À propos

Nous sommes Marion (Canard) et Quentin (Cochon), un couple de trentenaires d’origine auvergnate. Après une incroyable aventure en Amérique du Sud pendant 16 mois, nous voici désormais en Asie pour une durée indéterminée !

Le désert d'Atacama

Rejoints par la maman de Marion et son compagnon, nous découvrons l’une des merveilles du continent : le désert d’Atacama. Retrouvailles et aventures entre paysages arides et oasis verdoyantes !
Avril 2023
7 jours
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L’Argentine est derrière nous. Pour rejoindre le Chili, il nous faut traverser les Andes. Notre ascension continue donc : 4 000 mètres, 4 500, 4 600, 4 700, 4 800… on a l’impression que ce compteur ne va jamais s’arrêter, comme quand un avion décolle. Olinda chauffe, gémit un peu ; nous roulons en première vitesse depuis vingt minutes. Mais voici qu’après cet interminable trajet, un plat semble se dessiner. Nous avons atteint le sommet, le plus haut de notre voyage jusqu’à présent. Bravo Olinda, bravo Canard et Cochon.

Nous avons passé le col de Jama, qui marquait la frontière entre les deux pays. Avant d’entamer la descente à 2 000 mètres d’altitude, on s’accorde une pause déjeuner devant un paysage splendide. Ça vente sacrément mais quelle chance de pouvoir manger face à cette lagune pastel.

Au fur et à mesure, nous prenons conscience que nous arrivons en plein désert. La puna s’est effacée au profit d’un horizon 100% minéral. De temps en temps, une lagune se détache comme un joyau bleuté. Étrangement, le trajet parait aussi long dans ce sens que dans l’autre. Pendant deux heures, c’est une succession de virages, de coups de frein et de pistes d’urgence (on en comptera une quinzaine) !

Voici enfin le plateau d’Atacama : un horizon désertique à perte de vue… C’est une vision étonnante et l’on peine à croire que l’endroit regorge de multiples lieux d’intérêt différents, tant tout semble monotone d’ici. Il est également saugrenu d’imaginer que le village de San Pedro, ultra-touristique, ait pu pousser en contrebas.

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Nous arrivons en fin d’après-midi. On se gare devant le cimetière sur un spot visiblement populaire : il se remplira de vans et de camping-cars dans la soirée (nous sommes posés à côté d’un autre combi). Avant l’arrivée de maman Canard, on a du pain sur la planche : lessive, recharge de nos forfaits chiliens, repérage de la ville, mise à jour des informations sur les visites de la région, etc. On en profite aussi pour passer à l’agence de location de voiture régler quelques détails. Nous avons en effet réservé un pick-up Toyota pour la semaine de visites à venir : certaines routes étant accidentées, on se voyait mal à quatre dans le combi ! Le soir, on s’accorde un bon resto. L’offre culinaire est assez développée à San Pedro. Adieu donc la fadeur argentine : lasagne, ceviche végé, et jus de maracuja sont au menu. On passe une bonne nuit de repos dans Olinda, d’autant que la température est revenue à la normale à cette altitude.

Oui bon ben là, ils sont tous partis... 

Le lendemain, on discute avec les combinautes voisins : les marseillais Paul et Camille ont acheté leur véhicule au Brésil et parcourent le continent depuis deux mois. Mais, ils sont actuellement en panne ! Leur moteur refuse de démarrer. Posés depuis deux semaines à San Pedro, ils font des visites en attendant qu’un mécano salvateur puisse ranimer tout le bazar. On papotera longuement de choses et d’autres. Le reste de la journée sera consacré à des petites démarches : récupération des lessives, retrait de liquide (en trois tentatives, le seul distributeur du village ayant été en panne de courant pendant plusieurs heures), peaufinage du programme… Quelques bonnes empanadas et au dodo : demain, c’est retrouvailles !

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On se réveille tôt pour rejoindre l’aéroport de Calama avec un peu d’avance. On fait bien ! La route, qui semblait relativement linéaire sur le plan, grimpe en réalité sur plus de deux heures, avant de descendre subitement. Encore une fois, Olinda est sacrément sollicitée. On profite de notre arrivée dans une grande ville pour faire des emplettes. La route du centre commercial est malheureusement bloquée par une « course automobile », sans plus de précision. Nous n’aurons pas le temps de passer à une station de lavage pour rendre notre van présentable. Le temps de faire un petit plein de nourriture et d’essence, l’avion de Martine et Claude est déjà arrivé. On fonce à l’aéroport, rencontrant une nouvelle fois des travaux sur la route. Arrivés sur le parking, deux personnes nous font de grands coucous au loin.

– Coin coin ? – Coin coin coin !  

Maman Canard et son compagnon sont enfin là ! On enchaîne les embrassades, tout sourire. Bizarrement, tout paraît naturel, comme si on s’était quittés il y a dix jours, au lieu de dix mois ! Ils ont droit à un tour du propriétaire : c’est rapide. Le temps de charger les valises, et nous voici tous dans Olinda pour faire la route en sens inverse !

 Bienvenus au Chili, les aventuriers !

Il faut croire que deux personnes et leur chargement, c’est un peu trop pour notre vieux tacot. Au bout d’une heure de montée, on entend le moteur ronfler ; on perd de la vitesse ; on broute ; on cale. Arrêt d’urgence en bord de route, heureusement assez large. Il faut refroidir. Martine et Claude, les petits veinards, ont l’occasion de vivre très tôt la réalité de notre quotidien !

Au bout de 30 minutes, on relance Olinda sans souci et on gagne notre hôtel à San Pedro. Ouf, tout le monde peut se reposer. Martine et Claude se remettent de leur 24 heures de trajet. Le soir, après un petit repas dans un resto du centre-ville, nous regagnerons vite nos pénates. Martine et Claude sont dans leur chambre d’hôtel ; nous, nous sommes posés dans le combi juste devant.

Fifille et mounette 
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Après une bonne nuit de sommeil, nous prenons tous ensemble un petit déjeuner dans le patio de l’hôtel. Martine et Claude découvrent la chaleur cuisante du soleil andin. On regarde une carte du désert d’Atacama pour passer en revue le programme des prochains jours. L’objectif : découvrir les beautés du territoire en variant les types de paysages et en faisant attention à l’altitude (on ira progressivement de 2 500 mètres pour finir à 4 800 mètres).

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Pour ce matin, ce sera une petite balade dans San Pedro. L’hôtel est excentré du centre-ville. En passant dans les quartiers résidentiels et déserts du village, Martine et Claude peinent à croire que le village sera animé. Et pourtant, d’un coup, c’est une succession de boutiques de souvenirs, d’agences de tourisme et de restaurants.

Les maisons sont toutes basses et en adobe, conférant au gros bourg une certaine harmonie. Les rues sont en terre battue, la poussière est omniprésente. La place centrale a un charme indéniable : petite église blanche avec un joli portail en bois de cactus, stands proposant diverses spécialités artisanales, personnes se reposant tranquillement sur les bancs à l’ombre des faux-poivriers.

Après avoir déambulé dans l’hyper-centre, nous nous éloignons un peu pour découvrir les faubourgs plus calmes où vivent réellement les gens. C’est particulièrement tranquille. Devant les maisons, les habitants tentent de faire pousser quelques légumes ou céréales. San Pedro est situé dans une oasis en plein milieu du désert le plus aride au monde.

Désormais, direction le combi que nous avions laissé à notre spot préféré devant le cimetière. Martine et Claude vont vivre un peu notre quotidien : repas en plein cagnard devant la voiture, à grignoter un pique-nique. Ils feront la connaissance de Camille et Paul, les combinautes, qui sont justement en plein tests mécaniques pendant qu’on mange : típico ! Merci d’ailleurs encore à eux de nous avoir prêté leur grande table et deux chaises supplémentaires…

Nous partons au second hôtel, qui sera notre base pour les 4 prochains jours. Chaque couple a une chambre très confortable. Le patio permettra de prendre nos repas ensemble dans l’agréable cadre global de cet hébergement. Tant Canard que Cochon seront heureux de pouvoir profiter de ce grand luxe : toilettes, douche chaude, hauteur sous plafond, espace !

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On ne s’attarde pas trop pour pouvoir aller visiter dès cet après-midi la Vallée de la lune. La route qui y mène est déjà un bel aperçu de l’étonnante géologie du coin. Martine et Claude sont confortablement installés à l’avant pour profiter du paysage rocheux qui semble torturé ; Marion conduit et Quentin est à l’arrière.

La Vallée de la lune se visite en voiture par une piste de 12 kilomètres où divers arrêts permettent de marcher en plein cœur de cet univers minéral. Située dans la cordillère de sel, cette vallée est connue pour mêler impressionnantes dunes de sable, formations rocheuses des plus biscornues et traces de sel surgissant du sol. Nous commençons la découverte par une marche pour atteindre un superbe point de vue sur la plus grande dune du lieu. Au loin, la cordillère des Andes forment une ligne de sommets enneigés tous plus beaux les uns que les autres.

Quelques minutes de route plus tard, nous sommes à nouveau ébahis par la beauté du paysage. Une petite randonnée longe des crêtes. La montée est assez fatigante et s’avérera un peu difficile pour maman Canard qui souffre d’arthrose dans les genoux, mais elle fera vaillamment la balade ! Encore une fois, un panorama incroyable s’offre à nos yeux. C’est un environnement varié mêlant falaises colorées, à-pics vertigineux, mers de roches ou de sable. Quel plaisir de pouvoir vivre ces découvertes avec Martine et Claude !

Le sel de la vie 
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Il se fait tard, nous partons vite en direction d’une falaise un peu plus loin pour assister au coucher de soleil. La Piedra del Coyote surplombe une grande partie de la Vallée de la lune et fait face à la cordillère des Andes. Le soleil commence à décliner : il pare les environs de rose et violet. Quelques photos souvenirs et nous voilà repartis après une journée bien remplie que nous finirons tranquillement à l’hôtel.

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Ce matin, après une grass’ mat et un bon petit déj au soleil, nous partons récupérer la voiture de location. Malheureusement, on a interdiction formelle de nous rendre avec ce véhicule aux lagunes cachées de Baltinache que nous devions visiter ce matin. La route est, soi-disant, trop mauvaise, avec des pierres coupantes qui ont déjà endommagé plusieurs voitures. Marion, qui gère le programme, propose donc de changer les plans et d’aller directement à la Vallée arc-en-ciel. Ce sera Claude notre chauffeur désormais. Il s’installe au volant de l’énorme pick-up et fait chauffer le moteur.

Vroum vroum vrouuuuuuuuuum ! 
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Ça grimpe d’abord par une bonne route de puna. Puis des chemins de terre étroits traversent une petite oasis. Nous voici dans la Vallée arc-en-ciel. Plusieurs passages à gué doivent être franchis ; sacrée première journée de conduite pour Claude !

Les vues sont superbes. Il n’y a pas un chat. En revanche, c’est bourré de lamas ! On s’arrête ainsi un long moment à observer les spécimens à pompons. Martine et Claude sont comme des gosses : oh regarde celui-ci, oh et le bébé là… Il faut dire que même nous, qui voyons des lamas depuis 3 semaines quasiment tous les jours, ne sommes toujours pas lassés à la vue de ces boules de poil. On assistera même à une tentative d’accouplement où visiblement la femelle n’est pas très consentante... Elle s’enfuira en courant poursuivie par le mâle. À la vue des jolis pompons multicolores, on rira en s’imaginant que chaque matin, le lama choisit son pompon pour la journée…

"Qu'est-ce que ça sera, aujourd'hui ?" 

Une balade permet de s’enfoncer plus encore dans ce paysage haut en couleurs. Ocre, rouge, violet, vert, blanc se mêlent pour créer cet arc-en-ciel rocheux. On passe aussi devant des formations rocheuses qui nous rappellent celles vues en Argentine dans la région du Cuyo. Un beau mirador permet d’observer la vallée colorée. Nous sommes seuls au monde dans cet environnement paisible bien que rude.

Encore une belle journée donc et des rencontres avec plein de lamas trop choupis. La fin d’après-midi sera consacrée au repos à l’hôtel avant de ressortir dîner en ville. Martine et Claude goûteront la chorillana, vous savez ce plat chilien particulièrement copieux de frites recouvertes d’oignons, viandes, fromage, œuf. Et, pour faire passer le tout, nous engloutissons une succulente glace de maracuya.

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Le ciel du désert d’Atacama est réputé pour être particulièrement pur. C’est d’ailleurs ici que les Européens, Japonais et États-uniens ont installé le colossal projet ALMA : le plus grand observatoire de radioastronomie au monde perché à 5 000 mètres d’altitude. Pour notre part, nous avons rendez-vous avec Alain Maury, astronome français installé au Chili depuis plusieurs années pour un petit tour astronomique.

La soirée commence par une longue introduction : constellations, système solaire, années-lumière, éléments historiques, etc. C’est intéressant mais un peu décousu. Puis, nous partons dans le jardin pour admirer la voûte céleste à l’œil nu. C’est impressionnant de voir autant d’étoiles si nettement. On passe en revue les diverses constellations, mais, pour certaines, il faut avoir une sacrée imagination pour distinguer un cheval ailé ou un guerrier grec. Alain Maury fait d’ailleurs beaucoup de blagues à ce propos ! Au bout d’un moment à rester ainsi statiques, on commence un peu à se geler et à tourner en rond (si on ose dire). Heureusement, on part maintenant en direction des télescopes. On observera des étoiles de tout âge et des nébuleuses... On verra un joli alignement de trois étoiles, l’une rouge, l’autre bleue et la dernière blanche. Mais pour être francs, on reste tous un peu sur notre faim. Les appareils ont beau être énormes, les étoiles ne sont toujours que de petits points plus ou moins blanc et étincelants. C’est beau et vertigineux à observer mais on s’attendait à voir les astres de plus près encore.

On s’endort toutefois avec des étoiles plein la tête de cette deuxième bonne journée, passée tous ensemble.

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Levés aux aurores ce matin, nous partons vers la Laguna Chaxa, connue pour ses flamants roses. Nous sommes quasiment seuls sur le site. Nous avons une belle vue sur le désert de sel et les montagnes qui l’entourent. Le flamant James, le flamant du Chili et le flamant andin cohabitent dans ces eaux salées peu profondes. À cette heure bien matinale, l’eau devient un miroir.

 Flamant James (à gauche), flamant andin (au centre) et flamant du Chili (à droite)
Trouvez l'intrus 

Après quelques pistes au milieu du salar nous voici soudainement dans une oasis verdoyante. Les eaux de la rivière Jere prennent leur source dans les glaciers et s’écoulent entre les hautes parois rocheuses de la Quebrada de Jere. Grâce à cette précieuse eau, le canyon se transforme en un immense verger au milieu des dunes de sable. Les jardins s’égrènent le long de la rivière, alimentés par des canaux. Durant la promenade à travers les parcelles, nous apercevrons des fruits et légumes bien mûrs, notamment d’énormes grenades rougeoyantes éclatées. Bien entendu, il est interdit de les cueillir ! Marion et Quentin marcheront également à flanc de falaises avant de rejoindre Martine et Claude pour un bon pique-nique assis à l’ombre.

Direction désormais le tout proche village de Toconao. Comme toujours, les maisons sont basses. À l'église, on retrouve les typiques bois de cactus, toit de paille et façades blanchies. En déambulant vers la place centrale, nous tombons sur une boutique d’artisanat où l’on est invités à observer le tissage des ponchos et couvertures. Dans l’arrière-cour, deux lamas nous guettent. Ils n’attendent qu’une chose : qu’on les nourrisse avec des haricots de caroubier. Martine et Claude s’en donnent à cœur joie ! On peut difficilement être plus près de ces grosses boules de poil toutes douces !

Nous passons la fin d’après-midi dans un endroit magique. La lagune Tebenquiche est une merveille. Sous un soleil de plomb, on admire les montagnes se miroiter dans l’eau. Par endroit, une couche de sel recouvre la surface, renforçant les contrastes. Où que l’on porte le regard, le paysage est majestueux.

Pour finir la journée, nous fêterons les 34 ans (déjà !) de Quentin dans un bon resto. Au menu, des plats raffinés et bien présentés et surtout très bons. Cochon pourra même souffler sa bougie pour marquer le coup ! Feliz cumpleaños  !

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Aujourd’hui, c’est lagunes ! On part admirer plusieurs lacs situés en plein cœur de la Cordillère des Andes, à la frontière avec l’Argentine. Une longue route nous attend. Nous faisons une première halte au petit village de Socaire, point de contrôle des billets d’entrée d’accès. Le village n’a pas grand intérêt hormis une mignonne petite église.

Le chemin qui mène à la première lagune est superbe : plus l’on avance, plus l’on s’approche des montagnes. On vient de passer de 2 500 mètres d’altitude à plus de 4 000 mètres : on carbure à la feuille de coca. Nous sommes au milieu d’un environnement de puna bourré de troupeaux de vigognes. Certaines traversent devant la voiture en courant, l’occasion de les observer de très près. Après les lamas à pompons trop mimis, voici les vigognes sauvages trop choupies !

L’arrivée à la Laguna Miscanti est splendide : la route grimpe par une piste poussiéreuse et d’un coup en contrebas se détache l’azur profond de la lagune. L’endroit est magnifique avec le bleu de l’eau, le vert de la puna, l’ocre de la montagne et le blanc des sommets enneigés. C’est un véritable tableau de maître qui s’offre à nos pupilles. Le clou du spectacle : des troupeaux de vigognes qui gambadent partout. On passe un long moment à les regarder se déplacer gracieusement pour s’abreuver.

La Laguna Miñiques est toute proche. Plus rond, le lac est plus sombre. L’eau tire sur le vert foncé voire noir. En marchant vers le mirador, Canard et Cochon aperçoivent trois vigognes afférées à brouter. On appelle Martine et Claude pour qu’ils nous rejoignent sans faire de bruit. Nous nous retrouverons à trois mètres d’elles, une sacrée chance ! Comme toujours on est gagas devant ces bestioles à poil soyeux et aux grands yeux doux.

Oui, c'est bien une autre lagune 
On veut leur faire des bisouuus !

Nous continuons notre route vers d’autres beautés naturelles. Les vues sont de plus en plus impressionnantes sur les montagnes et volcans nous entourant. On voit moins de quadrupèdes dans ce coin, en revanche on croise un ñandú (vous savez, cette petite autruche latino-américaine). Et puis, d’un coup, se dessine une nouvelle lagune, aux couleurs pastel cette fois-ci. Le paysage est envoûtant, irréel presque.

Nous ferons une petite marche près de cette étendue d’eau dite de Piedras Rojas ; au pas de course, le site fermant bientôt. C’est encore une fois un contraste saisissant : des pierres rouges, des eaux turquoise et au loin des montagnes tirant sur les oranges et roses. On se croirait devant des aquarelles !

Il se fait tard, nous grimpons à bord du pick-up pour profiter des dernières lueurs de jour sur la puna puis sur le désert d’Atacama. Vu la beauté des sites visités aujourd’hui, un gros tri de photo s’annonce pour la soirée ! Un bon resto et au dodo.

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Dring, il est 4 h du mat’ et une nouvelle aventure nous attend. En passant dans le village de San Pedro on s’arrête à la boulangerie française (!) pour prendre quelques baguettes pour la route. Nous nous rendons à la dernière merveille d’Atacama : les geysers du Tatio. Ces derniers, à deux heures de route, doivent être observés au lever du jour. L’écart de température entre les sources chaudes et le froid de la nuit génère en effet d’impressionnantes fumerolles. Encore un peu endormis, nous partons vérifier cette réputation.

Sans surprise, la piste est mauvaise. On enchaîne les trous et les vaguelettes qui cassent le dos et la mécanique. Bizarrement, on sent beaucoup plus ces vibrations en pick-up que dans notre combi ! Claude découvre les joies de la conduite sur ce genre de route.

Le panorama, notre plus fidèle allié, vient contrebalancer ces inconvénients : le soleil se lève sur la cordillère. Sur la route, nous passons devant des zones humides. Les flamants et les autres oiseaux se meuvent lentement dans les herbes hautes ou sur la glace. Car oui, tous les points d’eau sont gelés à cette heure-ci !

Mais voici qu’au loin, on aperçoit des nuages de fumée… et qu’une odeur d’œuf pourri nous chatouille les narines. Pas de doute : on est arrivés ! Il fait -3° et Quentin grelotte un peu en allant acheter les tickets à l’entrée. Heureusement, le soleil réchauffe bientôt la zone et vos serviteurs.

Quel spectacle ! Dès nos premières pérégrinations, nous admirons cet endroit hors du commun ! Ici, de la boue gigote dans son trou. Là, c’est un geyser qui pousse son eau brûlante vers le ciel. De ce côté, c’est une fumerolle qui répand son odeur sulfureuse sur l’assistance.

Les montagnes enneigées se détachent de plus en plus au fur et à mesure que le soleil se lève. Comme nous sommes arrivés plus tard que les flots de touristes venus via des agences , nous nous retrouvons bientôt seuls sur le site. C’est si tranquille que nous pouvons croiser des vigognes et un renard pas apeuré pour un sou.

Sur le retour, nous nous arrêtons aux zones humides croisées à l’aller. La glace a maintenant en grande partie fondu et les oiseaux du coin s’en donnent à cœur joie. Le mélange des couleurs est superbe. Les oiseaux ne sont pas les seuls à profiter : pour la première fois nous observons des vigognes se mouvoir dans l’eau, ce qui nous donne l’occasion de les approcher d’encore plus près.

 Dégel en cours...

La pause déjeuner se fait au petit village de Machuca, au pied de sa jolie église blanche. Le retour sera tout aussi beau. Après les zones humides, nous longeons ensuite un canyon dans lequel s’écoule une rivière formant une oasis. Puis, nous surplombons tout le désert d’Atacama : l’immense plateau s’étend devant nous.

 Une dernière zone humide à la sortie du village
Distinguez-vous les sommets au loin qui marquent la fin du plateau ? 

Il est temps de rentrer à San Pedro, pour rendre le pick-up. De retour à l’hôtel, bonne nouvelle : la gérante à qui l’on vient de dire que nous partons le lendemain pour une excursion de 4 jours en Bolivie, nous propose de garer Olinda dans sa cour intérieure. C’est vraiment très gentil de sa part, ça nous évite de nous inquiéter en laissant le van en pleine rue pendant plusieurs jours. Nous préparons nos sacs pour l’aventure bolivienne à venir. Pour cette dernière soirée à Atacama, nous nous ferons plaisir : soupe de courge, rouleau de courgette au saumon, poulet à la polenta, gâteau à l’ananas… On profite une dernière fois de notre bel hôtel.

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Demain matin, nous devrons nous réveiller très tôt pour rejoindre la Bolivie. Le désert du sud-Lipez et le salar d’Uyuni, deux autres splendeurs du continent, nous attendent !

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