Petit voyage de 4 jours à La Gomera, une des îles de l'archipel des Canaries.
Septembre 2020
4 jours
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En cette année 2020 pas comme les autres, entre restrictions et "codes couleurs" vert, orange ou rouge régis par les Affaires Etrangères des pays européens, celà semble plutôt difficile de povoir s'échapper quelques jours. Pourtant, si on se montre assez adulte pour prendre tours les précautions requises, si on ne part pas pour se mêler à des grappes de fêtards idiots, moi je dis que voyager est encore possible. Respecter les bonnes distances et mettre un masque de quelques grammes n'a rien d'insurmontable. C'était peu avant la déferlante de la "deuxième vague"...

Bref, je suis parti 4 jours sur l'archipel des Canaries (où j'avais déjà posé mon sac en 2015), sur l'île de La Gomera plus exactement. Alors je vous offre une bouffée d'air frais maritime, mélangée à l'odeur des figuiers de Barbarie.

J'ai pris un vol pour Tenerife, durée +/- 4 heures. Quelques formalités à l'arrivée: contrôle d'un QR code reçu par sms dans le cadre du contrôle sanitaire et prise de température. Pas de souci me concernant. De Tenerife-Sur, court trajet en bus jusque Los Cristianos d'où démarre un ferry inter-îles de Naviera Armas, lequel ferry me conduira sur l'île de la Gomera, ma destination. Comme j'arrive tard, on attaquera la visite demain matin.

On voit que mister Covid a laissé sa trace: la fréquentation touristique des Canaries a sérieusement chuté. Déjà sur la côte sud de Tenerife, réputée très (trop?) festive, Los Cristianos tournait au ralenti. "Un mal pour un bien", me disait la serveuse du petit bar où j'étais en attendant le bateau, en m'expliquant que les insulaires respirent un peu de ne plus voir débouler des hordes de britanniques ou d'allemands bourrés... On peut comprendre.

Bon alors, elle se situe où, La Gomera? Facile: c'est la petite île ronde, comme tracée au compas, à une trentaine de km à l'ouest de Tenerife. Petit paradis des randonnneurs, elle fait plutôt partie de l'anti-tourisme de masse. Comme ses soeurs, elle a une origine volcanique, mais en altitude, le climat plus humide l’a recouverte de forêts luxuriantes. Et il y a aussi un nombre incroyable de palmiers. Heureusement aussi, il n'y a pas de ces horribles bananeraies sous serres plastiques comme on voit entre autres sur Gran Canaria.Sa capitale, c'est San Sebastian de la Gomera, vraiment à taille humaine: en 2km on en est déjà sorti! Jolie petite cité, avec son église blanche et ses maisons colorées qui dégringolent des escarpements rocheux qui l'entourent. Peu de circulation, les gosses jouent sur la Plaza de la Constitución, près du parc où se trouve la vieille Torre del Conde.

Los Cristianos (Tenerife).
Los Cristianos (Tenerife).
Ferry de "Navier Armas".
Ferry de "Navier Armas".
San Sebastian de La Gomera.
San Sebastian de La Gomera.
San Sebastian de la Gomera. 
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J'ai loué une voiture pour deux jours, l'île n'étant pas bien vaste (quelque chose comme 25 X 25 km); en prenant la route GM-1 on prend rapidement de l'altitude, et les paysages rocheux deviennent de plus en plus impressionnants. Côté nord, je visite le petit village bariolé d'Agulo, plus ou moins perché sur une falaise vertigineuse. Le côté agreste de la Gomera transparait de façon claire: beaucoup de cultures en terrasses, de l'élévage de chèvres... on est loin des champs d'éoliennes de Tenerife...

Une fois passé Hermigua, un long village qui s'étire le long de la route, un chemin carrossable et poussiéreux conduit à un des multiples petits barrages disséminés dans l'île (la distribution de l'eau pour les cultures est bien organisée) et offre de spelndides panoramas.

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En m'enfoncant davantage dans la végétation du centre de l'île, je pénètre au sein du joyau de la Gomera, le Parque Nacional de Garajonay, inscrit à l’Unesco depuis 1986; il occupe 10% de la surface de l’île. Cette forêt dite "laurisylve" se rencontre aussi sur Madère et dans les Açores.Et pour un randonneur aguerri comme moi, c'est le Saint-Graal; il y a une pléthore de sentiers qui partent dans tous les sens. J'ai choisi le sentier qui rallie le hameau de El Cedro et l'ermitage de Nuestra Señora de Lourdes. Et la Gomera étant plutôt escarpée, ça grimpe sec, heureusement ça se fait souvent à l'ombre, vu la luxuriance de la végétation! Je reconnais avoir bien mangé au petit resto du hameau, avec cette soupe de garbanzas (pois chiches) et cette viande de chèvre bien épicée. Je retrouve avec plaisir les petites "papas arrugadas" (ces patates au gros sel acompagnées de sauces mojo rouge et verte!), et cette délicieuse bière Dorada!

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En rattrapant par après la route GM-2 vers Vallehermoso, les "miradors" se succèdent, d'où on se délecte de points de vue à tomber par terre!

L'aspect rural continue à prédominer aux alentours de Vallehermoso (pas vraiment la plus belle localité de l'île...), mais les routes secondaires sont sacrément étroites; ne prends pas une voiture de location trop imposante!

Je redescends direction l'ouest de l'île, en passant par Arure et son petit ermitage, vers Valle Gran Rey, petite ville portuaire et touristique (mais sans trop l'être), avec sa longue plage de sable noir (une des rares de la Gomera), ses palmeraies, ses plantations de figuiers de Barbarie et bananiers et son petit port cerné par d’impressionnantes falaises. C'est dans la vallée, au hameau de Los Granados, que je passerai la nuit dans une "casa rural", au milieu des plantations étagées en terrasses. Je goûterai ce soir à l'almogrote, cette spécialité pâteuse à la couleur orangée1, faite à partir de fromage de chèvre sec, assaisonné de poivrons, d'ail et d'huile d'olive.

Vue sur Valle Gran Rey.
Hameau de Los Granados.
Figuiers de Barbarie.
Le fromage "almogrote".
Valle Gran Rey et hameau de Los Granados.. 

Je me suis vraiment bien plu sur la Gomera. Souvent éclipsée par ses grandes soeurs (Tenerife, Gran Canaria, Lanzarote...), elle est pourtant une source de sérénité de par sa plus faible fréquentation touristique et sa nature authentique encore très bien préservée.Et j'oubliais un truc important: c'est sur la Gomera que se pratique le "silbo", cet étrange langage sifflé qui permet aux bergers de pouvoir communiquer à longue distance entre les vallées. Il y a des démonstrations de silbo pour les touristes dans certains restos, car c'est très difficile et hasardeux de l'entendre au "naturel". Pourtant, j'ai eu cette chance, au loin, en plein milieu des champs en terrasses. Voilà à quoi ça ressemble (pas de moi, la video):