Ramène ta fraise à Plougastel

Par
Ou un grand bol d'air printanier à déguster le long des côtes bretonnes.
Mars 2021
15 jours
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Mi mars 2021, quinze jours de congés sous mesures sanitaires, que faire ?

Le couvre-feu n'est guère gênant à cette époque d'autant plus qu'il a été repoussé à 19 00, la fermeture des restaurants et autres cafés ne nous pèse pas vraiment.

Le Puy de Dôme n'est pas reconfiné, reste à choisir une destination où la circulation reste libre également.

Pourquoi pas la Bretagne ?

La météo n'est pas un critère pour cette destination au climat changeant et frais, c'est une région plus grand air que musées, nous n'en connaissons que quelques spots.

Nous réservons donc nos premières nuits aux environs de Vannes dans un des rares appartements ouverts en cette saison et surtout en cours de vague Covid... La suite du programme se fera au fil de l'eau et de l'actualité.

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Pas de bouchons, pas grand monde sur les routes et surtout un beau ciel bleu à l'arrivée !

Il nous reste un duo d'heures avant le black-out, si nous allions faire un petit tour au bord de l'eau ?

Mon inspiration, bien aidée du Guide Michelin, nous entraîne à Port Anna, porte d'entrée du Golfe du Morbihan.

Les Vannetais profitent d'un soleil couchant pour effectuer une promenade apéritive

Nous aussi !

Quelques coquilles Saint Jacques pour le dîner et au dodo.

On n'est pas si malheureux que cela en période Corona !

A demain....

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Au matin, le ciel a retrouvé ses couleurs maussades , le crachin menace.

Nous décidons d'aller taquiner le menhir à Carnac en attendant un improbable retour du soleil.

Les ancêtres d'Obélix ont aligné sur les plaines de cette commune bordant la baie de Quiberon quasi 3000 mégalithes dont la fonction demeure toujours mystérieuse aujourd'hui.

Suite au sur-tourisme et ses dégâts, je pensais l'enceinte monumentale inaccessible. J'ai l'agréable surprise de découvrir le site portes grandes ouvertes.

Les moutons s'avèrent quasi plus nombreux que les visiteurs, la magie des druides opère.

Nous déambulons alors longuement parmi les pierres, troublant les rapaces les ayant choisis comme perchoirs...

Nous bifurquons ensuite vers la mer qui s'offre en panorama à la pointe de Kerpenhir.

Le temps n'est pas vraiment de la partie mais accentue le côté sauvage des lieux.

Un rapide pique nique au vent plus tard, nous prenons la direction d'Auray, jolie cité médiévale lovée au bord de la rivière du même nom.

Nous nous réchauffons tout d'abord en sirotant un expresso à emporter sur les quais du port de Saint Goustan.

Puis partons à l'assaut des ruelles pavées de la vieille ville.

Les visiteurs sont toujours aussi rares, nous avons un peu l'impression d'être les derniers touristes ce qui n'est franchement pas désagréable...

Nous quittons bientôt cette ambiance légèrement fin d'un monde pour retrouver un peu d'amination à Larmor Baden, point de départ d'une courte randonnée sur l'île de Berder.

Berder n'est accessible qu'à marée basse via une chaussée submersible. Nous vérifions les horaires, c'est bon , nous avons largement le temps de faire le tour de l'île !

Les grandes marées d'équinoxe sont proches. L'océan dévoilera de plus en plus loin l'estran durant notre voyage pour mon plus grand bonheur !

Oups, il est 18 heures...

Il faudrait un peu se presser pour rentrer !

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La météo semble bien printanière aujourd'hui. Si nous en profitions pour randonner sur l'île aux Moines ?

Aussitôt dit, aussitôt fait, nous voilà bientôt à l'embarcadère de Port Blanc pour effectuer la courte traversée qui nous emmènera sur ce petit joyaux du Golfe du Morbihan.

Le sentier qui permet de réaliser le tour de l'île est un peu long pour nous : 17 kilomètres tout de même.

Nous n'irons donc pas à la pointe du Trec'h économisant ainsi une poignée de kilomètres.

Les adeptes de la petite reine pourront, eux, se régaler sur les pistes cyclables . Ce mode de déplacement ne permet cependant pas d'aller partout...

Tu as le pique nique, l'eau ?

On passe à la boulangerie et c'est parti !

De l'iode plein les narines, un début de coup de soleil sur le nez, nous rejoignons en milieu d'après midi la case départ.

Il manque quelques degrés dans l'eau pour finir par y piquer une tête mais cette plage est bien tentante !

Lors d'un autre voyage, qui sait ?

Il reste un peu de temps avant de devoir rentrer. Nous décidons de l'occuper en allant manger un far aux pruneaux à Vannes.

Si les abords de cette ville ressemblent à tous les autres- centres commerciaux, circulation intense- son coeur offre bien plus de calme et d'attraits.

Le délicieux goûter à la main, nous flânons désormais le long des remparts de la ville, fascinés par ce magnifique saule pleureur.

Quelques pas nous séparent alors des quais du port de plaisance où toute la jeunesse bretonne semble s'être donnée rendez vous pour siroter une bière le nez au soleil. La vente à emporter bat son plein, l'ambiance n'est vraiment pas morose, covid ou pas, l'apéro c'est sacré !

Pas de mauvaises nouvelles aux infos, nous réservons donc nos prochaines nuits .

Adieu le Morbihan, place au Finistère !

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Par la voie rapide, 150 kilomètres nous séparent de Tréboul. Nous en ferons un peu plus...

Un premier crochet nous entraîne ainsi le long de la ria d'Etel jusqu'à son embouchure. Le vent décoiffe, le sable s'étend à l'infini, le mur de l'Atlantique s'offre aux graffeurs.

De retour sur la voie rapide, nous passons Lorient pour mieux retrouver l'océan à Port Manec'h et son magnifiquement situé manoir. Je ne sais pas ce que vaut cet hôtel mais il me fait bien envie !

Un saut de puce plus tard, nous allons admirer les très photogéniques chaumières de Kerascoët.

Nous suivons maintenant la côte de plage en plage jusqu'à la pointe de la Jument.

Les campings cars ne sont guère présents, les baigneurs non plus. Quelques surfeurs et véliplanchistes en combinaison ne renoncent pas à leur plaisir malgré la fraîcheur de l'air.

L'estomac dans les talons, nous marquons un arrêt tardif à Concarneau. La ville est habituellement animée, nous devrions trouver une crêpe à emporter !

Ben non...

Les touristes ont déserté, les ruelles de la ville close sont vides, nous nous contenterons d'un sandwich dégoté après bien des tours et détours ...

Nous accélérons ensuite la cadence et traçons directement vers Tréboul, station balnéaire rattachée à Douarnenez.

Le logement est vieillissant mais quelle vue !

Les vagues s'écrasent sous nos fenêtres, le sable se dore au soleil, la côte est une invitation à la balade,

Balade apéritive que nous ne manquons pas d'effectuer !

Le soleil s'éteint, l'Atlantique nous berce, bonne nuit !

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Ce jour sera consacré à la presqu'île de Crozon avec deux petits détours en chemin : Locronan et le point de vue du Ménez Hom.

Le soleil ne daigne pas offrir aux belles maisons de granit la lumière qui les magnifiera mais le village n'en demeure pas moins un exceptionnel témoignage du passé.

Un véritable décor de cinéma pour films historiques, non ?

Roman Polanski, Philippe de Broca ou bien encore Jean-Pierre Jeunet ne s'y sont d'ailleurs pas trompés, choisissant de tourner à Locronan "Tess", "Chouans" et "Un long dimanche de fiançailles".

La petite cité renaissance attire habituellement des milliers de touristes qui ne sont pas aujourd'hui au rendez vous. Les multiples magasins de souvenirs gardent pourtant espoir et il s'avèrera, une fois de plus, bien plus facile d'acheter une bière ou des sardines que de déguster une galette-saucisse.

Le ciel est légèrement moins bouché lorsqu'une petite route nous dépose près du sommet du Ménez Hom, 329 mètres, quasi le toit de la Bretagne.

Par temps clair, le panorama s'étend de la baie de Douarnenez à la rade de Brest mais nous resterons un peu sur notre faim...

Nous poursuivons maintenant notre quête de ciel bleu sur la presqu'île de Crozon où le parapluie s'avère rapidement être un allié incontournable.

Une averse, la voiture - une éclaircie, une randonnée au pas de course...

Trempés, nous abandonnons bientôt les sentiers de la pointe de Pen-Hir pour les quais de Camaret et son intéressant cimetière de bateaux.

Au retour, une immense trace jaune m'intrigue sur la carte, la plage de Pentrez.

Si nous allions vérifier sur place que les 4 kilomètres de sable fin ne sont pas qu'une coquille ?

Je crois que pour la distanciation sociale, il n'y a aucun problème ici...

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Comme la météo nous annonce du ciel bleu dans l'après midi, nous prenons notre temps ce matin. Après tout, les vacances sont aussi faites pour se reposer !

C'est donc quasi à midi que nous commençons notre excursion du jour, direction la Pointe du Raz.

La route longe la côte au loin et offre quelques échappées vers l'océan, le soleil promis devient de plus en plus présent.


Une dernier stop à la Chapelle Saint-They,

Et nous voilà en vue de la fameuse Pointe du Raz.

L'immensité du parking suffit-elle à absorber le flot des visiteurs d'un 15 août ? Je parierais volontiers que non...

Mais, grâce au covid et à la basse saison, nous avons l'embarras du choix quant aux places disponibles. Trop peut-être...

Les rares commerces ouverts plient boutique quand nous nous élançons sur le sentier parfaitement balisé. La crêpe sera encore pour un autre jour...

La lande s'accroche à la roche, la roche domine l'océan, les flots façonnent ce relief déchiqueté.

Si le Raz de Sein semble calme aujourd'hui, le nom de la plage la plus proche annonce la couleur : la baie des Trépassés...

Pour le randonneur, l'aventure peut aussi s'avérer bien risquée par gros temps ou faux pas. Les plus malhabiles s'arrêteront à l'esplanade du phare, les plus inconscients grimperont de rochers en rochers.

Pour rentrer à Tréboul, nous choisissons la route des terres et nous arrêtons à Pont-Croix, autre cité du granit. La ville est moins dans son jus que Locronan et propose une autre page d'histoire, très contemporaine cette fois ci.

J'imagine plus Alerte ! en tournage ici que Chouans ! ...

Un ultime crochet sur les étals d'une poissonnerie de Douarnenez nous permettra de découvrir puis déguster le patrimoine culinaire local...

Bon appétit !

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Si la bigoudène est devenue un symbole de la Bretagne au même titre que le kouign-amann, le triskel, Tri Yann ou le chouchen, il vous faudra inventer la machine à remonter le temps pour espérer l'apercevoir, hors commerce ou fest-noz, dans la tenue qui fit son succès...

Je vous propose donc plutôt d'aller à la découverte des paysages du Pays Bigouden et d'en oublier ses traditions d'avant hier.

La dernière bretonne en coiffe que j'ai entraperçue - l'évènement date du siècle dernier- vivait à Pont-l'Abbé, capitale du Pays Bigouden. C'est de cette petite ville que débutera, sous la pluie..., notre programme du jour.

Un oeil mouillé sur l'ïle Tudy, un pied trempé sur les plages désertées , des essuie-glace en folie au Guilvinec, la matinée prend l'eau...

Le phare d'Eckmühl est en vue lorsque gargouillent nos estomacs. Si nous attendions sur le parking une éventuelle accalmie en grignotant notre sandwich ?

Les éléments finissent tout de même par se calmer et nous en profitons pour effectuer le tour de la pointe de Penmarc'h.

Un saut de puce en voiture et nous voilà au paradis des funboardeurs, des kitesurfeurs et autres amateurs de grand vent : la pointe de la Torche.

Je pense qu'il vaut mieux ne pas débuter l'apprentissage de ces sports de haute voltige aujourd'hui...

Légèrement décoiffés, nous nous éloignons temporairement de la côte pour aller admirer les sculptures du magnifique calvaire de Tronoën .

Le temps de s'étonner des grands champs de fleurs environnants et un miracle survient : le retour inattendu du soleil qui illumine bientôt la baie d'Audierne

Un lieu sur ma carte m'interpelle alors : Usine de concassage de galets de Tréguennec.

Késaco ?

Un autre vestige de la guerre, un autre témoignage de ce que fut le mur de l'Atlantique, les galets concassés finissant en gravier et donc en bunkers...

J'ai oublié dans ma liste de symboles bretons, une autre spécialité. Un rapide passage à Pouldreuzic me permet heureusement de réparer cette terrible erreur !

Préférant les spécialités de la Belle-Îloise, c'est plutôt en compagnie d'une tartine de rillettes de sardines que nous finirons cette journée toutes saisons !

A demain !

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Pas de confinement ni restrictions supplémentaires en vue pour les 7 prochains jours, nous réservons donc nos prochains hébergements.

Nous passerons ainsi les 4 prochaines nuits sur la côte de granit rose que nous choisissons de rejoindre via l'Argoat, la Bretagne intérieure.

En chemin, nous ne manquons pas de faire un arrêt à Pleyben pour visiter son enclos paroissial. L'ensemble est un peu noyé sous les échafaudages mais les différentes sculptures du calvaire ne me laissent pas de marbre.

Quelques traces polychromes nous rappellent que les églises arboraient autrefois de vives couleurs aujourd'hui bien souvent disparues.

30 kilomètres plus loin, une tartine de pâté breton plus tard, nous digérons une jolie part de kouign-amann en entamant une randonnée dans la légendaire forêt d'Huelgoat.

Le sentier s'insinue tout d'abord dans un chaos moussus puis glisse diaboliquement en grotte.

Le chemin s'ouvre alors sur une forêt parsemée d'étranges rochers dont la fameuse roche tremblante qui oscillerait légèrement d'une simple pression. Encore faut-il trouver l'endroit où appuyer !

Nous regagnons enfin le village en suivant rivières et canaux.

Après le bol d'air campagnard, un bol d'air plus urbain nous attend à Morlaix dont les maisons à pans de bois prennent l'ombre sous un imposant viaduc ferroviaire.

Une petite heure de bitume et nous pénétrons à Perros-Guirec, terminus tout le monde descend !

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Un beau soleil et une douceur quasi estivale nous attendent au matin. Nous en profitons donc pour nous promener sur le sentier des douaniers jusqu'à Ploumanac'h.

Nous découvrons bientôt la curiosité des lieux, les fameux blocs de granite rose ! Quelques impuretés d'oxyde de fer dans la roche sont à l'origine de cette couleur qui éclate principalement aux rayons d'un soleil couchant.

Les blocs s'empilent en d'étranges Lego qui trônent parmi la lande et les ajoncs, qui dominent une eau parfois déchaînée, qui s'improvisent perchoirs pour animaux bien dressés...

Au milieu du chaos, se dresse fièrement un phare lui-même édifié, comme c'est original, en granite rose.

A l'Auvergne, la pierre de lave ; à la Bretagne, son mélange de quartz, de feldspaths et de micas...

Quelques derniers pas, un peu plus de monde et nous atteignons la jolie bien qu'inhabituelle plage de Ploumanac'h et son oratoire .

Se produit alors un miracle : une crêperie ouverte !

Dommage, nous avons déjà pique niqué...

Nous ne résisterons cependant pas à l'appel d'une petite douceur en guise de goûter puis nous regagnerons notre logis par l'intérieur des terres.

Cette belle journée s'achèvera sur le sable de la plage de Trestaou,

Et par une gueuleton de coquilles St Jacques et de pâtes fraîches...

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Le ciel est toujours aussi bleu ce matin, l'air s'est encore réchauffé de quelques degrés.

Un temps idéal pour découvrir l'île de Bréhat !

Nous prenons donc la route pour le port de l'Arcouest d'où partent les vedettes pour l'archipel fleuri.

Comme nous sommes hors saison, les rotations sont rares. Il vaut mieux vérifier les horaires avant le départ sous peine de se retrouver le bec dans l'eau...

Le parking est raisonnablement rempli, les tickets s'achètent en un clin d'oeil, la signalisation covid attend les passagers.

Le quai se peuple, le bateau accoste.

Plus qu'une courte traversée et nous débarquons !

Bréhat n'est pas bien grande : deux îlets reliés par un pont , 3.5 kilomètres de long pour 1.5 de large.

Il est facile de l'arpenter à pied ou bien à vélo !

Nous choisissons la première solution et partons le nez au vent sur les sentiers bien vite déserts de l'île.

Les fleurs qui font la célébrité des lieux commencent à s'ouvrir en ce début de printemps offrant aux randonneurs un spectacle odorant comme coloré.

Mais ce ne sont pas ces jolis bouquets qui resteront le plus longtemps gravés dans ma mémoire mais plutôt ces étonnants paysages de grande marée basse !

D'ailleurs, d'après mon GPS, nous sommes actuellement sous l'eau...

Pressons maintenant le pas, la dernière traversée de l'après midi est pour bientôt !

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Toujours du soleil et une douceur quasi estivale en cette nouvelle journée.

Toujours de forts coefficients de marée et un estran découvert sur des centaines de mètres !

Nous embarquons quelques délicieuses fraises de Plougastel en guise de dessert et roulons jusqu'à l'intrigant sillon de Talbert, cordon de sable et de galets fendant les eaux tel un quai sur une distance de plus de 3 kilomètres.

Il est possible de s'aventurer sur cette langue sinueuse à marée basse ce que nous ne manquons pas de faire, pique nique dans le sac.

Mer à droite, mer à gauche, dune puis rochers droit devant.

Une pause, les fameuses fraises et nous voilà bientôt au bout du bout, au point le plus septentrional de Bretagne.

Alors que nous rebroussons chemin, un ballet de tracteurs part à l'assaut du sillon. Les ostréiculteurs n'ont que quelques heures avant le retour des eaux pour bichonner leurs huîtres, il faut en profiter !

Un saut de puce et nous arpentons maintenant les ruelles de la tropicale Tréguier.

Je ne sais pas si c'est cette canicule printanière qui a tourné la tête des paroissiens de Saint Tugdual mais nous découvrons des revendications fort peu catholiques à l'intérieur de la cathédrale.

Halte à la vaccination à l'intérieur de l'édifice ! On veut rester entre nous sans d'éventuels malades qui pourraient nous contaminer !

Ben, pour l'amour de son prochain, la compassion, on repassera...

Nous quittons alors la chrétienté pour quelques vestiges de la civilisation celto-bretonne semés ça et là le long des côtes d'Armor, apprenant à l'occasion que le recyclage ne serait pas l'apanage des écologistes...

Ultime étape de cette belle journée : les plages de Trégastel où une poignée de courageux baigneurs n'hésitent pas à mouiller le maillot.

Et vous ?

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Le soleil refuse de saluer notre départ des Côtes d'Armor et c'est sous une grisaille plutôt persistante que nous gagnerons notre ultime lieu de séjour breton, Cancale.

En chemin, nous découvrons l'unique Mont Saint Michel breton, qui, si il n'est pas aussi spectaculaire que son jumeau normand, ne manque cependant pas de charme.

Un peu plus loin, les rafales n'émeuvent guère l'immuable phare du Cap Fréhel qui domine lande sauvage et océan tumultueux.

Les falaises du cap forment une réserve ornithologique de premier plan qui attire de nombreux amateurs prêts à tout pour observer, photographier l'objet de leur passion.

À l'horizon se devine alors la silhouette du Fort La Latte.

Nous essayerons de nous en approcher. En vain !

Le magnifiquement situé château est fermé pour cause covid et aucune route publique ne permet de l'admirer d'un peu plus près.

Nous passons maintenant au large de St Malo et de Dinard que nous visiterons ultérieurement et filons sur Cancale pour découvrir notre dernier nid douillet.

En fond de toile se devine la Normandie,

Où nous ferons un saut demain !

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Les plus grandes marées d'Europe continentale peuvent s'observer dans la baie du Mont Saint Michel. La mer se retire alors jusqu'à 15 kilomètres des côtes pour revenir très rapidement.

Ce phénomène n'a lieu que quelques dizaines de jours par an lors des marées d'équinoxe redonnant par la même occasion son caractère insulaire au Mont.

Aujourd'hui, le coefficient de marée dépasse 100. C'est le dernier jour des grandes marées et nous devrions assister en partie à ce spectacle !

Nous notons donc l'horaire de submersion du gué et arrivons de bonne heure sur l'immense parking aménagé en 2014 côté continent .

La dernière fois que je suis venue par ici, la route se terminait au pied de l'île. C'était l'enfer en saison, le paradis un 25 décembre... L'ancienne digue et ses parking défiguraient les abords de la Merveille, à quoi m'attendre avec ces nouveaux aménagements censés éviter l'ensablement du lieu ?

Première (demi)-surprise, il n'y a quasi personne. Il est tôt, nous sommes en période covid mais c'est tout de même un évènement unique.

Deuxième surprise, le pont-passerelle donne un rendu superbe. Quelle idée de prendre le bus pour parcourir les quelques centaines de mètres reliant le parking au Mont alors que la promenade est aussi aisée que magique !

Mes photographies ne donnent qu'un pâle aperçu de la scène. Je vous conseille vivement d'aller vérifier sur place mon ressenti.

Lorsque nous arrivons au gué, il est encore ouvert. La mer lèche les murailles, la porte principale est noyée.

Nous choisissons de rester face au Mont pour attendre les plus hautes eaux.

Les habitants, les touristes, le facteur en tournée se dépêchent de franchir les derniers mètres non submergés, les secours sont sur le qui-vive.

Les gendarmes se positionnent, la chaussée est désormais inondée, le Mont devient inaccessible.

Un petit quart d'heure et la mer commence son reflux. Nous pouvons maintenant poser un pied légèrement humide sur les pavés de l'île.

Nous nous précipitons dans les ruelles pour prendre un peu de hauteur et ainsi découvrir l'autre côté du miroir.

La visite du monastère est impossible du fait de la pandémie. Nous nous contenterons donc d'une promenade aux quatre coins plutôt désertés du Mont.

Un pique nique dévoré au pied des remparts et sonne l'heure du retour.

La mer a laissé un glacis de boue qu'un ballet d'employés municipaux s'efforce de nettoyer.

Nous regagnons tranquillement le parking puis nous nous égayons dans les polders à la recherche de nouvelles vues sur l'île. Ceux qui aiment pédaler pourront là exercer leurs talents, les randonneurs également !

Un dernier adieu à Saint Michel, une petite heure de route, quelques pas en direction de la pointe du Grouin, quelques achats à la boutique aux mille senteurs achèvent cette idyllique journée.

A demain à Saint-Malo !

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Déjà la dernière journée bretonne !

Nous la consacrerons à Saint-Malo et ses environs avec comme premier arrêt la pointe de la Varde et ses vestiges de la Seconde Guerre Mondiale.

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Le temps est venteux, la Manche agitée.

Notre arrivée dans la cité corsaire s'accompagne du spectacle d'impressionnantes vagues s'échouant violemment sur la digue du sillon.

Les gerbes fusent, les photographes reculent, difficile de capter les plus furieux assauts.

Je crois que nous n'allons pas nous garer ici...

Côté terre, l'ambiance est nettement plus sereine et, pour la première fois, nous ne savons quelle crêperie choisir !

Une volée de marches et nous voilà sur les remparts dont nous ferons le tour en observant la mer se retirer, dévoilant ainsi les jolies plages encerclant la ville.

Revenus à la case départ, nous continuons notre balade les pieds dans le sable admirant l'habilité des kite-surfeurs.

Quelques kilomètres en voiture et nous franchissons la Rance. Dinard s'offre maintenant à nous !

La promenade Robert Surcouf ménage d'intéressantes vues sur Saint-Malo puis, la pointe du moulinet contournée, sur la très chic plage de l'écluse et son originale piscine d'eau de mer.

Nous grignotons alors un quatre heure et filons à notre port d'attache, Cancale, pour un ultime bol d'air marin.

Demain, nous retrouvons nos montagnes et le boulot ...