Carnet de voyage

Voyage en Terre du Milieu

5 étapes
12 commentaires
5
Comme le Népal, ce Pays a toujours exercé une attraction incroyable sur moi. Je me devais de prendre le temps, et de faire les choses comme il se devait pour m'en imprégner au maximum.
Du 16 janvier au 2 avril 2018
76 jours
Partager ce carnet de voyage
1

Nous voici à présent en Nouvelle-Zélande. A l’aéroport de Christchurch, dans un souci inégalé de préserver la faune et la flore du Pays, nos chaussures, nos bâtons de randonnées et autres équipements de Trek, sont contrôlés, nettoyés et même stérilisés. Je n’avais encore jamais vu cela ailleurs… Et ce n’est pas pour me déplaire. Ici, l’idée est simple, nous savons que nous avons deux mois et demi devant nous pour visiter la nouvelle Zélande. Après de nombreuses recherches et prises d’informations, ils s’avèrent que l’option d’acheter un camping-car soit la solution la plus avantageuse. La Nouvelle-Zélande est un pays relativement onéreux pour les voyageurs, et lorsqu’il s’agit de traverser le pays durant plusieurs semaines, il semble plus évident d’opter pour ce mode de transport. Sur recommandation, nous envisageons donc d’acheter notre camping car sur Christchurch, où les prix semble les plus bas et de le revendre sur l’île du Nord, à Auckland, avant notre départ, où la demande semble plus importante. Ainsi, à la différence d’une location qui nous couterait le même prix pour deux mois, nous pourrons récupérer notre investissement.

Dans cette attente, nous allons être une nouvelle fois accueillis chaleureusement chez des amis, dans une famille formidable, et nous pourrons ainsi découvrir le rythme et les habitudes d’une vie locale, et de ces habitants. Je ne me considère pas comme un grand cuisinier, loin de là, mais j’ai toujours aimé faire plaisir à mes amis par ce biais; et toutes personnes ayant goûté à mes préparations ont semblé les apprécier. Aussi, c’est encore une fois avec beaucoup de plaisir que je vais remercier nos hôtes en cuisinant régulièrement différentes spécialités, française ou autre.

Il nous suffira de quatre visites et d’un peu moins d’une semaine pour dénicher notre compagnon de routes. Nous déciderons de l’appeler « Galaxy », en souvenir d’un chien errant que nous avions baptisé du même nom, tandis que ce dernier, veillant sur nous, nous accompagné durant toute une journée sur les chemins escarpés des Annapurna, au Népal.

La route, tel un ruban sans fin, se déroule à présent devant nous, et c’est les yeux remplis de magie que nous découvrons ces incroyables paysages, ces vastes étendues, ces plaines immenses qui à chaque instants vous rappellent le monde enchanteur du Seigneur des Anneaux, « la terre du milieu ». C’est ainsi, que durant ces premiers jours d’aventures je m’attendrai à tout moment à voir surgir au détour d’un chemins, Hobbits joufflus, Elfes, Nains et Magiciens. Et cela, sans jamais envisager ne serait-ce qu’une seule fois, de me dire que tout cela n’existe pas. Qu’y a t-il de plus beau, que de pouvoir ajouter une pincé de magie et un zeste d’imagination à ces rêves que l’on a la chance de vivre les yeux grands ouverts…

2

C’est après trois jours aux abords du Lac Clearwater que nous avons décidé de poursuivre notre aventure en direction du Sud. « Galaxy » répond parfaitement à nos attentes. Ce dernier peut se targuer d’un plumage, doubler d’un ramage. En effet, en plus d’être joliment décoré, il est pratique, confortable et surtout, autonome (self-contained), ce qui nous permet de camper dans de nombreux emplacements réservés, gratuits, et sauvages. Cela, sans en détériorer les lieux.

Notre prochaine halte se fera en bordure du Lac Pukaki. Un immense lac, magnifique, qui la nuit venue nous offrira d’incroyables moments alors que la pleine lune et son ciel étoilé se refléteront dans ses eaux paisibles. Nous enchainerons, séances de natation, dégustation de saumon local, sous forme de sashimis. Puis, c’est à la pointe du lac, dans les terres, non loin du village Mont-Cook, que nous nous rendrons pour y réaliser une journée de Trekking. Nous opterons pour une ascension jusqu’au Refuge « Mueller Hut ». Une formidable journée, malgré un soleil de plomb et un itinéraire dépourvu de zone d’ombre. C’est tout du long que nous aurons la chance d’évoluer avec comme toile de fond, le Mont Cook (3724m), et le Mont Sefton (3151m) et son glacier.

C’est en sauts de puce que nous continuerons notre route. Nos haltes seront dictées par la beauté des plages, le calme des zones de camping, la taille des vagues pour y faire du Bodyboard et les chemins alentours pour y user nos semelles. Dans ces endroits, nous y ferons de nombreuses connaissances au sein des autres voyageurs itinérants. Nous découvrirons différents types de Camping-car, différentes personnes, seule, en couple ou en famille; des locaux, des allemands, des Canadiens et pour le plus grand plaisir de ma langue natale, des Français, en working holiday, avec lesquels j’aurai plaisir à partager un petit apéritif bien de chez nous, déniché quelques jours avant, un Ricard, un vrai. Eh oui ! Ça, c’est comme le fromage et le bon vin.

D’ailleurs en parlant de fromage, les jours qui suivront nous amèneront aux abords de Dunedin, et d’une Usine de fromage (Evendale). Nous en profiterons pour y faire une halte… Et le soir, venu c’est une poêlée de pomme de terre recouverte de l’un de ces fromage local qui nous réchauffera l’estomac. Et ce, alors que la météo (capricieuse ici) aura soudainement décidé de s’habiller d’un manteau d’Automne. Dans cette même zone, nous irons également visiter la plage de Moeraki Boulders , réputée pour ses mystérieuses billes. Bon nombre d’explications existes à leur sujet, sans qu’aucune ne puissent être avancées avec certitudes.

3

« Galaxy » sillonne les plaines, transperce les forêts, brave le vent, file à toute allure, et nous transporte tel Morphée dans un rêve tout éveillé. Ce seront, les vents glacials du sud de l’île, dans les Catlins. Puis Curio-Bay, ses étranges plages et forêts. Des plages normalement inondées de Dauphins, mais sans dauphins. Une Orque de passage en aura décidé autrement durant notre période dans le coin. Les locaux ne savent pas quand ils reviendront. Dommage…

Puis ce sera Milford sound et son incroyable baie, à bord d’un bateau à la pointe du jour, entre-deux tempêtes. Eh oui, après une secousse sismique à Christchurch ce sera un cyclone (« Gita » de son petit nom) qui nous bloquera sur place. La nature se déchaine. Les arbres s’effondrent sur la route. Les rivières se transforment en torrents. Les campings-car donnent la sensation de vouloir s’envoler. Sans d’autre choix, nous resterons sagement à l’abri dans un bar-restaurant, tous entassés, à contempler les éléments qui se déchainent, depuis l’intérieur, une bière ou un chocolat chaud entre les mains. « Galaxy » trouvera sa place également pour la nuit, entre-deux énormes camping-car qui lui couperont les rafales, mesurées à plus de 150km/h…

Le soleil sera tout de même de la partie, et ce, durant notre séjour sur Wanaka. L’un des plus beaux endroits visité jusqu’à présent. Le bonheur pour mes baskets : des sentiers qui grimpent dans tous les sens, avec pour récompenses, des panoramas à vous couper le souffle. Ce sera l’Iron Peak, puis le Roys Peak entre autres, et de belle nuit argentée sous les étoiles, au bord d’un lac, parfois en bonne compagnie. Rien de tel qu’un bon vin et qu’une tartiflette improvisée pour partager une bonne soirée. Merci à Remy et Léa pour cet agréable moment.

La minute philosophique ( à deux balles ) :

« Ne laissez derrière vous que l’empreinte de vos pas » Voilà ce que l’on peut lire parfois à l’entrée de certains Conservation Parcs Area.

Ces quelques mots ont suffit à faire germer en moi une réflexion.

Que laissons-nous derrière nous ? Quelle traces, concrète ou abstraite laissons-nous ? Positive ou Négative ? Nous sommes nombreux à nous contenter de vivre, sans nous poser la question. Sans s’inquiéter de ce que peuvent engendrer nos actions, alors qu’on leur tourne le dos…

La causalité : un phénomène simple, à la portée de tous, mais d’une puissance sous-estimé. Nous détenons tous se pouvoir, sans nous en rendre compte. Il ne s’agit rien d’autre que du phénomène de cause-à-effet…

Causer du tord, faite souffrir gratuitement une personne dès la première heure de la journée, et tel un domino, à son tour cette personne transmettra, volontairement ou non, tout au long de la journée, cette peine, cette haine, autour d’elle et auprès de ses amis qui s’inquiéteront, ou de ses collègues de bureau qui n’auront d’autres choix que de subir ce malaise, et de le transmettre à leur tour, le soir venu au sein du cocon familial…

Alors qu’il suffit parfois simplement, de sourire, de complimenter, de rendre service gratuitement pour engendrer le processus inverse et semer le bonheur, tel des grains de blé tout autour de soi.

Laisser une trace :

Certains choisirons d’être, marchand d’armes. Je vais vous épargner la description du phénomène de causalité dans un tel cas… D’autres, planteront un arbre qui protégera de la pluie et du soleil durant des milliers d’année ; creuseront un puit… ou souriront à la vie.

Rien n’est plus communicatif qu’une simple attention, qu’un rire, ou qu’un simple sourire.

Essayez…!

4

Alors que Galaxy remonte doucement en direction du nord, je vous amène au travers de ces deux petites vidéos avec moi sur deux sentiers magnifiques. (Pensez à modifier les paramètres en bas à droite de la vidéo pour une qualité optimale)

Ici, c'est un petit sentier côtier, juste sublime...

Et là, nous voici à présent sur l'île du Nord, dans l'un des plus beaux Parcs Nationaux du monde, Le Tongariro National Park. Les images se passent de commentaires...

5

Notre passage sur l’île du Nord nous rapproche de la fin de notre périple. C’est ici, à Aukland que l’aventure en Nouvelle Zélande va s’achever. Tel un feu d’artifice, c’est sur un bouquet final majestueux, à la saveur du Tongariro National Park, qu’elle s’achèvera. L’un des plus beaux Treks au monde, et je ne me permettrai pas de remettre en question ce statut tellement mes yeux en brillent encore.

A deux semaines du départ, il nous reste encore à vendre Galaxy, notre Van. Nous sommes ici en fin de saison d’été, et sur Aukland il y a plus d’offre que de demande. L’angoisse monte alors qu’après avoir posté notre annonce, toujours aucune visite, ni même contact… Les billets d’avions sont pris pour l’un comme pour l’autre et il nous parait inimaginable de brader, d’abandonner Galaxy pour une poignet de dollars. En connaissance de cause les « car-sailers » en profitent et font des offres ridicules, mais de dernier espoir pour les vendeurs dans de telles situations… C’est impensable, et nous savons que Galaxy n’est pas un van comme tous les autres. Aussi, nous restons confiant et savons qu’une seule visite suffirait, car il est aisé de tomber en amour pour Galaxy.

Il en sera ainsi…

Une semaine avant notre départ, première et unique présentation auprès d’un couple Anglo/Americain. Ils tomberont sous le charme, et Galaxy leur appartiendra trois jours après. Juste le temps pour nous de trouver un Airbnb sur Aukland et de refaire nos sacs à dos. D’autres amis (Léa et Remy) que nous retrouverons sur Aukland, auront eux moins de chance, et à la veille de leur départ seront obligés de brader leur véhicule.

Au final, l’option d’acheter le camping-car plutôt que de le louer aura, de fait, été la moins onéreuse pour nous, si on enlève les temps de recherche, de revente, et les tracas afférents à ceux-ci.

L’aventure aura été incroyable. Encore un vieux rêve qui vient de se réaliser. Traverser la Nouvelle-Zélande en camping car, ou comment s’émerveiller chaque jours et chaque instants de la beauté de cet endroit. Il n’y a pas de meilleure solution pour visiter ce pays. Le pays est aménagé à cet effet et les services pour les campings-cars sont nombreux. Durant ces deux mois, nous aurons passé des nuits sous d’incroyables voutes étoilés, dans des endroits que l’on n’imagine ou que l’on ne voit que dans les films, au bord de lacs étincelants, de plages de sable blanc, au coeur de forêts et de monts enchanteurs. C’est plus de 5000 kms que nous aurons parcouru, les yeux toujours grands écarquillés…

Une nouvelle fois nos routes vont se séparer. Ma compagne de voyage, Freya, va poursuivre sa route en direction de Hawaii, avant de terminer son périple et de rejoindre le Canada. Il en est de même pour moi, dans une direction différente. Le monde est petit et l’envie de voyager immense, et je ne doute pas que nos routes se croisent encore.

La minute philosophique (à deux balles).

« Sortir de sa zone de confort » ou comment se détacher des choses sans importances, qui ne sont faites que pour nous rassurer, ou nous retenir continuellement, tel le maillon d’une chaine qui entraine les rouages d’un système… Je me suis rendu compte qu’à court terme, cette zone de confort nous rassure; on se sent en sécurité dans un « chez-soi », entouré de biens matériels que l’on pense posséder, avant que ce soit l’inverse qui se produise, et que ce soit ces biens qui nous possèdent et finissent par nous rendre dépendant et prisonnier, ce qui aura pour effet de transformer cette « zone de confort » en frustration sur du long terme. Ce n’est pas un jugement, ni une critique, juste un constat tiré de mon apprentissage et de ma propre expérience de la vie.

A court terme, alors que l’on décide de quitter cette zone de confort, on se sent dépourvu, différent, en manque… puis à moyen-long terme on fini par se découvrir, par se sentir moins frustré, moins stressé, libre… Et c’est alors que la magie opère. C’est là que l’on se met à apprécier les choses simples de la vie, et que l’on comprend parfois qu’il n’y a pas besoin de beaucoup plus pour être heureux… Comme par exemple, d'un camping car, d'une voute étoilée, et d’une route qui telle un ruban se déroule vers des horizons sans fins.

Trouver un juste équilibre entre ces deux extrêmes semble à mon avis une bonne solution. A creuser (...)


Je termine ces quelques lignes depuis une nouvelle ville, un nouveau pays, un nouveau continent. Assis paisiblement devant une petite table en fer forgé, à la mosaïque colorée, le soleil vient tout juste de poindre. Ces rayons illuminent le patio. Je savoure et salue sa venue en buvant une gorgée de café. Chilien le café…