En route pour la verte Norvège !

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7600 kilomètres de bitume, quelques milliers de dénivelé, 6 pays traversés... Bienvenue en Norvège !
Juillet 2017
4 semaines
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7600 kilomètres de bitume, quelques milliers de dénivelé, 6 pays traversés...

Une 308, quelques ferries, une multitude de tunnels ou de ponts, un bus, un bateau, des chaussures de randonnée, des crampons...

Deux jours de canicule, un peu de soleil, un peu de neige, beaucoup de pluie...

Un Saint Nectaire, un peu de saumon ou de cabillaud, deux plaquettes de Smør, de nombreux petits pains, du mouton séché, une orgie de framboises et de fraises...

Du vin français, du vin allemand, de la bière brune ou blonde, de la mirabelle, du cidre, de l eau fraîche...

Des auberges de jeunesse, des hytter, des appartements, des hôtels, une cabine de ferry...

Des euros, des couronnes danoises, suédoises ou norvégiennes -nok pour les intimes -, un trou dans le porte monnaie...

La mer, la montagne, l'omniprésence de l'eau et du vert...


Bienvenue en Norvège !

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Clermont-Ferrand, 09 00 du matin, en voiture !

Enfin si vous trouvez une petite place entre les valises, les deux caisses de provisions, la cave, les sacs de couchage, les draps et serviettes, les chaussures de randonnées, le parapluie, les blousons, la glacière et le fameux Saint Nectaire...

Un peu, beaucoup d'autoroutes plus tard, nous voilà presque en Allemagne !

Un ralentissement suivi d'un douanier signale la frontière puis se dessine la forêt noire et ses vignes,

Aux bras desquelles...

Nous nous endormirons.

Bonne nuit...

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Contrairement aux dénégations de certains, le Riesling s'est avéré un agréable compagnon de rêves et c'est bien reposés que nous entamons notre traversée de l'Allemagne, direction la Basse Saxe (Sont moins chatouilleux que les Français sur le nom de leurs provinces et l'usage d'adjectifs tels que bas, inférieur, nord, les Allemands...) et notre étape du soir.


Pour tout automobiliste amateur de sensations, le pays d'Angela fait rêver.

Des kilomètres d'autoroutes sans limitation de vitesse, quel pied !

La réalité m'oblige à écorner un peu cette image...

Les zones en travaux se succèdent, les trois voies se font rares, la chaussée est surchargée de vacanciers sur le retour ou le départ, les zones limitées surgissent sans prévenir.

Une valse de 80, de 100, de 60, de 110, de 120, de 130, de liberté...

C'est crevant et dangereux !

Par ailleurs, deux autres mythes sautent : le respect des germaniques quant au code de la route et la propreté universelle de ce pays...

Un dernier bouchon, un premier radar et nous laissons sans regret la Peugeot pour une petite promenade dans les rues de la charmante Celle, ses lions, ses premiers caribous et ses dragons...

Un roboratif dîner plus tard,

Nous voilà au lit !

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L'Allemagne ne sera bientôt plus qu'un souvenir,

Nous filons vers le port d'embarquement du ferry pour la Suède.

Et nous ne sommes pas les seuls..

Les camions et camping cars s'engouffrent sur le pont inférieur tandis que les voitures partent à l'assaut d'un ponton qui les plonge directement dans la gueule du monstre.

Une silhouette familière nous indique alors le chemin de notre logis,

Pour un repos de quelques trop brèves heures !

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Varberg, Varberg, tout le monde descend !

Aux petites heures de l'aube, nous nous élançons donc sur les routes suédoises entre sapins et sapins...

Quasi 2 300 kilomètres s'affichent déjà au compteur de la Peugeot quand nous parvenons au dernier poste frontière qui nous sépare de notre but, le pays de mes possibles ancêtres :

La Norvège -Norge en vo- !

(Ce voyage m'aura au moins appris pourquoi les vikings fuirent leurs terres natales pour s'enraciner en Normandie : le soleil bien sûr...)

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Pourquoi avoir choisi de rejoindre la Norvège en voiture plutôt qu'en avion ?

3 jours à l'aller, 3 jours au retour, quasi 5000 kilomètres au volant alors qu'il aurait été si facile et moins cher d'aller à Lyon, de prendre un vol pour Oslo et d'y louer une voiture !

Pour les souvenirs de mon enfance et la notion même de voyage...

Mon rêve serait de pouvoir faire la même chose pour rejoindre l'Afrique du Sud mais, malgré avoir croisé cet hiver en Namibie un couple d'anglais septuagénaires au volant de leur camion immatriculé GB et parvenus jusque là uniquement (ou presque) par la route, la géopolitique de l'Afrique me refroidit.

Pour être tout à fait franche, l'organisation d'une telle "aventure" aussi.


Fin de la parenthèse - Rendez vous très bientôt à Lillehammer !

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Nous nous installons dans notre logis et décidons de profiter du beau soleil qui illumine la fameuse station de sports d'hiver en allant en visiter son joyau : les tremplins de saut à ski !

Les (trop...) nombreux camping caristes qui sillonnent la Scandinavie ont transformé les lieux en aire de repos,

Ce qui peut aisément se comprendre...

Et si, après avoir rallumé la flamme, nous grimpions au sommet de ces impressionnants toboggans ?

Une paire de ski sur les épaules pour redescendre, et zou, c'est parti !

Quelques marches plus tard,

Et voilà la ville à mes pieds.

Je chausse les skis et m'avance sur le spot de départ.

Arghhh ! J'ai le vertige ! Si nous rentrions par ce chemin ?

Dis, Agnès, tu ne leur raconterais pas un peu des craques à tes lecteurs ???Nous n'avons jamais pris ces escaliers, mais la voiture !Et puis cette histoire de skis, c'est vraiment n'importe quoi...

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La journée se poursuit par un petit tour dans l'artère principale de la ville, une rue piétonne bordée de maisons en bois abritant quelques commerces fermés à cette heure tardive.

Il faut dire que le consommateur norvégien n'est pas roi.

Des panneaux 10 00 -17 00 s'affichent sur de nombreuses devantures, voire moins le samedi...

Une exception confirme la règle : les supérettes.

Impossible de mourir de faim, même un dimanche...

En parlant de manger, si nous trouvions un restaurant ?

Quelques pizzérias et autres italiens made in Moyen Orient, quelques chinois, les hot dogs du 7 eleven, quelques restaurants spécialisés dans la grillade, rien qui n'attire franchement l'oeil ou les papilles...

Si nous tentions ce pub ?

Un fish n chips, un boeuf bourguignon, une bière, un verre de vin rouge, 62 euros, petit prix pour la Norvège...

Bon appétit !

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Puisque j'en suis à la rubrique porte monnaie, voici le budget de ce voyage :

2650 euros par personne soit 5300 pour 2 et pour 23 jours.


- 2020 pour le logement

- 230 pour les ferries transfrontaliers

- 60 pour les ferries en Norvège

- 650 pour la location de voiture

- 450 pour le diesel

- 150 pour les péages

- 820 pour les repas au restaurant

et le reste pour les courses, les excursions, les parkings etc !


Les deux postes qui font mal sont le logement, les restaurants et les cafés.

92 euros la chambrette avec deux lits superposés dans une auberge de jeunesse de Bergen, ça change des beaux hôtels accessibles pour le même prix dans une bonne partie du reste du monde, France comprise...

Même pas possible de noyer son chagrin dans l'alcool vu le prix de base - 9 euros - d'un verre de vin ou d'une pinte de bière...

Cependant, l'impression générale est que je me suis fait peur à la préparation de ce voyage et que la Norvège reste finalement abordable avec aménagements pour un budget moyen.

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Premier réveil en Norvège, premier ciel franchement gris. Nous quittons Lillehammer sous les gouttes direction Ringebu et ses fautes de français...

La belle église en bois se dresse au milieu d'un cimetière parfaitement manucuré dominant la vallée.

Nous bifurquons alors vers le parc national de Rondane, paradis de rennes que nous n'aurons malheureusement pas l'honneur de croiser.

Faute de grives, nous suivrons ces moutons jusqu'à leur bergerie...

La route rejoint maintenant les terres du boeuf musqué, le parc de Dovrefjell.

Peut-être aurons-nous la chance de rencontrer la bête à cornes lors de notre balade en direction du point de vue de Snøhetta ?

Belote et rebelote !

Le chemin grimpe, le vent se lève, la pluie menace. Le sommet enneigé qui devrait se détacher à l'horizon reste plongé dans le brouillard...

Au bout de la piste, notre but,

C'est sympa, cette cabane que tu nous as réservée !

Je sens que je vais me plaire ici ! Et qui sait, il y aura peut-être un beau lever de soleil au matin ?

Euhhh, Agnès, c'est pas une hytte...

Mais juste un poste d'observation !

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Quelques courses plus tard, nous prenons possession de notre logis, une petite cabane deux pièces, salle d'eau et kitchenette.

Premier geste, allumer les radiateurs électriques. Deuxième geste, prendre une douche bien chaude. Troisième geste, vérifier, en en ouvrant une bouteille, que la cave a bien supporté le voyage...

Bonne nuit !

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Aujourd'hui, nouvelle tentative d'observation de boeufs musqués lors d'une randonnée au départ de l'auberge de Kongsvold.

En une petite heure de grimpette entre herbe détrempée et arbustes, nous parvenons au plateau, immense plaine d'altitude balayée par les vents.

Contrairement à la veille, nous sommes seuls et, cerise sur le gâteau, le soleil ne se montre pas tout à fait avare de ses rayons...

La balade s'avère très agréable bien que nous reviendrons bredouilles.

Enfin, pas tout à fait... !

Le renne finira même par pointer le bout de son nez,

Pile-poil pour l'heure du déjeuner...

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Après le déjeuner, changement de décor ! Cap au nord en direction de Trondheim et ses fameux entrepôts multicolores dominant la Nidelva.

Nous arrivons à notre hôtel à l'heure idoine pour une petite promenade apéritive sur les quais de la vieille ville.

Je vous laisse compter les vélos,

Les ponts,

Et encore les vélos...

Pendant que je vais réserver une table pour le dîner.

192 sortes d'aquavit au menu, mais aussi des boissons moins exotiques...

Le hareng semble à l'honneur, un buffet lui est même dédié. Notre choix se portera pourtant sur un délicieux ragoût de rennes et du saumon.

Quelques tours de pédale - ou pas...- sur les anciens docks de la ville réaménagés en centre festif et commercial,

Pour digérer ?

Trondheim semble être une ville très agréable à vivre.

Manque juste un petit quelque chose...

Je vous laisse deviner quoi...

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Ce matin, nous nous attaquons, plein d'entrain, à l'appétissant buffet du petit déjeuner, frokost en VO.

Une odeur de hareng et de saumon freine un peu mon enthousiasme mais pourquoi pas...

Je me dirige alors vers le plateau de fromages et découvre, désolée, que la Norvège est un pays bien plus gouvernable que la France selon les références du général De Gaulle.

Un bloc jaune pâle, un bloc jaune orangé, un bloc marronnasse...

Ce dernier ne serait-il pas le redoutable geitost ?

Courageusement, je m'empare de la pelle à trancher et découpe un petit carré de mastic, euhhh, de fromage.

C'est pâteux, ça ressemble vaguement à de la confiture de lait desséchée et ça colle au palais...

Bref, comme dirait Thérèse...

A vous de goûter !

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Après les nourritures terrestres, place aux nourritures spirituelles !

Un Saint Olaf revisité veille sur son palais.

Le jeu d'adresse en vigueur à Trondheim ne semble être ni les fléchettes ni le bowling mais le lancer d'anneau. Il paraîtrait même que l'entrée au paradis serait garantie au pèlerin qui cerclerait Saint Jacques !

J'ai du mal à y croire...

Les nourritures spirituelles n'étant pas plus gratuites que les terrestres, nous réglons notre écot puis pénétrons dans la cathédrale dont je ne garderai comme souvenir que les magnifiques orgues qui en garnissent l'entrée.

Un deuxième passage en caisse et nous pouvons grimper au sommet de la tour.

L'escalier est aussi étroit que pentu, bon entrainement pour les ascensions ultérieures, et c'est assez soulagés que nous arrivons au chemin de ronde, enfin de carré, qui domine la ville.

Tiens, c'est quoi le bâtiment blanc là-bas sur la colline ? Une forteresse ? Si nous y allions ?

Une petite photo plus tard,

Et nous y voilà !

Nous admirons une dernière fois cette ville aérée puis poursuivons notre route vers l'océan...

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Un embouteillage, une petite heure de route, une pizza dont le cuisinier ne connait pas la recette, une bonne nuit d'hôtel, un solide petit déjeuner, un premier ferry, un premier ticket,

Une autre solution...

L'herbe foisonne, le saumon pullule, nous arrivons à destination !

La route de l'Atlantique saute d'île en île permettant aux ingénieurs de rivaliser d'imagination quant à la réalisation de ponts aussi vagues que l'océan...

La promenade aménagée reprend le thème du méandre, de la courbe, du lacet,

Et réserve de jolies vues

Sur l'ouvrage d'art.

Ce grand bol d'air m'a donné faim ! Si nous goûtions enfin le Saint Nectaire avant de reprendre la route direction Åndalsnes ?

Je ne sais pas si c'était une si bonne idée ce Saint Nectaire. Enfermé sous vide d'air dans son écrin de plastique, il se faisait discret. Maintenant qu'il a retrouvé sa liberté, son odeur prospère dans la 308...

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Le gîte du soir s'avèrera aussi rustique qu'économique,

Mais quels paysages aux environs !

Je ne me lasse pas de tout ce vert,

J'aurais presque envie de m'installer là.

Pas vous ?

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Au matin, nous abandonnons la quiétude du fjord pour grimper à l'assaut des sommets,

Via la célèbre route des Trolls !

Attention aux troupeaux...

Les épingles à cheveux se succèdent à un rythme constant mais que je n'espère pas effréné...

La route ménage cependant quelques pauses puis c'est l'arrivée au col.

Comme toujours en Norvège, les lieux sont aménagés avec un certain effort dans l'architecture,

Comme dans le choix des points de vue.

Allez, Agnès, prends une dernière photo,

Et puis on s'en va, direction Geiranger !

La route touristique s'achève sur le ponton d'un ferry.

Le bras de mer traversé, nous attaquons de nouveaux lacets puis, au détour d'un tournant, une échappée dans la verdure offre un accès aussi panoramique que grisâtre au fameux Geirangerfjord.

Le petit port de croisière s'avère énormément touristique et, comme le temps n'incite pas à effectuer un tour en bateau, nous nous enfuyons...

La route grimpe et s'enfonce maintenant dans les nuages.

Est ce bien utile de tenter la montée au sommet du Dalsnibba en espérant apercevoir la belle vue promise ?

Nous croisons les doigts en nous engageant sur la chaussée pentue... Quelques flocons, du vent, du grésil, du brouillard, une éclaircie à l'arrivée !

Eclaircie de courte durée...

Un paquebot se cache sur cette photo. Le trouverez-vous ?

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Le grésil et le brouillard se dissipent tandis que nous perdons de l'altitude. Un rayon de soleil finit même par illuminer cette fin de journée...

Nous traversons maintenant de vastes forêts qui, avant d'être le terrain de jeu d'un Ingvar Kamprad, sont surtout celui d'impressionnants cervidés.

L'élan norvégien contrairement à la biche française n'erre pas sur des kilomètres d'autoroutes ou de départementales. Il surgit sous vos roues à des instants très précis.

Ici, il est un peu retord puisqu'il peut traverser de 0 à 1.6 km.

D'habitude, il prévient un peu à l'avance : 0.2 à 1.8 ; 0.4 à 3.5 ; 0.3 à 0.8...

Les virages, les tunnels, les villages sont tout aussi bien indiqués.

Jamais vous n'apercevrez un triangle rouge sans un kilométrage millimétré :

Tunnel de 852 mètres à 250 mètres, virage à gauche de 500 mètres à 1.2 kilomètres etc etc...

Même les radars automatiques font l'objet de cette attention !

C'est dire si le norvégien est réglé comme un coucou suisse...

Sur ces considérations philosophiques, nous arrivons à notre logis du soir, une antique bâtisse perdue au milieu des bois.

Ce soir, truite au menu.

On oublie la gastronomie mais ça cale...

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Au matin, un miracle !

Qui, comme tous les miracles, s'avère rapidement être de la poudre aux yeux...

Malgré les nuages qui s'amoncellent, nous ne boudons pas notre plaisir à rouler sur la vieille route de Stryn,

Entre lacs,

Ruisseaux,

Montagnes saupoudrées,

Et moutons...

L'herbe semble moins pousser sur les cabanes au fond du jardin norvégiennes que sur les maisons de campagne attenantes. Pourtant, le fumier n'est pas loin...Peut-être que le résultat de la digestion du geitost se révèle attilesque ?

Celle du Saint Nectaire paraît en revanche extrêmement positive pour le gazon...

Sur ces considérations aussi scientifiques que scatologiques, je vous abandonne au bord de l'Innvikfjord...

A bientôt pour la découverte d'un premier glacier !

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La promenade postprandiale nous entraînera au pied du glacier de Briksdal. Pas vraiment besoin de chaussures de randonnée ni même de baskets pour cette balade de quelques kilomètres très bien aménagée.

Les flemmards ne craignant pas le ridicule pourront même se faire conduire en voiturette à quelques centaines de mètres du but...

Je ne sais pourquoi mais ces pieds nickelés s'avèreront principalement asiatiques. Il faut dire que, dans un séjour chronométré, 5 minutes de transport en commun contre 45 minutes de marche à pied peuvent tout changer...

Le sentier commence par une grimpette le long d'un torrent dont les eaux remuantes proviennent en droite ligne de la fonte du glacier.

Puis, le chemin se faufile dans une forêt clairsemée jusqu'au lac de déversement.

Des pancartes nous démontrent régulièrement que le changement climatique est bien réel et que le recul du front glaciaire s'est accéléré ces dernières années.

Le spectacle n'en demeure pas moins grandiose même si le photographier n'est pas évident sous un ciel trop laiteux.

Je vous laisse tenter de faire mieux et vous attends au parking !

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Après l'effort, le réconfort !

Aujourd'hui, nous avons réservé un petit paradis,

La vue,

Les animaux...

Et pour une fois, un intérieur joliment arrangé pour un prix à peine supérieur aux vieux bungalows fleurant bon les années 80 loués jusqu'ici...

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Qui dit hébergement à 60 euros, dit douches collectives. Et pièce de 10 noks, il n'y a pas de minuscules profits pour l'hôtelier norvégien.

Nous voilà donc partis à la recherche du précieux sésame, pas de changeur de monnaie dans la salle d'eau, ce serait trop simple.

Un voisin plus tard, nous retournons à l'accueil, prévenir à l'arrivée ne serait pas amusant...


Je glisse enfin mon écot dans la fente, un chiffre auquel je ne prête pas attention s' illumine.


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5 minutes et une nanoseconde après, une eau glaciale anéantit les 300 secondes de bien être qui cascadait jusqu'alors sur mon corps en le réchauffant.

Nardin compteur !

Tu ne m'y reprendras plus !

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Le temps est clément aujourd'hui : on voit à 100 mètres et il bruine seulement. Pas de quoi renoncer au tout nouveau téléphérique de Loen qui nous propulsera en quelques minutes et en échange de la modique somme de 106 euros à 1000 mètres au dessus du fameux Sognfjord !

Le point de vue au sommet est aussi venteux que superbe.

Fjord à gauche, fjord à droite...

Et neige éternelle à la rencontre des cieux plombés.

De multiples promenades sont aménagées sur le Mt Hoven. Nous nous décidons pour un trail vert d'une poignée de kilomètres...

Qui nous entraîne sur le toit du monde des trolls.

Les bourrasques nous poussent bientôt vers la sortie. Un petit verre dans le restaurant d'altitude pour nous réchauffer ?

La carte s'avère aussi onéreuse que décevante. Quelle idée de proposer des hamburgers et autre junk food dans un si bel endroit ???

Nous reprenons donc la benne puis la 308 pour rejoindre notre prochaine étape...

Rendez vous demain pour une nouvelle excursion glacier ! Dessus cette fois ci...

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Aujourd'hui, nous avons rendez-vous à midi trente tapante pour une excursion sur le glacier de...

Glacier que voici !

Un couple de chinois, des allemands, des espagnols (des catalans peut-être...), des norvégiens formeront notre cordée.

La promenade débute par la traversée du lac de fonte puis par une petite marche bien aménagée

En direction de la langue glaciaire.

La randonnée va désormais se compliquer légèrement et c'est l'heure d'installer les harnais, de chausser les crampons et de respecter les consignes...

Nous attendons maintenant notre tour pour partir à l'assaut des falaises bleutées. Nous ne sommes pas les seuls à avoir eu cette idée...

Un escalier a été creusé dans la glace pour permettre aux visiteurs de tous âges de profiter du spectacle, du moins dans son acte 1.

Courageux, nous avons opté pour une version légèrement plus corsée qui de crevasses en patinage plus ou moins artistique, nous transporte, au propre comme au figuré, sur le méandre glaciaire.

Malgré le va et vient incessant des cordées,

Je tombe sous le charme de ce désert aussi glacé que minéral.

Quoi !!!!

Il faut déjà reprendre le bateau-navette du retour ???

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Nous décidons ensuite d'aller aux confins de la route qui grimpe en lacets larges mais étroits jusqu'au lac de Styggevatnet, célèbre pour ses promenades en kayak.

Le soleil brille, le soleil se cache, une goutte.

Un nuage noir, du vent, de la brume, mille gouttes...

Nous arrivons à temps pour contempler les kayakistes détrempés ranger leur matériel sous une pluie battante.

Nous arrivons à temps pour deviner brièvement le glacier qui s'échoue dans les eaux du lac à travers le brouillard....

Voici la version ensoleillée des lieux, voici la version à laquelle s'attendre.

Les joies de la météo ou comment jouer à la roulette russe avec son porte monnaie en réservant à l'avance des excursions en Norvège...

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Après la pluie, le beau temps.

Proverbe norvégien...Espérons que ce rayon de soleil durera jusqu'à la visite de Bergen, demain soir...

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Aujourd'hui, une longue étape nous attend entre montagnes abruptes, ours féroces, bisons sauvages,

Et pluie diluvienne pour rejoindre Bergen et son doux climat...

Bonne installation à l'auberge de jeunesse et rendez vous un peu plus tard avec cirés et parapluies pour un dîner en ville !

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Le ciré : ok ! Le parapluie : ok !

Descendons à Bergen.

L'auberge de jeunesse se trouve à l'écart du centre ville qu'elle domine.

Malgré le mauvais temps, nous décidons de nous y rendre à pied.

La bruine se transforme en petite pluie puis en grosses gouttes.

Le parapluie dégouline, les trottoirs se métamorphosent en pédiluves, les chaussures sont détrempées tout comme l'imperméable qui peine à justifier son nom...

Bryggen, qui ne paraissait pas très loin sur la carte, ne se rapproche pas vraiment.

Les kilomètres passent, 4,6 pour être précise...

Les rues s'animent un peu, un concert en plein air se déroule sous l'oeil mouillé de rares spectateurs.

C'est enfin l'arrivée !

Nous nous engouffrons dans l'office du tourisme pour acheter les tickets de bus du retour puis, malgré un horaire précoce, nous battons en retraite dans un restaurant plutôt que d'errer dans les ruelles de la vieille ville...

La spécialité du coin : les produits de la mer.

Séché, fumé, bouilli, rôti, en soupe, le poisson est prince.

Mais la vedette du port reste sans conteste le crabe royal qui semble pincer le coeur des groupes d'asiatiques, meilleurs clients des lieux.

Bon appétit !

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La nuit a balayé les nuages, un soleil resplendissant sèche Bergen au matin.

Trop tard pour une visite de la ville, la traversée du Hardangervidda, plus grand plateau d'altitude européen, nous attend !

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Entre cascades et fjords,

Chronique d'une journée pas franchement ordinaire

En Norvège...

J'ai même succombé à la tentation d'une glace, c'est dire !

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Une glace plus tard, dans la 308...

C'est quoi ça ??? La carte et le gps auraient-ils le tournis ?

La réponse arrive sans tarder alors que le véhicule s' enfonce au coeur de la montagne.

Bienvenue dans la principale curiosité, la signature, le highlight de tout voyage en Norvège : le tunnel !

Des fjords, des cascades, de la pluie, de vertes pelouses, des rennes et même des boeufs musqués, vous pourrez en admirer ailleurs.

Mais la rolls des tunnels ne peut se contempler qu'ici !


La pétromonarchie norvégienne croule sous les noks. Qu'en faire ?

La géographie du pays est tourmentée, le climat vivifiant.

Comment améliorer les transports routiers ?

Chef, chef ! J'ai la solution ! Si on creusait des tunnels sous toutes les montagnes et sous tous les fjords ?

Avec quelques beaux ponts pour ne pas faire de jaloux ?


Banco...


Les ingénieurs norvégiens ont rivalisé, rivalisent, rivaliseront d'imagination pour concevoir le plus long, le plus haut, le plus profond, le plus éclairé mais aussi le plus petit, le plus étroit, le plus court, le plus sombre des ouvrages.

Le voyageur enchaînera donc les traversées de tunnels et de ponts, particulièrement à la mauvaise saison quand toutes les routes secondaires sont fermées et qu'il n'y a plus le choix...

Des kilomètres et des kilomètres, certains jours.

Pas 5 ou même 9 mais plusieurs dizaines...

24.5 kilomètres est le record actuel de longueur de galerie, 10 kilomètres, chose courante.

Le conducteur est bercé, hypnotisé par la lumière des ampoules qui défilent sous ses yeux.

Il cherche le réconfort dans les panneaux qui lui signalent, kilomètre après kilomètre, la fin de son calvaire.

Un halo bleuté au lointain ?

Une aire de repos creusée dans la roche ou bien un rond point...

De temps à autre, le voyageur pense s'être égaré dans une hélice.Le tunnel n'en finit plus de grimper et tourner comme certains accès à d'étroits parkings souterrains. Parti du niveau du fjord, l'automobiliste ressort des mètres et des mètres plus haut en sens opposé. D'autres fois, le tunnel prend la forme d'une route en lacets qui gruyère la montagne. Puis le boyau s'enfonce et se perd 30 mille lieues sous le fjord...

Angoissés et claustrophobes s'inventent alors des scénarios catastrophes.

Quel sera le vôtre... ?

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Fini les tunnels pour aujourd'hui !Place à une très belle route qui, perchée à mille mètres d'altitude, traverse les hauts plateaux.

J'ai l'impression que l'ambiance doit être, ici, bien blanche en hiver, pas vous ?

La déneigeuse ?

Le moniteur de ski ?

Quelques traces de poudreuse perdurent sur les sommets,

Quelques brins d'herbe ont échappé au passage des moutons...

Une dernière ligne courbe,

Et nous arrivons à Geilo, paradis des skieurs de fond comme de piste de Bergen à Oslo.

Le petit appartement réservé pour deux nuits est indisponible. L'agent d'accueil, désolé et confus, nous recase donc dans une autre résidence.

En omettant de nous préciser que le studio s'est transformé en palace avec, une fois n'est pas coutume, ménage et draps compris...

Le meilleur rapport qualité prix dans la catégorie confort du voyage !

Bonne nuit...

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J'aurais bien été tentée par ceci,

Mais un élément indispensable à cette activité semble manquer sur les pistes en cette saison...

Nous optons donc pour une petite randonnée de quelques kilomètres vers les sommets.

Le point de départ de la marche se trouve au delà du domaine skiable sur un plateau qui domine la bourgade.

Pour s'y rendre, un seul chemin d'accès, une route privée, payante et très caractéristique de ce que fut la Norvège, un pays d'honnêtes hommes.

Un prix, une enveloppe, un carnet à souche à remplir, aucune barrière, aucune surveillance.

Je n'ose imaginer ce que cela donnerait en France...

(Mal)heureusement, le norvégien indélicat comme le touriste fraudeur ont mis le hola à cette tradition et ce sont désormais de plus en plus souvent des péages en bonne et due forme qui remplacent les guérites en self service d'hier.

Délestés de 40 noks, nous poursuivons notre route puis abandonnons la 308 sur un parking bien rempli.

Le sentier a été conçu sur le modèle népalais : dalles, pierres facilitent la montée.

Quelques pauses photos

Mais aussi souffle plus tard, nous voilà arrivés au point culminant de la balade, le cuissot (eau ?) tétanisé...

Un peu de repos, un pique nique avec vue,

Et nous retrouvons le plancher des vaches et des moutons,

Un peu flageolant de cette marche certes courte mais un peu relevée...

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Ce matin, nous quittons les neiges quasi éternelles...

Pour rejoindre la Norvège des fjords après un petit passage au paradis.

A première vue, la stavkirke d'Uvdal semble bien austère,

Mais s'il ne faut en visiter qu'une, je conseille l'intérieur de celle ci ! Peintures sur les murs, sculptures naïves au plafond,

On aurait presque envie de rester pour écouter l'office qui y aura lieu dans quelques instants ! Mais bon, il ne faut pas abuser des bonnes choses, alors nous reprenons la route vers notre prochain nid...

Repos pour la suite de la journée car demain le programme prévu comporte deux randonnées, deux promenades pour un adepte de l'ultra-trail mais deux tortures de mollets et de fessiers pour les sédentaires de mon genre...

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Une journée de masochiste, acte 1 : la cascade de Langfoss dont nous ne voyons ici qu'un petit morceau...

Cette chute d'eau est l'une des plus haute de Norvège : 612 mètres tout de même !Un sentier part du fjord pour en atteindre le sommet, randonnée parmi les sapins et la rocaille, 1800 mètres en longueur pour 625 de dénivelé soit une pente de 35 %.

Notre ambition se bornera à atteindre le point de vue situé à mi parcours...

Le chemin ressemble cette fois ci plus à une trace qu'à une belle allée domestiquée par l'homme pour quelques promeneurs du dimanche.

De la boue, de l'herbe, des branches cassées, des cailloux glissants, un sol spongieux, des pièges détrempés...

Quelques passages permettent de reprendre un peu de souffle et d'assurance,

Mais il s'agit surtout de grimper et d'éviter la glissade...

Le bruit de l'eau se fait plus puissant, nous quittons le couvert des arbres.

Nous voilà à mi-chute !

Nous dominons alors le fjord.

Eau à gauche, eau en bas, eau en haut, décor aquatique et pieds mouillés...

Une ambiance qui peut apparaître déprimante mais qui n'est pas sans exercer une certaine fascination.

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Une journée de masochiste, acte 2 : le glacier de Buarbreen.

Un peu plus de dénivelé, un peu plus de kilomètres, un peu plus de difficultés...

En revanche, impossible de se perdre.

Il suffit de suivre la trace sanguinolente,

Qui de ponts en passerelles,

Qui de cordes lisses en échelles,

Vous éloignera de la vallée pour que vous puissiez contempler sans danger

La langue du glacier !

Arghhh !

Je ne vois même plus le parking !Il va falloir redescendre tout cela ???

20

Aujourd'hui, repos et promenade en voiture le long du Hardangerfjord jusqu'à la station de ski d'été de Fonna.

Nous passons tout d'abord devant le glacier, but de la randonnée d'hier puis nous suivons les berges du fjord entre montagnes,

Et vergers.

Le microclimat sur ces pentes est très favorable aux pommes, aux prunes et aux cerises.

Tiens, une cabane en self service ! Si nous en achetions...

Pour le pique nique ?

4,4 euros les 250 grammes. Quand on aime, on ne compte pas...

Le temps des cerises semble aussi celui du soleil,

Une des trop rares journées au goût de printemps...

La route quitte maintenant la mer pour monter à l'assaut des cimes.

Quelques kilomètres d'épingles à cheveux et nous touchons au but !

Un peu trop tard pour s'essayer à la glisse,

Mais pas trop tard pour une bataille de boules de neige que je vous laisse imaginer...

Les chaussures trempées mais les yeux remplis de bleu, de blanc et de vert,

Nous reprenons le chemin du fjord.

Bonne nuit...

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Les vacances vont bientôt toucher à leur fin. Nous reprenons donc le chemin du sud et de la France.

Mais avant de regagner la mère patrie, il nous reste une ultime randonnée à accomplir, la reine des randonnées norvégiennes :

Acrophobes s'abstenir...

Nous entamerons cette balade en fin d'après midi alors que le flot des croisiéristes regagnent leurs paquebots.

Le camp de base, notre logis du soir, s'éloigne peu à peu alors que le chemin grimpe sous le couvert d'une forêt.

Absorbée par les marches de pierre, j'en oublie de prendre des photos mais pas de vérifier quand s'achèvera mon martyr...

Un peu de plat, je reprends mon souffle. Et le Lumix...

Une descente, une remontée, et c'est bientôt le saut de l'ange dans le Lysefjord.

Mais il est où le plongeoir ? Ahhhhh ! Le voici.

Une plateforme, 604 mètres de vide sur trois côtés.

A chacun sa méthode, pour redescendre entier...

Un dernier coup d'oeil,

Et rendez vous au restaurant du gîte pour le dîner !

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Retour à la case départ

Où notre dîner se prépare

Où notre dîner est prêt !

Ça tombe bien, j'ai l'estomac dans les talons !

Bon appétit...

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Adieu veaux, vaches, soleil, ciel bleu...

Le ciel est de plomb sur le Lysefjord au bout duquel un long détour nous conduit.

Une vague éclaircie, un pique nique...

Si nous goûtions le jambon acheté la veille ?

Tu ne trouves pas qu'il a un arrière goût bizarre ? Pourtant la date n'est pas dépassée !

Et si ce n'était pas du cochon ???

Un nom sur l'emballage, fenalår, une recherche sur le net...

Arghhh ! C'est une sorte de viande des grisons de mouton !

Pas mauvais à la première bouchée mais pas de double effet kiss cool, plutôt une saveur qu'on aimerait oublier...

Quelques framboises pour retrouver une haleine fraîche et nous reprenons la route d'Evje, notre dernière étape en Norvège, entre brouillard et forêt.

Rendez vous près du radiateur électrique de la hytte pour le dîner...

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Kristiansand.

Ses maisons de bois, son port de pêche, sa criée, sa petite sirène,

Son ferry .

Ultime étape de ce séjour norvégien...

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Traversée du Danemark, traversée de l'Allemagne, traversée du Luxembourg...

Retour en terre connue !

Dernier jour du voyage.40 degrés à l'ombre, soleil écrasant, pelouse jaunie.

On repart en Norvège ?