce dont je me sens relativement capable de faire.

En revanche, le gérant de l’école n’est pas très chaud… Il me dit que je n’ai pas fait de kite depuis quelques jours, qu’il n’est pas sûr, il va demander confirmation à ma prof. Celle-ci donne son accord, j’irai donc, sous la surveillance du patron, installer mon matériel et rider sous son œil vigilant dans les premiers temps pour qu’il confirme que je suis bien apte à rider seule. Grande désillusion… Ce type me met globalement mal à l’aise (il a le physique parfait et l’autorité du grand chef, je suis très déstabilisée en sa présence j’ai l’impression d’avoir de nouveau 15 ans). Ça ne rate pas : je panique, je fais n’importe quoi, je perds ma planche, au lieu de la récupérer je retourne sur le sable en la laissant dans l’eau. Il m’engueule car je ne pose pas le kite comme il voudrait, il me parle mal, je suis à deux doigts de pleurer, nous n’arrivons pas à communiquer, tout va mal. Je rentre à l’auberge super frustrée, je pars nager pour évacuer, en partie, mon énervement, puis je boude le reste de la journée dans un restaurant sur la plage.

Mon absence ne passe pas inaperçue, mes copains ne comprennent pas pourquoi je ne suis pas à l’auberge (je fais déjà partie des murs), ils savent qu’il s’est passé quelque chose avec le prof de kite mais ils n’ont pas de détails, ils ont simplement vu mon regard furieux quand je suis brièvement rentrée chercher mes affaires après l’incident.

Et ce moment marque un certain tournant dans ma vie à Cumbuco parce que lorsque je rentre, je me sens très entourée et soutenue par les copains. Ils savent que le gérant de l’école peut être bourru, qu’il n’est pas patient et qu’il ne fait pas d’effort. Je peux alors compter sur ces nouveaux amis et le reste du séjour, qui se déroule presque exclusivement à l’Indiana, est plus serein.


Tous les mardis l’auberge offre des cours de Forro, danse brésilienne. J’apprends donc à danser le forro ! C’est au dernier cours que je comprendrais enfin comment fonctionne cette danse, après de nombreux cours à me faire rabrouer par des « écoute la musique » « suis le rythme ». Pourquoi les gens ne comprennent-ils pas que ce n’est pas que je ne VEUX pas, mais que je ne PEUX pas ?! Sauf avec le dernier partenaire, qui prend le temps de m’expliquer les pas en détail et qui SAIT danser. En fait il suffisait d’avoir le bon partenaire de danse…


Je dois partir pour la Colombie pour Noël mais cela ne se passe finalement pas. Je décide de rester à l’Indiana. C’est un lieu que je connais et je suis avec les copains, c’est plus confortable que de débarquer dans un nouveau lieu avec des inconnus (à l’origine, il y a de nombreux mois, je pensais que je serais en Patagonie pour Noël !). Ce n’est pas mon meilleur Noel. C’est la première fois que je suis loin de ma famille, de ma manounette et de ma sœur. Je décide de prendre la soirée comme une simple soirée, mais ce sera une soirée au vin !

Açaí, diner de gnocchis, chat, copains, Noel au chaud  

C’est un noel particulier car c’est loin d’être un Noël traditionnel. Les argentins ne font pas une belle dinde mais… UN BARBECUE ! Ce qui est assez infernal pour moi car 1/ je suis végétarienne 2/ c’est tellement éloigné de ce que je connais. Il fait 30 degrés, on installe une table de 40 autour de la piscine et le barbecue est à la charge du gérant de l’école de kite. Comme je tiens à mes petits apéros je cuisine du tsatsiki, du guacamole et des piadinas. D’autres préparent des plats végétariens et la soirée se passe !

J’hésite de nouveau à rester ou à aller en Colombie pour le nouvel an mais je me laisse entraîner… C’est une soirée éléctro et cela fait TRÈS longtemps que je n’en ai pas fait ! Aucun regret, c’est ma meilleure soirée de 2023 et, qui sait, de 2024. Après un dîner où tout le monde a cuisiné (j’ai fait des lasagnes végé), un passage sur la plage à minuit pour regarder les feux d’artifices (tout pourris, super déçue, en plus nous n’avons pas fait de décompte), nous arrivons à la soirée, où nous resterons jusqu’à 6h du mat. Puis retour à pieds, après un incroyable orage de 4h30 à 5h30. Nous faisons notre première baignade sur le retour et tout le monde au lit. Le lendemain, c’est grignotage des restes de la veille (super degueu car suite à de nombreuses coupures d'électricité les frigos n’ont pas beaucoup fonctionné pendant la nuit), visionnage de films, organisation sur la terrasse de tous les matelas pour rester tous ensemble.

Copains, copains, de 19 à 31 ans 

Quelques jours plus tard et il est temps de partir… L’achat du billet a été difficile car cela signifiait la fin du Brésil. Accepter que le Brésil se terminera sur cette note, sur cette ville, avec ces gens. Ma dernière soirée n’est pas terrible, l’ambiance est étrange, tout le monde fait la gueule et ce n’est pas du tout un moment de fête. On est tous un peu tendus, ronchons, clairement pas contents. On vient de passer quelques semaines ensemble et c’est difficile de dire au revoir, encore.

J’ai prévu d’arriver à Medellin et, avant l’arrivée de Léna qui m’y retrouvera pour deux semaines, j’aurai une chambre privée (ça c’est sans compter sur les imprévus ahah).


Alors, pour résumer, qu’est-ce que c’était Cumbuco ?

Des copains, du kite, des caipirinhas, des chiens, des vaccins, des restaurants dont on connaît le menu par cœur, des séances de méditation, des açaís, un chat qui mange beaucoup, un loup garou fait maison, des couchers de soleil sur les dunes, de la musique H24, de longues marches, des lagons, l’apprentissage du portugais et l’oubli de l’espagnol, de la natation, de la lecture, des hamacs, des hauts et des bas, des larmes de tristesse et de rire, toujours plein d’amour, et, évidemment, des tonnes de beaux souvenirs.

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Effectivement, j'ai sauté quelques étapes mais je reviendrai les écrire !

Peut-être que certaines personnes qui me suivent sur ce blog ne sont pas au courant que je suis rentrée en France. Il est vrai que j'ai totalement laissé tomber l'écriture sur cette plateforme. Au fur et à mesure des mois j'ai perdu l'habitude d'y écrire, sûrement parce que, au début du voyage, je ressentais le besoin de faire le tri dans mes pensées et sentiments puis c'est passé... Mon discours intérieur s'est amoindri, mes problèmes n'ont plus été qu'en lien avec le quotidien, avec les frustrations de tous les jours, avec mon présent. Et cette gestion là me prenant à la fois tout mon temps et me permettant aussi de ne pas trop me questionner, je n'ai plus pris le temps de poser par écrit mes récits.

Mais sachez que depuis le Brésil je vais bien, très bien même ! J'ai été en Colombie puis en Argentine, en Antarctique et enfin en Uruguay. De nouveau, je n'ai pas fait beaucoup de pays. Je suis restée longtemps en Argentine, j'en ai bien profité j'ai adoré ses paysages. Et si je visitais toute l'Amérique du Sud, qu'est-ce qu'il allait me rester pour mes prochains voyages ?!

 Parapente, cascades et sel

Sur ces derniers mois j'ai eu l'occasion de revoir des personnes rencontrées précédemment, au Brésil surtout mais aussi en Colombie. Cela m'a fait un bien fou. Après autant de temps de voyage je ressentais un besoin de familiarité, de simplicité. Ne plus avoir à se présenter, ne plus raconter les mêmes choses encore et encore (nom / âge / origine / combien de temps dans le pays / combien de temps de voyage total / pourquoi / et après), ne plus rencontrer de nouvelles personnes puis devoir très rapidement leur dire au revoir, ne pas pouvoir créer des relations un peu plus durables, ne jamais savoir si l'on peut vraiment compter sur quelqu'un... J'avais envie de pouvoir partager des choses plus profondes qu'avec de simples rencontres de voyageurs en hostels. Alors avoir l'occasion de revoir ces amis, passer du temps, faire des visites et des activités avec, ou bien juste aller boire un café a été une vraie respiration !

Mais cela dure un temps... Depuis quelques mois déjà je ressentais une certaine nostalgie, une envie de revoir les miens, de retrouver mes proches, ma maison, mon confort, une alimentation équilibrée... Le voyage a été fatiguant. J'ai bien essayé de voyager différemment, en bougeant moins. Cela a commencé au Brésil, à Pipa, car j'y suis restée longtemps, mais un autre problème est survenu : j'ai difficilement réussi à me remettre dans le mouvement par la suite. De l'extérieur cela ne semble pourtant pas si fatiguant : je reste au même endroit pendant un mois, cela laisse le temps de prendre ses marques, ses habitudes, de se faire des amis. En réalité, rester un mois quelque part c'est aussi rester dans le même dortoir tous les jours et finir par considérer les nouveaux arrivants comme des intrus qui troublent l'ordre préalablement établi, c'est mieux connaître les équipes et être pris à parti lorsqu'il y a des conflits ou connaître les secrets des uns et des autres sans le vouloir, c'est soi-même être sous surveillance constante car les gens ont l'habitude de vous voir à proximité, c'est être connue de tous et ne plus avoir le moindre anonymat et c'est ce retour au jugement ou à la sensation d'être jugée qui nous quitte lorsque l'on n'est jamais au même endroit plus de 3 jours.

Alors bien sûr il existe des inconvénients et des avantages à chaque façon de voyager. Pour ma part, avec du recul, j'aurais dû faire un mix des deux mais je suis rentrée et je n'ai aucun regret sur ce voyage ! J'ai fait ce que je souhaitais aux moments où j'en ressentais le besoin.

Et après 17 mois, presque un an et demi de voyage, j'ai ressenti ce besoin extrêmement fort de rentrer, de prendre le temps d'être présente pour la fête des mères et de pouvoir fêter mon anniversaire avec mes amis, j'avais raté ces deux occasions l'année précédente (cela dit, les 30 ans sur le Kilimanjaro valaient le coup!). J'ai pris mon billet tard, comme toujours, avec une certaine appréhension mais surtout une grande excitation ! Enfin j'allais pouvoir dormir sans être réveillée par des gens, j'allais pouvoir me faire à manger avec des ustensiles de cuisine non cancérigènes et des produits que j'aime, j'allais pouvoir laisser traîner mes affaires sans risques de me faire voler, j'allais pouvoir regarder un film sans écouteurs et sur grand écran, j'allais pouvoir traîner au lit, j'allais pouvoir faire du sport à l'heure que je voulais, boire un verre en terrasse avec les copines, faire des câlins au chat.......... Liste non exhaustive.

Lac, glacier et manchot  

Et après un dernier concert en Argentine j'ai pris l'avion et suis arrivée à Paris le 23 mai 2024. Direction Montparnasse, déjeuner avec une copine, train pour Saint-Pierre-des-Corps, navette pour Tours puis crochet par le bureau de ma sœur pour faire une surprise (la famille savait que j'allais rentrer prochainement mais sans connaître la date exacte). Tout cela avec une valise de 23 kilos et un sac à dos de 14 kilos. Comment j'ai fait pour passer d'un simple sac à dos de 14 kilos à 37 kilos au total ? Aucune idée ! J'ai acheté des vêtements au fur et à mesure (lorsque l'on reste au même endroit pendant plusieurs semaines on se sent un peu moins cracra lorsque l'on tourne avec plus de 4 tee-shirts), mais je crois que les souvenirs d'Argentine ont pesé le plus lourd (vin, maté, yerba, alfajores). Valise posée au bureau de ma sœur, qui n'a pas été tant surprise, puis surprise à ma mère qui a frôlé la crise cardiaque.

Avant même de partir j'avais lu beaucoup de choses sur les retours difficiles des voyageurs au long cours, sur la nécessité d'avoir des projets pour ne pas déprimer. Je pensais passer à côté de cela et bien m'en sortir car j'avais très envie de rentrer, ce n'était pas à cause d'un manque de moyens ou de temps ! Et je me disais que j'allais être bien occupée, un week-end chez une copine, un autre chez une autre, un stage de kitesurf ici, du temps à la maison, et de nouveau un week-end ici, un là bas, du temps à la maison entre les deux... Avec comme finalité l'obtention d'un emploi et la reprise d'une vie plus rangée.

Cela ne fait que deux semaines et demie pourtant j'ai déjà une belle désillusion à ce propos. Cela n'a pas été aussi simple. Tout d'abord parce que les deux premières semaines (je m'en sors à peine) j'ai ressenti une incroyable fatigue, comme si toute la pression, l'appréhension, l'excitation du voyage retombaient d'un coup. Peut-être aussi le fait de savoir que je pouvais me le permettre, que j'étais justement rentrée pour cela... C'est très étrange de se voir autant à plat. Après des semaines à courir partout, à être en mouvement... Puis ne plus être en mesure de se mouvoir, de faire moins de 2km de marche par jour, de ne plus pouvoir faire le moindre exercice physique. Ce fut ma première déception : je me suis sentie faible et inadaptée. Un peu de repos et de relativisation plus tard, je me dis que c'était normal et qu'il me fallait prendre le temps d'accepter cette nouvelle situation, ce nouveau rythme.

La seconde déception était justement sur ce rythme que je pensais avoir. Imaginer que je verrai mes amis rapidement après mon arrivée. Parce que quand bien même on s'organise des mois en avance pour caler une date, par exemple pour fêter son propre anniversaire, il peut toujours se trouver des empêchements/ contraintes qui dérangent les plans. Puis voir que ce n'est pas reprogrammé et finalement se rendre compte qu'on ne fait plus vraiment partie de la vie des gens. Qu'en partant aussi longtemps, on n'est plus dans le quotidien, dans le calendrier et que c'est...normal. Alors oui ce fut une déception jusqu'à ce que je réalise que j'avais le temps pour revoir les uns et les autres et que ceux qui le souhaitaient vraiment le feraient savoir. C'est fou comme c'est simple la vie quand on se prend moins la tête et qu'on prend les choses avec philosophie. Et ces changements de plan permettent de revenir à une vie plus spontanée, qui autorise les plans de dernières minutes et les visites impromptues alors pourquoi pas !

On me demande beaucoup ce que je vais faire maintenant que je suis rentrée. La réponse la plus honnête est que je n'en sais rien. Chercher un travail oui, où exactement, je ne sais pas, d'ici combien de temps, c'est à voir. Tout reste extrêmement flou (il faut dire que cela ne dépend pas entièrement de moi !). Il y a quelques mois, en novembre / décembre, j'y avais pensé et j'avais bien paniqué. Maintenant non. Car cet avenir ne fait plus peur, l'inattendu / la surprise n'est plus quelque chose que je redoute. Après avoir essayé d'anticiper au maximum, pendant des années, les différentes situations - souvent les mauvaises - qui pouvaient m'arriver, j'ai arrêté. Peut-être l'avais-je déjà écrit sur ce blog, il existe cette phrase (je ne sais plus d'où elle provient) : "j'ai beaucoup souffert de maux qui ne me sont jamais arrivés". Alors maintenant je refuse de m'inquiéter pour des choses sur lesquelles je n'ai pas de contrôle. Je ne contrôle pas les gens et leur envie de me revoir, je ne contrôle pas les recruteurs et leur envie de me rencontrer en entretien, je ne contrôle pas la météo et la grisaille de la France... Et c'est tant mieux !

On me demande aussi souvent si j'ai changé. C'est très difficile de répondre. Je crois que certaines choses ont évolué : je me fais plus confiance, j'ai aussi plus confiance en l'avenir de manière générale, j'espère être plus patiente, plus bienveillante, plus autonome et authentique. Pour d'autres choses, j'ai encore du travail devant moi !

Antarctique et valises 

Je clôture à présent un chapitre de ma vie. Celui-ci aura fait pas mal de pages, assez pour contenir 17 mois ! Je pensais partir plus ou moins 12 mois (le moins était ma sortie de secours au cas je ne me sente pas d'être seule aussi longtemps), j'ai un peu dépassé. Je l'ai déjà mentionné précédemment mais cela vaut le coup de me répéter si un jour je relis ce blog : je suis fière de moi. Après un nombre incalculable de conversations, avec des inconnus ou non, j'ai fini par me rendre compte que le fait de partir et de voyager seule n'était pas si évident et facile. Alors oui, dans les faits, on est tellement pris dans l'action qu'on ne se rend plus compte de rien mais l'idée première... Il fallait le faire. Je me souviens de ce premier avion, celui pour le Népal, où je sentais mon coeur tellement déchiré. Ces au revoir à ma famille, à cet homme, à cette vie qui ne me satisfaisait pas mais de laquelle je me contentais depuis trop longtemps. Puis mon coeur est allé progressivement mieux passé l'avion, passé les premiers jours de découvertes, les premiers mois aussi sûrement... Si je devais être tout à fait honnête je crois avoir pu vraiment profiter à 100% seulement à partir de ma seconde partie de voyage, une fois que je suis rentrée en France en juin pour un mois et que j'ai pu sereinement constater que rien ne m'y attendait et que c’était pour le mieux. Voilà peut être la raison pour laquelle je suis repartie presque un an de plus après être rentrée en France ! Ou bien parce qu'il me semblait étrange de n'avoir visité que le Brésil en Amérique du Sud et qu'il me fallait plus de temps pour continuer de découvrir le continent... Ou peut-être fallait-il que j'atteigne un ras-le-bol qui allait me permettre de rentrer sans regrets, qui sait ! En tout cas j’allais mieux, je continuais de découvrir et c’était génial.

Ce chapitre de ma vie est très complet. Il contient de tout : des aventures, des rencontres, des amourettes, presque des dangers (non non je suis une fille sérieuse !), des découvertes, des émerveillements, des larmes, des rires, du bonheur. Je n'ai pas encore analysé tous mes sentiments, mes réalisations et sensations, je crois que cela va me prendre du temps. C'est loin de ce que j'avais imaginé et franchement tans pis. Chacun ses rêves et ses fantasmes de voyage, le mien était à mon image et j'en suis ravie. J'ai voyagé pour moi, comme je l'ai pu et c'était très bien.

Je suis partie un an et demi et j'ai l'impression que c'était il y a trois mois. C'est passé si vite ! Un clignement de paupières, un battement d'ailes. Je crois que j'ai tout de même réussi à me trouver ou à me retrouver ou alors j'ai appris à me connaitre, je ne sais pas. Je ne souhaite plus vivre à moitié. Je veux décider des choses en pleine conscience et non pas parce que cela a simplement du sens... Je veux que ces quelques mois à vivre à fond ne s'arrêtent pas seulement parce que je suis de retour en France. Je crois que l'on peut trouver l'inattendu, la surprise, la passion dans le quotidien, dans la routine et j'espère de tout mon coeur ne pas laisser partir ça. Et je souhaite que toute personne qui aura l'occasion de me lire puisse aussi s'en souvenir : notre vie est ce que l'on en fait. Certes nous n'avons pas tous les mêmes cartes en main mais il en est de notre devoir de jouer du mieux que nous pouvons, ne nous apitoyons pas sur notre sort et profitons de la chance lorsqu'elle se présente !

Coeur sur vous

Bien sûr, comme tout livre ou récit qui se respecte, je n'oublie pas les remerciements. Car sans certaines personnes je n'aurais même pas eu le courage d'entamer ce périple, ni de trouver, parfois, la force de continuer. Merci donc à tous ceux qui m'ont accompagnée, par la parole, la présence ou la pensée. Merci à ceux qui ont suivi ce blog, qui ont pris des nouvelles, directes ou indirectes, lorsqu'ils ont vu que je n'écrivais plus. Merci à ceux que j'ai rencontré sur ma route, ceux qui ont partagé des incroyables moments et qui m'ont apporté tant de joie.

Et merci à mon papa qui m'a toujours dit d'arrêter de me contenter du minimum, d'aller au bout des choses et, surtout, de profiter. Je crois que j'ai écouté cette fois !

Merci à tous. Coeur sur vous.

Capucine