Les chutes d'Iguaçu

Voilà des chutes qui portent bien leur nom : Iguaçu signifie en effet "grandes eaux" en guarani ! Parcourons ces cascades infinies dans leur écrin verdoyant...et au milieu d'une faune fourmillante.
Juillet 2022
2 jours
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Nous voici donc à Foz do Iguaçu dans un super hôtel composé de plusieurs maisonnettes dans la jungle : nous sommes à deux pas du parc d’Iguaçu et ici les panneaux nous le rappellent !

On est bien, bien bien 

C’est parti pour les chutes ! Nous ne sommes qu’à quelques minutes à pied de l’entrée du parc. On prend le bus à double étage qui doit nous emmener au point de départ (c’est obligatoire, le parc étant grand et l’accès libre étant interdit). Nous roulons pendant 20 minutes sur une grande ligne droite bétonnée qui coupe la jungle en deux, agrémentée d’annonces du chauffeur. Aux alentours, il n’y a que de gigantesques arbres, des oiseaux et très occasionnellement des petites barraques de service. On a un peu l’impression d’être au début de Jurassik Parc !

 Dans le doute, allons tout droit

A l’arrivée, pas de vélociraptors, mais des coatis, drôle de mélange entre un singe et un raton-laveur. S’ils sont plus mignons que les dinos, ils peuvent être tout aussi sournois, mais on en reparlera… Pour l’heure, nous voici enfin devant les chutes, et le spectacle est impressionnant. De bonnes photos valant mieux qu’un long discours, on vous laisse admirer, même si vous vous doutez que rien ne peut rendre compte de ce qu’on ressent sur place.

Iguaçu vient du guarani qui signifie « grandes eaux » et en effet ici le large fleuve Iguaçu est ponctué de très nombreuses cascades (275 environ, plus ou moins selon le niveau de l’eau). Le côté brésilien bénéficie essentiellement de la vue sur l'ensemble. La visite consiste donc à longer la rivière et à admirer les chutes qui s’égrènent tout du long sans jamais se ressembler : on a par endroit des cascades à fort débit, d’autres plus tranquilles et entourées de végétations, d’autres qui forment un arc de cercle…

 Au fond : a Garganta do Diabo

Le clou du spectacle se tiendra au cœur de la plus vaste cascade : a Garganta do Diabo (la gorge du diable). Heureusement qu’on a pris les k-ways ! La passerelle qui s’avance sur le fleuve est en effet exposée à la bruine, et on est complétement trempés en quelques secondes. Le vacarme est assourdissant, et la vue est ponctuée de nombreux arcs-en-ciel. Magnifique, impressionnant, incomparable… les superlatifs manquent pour quiconque se retrouve au pied des chutes d’Iguaçu !

Au pied (haha) des trois frontières 

Un petit lunch dans les snacks installés au bout du chemin le long du fleuve, entourés de centaines de papillons, et voilà nous avons terminé le côté brésilien. Nous nous accordons une petite heure de pause à l’hôtel, au bord de la piscine (sans faire de plouf, après tout on a déjà eu la douche ce matin).

Après avoir changé des reais pour des pesos et des dollars, nous prenons le bus international qui nous déposera au terminal de Puerto Iguazu, en Argentine. Le passage de frontière est assez long. Il faut quitter le bus une première fois, pour faire tamponner sa sortie du Brésil, puis une seconde fois pour faire enregistrer son entrée en Argentine. C’est une heure de grand passage et on poireaute en pensant quelques fois à l’espace Schengen. Une fois arrivés au terminal, il nous faut enchainer sur un second bus dans la ville pour rejoindre notre hôtel. Le chauffeur du premier bus, très gentiment, nous donne les indications et va même parler au second chauffeur pour s’assurer qu’il nous déposera bien au bon endroit, notre logement étant assez éloigné du centre de la ville. Sympa ! C’est ainsi que nous atteignons notre hôtel en début de soirée.

Le temps de se poser un peu et nous ressortirons manger une pizza dans le seul resto ouvert dans les environs (en réalité, le snack-bar d’une énorme auberge de jeunesse de l’autre côté de la route). C’est notre première nuit en Argentine.

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Le lendemain, nous voilà donc côté argentin ! On est logé chez une dame qui vit avec sa mère âgée. Lors de nos discussions on a un peu de mal car on est encore en "mode portugais" dans nos cerveaux ! Et en plus ici l’accent espagnol est très particulier puisqu’ils prononcent les « ll » et « y » comme des « ch », ce qui complexifie encore plus les choses. Mais bref, on a pu bien échanger avec nos hôtes. Ici le sujet de conversation principal est l’argent… La crise économique et monétaire du pays les obsède, à juste titre quand on voit les fluctuations de leur monnaie. C’est d’ailleurs pour cela qu’on a retiré des dollars car le dollar, monnaie stable, est plus recherché que les pesos. Il s’agit du fameux « dollar bleu » car le billet a une bande bleue au milieu. Après quelques échanges sur le coût de la vie en France et en Argentine, nous partons découvrir le côté argentin des chutes.

Un proverbe dit que les Argentins ont les chutes, et les Brésiliens la vue sur les chutes. C’est bien vrai. On commence par les sentiers inférieurs qui remontent lentement jusqu’aux cascades les plus basses, et déjà combien hautes ! Bien loin d’être « dégagés », ces sentiers sont enfouis dans la végétation. Cela rend la visite très agréable. Chaque cascade a son charme et se révèle un bonheur à admirer. On fait des centaines de photos, le tri va être long… !

A plusieurs reprises on voit des groupes de singes au-dessus de nous, manger, se chamailler et sauter d’arbres en arbres. On ne se lasse pas de les regarder faire. On a aussi régulièrement la visite des coatis qui sont attirés par la nourriture et par notre sandwich ! Tranquillement assis à déguster notre repas, d’un coup trois coatis déboulent : l'un sera particulièrement tenace et nous arrachera notre sac plastique. Mais ouf, on a sauvé la fin de notre déjeuner !

Direction ensuite les sentiers supérieurs qui passent sur le fleuve et permettent donc d’admirer les cascades depuis leurs sommets et de se rendre compte de leur débit !

Cette petite marche sur les passerelles nous permet de voir les vestiges des anciens aménagements qui ont été détruits par la force du fleuve… Les nouvelles passerelles s’adaptent désormais à la hauteur des eaux pour éviter ce genre de problème. C’est aussi ici qu’on croisera un bébé caïman qu’on vous laisse chercher ci-dessous.

 Encore toi, margoulin !

Après quelques minutes en petit train, on se retrouve à nouveau à la Gorge du diable mais cette fois tout au bout et au niveau du fleuve. Le chemin pour y accéder fait plus d’un kilomètre, car oui le fleuve est démesurément large… On voit dans l’eau des poissons chats énormes, des tortues, un serpent et dans les arbres un magnifique toucan qu’on repère grâce à son immense bec rouge. Avec nos jumelles on surprend aussi une sorte de martin pêcheur attraper un gros poisson dans son bec. Rencontres magiques ! Bref, ici on est en plein nature et les aménagements ne semblent pas trop perturber les animaux, tant mieux.

 On est bien entourés !

Arrivés au bout, on fait la queue pour pouvoir nous aussi profiter de la vue plongeante sur les chutes. Une fois notre tour, on enchaine les photos et vidéos. Malgré la foule, on profite de l’instant présent. Les chutes ici sont vraiment très impressionnantes : entre le bruit assourdissant, le vide à pic sous nos pieds, la force du courant et le fait qu’on ne voit pas le fond à cause des remous, c’est presque effrayant et aspirant ! Mais encore une fois, il faut le vivre, car ce bref descriptif n’est pas à la hauteur de la majestuosité du site.

Petite anecdote : depuis qu’on est en Argentine, on se rend compte que le maté a vraiment une place omniprésente. Pas un seul argentin ne se déplace sans son thermos ou sa bombilla. Tout au long de la balade aux chutes on croise des familles entières qui se passent le maté de mains en mains et transportent des thermos de 5L ! Une véritable institution.

De retour à l’hôtel, on se prépare une petite salade en compagnie d’une famille d’argentins avec qui on discute bien. Demain, direction les missions jésuites plus au sud en Argentine et au Paraguay. En attendant on vous laisse avec cette vidéo des chutes :