Si tu vas à Rio...

Première étape de notre périple : Rio, "a cidade maravilhosa", en voilà une qui mérite bien son surnom !
Juillet 2022
7 jours
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Booom diiia Brasiiil ! Et voilà, après quasiment 24h de trajet porte-à-porte, nous voici enfin à Rio de Janeiro ! Le trajet s’est bien déroulé. Petit réveil qui pique à 3h du matin, direction Munich, quelques heures d’attente à l’aéroport, puis nous embarquons dans notre long courrier pour un nouveau continent. Trajet long et qui tire sur les jambes, mais ça va toujours plus vite qu’en caravelle, mon bom senhor. Atterrissage tudo bem, récupération da bagagem, taxi dum pais tropical, arrivée no AirBnBich’. Vous avez vu ? J’ai déjà pris l’accent. Trop fort, o senhor puercito !

3h du matin et beaux comme des camions !  

Nous sommes accueillis au logement par notre hôte Marcelo, très gentil et parfaitement francophone, qui nous donne dès le premier soir des conseils pour les visites et les démarches administratives. Nous enchainons sur notre première nuit pour récupérer.

 Tudo bem ! 
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Après un réveil assez tôt, décalage horaire oblige, on commence la journée par découvrir notre hébergement avec la vue imprenable sur Rio depuis la terrasse et à faire un peu de yoga (crac le Cochon-tête-en-bas). Nous garderons cette routine matinale, au bord de la piscine, durant tout notre séjour à Rio.

 Chez Marcelo et Isabel, nos super hôtes

La visite de la ville commence ! Aujourd’hui, direction le célèbre pain de sucre, en métro puis en parcourant le quartier de Botafogo. Première impression : les distances sont beaucoup plus longues qu’elles n’y paraissent tellement tout est immense et démesuré. Arrivés à la plage Vermelha, au pied du pain de sucre, ça y est, on réalise enfin qu’on est à Rio !

On monte au niveau du premier téléphérique à pied à travers un beau sentier qui longe la côte puis on grimpe la colline. Dès le début de la randonnée, des panneaux nous indiquent de faire attention aux serpents. Ha oui, pas de doute, nous sommes bien dans « um pais tropical » !

De ce premier étage, on voit déjà bien la ville qui s’étend à nos pieds et surtout on admire le Pain de sucre qui se dresse devant nous. La montée en téléphérique est impressionnante, on pourrait la faire et refaire à l’infini. Et puis là-haut, on est vite hypnotisé : on ne sait plus où donner de la tête tellement les panoramas sont multiples et tous plus beaux les uns que les autres. On prend conscience de la géographie de la ville et on admire les différents quartiers, collines, montagnes... On est d’ores et déjà sous le charme !

Premier téléphérique 
 N'oublie pas de monter là-haut !
 Et deuxième téléphérique ! 

Après un repas libanais sur le pouce pris dans le quartier tranquille d’Urca, nous repartons en direction du Jardin Botanique. Le parc réserve de belles vues sur le Christ et nous procure une sensation de calme au milieu des gigantesques palmiers, cactus… et pau-brasil (les arbres qui ont donné leur nom au pays). Nous finirons la journée dans le bucolique parc Lage avant d’engloutir notre premier repas brésilien : une moqueca végétarienne dans le quartier de notre Airbnb à Gloria.

Retour à la casa pour une nouvelle nuit bien méritée ! Sim senhor !

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A travers les ruelles pentues et tortueuses de Gloria et Lapa, nous prenons conscience à nouveau des distances : sur le plan les choses paraissent « proches », mais dans la réalité tout se transforme vite en de longues balades à monter et descendre les collines.

Ca monte et ça descend 

Après une pause colorée à l’escalier Selaron réalisé par un Chilien (surement un avant-goût de ce que nous verrons à Valparaiso…), nous profitons encore un peu de l’ambiance tranquille de ces quartiers avant de rejoindre le Centre beaucoup plus agité.

Nous passons une première fois sous les Arcos de Lapa, un monument emblématique du quartier (on passera dessus en vieux tramway le soir même). Dans la foulée, direction la Cathédrale de Rio : un infâme cône en béton planté dans la ville de façon parfaitement inappropriée. Même l’intérieur est immonde. Disons le : y’en a un qui doit se retourner dans son Saint-Sépulcre. Quant à Edgar de Oliveira da Fonseca, l’architecte qui a commis ça, ou il était de connivence avec le Malin ou il bouillonne au fin fond du 7ème cercle de l’enfer !

 Les Arcos, entre les collines et le centre ville
 Nos photos rendent hommage, mais je vous jure qu'en vrai c'est moche !

Mais bref, nous voici dans le centre historique, qui n’a plus grand-chose d’historique tant aujourd’hui ce sont les buildings en verre qui occupent l’espace. Notons toutefois dans le Largo Carioca, au beau milieu de ce mini-Manhattan, le Convento e Igreja de Santo Antonio et l’Igreja da ordem terceira de Sao Francisco da Penitencia. Ces deux bâtiments de l’époque coloniale, à l’extérieur baroque et aux intérieurs dorés, sont magnifiques. Cet enchevêtrement de styles et d’époques, assez inattendu, fait aussi la beauté de Rio.

Nous déjeunons dans une ruelle bien animée, dans un resto avec un menu végétarien partagé entre nous. Il faut dire que les portions des restaurants sont tellement copieuses qu’un plat suffit généralement pour deux ! Par la suite, certains serveurs nous conseilleront carrément de prendre un seul plat quand nous hésitons à en commander un chacun. C’est qu’on est aussi venu pour fondre, pas pour prendre !

Nous traversons le Parc Campo de Santana, envahis de chats, d’oiseaux et d’agoutis, ces gros rongeurs que nous avions déjà croisés au Mexique. Un peu plus loin, les ruelles sont agitées et bordées de boutiques en tout genre dans le quartier Saara.

Bande d'agoutis ! 

On a du mal à croire que se niche, pas loin, l’impressionnant Real Gabinete de Leitura. C’est un peu comme la bibliothèque dans La Belle et la Bête.

Ensuite direction le bord de mer et la célèbre Praça do XV de Novembro avec ses églises et palais. Après une petit détour vers le “chateau”, nous voila devant le théâtre national qui ressemble fort à l’Opéra Garnier, non ? Normal ! Les brésiliens (des gens de bons goût du coup) se sont inspirés du monument parisien. On se reposera un peu les palmes/pattes sur cette belle place avec un petit jus local.

Et pour finir la visite de ce quartier, nous voici devant le Bonde, un tramway typique et touristique qui traverse plusieurs quartiers, en repassant sur les Arcos. Nous effectuons le tour au coucher de soleil. C’est une très belle expérience qui nous permet de profiter d’une lumière crépusculaire sur les montagnes, les favelas et la mer. On a même eu droit à une panne du tram de devant qui nous a immobilisés pendant 15 minutes. Tipico !

Coincoin / Groingroin ! 

Nous terminons la soirée dans un restaurant végétarien dans le quartier festif de Lapa et regagnons paisiblement nos pénates.

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Direction le Centre à nouveau. On visite la massive et richement décorée Eglise N.S. de Candelaria sur la Praça Pio X. Et surtout, nous en profitons pour prier un coup car nous enchainons sur des démarches administratives, ce qui nécessite souvent l’intervention d’un saint ou un miracle ! Comme nous restons 3 mois au Brésil, nous avons décidé de faire chacun un CPF. C’est un numéro d’identification fiscale, unique et immuable pour chaque résident au Brésil, nécessaire pour pratiquement toutes les démarches : acheter une carte de téléphone, réserver en ligne, obtenir des réductions… C’est un peu l’équivalent de notre numéro de sécu en France.

Pour cela, direction en premier lieu la poste locale, pour payer une taxe, fournir tout un tas de papiers préparés à l’avance (passeport, acte de naissance, attestation d’hébergement de notre hôte…) et remplir un premier formulaire. Ensuite, tous à la Receita Federal, pour faire la queue, être orientés, remplir deux autres formulaires, fournir d’autres copies, signer, tamponner, double tamponner… Bref, comme en France mais au Brésil. A l’heure où nous écrivons, Marion a eu son CPF mais pas moi, alors que nous avons fourni exactement les mêmes documents. J’aurais dû mettre un cierge…

 Suivant !

Nous nous dirigeons ensuite vers le Monasteiro de Sao Bento, posé sur une colline en plein cœur des buildings. Au delà du bel intérieur doré, il offre une belle vue sur le port.

Nous nous baladons le long de la Praça Maua et autour du Museu de amanha, gigantesque musée moderne qui rappelle un gros squelette de poisson. Puis, on longe le boulevard Olimpico et ses graffitis géants réalisés à l’occasion des derniers Jeux olympiques. Pour reprendre des forces, nous faisons un repas de fritures de rue et de churros bien luisants face au musée. Le gras, c’est la vie !

Les ruelles typiques et colorées du quartier Saude offrent un peu de tranquillité et des belles vues sur Rio. Nous passons également devant le Cais do Valongo. Il s’agit des ruines d’un bâtiment colonial, mis à jour lors de récents travaux urbains. C’est à cet endroit que débarquèrent, au cours des années, plus de 500 000 esclaves africains.

Direction la Fortaleza de Rio (la forteresse, pour les deux du fond qui n’auraient pas compris), perchée au sommet d’une colline et construite pour défendre la ville face aux attaques des Français (Montjois !). Il s’agit aujourd’hui encore d’un bâtiment militaire. On demande si l’endroit se visite au poste de garde. Un capitaine du coin nous accueille et nous confie à un soldat qui nous fera une visite guidée de fond en comble : salle des cartes, place d’armes, prison où furent enfermés les rebelles de l’Inconfidencia (rébellion du XIXème siècle), et même une chapelle qui n’avait de chapelle que le nom, puisqu’elle dissimulait en réalité… les réserves de poudre ! Malinx, le lynx !

Nous reprenons le métro pour se balader dans le quartier de Flamengo et son bord de mer. Un grand parc verdoyant s’étend le long de la plage. Les terrains de volley alternent avec les équipements de muscu en plein air, les stands de street-fond et les pistes cyclables. Un petit air de Miami, à ce qu’il parait. La plage offre également une très belle vue sur le Pain de sucre (un gros air de Rio pour le coup). Enfin, nous passons vers le Palais Catete et son parc, qui offre un peu de verdure et de patrimoine au milieu des immeubles modernes.

Après quelques courses, nous terminons la soirée au logement avec une salade de notre composition. Il n’y a pas que les restaurants dans la vie !

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Plus connue sous le nom de "randonnée de la mort", nous vous emmenons au sommet du plus incroyable piton rocheux de la ville (spoiler alert : désolé, on aura des nuages) : la Pedra da Gavea, dans le parc de Tijuca. C'est parti pour une super rando entre les durians, les singes et les oiseaux.

On commence par deux heures de montée « classique » à travers la jungle avec quelques passages d’escalade relativement accessibles à coup de racines et de lianes, pour arriver à un premier sommet qui donne déjà une vue exceptionnelle sur le côté sud de la ville et du parc.

 Easy ! 
 Vue coté est et ouest
 Coté sud : Barra da Tijuca ! 

Et puis, nous voici devant la partie plutôt redoutée : 30 mètres d’escalade au-dessus du vide, sans sécurité et quasiment à 90 degrés. Glups. L’honnêteté m’oblige à vous dire qu’on ne fait pas les fiers à ce moment-là. Il va falloir grimper avec nos p’tites pattes et nos palmes. Yallah !

Chose étonnante, Cochon, d’ordinaire peu agile, se transforme en cabris et sautille jusqu’au sommet en quelques minutes. Ça sera un peu plus difficile pour Canard, qui restera bloquée 15 minutes à mi-chemin à ne plus trouver de prises. Un guide du coin viendra lui donner un coup de main en lui indiquant la meilleure voie. A peine arrivés en haut de cette partie, on imagine déjà la descente dans les mêmes conditions. Double glups.

 Canard Spielberg

Alors, c’est fini ? Que nenni, mon bon seigneur. La partie la plus compliquée est passée mais il faudra encore grimper et escalader à plusieurs reprises pour atteindre le sommet final, étonnamment grand et plat. Ouf, malgré les nuages ce jour-là, la petite séance photo peut commencer. Quentin s’accorde même une petite sieste au bord du vide, après un pique-nique bien mérité.

Il est temps de repartir. Triple glups, vous l’aurez deviné, en arrivant devant le mur à redescendre, qui parait encore plus raide dans ce sens. La bonne nouvelle, c’est que, si avec la brume on n’avait pas une vue parfaitement dégagée au sommet, au moins on ne voit plus le vide en bas durant la descente. Haha. Bon... On se laisse glisser sur les fesses sur les deux derniers mètres et voilà, cette fois le plus dur est passé. Comptez encore deux heures pour atteindre l’entrée du parc pour rejoindre une station de taxi.

 "Ce qui monte finit toujours par redescendre" 
La jungle sous la brume, étrange et féérique 

Canard et Cochon cassés, Canard et Cochon épuisés, mais Canard et Cochon émerveillés. Ce sera une petite salade au AirBnb, quelques étirements et un gros dodo ! On vous laisse avec la vidéo de la montée.

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Au réveil, ça tire un peu. On a d’ailleurs le vertige rien qu’en revoyant nos photos. Mais pas le temps de s’appesantir : après notre morning-routine (ho, le vilain mot d’Instagrameur), il est temps de partir pour une autre merveille de Rio : le Christ rédempteur.

On commence par la visite de Santa Teresa aux rues tortueuses et pentues. Les belles demeures s’enchainent au milieu d’une végétation omniprésente et assez exubérante alors que nous sommes en pleine ville. On croisera d’ailleurs des singes (des ouistitis communs). Certaines maisons ont carrément des allures de châteaux ! On passe au Largo de Guimaraes, le cœur du quartier et on suit les rails du Bonde que nous avons pris quelques jours plus tôt.

Nous arrivons ensuite au Parque das ruinas : une ancienne demeure en ruines depuis laquelle on a une vue magnifique sur le centre de Rio d’un coté et de l’autre le Pain de sucre et le sud de la ville. C’est bien le propre de cette ville que d’enchainer des panoramas tous plus beaux les uns que les autres…

Après avoir arpenté encore quelques ruelles de Lapa et Gloria, nous engloutissons dans une échoppe populaire un beigné fourré au fromage et un flan, accompagnés d’un bon jus d’acérola, avant de partir pour le Christ.

On embarque dans le petit train pour arriver au pied du Christ après un trajet assez long à travers la forêt et à flanc de colline. Tout Rio s’étend à nos pieds et d’une sacrée hauteur. La vue est tout aussi belle que depuis le Pain de sucre, et en même temps différente puisqu’il s’agit de la direction opposée.

Ces deux visions impressionnantes sont complémentaires et permettent une nouvelle fois de se rendre compte de la grandeur et la diversité de Rio. Quelques macaques nous tiendront compagnie au milieu de la foule de touristes (et non pas l’inverse).

 Canard est à fond ! 

Le soir, nous mangeons dans le quartier très animé de Santa Teresa un plat typique de riz, haricots noirs, épinards et potiron et un dessert décadent de dulce de leite aux prunes. Un peu lourd, mais tellement bon… Tous les samedi soir, c’est la fête dans les collines. Nous sortons du restaurant au milieu d’une immense foule de passants, de touristes et de fêtards. La sono crache dans les rues, des guitaristes improvisent des concerts… Nous croiserons mêmes des gens qui dansent sur de la samba en regardant un match de foot : quoi de plus brésilien ? A la maison, Marion s’endort rapidement mais Quentin sera bien content d’avoir emmené ses boules quies. La fête se terminera en effet… le lendemain vers 9h du matin !

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C’est reparti pour une superbe randonnée dans le parc de Tijuca mais cette fois, promis, moins difficile que la dernière ! En revanche, coté vertige, c’est toujours aussi impressionnant au sommet !

Après un trajet en voiture à travers le parc immense de Tijuca, nous arrivons à notre point de départ et passons devant une belle cascade avant d’attaquer les choses sérieuses : une montée de 1h30 à travers la jungle.

Nous sommes les seuls touristes : partout des familles de brésiliens font leur sortie du week-end. L’ambiance est étonnante : ici les gens randonnent en parlant énormément et très fort, le tout accompagné de musique diffusée sur leur téléphone. Pour nous, c’est plutôt perdus dans nos pensées, accompagnés des bruits de la forêt et à guetter les singes. Encore une fois, la fin de la randonnée réserve une belle surprise : l’ascension du sommet se fait à l’aide d’un impressionnant escalier taillé dans la roche.

 Coucou maman ! 
 Derrière Quentin, la Pedra da Gavea. Devant Quentin, l'est du parc.

Nous sommes à plus de 1000 m d’altitude, le point le plus haut de la ville : on domine toute la forêt de Tijuca et on a une vue imprenable sur la Pedra da Gavea que nous avons gravie.

 On était tout là-haut !

Après l’effort, le réconfort : on file à la plage d’Ipanema. On arpente le front de mer piétonnisé le dimanche où les touristes se mêlent aux locaux. Ici c’est la fête du string, au sens propre !

 Des vacances, des vraies ! 

On déguste un excellent açai (une succulente glace faite à base du fruit d’un palmier dont le goût se rapproche des fruits des bois). Enfin, clou du spectacle, on assiste depuis la pointe de la plage à Arpoador à un merveilleux coucher de soleil.

 Et ch'est bon, cha ! 
 "J'aime les panoramas"

Et c'est déjà la fin de notre séjour ! Nous avons malheureusement oublié de prendre une photo avec Marcelo, notre hôte. Mais si tu vas à Rio, on te conseille vivement l'endroit pour poser tes valises.

En conclusion : Rio de Janeiro est vraiment une ville merveilleuse, gigantesque et étonnamment variée. La géographie si particulière de la baie permet des points de vue exceptionnels depuis une multiplicité d'endroits. La ville ressemble un peu à New York ou à Venise, dans le sens où tout ce qu'on s'imagine dessus est vrai (impossible d'être déçu). L'enchevêtrement étonnant de maisons coloniales, d'églises baroques, de gratte-ciel en verre, de longues plages, d'autoroutes en pleine ville et de jungle tropicale forme un mélange détonnant qui fait le charme de cette cité, vraiment "maravilhosa" !