Le Minas Gerais

Parcourons ensemble certaines des plus belles villes coloniales du Brésil. Au programme : des ruelles pentues, des églises dorées, des aventures en voiture... et beaucoup de poussière !
Juillet 2022
7 jours
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Nous voici sur le périph’ de Rio. Les Brésiliens roulent relativement doucement, d’aucun dirait même qu’on se traine un peu. Nous roulerons jusqu’aux environs de Petropolis, sur des routes de montagnes verdoyantes et brumeuses. Ici le relief est particulièrement abrupt et d'ailleurs la zone a été récemment marquée par des pluies diluviennes qui ont provoqué d’énormes glissements de terrain.

Changement d’ambiance quelques heures plus tard en arrivant au Minas : si la zone reste montagneuse, la vue est dégagée jusqu’à l’horizon, révélant collines et pâturages. Comme son nom l’indique, l’état du Minas Gerais (Mines générales) est une région extractiviste, consacrée depuis des siècles à l’exploitation de l’or, de l’argent, des diamants et aujourd’hui de multiples autres métaux. Si la région est globalement belle, elle est deçà-delà éventrée par de gigantesques mines à ciel ouvert et parcourue par des trains de marchandises qui ressemblent à d’infinis mille-pattes couleur rouille.

Après avoir roulé pendant assez longtemps, nous arriverons au coucher du soleil à notre AirBnB de Tiradentes. Très confortable et assez isolé du centre, nous passons notre première nuit dans le Minas. Le lendemain, la vue est dégagée depuis notre balcon : nous apercevons les montagnes boisées. Notre logement donne sur un pâturage et sur la voie ferrée.

On voit même passer le petit train touristique, un vieux modèle à vapeur, qui relie Tiradentes à la ville voisine de São João del Rei ! Quand nous sortons explorer la bourgade, Quentin entend d’ailleurs un « Pooom ! ». Croyant que c’est à nouveau le petit train, il se précipite vers la voie pour faire une belle photo, avant de revenir la mine un peu basse : c’était un wagon d’entretien…

De la chambre : le petit train ! On le retrouvera à l'arrêt un peu plus loin. Quentin aura bien droit à sa belle photo !  
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Tiradentes tire son nom du héros homonyme de l’Inconfidência. Permettez nous, en guise d’introduction, de recopier ignominieusement ici quelques lignes wikipédiennes, qui résumeront la situation mieux que nous : la conjuration Mineira (ou Inconfidência) fut une révolte avortée qui eut lieu en 1789, dans la capitainerie du Minas Gerais contre les excès fiscaux de la domination portugaise et l'exploitation à outrance des richesses naturelles de la colonie par la métropole, au détriment des colons portugais nés ou installés sur place.

Joaquim José da Silva Xavier, dit Tiradentes (le « tire-dent », car il était notamment dentiste) organise alors une conjuration avec d’autres officiers et lettrés locaux. Le bruit de la conjuration parvient aux oreilles d’un contratador (entrepreneur), qui devait de grosses sommes à l’État. Pour le prix de sa dette, il dénonce notre bon arracheur de dents et les autres conjurés sont également arrêtés. Tiradentes est pendu et écartelé (des fois que…) le 21 avril 1792. Ay maldita ! Clap de fin. Cet évènement est considéré par les Brésiliens comme la première tentative d’indépendance de leur pays, et est très commémoré.

Bref, arpentons ensemble cette très jolie cité ! On retrouve les ruelles pavées, les églises chargées et les maisons colorées typiques de la période coloniale. Tiradentes est également connue pour son artisanat et nous croiserons de nombreuses boutiques de meubles ou d’impressionnantes conserveries de fruits, légumes et sucreries.

Nous mangerons nos sandwichs au pied d’une vieille fontaine avant de nous engager dans une balade le long d’une source d’eau canalisée par un chemin de pierres nous rappelant Madère. Petite pause sucrée au retour dans un salon de thé pour déguster des bons gâteaux locaux.

Ayant assez rapidement fini la visite du centre très paisible et à taille humaine, nous décidons d’entreprendre une petite balade pour rejoindre un point de vue. Le départ se situe au pied d’une église donnant déjà une belle vue sur la ville. On aperçoit même la ville voisine de São João del Rei (vous savez, celle du petit train !). Derrière nous, comme d’habitude, se dresse une imposante montagne boisée. En voyant le sommet, Quentin lâche un petit “t’imagine si en fait on devait grimper tout là-haut, haha !. Vous devinez la suite.

Nous voici partis pour le belvédère, qu’on imagine relativement proche (après tout, on avait déjà une petite vue du départ). Nous marcherons pendant plus d’une heure dans la montagne, croisant alternativement une végétation sèche, des palmiers, de gigantesques termitières, des chemins en sable, des pierres à escalader… pour finalement atterrir sur ce sommet ! On n’aurait jamais pensé monter si haut en si peu de temps. Le soleil couchant dore le paysage qui prend des airs de Toscane ou d’Auvergne (si, monsieur !). On reste de longues minutes à admirer la vue avant d’entamer la redescente. Nous retombons sur notre point de départ peu avant la nuit et restons sur place pour regarder les lumières de la ville s’allumer une à une.

Le belvédère enfin ! 
 Un (petit) air de Toscane ?

Le repas du soir se fera dans un restaurant près de notre hôtel. Nous y gouterons le fameux plat typique local, le Tropeirão mineiro, dans sa version végétarienne, qui est un ragout de haricots rouges avec diverses viandes ici remplacées par des similis végétariens, le tout avec de la farine de manioc, ainsi qu’un surprenant desert local : de la pâte de goyage entre des tuiles de fromage fondu ! Inattendu et savoureux.

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Le lendemain, il est temps de partir pour Ouro Preto, avec deux étapes sur la route. Le premier arrêt se fera à la ville voisine de São João del Rei. Il est assez difficile de se garer dans le centre et nous tournons un petit moment avant de se glisser dans le premier emplacement venu, en pleine rue commerçante. Si elle n’a pas le charme de Tiradentes, cette bourgade recèle tout de même de très belles églises, notamment l’Igreja de Sao Francisco de Assis, majestueusement entourée de palmiers royaux. Nous visiterons trois autres églises baroques le long d’une rue toute ‘choupie’, avant de reprendre la voiture pendant deux heures pour rejoindre notre prochaine étape, Congonhas.

Si Congonhas ne présente pas d’intérêt en elle-même, on y vient en revanche de loin pour admirer le sanctuaire du Bom Jesus de Matosinhos. Ce dernier est l’œuvre d’Antonio Francisco Lisboa, dit « Aleijadinho », l’estropié, ou encore le Michel-Ange brésilien. Si sa vie n’est pas connue avec certitude, on raconte qu’il s’agissait du sculpteur le plus talentueux de l’histoire du Brésil et que, gravement malade à la fin de sa vie, il aurait terminé ce sanctuaire avec un marteau et un burin accrochés à ses bras, ne pouvant plus de servir de ses mains…

Situé au sommet d’une colline (encore une !), le sanctuaire est considéré comme le chef-d’œuvre du baroque brésilien, avec notamment 12 sculptures de prophètes de l’Ancien testament, un plafond peint et un intérieur rococo surchargé. Il y a également six petites chapelles le long de la colline qui représentent la passion du Christ. Nous sommes sous le charme de ces statues très réalistes et du cadre global de ce sanctuaire.

Alors que nous terminons la visite, la nuit va tomber et il est temps de rejoindre notre prochaine destination. Malheureusement, l’application de conduite nous fait faire un détour pour une raison inconnue. En outre on rencontre quelques embouteillages. Résultat : Quentin roulera de nuit, ce qui est assez malvenu au Brésil du fait du mauvais éclairage et des nids de poule ou dos d’âne. Nous arriverons à Ouro Preto vers 19h : ça grimpe et ça descend, des fois à 45°, sur des pavés dans des rues riquiquis ! Et notre hôtel se trouve au sommet d’une (inévitable) colline dans la forêt. Il faut se garer sur le parking le plus petit jamais vu ! Bref, vous l’aurez compris : avec la fatigue, le demi-tour, en pente, de nuit et dans le gravier, vire au drame : Quentin encastre la voiture dans la barrière de sécurité. Le bas de caisse est enfoncé, le pare-choque arrière fendu et déboité. On se voit déjà payer les 3000 réais (550 euros) de franchise et on dort assez mal… Heureusement, nous apprendrons à la restitution que nous sommes seulement quittes pour changer un pare-choque à 45 euros. Le lendemain, (pas vraiment) remis de nos émotions, nous partons à la découverte d’Ouro Preto.

 Les fous du volant
Oups... 
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Vous l’aurez deviné : vous aurez droit à des ruelles pentues et à des églises colorées ! Ouro Preto (or noir en portugais) est une ville magnifique, la splendeur coloniale du Brésil. Les rues se révèlent bien plus agréables à pied (haha…snif). Avec ses reliefs exacerbés et des murs patinés, elle a des airs de Matera des tropiques.

Après un petit déjeuner en compagnie des ousitis du jardin (!), nous commençons la visite de la ville par l’église Sao Francisco de Paula en haut de la rue de notre pousada avant de gagner la Place Tiradentes (encore lui !). Sur cette dernière se trouve le Museu da Inconfidencia (relatant l’histoire de la ville et de l’Inconfidence ; on y trouve la tombe de Tiradentes et le pilori sur lequel il a été pendu). On est ravi d’en apprendre plus sur cette époque clé du Brésil.

 En route pour le centre : ça grimpe
 La place Tiradentes
 La place côté nord et côté sud
Tiradentes : accusé, supplicié, enterré !

Juste à coté, nous admirons l’Igreja de Nossa senhora do Carmo avec dans son intérieur, en plus du traditionnel décor baroque, la plus belle collection d’azulejos du Brésil.

 Avec la lumière du matin, et celle du soir !

Un peu plus bas dans la rue, nous tombons sur le plus vieux théâtre d’Amérique latine encore en activité (ouvert en 1770 !). Ce dernier se visite jusque dans les coulisses.

 On a toujours su qu'il était fait pour la scène...

Après d’autres et d’énarrables ruelles, nous visitons l’église Matriz de NS do Pilar. Nous n’en avons jamais vu de telle : elle ressemble à un opéra, de forme décagonale avec d’imposants rideaux rouges aux balcons du premier étage.

La pause du midi sera assurée un peu plus en hauteur, avec une vue sur les toits de tuile. Nous gouterons enfin les fameux pains au fromage de la région, avant de conclure par un gâteau chocolat-fruit de la passion, un régal !

 Et en bas : l'église-opéra !

Tout en bas de la vieille ville, nous entrons dans le Parque Hortos. C’est une sorte de jardin botanique, étonnement calme et verdoyant, qui traverse toute la cité pour en atteindre le sommet (nous retomberons à deux pas de notre pousada !). Pour se remettre de nos efforts, nous nous accorderons une glace au mélange détonnant : pistache, goyave, maracuja. Miam !

 Nous sommes en pleine ville, difficile à croire, non ?

Dernière visite du jour avec l’Igreja de Sao Francisco de Assis, qui comprend un très beau plafond en bois peint par un des plus grands peintres brésiliens, Ataide. L’Aleijadinho et son père ont réalisé plusieurs œuvres ici aussi, notamment d’impressionnantes sculptures en pierre de savon. Nous passerons enfin devant deux autres belles églises au tons jaunes magnifiques avec la lumière du soleil couchant. Après quelques courses, nous dinerons à l’hôtel avec vue sur la cité de nuit.

Le lendemain, nous commencerons par la visite de la Casa dos Contos, ancienne immense demeure transformée en musée qui en raconte beaucoup sur l’histoire de la ville. C’est notamment dans ses sous-sols que furent enfermés plusieurs insurgés de l’Inconfidência. Plusieurs expositions relatent également l’histoire des mines exploitées dans et autour de la ville mais aussi la vie quotidienne ou la fabrication de la monnaie.

Nous nous dirigeons ensuite vers un autre quartier, pour la visite de la mine de Chico del Rei. Permettez-nous de re-wikipédier un petit coup : Francisco Rei, dit Chico Rei (le « roi Chico ») est un personnage légendaire issu de la tradition orale du Minas Gerais. Selon cette tradition, Chico était le roi d'une tribu du royaume du Kongo, amené comme esclave au Brésil. Il aurait été esclave dans cette mine avant de devenir ami avec son propriétaire, qui lui aurait cédé à sa mort. Il aurait réussi à acheter sa liberté et celle des autres compatriotes avec son travail et est devenu « roi » à Ouro Preto.

Ce qui n’est pas légendaire, c’est l’état de la mine que l’on visite : on s’enfonce dans des boyaux obscurs et minuscules, nécessitant parfois de passer en canard (ça fera au moins une heureuse) ou de parcourir des trouées aux pierres humides. On imagine les conditions de travail épouvantables de l’époque : pas de lumière du jour pendant des heures, humidité, air vicié, accidents, nourriture conditionnée au rendement, mauvais traitements… Dans la Casa dos Contos on a aussi pu voir comment cet or noir (car recouvert d’une pellicule d’oxyde de fer) était purifié à coup de mercure sans aucune protection pour les travailleurs et l’environnement.

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Petite parenthèse

Cette visite de mine est l’occasion de rappeler qu’encore aujourd’hui la région extrait beaucoup de minerais. Marion a justement eu l’occasion de travailler sur le sujet. Elle a dénoncé dans le cadre de son ancien travail la rupture de plusieurs barrages de déchets miniers qui ont pollué des centaines de kilomètres de la région, et anéanti le fleuve Rio Doce. A l’époque, Marion avait accompagné le peuple autochtone Krenak dans sa lutte pour exiger la dépollution de leurs terres et la reconnaissance de leur lien particulier à ce fleuve qu’ils considèrent comme un parent. La ville d'Ouro Preto est justement à 15 minutes de voiture de la ville où s’est produit le déversement de ces résidus miniers, qui est à ce jour le plus grand crime environnemental du Brésil. Et, les recherches actuelles mentionnent que de nombreuses autres digues, qui contiennent tous les déchets toxiques de l'exploitation minière, menacent de se rompre faute d’investissement (choix fait sciemment par les entreprises qui ne souhaitent pas investir). C’est glaçant.

 Le désastre après la coulée de boues hautement toxiques
Geovani et Daniel du peuple Krenak lors d'un atelier mené par la Fondation Danielle Mitterrand / Geovani et Marion à l'ONU.
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Dans le même quartier se trouve la belle église Efigenia, qui a été construite par et pour les esclaves noirs avec l’argent de Chico Rei. Il s’agirait du plus bel exemple d’église noire du Brésil, avec une décoration équivalent largement celle des églises des colons.

Nous rejoignons lentement notre hôtel en déambulant dans les nombreuses et pentues rues de ce quartier. Un peu de repos à la chambre et nous ressortons pour admirer la ville de nuit. Ouro Preto se conclura devant une excellente pizza dans un resto tout en bas de notre rue. On en profite pour signaler que le Minas Gerais est connu pour ses fromages et qu’effectivement on a souvent eu des succulents desserts, notamment une mémorable glace au fromage avec coulis de goyave…

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Devant nous rendre à Belo Horizonte pour prendre l’avion le lendemain, nous décidons d’agrémenter le trajet de quelques pauses, notamment deux cascades de la région et la ville coloniale de Sabara. Nous ne verrons ni l’une ni l’autre…

Entre l’absence totale de panneau et l’application de conduite qui joue au fifrelin, nous tournons et tournons dans les environs de ce qui devrait être les cascades sans jamais tomber dessus ! Le pire, c’est que nous parviendrons à en apercevoir une de loin, mais sans jamais atteindre le pied. Nous nous enfonçons toujours de plus en plus dans la montagne, sur des routes visiblement conçues uniquement pour les 4x4 ou les camions de marchandises. Ça secoue, ça valdingue, ça chahute, pour un résultat nul. Et puis, ici, tout est rouge : la terre, la végétation sur un mètre de hauteur, et bientôt même notre infortuné véhicule ! La poussière s’infiltre partout dans la voiture, colle aux cheveux et aux vêtements, fait tousser. L’ocre s’incruste aux chaussures et on en met partout si on a le malheur de sortir. Bref, malgré les très belles vues, on décide au bout de trois heures d’arrêter le carnage et de gagner directement notre hôtel, sans passer par la case Sabara. C’est une bonne décision car le trajet sera encore plus long que prévu.

Fffgggbbblllbbblll........ 

Pour rejoindre notre hôtel, il nous faut traverser la ville de Belo Horizonte, capitale du Minas. C’est une agglomération gigantesque. Nous mettrons plus d’une heure à la traverser (sans embouteillage, donc on vous laisse imaginer l’immensité…), uniquement via des autoroutes urbaines qui semblent ne jamais finir. Sur notre Mapsme on ne sait même pas sur quelle route on se trouve tellement les autoroutes sont nombreuses et superposées ! Nous atteignons enfin notre hôtel et sommes bien contents de nous poser. Il nous faudra deux douches chacun pour éliminer l’ocre de nos visages et nos cheveux. On en mouchera encore le lendemain !

Le repos des braves 

Ce même lendemain, après un excellent petit-déjeuner au soleil, nous partons à l’aéroport. Mais avant, il faut bien débarrasser la voiture de toute cette poussière ! Direction la station-service pour faire le plein et la douche. On commence par nettoyer l’intérieur avec les moyens du bord (un rouleau de PQ et un robinet de service). Ça frotte sec sur le tableau de bord, le volant, les portières et les tapis, le tout sous un bon soleil. Marion donnera ensuite la doudouche à la tuture. Propre comme un sou neuf ! Allez zou, tous à l’agence de l’aéroport international de Confins. Pas affolé du tout, le personnel nous facturera donc 45 euros pour remplacer la pièce. Ouf de chez ouf, Quentin (du genre anxieux) retrouvera le sourire sur le chemin du terminal. A l’aéroport, nous déjeunons pour la première fois dans un buffet « au kilo » typique du Brésil. L’occasion de goûter tout un tas de spécialités. L’ensemble est étonnamment raffiné et savoureux pour une cantine industrielle.

Le premier avion nous dépose à Sao Paolo. L’arrivée est impressionnante : des centaines de buildings s’étalent sur des kilomètres et des kilomètres, à perte de vue ! Depuis le hublot, on a l’impression de contempler une ville en Lego. Nous n’avons jamais vu un tel paysage, même à Mexico ou à New York.

Le deuxième avion nous déposera de nuit à Foz do Iguaçu. L’aéroport est riquiqui et isolé en comparaison de Sao Paulo. Il n’y a pratiquement ni taxi ni commerce. Nous y achèterons quelques beignets salés avant de trouver un chauffeur qui nous amènera à l’hôtel enfoncé dans la forêt, à deux pas des chutes d'Iguaçu. Nous dormons paisiblement, avant d’entamer le lendemain la prochaine grande étape des aventures de Canard et Cochon !