Par Attila
France, Suisse, Autriche, Slovénie, Croatie, Italie, 6 pays, un voyage à la croisée des mondes.
Juillet 2019
4 semaines
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De la capitale auvergnate à l'embouchure de la rivière Krka un oiseau n'aurait qu'un peu plus de 1200 kilomètres à voler.

Notre compteur en affichera plutôt 5500 à notre retour...

Les tours et les détours du parcours nous feront successivement traverser la Suisse, le Liechtenstein, l'Autriche, la Slovénie, la Croatie et l'Italie.

Il ne sera évidemment pas question d'une visite exhaustive de tous ces pays mais plutôt d'une découverte autour de quelques lieux.

Mais que vient faire la croisée des mondes dans tout ceci me direz-vous ?

La croisée politique entre anciens pays de l'ouest et pays de l'est, entre espace Schengen et frontières contrôlées.

La croisée géographique entre glaciers des hautes montagnes et plages caillouteuses de l'Adriatique.

La croisée météorologique entre un été qui n'en est déjà plus un sur les reliefs et la touffeur du bord de mer.

Mais surtout un vaste espace où quasi toutes les populations du monde cheminent, voyagent, travaillent ou reprennent un nouvel élan.

A voyager sur les 5 continents, j'avais oublié combien le mien possédait d'attraits.

Nous ne croiserons pas de migrants par obligation de survie mais que de migrants par plaisir !

Tour à tour, nous aurons ainsi l'impression d'être sur le tournage de Rabbi Jacob, de voyager au Moyen-Orient, de visiter Bombay, Tokyo, Pékin ou même Quito.

Seule l'Afrique sub-saharienne manque à l'appel. Les glaces et les galets ne seraient pas le paradis des élites locales ?

Le jeu des immatriculations fonctionne ici encore à plein.

C'est quel pays HR, H, A, B, BG, BY, CH, E, GB, I MNE, PL, RO, RUS, SLO, SRB, UA, LT, DK ou bien encore LV ?

Une mine pour petits et grands enfants.

Il n'y a qu'un obscur BZH que je n'ai su déchiffrer...

Une nation surpasse pourtant en nombre toutes les autres. Elle affiche un petit D au cul de ses voitures et camping cars.

Prêts à vous incruster dans le flot de la circulation ? C'est parti !

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La ligne des volcans disparaît dans mon rétroviseur, l'autoroute file vers les Alpes.

A l'heure des premiers gargouillis, un panneau nous invite à découvrir les berges du lac Léman.

Un endroit idéal pour sortir le pique nique, non ?

Les cygnes, les voiliers et le ballet des avions pour Cointrin rythment notre dernière dégustation de spécialités auvergnates. Le ciel moutonne légèrement, une brise rafraîchit l'air, ça commence à bien sentir les vacances !

Nous digérons le Laguiole en terre d'Abondance, sacrilège s'il en est..., puis basculons chez les helvètes au Pas de Morgins.

Le poste frontière se dresse toujours fièrement par delà le col mais c'est opération portes ouvertes depuis quelques années...

Les nombreux touristes qui se pressaient aux terrasses de Châtel ont disparu, nous voilà quasi seuls à sillonner les petites routes du Valais.

Le raccourci choisi serpente à mi pente se frayant un chemin entre vaches, prairies et remontées mécaniques.

Les chapelles sont ici aussi sereines que les paysages, qu'elles soient d'hier ou d'aujourd'hui.

De bitume en gravier, nous atteignons maintenant notre logis du soir qui, malgré son nom, ne nous mettra pas sur la paille.

Une gageure en Suisse où, comme en Norvège, les prix ne sont pas souvent doux.

Après une courte promenade apéritive, voici venue l'heure de le prendre !

Je suppose que la dégustation fut rapide pour l'habile monteur des murs de ce lieu.

J'en reste baba...

Bon appétit !

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Après un solide petit déjeuner, nous quittons Les Crosets à la recherche d'une station service où nous pourrons acheter la fameuse vignette nécessaire à la circulation sur les autoroutes suisses.

Le pare brise de la Dacia bientôt décoré du précieux sésame, nous pouvons désormais envisager le reste de la journée sereinement.

On prend l'autoroute ? Ben non, pourquoi ?

Notre but se rejoint plutôt par une sinueuse trace de goudron serpentant d'abord dans les vignes puis dans la forêt et les prairies. 1546 mètres, col du Pillon, tout le monde descend !

L'idée des randonneurs fainéants est de monter jusqu'au sommet via le téléphérique puis de redescendre tranquillement à pied.

L'employée s'enquiert de notre équipement, certains ont du tenter précédemment l'expérience en tongs, puis accepte de nous vendre un aller simple qui, s'il figure sur le site web de Glacier 3000, ne figure plus sur l'unique tarif affiché au guichet.

Manifestement les lieux sont plus fréquentés par des visiteurs désireux de découvrir le froid, un peu de neige, les sensations d'une luge d'été plutôt que par des amateurs de chemins escarpés.

Il faut dire que pour un habitant de Bangalore ou de Doha, quel exotisme que des montagnes immaculées, de la glace et du grand air même si cela existe, en version moins confortable, dans leur propre pays pour les premiers !

Délestés de 56 francs suisses, nous montons alors dans la première cabine en partance. Premier tronçon, deuxième tronçon, nous découvrons la passerelle sur laquelle nous nous balancerons dans quelques instants.

Très touristique mais très sympa !

Nous sommes désormais au sommet du Scex Rouge, perchés à 2971 mètres au dessus du niveau des océans. La vue à 360° sur la ligne enneigée des Alpes est fabuleuse en cette belle journée d'été.

Nous profitons longuement des différents points de vue puis amorçons la descente.

Le chemin n'est pas très bien indiqué à son début comme si on ne voulait pas en faire la publicité auprès de promeneurs plus habitués aux allées de centres commerciaux qu'aux dangers de la montagne. La trace devient ensuite évidente et nous perdons rapidement de l'altitude.

Seule une poignée de randonneurs nous précède ou nous suit.

Un rocher plat à l'abri du vent semble nous inviter au pique nique. Nous ne déclinerons pas la proposition...

La station intermédiaire du téléphérique est maintenant toute proche. Encore mille mètres de dénivelé négatif nous attendent après les 450 déjà parcourus.

Tiens, tu as lu cette pancarte ? Qu'est ce qu'ils entendent par escalade, vertige ?

Nous le découvrirons bientôt...

Des échelles, des cordes, un chemin de pierre au bord du précipice. La poignée de randonneurs a fondu au soleil, il n'y a plus pour nous accompagner qu'un demi-couple, l'autre moitié d'orange ayant préféré le téléphérique à ce stade.

Je range prudemment l'appareil photo et applique à la lettre l'expression qui va piano va sano ...

Nous franchissons donc les différents obstacles à notre rythme avant que de se relâcher une fois la forêt atteinte. Le sentier est enfin plus facile mais toujours aussi pentu.

Aucun changement de déclivité depuis le début comme si le concepteur du tracé avait décidé de tester les capacités des randonneurs en travail excentrique.

Tu ne commences pas à avoir mal aux cuisses, toi ? Et aux bouts des pieds ?

Descendre 1500 mètres ne demande pas de souffle, pas d'effort cardiaque mais vaut plusieurs séances de musculation pour les jambes et des chaussures correctement lacées...

Nous arriverons donc tétanisés sur le parking et avec 2 ongles noirs chacun.

J'suis vannée, j'bouge plus ! A plus tard...

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Les pieds reprennent vie dans les sandalettes, nous reprenons la route.

Nous longeons maintenant le Lac de Thoune en direction d'Interlaken la bien nommée puis bifurquons en direction de notre destination, le très touristique village de Lauterbrunnen, petite gare sur la non moins touristique ligne de chemin de fer de la Jungfrau.

Cette nuit et les deux nuits suivantes, Suisse oblige, nous logerons au camping, un peu plus de 110 euros tout de même la caravane...

Si nos voisins sont plutôt des campeurs européens, l'ambiance est toute différente alors qu'on s'approche de la curiosité des lieux, une belle cascade, et de la rue principale.

Couples moyen orientaux en goguette et asiatiques frénétiques du pixel sont omniprésents. Les retrouverons-nous demain sur le chemin de randonnée choisi ?

J'espère que non...

Bon repos.

Aie ! Je ne sais pas comment mettre mes pieds dans le lit ! Impossible de poser le drap sur mes ongles...

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Au matin, mes pieds sont toujours aussi sensibles. Pourrais-je marcher ?

Un pansement au bout de chaque pouce comme amortisseur, j'enfile les chaussures, les lace soigneusement.

Un pas, un deuxième.

Une gêne mais pas une douleur vive comme quand j'ai heurté un meuble en sautant du lit. Le test du kilomètre vers la gare nous dira si la randonnée prévue sera maintenue...

C'est bon, achetons les billets !

Avec quelques secondes de retard, tout fout le camp, le train pour Kleine Scheidegg entre en gare, nous entrons dans un wagon.

Un charme rétro règne dans la voiture avec ses banquettes en bois. Les randonneurs s'installent, les amateurs d'un voyage de 7 nuits pour découvrir toute l'Europe aussi.

Une annonce, la rame s'ébranle et entame sa rude ascension vers les sommets.

Quelques arrêts en chemin,

Quelques rencontres sur crémaillères.

2061 mètres, terminus, tout le monde descend ! Correspondance pour Jungfraujoch, voie 2 !

La correspondance est immanquable. Une foule immense s'y presse, principalement des extra européens, asiatiques en majorité.

Les voyageurs sont parqués en trois zones : l'une pour les randonneurs qui descendront au premier arrêt - la nôtre- ; la suivante pour les visiteurs fortunés qui ont payé leur place jusqu'à la plus haute gare d'Europe ; la dernière pour les voyageurs encore plus argentés qui non seulement iront à 3454 mètres mais auront en plus la certitude de s'y rendre assis...

En cinq petites minutes, le train de tous les superlatifs nous dépose à Eigergletscher, 2320 mètres, point de départ de notre balade, l'Eiger trail. Rendez-vous à Grindelwald à 10 kilomètres de là !

Ou pas...

Le sentier longe la face nord de l'Eiger dont la paroi de 1600 mètres défie les meilleurs alpinistes. Le challenge se révèle nettement plus modeste pour les randonneurs qui n'ont qu'à cheminer entre les prairies. Seul écueil, éviter de marcher dans les souvenirs disséminés par les habitantes des lieux !

En ayant le nez dans son appareil photo pour immortaliser la vue par exemple...

Un déjeuner sur l'herbe, un peu de repos la tête tournée vers le bleu, il est tant de repartir.

Claudicante.

Les hématomes sous mes ongles se rappellent brusquement à moi, il va falloir faire avec...

C'est donc avec un certain soulagement que nous parvenons aux premières habitations, signal d'un retour proche à la civilisation et au confort d'un train !

Civilisation, civilisation... C'est peut-être un bien grand mot. Comment peut on appeler cidre, une telle boisson ?

La curiosité est un vilain défaut.Il est préférable de ne pas lire la composition de ce que l'on est en train de siroter...

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Je m'écroule maintenant dans la caravane et m'empare de mon smartphone.

Comment soulager un hématome sous l'ongle ?

Un trombone - J'en ai pas, un briquet - je ne fume plus.

Rougir le bout du trombone à la flamme et enfoncez le au centre de l'ongle au niveau de l'hématome jusqu'à le percer.

Euhhh...Si un volontaire veut pratiquer le geste par surprise, je suis d'accord mais le faire moi-même...

Je garde mes douleurs et marcherai en sandalettes !

Bonne nuit...

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Une sonnerie énergique réveille les occupants de la caravane.

Il s'agit, ce matin, de ne pas trop traîner au lit car nous avons réservé deux places dans la benne du téléphérique de Trift, à une heure de route d'ici. Téléphérique est une appellation un peu pompeuse pour cette modeste remontée conçue à l'origine pour transporter du matériel et qui ne peut contenir que huit passagers par trajet.

Départ de l'engin à 0942, les retardataires ne seront pas admis !

En 10 minutes, la boîte de conserve rouge nous hisse de 350 mètres.C'est toujours ça de gagné pour mes douleurs unguéales qui ne me lâchent pas. J'ai d'ailleurs décidé d'affronter la randonnée du jour en sandalettes, les chaussures accrochées au sac à dos, on verra bien !

Le sentier commence par une petite descente vers la rivière. Une pancarte nous invite alors à ne pas nous attarder, la chute d'un sérac en amont pouvant provoquer un tsunami.

Charmant...

Nous reprenons donc rapidement de la hauteur, non sans quelques pauses pour admirer la vue et reprendre notre souffle...

Le chemin est bien sec, pas trop piégeux. Mes orteils et mes pieds dénudés reprennent plaisir à marcher.

La plus grosse difficulté est la raideur de la pente et quelques rudes marches de pierre.

On prend le détour ou pas ?

30 minutes de plus...Si nous étions raisonnables ?

La sagesse l'emporte rapidement et quelques instants plus tard, nous découvrons ébahis le pont suspendu qui fait la renommée des lieux.

La passerelle d'acier de 170 mètres de long se balance à 100 mètres au dessus du lit de Triftwasser et offre aux promeneurs l'occasion de déterminer leur degré d'acrophobie. Une course au dessus du vide...

Et nous voilà de l'autre côté.

Nous nous éloignons un peu, beaucoup...

Tiens, c'est pas le refuge où nous ne sommes pas allés, là-bas ?

Une autre fois, peut-être !

Quelques rochers se proposent comme nids d'aigle, nous nous y installons pour déjeuner. Le lac glaciaire est d'une belle couleur verte malheureusement gâchée par un contrejour fâcheux.

La limite du téléobjectif permet de vérifier le mauvais état du glacier. Comme la plupart de ceux admirés durant ce voyage, le réchauffement climatique le grignote peu à peu.

Le lac n'existait pas il y a 25 ans. Le glacier léchait le lac hier. Cette rivière coulera-t-elle toujours après-demain ?

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La route du retour passe devant les gorges de l'Aar. Si nous les visitions ?

Les eaux de la rivière ont creusé la roche sur une longueur de 1400 mètres, une largeur d'un mètre au point le plus étroit et une profondeur de 200.

Cette curiosité a été parfaitement aménagée avec passerelles en bois, tunnels, main courantes. Elle est donc accessible à tous et tous se sont donné ici rendez-vous...

Dans la partie la moins spectaculaire, il est encore possible de profiter de la promenade.

Mais plus les parois se resserrent, plus la foule s'agglutine.

Avec la facilité, nous retrouvons les cars d'asiatiques, d'indiens et de moyen orientaux. Les dames n'ont pas oublié leur foulard, encore moins leur maquillage... C'est un concours de bouches en cul de poule, d'yeux de biche revisités, de bijoux voyants.

Je n'ose imaginer le nombre de selfies, de portraits postés sur Facebook, Instagram et autres Snapchat avec un bout de falaise en toile de fond.

Pardon, excusez-moi...

Fuyons !

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Nous oublions l'autoroute pour rejoindre notre camp de base et décidons de longer le lac de Brienz. Les vues sur le village et les montagnes sont superbes si on se donne la peine de se retourner...

Ce n'est plus tout à fait la saison pour ces abris inattendus mais le moment opportun pour faner le regain.

Courageux nos voisins suisses !

Le moindre petit coin de champ, même pentu, même biscornu, même lilliputien est ratissé. Les camionnettes, les tracteurs s'attaquent à toutes les déclivités, se faufilent dans la verdure. Les faucheuses, pirouettes, andaineuses, botteleuses sont plutôt rares ; l'huile de coude, la faux et le râteau restent ici encore une valeur sûre.

Ce retour aux méthodes d'autrefois serait financé par la Confédération avec comme but la préservation des paysages et de la biodiversité.

Je clos maintenant la minute écologique de ce carnet et vous souhaite une excellente nuit !

La dernière en Suisse...

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Après quelques errements sur l'enchevêtrement autoroutier, nous traversons le Rhin pour un court passage au Liechtenstein.

Qu'en dire ? Pas grand chose... Une ville de province au pied des montagnes bien vite oubliée.

Une pancarte nous rappelle alors d'acheter une vignette pour les autoroutes de la toute proche Autriche.

Ce n'est pas mal ce système mais si tous les pays l'adoptent, le conducteur avide de voyages transfrontaliers risque de rapidement ne plus apercevoir la route qu'il a pourtant payée...

Je la colle où cette fois ci ?

En haut à gauche, c'est déjà pris !

Sous le rétroviseur intérieur ?

Ça va, ça ne te gêne pas ?

Parfait !

Nous pénétrons maintenant dans le land du Vorarlberg où débute notre séjour autrichien.

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Nous abandonnons rapidement le ruban de bitume qui file vers Innsbruck au profit d'une petite route qui s'insinue entre les montagnes.

Nous passons alors quelques stations de ski désertées puis aboutissons à la barrière de péage de la fameuse Silvretta Hochalpenstraße qui, en 22 kilomètres, 34 épingles à cheveux, deux lacs et un col à 2032 mètres, nous fera passer de Partenen à Galtür.

Délestés de 16 euros 50 - la vignette ne comprend pas les routes touristiques-, nous virevoltons bientôt sur l'impeccable goudron.

Un, deux, trois,..., virages. La vue s'offre en panorama.

T'as pas faim toi ? Un parking opportun...

En une poignée de minutes, se vérifie l'une des dures lois du tourisme : si quelqu'un s'arrête, c'est qu'il y a quelque chose à voir donc je m'arrête aussi...

Quelques voitures, une moto, un bus d'anciens. Ne manquent plus que les asiatiques, les moyen orientaux et les indiens que nous semblons avoir très provisoirement semés...

Le pique nique est donc vite dévoré, nous reprenons notre ascension.

Un premier lac,

D'autres lacets,

Et se dévoile le clou du spectacle, un lac artificiel aux eaux idylliques.

Nous ne disposons malheureusement pas d'assez de temps pour sillonner les sentiers mis à la disposition des randonneurs et traverserons juste le barrage.

Les lieux semblent être une autre terre promise pour de nombreuses familles juives orthodoxes. Tsitsit, chapeau, manteau sombre, papillotes. Un dépaysement moins courant que voiles, saris et turbans.

Nous quittons la Jérusalem des verts pâturages,

Alors que nuages et brume enveloppent les sommets.

Nous voilà désormais au Tyrol où nous nous poserons pour 3 nuits. Notre point d'ancrage domine la vallée,

Ce sera le meilleur logement de ce voyage .

Et pour la vue du balcon, et pour la tranquillité et pour le confort !

La Dacia a en revanche moyennement apprécié la montée à ce nid d'aigle...

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Ce matin, le soleil a décidé de faire la grasse matinée, nous aussi.

9 heures, le ciel est bas, l'horizon bouché. 10 heures, toujours de la pluie et de la brume...

Nous oublions donc la randonnée prévue autour du lac de Rifflsee et le pique nique pour un déjeuner en ville accompagné d'une promenade digestive dans ses rues et ruelles colorées.

Devant nous, le couloir autoroutier, derrière nous, une petite route de montagne. Nous choisissons la seconde option pour rejoindre Innsbruck.

Tiens, nous voilà revenus au Lesotho !

Il ne manque que la couverture de laine, non ?

Les vaches sont légèrement différentes aussi...

Plus rondelettes, plus poilues...

Les alpages cèdent bientôt la place aux premières maisons, nous nous engageons sur le périphérique.

Tremplin de Bergisel, 2 kilomètres. C'est parti pour un peu de saut à skis...

J'y vais ou j'y vais pas ? Glups ! C'est normal ce cimetière juste en bout de course ?


J'abandonne... Allons manger !

Nous ne sommes pas les seuls à avoir eu l'idée d'échanger les plaisirs de la montagne pour les plaisirs de la ville en cette journée maussade. Nous tournons donc un peu avant de trouver une place puis jouons des coudes pour déjeuner...

Les groupes et les individuels se pressent maintenant dans le coeur historique de la ville. Des photos certainement prises en millions d'exemplaires...

Je lève alors les yeux au ciel espérant y trouver un peu plus de sérénité. Y a de quoi faire entre les façades et les enseignes, non ?

Le crépi uni ne semble pas à la mode en Autriche. Bondieuseries, publicités, paysages, fleurs, scènes de la vie quotidienne ornent de nombreux murs pour le meilleur comme pour le pire.

En parlant de mode...

Le magasin de dirndl à la sauce provençale ne semble pas attirer les foules contrairement au joyau du Tyrol, les fameux cristaux Swarovski !

Je laisse les amateurs dévaliser la boutique, je regagne mon nid...

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La météo n'est guère plus clémente ce matin qu'hier.

Heureusement la technologie m'apporte un rayon de soleil via la webcam installée sur le sommet que nous désirons atteindre aujourd'hui. Sur mon écran apparaît un bleu profond à peine moucheté de bulles cotonneuses. La montagne émerge au dessus d'un épais lit de nuages. C'est superbe !

Si nous allions voir ceci dans le monde réel ?

Nous empruntons donc bientôt une nouvelle route de montagne, 1500 mètres de tournants, payants bien sûr...

Les visiteurs avec enfants pourront en profiter pour improviser une leçon de mathématiques ou d'allemand voire de zoologie !

Pas forcément inutile pour certains adultes également...

Le goudron contourne maintenant un lac de barrage puis nous prenons de l'altitude,

Jusqu'à transpercer les nues.

C'est le terminus, il faut changer de moyen de transport !

Je vous laisse acheter vos tickets, je vous rejoins en haut...

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Y a quelqu'un ?

Vous êtes où ?

En Italie ? Apparemment non...

Perdus dans les glaces ? Perdus dans la glace ?

Attention, ça glisse ! Trop tard...

J'espère que la Suisse et l'Autriche sont classées comme zones à risques sur le site de conseils aux voyageurs de France Diplomatie parce qu'entre la torture des ongles arrachés et les attentats aux coccyx fêlés, ça le mérite amplement ! Jamais fréquenté d'aussi dangereux pays !

Je me relève tant bien que mal tandis que les secours arrivent.

Ah non, ce n'est pas pour moi...

Une nouvelle remontée sort de terre, un Lego géant édifié par les travailleurs de l'extrême.

J'espère qu'ils sont plus doués avec leurs poutrelles que certains avec la notice d'un meuble Ikea...

Nous observons quelques temps ce spectacle inhabituel puis retournons sur nos pas, tout en bas,

Par delà l'épais édredon nuageux.

Bonne nuit...

9

Le soleil s'est levé pour suivre notre départ, il se recouchera un peu plus loin...

Nous quittons rapidement l'autoroute pour le réseau secondaire plus propice en jolies vues. Un nouveau péage, quelques lacets, nous entrapercevons la fameuse chute de Krimml à la faveur d'un coup de vent dispersant momentanément la brume.

Tu as envie de faire la rando, toi ?

Les parkings débordants de véhicules achèvent de nous convaincre de passer notre tour...

Une enseigne prometteuse nous fait alors de l'oeil. Ça tombe bien, la glacière est vide ! Ne reste plus qu'à dénicher un joli coin pour le pique nique.

Ça ira, ici, non ? Nous ne faisons bientôt qu'une délicieuse bouchée de nos achats confortablement installés sur un bien opportun petit banc.

La faim apaisée, nous parvenons à Dubaï am See, Zell am See en version originale...

Trop de monde, pas un charme transcendant, nous passons rapidement et entamons la dernière ligne courbe de cette journée, Großglocknerstraße.

Encore quelques dizaines d'euros pour passer, toujours des épingles à enfiler...

Les motos, les vélos, les voitures virevoltent en choeur sur le bitume, sur les pavés.

La Dacia se traîne peut être sur ces fortes pentes mais au moins dedans on est à l'abri...

Je guette l'éclaircie,

En vain !

J'ai légèrement l'impression d'avoir glissé dans l'espace-temps, d'être revenue en Norvège...

Nous avons choisi de dormir dans l'un des rares hôtels perchés au bord de cette impressionnante route. Peut-être la météo sera plus clémente demain ?

Un rayon ! Vite, allons nous promener !

Nous mettre en appétit pour le dîner...

Je ne suis pas toujours convaincue par la roborative cuisine germanique mais un apfelstrudel, ça ne se refuse jamais !

Bonne digestion...

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La matinée est à peine entamée lorsque nous nous dirigeons vers Kaiser-Franz-Josefs-Höhe, le dernier point de vue offert par la route alpine.

D'immenses parkings couverts annoncent la couleur. Au coeur d'une belle journée estivale, ne pensez pas être seul...

Nous trouvons facilement une place dans ces lieux encore désert et découvrons bientôt l'ampleur du réchauffement climatique en apercevant la fine langue du glacier de Pasterze qui fond et se morfond en contrebas.

Une remontée permet de descendre dans la moraine mais, comme pour la Mer de Glace, il faut désormais effectuer une rude marche pour espérer approcher le front de ce glacier, le plus grand d'Autriche.

Nous choisissons donc plutôt d'emprunter le sentier qui s'enfonce dans la montagne en longeant le Pasterze.

Une randonnée facile et bien aménagée qui commence par quelques tunnels,

Puis s'achève sur une légère montée tout en gravier.

Mes pieds ont retrouvé l'abri des chaussures de marche, mes ongles restent noirs mais ne me font plus souffrir. Le premier est enfin tombé il y a quelques jours, 2 mois après le début de son calvaire...

Pas question de toutes façons de tester le moelleux du hors piste !

Les fleurs épargnées par mon 39 forment de magnifiques bouquets,

Mais gare aux nombreuses marmottes qui ne semblent pas concernées par la signalisation...

Malgré la grisaille, la promenade est très plaisante. Nous gagnons en calme ce que nous perdons en luminosité.

Arrivés au terminus de la piste verte, nous décidons de poursuivre un peu sur piste rouge. Le terrain est plus compliqué, la pente plus ardue.

Un petit lac, le chemin se perd dans de gros rochers polis par le temps.

Nous nous éloignons un peu de la trace espérant une vue dégagée.

Le glacier paraît maintenant si proche, une dentelle tortueuse et aiguisée.

Attention ! Nous contournons les fragiles pétales laineux et regagnons notre point de départ...

Glups ! Les parkings sont bondés, des employés font la circulation, les appareils photos crépitent...

Je ne regrette pas de m'être réveillée tôt !

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L'autoroute déroule son velours goudronné en direction de Ljubljana.

La frontière est maintenant toute proche, nous apposons une nouvelle vignette autoroutière sur le pare brise de la Dacia. Il serait dommage que le premier contact avec un slovène prenne la forme d'un policier désireux d'étrenner son carnet à souche...

Plus qu'une montagne à franchir et nous entrerons aux confins de l'espace Schengen, aux marches de l'ex-empire de Tito, au paradis de la lettre J !

Le tunnel qui transperce le massif peine à absorber le flux des aoûtiens allemands regagnant leur mère patrie.Notre première image de la Slovénie sera donc un magnifique embouteillage encombrant bien heureusement la chaussée opposée.

Le flot des estivants sur le retour ne se tarit pas alors que nous nous approchons de notre première étape au pays de Melania, le lac de Bled.

Bled, une torture pour écoliers, une ultime punition pour citadins endurcis, une vieille Peugeot disparaissant sous des matelas, des frigos et autres petits cadeaux pour nostalgiques de leurs racines.

Et pourtant...

Nous nous installons rapidement dans la studette réservée dans la campagne environnante et décidons de marcher jusqu'à la petite ville au nom si évocateur.

Pas plus de Bernard Pivot en pleine dictée que de Bouteflika de retour au pays après une cure de moins en moins revitalisante dans quelque hôpital parisien mais un lieu vivant au bord d'une eau paisible, les Alpes Juliennes en toile de fond.

Ça canote, ça barbote, ça vélote, ça sirote.

La bière est à la fête pour quelques jours.

Sans moi...Une bouteille de rouge d'Istrie, plutôt ?

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Le programme du jour consiste en une petite randonnée au départ du col de Vrsic.Nous voilà donc partis sur les petites routes qui sillonnent le massif du Triglav.

Le plafond est bas mais, touchons du bois,

Il ne pleut pas.

Enfin, pas encore...

Les randonneurs d'hier seront dépités d'apprendre qu'il faut désormais payer pour se garer sur quasi tous les parkings du parc. Je suis dépitée d'avoir oublié mon parapluie...

Je salue le courage de ces cyclotouristes et autres marcheurs mais personnellement je renonce !


L'excursion pédestre se transforme donc en balade en voiture, ponctuée de quelques tentatives de sortie.

Les montagnes traversées, le soleil revient un peu. Suffisamment pour envisager un pique nique en bonne compagnie.

Ça et là se détachent quelques bourgades agricoles et leurs si typiques séchoirs à foin, kozolec en version originale.

Nous pénétrons alors dans la très touristique vallée de Bohinj et sacrifions quelques euros pour accéder à la chute de Savica.

Une jolie promenade de santé à la fraîcheur d'un sous bois qui débouche sur la fracassante cascade.

Nous essayons maintenant de nous poser au bord du lac mais d'omniprésents horodateurs nous rappellent que si nous voulons faire trempette, il faudra lâcher quelques pièces.

Tu en as, toi ? Euh non, juste des billets. Pas grave, passe la carte ! Ben non, l'engin ne prend que la fraîche et ne rend pas la monnaie !

Nous resquillons donc, le temps de tremper la main dans une eau transparente qui donnerait bien envie avec quelques degrés en plus, avec quelques nuages en moins...

Le ciel vire peu à peu du gris au noir alors que nous nous rapprochons de Bled.

Un autre parking, d'autres frais- carte acceptée cette fois-ci-, et la fameuse église,

Dans son écrin lacustre...

Quelques photos, quelques pas,

Avant que le ciel ne nous tombe sur la tête !

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Pour avoir une chance de découvrir les gorges de Vintgar dans la sérénité, nous choisissons de nous y rendre au petit matin.

Les panneaux annonçant le nombre de places restantes des différents parkings sont prometteurs, le personnel déjà affairé à canaliser le flot, un peu moins.

La Dacia est garée au millimètre, il ne faudrait pas perdre un client !

Nous payons alors notre écot et nous jetons dans la cage aux fauves.

Les premiers mètres sont assez enchanteurs,

Nous déchantons rapidement... Des groupes se suivent à la queue leu leu, j'arrête de les compter.

L'énervement gagne mon compagnon, je ne suis pas franchement ravie non plus, la promenade est gâchée...

Nous doublons le troisième âge, nous semons les troupeaux de scouts, nous finissons par nous retrouver enfin presque seuls.

Au terminus, les voyageurs s'éparpillent un peu, nous en profitons pour amorcer le chemin du retour avant que ne leur prenne l'idée d'en faire de même.

L'enfer de l'aller devient alors paradis.

Un paradis que je vous laisse découvrir sans un mot, juste le ruissellement de l'onde, le chant des oiseaux pour bande sonore...

Bonne visite !

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Il ne serait pas l'heure de trouver un coin agréable où pique-niquer ?

Le sac à provisions sur les épaules, nous empruntons l'antique téléphérique et le non moins antique télésiège,

Qui nous hissent sur le plateau de Velika Planina.

Le fromage et le saucisson dégustés, nous déambulons dans le bucolique village d'estive.

Si quelques maisonnettes ont gardé leur fonction première,

D'autres proposent souvenirs et déjeuner.

Il est même possible de louer certains chalets pour profiter des lieux, l'hiver pour skier, l'été pour randonner .

Ou pourquoi pas pour tutoyer les dieux... Nous sommes loin de l'affluence de Vintgar, Bled ou Bohinj. Pas de groupes mais plutôt des familles, des amis venus s'aérer un peu. C'est agréable de se retrouver enfin loin du tourisme de masse, de pouvoir prendre le temps d'apprécier l'instant.

Et puis c'est rigolo de se retrouver sur un télésiège, en descente qui plus est, sans le carcan des chaussures de ski, sans être emmitouflée sous trois couches de vêtements, sans risquer de finir en cube de glace...

Rendez-vous très bientôt à notre prochain logis !

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Les poussives remontées retardent un peu le programme.Pas le temps de faire les courses avant de rejoindre notre prochaine étape, le village de Jezersko au coeur des Alpes Kamniques.

Nous prenons donc rapidement possession du vieillot chalet réservé et filons au restaurant.

Ici, pas de portions pour fillettes !

Le verre de vin déborde, la bière coule en demi-litre et il vaut mieux se partager le dessert...

Ce cousin slovéno-croate du mille-feuille, le kremšnita, s'avèrera finalement assez léger.L'assiette retournera vide en cuisine.

Bonne nuit !

(Si vous arrivez à dormir malgré la farandole des souris à l'intérieur du mur...)

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La météo joue toujours contre nous au matin.

Nous décidons tout de même d'effectuer la randonnée conseillée par notre logeur jusqu'au refuge de Češka koča.

Facile selon lui... Je n'ose imaginer ce que cela aurait donné s'il nous l'avions écouté pour une moyenne !

Le sentier commence par une montée très abrupte dans la forêt. Pas de zig zags, pas de lacets, tout droit vers le sommet ! Je reprends plusieurs fois mon souffle, un jeune couple nous dépasse, nous croisons une piste forestière. Si nous continuions par là ?

Ouf, ça va mieux !

Nous passons de 500 mètres à 5 kilomètres/heure alors, même si la distance parcourue est bien plus importante via ce chemin, nous finissons par rejoindre au détour d'un tournant le courageux couple un peu surpris de nous revoir...

Malheureusement, les meilleurs choses ont une fin, la piste forestière aussi. Nous retrouvons donc le sentier qui, heureusement, est maintenant moins raide. Moins raide, mais pas sans obstacles...

Vous n'avez pas le vertige, j'espère...

Un dernier effort et s'annonce le but, un lieu parfait pour découvrir le goût du jambon, du pain et des cornichons locaux.

Le ciel vire bientôt au gris puis au noir,

Dépêchons-nous de rentrer !

Trop tard...

Des trombes d'eau s'abattent sur nos têtes, nous nous réfugions dans une grotte. Pas vraiment l'endroit idéal par temps d'orage paraît-il mais je ne suis pas sûre que la main courante en ferraille du sentier soit une meilleure idée...

Après la pluie, le beau temps. Pas vraiment mais suffisamment pour retrouver la Dacia...

Nous nous remettrons de nos émotions devant une bière puis reprenons quelques forces autour d'une truite et d'une panna cotta.

Bon appétit !

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Aujourd'hui, le voyage bascule.

Nous quittons les plus hauts sommets pour des reliefs moins tourmentés, pour des paysages souvent plus urbains. La bascule concerne aussi le ciel qui, enfin, s'offre azur...

Nous devions initialement visiter la grotte de Postojna avant de rejoindre Ljubljana mais la pression touristique nous a fait changer d'avis. Nous troquons donc le petit train souterrain sans doute bondé pour les ruelles tranquilles d'une cité médiévale, Skofja Loka.

Pas un groupe à l'horizon, le plaisir de circuler sans piétiner !


Une ville aussi paisible que la rivière dans laquelle elle s'admire !

Le deuxième crochet sur la route de la capitale s'avèrera tout aussi épargné par le tourisme de masse. Il s'agit d'une randonnée, dans un paysage qui n'est pas sans me rappeler l'Auvergne,

Dont le but est, plus que cette église, un superbe panorama verdoyant !

Je remercie le concepteur de ce site pour l'idée !

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Nous voilà maintenant aux portes de l'agglomération, une cité à taille humaine ayant su se préserver des embouteillages et autres bouchons. La voiture n'est pas la bienvenue dans le coeur historique et juste tolérée ailleurs. La circulation est donc aisée, fluide, une arrivée parfaite pour stressés de la conduite !

Nous trouvons rapidement notre hôtel,très bien situé car en retrait de l'animation sans en être trop éloigné, mais aux chambres plutôt basiques et surtout très mal insonorisées. Entendre les jeunes voisins se lancer dans un concours de rots n'est pas spécialement intéressant...

Enfin, pour le prix ( Ljubljana n'est pas une ville spécialement bon marché), ça ira.

Si nous allions faire un tour en ville plutôt que de continuer à profiter du concert ?

Une glace, un peu de réconfort... Je sens que je vais me plaire ici !

Nous arpentons le pavé des ruelles puis un dernier effort nous amène au point de vue depuis le château,

Château que nous visiterons demain !

Bonne nuit...

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Winter is coming ?

Je me retourne.

Pas plus de Daenerys que de Tyrion ou de Jon Snow. Le dragon se mange, certes, à toutes les sauces à Ljubljana mais c'est plus en hommage à Jason et ses Argonautes qui l'auraient ici terrassé qu'en clin d'oeil à une célèbre série...

Même la bière pète le feu !

D'autres bestioles hantent les rues de la ville, exotiques ou pas...

Je m'aperçois que l'extérieur du château ne m'a guère inspirée. Je laisse donc votre imagination travailler...

L'intérieur est, en revanche, plus surprenant.

Quelques pièces retracent son histoire, d'autres présentent différentes expositions théâtrales à tous points de vue.

Si vous voulez vous fondre dans le paysage en voyage ou ailleurs, voilà quelques idées !

Qui pourrait nous tailler le costume ? Je serais curieuse de voir la tenue qui pourrait s'accorder à cet intéressant escalier à double révolution !


Rendez -vous dans quelques minutes au pied du funiculaire, je vous emmène déjeuner...

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L'auberge convoitée se situe dans le très vaste parc de Tivoli, 5 km2 tout de même ! Si les allées proches du château éponyme

Sont manucurées,

La nature reprend vite ses droits.

Le promeneur a donc rapidement plus l'impression de marcher au milieu d'un bois que dans un jardin.

Tout cela à 5 minutes à pied du coeur de la ville !

Le restaurant est déjà bien plein, le touriste y est rare. Le serveur nous trouve cependant un petit coin en terrasse et nous commandons la spécialité...

De copieuses assiettes de grillades.

Bon appétit !

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Repus, nous quittons la verdure pour nous balader sur les rives de la Ljubljanica,

Et ses célèbres ponts.

Le tourisme est présent mais pas pesant. Beaucoup de terrasses de café, de nombreux restaurants, quelques boutiques de souvenirs. Le quartier se sillonne en paddle, à pied ou à vélo. Une capitale vraiment plaisante, pour combien de temps encore ?

Nos pas nous entraînent alors devant quelques façades art nouveau,

Puis nous nous décidons pour une visite de la cathédrale très intrigués par ses portes. Je pense que vous aurez deviné où se situe le point d'entrée...

Je n'ai jamais vu ça ailleurs. C'est plutôt glaçant. L'intérieur se révèlera plus classique hormis une collection de bustes tourmentés du pape François.

Un peu de repos à l'hôtel, un bon dîner, une dernière nuit sur le sol slovène...

Demain, nous quitterons l'espace Schengen. Rendez-vous en Croatie !

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La Dacia retrouve facilement l'autoroute qui la conduira, par delà le royaume de l'euro, au pays du scrabble à 9 K, au paradis des lieux imprononçables, au 17 ème land d'Allemagne en été, la Croatie !

Comme nous quittons l'espace Schengen, il faut montrer patte blanche. Comme il y a 30 ans pour passer de France en Espagne ou en Italie, le contrôle reste très souple.

La file des voiture avance doucement, les conducteurs marquent un bref arrêt, juste assez pour que l'employé puisse apercevoir la pièce d'identité mais pas suffisamment pour la vérifier.

Nous filons maintenant vers Zagreb, déposons nos affaires dans la location choisie, récupérons quelques kunas au premier distributeur et partons arpenter la ville.

La ville basse, moins touristique, n'est pas encore tout à fait bien mise en valeur. Les immeubles sont plutôt lépreux, noirs, les rues, mornes. Au fur et à mesure que l'on s'approche de la place centrale et sa fameuse statue, l'animation grandit. D'abord locale dans les rues commerçantes puis touristique dans le coeur ancien de la ville haute,

Dont voici les joyaux.


Hormis dans la rue dédiée aux bars, aux restaurants et aux souvenirs douteux, l'ambiance n'est pas survoltée.

C'est même plutôt désert ! Nous faisons cependant quelques rencontres au fil des ruelles...

Nous pénétrons alors dans le Montmartre local,

L'heure de l'apéro n'a pas sonné et ça se sent !

Pourtant, tout est prêt pour passer une romantique soirée.

Tout ? Peut-être pas..

Si nous allions plutôt déguster quelques grillades autour d'un verre de vin ?


Bon appétit !

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Aujourd'hui, cap sur l'Adriatique !

L'itinéraire, à ce stade, n'est pas très logique mais suit le calendrier. Nous avons, en effet, décidé d'éviter la visite du parc de Plitvice un dimanche espérant moins de monde en semaine.

Nous commencerons donc par découvrir la côte avant de le rejoindre alors que nous passerons juste à côté dans quelques kilomètres...

Je fais quoi, là ?

Tu t'arrêtes !

Regarde ! On voit la mer !

Nous longeons la grande bleue sur des dizaines de kilomètres, nous déjeunons au bord de l'eau, nous profitons d'un beau soleil, nous humons l'air marin...

Le ciel noircit, un violent orage éclate, nous dépassons Zadar.

Maps-me m'indique un proche supermarché, nous faisons nos courses, l'azur chasse le gris.

Turanj se profile à l'horizon, nous découvrons notre logis pour quelques nuits, nous paressons sur un transat.

Le balcon de l'appartement me fait de l'oeil, la bouteille de rosé et la pancetta aussi.

Apéro ?

Je sens que je vais aimer les soirées ici...

Tchin tchin et à bientôt !

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Qui dit bord de mer, dit un peu de farniente. Voici donc venu le temps des grasses matinées, des promenades au bord de l'eau, des cornets de glace et des visites alibis...

Celle du jour se trouve de l'autre côté du pont, l'île de Pag et ses fameuses statues...

Je ne les imaginais pas ainsi. Pas vous ?

La ville de Pag s'assoupit, les allemands sont repartis.

Aucun problème donc pour trouver une place au parking près du port mais beaucoup pour le payer. L'horodateur croate comme son homologue slovène a la fâcheuse tendance à n'accepter que l'argent liquide et surtout ne rend jamais la monnaie.Vous vouliez rester une heure, vous en payez 8, faute de piécettes...

Ça peut énerver au point de repartir.

Heureusement, quelques français nous sauvent la mise.

Nous pourrons donc tester le restaurant recommandé par notre guide.

Si vous avez encore une petite faim, je vous suggère la spécialité de l'île, le fromage de brebis. Personnellement, je vais plutôt effectuer une petite promenade digestive à travers les ruelles de la belle endormie.

Nous retrouvons bientôt la Dacia et le continent, direction Zadar.

La vieille ville est quasi cernée par la mer et offre ses trésors sur un périmètre restreint. La balade est très agréable. Pas trop de monde, une belle lumière, une cité pas encore tout à fait momifiée par le tourisme.

Les invités de la noce entame un tour de chant puis s'éclipsent laissant les touristes à de plus classiques spectacles.

Il faut imaginer ici un forum romain dont les pierres et colonnes vivent une seconde vie à l'intérieur des murs de cette église.

Rien ne se perd, rien ne se crée, tout se transforme...

Tiens, que fait-il ici, celui ci ?

Vite allons prévenir ces insouciants passants

Du danger !

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Aujourd'hui, nous allons goûter l'Adriatique sur les plages de l'île de Murter.

Les plus accessibles sont plutôt bien remplies, nous décidons donc, sous bon escorte,

De prendre la tangente par cette piste prometteuse.

Nous garons sagement la Dacia quand le gravillon devient pierraille, quand le plat s'achève en raidillon.

La jolie crique en contrebas est une véritable invite au bain, non ? Quelques ronds dans l'eau, un peu de farniente, retour à la civilisation pour un déjeuner les pieds dans le sable avant que de voguer vers d'autres horizons...

Bienvenue à Sibenik !

La vieille ville s'étage à l'embouchure de la Krka - ne me demandez pas comment cela se prononce- et s'orne, divine surprise, de quelques nouveaux clochers.

Si la pierre vous laisse de marbre, je vous propose de vous disperser dans le labyrinthe de ses ruelles pavées

A la rencontre des quelques habitants de sortie en ces chaudes heures.

Je comprends soudain beaucoup mieux pourquoi ce pays est truffé de plages nudistes...

Encore lui ? Un vrai pot de colle, ce lion !

Ce n'est pourtant pas faute de lui indiquer le chemin de la sortie...


Est ce à cause de ce redoutable carnivore que de nombreux panneaux exhortent les sangliers à la prudence ?

Faute de porcelets, le croate saurait-il se contenter de marcassins ?

Je goûterais bien mais c'est plutôt l'heure du quatre heure que celui du dîner... Une autre fois, peut-être.

Le temps de rentrer au logis et le soleil entre en bout de course.

Pile poil pour un nouvel apéro...

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Nous abandonnons désormais le bord de mer pour nous enfoncer dans le pays, direction Plitvice.

La ligne droite ne m'inspire pas et jusqu'ici la fréquentation touristique est restée très supportable en Croatie. Nous choisissons donc d'effectuer un petit détour par le parc de Krka en espérant y échapper à la foule des grands jours.

Ça paraît mal parti...

Comme aux gorges de l'Aar et de Vintgar, la saison choisie ne s'avère pas du tout la bonne même si les scolaires sont rentrés.

A la queue leu leu, nous cheminons maintenant entre les cascades.

Ce pourrait être superbe dans la sérénité mais il faut plutôt s'imaginer à Aqualand.

Si, comme moi, vous n'êtes pas fanatique de ce genre d'ambiance, il est certainement préférable de venir en hiver...

Et avant que les tours opérateurs chinois décident de programmer cette piscine dans tous leurs circuits...

Qui sait Krka ressemblera peut-être un jour à ceci ?

Nous avons eu de la chance finalement, non ?

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Nous fuyons bientôt les chutes de Skradin et reprenons la Dacia pour continuer notre visite.Aussitôt le site quitté, aussitôt le calme revient.

La route suit de loin le cours de la rivière, monte, descend, tournicote.

La Krka s'étale, prend ses aises, forme un lac. La silhouette du monastère de Visovac se devine alors entre les branches de la minuscule forêt d'un tout aussi minuscule îlot.

L'onde est à peine troublée par quelques cygnes, quelques poissons et un unique baigneur.

Un arbre comme parasol, une pierre comme banc, une plage comme table, un bel endroit pour attaquer saucisson et fromage...

Le pique nique achevé, nous rejoignons les chutes de Roski Slap situées encore plus en amont.Une courte randonnée nous donne un aperçu panoramique des lieux.

Noyée d'herbes, la Krka se devine à peine et ruisselle de marche en marche sous l'oeil indifférent des naïades à plumes peuplant son lit.

Ces cascades sont certes moins spectaculaires,

Mais elles ont l'immense avantage de pouvoir être admirées en paix !

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Nous poursuivons notre route par des chemins détournés.

Un cul-de-sac, des villages à l'abandon, des cimetières, des traces du conflit yougoslave, plus aucun touriste.

L'insouciance des baigneurs, le soleil éclatant, l'azur moutonneux ont laissé place à la désolation tandis que le ciel vire au noir.

Un coup de canon ? Non. Juste un coup de tonnerre...

L'orage éclate, les nuages pleurent à gros sanglots, l'essuie glace patine, les voyageurs devinent l'horizon.

La brume accompagne bientôt la pluie, la circulation s'intensifie, quelques pancartes nous promettent monts et merveilles dans tel ou tel BnB.

Je crois que nous arrivons à Plitvice.

Bonne nuit...

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Il pleut, il pleut, il pleut...

Au fil des jours, le smartphone, internet et les sites météo ont tué tous nos espoirs de ciel bleu.

Je me demande si ce n'était pas mieux avant...

Avant l'ère 2.0, avant la multiplication des moyens d'information. En ce temps béni où le voyageur se couchant avec l'orage ne savait pas s'il le retrouverait au matin.

Il y a quand même du positif.

Contrairement aux escargots, les êtres humains ne sortent pas sous l'averse et dans le froid. Nous devrions donc bénéficier d'une relative tranquillité sur les passerelles de Plitvice.

L'immense parking du parc est effectivement peu rempli lorsque nous y garons la Dacia. L'heure matinale et un ciel plombé ont eu raison des moins courageux et c'est un employé bien esseulé qui vérifie la validité de nos tickets achetés des semaines auparavant, quota oblige.

Chaussures fermées, veste imperméable, polaire, parapluie.

Quand Croatie rime avec Normandie. Quand randonnée rime avec saucée...

Nous arrivons rapidement à un premier panorama. Quelques chutes ruissellent dans le vert et le gris. L'eau des lacs voudrait offrir ses couleurs lagon mais étouffe sous le manque d'azur.

Alors que la pluie se transforme en léger crachin, nous déambulons parmi les cascades sur l'infini chemin de bois.

Malgré le temps maussade, le charme des lieux opère.

Une courte navigation et la visite se poursuit.

Ce ne sont pas la hauteur, la largeur ou le débit des différentes cataractes qui rendent les lieux magiques mais leur omniprésence. Il y en aurait 92 !

Les sentiers passent devant, dessus, dessous, à côté.

Nous sommes de moins en moins seuls au fil des heures. Il faut dire qu'il ferait maintenant presque beau. Un timide rayon de soleil a eu raison des dernières gouttes avant que de retourner se cacher parmi les nuages.

Une quinzaine de kilomètres dans les mollets, nous retrouvons la sortie.

Glups ! C'est la cohue par ici !

D'immenses groupes se succèdent sur les passerelles transformant le lacis enchanteur de forêts et de rivières en une foire d'empoigne aux selfies...

Que fait donc la police ???

Je crois qu'il est temps de regagner l'hôtel...

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Le ciel a meilleur visage ce matin. Nous rangeons donc polaire, parapluie et ciré pour une tenue plus estivale, plus en raccord avec le programme du jour, l'île de Krk, aux portes de l'Istrie.

Son chef-lieu s'appelle, ô surprise, Krk et c'est près de son port que nous nous posons pour déjeuner.

Les bus de Plitvice semblent bien loin. Nous aurions presque l' impression que les lieux sont abandonnés...

Une nouvelle leçon de langues nous attend, leçon qui s'affiche sur de très nombreux mur du pays. Vous remarquerez l'absence du français. Nos compatriotes ne forment manifestement pas le gros des troupes touristiques...


Une courte promenade avec vue sur l'emblème de la ville, le peu ordinaire clocher de sa cathédrale,

Et nous allons nous perdre sur les routes étroites de l'île,

Où nous retrouvons l'humanité qui se dore les pieds dans le bleu.

Retour pour nous sur le continent, cap sur les hauteurs de Lovran !

La Dacia peine à grimper jusqu'à notre logis mais quelle vue nous attend à l'arrivée ! Le village, perché à 400 mètres d'altitude, domine la grande bleue et la baie de Kvarner.

Les randonneurs pourront profiter de la proximité du parc d'Ucka, les perfectionnistes du bronzage de celle des plages d'Istrie.

Personnellement, nous allons plutôt nous poser un peu et ne rien faire. Surtout ne rien faire, hormis quelques pas pour dîner !

Bonne nuit...

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Avant de quitter la Croatie et prendre doucement le chemin du retour, nous partons à la découverte des fameux villages perchés d'Istrie et de leurs spécialités, la vigne et les truffes.

Premier arrêt, la minuscule ville de Hum. Le village est touristique, un peu comme l'un de nos plus beaux villages de France, mais ce n'est pas la ruée en cette fin de saison.

Vous pourrez y remplir le coffre de votre voiture de délicieuses bouteilles ou opter pour un safari...

Deuxième arrêt, Buzet, capitale de la truffe. Manifestement ce n'est pas non plus ici que se sont donnés rendez-vous les cars de tourisme...

Nous trouvons donc facilement une place au restaurant pour goûter le prisé champignon. L'omelette est un peu grasse, l'accompagnement étrange, la saveur médiocre.Il me faudra réessayer ailleurs car pour l'instant, le parfum d'une morille, d'un cèpe ou d'une girolle me parait nettement plus tentant !

Dernier arrêt, Motovun, village médiéval où se pressent un peu les visiteurs jusque là absents.

C'est mignon mais ce n'est plus vraiment un lieu de vie. Plutôt un musée à ciel ouvert où les kunas des passants sont impatiemment attendus...


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Entre Motovun et notre prochaine étape, se dressent quelques kilomètres de Slovénie.

Comme notre vignette autoroutière est périmée, nous devons emprunter les petites routes et regagner l'espace Schengen par un poste frontière peu habitué à la foule.

Comme à l'aller, le contrôle sera bref. Encore plus bref pour ensuite passer en Italie puisque la frontière est, là, totalement ouverte et abandonnée.

Dès la roue dans la botte, une musique retentit dans l'habitacle...

Je suppose que vous connaissez notre destination...

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Le camping avec vue sur les pistes de l'aéroport comme les luxueux palaces baignés par la lagune ne berceront pas nos nuits. Nous choisissons une option à mi chemin, un confortable hôtel de l'arrière pays proche d'une gare avec liaison directe pour la Sérénissime.

Plus facile pour garer la Dacia, plus raisonnable pour le porte monnaie, plus en dehors de la foule que nous ne manquerons pas de côtoyer au matin...

L'air est doux, la sonorité de la langue italienne aussi. Des gressins, une excellente pizza, un bon verre de vin, aucun touriste.

Ce séjour italien commence sous les meilleurs auspices !

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Meilleurs auspices, meilleurs auspices... Notre enthousiasme est vite douché !

Bienvenue à Venise sur et sous les eaux...

L'effervescence règne dans la gare. Il faut dire qu'avec environ 30 millions de visiteurs par an, minces étaient les chances d'éviter la foule, même un jour de pluie...

Dès le parvis de Venise-Sta Lucia, cyclistes comme automobilistes comprendront, s'ils ne le savaient déjà, qu'ici on marche ou on navigue.

Le taxi file sur l'eau ou s'improvise à l'ancienne...

Nous traversons l'esplanade et, comme les autres, patientons en espérant l'arrivée prochaine du vaporetto destination Place St Marc.

Comme chez votre médecin préféré de la lecture est à disposition permettant d'égayer la monotonie de cette attente.

Le français est à l'honneur. Le chinois et le japonais ne sont pas en reste. Quid de l'arabe ?Les émiratis seraient insensibles à la beauté de la future engloutie ?

Nous n'en saurons rien.

Le bateau bus gagne son ponton et embarque un maximum de passagers.

Débute alors notre courte croisière sur le grand canal !

Pour un peu plus cher, vous pourrez la tenter sur une embarcation instable et peu adaptée au mauvais temps dont le nom m'échappe pour l'instant...

Si vous avez des amis au gouvernement, peut-être pourrez utiliser cette vedette ?

Si vous avez vainement tenté le métier décrit sur l'affiche, je crains que votre voyage ne s'achève ici...

Peut-être serez vous plutôt séduit par cette barge à bière ? A moins que le métier d'éboueur ne soit votre passion ?

Je bavarde, je bavarde, c'est que j'attends une place assise près de la fenêtre...

Ah ! Voilà qui est mieux !

Piazza di San Marco, fine della corsa, tutti fuori !

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Gondole ?

Késaco ?

Les bateaux sont en rade. Les rades sont en eaux. Les musiciens sont restés à quai...

Pourtant la place ne manque pas de vie. Les agents de propreté urbaine mènent le bal,

Les vénitiennes testent le proverbe " Mariage heureux..."

Les asiatiques oublient de déguster pâtes et pizzas qui leur donneraient un peu corps, volant leur métier aux photographes qui font tapisserie.

Le grand gagnant du jour est le vendeur de ponchos et de parapluies...Bleus, roses, verts. Ils égayent cette maussade journée !

Le ciel est de plomb mais tient encore. Pour combien de temps ?

Je parviens à convaincre mon compagnon d'entrer dans la basilique. La longue file et les conditions d'entrée (aucun sac) ne l'enchantent pas vraiment...

Nous parvenons au porche alors que les premiers éclairs déchirent le gris, alors que les premières gouttent s'écrasent au sol.

Le cerbère de l'entrée me détaille. J'avais oublié combien on ne rigolait pas dans les églises italiennes... Ouf, en tirant un peu sur la jupe, le genou dépasse à peine, je reçois l'onction de la matrone.

Un peu clinquantes toutes ces mosaïques mais pas sans charmes.

Non ?

Nous payons les 2 euros permettant d'admirer la Pala d'or, magnifique iconostase byzantine.

La somme paraît si astronomique à certains qu'ils s'en abstiennent criant au scandale et au racket...

Un autre petit billet, et nous grimpons au niveau des galeries intérieures et extérieures pour assister au déluge.

Tels les célèbres pigeons, tous les touristes se sont envolés. La place est déserte, les arcades couvertes bondées. Le Kway est dans notre sac, notre sac à la consigne, le parapluie à l'hôtel...

Nous contemplons notre journée définitivement tomber à l'eau depuis la sublime balustrade.

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Deux choix pour regagner la gare : le maillot de bain ou récupérer nos affaires...

Nous choisissons la deuxième option et suivons les ruelles les plus abritées des trombes.

La vitrine d'un bar à vin me fait bientôt de l'oeil.

Si nous déjeunions ?

Quelques cicchetti et ça repart !

Est-ce le blanc ou suis-je à Pise ? Une vitrine me confirme que nous sommes toujours à Venise, un couple perdu que le temps est toujours à l'orage......

Impossible de lever les yeux, impossible de quitter l'abri des auvents de magasins. Nous ne pouvons que faire du lèche vitrines !

Me laisserai-je tenter par une paire de charentaises ?

Vous ne le saurez jamais ...

Plus qu'un pont et nous nous réfugions dans le train. A demain sous un grand ciel bleu !

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Pas un nuage dans le ciel au matin. Décidément les jours se suivent et ne se ressemblent pas durant ce voyage !

Sur terre, non plus d'ailleurs...

Fini conduite tranquille et circulation fluide, place aux voitures qui te collent au cul, aux conducteurs indifférents à toutes les règles du code de la route, aux travaux continuels et aux bouchons...

Difficile également de se repérer, la signalisation étant aussi rare que tournée vers le local.

Trifouilly les oies, connais pas ! Pourquoi n'indiquent-ils pas plutôt Milan, Turin ?

Autre particularité : les entrées, les sorties, les rampes d'accès... Soit le concepteur des réseaux empruntés est particulièrement torturé dans sa tête, soit multiplier les ouvrages d'art permet d'en augmenter la note et donc les profits de quelques patrons du BTP local.

Enfin, gare aux ZTL...

Autant dire que je suis contente d'enfin garer la Dacia sur un parking de Vérone après un couple d'heures sur le qui vive permanent.

Vérone, Roméo, Juliette, un balcon, de l'amour, une tragédie... Un bel enfumage !

Ou plutôt une géniale idée marketing...

Les touristes se pressent pour découvrir un univers tout droit sorti de l'imagination d'un William Shakespeare et habilement repris par les propriétaires de cette belle maison du XII ème siècle.

Faire la queue pour apercevoir un balcon datant des années 30 me semble vain. Nous embarquons dans une machine à remonter le temps, direction l'époque romaine à la place.

Le coeur ancien de la ville mêle vestiges antiques, palais médiévaux ou Renaissance. Un coup de pelle pour rénover la chaussée, des années de boulot pour un archéologue...

J'adore ce millefeuille, cet enchevêtrement de différents passés !

L'amphithéâtre se donne régulièrement en spectacle,

Quel sera le prochain opéra donné ?

Nous laissons les géants de carton pâte à leurs combats et allons nous perdre dans la ville.

Nous débouchons alors sur les rives de l'Adige,

Qui coule plus ou moins impétueusement depuis des siècles sous les arches de briques rouges du pont Scaliger.

Venise en jette, Vérone me séduit.

22

Pour notre dernière étape en terre italienne, nous avons choisi de nous poser deux nuits aux environs du lac de Côme.

L'annonce de l'appartement réservé est, une fois n'est pas coutume, tout à fait conforme à la réalité.

Une immense terrasse avec vue sur les montagnes nous avait, en effet, tapé dans l'oeil lors de nos recherches et nous ne sommes pas déçus en la découvrant !

Pas déçus non plus en dégustant quelques produits locaux...

Bon appétit !

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Il ne pleut pas. On va donc dire qu'il fait beau...

Je remballe mes idées de randonnées et nous partons à l'assaut du lac de Côme en Dacia par la montagne.

La route choisie n'est pas la plus droite, la plus droite n'étant qu'une succession de tunnels, mais plutôt une expédition à travers l'arrière pays et le col d'Agueglio.

Si les premiers kilomètres ne sont pas d'un intérêt majeur, le parcours devient superbe une fois engagés sur la SP 65.

Le lac nous apparaît alors entre deux virages, entre quelques sommets enneigés.

Les épingles à cheveux nous entraînent rapidement au niveau de ses rives que nous atteignons alors que le ciel daigne virer un peu au bleu.

Les différents retours lus insistaient sur les difficultés de circulation et de stationnement autour du lac. Ce n'est pas flagrant en ce début septembre. Serions-nous enfin hors saison ?

La voiture facilement garée, nous partons en balade dans les rues de Varenna. On sent rapidement qu'il vaut mieux avoir le portefeuille bien garni pour habiter par ici...

Réforme de la retraite ou pas, je crains de ne pas pouvoir passer mes vieux jours dans un tel décor.

Encore moins dans le village suivant, Bellagio...

Si je lance une cagnotte leetchi, peut-être... Vous m'aiderez ?

Sur le chemin du retour, une statue m'interpelle. Que font ces cyclistes ici ?

Nous sommes au col de Ghisallo, un must pour les grimpeurs du Tour de Lombardie, du Tour d'Italie mais aussi pour tous les amoureux de la petite reine.

Une chapelle est même dédiée au vélo et à ses amateurs. Un vrai musée où maillots jaunes et autres trophées

Se mêlent aux habituelles bondieuseries.

23

Nous quittons au matin le cocon cômois direction la frontière.

Toujours autant de monde sur les routes, toujours autant de tension pour le chauffeur.

Nous croisons régulièrement des panneaux avertissant de la présence de radars, panneaux qui ne semblent guère refroidir les ardeurs de l'autochtone.

Bluff ?

Pourtant de nombreuses boîtes à flashs ornent bien la chaussée des villages de la vallée d'Aoste. Pas une, pas deux mais une multitude !

Ça se complique donc de plus en plus pour moi...Un oeil pour surveiller le véhicule qui n'attend que la faille pour me doubler, l'autre pour guetter les boîtes oranges.

Vivement la France !

Plusieurs options s'offrent à nous pour regagner l'hexagone.

Nous optons pour celle qui nous paraît avoir le plus de chien...

Welcome back !

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S'il fallait dresser un petit bilan de ce voyage européen, les bons points seraient les suivants :

- le mode de voyage, une voiture et tracer la route...

- la diversité des lieux traversés

- le côté très cosmopolite de ce continent

- le contenu de l'assiette (et du godet...)

- Les petites routes du Valais, la randonnée de Trift, la vue depuis le logement en Autriche, à Lovran et au lac de Côme, les routes de montagne autrichienne, Ljubljana, l'ambiance au bord de la mer en Croatie, les chemins de bois de Plitvice, Vérone...


Les mauvais :

- un temps incertain à cette saison. Je me demande si mi juin/ mi juillet n'auraient pas été meilleurs de ce point de vue contrairement à une visite de l'Auvergne par exemple...

- la foule omniprésente...

- conduire en Italie...



A très bientôt sur d'autres routes toujours politiquement en Europe, un peu moins géographiquement...