Au Pays des Vaches Sacrées

Du 1er janvier au 13 février 2019
44 jours
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Après 24 heures de voyage, dont 4 heures de retard lié au brouillard épais sur l'aéroport de Bangalore nous obligeant à faire un détour par Chennai pour se ravitailler en fuel, puis un second détour par Srirangaptna suite à un malentendu, j'arrive enfin à ma première escale le 1er janvier 2019 : MYSORE. Deuxième ville de l'état du Karnataka après Bangalore, Mysore compte environ un million d’habitants sur les 64 millions d'habitants du Karnataka. Parmi toutes les villes indiennes visitées au cours de mes 7 voyages en Inde, Mysore reste pour moi la ville la plus agréable à vivre au quotidien, une ville indienne à taille humaine, propre et au climat tempéré. Je recommande la visite du Marché très coloré de Devaraja, du Palais du Maharaja et notamment son illumination le dimanche soir, Chamundi Hills et son imposant Nandi et un dîner au Lalitha Mahal Palace, palais construit en 1921 pour accueillir le Vice-Roy des Indes (http://www.lalithamahalpalace.co.in), qui vous transportera dans un décors du Raj britannique.

Le Marché de Devaraja

Le Marché de Devaraja date du règne du Sultan Tipu au 18ème siècle et doit son nom au treizième maharaja du Royaume de Mysore. A cette période, il s’agissait d’un petit marché hebdomadaire où se vendaient principalement des légumes et des fruits. Aujourd’hui le marché compte plus de 800 boutiques, organisées en différents quartiers (fruits, légumes, oignions et pommes de terre, noix de coco, "jaggery" qui n'est autre qu'un sucre non raffiné, fleurs, pigments…etc) et s’étend sur plus d’un hectare.

Quartier des fruits, légumes, noix de coco et épices (dont curcuma ci-dessus) 


Quartier des Fleurs 

Les fleurs sont beaucoup utilisées dans la culture indienne, et notamment, à titre d'exemples : lors des mariages en collier pour les époux et pour la décoration des salles de mariage, pour les rites funéraires hindous (collier mis au défunt avant la crémation), pour réaliser des « Puja » (rites d'offrandes et d'adoration).

 Quartier des pigments "Kum Kum", encens et parfums

Les pigments de couleurs vives, appelés KumKum, sont notamment utilisés pour célébrer la fête d’Holi dite fête des couleurs et pour dessiner les Rangoli (dessins réalisés par les femmes chaque matin sur les seuils ou dans la cour des maisons ou sur le sol des temples).

Rangoli 
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Mysore Palace

Ce palais constitue la résidence officielle de la dynastie des Wodeyar et historiquement le siège du Royaume de Mysore. C'est le premier raja de Mysore, Vijayaraja Wodeyar (1371-1423) qui a fait construire le premier palais, à l’époque en bois, qui par la suite a été démoli et reconstruit plusieurs fois. Le monument actuel a été édifié, après l'incendie en 1896 du Vieux Palais, entre 1897 et 1912 par l'architecte Henry Irwin dans le style indo-sarracénique, s'inspirant des architectures indo-islamique et indienne mélangés aux styles néo-classiques et gothiques de retour dans l'Angleterre victorienne. Actuellement, une grande partie du palais est sous le contrôle du gouvernement du Karnataka grâce à l'adoption de la loi sur l'acquisition du palais de Mysore en 1996 lors des assemblées de l'État. Seule une petite partie du palais, en direction de la Porte Ouest, est la propriété de la famille royale.

Détails du Palais de Mysore (Dubar ou salle d'audience, Plafonds peints, Marqueterie) 
Palais de Mysore, Détails des peintures (Défilé d'éléphants pour Dussehra; Portrait du Maharaja) 

L'illumination du Palais à voir absolument, est un spectacle féérique qui nous laisse entrevoir la grandeur passée du royaume de Mysore. L'illumination a lieu tous les dimanches à partir 19h et s'accompagne d'un concert de musique classique indienne.

 Illumination hebdomadaire du Palais de Mysore, le dimanche soir
Palais de Mysore illuminé
Illumination du Palais 
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Il y a beaucoup de choses à faire dans les environs de Mysore au Karnataka, mais également au Kerala, état voisin. A quelques 140 kilomètres au sud de Mysore, se trouve Kalpetta, petite bourgade réputée pour son hôpital ayurvédique " Kannur Aryuvedic Multi Speciality Hospital & Yoga Research Centre" (http://www.ayurvedawayanad.com). Rien de tel qu'un petit massage ayurvédique d'une heure pour se remettre des trois heures et demi de trajet en bus régional, avant d'aller se promener dans les plantations de thé environnantes.

Escapade dans le District de Wayanad, Kerala, au milieu des plantations de thé

L'Ayurvéda est une forme de médecine traditionnelle originaire de l'Inde du sud, et en même temps une philosophie et une science de la vie héritée de l'Inde ancienne (Civilisation védique), "âyur" signifiant vie, et "véda", science dans une traduction littérale du sanskrit.

Il est possible de réaliser un Panchakarma, cure de détoxification intégrant notamment des massages, au sein des hôpitaux ayurvédiques.

A noter que l'Ayurveda est reconnu par l'Organisation Mondiale de la Santé (OMS).

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Hostel Hibernest Chembra, charmante auberge de jeunesse, située au milieu des plantations de thé, à quelques kilomètres de Kalpetta, permettant de visiter les environs (Chembra's peak, Kanthapara Falls).

Affas Udupi Restaurant (http://hotelaffas.in) à Kalpetta, où vous pourrez déguster un des plats traditionnels de l'Inde du Sud : le Tali. Il s'agit d'un plat végétarien, servi sur une feuille de bananier.

Tali, plat typique de l'Inde du Sud
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Le parc national Nagarhole (aussi connu sous le nom de Rajiv National park) se situe à une centaine de kilomètres de Mysore et s’étend sur 640 km2. Difficilement accessible en transport en commun, j’ai donc fait appel à un taxi pour m'y rendre. Il s’agit d’une des principales réserves de tigres en Inde, de même que la réserve voisine de Bandipur. On peut y trouver des bisons, des éléphants, des léopards, des daims, des cobras et vipères, des crocodiles, des singes, des tigres et voir même des panthères noires si on est très chanceux. Pour ma part, j’ai surtout vu beaucoup de daims, un bison, un éléphant, un cobra géant se dorant la pilule sur la piste et dérangé par notre jeep, plusieurs singes et exceptionnellement TROIS léopards sur deux safaris (un dans l'après-midi et un au lever du jour) !!!!

Le parc était une réserve exclusive de chasse du temps du royaume Wodeyar et ce n’est qu’en 1955 que la réserve a été déclarée sanctuaire national, avant d’être requalifié de réserve nationale en 1988. A noter que des populations tribales vivent toujours dans la réserve, les Jenus Kurubas.

Léopard en balade dans la réserve
Nagarhole National Park, Singe Gray Langur, Léopard, Daims et notre super guide Santosh doté d'un oeil de lynx 
Machaan Wilderness Lodge et sa plantation de café environnante 

Les caféiers sont des arbustes des régions tropicales, qui apprécient généralement un certain ombrage. Ils produisent des fruits charnus, rouges, violets, ou jaunes, appelés cerises de café, à deux noyaux contenant chacun un grain de café (la cerise de café est l'exemple d'une drupe polysperme). En Inde, il s’agit principalement de Coffea canephora (robusta), qui donne une boisson riche en caféine, contrairement au Coffea arabica, qui produit un café fin et aromatique. La culture de l'arabica plus délicate et moins productive est donc plutôt réservée à des terres de montagne, alors que celle du robusta s'accommode de terrains de plaine et offre des rendements plus élevés. Après la récolte, le café doit être rapidement débarrassé de son enveloppe charnue par séchage ou par lavage. Le séchage se pratique sur des aires de séchage, où les cerises de café de tout âge sont étalées et régulièrement ratissées. En quelques jours, la partie charnue se déshydrate et se désagrège en partie.

Le Machaan Wilderness Lodge, un charmant lodge dans un calme absolu, au milieu des plantations de café et de poivre (Churicad, Srimangala Kodagu, Virajpet 571217).

http://www.machaan.com

Pour les amateurs de moto, vous pouvez contacter l'agence K9 Rides qui organise des tours à moto dans la région, et notamment sur la mythique Royal Enfield. http://www.k9rides.com/fr

Pour un futur voyage au Karnataka, je retournerai volontiers faire un safari mais cette fois, en accédant au Côté Est de la Réserve, du côté du lac Kabini. Il est possible de faire un safari en bateau sur le lac uniquement en tant qu'hôte d'un des lodges. Il semble d'ailleurs plus facile d'apercevoir des tigres de ce côté. Concernant l'hébergement de ce côté-ci de la réserve, il n'y a que des lodges très chers. Un des moins chers reste le Kabini Lodge, appartenant à l'Etat (http://www.junglelodges.com/kabini-river-lodge/).

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Il est très étonnant de retrouver une communauté tibétaine, perdue dans le sud de l’Inde, à 90km à l’est de Mysore. Ici, dès que l’on arrive dans la ville, on retrouve des visages tibétains, les robes safran et bordeaux des moines déambulant dans les rues et les restaurants servant les délicieux Momos (raviolis asiatiques), qui constituent un des plats typiques des régions himalayennes.

Monastère de Namdroling et détails du Golden Temple 

En 1960, le gouvernement de Mysore alloua près de 12 KM2 de terrain dans la ville de Bylakuppe (prononcé « baille-la-coupé ») pour accueillir les premiers réfugiés tibétains dans le camp de Lugsum Samdupling établi en 1961, puis dans celui de Dickyi Larsoe établi en 1969.

En 1963, le monastère a été établi par le 11ème occupant du trône de la lignée de Palyul, sa Sainteté Drubwang Padma Norbu Rinpoche, suite à son exil en 1959. Il occupait alors le poste de second siège du monastère de Palyul, l’un des six grands monastères Nyingmapa Mère du Tibet, avant son annexion dans les années 50. Le monastère de Namdroling constitue le plus grand centre d’enseignement de la lignée Nyingma du Bouddisme tibétain dans le monde, qui regroupe une communauté d’environ 5000 lamas (moines et nones), une école secondaire, un collège religieux et un hôpital.

Bylakuppe est la deuxième plus grande colonie tibétaine dans le monde, après Dharmashala (appelé également Dharamsala), qui se situe également en Inde dans l’Etat de l’Himachal Pradesh. Dharamsala constitue la résidence du Daila Lama ainsi que le quartier général de l’Administration Centrale Tibétaine (autrement dit du gouvernement tibétain en exil).

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Il m'aura fallu quelques douze heures de train pour parcourir 610km entre Mysore et Thanjavur, en passant par Bangalore et sans même changer de train (ce qui revenait à aller en direction du nord-est, s'arrêter à Bangalore, pour ensuite descendre vers le sud), de la même façon que lorsqu'on souhaite rejoindre Lyon depuis Nantes, en passant par Paris. Heureusement, j'avais réussi à obtenir un ticket en 3ème classe avec air conditionné ("3AC") pour quelques 960 Rs (12€), dans un compartiment de 6 couchettes, 2 rangées de 3 couchettes l'une en face de l'autre. Etant donné la chaleur en ce début d'été (février au Karnataka) et la longueur du trajet, il vaut mieux être dans un wagon avec air conditionné, plutôt que des compartiments équipés de simples ventilateurs (classe Sleeper "SL").

Pour acheter un billet de train longue distance, il faut s'y prendre le plus tôt possible car il n'y a pas assez de trains disponibles. Il existe même la possibilité d'acheter des billets de train sur liste d'attente (https://www.voyage.fr/immersion/guide-de-survie-pour-ceux-qui-prennent-le-train-en-inde). Pour le trajet Mysore-Thanjavur, j'avais donc acheté 2 billets trois semaines avant le départ, un en classe SL et un autre sur liste d'attente en classe 3AC (pour lequel j'étais première sur la liste d'attente).

Voyage en train de nuit direction Thanjavur 

Prendre le train en Inde, sur de courte ou longue distances, constitue toujours une aventure authentique, qui vous promet de belles rencontres et anecdotes liées à la convivialité des compartiments. Alors que la majorité des gens avaient préparé leur repas pour dîner dans le train, je n'avais rien prévu en dehors de quelques chips. Une charmante dame, Vijayalakshami, accompagnée de ses deux enfants, m'a gentiment proposé des chapatis, pickles et concombres : un vrai bonheur, alors que tous les vendeurs ambulants de biryiani étaient déjà passés.

L'art d'ouvrir la porte du train quand le train est en marche

Ce que je trouve magique en Inde, c'est de pouvoir ouvrir la porte des trains en marche, histoire de voir le paysage sans le filtre des fenêtres et de respirer un peu d'air "frais" quand le voyage commence à se faire long. Bien évidemment, on est loin de la vitesse du TGV français ou du Shinkansen japonais!

La ville de Thanjavur (தஞ்சாவூர் en tamoul) compte environ 222 000 habitants, fait partie de l'État du Tamil Nadu (72 millions d’habitants) et se situe sur la rive sud du fleuve Kaveri. Le district de Thanjavur a été surnommé le jardin de l'Inde méridionale du fait de sa fertilité. Il est irrigué par un système complexe de barrages et de canaux utilisant les eaux des fleuves Kaveri et Coleroon.

L'Histoire de Thanjavur est très ancienne. Autrefois le fief de la dynastie Chola (du IXème au XIIème siècle), elle est, plus tard, gouvernée par les nayaks des râjas du Vijayanagara, puis par les Marathes. Thanjavur est un des centres politiques, littéraires et religieux importants de l'Inde méridionale, particulièrement en ce qui concerne la musique carnatique (Musique traditionnelle de l’Inde du Sud), la ville a engendré de nombreux musiciens et danseurs classiques de Bharatanatyam.

Palais Royal et sa Bibliothèque

La Bibliothèque Saraswathi Mahal constitue une des plus anciennes bibliothèques en Asie et dispose d’une rare collection de manuscrits en feuille de palmier, des écrits en Tamil, Sanskrit et quelques autres langues indigènes indiennes. La collection de livres comprend plus de 49 000 livres, bien que très peu soient disponibles au public. La bibliothèque a été fondée en tant que bibliothèque royale sous l’époque des Rois de Thanjavur, qui gouvernèrent de 1535 à 1675. Celle-ci fut développée lors du règne des Maratha, qui conquirent Thanjavur en 1675 et notamment Sarfoji Raje II (1798-1832).

Saraswathi Mahal Library (Bibliothèque) 

Parmi les vestiges de l'apogée du royaume, on peut visiter l'enceinte du Palais qui comprend notamment un Durbar (salle d'audience), une galerie d'art et un édifice de 5 étages.

Le palais a été construit à l’époque du royaume Nayak de Thanjavur (du XVIème au XVIIème siècle). Après leur chute, le palais est devenu la résidence officielle de le famille Bhonsle, groupe important du clan Marathe, qui gouvernât alors la région de Thanjavur de 1674 à 1855.

Palais, Durbar et détails du Dubar (Salle d'audience) 

La galerie d’art présente une impressionnante statue du Raja Serfoji II et une très belle collection de sculptures en bronze notamment de l’époque Chola, et en particulier de Shiva Nataraja (Dieu de la Danse).

Détails de la Galerie d'Art du Palais (Statues du Raja Serfoji Ii et de Shiva Nataraja) 

Visite du temple hindou de Brihadeeswarar

Construit au cours du XIème siècle par le roi Rajaraja Chola Ier (985–1014), premier raja ayant bâti un empire maritime, ce temple est dédié à Shiva (un des dieux de la Trinité hindoue : le Dieu créateur Brahma, le Dieu du maintien Vishnu et le Dieu destructeur Shiva).

Ce temple a été classé au patrimoine mondial de l'UNESCO en 1987 dans la catégorie des « Grands temples vivants Chola ». Le temple est enclos par deux murs d'enceinte, dominé par une tour de soixante-trois mètres de haut qui est surmontée par une énorme coupole de granit dont la masse a été estimée à plus de 80 tonnes.

Temple de Brihadeeswarar, ses fresques et son imposant Nandi

Dès le gopuram principal franchi (tour d’entrée), le temple offre un sanctuaire à Nandi (la monture du Dieu Shiva), majestueux taureau logé dans son propre maṇḍapa (pavillon à piliers). Cette représentation de Nandi est un bloc monolithique de quatre mètres de haut, cinq mètres de long et pesant vingt-cinq tonnes. Une légende raconte que l’imposant Nandi, allongé sur son socle de pierre dans son maṇḍapa, ne cessait de croître année après année après son installation par Rajaraja Chola I et que, pour l’empêcher de grossir, il a fallu le fixer à l’aide d’un clou enfoncé à l’arrière de son dos.

 Temple de Brihadeeswarar au crépuscule

Le Temple de Brihadeeswarar reste ouvert le matin de 6h00 à 12h30 et l'après-midi de 16h à 20h30.

La visite du temple et son enceinte offre un très beau spectacle, notamment au crépuscule des pierres rougeoyantes, de la ferveur des indiens hindous et des rites religieux hindous, sur un fond de musique traditionnelle.

Balade dans les rues de Thanjavur

En se promenant dans les rues de la ville, on peut admirer la tour de l'horloge, les mille et un stand de cuisine de rue très appétissants, les vaches sacrées à la recherche de nourriture au milieu des tas de déchets, une statue très fleurie d'un illustre ministre de l'état du Tamil Nadu (C.N. Annadurai) et de très belles affiches colorées de cinéma Kollywood. De la même façon que le nom de cinéma Bollywood fait échos à l'industrie cinématographique de Bombay, Kollywood fait référence à l'industrie cinématographique du Tamil Nadu, dont les studios de cinéma sont dans le quartier de Kodambakkam à Chennai.

Dans les rues de Thanjavur (affiches Kollywood, Tour de l'horloge, street food , vache sacrée errante)
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Chennai, appelé Madras jusqu’en 1996, est la capitale de l’Etat du Tamil Nadu et l’une des plus grosses villes indiennes avec ces quelques 7 millions d’habitants intra-muros. Le changement de noms des villes a commencé depuis l’indépendance en 1947 et se poursuit jusqu’à nos jours, afin de retourner vers un nom d’origine indienne.

La Fondation Kalakshetra

La Fondation Kalakshetra est une académie située à Tiruvanmiyur, dans la banlieue sud de Chennai, dont la vocation est l'enseignement et la préservation des arts traditionnels (danse, musique).

Fondée en 1936 par la théosophe et danseuse Rukmini Devi Arundale, cette école de renommée internationale accueille des étudiants du monde entier qui deviennent, comme le veut la tradition indienne, les disciples (« śhishya ») d'un gurû qui leur enseigne son art. La fondation a été reconnue par le gouvernement en tant qu'Institut d'Importance Nationale par un Acte du Parlement en 1993 et est depuis un corps autonome rattaché au Ministère de la Culture du Gouvernement Indien. Cette académie est particulièrement réputée pour l'excellence de ses danseuses de Bharata natyam.

Majestueux banian au coeur de la fondation et sa sculpture du Dieu Ganesh

Le figuier des banians ou banian de l'Inde, est un arbre appartenant au genre Ficus de la famille des Moracées. Il doit son nom à la caste des marchands, les banians.

Un havre de paix propice à l'enseignement 
Danseuses de Bharatanatyam, en sari coloré 

Le Bharata Natyam, originaire du Tamil Nadu, est une des sept danses classiques indiennes, au même titre que le Kathak, l’Odissi, le Mohinatam, le Kuchipudi, le Manipuri et le Kathakali. Ces danses anciennes très codifiées sont décrites dans le Nâtya Shâstra, écrit antique composé par Bharata Muni vers le IIème siècle de notre ère, qui expose les codifications pour le théâtre, le jeu dramatique, la poésie, la danse, le chant et la musique.

Le Bharata Natyam est originaire de la région du Tamil Nadu. Cette danse était liée aux pratiques religieuses dès son origine et pratiquée par les Devadasi. Destinées au service de la divinité, celles-ci étaient retirées de leur famille parfois très jeunes et recevaient une éducation soignée au cours de laquelle elles apprenaient, en particulier, à maîtriser la danse. Certains temples importants, comme celui de Brihadesvara à Thanjavur, accueillaient plusieurs centaines de Devadasi qui contribuaient à sa réputation.

Séance d'accordage du Mritangan et du Sarasvati vînâ et séance de répétitions d'élève au violon et  Sarasvati Vînâ 

Le Mrithangan est un instrument de musique de l’Inde faisant partie des tambours en tonneau à percussions digitales, de forme oblongue, à deux faces.

Le Sarasvati vînâ ou Vînâ carnatique (instrument à corde) est apparu au XVII ème siècle dans l’Inde du Sud. Il s'agit d'un luth à manche long qui est le principal instrument à cordes pincées de la musique carnatique.

Le Temple hindou de Kapaleeshwar

Le temple de Kapaleeshwarar, dédié à Shiva, est le plus actif et le plus impressionnant de la ville. Il aurait été érigé après la destruction par les Portugais, en 1566, de l’édifice originel bâti au bord de l’eau. Il comporte les éléments architecturaux caractéristiques de nombreux temples du Tamil Nadu : gopura (tour à l’entrée des temples), mandapa (pavillon à piliers), statues colorées de la mythologie hindoue et un immense bassin contigu à l'enceinte du temple.

Selon la légende, Shiva, qui, dans un accès de colère avait transformé son épouse Parvati en paon, lui aurait ordonné de le prier dans ce lieu afin de retrouver sa forme initiale. Un sanctuaire, situé devant l’angle nord-est de la partie centrale du temple, rappelle l’endroit où Parvati, obéissante, aurait prié Shiva. Le temple se situe dans le quartier de Mylapore, qui signifie la “cité des paons”, nom donné en référence à cette légende.

Temple hindou de Kapaleeshwar (son Gopuram, détails de ses sculptures et prêtre hindou) 

Balade dans les rues de Chennai et son bord de mer

En se baladant dans les rues de Chennai, on peut admirer l'élégance des écolières en uniforme, qui reviennent de l'école, un style qui se manifeste jusque dans les noeuds rouges de leurs nattes. On notera l'usage de l'uniforme à l'école, héritage du Raj britannique avec une touche indienne, tout comme la conduite à gauche.

Voyager physiquement et parcourir des kilomètres, c'est aussi parfois voyager dans le temps. Et oui, avant le fer électrique et la centrale à vapeur, le fer à repasser à charbon a aussi été utilisé en France au XIXème siècle. Quel progrès!

 Les écolières hyper stylées de retour de l'école et le blanchisseur de rue

Le bord de mer de Chennai n'invite pas vraiment à une belle balade sur le sable fin. A l'image de beaucoup d'endroits, la plage n'est pas épargnée par l'invasion des détritus où les chiens et les oiseaux cherchent désespérément leur pitance. Des progrès sont à noter; des lois ont été votées par plusieurs états depuis quelques années afin d'interdire l'utilisation de certains plastiques (pour rappel, en France, l'interdiction des sacs plastiques à usage unique date du 1er juillet 2016, les grandes surfaces ayant lancé le mouvement dès 2002).

Le bord de mer de Chennai - Elliot's Beach

HOSTEL 11 ELLIOT'S BEACH, superbe auberge de jeunesse, très propre et fonctionnelle, dans le quartier de Besant Nagar, proche de la plage Elliot’s Beach, au 55 Annai Velankanni Road 1st floor, 600090 Chennai.

MURUGAN IDLY SHOP, restaurant se situant à mi-chemin entre l’auberge de jeunesse et la plage Elliot’s Beach, bon restaurant de cuisine traditionnelle d’Inde du Sud, cuisinant notamment les Idly. http://muruganidlishop.com/

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Bangalore fut autrefois un des sièges de l'administration britannique de 1831 à 1881, date à laquelle elle fut rendue au maharaja de Mysore. La ville est historiquement une ville de garnison militaire durant le Raj britannique, préféré alors à Mysore et à Chennai de par sa faible population.

Aujourd'hui, Bangalore ou Bengaluru, capitale de l’Etat du Karnataka, compte quelques 11,5 millions d’habitants. Sa population a triplé en 30 ans. En effet, Bangalore est devenue un centre universitaire, scientifique (l'Indian Institute of Science, une des écoles les plus réputées du pays compte 2 000 chercheurs) et économique considérable. L'agglomération est considérée comme la Silicon Valley indienne et l'exemple d'un pôle de compétence d'importance mondiale. La ville a axé son développement sur les nouvelles technologies, particulièrement la sous-traitance dans les domaines des logiciels informatiques, de la biochimie (fabrication de molécules pharmaceutiques...), de l'aérospatiale.

N’étant pas à ma première visite de Bangalore, j’avais déjà visité les principaux sites touristiques : le jardin botanique de Lalbagh, le Palais de Bangalore, le Marché, le Fort et le Palais d’été du Sultan Tipu.

Petite pause dans un palace

Un des quelques attraits des grandes villes indiennes consiste à s’arrêter dans un des nombreux palaces, loin du bruit et de la pollution, le temps de siroter un Lime Juice Sweet or Salt (limonade salée et/ou sucrée) ou pour un dîner dans un décor de rêve, digne d'un Maharaja. Il existe plusieurs grandes chaînes indiennes d’hôtellerie de luxe que l’on retrouve dans toutes les grandes villes tel que Oberoi, Vivanta Taj (filiale du conglomérat TATA) et Leela Palace.

Pause détente au Oberoi de MG Road 

Spectacle de Danse au Temple Devagiri

J’ai pu assisté à un spectacle de Bharata Natyam en plein air, dans le décor naturel du temple de Devagiri Devastanam, dans le quartier de Banashankari. La danseuse et professeur de danse, Rukimini Vijayakumar mettait en scène avec sa troupe de danseuses et danseurs le spectacle Nayani, inspiré de récits mythologiques. Le style de Bharata Natyam de cette troupe est très neutre et très libre, comparé à des écoles telle que la fondation Kalakshetra, qui ont un style très marqué et codifiée, et qui respectent fidèlement l’enseignement du maître.

Spectacle de Bharata Natyam "Nayani" au Temple  Devagiri Devastanam

Trafic des grandes villes et pollution

Si la ville de Bangalore était autrefois considérée comme la « cité-jardin » de l'Inde compte tenu de ses nombreux parcs, ce n’est plus le cas. L’évolution des infrastructures n’a pas suivi le développement économique et la ville est désormais confrontée à de gros problème de pollution et d‘accès à l’eau, les réserves d’eau s’épuisant.

Il existe deux lignes de métro pour une ville de plus de 11 millions d’habitants. Le trafic est souvent saturé sur tous les grands axes de la ville : deux roues toute catégorie confondue (vélos, scooters, motos), rickshaws, voitures, bus, charrettes et même parfois des vaches déambulant sur la chaussée, ce qui ne facilite pas la fluidité du trafic!

On avait pu voir en avril 2018 à la télé en France des images du lac Bellandur qui prenait feu à Bangalore. Notre fameuse expression «il n’y a pas le feu au lac » n’a pas lieu d’être dans la Sillicon Valley indienne. Ce phénomène est le résultat d'un mélange entre les eaux usées des habitations et les rejets massifs de produits chimiques des usines de la région. Ici, rien n'est traité. Ces deux types de pollution cumulés créent cette mousse toxique qui se révèle inflammable sous l’effet du soleil. Les résidents ont dû installer des filets pour s'en protéger. Un système d'arrosage a été installé par les autorités pour faire redescendre la mousse : il est pour l'instant la seule solution pour la combattre.

Quand je suis passée en février 2019 dans les environs du lac Bellandur, j’ai observé des nappes de mousse blanche dans les cours d’eau environnants. Cette mousse a l’air d’être présente en permanence, plus ou moins abondante.

Trafic à la sortie du Quartier d'affaires Pritech Park et vues des environs du lac Bellandur (Ceci n'est pas de la neige!)

Hôtel ROXEL INN, dans le quartier de DOMLUR, appart-hôtel très propre au service irréprochable, pas très loin du centre de Bangalore (MG Road et Commercial Street pour faire du shopping) et proche du quartier branché d’Indiranagar. http://www.roxelinn.com/

#99/5, 7th cross, Land Mark. Opp. Indian Oil Petrol Pump, Next to Govt. School, Domlur, Bangalore- 560 071

Restaurant NEW SHANTI SAGAR, à deux pas de l’hôtel, dans le quartier de Domlur. Il s’agit d’une chaîne de restaurants à Bangalore, servant de très bons plats typiques du sud de l’Inde (Tali, Dosa, Idly) ainsi que des plats asiatiques.

Mais au fait, pourquoi les vaches sont-elles sacrées?

D'un point de vue matériel, la vache apporte de multiples bienfaits aux foyers indiens depuis des siècles et reste d’une grande utilité dans une économie très rurale. Ces bovins travaillent dans les champs, soulageant les hommes en tirant des charrettes pour transporter divers produits. Ensuite sa bouse peut être utilisée comme engrais et comme combustible lorsqu’elle est mélangée à de la paille séchée et manipulée pour devenir des galettes séchées au soleil. Quant à son urine certains indiens l’utilisent depuis des siècles comme désinfectant corporel ou pour les maisons. S’il est jugé impur de manger sa chair, son lait est à l’inverse considéré comme sacré et pur : il est utilisé dans le ghee (beurre clarifié), les yaourts et les lassis notamment.

D'un point de vue spirituel, qualifiée de « Mère universelle » grâce à ses productions, la vache est également le symbole de la vie, protégée par le dieu Krishna. Si la vache n'est pas déifié selon les textes sacrées hindous, celle-ci aurait été créée par Brahmâ en même temps que la caste des brahmanes, la plus élevée, la plus pure. Elle est ainsi mise au même rang spirituel. Les textes sacrés hindous la présentent aussi comme l’animal de compagnie des dieux Krishna et Shiva. Confié à un couple de vachers, l’enfance de Krishna se fit entourée de vaches et de chèvres. Dieu le plus vénéré d’Inde, il est souvent représenté jouant à la flute en compagnie de jeunes femmes et de vaches. La vache est donc vénérée par les hindous qui représentent près de 80% de la population indienne.

Fait très surprenant, l’Inde détient le plus gros cheptel bovin au monde : 300 millions de tête et se retrouve depuis quelques années premier exportateur mondial de viande bovine, devant le Brésil. En effet, l’Inde propose un produit bon marché pour lequel elle a su se faire une place principalement dans les pays émergents en Asie du Sud-est et au Moyen-Orient. Le troupeau indien est composé d’un bon tiers de buffles et d’environ 50 % de zébus. La part restante est le fait de races laitières importées et de croisés zébus. Ces animaux sont élevés à deux fins : d’abord le lait, puis la traction animale pour les besoins de l’agriculture ou du transport. En Inde, la viande bovine est donc un sous-produit du lait ou de la traction résultant de l’abattage d’animaux de réforme.

Sur le plan juridique, la législation relative à l’abattage des bovins relève de chacun des États indiens. Si l’on fait un résumé rapide, c’est pour les zébus femelles qu’il y a les plus fortes restrictions. La législation est plus souple pour les zébus mâles qui peuvent être abattus sur une grande partie du territoire. Cela concerne peu les buffles pour lesquels il y a beaucoup moins de restrictions, surtout s’il s’agit de mâles.

Vaches  dans la rue et Krishna jouant de la flûte, accompagné de vaches 

Certaines vaches sont peintes en jaune pour la fête de Pongal (Sugga, Makara Sankranti, selon les régions). Celle-ci correspond à la fête des moissons et marque le début d'une nouvelle saison en Inde mais aussi dans d'autres pays d'Asie (Malaisie, Singapour).