En Avril 2017, Aurelie et Kevin s'envolent vers la Hongrie pour y découvrir Budapest. Etonnante cité, à taille humaine, la ville est à découvrir !
Avril 2017
3 jours
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Budapest. Si cette destination peut vous sembler surprenante, elle ne l'est pas moins que la ville elle-même où l'on aura croisé plus de Français que de Hongrois !

Budapest, c'est une ville magnifique traversée par le Danube, qui, au printemps, se pare de couleurs et d'une douceur profitable aux longues balades.

Lors de notre arrivée, pourtant, on s'est demandé où on était tombé: l'immeuble qui nous hébergeait semblait tout droit ancré dans le temps, et le quartier, la nuit tombée, était envahi de jeunes à la recherche du sésame, la bière à 1 euros. Enfin, la bière... je l’ai goûté, la bière, à part enivrer elle n'apporte rien. Mais à 10€ les 5 litres, ce ne sont pas les jeunes qui se plaindront !

Si cette première impression devait avoir été celle du séjour, j'aurais été déçu. Au contraire, Budapest est une ville surprenante à bien des égards, c'est ainsi que dès la matinée du premier jour, nous sommes allés voir un des monuments phares de la ville: la place des Héros.

Puis, en errant dans le parc adjacent, nous avons pu découvrir un château reproduisant le style des Carpates, une copie de ceux de Transylvanie, qui abrite un musée de l'agriculture.

Ensuite, nous sommes passés devant les Thermes Szechenyi: impossible de ne pas aller prendre un bain là-bas, mais nous avons réservé cette expérience à la fin d'après-midi, pour nous reposer de la journée de marche qui s'annonçait. Le bâtiment est exceptionnel, nous y reviendrons.

Puis, notre balade le long des Champs Elysées de là-bas (Andrassy ut.) nous a amené, une heure plus tard, sur l'esplanade du Parlement. Le monument, gigantesque, est pourtant récent. Il borde le Danube. Là bas, c'est toute l'architecture de la place qui émerveille. On sent la grandeur et la décadence imposée par le Reich Hitlérien, et l'héritage Russe qui a suivi la Seconde Guerre Mondiale.

La ville a aussi subi une insurrection, et c'est ici qu'on peut visiter un mémorial qui rappelle ces heures sombres. Puis, le touriste pourra aller visiter le Parlement...

Le Parlement, c'est une visite à faire. Ses dorures sont composées de 40 kilos de feuille d'or. Avec la valeur du bâtiment, on aurait pu construire une ville de 45000 habitants. De plus, 20 km de couloirs à arpenter révèlent des beautés d'architecture et de modernité. La guide francophone nous a d'ailleurs montré la salle de l'assemblée, aussi vide que chez nous, finalement ! Pour finir, une grande salle avec la coupole du bâtiment, qui abrite les bijoux de la Couronne. Les photos sont interdites dans cette pièce à la solennité impressionnante.

Enfin, pour finir la matinée, et avant d'aller déguster un plat gastronomique hongrois, il faut aller prendre la mesure de l'horreur qu'a connue la ville en marchant sur la promenade des chaussures sur le Danube. A cet endroit, pendant la seconde Guerre, des dizaines de personnes ont été fusillées par le parti des Croix Fléchées. Elles devaient se déchausser avant leur exécution, et étaient ensuite jetées à l'eau. Ce mémorial original est un immanquable.

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C'est donc après déjeuner que nous avons visité le Parlement: en effet, impossible d'avoir une visite en Français avant. Du coup, on ne s'est pas trop éloignés et avons déjeuné dans la plus proche brasserie. A noter, les prix des repas en Hongrie sont de 30 à 50% moins chers qu'en France. J'attaquais donc mon séjour avec un Goulash, et ma compagne avec un poulet au Paprika.

Puis, après la visite du Parlement, nous avons déambulé en ville à la découverte des secrets de Budapest. Les stigmates du passé jaillissent sur les murs. On se projette dans le temps. Le temps qui passe, évidemment, et nous avons décidé de profiter de la fin de journée pour aller aux thermes.

De retour au Nord de la ville, nous avons été ébahi par la beauté du lieu, calme et reposant.

Alors, pour vous donner une idée de ce que sont ces thermes: imaginez aller prendre un bain d'eau chaude, stagnante, après des dizaines de personnes et en compagnie de dizaines d'autres. Beurk. Bah pourtant, c'est comme ça. Les thermes se composent de plusieurs salles et de mini-bassins où s'agglutinent des gens, la plupart touristes. D'eau chaude, d'eau froide, ils passent de sauna en hammam et se retrouvent dans l'eau stagnante, sous les arcades à l'ancienne. Pas de photo pour moi puisque j'y étais pour me baigner. Là-bas, on peut acheter un billet de visite seule; on croise donc des gens qui prennent des photos. Sinon, on se retrouve d'abord dans un vestiaire où il faut se changer - oui, devant tout le monde, mais rassurez-vous, les garçons d'un côté et les filles de l'autre -. A l'extérieur, on peut accéder à une piscine plus traditionnelle. A 18° à l'extérieur, l'eau est à 38° et donc, on y est bien.

Il faut quand même savoir qu'il y a plusieurs "bains publics" à Budapest. Les bains Gellert de l'autre côté de la ville semblaient un peu loin, aussi nous avons choisi ceux-ci. Mais le touriste a un grand choix... Ces eaux thermales sont réputées pour leurs vertus et leur efficacité sur les problèmes de peau, notamment.

Mais le temps passe et il a fallu penser à rentrer. Donc, d'aller aussi dîner. A Budapest, il y a énormément de fast-food. Le Hongrois semble manger principalement des trucs vite-fait avant d'aller boire un verre dans les bars.

On a trouvé une dizaine de restos rassemblés devant ce bâtiment, salle de spectacle à l'honneur de Liszt, le célèbre compositeur hongrois.

C'est avec difficulté que nous avons trouvé un restaurant, de style bistro. La plupart des brasseries comme nous les connaissons sont concentrées auprès des lieux touristiques sur les boulevards (rien autour du Parlement ou de la Place des Héros, pourtant). Après un rabattage en bonne et due forme, nous voilà assis à déguster une assiette de charcuterie traditionnelle, des crêpes à la hongroise, ou du chou farci.

Notre logement étant situé en hypercentre, nous n'avons pas marché beaucoup avant de rentrer, remettant à demain notre tournée des chapelles !

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Direction Buda pour cette nouvelle journée ! Buda est le "quartier" situé du côté ouest du Danube. C'est la fusion de celui-ci et de la ville de Pest qui a donné son nom à la capitale hongroise. Il s'agit aussi d'un quartier très touristique, car il détient le Palais Royal, le Bastion des Pêcheur et la cathédrale St Matthias, trois monuments importants de la ville.

C'est donc sous un soleil radieux que nous avons rejoint le Pont de Chaine qui fait la liaison entre les deux rives. Ce pont mythique, gardé par des lions, est absolument splendide. La vue qu'il offre sur les rives du Danube vaut le détour, c'est un passage obligé.

Arrivés sur la rive Ouest, nous avons décidé de prendre le funiculaire pour monter sur la colline, non sans longer d'abord le fleuve pour prendre quelques clichés.

D'en haut, la vue est imprenable, exceptionnelle. Le Palais Royal, reconverti en musée, est un bâtiment massif dans les allées duquel il est agréable de se promener. Il est possible d'y accéder via un chemin dans les remparts, le bazaar, où il faut se frayer un passage parmi les touristes chinois. Parsemé de statues, le Palais domine le fleuve.

Quelques centaines de mètres plus loin, on a impression d'entrer dans un petit village préservé, haut en couleurs, où flânent des touristes parmi les petites boutiques qui vendent des bibelots. L'ambiance est à la détente avec ce petit marché caché dans une cour, et l'arrivée sur la place de la Cathédrale St Matthias se fait facilement. Si celle-ci ne vous dit rien de particulier, elle a pourtant été le lieu très connu du couronnement comme reine de Hongrie d'Elisabeth de Bavière, dite... Sissi ! A l’intérieur, parmi les dorures, on retrouve un musée où sont exposés notamment une partition de Litsz et une copie des bijoux royaux.

En sortant, immédiatement, on accède au Bastion des Pêcheurs. Il s'agit d'une promenade de plaisance en hommage aux pêcheurs qui gardaient la ville. Inutile de payer pour visiter ça: ça n'apporte rien du tout et on retrouve la vue sur le Parlement en marchant quelques mètres plus loin. La bastion est pourtant fort joli, en pierre blanche, et surplombe le Danube.

Pour visiter ces sites, la matinée suffit si on s'y prend de bonne heure. C'est toujours sous le soleil que nous décidons de nous rendre aux Halles, et de retraverser la rive. Il faudra marcher quelques kilomètres pour les atteindre mais le passage valait le détour et heureusement: les plus grandes Halles d'Europe se tenaient là, devant nous... mais étaient fermées ! La déception n’entama pas notre appétit, et nous nous installâmes pour grignoter un sandwich.

En regardant la carte de la ville, nous avions repérés pas loin un mémorial de l'Holocauste. Ça nous a paru intéressant et nous avons cherché le bâtiment. Planqué dans un dédale de rue, nous l'avons déniché et décidé de le visiter.

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Plongés dans l'obscurité, c'est avec respect et humilité que nous découvrons le mémorial. Objets, documents et surtout, vidéos d'archives nous replongent dans l'ambiance terrible des déportations de juifs pendant la seconde Guerre. Si, au début, ces images nous rappellent le contexte en Europe et en Hongrie, nous ne tardons pas à découvrir l'horreur des camps. La communauté juive de Hongrie, marquée par l'horreur. L'émotion est très forte, on ressent à la fois de la peine,de la haine, et de la peur.

A Budapest, l'Histoire est donc essentielle. Mise à l'honneur dans ce mémorial, ou dans la Maison de la Terreur rappelant les heures sombres de l'insurrection de 56, le Magyar ne veut pas oublier et transmettre le souvenir de ces événements pour avertir le Monde.

Restants marqués par ces événements, on s'est dit qu'il fallait en profiter pour aller visiter la Grande Synagogue, la plus grande d'Europe. On a marché un moment pour la rejoindre, au fil des rues de la ville historique. Arrivés là-bas... Déception : le vendredi, c'est shabbat ! Donc ça ferme de bonne heure pour tout le week-end ! Pour le coup on a pas eu de bol; logeant dans le quartier juif, les magasins étaient fermés, et la synagogue aussi. La bâtisse avait pourtant de la gueule, jugez plutôt !

On s'est donc rabattu sur la Basilique St Etienne. A deux pas de la Synagogue, cet édifice religieux majestueux ouvre ses portes au public. L'intérieur est orné d'or, de peintures et de scènes bibliques. Dans une aile, on peut aller voir la relique de St Etienne: sa main momifiée tenant un chapelet. Pour quelques misérables forints, on peut aussi monter les 302 marches qui atteignent la coupole, et profiter de la vue sur tout Budapest. C'est une belle compensation que nous avons eu là...

Pour finir la journée, c'est du côté de la rue commerçante (Vaci ut.) que nous sommes allés. L'artère piétonne comporte de grandes enseignes très chères, mais on n'y prêta pas attention car pour les fêtes de Pâques, c'est là qu'un marché était organisé. Un peu comme nos marchés de Noël, mais pour rappeler que si chez nous, Pâques c'est pour les gosses, là-bas, ça garde une dimension intemporelle. On y trouve donc des vendeurs de bibelots, mais aussi des animations et énormément de bouffe ! Là-bas nous avons goûté le calorique Langos, sorte de pizza au chichi et à la crème fraiche. C'est très bon !

La soirée approchait doucement, le temps pour nous de vivre au rythme des Hongrois de la nuit...

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Vivre à Budapest, c'est aussi suivre son rythme. Au fil de l'eau la journée, c'est la nuit que les choses s’animent. C'est ainsi qu'avant d'aller manger nous avons opté pour aller boire un cocktail dans un Ruin Pub. Le Ruin Pub, c'est un batiment en ruine dans lequel sont installés, au fil des pièces ou dans la cour, des tables, des chaises, des bars. Différents bars se succèdent donc dans une déco faite de récupération, d'objets insolites, dans une ambiance unique, exceptionnelle. On y aura vu une voiture ornée d'autocollants, un film diffusé sur les murs en décrépitude, des jeunes ivres et d'autres festifs... Franchement, il FAUT aller voir. Il y a plusieurs Ruin pubs à Budapest, le notre c'était Szimpla Kert, le plus connu.

Et puis au final, Budapest c'est une ville vraiment surprenante, où on ne projette pas de faire les choses, elles s'offrent à nous au fil des déambulations. C'est ainsi que nous sommes allés voir Gozsdu-Udvar, sorte d'arcade comme on en connait en France à Paris, les fameux passages où s'entremêlent brocanteurs et restaurants. Il n'y en a qu'un à Budapest, c'est ce qui fait sa célébrité.

Dans les cours des immeubles sont aussi aménagés des rassemblements de Food Truck. Sur les murs des immeubles, d'immenses peintures donnent de la gaieté et rappellent que nous sommes en Europe de l'Est. Au détour d'une ruelle, un marché coloré où s'étale du paprika vert. Le paprika est l'épice la plus produite de Hongrie, un fleuron national, devrait-on dire: tout se cuisine avec, cru ou en poudre !

Nos balades nous auront emmenés dans des endroits excentriques où s'amuser fut facile, Budapest est une ville incroyable, à deux visages.