Sublime Costa Verde

La paisible ville coloniale de Paraty, des plages magnifiques entourées de montagnes verdoyantes, des panoramas grandioses : suivez-nous le long de la Costa Verde, au sud de Rio !
Juillet 2022
7 jours
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Dernier réveil à Rio pour un départ matinal. Nous prenons le taxi jusqu’à la gare routière et embarquons dans notre bus pour la Costa verde. Au bout de quelques 4h30 de trajet, d’abord dans la (très) grande banlieue de Rio, puis dans un paysage côtier verdoyant, nous voici en début d’après-midi à Paraty ! Nous prenons nos quartiers à deux pas du terminal de bus, chez Roberto, un jeune carioca s’étant récemment installé dans cette ville. Le temps de poser nos sacs et de nous changer, nous partons visiter le petit centre-ville.

Paraty est considéré comme un petit joyau de la côte brésilienne. Au XVIIIème siècle, elle faisait la jonction entre le Portugal et la région extractiviste du Minas Gerais. L’or et les diamants transitaient par son port. Riche et fréquentée pendant plus d’un siècle, des églises et de belles demeures coloniales furent bâties au bord de mer. Suite à l’abolition de l’esclavage et à l’ouverture d’une ligne de chemin de fer plus en amont, la ville fut coupée du commerce local et sombra dans l’oubli pendant presque cent ans… Paraty fut « redécouverte » dans les années 1950, avec un centre historique miraculeusement préservé. Les locaux ont retapé l’ensemble en respectant le style d’époque, à tel point que la bourgade sert régulièrement de décor pour des films historiques.

En plein après-midi : seuls au monde... 

Ici les ruelles en damier sont pavées et interdites aux véhicules, permettant à toute heure une balade paisible. Si la ville est relativement endormie la journée, soleil tapant oblige, elle se remplit et s’agite comme une ruche au coucher du soleil. Alors, les touristes affluent, les bars ouvrent leurs portes et les restaurants sortent leurs tables. Un vendeur de crêpes, un fabriquant de bijoux, un pilote de lancha se mêlent au décor, alpaguant le quidam pour lui faire profiter de ses services.

Nous passons la dernière heure de soleil à longer la plage jusqu’à l’emplacement d’un ancien fortin, construit par les Portugais pour protéger la zone des attaques de pirates (vade retro jacksparo !). Si la maison contemporaine renferme un mini-musée sur l’histoire de la ville, on aperçoit deçà-delà d’anciennes murailles et les canons fossilisés, tournés vers la mer.

Après avoir englouti des délicieux churros fourrés au doce de leite, nous profitons en soirée d’une visite guidée gratuite organisée par la mairie. Pendant 1h30, une dame nous baladera de rue en rue, en nous expliquant l’histoire de la ville, les symboles des maisons (des gravures sur les murs des maisons réalisées par des francs-maçons européens venus se réfugier là, des ananas de céramique aux balcons symboles de richesse…), ou les fonctions des différentes églises (une pour les dames de l’aristocratie, une pour les esclaves noirs…).

Nous concluons la journée au restaurant. Chose surprenante : il fait assez froid le soir à Paraty ! N’oublions qu’on est en plein hiver ici. Pour dormir, nous sortons déjà nos sous-couches thermiques que l’on pensait réserver à la région montagneuse du Minas Gerais. Brr !

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Un peu plus au sud de la Costa verde, à moins d’une heure de Paraty, se trouve le très joli spot de Trindade. Un combi nous y dépose, avec des locaux et quelques surfeurs étrangers.

La petite bourgade est dédiée au tourisme et à la protection de la zone, qui s’avère être un parc national protégé. On en profite pour vous signaler que toutes les plages de la région, en plus d’être magnifiques, sont extrêmement propres et bien entretenues. En plus d’une semaine, nous n’avons pas vu un mégot ou un papier gras sur toute la côte. Saluons l’efficacité des services municipaux, mais aussi la propreté des Brésiliens.

Particularité de cette côte : les plages s’enchainent mais il faut à chaque fois traverser la jungle pour les atteindre.

A Trindade, on alterne donc la mer et la forêt pendant plus d’une heure, jusqu’à atteindre une piscine naturelle entourée de rochers massifs. C’est l’heure du plouf au milieu des poissons ! On se laisse sécher comme des lézards au soleil avant de faire demi-tour.

Nous nous arrêtons sur l’une des plages pour le repas du midi. Les pieds quasi dans l’eau, entre le sable et les palmiers, nous dégustons une moqueca, gigantesque bouillon de légumes au coco et aux épices, accompagné de riz et de farofa (farine de manioc). Encore une fois, nous n’arriverons pas à finir et emportons le reste pour le soir. Un dernier lézardage sur les roches et il temps de repartir.

La soirée sera -enfin- consacrée au tri des photos et à la rédaction du blog, le tout accompagné de pop-corn que Roberto nous a gentiment préparé.

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Après un petit déjeuner avec Roberto où l’on pratique notre portugais, on se balade à nouveau dans le centre historique qu’on découvre avec une autre luminosité que la veille. On se rend compte également de ce que la guide de la veille nous avait expliqué : ici, avec les marées, l’eau de la mer s’engouffre le matin dans les ruelles et finit par s’évaporer. Certains appelaient d’ailleurs la ville, la petite Venise…

Des église, des églises, encore des églises ! 
 Des ruelles, des ruelles, encore des ruelles !

Paraty : ses églises, ses ruelles… et sa baie ! Direction le port pour un grand tour de l’anse et de ses îles. Nous embarquons sur un grand navire qui nous servira également de restaurant flottant pour un voyage de plusieurs heures, le tout accompagné de musique en live. Encore une fois, nous sommes les seuls touristes non brésiliens à bord. Paraty est relativement peu fréquentée par les étrangers et ressemble plus à la sortie du week-end pour les cariocas.

Nous alternons les arrêts sur les plages et les petites îles, sous un soleil toujours aussi tropical qui a eu la gentillesse de chauffer cette eau, turquoise ou verte émeraude selon les endroits. Magnifique. Ici on saute du bateau directement dans l’eau et on rejoint le rivage à la nage.

 Premier plouf ! 
 Et deuxième plouf !

Alors que Marion descend tranquillement par les escaliers et nage sagement au bord du rivage, Quentin préférera évidemment le tobogan géant du bateau. Quel grand cochon, cet enfant ! Heu, quel grand enfant, ce Cochon !

Tout le monde à table ! Face à la mer, il est temps de déguster des frites de manioc, des légumes grillés et l’incontournable riz au bouillon. De quoi se revigorer après toutes ces baignades. Le retour se fera face au soleil couchant, qui colorera l’eau et les montagnes. Yoho !

 On a pris le plus light !
 Notre bateau, et celui que Quentin aurait bien aimé prendre !

Nous débarquons et passons une dernière soirée, qui se conclura évidement par un nouveau churro fourré, dans les rues animées de Paraty, ce petit bijou brésilien.

Nous vous laissons avec un petit condensé de cette virée en bateau.

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Nous quittons Paraty pour rejoindre l’île la plus grande de la côte : Ilha grande. Le bus ne partant qu’à 10h30, on s’autorise une petite grasse mat’ et un petit-déjeuner tardif. Roberto nous préparera même une crêpe de tapioca au miel. Chose étonnante : la farine de tapioca se cuisine au naturel, sans eau et sans huile, en la versant directement dans la poêle. La farine ressemble en effet à une gomme qui fond plus qu’elle ne cuit, donnant une texture souple et gluante à la crêpe.

Obrigado Roberto !  

Notre bus nous dépose à la ville côtière d’Angra do Reis, porte d’entrée d’Ilha grande. Nous déjeunons avant d’attendre notre flex-boat. Au port, Marion passe devant un stand de crêpe de tapioca : l’addiction est là. Ça sera la deuxième du jour, cette fois au doce de leite et à la noix de coco râpée. Un régal !

 Vu !

Le bateau nous dépose à Abraao, « agglomération » de l’île, peu avant le coucher du soleil. En quelques minutes sur l’ile, on est déjà émerveillés : une baie en arc de cercle où mouillent de petites embarcations, des restaurants les pieds dans l’eau et, toujours à deux pas, les montagnes verdoyantes… En plus ici, pas de voiture ni de goudron, c’est très relaxant !

Nous arrivons à notre pousada un peu fourbus mais bien contents. Malheureusement, avec le sac sur le ventre qui lui cache la vue, Marion rate la marche et s’étale de tout son poids, plus 15 kilos de sacs, sur les dalles en pierre du jardin. Ouille ouille ouille ! Elle en sera quitte pour une triple dose d’Hémoclare sur les genoux et une bonne soirée de récup.

 Tous les canards ne volent pas... 

On parviendra quand même à faire un petit tour by night et -on ne change pas une équipe qui gagne- engloutir quelques crêpes sur le bord de mer. Il fait heureusement plus chaud qu’à Paraty et, tout problème de palme mis à part, nous dormons confortablement.

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Après un excellent petit-déjeuner à la pousada, nous nous lançons dans la T10 et la T11, du nom de deux randonnées de l’île. Cumulées, ces dernières forment un trajet de plusieurs heures jusqu’à la plage de Lopes Mendes, sur le côté sud l’Ilha grande (Abraao étant au nord). Il faut dire que l’île est réputée pour ses plages et ses randonnées qui se combinent astucieusement, permettant, comme pour la région de Trindade, d’alterner le sable et la jungle, le bleu et le vert, le merlan et le jaguar… Bon enfin, vous voyez l’idée.

Nous visiterons au total 4 spots. Nous nous baladons sur une première plage déserte et sauvage, nous baignons dans une autre tout aussi belle, mangeons sur une autre face aux grosses vagues, avant d’atteindre notre destination finale au bout de 3 heures de marche. Lopes Mendes est immense, à ras de forêt et battue par d’impressionnants rouleaux de vagues. Nous y resterons jusqu’au coucher du soleil, qui dessinera magnifiquement les montagnes aux alentours.

 Première étape
 C'est reparti
 Deuxième étape
 Ca rafraichit !
 Plage en vue !
 Troisième étape pour le déjeuner
 Dernière étape : Lopes Mendes, enfin

On rentrera en taxi-boat pour diner dans un restaurant argentin d’Abraao.

Elle les attire ?

Pour ceux qui se demandent, les genoux de Marion étaient certes devenus bleus mais à nouveau fonctionnels. Ça tombe bien ! Demain on en a pour 6h de rando…

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Le keuwa ? Le pic du perroquet, dans la langue de Joey Starr. Dressé majestueusement, ce point culminant de l’île, visible de tout bord, ressemble étonnamment au bec d’un perroquet, d’où son nom ! Et il se grimpe. Comptez 6h aller-retour, avec un dénivelé de 1 kilomètre pour 3 kilomètres à vol d’oiseau (ressenti : 7 kilomètres de marche et autant de litres de sueur).

Le perroquet : à droite ! 

La montée nous semble interminable. De fait, nous mettrons presque 3h à grimper, enjamber des racines, sautiller sur les rochers des rivières, se tenir à des lianes et écarter des branchages. Mais le trajet est magnifique et surtout paisible, peu de randonneurs faisant visiblement l’ascension ce jour-là. Nous croiserons beaucoup d’oiseaux, des dindons sauvages, des écureuils, des agoutis et quelques singes.

Nous parviendrons à un premier sommet (ci-dessus) pour profiter de la vue et faire une petite pause, avant d’entamer la montée du bec en tant que tel. C’est raide et serré, mais facile en comparaison de ce qu’on a vécu à Rio. Tout au sommet, la vue est encore une fois merveilleuse : on domine toute l’île et on a une vue plongeante sur Abraao. Nous pique-niquons sur place et nous reposons, avant de redescendre en croisant tout autant d’animaux. Nous en aurons bien au total pour les 6 heures annoncées.

En bas, notre point de départ Abraao 

Le repos des braves se fera devant une pizza au feu de bois, accompagnée d’une caïpirinha pour Quentin et d’un flan de maracuja pour Marion. Inutile de dire que le marchand de sable ne passera pas deux fois ce soir-là.

Done ! 
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Ça tire un peu sur les jambes et le dos ce matin. Alors, pour « se reposer » et changer de perspective, nous réservons un grand tour de l’île en speed-boat, avec des pauses sur les belles plages difficilement accessibles à pied. On se dit qu’au moins la journée sera calme… Fuyez, pauvres fous !

On ne pouvait pas deviner que la mer serait très agitée ce matin. Si le ciel est parfaitement dégagé, ça souffle sec en mer. Le vent, ça fait des vagues. Les vagues, ça fait de l’eau. Dans le groin. Dès la sortie du port, nous enchainons les flots directement dans les ratounes. Et on ne vous parle pas de quelques gouttes. Imaginez qu’on vous jette un seau d’eau glacée toutes les minutes. Le mélange d’eau et de vent transforme le canard en mouton (Marion frise énormément oui…) et le cochon en glaçon. Le sac à dos, avec les vêtements de rechange, est plus trempé que s’il était passé par-dessus bord.

 "Journée de détente"

Au premier arrêt, on se jette à l’eau pour se réchauffer avant de nager jusqu’à la plage. Heureusement, la balade nous remet des couleurs et nous profitons du sable chaud. Ici la plage et l’eau douce se rejoignent, c’est magnifique, très reposant et encore fois très sauvage. On savoure cet endroit paradisiaque à souhait. Par contre difficile de retourner au bateau à la nage avec les énormes rouleaux qui nous font boire la tasse !

Rebelotte frigorifique jusqu’au prochain arrêt, cependant tout aussi magnifique. On engloutit nos sandwichs au pied des arbres de cette belle plage aux eaux turquoises, dont un célèbre palmier tordu qu’on retrouve sur les cartes postales du coin.

Troisième pause sur une plage à l’eau émeraude cette fois. C’est l’occasion de tester la prise de vue sous-marine grâce à la GoPro offerte par les collègues de Marion. Top !

Le dernier arrêt sera l’occasion de déguster un nouvel açai accompagné de sirop de fraise et un gâteau à la noix de coco. La mer s’étant entre temps calmée, le retour jusqu’à Abraao sera plus stable. Heureusement, parce qu’on n’a plus un seul bout de tissu sec !

Le soir même, après une douche (très) chaude, tous nos vêtements iront à la laverie du coin. Pour nous, ça sera des spaghettis au pesto et de la mousse de maracuja.

Voici un petit aperçu en vidéo de cette journée.

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Dring ! Le réveil sonne. Aujourd’hui, on avait prévu une nouvelle randonnée de 6h jusqu’au sud de l’île, mais à la vérité nous sommes un peu fatigués… Changement de plan : ça sera grasse matinée et journée posée à Abraao. Nous passons le matin dans la chambre, à trier les photos, écrire, lire, trainer un peu sur internet… et récupérer nos vêtements secs !

 Chez nous ! 

Nous quittons la pousada vers 13h pour une promenade à proximité de la ville, une boucle d’une heure fréquentée par les familles locales. Rien de grandiose cette fois-ci, mais c’est agréable de reposer les muscles. On pourra malgré tout apercevoir quelques plages, les ruines d’une léproserie, un aqueduc en pierre du XIXème siècle (toujours utilisé aujourd’hui), quelques cascades… Un sandwich vers 14h et nous revoila en ville.

Nous flânerons et lirons sur la plage jusqu’au coucher du soleil. Re-petite pause à l’hôtel puis nous prendrons un dernier dîner, léger mais succulent, face à la mer et les pieds dans le sable. Tout à long de la dernière balade, nous tomberons à chaque église (catholique ou évangéliste) sur les messes pleines à craquer, portes grandes ouvertes, avec chanteurs et orchestres.

 N'oublions pas l'essentiel !

Le lendemain, il est temps de dire « até proxima » à Ilha grande. Après un nouveau réveil en douceur, nous refaisons les sacs et trainons à la pousada jusqu’à l’heure de notre bateau.

Une fois le continent atteint, on enchaine sur 4h de bus vers Rio et 1h de taxi pour rejoindre le quartier de Barra da Tijuca, tout au sud de Rio. Encore une fois, c’est une ambiance totalement différente. Si les autres quartiers de la Cidade sont bigarrés, typiques ou pentus, celui-ci, très récent et le long de la plage, ressemble à une mégalopole américaine. Ce ne sont que buildings de standing, centres commerciaux gigantesques, triples avenues et panneaux en anglais. Nous découvrons que notre hôtel se trouve dans une gated-community, un quartier résidentiel fermé avec des gardes à l’entrée. C’est une première pour nous, on est bien loin de la maison de Marcelo !

Le lendemain, nous essayons d’acheter enfin une carte SIM locale. Nous découvrons à cette occasion que nos famoso CPF ne fonctionnent pas (raison inconnue) alors que nous passons de boutiques en boutiques dans l'un de ces gigantesques centres commerciaux (on marchera 15 minutes dans la même direction sans en voir la fin…). Une vendeuse nous dépannera son CPF pour débloquer un forfait. Ensuite, direction l’agence de location pour récupérer l’heureuse voiture qui nous accompagnera plusieurs jours. Cette dernière en verra des vertes et des pas mûres… Mais ceci est une autre histoire. Pour l’heure, il est temps de partir pour le Minas Gerais !