Chili, nous voilà !

Nouveau pays, nouvelle aventure ! Récit de nos premières semaines au Chili dans la vallée perdue de Colliguay. Immersion dans la vie rurale chez nos hôtes Josefina et Seva.
Du 22 septembre au 9 octobre 2022
18 jours
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Nous nous étions laissés dans un avion au-dessus du Brésil. Nous y reprenons donc le récit. C’est avec une petite nostalgie que nous voyons défiler les immeubles de Sao Paulo puis les campagnes verdoyantes du pais tropical. Une fois notre vitesse de croisière atteinte, il faut bien avouer qu’on ne distingue plus grand-chose à part de temps en temps des immenses champs des latifundios.

Et puis à un moment donné, le relief s’accentue : c’est le début des Andes. C’est soudain, abrupt, extrême, à l’image de cette cordillère unique. Si nous avions malheureusement survolé la forêt amazonienne de nuit, nous bénéficions d’une belle lumière pour le survol des Andes. Durant de longues minutes, les sommets enneigés s’enchainent. Instantanément nous prenons conscience qu’une nouvelle étape de notre voyage s’ouvre.

D’autres paysages, climats, faune et flore, rencontres nous attendent. On se regarde, et sans parler, ce sont des images d’alpagas, de volcans enneigés et de randonnées extrêmes qui nous traversent simultanément l’esprit. La dernière fois que vous avions vu -et traversé ! – ces montagnes, c’était lors de notre séjour au Pérou en 2019.

Ding ! Le retour au présent se fait à l’annonce du commandant de bord. Alors que nous venons à peine de terminer le survol de la cordillère, nous allons déjà nous poser à Santiago. Il est vrai que cette ville est littéralement au pied des montagnes. On entame la descente. A la place des palmiers et des cocotiers, ce sont des pins, des chênes et des vignes qui recouvrent le sol. Le Brésil tropical est derrière nous. On peine à apercevoir la capitale, car l’aéroport est en réalité assez éloigné de la ville. On ajuste la ceinture, on se pose, on débarque. Señores, señoritas, bienvenus au Chili !

Au terme d’un parcours assez long au sein de l’aéroport (police aux frontières, douanes…) puis d’un trajet en taxi, nous gagnons notre première étape : la petite ville de Curacavi. C’est ici que nous avons rendez-vous avec nos premiers hôtes du Chili : Josefina et son compagnon Seva. Il s’agit de la mère de Diego, un ancien collègue de Marion avec qui elle travaillait à la fondation Danielle Mitterrand (il y a quelques mois à peine, mais ça parait déjà si loin !). Ils habitent dans la vallée de Colliguay, située entre Santiago et Valparaiso, et ont très gentiment proposé de nous héberger durant nos premières semaines.

Nous nous retrouvons -et nous découvrons !- sur la place centrale de cette petite ville. Hola, un abrazo y todos dans le 4x4 ; c’est qu’il y a du trajet jusqu’à la maison. Nous roulons par des petites routes de montagne pendant plus d’une heure pour arriver de nuit. Le temps de grignoter quelque chose et nous voici dans notre confortable chambre dans une dépendance de la maison (nous avons ainsi notre petit espace à nous !). Il est déjà tard. C’est la fin de l’hiver aux pieds des Andes, et la température chute sacrément vite dès la tombée du jour. On enfile nos sous-couches thermiques, on fait le lit avec les grosses couvertures en laine et hop au dodo. C’est notre première nuit au Chili.

 Notre hôtel :D 
On est là ! 
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En réalité nous passerons plutôt 10 jours chez Josefina et Seva, mais sans continuité. Nous nous rendrons en effet à Santiago et à Valparaiso, à la fois pour du tourisme et pour des démarches administratives. Du coup, comme chez Canard et Cochon, on prend des risques, nous opterons pour cette étape pour une narration non-linéaire. Oui, on est comme ça : on est des foufous, des locos !

Pourquoi être allés dans cette vallée et qu’avons-nous donc fait durant ces premiers jours au Chili dans la vallée de Colliguay ?

Après 3 mois à avoir parcouru le Brésil en sac à dos, nous avons prévu de continuer notre périple en van. Pour cela, nous avons choisi le Chili comme pays d’achat du véhicule. C’est en effet autour de Santiago/Valparaiso qu’on trouve le plus d'offres de vans. Or, la mère du collègue de Marion vit dans la vallée de Colliguay, vallée qui se situe justement entre ces deux villes : cela nous a donc paru un bon point de chute à tout point de vue pour démarrer cette nouvelle étape.

Nous avons prévu 50 jours pour trouver un van. Ce sera notre véhicule et "chez nous" pour toute la suite du voyage, soit près de 10 mois d’après notre planification. Le compte à rebours commence : il nous faut rechercher activement un van aménagé et avancer sur des démarches administratives pour pourvoir l’acheter. Afin de ne pas avoir à payer un hôtel pendant cette longue durée, et surtout pour rendre cette étape un peu plus enrichissante pour nous, nous avons décidé de vivre chez l'habitat au départ (chez Josefina et Seva) puis de faire du volontariat dans une ferme. La vallée rurale de Colliguay va nous permettre de nous immerger pleinement dans la culture du pays. Ce sera aussi l'occasion de mettre un peu plus les mains dans la terre et de nous dégourdir un peu, nous qui avons passé 8 ans dans des travails plutôt intellectuels.

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Lorsque nous arrivons, la fête nationale chilienne vient juste de se dérouler comme en attestent les nombreux drapeaux accrochés aux maisons. Cela sonne la fin de l’hiver (les saisons sont inversées puisqu’on est dans l’hémisphère sud). Josefina et Seva sortent d’un gros rhume qui les a fortement affaiblis, les empêchant d’avancer comme ils le souhaitaient au jardin et potager. Il faut ajouter à cela le fait que l’hiver a été particulièrement froid et pluvieux cette année. C’est ainsi que notre principale mission a consisté à remettre sur les rails leur terrain.

En quelques jours, Quentin s’est donc retrouvé à couper et débiter des arbres, démonter et nettoyer une tronçonneuse, débroussailler à la main, à la machette ou à la machine, ratisser et charger la brouette (jusqu’à 20 allers-retours dans la journée). Il a également tenté à plusieurs reprises de changer un filtre à diesel sur la voiture de Seva, avec ce dernier, mais il manquait toujours un outil ! Il a néanmoins pu l’accompagner pour assister au changement de trois pneus (étonnamment plus compliqué que de changer juste la roue) dans un garage du coin.

 Cochon voulait apprendre, Cochon a été servi !

Marion a surtout travaillé au niveau du compost et du potager. Il lui a fallu redessiner les chemins en arrachant la broussaille particulièrement haute (plus d’un mètre de hauteur). Elle a également passé plusieurs jours à rafraîchir le potager en retirant les herbes qui rendaient difficile l’accès aux légumes, tout en prenant soin de ne pas abimer les fleurs ou aloe vera nichées au milieu de cette petite jungle, et arroser le tout. Une photo avant/après sera plus parlante.

Une fois les espaces habilités, nous avons planté des tomates mais aussi des courges et patates au niveau du compost. Ca a germé en quelques jours !

Nous avons trouvé ce travail bien physique et fatigant mais très satisfaisant : on note facilement les résultats de notre labeur. Alors que nous n’avions aucune expérience dans ce domaine, on se rend compte qu’avec de bonnes instructions et un peu d’observation, on arrive assez vite à prendre confiance et trouver les bons gestes.

Depuis plusieurs années, Josefina fabrique des produits cosmétiques à partir d’huiles essentielles et plantes qu’elle a sur son terrain : savons, shampoings, huiles de massage ou médicinales, petits bouquets de fleurs séchées, etc. sont proposés à la vente dans la vallée et les villes alentour. Marion a ainsi pu aider Josefina en coupant de la lavande et en ramassant diverses fleurs (roses, orties, pâquerettes, fleurs du fruit de la passion, etc.) pour les mettre à sécher.

Au-delà de ces activités, nous participions à la vie quotidienne de la maison : préparation de repas, vaisselle, rangement, faire le feu pour le poêle… ou des gratouilles aux innombrables chats et chiens tous plus mignons les uns que les autres.

Du coup, plus d'affection pour le pauvre Cochon !  

Nous avons passé d’excellents moments avec Josefina et Seva à discuter de longues heures pendant les repas. L’occasion d’en apprendre plus sur la vie de nos hôtes, notamment l’exil en France de Josefina (donc francophone) mais aussi sur la vallée de Colliguay, l’histoire et la culture chilienne… L’opportunité également pour nous de partager nos ressentis sur notre séjour au Brésil ou d'échanger sur la vie à la Fondation Danielle Mitterrand puisque le fils de Josefina y travaille encore. Ces discussions nous ont permis de passer nos cerveaux en mode espagnol (et non plus portugais). Les progrès ont été rapides et nous nous sommes habitués assez vite à l’accent et aux expressions typiquement chiliennes.

Ici aussi, ça bosse dur 

Durant ces quelques jours, nous avons parcouru la vallée d'est en ouest en nous rendant chez des amis de Josefina et Seva et en faisant des courses d’appoint. L’occasion de prendre conscience de l’étendue du territoire traversé par une route principale et entouré de montagnes rocailleuses tirant parfois sur le rouge. Tout en travaillant au jardin, nous pouvions admirer des panoramas splendides tout autour de nous. Chaque jour en fonction de l’heure et de la météo, la lumière donnait un charme différent aux paysages. La vallée jouit d’un micro-climat de type méditerranéen fort agréable. Elle est malheureusement de plus en plus victime de fortes sécheresses. Celles-ci sont causées par le réchauffement climatique mais aussi par des pratiques qui mettent à mal les équilibres des écosystèmes (nous y reviendrons dans un prochain carnet).

 Lumière du soir, espoir

Durant ces premiers jours au Chili, la majorité de notre temps libre a été consacré à éplucher les sites de ventes de van. Quelques offres ont retenu notre attention comme nous vous l’expliquerons plus tard. Beaucoup de repos aussi pour habituer nos corps aux nouvelles activités manuelles bien fatigantes et aux écarts de températures dans la même journée.

 En voituuure ! 

Josefina et Seva ont joué un rôle clé dans notre arrivée au Chili. En nous accueillant à bras ouverts chez eux, ils nous ont permis de passer de bons moments dans cette étape de transition de notre voyage. Ils nous ont aidés dans nos démarches et recherches, nous ont mis en lien avec plusieurs personnes pertinentes pour la suite du voyage ou l’achat du van et ont été de bons professeurs ! Nous nous sommes rapidement senti comme à la maison dans une famille d’accueil.

Muchas gracias otra vez Josefina y Seva ! 

Durant ces premières semaines, nous avons également fait des excursions touristiques à Santiago, Valparaiso et Viña del mar : on vous raconte tout cela dans notre prochain carnet !