Carnet de voyage

Ordem E Prolongeau (Brazil)

Dernière étape postée il y a 3 jours
Nous avions promis de donner des nouvelles. Nous partagerons notre vie auriverde, mais uniquement des moments dignes de vous rendre jaloux, ou indifférents. Ou maussades. Ou benoîts.
Septembre 2021
52 semaines
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Publié le 16 septembre 2021



Nous sommes de formidables photographes.

Nous voici depuis moins de 24 heures à Rio, ville de 1255 kilomètres carrés, soit 1 568 750 terrains de handball !!! D'ailleurs, nous n'avons pas vu un seul terrain de handball depuis notre arrivée triomphante à l'aéroport Santos-Dumont (SDU), en début de matinée. Bien que jeunes sur le territoire, nous avons pu constater plusieurs vérités éclatantes et permanentes sur cette cité peu handballante.

1/ il pleut tout le temps. Méfiez-vous des rumeurs et autres images trafiquées sur internet, la météo n'est pas meilleure à Rio qu'à Liège. J. Brel chantait "on ne sait plus s'il neige sur Liège ou si c'est Liège qui neige vers le ciel". Situation similaire ici, le ciel est bas, gris, la pluie fine et tourbillonnante, constante surtout, comme vous pouvez l'apercevoir sur la photo de qualité supérieure où apparaît Clawdia P. ci-dessus.

2/ la sécurité est optimale. Nous avons sillonné notre quartier de résidence, "Gloria" et celui le jouxtant, "Santa-Theresa" (voir photo jolie) : zéro braquage, une patrouille de police et même un couple patibulaire qui nous donne le chemin à suivre vers le magnifique restaurant où nous avons dégusté une feijoada copieuse.3/ les journalistes ont la cote. Si nous avons manqué de peu de manquer de peu notre correspondance à Sao Paulo, c'est bien la faute de la désorganisation aéroportuaire du moment - intense, selon un habitué des lieux, co-voyageur hipsanique - et non pas de l'administration bolsonariste, exemplaire quand il a fallu tamponner avec joie nos PVT (nous étions respectivement "sans emploi" et "animateur").


Votre leçon de portugais : "Pagamento por aproximaçao" signifie "paiement sans contact", et en plus les fruits sont peu onéreux.

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Publié le 22 septembre 2021

Tour numéro 1 : le plus beau point de vue de Rio, selon les internets, désormais selon nous également. Les Dois Irmaos, les « deux frères », sont situés au sud-ouest de la ville. Pour y aller : taxi jusqu’en bas d’une favela (Vidigal, où on a vu la fresque ci-dessous en photo 4 en hommage au mythique footballeur Garrincha, qui avait une jambe plus courte que l'autre) (et qui était très fort aussi, lui et Pelé ensemble n'ont jamais perdu un match avec le Brésil), puis moto-taxi pour grimper la favela (pas du luxe), puis 40 minutes à pied sur de belles pentes.

Derrière Clawdia, sur la photo 2, Rocinha, plus grande favela d'Amérique du Sud.

Notre instinct nous a permis d’éviter le premier piège, à savoir la hardiesse des pilotes de moto-taxi. Nous nous sommes cramponnés, nous n’avons pas chuté. Le second piège, malheureusement, nous l’avons découvert à la redescende de la randonnée. En croisant plusieurs brésiliennes très peu équipées en terme de chaussures et d’habillement, mais beaucoup plus en terme de mascara, nous avons compris que nous avions oublié le maquillage pour la photo panoramique en haut.

 Nous suons beaucoup. À droite, plage d'Ipanema.

Bonus : le contraste toujours saisissant entre le luxe et les favelas, bien souvent sans eau courante, sans code postal, sans service de police.

 Sheraton et favelas, vue depuis l'avenue Oscar Niemeyer (mais si, l'architecte).

Leçon de portugais : « mascara » signifie « masque », les lusophones avaient vu venir la crise des cosmétiques sous Covid bien avant tout le monde.

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Tour numéro 2 : les institutions. Au cours de nos démarches des premiers jours, nous avons évidemment fréquenté plusieurs lieux incontournables pour un citoyen moyen. Nous sommes en mesure de vous révéler notre classement provisoire.

1 - La poste (Correios) : Accueil impeccable, souriant, rapide. Efficacité dans le traitement de la demande, conseil culinaire de bon aloi en prime. Un grand oui.

 Quand tu sors de la Poste et pas de chez le coiffeur.

2 - Le taxi (taxi) : Oui, c’est une institution tant la ville est cabossée, le réseau de métro dérisoire ET la cité orientée vers une politique pro-bagnole. On ne comprend pas toujours ce que les chauffeurs disent, mais ils sont sympas, donnent des conseils, slaloment de manière habile sans respecter le code de la route. Une belle aventure peu onéreuse.

3 - Le métro : Les quais sont situés à au moins 5 minutes de marche des entrées, les trains sont peu fréquents, le réseau dérisoire par rapport à la taille de la ville. Un point bonus pour les tarifs farfelus. Un ticket simple coûte 5,80 réais. Avec une carte d’abonnement (prix 4 réais), un trajet coûte alors… 5,80 réais. Évidemment nous avons acheté la carte AVANT de découvrir cette offre commerciale imbattable.

4 - La police fédérale : le crime organisé peut dormir tranquille, l’institution ferme à 13 heures, en tout cas pour les Français en besoin d’un numéro CPF (rien à voir avec une formation quelconque) obligatoire pour l’obtention d’un numéro de téléphone brésilien (entre autres).

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Publié le 22 septembre 2021

Afin de pouvoir comprendre le charabia des pilotes de taxi, le jargon des guides, le baragouin des serveurs, nous avons décidé de retourner à l'école. Quarante heures intensives de portugais, deux semaines pour mieux apprivoiser une samba linguistique, deux semaines aussi pour apprendre à rouler les "r" du côté de Clawdia (qui n'y arrivera pas). Nous avons choisi la Caminhos School, qui vaut bien mieux que sa façade. En plus des quatre heures en classe, quotidiennement, l'école propose des activités gratuites les après-midi. Beach volley, samba, mini-randonnée, etc... Ça donne de belles photos, des journées chargées, une routine aussi à embrasser pour lancer cette année tropicale.

Un match pas vraiment au niveau du paysage 
Le Rio que vous ne verrez PAS sur les cartes postales 

On retiendra de ces premiers jours de cours une implication sans faille en classe, mais aussi des choix de débats très apaisants de la part des professeurs lors des groupes de discussions : "pour ou contre l'avortement" ou encore "la liberté d'expression, POUR OU CONTRE".

Au "Eu sou ?" (Qui suis-je), Clawdia était... une montre ! 

Elle vous manquait, votre leçon de portugais ? Ici pour dire que c'est nul, on dit "Ruim", en aspirant le "r".

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Publié le 4 octobre 2021

Chers amis,

Que d’événements petits pour vous mais immenses pour nous depuis notre dernier écrit.

Nous n’avons ni plus ni moins que validé avec brio notre premier diplôme de portugais. Et sachez que pour Alexandre, la montagne a été difficile à gravir. Gringo de son état, ayant la flore intestinale fragile et la barbe tirant sur le roux quand elle est exposée au soleil quotidiennement, il n’a bien entendu pas été épargné par la tourista (d'après lui ce n'est pas la tourista mais qu'importe). Et comme les bonnes habitudes ne se perdent pas, il a été malade le matin de l’examen, espérant sans doute secrètement en être ainsi exempté. Mais pas question de rater ce moment clé de notre retour en enfance. Entre deux vomis, nous nous sommes donc rendus cartables sur le dos et ultimes fiches de révision dans les mains à notre école de portugais d'Ipanema pour valider nos deux semaines d'apprentissage. Après une heure de composition et une nuit de stress, nous reçûmes vendredi matin nos copies corrigées et respectivement récompensées par un "excelente" et un "parabens", qui signifie "félicitations". Alors certes, du fait que nous rémunérons ces enseignants nous-même, nous les soupçonnons d'être très indulgents, peut-être trop, en tout cas bien plus que madame Rannou, ma professeur de mathématiques en 3e. Mais une victoire reste une victoire et alors que notre futur professionnel dans ce pays est encore très incertains, nous nous sommes promis de ne pas en bouder une seule.

 L'émotion sur les visages, la joie partagée, la fusion, bref le bonheur

C’est donc fiers et capables de conjuguer et utiliser les 13 verbes irréguliers du preterito perfeito et les 3 du preterito imperfeito, que nous avons quitté l'école Caminhos languge centre. Nous aurons cependant toujours le droit de participer aux activités organisées par Davi, à savoir beach-volley le lundi, visite d'un endroit choisi par lui le mardi, Bate Papo (qui signifie "discussion") le mercredi, foot le jeudi et à nouveau visite d'un endroit le vendredi. Nous ne pourrons en revanche plus participer à la samba et c'est vraiment dommage car Alexandre fait des efforts immenses pour concurrencer les cariocas, s'entraînant à chaque fois que la voix de Seu Jorge résonne, et profitant de la sortie de la douche ou de chaque autre temps de latence pour s'adonner à ce que nous pouvons désormais qualifier de "passion nouvelle".

L'autre bonne nouvelle de la semaine, c'est que nous avons déménagé dans une immense maison coloniale "achetée et retapée" par John, un anglais qui vit à Rio depuis 25 ans. Enfin de son point de vue. Du notre le terme "vaguement rafistolée" aurait mieux convenu. Dès l'entrée on peut par exemple passer sous une très belle verrière mais cassée à divers endroits. Le jours de notre arrivée, un morceau de verre se balançait dans le vide nous faisant craindre un accident domestique de la plus haute gravité et de la plus grande bêtise. Le soir même, après avoir fait des courses, nous découvrîmes le dit morceau de verre brisé en milles morceaux jonchant le sol. Mais la très bonne nouvelle pour nous, c'est qu'en plus d'être approximatifs sur les rénovations de maison, John l'est sur les dates. Si bien que dans le petit studio du rez-de-chaussée que nous avions réservé pour la modique somme de 400€ par mois, un autre homme, l'ayant lui aussi réservé, était déjà installé. Gêné John s'excusa alors longuement dans un message et nous invita à prendre possession de la "suite" du dernier étage. C'est ainsi que nous atterrîmes au deuxième étage de la maison, dans un studio bien plus grand que notre appartement parisien et avec une immense terrasse nous permettant de déjeuner, dîner et prendre l'apéro tout en bénéficiant d'un magnifique vue une bonne partie de la baie de Guaranaba en général et le pain de sucre en particulier. Par ailleurs, nous jouissons d'une très grande salle de bain équipée de toilettes, d'un sauna, d'un jacuzzi et d'une douche avec une baie vitrée donnant sur la terrasse. Il est juste dommage que tous les robinets d'eau chaude fonctionnent mal (là encore le sens des priorités de John nous échappe) et que des ouvriers travaillent de temps en temps sur la terrasse, ce qui est extrêmement gênant quand on est obligés d'aller aux toilettes de l'autre côté de la baie vitrée.

Surplombant notre terrasse, un mini-Christ rédempteur. Ici, un oiseau affirme son athéisme.

Demain, lundi 4 octobre, nous mettrons en action notre plan pour tenter de travailler. Les prochaines semaines s'annoncent difficiles mais nous promettons de faire face.

Plein de beijinhos à todos !

Votre mort de portugais : fofono, signifie "mignon", comme nous.

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Ça, c'était la question préférée de Clawdia la semaine dernière. Depuis, les bonnes nouvelles s'enchaînent : nous avons vendu des sujets (liens dans le prochain post de ce merveilleux blog) ; nous avons quasiment terminé les obligations administratives en payant et patientant (30 euros chacun et 2 bonnes heures) pour le RNM, document obligatoire qui-nous-servira-peut-être-à-quelque-chose-mais-pas-sûr ; nous avons découvert un fromage mangeable et presque goûtu. Un moment de grand bonheur.

 Grands moyens à la réalisation, on vous conseille la HD et un home cinema de qualité

Au rayon des mauvaises nouvelles, nous avons perdu des clés (l'un d'entre nous étant davantage responsable que l'autre, nous tairons son identité), il pleut, les séries TV brésiliennes qu'on nous a conseillées sont médiocres. Mais, si j'écris ce post, c'est avant tout pour vous parler des moyens de transport à Rio. Nous avons réalisé une étude comparative, avant cela voici des photos d'une ballade presque dangereuse, mais en fait ça allait, du nom de Pedra do Elefante. Nous sommes ici accompagnés de Matthew et Emily (Emilia selon Clawdia), deux Américains forts sympathiques originaires de Seattle.

 Regarde un peu les triceps. Elle a bientôt 30 ans. Quelle femme !

Le Uber : incontournable, vraiment très peu cher (en gros 1,5 euro pour 10 mn de voiture), il est presque quotidien tant la ville est grande et pentue. Le défaut majeur réside dans le non-respect du code de la route, certes moins prononcé que chez les taxis. Des chauffeurs sympas, sauf celui qui nous a dénoncé pour mauvais port du masque (que nous n'avons absolument pas enlevé ou porté sous le nez bien entendu). Une leçon pour vous les Français : la collaboration, c'est mal !

Le taxi : comme le Uber, en plus cher (ça reste très raisonnable), avec des chauffeurs qui parlent et roulent encore plus vite. L'occasion de faire une parenthèse pour étudier la conduite dite "au klaxon" de nos amis Cariocas. Un coup sec de klaxon = "merci de me laisser passer dans cette étroite ruelle". Deux coups secs = "le feu est rouge, mais je passe quand même, faîtes attention". Trois coups secs = "pourriez-vous cesser de vous arrêter aux feux rouges". Les longs coups de klaxon sont réservés aux embouteillages ou au "hey Manoel, tu descends ?".

Le bus : devenir chauffeur de bus est probablement ici une promotion pour les taxis les plus téméraires. Les bus sont conduits comme des automobiles, sauf qu'ils pèsent 10 tonnes et datent des années 80. Mais le maillage est bon, le prix correct, les gens forts sympathiques même quand ils sont serrés.

Le métro : plutôt efficace quand on est dedans, climatisé, passant à des intervalles satisfaisants, sécurisé. Il a le défaut majeur de ne desservir qu'une infime partie de la ville, probablement pour cause de collines trop nombreuses. Un maillage trop lâche, comme le chauffeur de Uber.

Le bateau : nous l'avons pris pour aller à Niteroy, lieu de départ de la balade franco-américaine et (selon notre courte expérience) lieu de centres commerciaux à foison. Le bateau est grand, gris, mais s'il vous ramène avec soleil couchant à Rio, spectaculaire. Il pleuvait pour nous.

Le tramway : nous ne l'avons jamais pris, on peut donc vous parler de son design (classique) et du son qu'il produit (le même qu'en France). Lui aussi est rare mais permet de relier le bateau (voir ci-dessus) à l'avion (aéroport Santos-Dumont).

À pied, c'est beau mais c'est long. À vélo, pas testé, mais Eduardo Paes (maire de Rio) n'est pas un piste-cyclabiste (le réseau devrait grandir selon le journal local).

Voici une vidéo bonus, avant la leçon de portugais.

Filmé avec le "portable du voleur" (celui qu'on prend tout le temps et qui coûte pas cher), ce qui explique la qualité 

"Valeu", signifie en quelque sorte "c'est cool", mais à la sauce carioca, donc ENCORE plus cool. "Valeu" est réservé aux gens détendus, se prononce "vaLÉou".

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Publié le 25 octobre 2021

La semaine a été marquée par un constat : le nombre de millimètres de pluie tombés sur Rio dépasse nos avancées professionnelles pour vendre des reportages. Nous restons vaillants, mais parlons des week-ends.

Il en est de plus flous que d’autres, en tout cas pour moi. Exemple, le week-end dernier, après un beau samedi de balade et restauration de qualité, nous décidâmes d’aller à la feria Sao Cristoval, sortie organisée par l’animateur de notre ancienne école. Sur place, une immense kermesse, mais de la taille de Marseille (grosso modo) : des karaokes, des restaurants, des caïpirinhas, des stands de bibelots, des scènes, d’autres caïpirinhas, de la danse, des rencontres, des caïpirinhas. Saut temporel, réveil du dimanche, message de notre ami brésilien présent à cette soirée, il m’envoie le lien d’une chanson.

Cela se passe de traduction 

Donc. Derrière l’amour il y a, toute une chaîne de pourquoi (révisez vos classiques). Il y a aussi une personne capable d’appeler un taxi et de vous ramener sain et sauf dans un lit, quand vous avez confondu l’alambic et la rivière. Parlons donc de ce week-end, plus net. Un indice, chez vous.

C'est quand même bien mieux, une vitre propre. 

Un samedi au pain de sucre, comme un bon vieux touriste du samedi. Figurez-vous que c’était bien quand même, après une vingtaine de minutes à pied de grimpette on prend le « bondinho » (télécabine géant) et on fait un petit tour en haut. En faisant abstraction du fait que l’ensemble soit devenu, dans les mots de Clawdia, « un temple de la consommation » , la vue est splendide.

Photo ne faisant pas honneur à la vue panoramique, mais mettant en valeur le cheveu de la belle. 

On notera aussi que le bondinho se déplace à 26 kilomètres-heure, soit quatre fois la distance qui nous séparait, à la redescente, de la plage de l'Arpoador, incontournable des amateurs de coucher de soleil et de Vincent Cassel (il vit sur place et sa fille s'appelle Amazonie, mais contrairement à la forêt elle va bien, aux dernières nouvelles). Notre samedi 100% touriste continue, avec réussite. Pas de photo, sinon vous n'aurez plus envie de venir nous voir ici.

L'avantage certain que nous possédons sur le visiteur pressé, c'est que nous avons le temps. De rencontrer, de connaître, de lier, donc de voir des portes s'ouvrir à nous, comme elles ne se seraient pas ouvertes, en tout cas pas si facilement, pour le touriste de passage. Ce dimanche était une de ces portes, en ferraille, une porte en pleine Zona Norte, le Rio des Brésiliens plus pauvres et celui ruelles plus grises.

L'impératrice Leopoldine est la première impératrice du Brésil, également belle-soeur de Napoléon Ier. 

Rendez-vous dans une des plus grandes écoles de samba de la ville, donc du pays. Le genre qui a déjà remporté le Carnaval de Rio (8 fois, cinquième au palmarès global). À l'heure où j'écris nous n'avons toujours pas tout à fait compris ce à quoi nous avons assisté, du fait notamment du vacarme ininterrompu de la fête. Nous étions en compagnie de Lucia (amie d'une amie de ma chère mère), carioca de naissance, d'une gentillesse infinie, qui danse dans cette "école" (ils disent écoles, mais ce sont un peu comme des clubs de foot, avec supporters, drapeaux, etc...). Visiblement, en ce jour, l'école recevait la visite d'une autre (de Niteroí, cf. épisodes précédents), en profitait pour répéter sa chorégraphie et sa musique.

 Les invités étaient en rouge. Les locaux en vert.

Nous voilà dans l'arène. Visuellement, ça grouille, ça bouge mais sans se presser, avec un sourire permanent. Au niveau du goût, une feijoada est au menu du midi (à déguster avec bière moyenne mais fraîche). On mange sur des nappes à carreaux verts et blanc, comme le reste de la salle, les couleurs de l'école. Très vite, on ne s'entend plus. Plus l'après-midi avance, plus le son monte. L'orchestre officiel de l'école succède aux animateurs classiques, signal pour le début d'une parade de danseurs, costumés, agiles, bientôt sourds.

Et encore, ce n'étaient pas les meilleures danseuses 

Évidemment, nous étions obligés de crier pour s'entendre, nous n'avons pas du tout discuté avec les locaux, noué de lien particulier. Bien sûr, nous avons attendu en vain une simple assiette de frites et patienté près d'une heure pour une caïpirinha. Mais l'expérience était unique, le Carnaval approche, Rio s'agite petit à petit.

La leçon de portugais : "quem viveu pra te amar, seguirá com você". La dernière phrase de l'hymne officiel de l'école Imperatriz Leopoldinense pour le Carnaval 2022. Notre traduction : "Qui a vécu pour t'aimer te suivra".

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Publié le 11 novembre 2021

Nous en avons rêvé, nous l'avons fait. Jeudi 4 novembre, après avoir brillamment vendu un sujet journalistique au site web mondialement connu "Espaces autochtones" ainsi qu'à la très écoutée Radio-Canada (RCI), nous avons quitté la pluie carioca pour plus de soleil et nous sommes envolés pour Foz do Iguaçu (que pour une raison inconnue Alexandre s'obstine à prononcer Foïsse do Iguaçu), ville brésilienne jouxtant le Paraguay et l'Argentine, et partageant avec cette dernière les fameuses chutes du même nom, qui débitent 6 millions de litres d'eau par seconde. Impressionnante donnée nous ayant menés à réfléchir à la très intéressante question "combien de temps faudrait-il pour remplir la gourde?". Nous n'avons pas la réponse exacte mais nous nous sommes accordés sur le résultat suivant : moins de une seconde.

"Ils filment mes concerts, plutôt que de les vivre", chante un rappeur connu de la jeunesse actuelle

Nous arrivons donc à Foz le jeudi dans la soirée et récupérons notre voiture qui n'est pas une banale Fiat comme nous l'avions demandée mais une Jeep Runegade comme le cadeau dans Burger Quizz, et rien qu'avec cette anecdote, on trouve que nous n'avons pas perdu notre journée. Direction l'hôtel avec piscine, qui se révèle être un hôtel avec pédiluve à eau trouble, mais qui a l'avantage de faire de bonnes empanadas et d'offrir une caïpirinha à chaque client, tous les jours, à la condition qu'il se présente avant 23h, ce qui est par chance notre cas. Je vous passe les détails sur une nuit en dortoir avec 10 autres personnes, la plupart d'entre-vous en a probablement déjà fait l'expérience et sait qu'il n'en ressort jamais rien de bon.

Le lendemain, nous retrouvons à 8h30 comme convenu Osmarina (prénom bizarre on le sait, et c'est mal venu de ma part de faire des réflexions sur ce sujet, on le sait aussi), travailleuse associative de son état, qui doit nous emmener dans plusieurs villages Ava Guarani, rencontrer ces autochtones qui, sans surprise, ont très mal vécu la construction du deuxième plus grand barrage du monde sur leur terre au début des années 80 et survivent comme ils peuvent depuis, entre impossibilité de pêcher, aspersion de pesticides directement sur leurs campements qui jouxtent des cultures de soja, et élection de Bolsonaro. Et tout ça depuis si longtemps, fait qu'aujourd'hui les moins de 20 ans se suicident par dizaines. Avant d'aller les rencontrer, Osmarina nous emmène chez l'évêque qui pour la première fois depuis son installation il y a deux ans va aussi s'entretenir avec eux (il a déjà vu d'autres peuples autochtones mais pas ceux-la). Très sympathique et pas austère pour un sou, l'évêque nous offre la petit déjeuner. Prudent et attentif à son corps de rêve, Alexandre se contente d'un café. De mon côté, je n'hésite pas longtemps avant de me servir un morceau de cake à la banane qui semble délicieux. Le problème, c'est que la banane n'en est en fait pas du tout et que ce fruit à ce jour toujours non-identifié est parfaitement dégueulasse. Faisant honneur à mon éducation, je me force à terminer et finit par cacher le dernière morceau sous ma cuillère en adoptant l'attitude celle qui ne l'a pas vu. Par bonheur, personne ne me le fait remarquer.

N'ayant quasiment plus de forêts et de terres arables, les Ava-Guarani compte beaucoup sur le poulet pour survivre 

Après l'épisode un peu bizarre mais sympathique du petit déjeuner chez l'évêque, nous partons donc rencontrer les Ava-Guaranis qui organisent justement un grand événement pour parler des problématiques auxquelles tous les villages font face. En plus des Ava-Guaranis, plusieurs associations sont présentes et notamment une qui semble lutter contre les clichés véhiculés par les journalistes. Je suis globalement d'accord avec la dame qui fait sa présentation devant une assemblée de 200 personnes, jusqu'à ce qu'elle lance micro à la main et en me désignant : "par exemple, voilà une journaliste mais je ne dis pas qu'elle fait du mauvais travail, je ne la connais pas". Très gênée, je souris bêtement en hésitant à faire un coucou de la main à tous les visages qui se sont tournés vers moi. A la fin de son discours, elle vient me voir pour me demander de répondre aux questions de jeunes filles qui font de la communication. Avec une notion de la liberté de la presse assez différente de la mienne, elle leur présente mon travail et j'acquiesce, n'étant pas venue pour lancer un débat. Cela me prend quand même une bonne heure et, pour mon plus grand désespoir, j'en rate un moment formidable de la journée : celui où Alexandre, a son tour présenté à l'assemblée de 200 personnes, est invité à s'exprimer au micro et le fait. Je ne peux donc pas développer sur ce point mais je peux vous dire que quand je l'ai retrouvé et qu'il m'a raconté cet épisode, il était encore rouge et suant. S'ensuivent d'autres rencontres, dans d'autres villages, aussi intéressantes les unes que les autres. Le soir nous sommes claqués et le lendemain Osmarina nous donne rendez-vous à 7h (toujours plus tôt), avec son mari Clovis (oui, oui) qui est chercheur et travaille depuis le début de sa carrière sur la question des peuples autochtones du Brésil.

Osmarina, Clovis, et le cacique (chef de village) Lino Cesar Pereira 

Après une ultime tournée des villages, Clovis et Osmarina nous déposent à la frontière argentine pour que nous passions de l'autre côté et puissions enfin découvrir les chutes tant attendues. Nous savons qu'il faut un test pour passer la frontière mais des voyageurs ayant eu la même idée nous ont informés qu'il était faisable au poste frontière et gratuitement. Que nenni nous explique la dame de l'accueil qui nous informe que le dispositif n'existe plus depuis 5 jours et que nous devons repartir en ville avant de revenir. Environ deux heures et un couteux aller-retour en taxi plus tard, nous sommes de retour et reperdons une heure à remplir en ligne une déclaration de on-ne-sait-pas-trop-quoi avec un wifi qui fonctionne à peine. Puis on arrive à l'hôtel, qui nous apprend qu'Alexandre n'a réservé que pour une personne, on fait une heure à pied pour aller dans un resto soi disant super sympa mais où ils ne prennent pas la carte, on refait une demi-heure dans l'autre sens pour s'arrêter à la banque devant laquelle on était passés en se moquant de tous les gens qui faisaient la queue, on se met derrière eux et on fait la queue, après 45 minutes environ le distributeur refuse de nous donner de l'argent et on finit dans un resto italien qui prend la carte. Heureusement pour nous, les jours suivants nous réservent moins d'imprévus, les chutes d'Iguaçu sont magnifiques, il fait beau et on mange plein de bonnes choses.

 Vous pensiez que vous alliez y échapper ? Non ! (Mettez le son)

Leçon de portugais : desengano. Ça signifie, "désillusion". Synonyme de circonstance : "aves", qui signifie "oiseaux". Je laisse Clawdia vous écrire pourquoi.

La veille de notre départ, nous avons pour projet d'aller visiter le "Parque das aves", le plus grand parc aux oiseaux d'Amérique latine, où nous pourrons observer toucans, perroquets, aras et autres volatiles d'exception. La perspective me réjouit depuis déjà une semaine et c'est donc avec impatience et excitation que nous nous faisons déposer devant le parc par un Uber. Au guichet où nous pouvons acheter les billets, la dame nous explique que le parc est exceptionnellement fermé et quand je demande pourquoi, elle répond "je ne sais pas". Pas dupes et peu admiratif de cette communication de crise, nous apercevons une équipe de télé aux abords du parc et décidons de lancer nos recherches. Quelques minutes plus tard, nous apprenons via Twitter que ce matin, des dizaines de flamants-roses ont été retrouvés morts dans le parc. Une heure après, le premier article est publié dans la presse locale et nous apprend le fin mot de l'histoire : deux jaguars, une maman et son filho de 1 an à qui elle apprenait à chasser se sont introduis dans l'enclos des flamants-roses. Ils en ont tué 172 sur les 176, soit en les croquant, soit en les stressant. Les 4 survivants ont été pris en charge mais l'équipe du parc, choquée, a décrété trois jours de deuil et fermé le sanctuaire. Dans un communiqué de presse, ils ont précisé que "cette blessure laissera une cicatrice pour toujours" et que c'est la première fois qu'un tel épisode survient depuis la création du parc il y a 27 ans, ce qui n'est vraiment pas de bol pour eux et pour nous.

Mercredi 10 novembre, lever à 4h pour aller attraper l'avion de retour à Rio et déménagement dans le nouvel appartement, plus petit mais plus central et surtout, sans colocataire avec animaux, ou sans colocataire tout court d'ailleurs. Quel sketch, mais quel sketch l'arrivée dans ce nouvel appartement. Anna Maria, femme peu prévoyante ou au mieux mal organisée, nous avait envoyé le code de la porte de l'appartement mais pas l'étage ni le numéro de ce logement. Nous arrivons donc à cet appartement et commençons par attendre une bonne demi-heure sans réponse d'Anna Maria que nous tentons bien sûr de contacter frénétiquement. Nous allons donc nous installer dans un café à côté un peu désabusés et nous commandons deux grands cafés qui arrivent au moment où Anna Maria me répond au téléphone et me dit que l'appartement est au dans le dernier immeuble de l'ensemble et au 4e étage de celui-ci. Nous avalons le café et repartons. Une fois dans le bon bâtiment et au bon étage nous avançons au fond du couloir comme indiqué. Je crois avoir enfin repéré l'appartement mais un homme en sort des sacs poubelle, Alexandre se moque de moi et moi-même je ris de bon cœur à l'idée que j'étais prête à expliquer à des gens qu'ils étaient chez moi. Nous nous tournons donc vers la porte de l'autre appartement et découvrons en effet une boite noire avec un code à 4 chiffres. Problème, celui que m'a donné Anna Maria est 251273v. Ça ne rentre donc pas. J'envoie des photos à Anna Maria pour voir si elle reconnaît la porte, peut me confirmer que c'est la bonne ou non, mais visiblement la dame ne voit pas mes messages (et je finis par être agacée qu'elle ne semble pas porter plus d'intérêt à la situation). Alors que ça fait plus d'une heure maintenant que nous attendons, dont au bas mot 20 minutes devant cette porte, les gens de l'appartement d'à côté sortent parce qu'ils nous entendent dire le code à haute voix et que ça leur rappelle le leur. Ils veulent donc partager le leur au cas où cela fonctionnerait pour nous. Anna Maria me rappelle à ce moment, elle est au bord de la crise de nerf, quasiment en pleurs, n'écoute rien de ce que je lui dit et crie en portugais qu'elle arrive (elle habite à l'autre bout de la ville). J'essaye de lui expliquer calmement d'abord que ce n'est pas la peine, qu'il suffit que chacun de nous se concentre et que nous allons finir par nous comprendre mais elle est en roue libre, si bien que je finis par presque lui crier dessus à mon tour de m'écouter. Pendant ce temps, Alexandre continue à parler avec nos voisins et comprend soudainement que ce ne sont pas nos voisins mais des personnes venus nettoyer un Airbnb et en l'occurence. J'e tente d'expliquer à Anna Maria le dénouement qui a lieu actuellement sous mes yeux, mi-amusée par ce quiproquo qui dure depuis une bonne demi-heure maintenant et lâche maladroitement « mais en fait on n'était devant l'appartement d'en face parce que comme il y avait des gens dans le bon appartement, on n'avait pas compris que c'était celui-là le notre ». Là, Anna Maria se met à suffoquer en apprenant qu'il ya quelqu'un dans l'appartement et en criant que non ce n'est pas possible il ne doit pas y avoir quelqu'un. Dépassée par la situation est incapable de gérer à distance la réception de cette information -manifestement celle de trop- par Anna Maria, je donne le téléphone à l'homme qui n'habite donc pas là. Il la calme alors et lui et la femme qui l'accompagne nous laisse prendre possession des lieux en s'excusant et en rigolant de tout ce bruit pour rien. On rigole aussi, même si on pense qu'ils auraient quand même pu comprendre plus tôt. Une demi-heure plus tard, Anna Maria, qui n'est décidément pas la vivacité incarnée, m'envoie un message pour savoir si nous sommes rentrés dans l'appartement. Tentant de lui faire oublier cet événement qu'elle semble avoir très mal vécu, et donc sans lui rappeler que c'est quand même elle qui à l'origine nous a donné l'adresse d'un immeuble suivi d'un code sans préciser ni l'étage ni le numéro de l'appartement, je lui répond que oui, que tout va bien et que l'appartement est super (ce qui est un peu exagéré quand même). Elle ne m'a pas répondu.

Les chutes vues de l'avion du retour. Clawdia vue d'1m81 de haut, une taille bien respectable
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Publié le 26 novembre 2021

C'était le mot de passe pour accéder au Wi-Fi lors de notre nuit à Curitiba, ville capitale de l'état du Parana. Nous y sommes passés en vitesse, vingt-quatre heures, même un peu moins, lors d'un aller-retour express à Joinville, cité au nom français et à l'intérêt limité sauf pour une chose : l'école du Bolchoï. L'histoire d'un voyage de trois jours pour un reportage de qualité supérieure par Clawdia Prolongeau, (bientôt diffusé sur France Musique, "restez à l'écoute" comme on dit dans le poste), avec cinq moments clés, un top 5 sponsorisé par Daikin, le leader mondial de la climatisation.

#5 - Les 30 heures d'autocar

Rio de Janeiro - Curitiba : treize heures. Curitiba - Joinville : deux heures. Théoriques à chaque fois évidemment. Partis le mercredi soir de Rio, revenus le samedi en milieu de matinée, nous avons donc fait la douce expérience des autocars "Leito", c'est-à-dire avec des sièges bien confortables (au moins deux fois plus qu'en avion) où on s'allonge presque entièrement, une couverture et un oreiller sont fournis. À bord on trouve des toilettes pas si sales, un distributeur d'eau (des verres d'eau en plastique, remplis, avec un opercule en aluminium : pas très pratique mais on s'en accomode), des passagers pas trop bruyants.

 On avait même acheté des masques funs. (Regardez bien juste derrière nous : LA CLIM)

Vient le moment où le chauffeur décide d'allumer la climatisation. Là, on se retrouve face à l'équivalent d'un réacteur d'Airbus vous chatouillant la nuque avec un air glacé. Dans l'habitacle, la température n'excède pas les 15 degrés. Résultats des courses : Clawdia P malade après le trajet aller. Alexandre B enrhumé après le trajet retour. Combo gagnant et à notre plus grande surprise, personne n'a semblé surpris ni incommodé. Pas un brésilien frissonnant, pas un carioca agacé : tudo tranquilo.

#4 - Aire d'autoroute en petit comité

Heureusement, il y avait les aires d'autoroute. Un régal de choc des cultures avec un petit arrière-goût de surconsommation, comme dans de nombreux endroits au Brésil. D'abord, expliquons : pour des raisons qu'on imagine un peu topographiques, géographiques et politiques, le train n'existe quasiment pas au Brésil. Les fleuves ne sont pas très nombreux, à part le très lent Amazone, on oublie aussi le transport fluvial. Nous n'avons vu que très peu de chevaux, encore moins de pistes cyclables : on élimine Pégase et la p'tite reine (très bon nom pour notre prochain blog). Restent l'avion et la route. Le brésilien moyen étant plutôt désargenté, la route se présente au final comme la seule option valable.

Alors, l'aire d'autoroute se révèle comme une véritable institution une organisation à part entière. Laissez de côté l'aire à sandwichs triangles entre Clermont-Ferrand et Limoges. Ici, l'aire d'autoroute peut vous sustenter à n'importe quelle heure avec, dans la plupart, un self-service de quelques plats chauds ou au moins de "pasteis" (de la viande de mauvaise qualité, du fromage de mauvaise qualité, le tout dans le pâte feuilleté pour rendre cela acceptable). Les aires d'autoroutes sont immenses, avec pour les plus impressionantes un parcours, comme à Ikea : il faut badger à l'entrée et à la sortie, si vous avez oublié la pause pipi, tour gratuit obligatoire. La dernière aire, lors du retour vers Rio, fût la plus spectaculaire : "capacité maximum 1700 personnes" indiquait un panneau à l'entrée. J'ai même vu un espace VIP, avec une dame âgée assise sur un fauteuil massant. Je n'ai pas osé demandé comment on obtenait le statut VIP sur une aire d'autoroute. Est-ce qu'il faut avoir une carte Shell ? Soudoyer le chauffeur du car ? Vivre 60 ans sans jamais acheter une de ces petites sucreries disposées devant la caisse ? Point positif des aires : sanitaires d'une propreté extrême malgré l'affluence de personnes ballonées par les chauffeurs Fangio et nourries de biscuits trop sucrés.

#3 - Le "pas de bourrée"

Nous avons donc vu l'école du Bolchoï (ballet), la seule en dehors de la Russie. Clawdia vous racontera cela bien mieux que moi dans son reportage, d'autant que, ayant une interview "en visio" prévue sur un autre sujet, je n'ai effectué que le début de la visite. J'ai ensuite passé une heure à tenter de communiquer avec des employés de l'école qui ne comprenaient pas comment fonctionnait leur propre réseau internet. Qu'on ne vienne pas nous faire croire que ces gens-là truquent des élections. (En vérité, ils ont été très serviables et d'une gentillesse extrême, et puis ils étaient brésiliens, pas russes).

Joinville-sur-Volga 

Suite à cet épisode, nous avons eu la chance d'assister au premier spectacle de danse de l'école depuis le début de la pandémie. Voir des danseurs d'exception se produire en petit comité (le théâtre de Joinville n'est pas grand), pouvoir parler avec des élèves, des professeurs. Nous avons de la chance, ça valait bien 15 heures de clim' dans la trogne.

#2 - Curitiba express

Après 24 heures éreintantes (Rio-Curitiba-Joinville-Reportage-Curitiba), nous avons eu le droit à 24 heures de récupération, que nous avons mis à profit pour visiter Curitiba, capitale du Parana, presque deux millions d'habitants et comme d'habitude une surface immense (rien ou presque ne se fait à pied). Dans l'ensemble c'est très européen, tranquille, vert (de nombreux parcs), sécurisant. Quelques photos valent mieux qu'un long paragraphe.

En haut, arrêt de bus, musée Niemeyer extérieur. En bas, musée Niemeyer intérieur. 

Parmi les quelques curiosités on a donc le petit bonhomme du feu piéton qui porte un masque, des arrêts de bus en forme de tube, un musée en forme d'oeil et...

 Le superbe opéra de Arame vu sur internet puis par un photographe amateur pas terrible

#1 - Dormir dans des lieux publics

Elle l'a fait. Non contente de visiter un lieu superbe, l'une d'entre nous a donc décidé de prendre une pause roupillons, allongée sur les sièges moyennement confortables de l'opéra. Elle a piqué son somme pendant que je faisais trois fois le tour du lieu, prenais en photo d'autres personnes sur la scène (voir ci-dessus) etc... Évitant précautionneusement d'agir comme une de ses connaissances, je suis passé plusieurs fois à côté d'elle dans l'indifférence avant de me rendre à l'évidence : il allait falloir la réveiller. "Je peux dormir encore cinq minutes ?". La pauvre était malade, j'ai cédé, sans même voler un cliché dans ce moment de faiblesse. Quel galant homme.

 Les halles de Curitiba, sympa aussi, Clawdia a mangé des pâtes, une spécialité brésilienne.

Leçon de portugais : "Oi campeão" - Apparemment, le Brésilien n'a aucun mal à interpeller le serveur en l'appelant (ça évite de lever la main timidement et d'attendre 30' pour un verre d'eau). Officiellement, ce serait "garçom", mais on nous a dit que c'était presque mal vu. À Rio, on peut donc dire "champion" (campeão), "patron" (patrão), "chef" (prononcez chèfi). Ça fonctionne parfois dans le sens inverse (du serveur vers le client). On nous a raconté l'histoire d'un homme entrant dans un bar et se faisant appeler "jogador" (joueur, de foot), par le tenancier.

Évidemment que j'ai pris une photo.