Du vert de l'Orange au rouge du Kalahari

Par
Un road trip en 4x4 avec tente sur le toit d'Augrabies au Pilanesberg en passant par le sud namibien.
Mars 2015
18 jours
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Mesdames, Messieurs, dans quelques instants, nous allons amorcer notre descente vers l'aéroport de Johannesbourg.Le temps est clair et la température avoisine les 25 degrés.

Je vous remercie de regagner votre place, de relever le dossier de votre siège, de ranger votre tablette et de boucler votre ceinture.

Le programme : 5400 kilomètres de goudron, de pistes gravillonnées, caillouteuses ou ensablées au volant de ce fier destrier qui sera à la fois véhicule et habitation.

Enfin pas toujours...

La compagnie Attila vous souhaite un très bon séjour en Afrique Australe et espère vous revoir très prochainement sur ses lignes...

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Une petite marche dans les longs couloirs de l'aéroport de Johannesbourg, une légère attente aux formalités d'entrée puis au carrousel des bagages et c'est la véritable arrivée !

Le représentant du loueur nous rejoint comme convenu dans le hall et quelques minutes plus tard, nous fonçons vers l'agence.

Le doute nous étreint bientôt...

Ne nous serions-nous pas trompés d'avion ?

Une faille spatio-temporelle nous aurait-elle conduits à Istanbul ?

L'étrange vision s'évapore tandis que le chauffeur poursuit sa route...

Encore trois feus, 2 stops et nous voilà chez Bushlore.

La paperasserie est vite expédiée et nous pouvons maintenant prendre possession du superbe engin réservé !

Enfin presque...

Ne reste plus qu'à écouter et essayer de retenir la litanie des conseils prodigués...

Comment se servir du cric hydraulique, où se trouve le cric manuel, comment déplier la partie nuit, comment régler la température du frigo, où ranger ses affaires, où dénicher le compresseur et les grilles pour le braai (primordial ça !), comment activer le système des batteries en réseau, comment réparer un pneu...

Jamais nous ne nous souviendrons de tout cela !

2 heures après, nous introduisons la clé dans le contact et débute alors réellement ce voyage...

Nous arrivons à Vryburg, la nuit tombe, il est temps de trouver un logement.

Si nous retournions au BB d'il y a deux ans ?

Aussitôt dit, aussitôt fait !

Voici maintenant enfin l'heure de déguster les produits locaux sous l'œil attentif d'animaux plus ou moins sauvages* et plus ou moins vivants...

Ça fait plus de 30 heures que nous avons quitté Clermont, j'vais m'coucher !

A demain...

(* A la réflexion, je pense qu'ils lorgnaient plus le steak qui saignait dans nos assiettes que le liquide ambré qui coulait dans nos gorges...)

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0700 du matin, le réveil sonne...C'est pas des vacances, ça !

Un bon déjeuner d'œufs, de bacon et de toasts et nous revoilà sur les routes encombrées du Northern Cape.

Un camion de minerai, un camion de bétail, un pick up...

Un hameau, une station service, un carrefour où attendent les passagers d'un hypothétique minibus...

Une voiture de police, un radar mobile, une ambulance...

Un chauffeur, un copilote qui dressent leur liste de courses en vue de l'arrivée à Upington.

Le 4x4 s'engage bientôt dans le parking de leur grande surface préférée : Pick'n'pay.

Le véhicule est hors norme et toutes les places semblent bien étriquées pour le contenir...

Stooooop ! Tu vas toucher le mur !

Sauvés pour cette fois...

A chacun maintenant son chariot et rendez vous aux caisses dans 20 minutes !

Monsieur écume le rayon liquide et braai, Madame celui des produits frais...

Une montagne d'ananas Victoria et de mangues me fait de l'œil.

Une caisse de pattes de poulets me rend perplexe...

Comment ça se mange ce truc là ?

(Si quelqu'un a une recette à me communiquer, je testerai- ou pas- la fois prochaine...)

Je retrouve alors Monsieur et son panier rempli de Windhoek, de Savanna, de Merlot, de Chenin Blanc...

Au moins, si nous devons attendre au bord d'une piste un véhicule de secours, nous ne mourrons pas de soif !

Délestés de quelques rands, nous poursuivons désormais notre chemin vers l'étape du jour, les fameuses chutes d'Augrabies !

Nous nous installons confortablement dans le bungalow réservé et déjeunons sous le regard implorant de quelques oiseaux qui n'en perdent pas une miette...

Le thermomètre indique 40.

Nous remettons donc à la relative fraîcheur du soir une tentante promenade au fil de l'eau.

Le soleil faiblit tandis que les degrés chutent...Allons maintenant admirer les eaux rugissantes du fleuve déferler sur des roches qui se dorent à la tombée du soir.

Un étrange guide propose ses services, une étrange végétation propose son ombre ténue, une étrange boule de poil surveille les visiteurs.

La passerelle suit les bords de la falaise et dévoile au fil des points de vue le grand saut de l'Orange.

Augrabies sort alors le grand jeu et, en ce 14 février, m'offre son coeur de pierre.

Petit retour vers le passé...

Les pluies ont été bien faibles cette année, les chutes ne sont donc pas très spectaculaires.

En revanche, l'année 2011 a battu certains records et voici le spectacle en grandes eaux :

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Le premier braai, le second steak, le troisième savanna.

Le premier coucher de soleil, le premier ciel étoilé, la première aurore...

Avant de reprendre la route, allons faire un petit tour dans la partie pistes du parc !

Ça monte et ça descend dans un joli paysage semi-désertique.Enfin pas si désertique que cela !

Y a même des salons d'épouillage... (Tarifs sur demande)

Nous choisissons de ne pas essayer cette prestation et regagnons la sortie du parc où nous retrouvons la marée verte de vignobles qui cerne l'Orange à perte de vue aux alentours d'Upington...

Les amateurs pourront ici s'adonner à de dionysiaques plaisirs ou bien encore se rouler dans les tapis de grains qui se dessèchent lentement sous un torride soleil africain.

Pour ma part, je vais me contenter d'un petit stop à la boutique du domaine...

Traînez pas trop au stand de dégustation !

Un long ruban de bitume nous attend jusqu'à la frontière.

Je vous laisse accomplir les formalités et vous rejoins en Namibie !

Ça y est ? Tout le monde est passé ?

Désolée, Kate (ce prénom a été choisi par tirage au sort - n'importe quel autre voyageur aurait pu être désigné ! ), pour la confiscation des cubis de Mouton Rothschild mais je t'avais prévenue que seules deux unités étaient tolérées !

Et puis, cette contrebande était-elle bien utile vu que, en Namibie comme en Afrique du Sud, le raisin est roi aux abords de l'Orange...

Nous quittons bientôt la route principale qui file vers Windhoek pour bifurquer vers la gauche et suivre les rives du fleuve.

Nous arrivons alors à notre halte du soir, Norotshama River Resort, pour notre première nuit de camping...

Les emplacements seront les plus chers de ce voyage et pas les meilleurs. Ils sont en effet assez les uns sur les autres et n'offrent aucune vue sur le fleuve.

Mais, comme il n'y a qu'un autre véhicule, l'étape sera tout de même agréable.

Je vous laisse installer tables, chaises et tentes, je vais admirer l'Orange avant de m'atteler aux fourneaux !

T Bone steak et pommes de terre, ça vous ira ? Bon appétit !

Première nuit sous la tente...Ça ne m'était pas arrivé depuis 1994 et un séjour aux Etats Unis...

Le système sur le toit est très pratique. 30 secondes suffisent pour déplier ou replier la partie nuit.

Le lit est plutôt confortable pour ceux qui aiment les matelas fermes et il y a largement la place pour deux dormeurs d'un gabarit standard.

Les draps, oreillers et sacs de couchage fournis par Bushlore sont nickels et n'attendent que notre coucher pour abriter nos rêves.

Bonne nuit...

(Un petit bémol cependant : je pense que ce genre d'installation n'est pas optimale pour les hors gabarits et surtout pour les personnes ayant des difficultés à se mouvoir. L'espace intérieur est réduit et il faut se hisser à la force des bras pour grimper dans la couchette.)

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Debout là dedans !

Faut faire le café, préparer le p'tit déj', prendre son tour à la douche puis tout remballer...

Les débuts sont un peu laborieux.

Nous n'avons pas encore bien en tête le schéma du rangement.

Rien n'a été oublié ? Alors poursuivons notre chemin.

Le goudron suit la vigne, les ouvriers commencent leur journée.

Le développement de l'activité viticole a entraîné un afflux de main d'œuvre qui se loge comme elle peut.

Soudain le bitume, la vigne et les villages disparaissent pour laisser place à un désert à peine teinté d'un vert qui s'accroche aux rives de l'Orange.

Une pause café, une pause gâteau et notre but est en vue !

Nous repassons la frontière pour visiter le parc national du Richtersveld.

J'espère que vous avez réussi à conserver le permis de circuler en Namibie acheté hier !Sinon, il faudra le repayer demain...

Le poste frontière Namibien passé, nous nous engageons sur la voie d'accès au bac qui nous permettra de franchir l'Orange.

Les employés sud africains en charge de la bête guettent le client depuis la terrasse-aire de pique nique du camp de Sendelingsdrift et accourent bientôt nous chercher.

Un nouveau coup de tampon sur le passeport, quelques frais à régler, un chalet à réserver, un plan à étudier et nous voilà sur les pistes de ce parc destiné aux véhicules tout-terrain.

Un col, une plaine, un bouquet de fleurs.

Un autre col, un véhicule à la peine et c'est l'arrivée !

Rendez-vous au bungalow numéro 1 pour un repos bien mérité !

Rencontres vespérales au bord d'un fleuve...

Bonne nuit !

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Vous vous êtes endormis bercés par le bêlement des biquettes, je vous réveille par l'arôme d'un café fraîchement passé.

Petit déjeuner avec vue.

Les voyageurs repus abandonnent à regret Tatasberg et décident de visiter la partie sud du parc toute aussi sinueuse et aride que les paysages traversés la veille.

Quelques buissons s'accrochent cependant à la rocaille pour le plus grand plaisir de furtives antilopes qui resteront bien cachées.

Je vous laisse trouver la sortie...

Et vous attends, gilet de sauvetage bien noué, pour une nouvelle croisière fluviale entre Afrique du Sud et Namibie.

Notre prochaine étape est alors bientôt en vue, ce soir nous campons à Aus.

Je vous présente notre chambre avec réveil matin intégré...

Les uns bouquinent, les autres barbotent dans la piscine.C'est après midi repos !

Le soleil a fini sa course quotidienne et s'enfuit à l'horizon.Le braai crépite, le steak est prisonnier de sa grille.

Il fait 17 degrés et j'ai froid...

Je ressors polaire et jean, je déguste un verre de vin.

Je dévore mon repas, les calories me réchauffent.

Je m'endors enfouie sous les couettes...

A demain !

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Ce matin, nous partons à la recherche des chevaux du désert.

Ouvrez bien l'œil !

Rien par ici, rien par là...

Le 4x4 file sur le bitume, les voyageurs somnolent dans l'habitacle.

Le chauffeur, resté attentif par la force des choses, freine soudain.

Dis, c'est pas ça tes chevaux du désert ?

Quelques equus caballus plus tard, le paysage change et la route se retrouve cernée par le sable. Nous approchons de l'océan !

Je ne sais pas si vous avez remarqué l'impair commis par l'employé en charge de la signalisation.

Ici, les distances se déclinent par dizaine et, toutes les 5 minutes, un panneau avertit les automobilistes du kilométrage restant à effectuer jusqu'au prochain village : 100, 90, 80...

Je vous laisse calculer la vitesse maximale autorisée et m'en vais dénicher une confortable guesthouse pour cette nuit !

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Chambre avec vue...

La Namibie n'est pas bon marché mais les guesthouses de Lüderitz sont les exceptions qui confirment la règle (moins de 50 euros petit déjeuner inclus).

Je vous laisse choisir le véhicule de vos rêves pour partir à la découverte de cette ville...

Personnellement, et après tous ces kilomètres en voiture, j'vais marcher !

Lüderitz est une petite ville aux allures germaniques plantée au bord de l'atlantique.

Ses spécialités sont la pêche et le diamant.

Ne vous éloignez pas trop car le secteur est interdit !

Ça serait ballot de finir en prison au lieu de déguster des langoustes...

Reprenons maintenant le 4x4 pour aller à la plage !

Je vous préviens que pour faire trempette, c'est un peu râpé...

Les courants froids qui remontent la côte atlantique sont en effet favorables aux poissons mais guère aux baigneurs.

Quoiqu'avec un manteau de fourrure...

L'air marin m'a ouvert l'appétit !

Je vous propose donc de me rejoindre pour partager quelques douceurs chocolatées...

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Je vous ai longuement attendus devant le plat de langoustes.

Ne voyant personne venir, j'ai tout mangé !

(Comment ça, je devais passer vous prendre à l'hôtel ? )

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Après avoir essayé de remplir le frigo dans les magasins peu achalandés de Lüderitz, nous partons à la découverte de Kolmanskop, un paradis pour les femmes selon Marilyn, un enfer pour les ophiophobes selon les avertissements placardés aux murs...

Ce petit coin perdu de Namibie connut son heure de gloire durant la première moitié du vingtième siècle quand il suffisait presque de s'y baisser pour ramasser des diamants.

Aujourd'hui, la source s'est tarie et seuls quelques vestiges témoignent de la richesse passée de ce village.

Si quelqu'un ici cherche une maison à acheter, je peux lui proposer une des ces superbes villas années 30 :

Transport en commun à proximité. Salle de bain à ciel ouvert. Décoration intérieure raffinée !

Pas de vis à vis. Bac à sable pour les enfants. Quelques menus travaux à prévoir...

Ces belles maisons appartenaient aux huiles de la communauté tandis que les mineurs étaient parqués dans des dortoirs en contrebas.

Les pierres précieuses attisaient la convoitise de certains voleurs qui imaginaient les procédés les plus ingénieux pour faire sortir les diamants hors de la zone contrôlée :

Ingestion, insertion sous la peau, cache dans les vêtements, semelle à double fond, tir à l'arbalète creuse, pigeon voyageur...

Pour contrer ces détournements, le village s'est rapidement doté d'un centre de radiologie et les laxatifs étaient couramment prodigués...

Nous quittons la ville abandonnée en fin de matinée pour notre prochaine étape.

Du bitume, un mirage, une piste, un autre mirage...

Et voici l'arrivée !

Rendez vous à l'emplacement numéro 2 pour une nuit de rêves.

Ce soir, c'est braai.

J'allume le feu, pose le steak, dispose les couverts.

A taaaaaaaaaaable !

(J'avoue que c'est vachement plus facile de réussir les braises avec les tablettes pour pyromanes vendues en supermarché...)

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Petite promenade matinale à la rencontre de la flore locale.

En chemin, nous croiserons quelques frileux, quelques m'as tu vu et quelques ramasse-miettes !

La suite de la visite du ranch se déroule en 4x4 en direction de la sortie...

Nous quittons la ferme sous bonne escorte.

Le soleil, déjà haut dans le ciel, transforme la terre en fournaise.

J'ai chaud là...

Si j'augmentais la clim' ?

Pffffffff...

Je ne sens rien.

Pas le moindre souffle frais ne s'échappe des conduits de ventilation.

C'est la panne...

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42 sous l'ombre des acacias...

Je vous abandonne, je vais me rafraîchir dans l'eau étonnamment fraîche de la piscine du camping de Sesriem .

C'était bien agréable ces brasses dans la piscine !

Je vous propose maintenant une autre activité sportive : l'ascension de la dune Elim dans la douceur relative d'un coucher du soleil.

Si quelqu'un veut profiter des commodités avant de se lancer à l'assaut de la montagne de sable, c'est par ici...

Quant à moi, je vous attends là-haut !

La progression est lente.Les chaussures se remplissent de sable et lestent les chevilles.Les cuisses, peu habituées à un tel effort, se crispent et les muscles demandent grâce...

Petite pause pour admirer le paysage !

Je me déchausse.Le sable frais me masse la plante des pieds.Je retrouve un nouveau souffle.

Pas pour longtemps...

Nouvelle pause !

Un dernier effort et nous voici (quasi...) au sommet !

Le soleil s'éteint dans les nuages, nous regagnons nos foyers.

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05 35, le réveil interrompt le profond sommeil des dormeurs.

Des miettes de sommeil plein les yeux, je me dirige vers le bloc sanitaire pour une toilette de chat.

L'esprit toujours embrumé, je fais couler le café dans le thermos tandis que mon conjoint range table et chaises.

Tous les campeurs sont maintenant sur les starting-blocks, l'entrée du parc va ouvrir !

Le Hilux arrive trop tard pour la pole position et se contente du rôle de voiture-balai...

Nous profitons des 60 kilomètres de goudron qui nous séparent du cœur des dunes pour avaler le petit déjeuner des safaristes en morning drive : des rusks accompagnés d'une boisson chaude.

Imaginez des biscuits de marin bien secs agrémentés de dattes et autres douceurs.

Ça s'émiette, ça se mastique et ça gonfle au contact de la boisson avalée pour faire passer le magma collant au palais...

Mais, étonnamment, le goût est délicieux.

06 40, nous dépassons la dune 45. Plus que 15 kilomètres avant la piste sablonneuse menant à Sossuvlei.

06 55, nous enclenchons la position 4x4 et nous engageons nos roues dans le sable.

07 00, prends à droite !

07 01, le Toyota est ensablé...

J'aurais du savoir que virer à droite ne pouvait être une bonne solution...

Nous sortons du véhicule pour évaluer les dégâts et avertissons le véhicule qui s'approche d'opter pour la gauche.

Le conducteur pense que nous lui montrons un oryx et fait le mauvais choix.

Et de deux...

Quelques coups de pelles, une vigoureuse marche arrière, le 4x4 bouge enfin.

Puis se replante...

La navette d'un lodge s'arrête. Les passagers nous observent légèrement goguenards tandis que leur guide évalue la situation.

Vous avez dégonflé les pneus ?

Oups... Nous n'étions vraiment pas bien réveillés ce matin...

L'air s'échappe des 4 roues, les pneus épousent la surface du sol.

Le guide s'empare du volant et dégage les deux 4x4 de leur gangue de sable.

Merci !

Nous reprenons alors la piste que nous survolerons désormais ...

Nous garons bientôt le 4x4 sous la rare ombre d'un arbre puis arpentons les dunes entre ocre et rouge.

Le désert fourmille de traces de vie : des empreintes, des silhouettes, des ombres, des experts en conduite sur sable au repos...

Apparaît alors le lac asséché de Dead Vlei et ses fameux arbres dont les branches tordues semblent implorer la clémence d'un hypothétique dieu de la pluie.

Le plus du 4x4 équipé, c'est qu'on peut faire sa popote n'importe où...

Nous repérons donc un arbre touffu avec vue imprenable sur dune et nous installons table et chaises pour prendre le petit déjeuner.

La bonbonne de gaz, le brûleur, la bouilloire, le porte filtre, le café...

Les assiettes, les tasses, le muesli, les fruits secs de bobo, le yaourt nature...

Venez vite avant que les oiseaux ne pillent notre mixture !

Le ventre plein, nous reprenons la piste, en professionnels cette fois-ci...

Nous abandonnons maintenant les dunes du Namib pour celles du Kalahari.

Et c'est parti...

Pour quelques centaines de kilomètres de pistes et de routes encombrées pour rejoindre Bagatelle.

Sans clim' bien sûr puisque le samedi après midi, tous les garages Toyota sont fermés...

Je vous laisse vous rafraîchir et vous attends au restaurant du lodge pour le dîner.

Le cadre de l'emplacement de camping aurait été parfait pour un braai mais, comme les garages, les magasins d'alimentation étaient fermés.

Par ailleurs, notre prochaine étape est le parc du Kgalagadi pour 5 nuits.

Or, dans mes souvenirs, les boutiques y ressemblent plus à un stand alimentaire moscovite sous Brejnev qu'à un buffet de all inclusive à Punta Cana. Nous préférons donc ne pas puiser dans le faible stock de provisions restant...

Cela dit, nous ne faisons pas une mauvaise affaire avec ce dîner !

J'vais prendre les champignons, le steak d'oryx et la glace noyée dans l'Amarula. Et vous ?

C'est le milieu de la nuit.

Un petit vent frais s'engouffre dans la moustiquaire posée sur les ouvertures de la toile de tente et me réveille.

Je sens les odeurs qu'il charrie.

Je regarde à travers la mousseline et observe le ciel étoilé.

Je me rendors...

A demain matin.

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Ce matin, je vous propose d'aller à la rencontre des 3 guépards recueillis par ce ranch. J'ai décliné le feeding tour qui ne m'inspirait pas vraiment pour un court morning drive dans l'enclos réservé à ces magnifiques félins.

Bien m'en a pris, nous serons les seuls participants !

Et heureusement pas dans cet engin, version jet set du fameux Two Donkeys, le moyen de transport non automobile le plus fréquemment croisé sur les routes de Namibie et du Botswana...

Le chauffeur ouvre la double porte de l'enclos et engage son 4x4 sur la piste.Personne au point d'eau, personne dans les herbes folles.

En attendant les stars, nous profitons des explications détaillées du guide sur leur mode de vie.

Une silhouette se détache alors sur fond de sable rouge et le plus racé des félins prend la pose...

Puis nous observe de son pénétrant regard orangé.

Glups, serait-il en train de choisir son déjeuner ?

Nous quittons l'enclos ravis d'avoir pu observer ce bel animal de si près mais quelque peu dubitatifs quant à cette expérience.

Ces félins adoptés parce qu'orphelins n'auraient aucune chance en dehors de la propriété mais leur exhibition systématique laisse un goût amer dans la bouche.

J'espère que nous aurons bientôt la chance de voir leurs cousins en liberté au Kgalagadi.

Puisque nous parlons du Kgalagadi, en route pour notre prochaine étape.

Je vous attends à la boutique du camp pour essayer de regarnir notre frigo...

Nous allons échapper au régime tagliatelle pour les 5 prochains jours, la boutique de Mata Mata est miraculeusement correctement garnie !

De la viande plein les congélateurs, des pommes de terre, des tomates fraîches, du raisin, des œufs, des fruits secs...

Bon, il y a aussi du Savanna et de la Windoek, mais ça je n'en doutais pas.

Pas de gaz pour l'air conditionné en revanche...

Pas même à Twee Rivieren.

Il faudrait se rendre à Upington pour réparer, soit un petit détour de 500 kilomètres.

Nous continuerons donc à rouler cheveux au vent...

Rassurés quant à nos prochains menus, nous prenons possession de notre bungalow dans le camp satellite de Mata Mata : le Kalahari Tented Camp.

Petite visite pour celles et ceux qui ne connaîtraient pas encore les lieux :

Le coin rêves, le coin pyromanes, le coin bikinis...

Pendant que vous vous adonnez à votre activité préférée, je vais étudier le plan du parc en vue d'une sortie safari aux dernières lueurs du jour.

La température commence à tomber, c'est l'heure du safari !

Comme d'habitude, les premiers à se montrer seront les graciles springboks.

Un instant plus tard, la girafe entre en scène, suivie d'un oryx aux aguets.

J'avance, je recule, je me penche, je me redresse... J'y vais ou j'y vais pas ?

Nous apercevons alors l'objet de sa crainte, dissimulé dans l'ombre d'un buisson.

Nous nous rapprochons du bavant félidé tandis qu'une odeur fétide nous assaille.

Le lion a fait le même choix que nous hier pour son dîner.

Sauf, qu'au lieu de se contenter d'un modeste steak, il a englouti la bête en entier.

Cela semble lui peser sur l'estomac d'ailleurs...

La salive coule, l'animal halète.

Le chacal en profite pour piller quelques restes mais n'arrivera pas à soutirer au roi des lieux son trophée.

(Je ne savais pas les lions adeptes de la taxidermie...)

Nous abandonnons cet odorant spectacle pour regagner le camp.

C'est bientôt l'heure du couvre feu !

Dommage pour cette belle vision que nous n'aurons guère le temps d'apprécier au point d'eau suivant...

C'est pratique d'être un cat-tuor pour surveiller l'éventuelle arrivée d'empêcheurs de boire en rond !

H-10 minutes, je crois qu'il est temps de foncer en direction de nos foyers !

Ce point d'eau aromatisée est plus serein !

Je vous laisse choisir votre place au coin du feu et vous souhaite une très agréable soirée.

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Il est 06 00. Le Kalahari Tented Camp se vide de ses hôtes partis explorer les pistes à la fraîcheur du petit jour.

Il est 06 10. Le lion baille, gronde et se rendort.

Il est 06 45. Le gnou cherche un point d'eau pas trop malfamé.

Il est 07 20. Les girafes ont soif mais c'est l'heure du bain de la hyène.

Il est 07 21. Nous sommes repérés...

Il est 07 40. La beauté tachetée se décide à céder sa place dans la salle d'eau.

Il est 08 30. Nous regagnons notre logis pour nous recoucher !

Un copieux petit déjeuner, un peu de repos... Un déjeuner léger, un peu de lecture...

Une, deux, trois douches froides.

Il fait 40 sous la toile de tente !

Quelques animaux viennent boire au point d'eau du camp mais, comme nous, la chaleur les accable.

Alors, ils préfèrent se réfugier sous un parasol d'acacias et ne plus en bouger.

L'après midi touche maintenant à sa fin.

Nous repartons en safari.

La hyène semble avoir quitté les lieux...

Le lion fait toujours la sieste...

La girafe gagne le bar le plus proche de son élégante foulée...

La pendule du 4x4 indique que l'heure fatidique approche. Et, comme la veille, c'est à cet instant que les grands fauves se décident enfin à bouger !

Quoique...

Nous allons encore nous faire mal voir des autorités.

Rentrons vite !

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En route pour notre prochaine étape : Kieliekrankie !

La hyène ne vient pas nous saluer, les lions se sont évaporés.

Un chacal s'approche du point d'eau déserté et étanche goulument sa soif.

Un gêneur survient, il faut apprendre à partager...

Nous les laissons lier amitié et poursuivons notre chemin.

La fraîcheur de l'aube n'est plus qu'un lointain souvenir et seuls les emblèmes sportifs, les fournisseurs de parures pour danseuses parisiennes et les futurs steaks osent affronter l'écrasante chaleur de cette matinée.Il faut bien se nourrir...

En parlant de manger, ne serait-ce pas l'heure du petit déjeuner ?

Le ventre plein (et la vessie soulagée...), nous franchissons les derniers kilomètres qui nous séparent de Two Rivers, le poste frontière botswanais.

Il y a deux jours, nous quittions la Namibie sans toutefois entrer administrativement dans un autre pays.Il est temps de réparer cette anomalie !

L'homme en charge est parti déjeuner, il faudra patienter...

Deux formulaires remplis, les entrées du parc côté Botswana payées pour une journée, l'autorisation de sortie via Kaa validée, les passeports tamponnés...

En 30 minutes, nous voilà au Botswana.

Enfin, sur le papier...

C'est un peu étrange d'être physiquement dans un pays et consulairement dans un autre.

Je vous souhaite maintenant la bienvenue à Kieliekrankie, en Afrique du Sud.

Quelques photos de mon camp préféré :

Le coin repos, la vue depuis ce coin, le point d'animation à l'heure de l'apéro, le bar des animaux et l'animation musicale...

Bonne installation !

Avant d'allumer le braai, je vous propose de faire un court safari.

Pas d'animaux à droite, pas d'animaux à gauche !

Nous pouvons sortir du bungalow pour grimper prestement dans notre 4x4.

La piste traverse le cordon de dunes qui nous sépare du lit asséché de la rivière Aob.

Tiens, une silhouette familière !

Attendons un peu, il va peut-être se lever ! Hum...Ça me semble mal engagé.

Très mal !

Nous abandonnons alors le roi des paresseux pour faire un petit tour dans la vallée.

Pas un animal à l'horizon...

Allons donc visiter l'ancienne ferme transformée en musée qui surplombe les lieux.

(Pour ceux qui seraient intéressé par l'historique de ce parc, voici un petit lien.)

Le tour achevé, nous décidons de retourner voir le lion.

Le soir tombe, il devrait s'activer !

Arrivés sur place, nous constatons qu'effectivement, le glorieux félin a bougé.

D'un demi-tour...

Quel triste spectacle ! Rentrons plutôt préparer le braai...

Où nous attend encore le roi fainéant...

Bonne soirée !

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Le soleil est déjà un peu haut dans le ciel lorsque nous quittons Kieliekrankie.

Une tourterelle puis une antilope naine observent le passage du véloce 4x4 tandis que ça se chamaille au point d'eau.

Le sable remplace alors le gravier sur la piste. Nous nous rapprochons de Nossob. Elle est très agréable d'ailleurs cette piste. Un vrai velours ! Les autres fois, elle était toute cabossée, le passage des véhicules formant ornières et ondulations.

Le mystère est vite résolu...

C'est la maintenance mensuelle de la voirie !

Je vous laisse maintenant ouvrir la grille d'accès au camp et vous rejoins au camping pour choisir un emplacement.

Nous avons beau être en basse saison, le camp est plein comme un œuf.

Les emplacements les plus ombragés sont occupés par sud africains et namibiens venus en famille ou entre amis passer quelques jours au Kalahari.

Notre 4x4 équipé fait piètre figure par rapport à ces professionnels de la vie en plein air dans un confort certain.

Nous nous glissons entre deux tentes sur le dernier carré de sable doté d'un arbre.

Les prochains devront se contenter d'une vague structure en toile qui retient plus la chaleur qu'elle n'en protège...

Nous sortons table et chaises pour marquer notre territoire et déjeunons.

Puis me prend l'idée de tester la piscine. Comme les jours précédents, il fait plus de quarante degrés...

Grave erreur !

Les animaux fréquentent les points d'eau au lever et au coucher du soleil, les êtres humains à l'heure de la sieste...

J'arrive à me faire une petite place dans l'eau fraîche mais pas question de nager. Le lieu ne semble d'ailleurs pas fait pour cela si j'en crois les boissons consommées...

Le ciel s'obscurcit alors.

Une goutte tombe...

Un éclair balaye l'horizon.

La pluie s'abat sur le camping...

Réfugions nous vite dans les voitures !

Nous décidons bientôt d'aller faire un tour plutôt que de rester regarder la pluie inonder le camping.

La climatisation ne fonctionne toujours pas mais les essuie glaces, si...

Au fur et à mesure que nous nous éloignons de Nossob, l'intensité de l'orage faiblit. Voilà même qu'il s'arrête de pleuvoir !

Le moral remonte en flèche dans le véhicule et les voyageurs parviennent à temps au point d'eau pour contempler un puis deux arrière-trains de lions disparaître au lointain.

Le ciel affiche maintenant de superbes couleurs avant de s'enflammer sur le chemin de notre retour au camp.

A bientôt pour le braai !

Le bois n'a pas souffert de la pluie et s'enflamme en un clin d'œil.

J'épluche les oignons, découpe les tomates, prépare la vinaigrette quand j'entends un grand bruit venu de l'emplacement voisin.

Un chacal essaie vainement de chaparder quelques provisions.

Mon conjoint débouche la bouteille, remplit les verres quand il aperçoit une ombre se glisser vers lui.

Le chacal retente sa chance...

Les brochettes dorent sur le braai, nous sirotons notre vin.

Une silhouette apparaît sous le véhicule...

Le chacal repart bredouille !

Nous dégustons alors notre repas en observant, amusés, les multiples tentatives du petit animal entêté...

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Il fait nuit noire. Des grognements sourds me réveillent...

Le chacal serait-il de retour ?

Un lion aurait-il réussi à s'introduire dans le camp ?

Les sens en alerte, j'essaie de déterminer la source de ce bruit.

Et me rendors bercée par les ronflements provenant de la tente voisine...

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05 30...Pas un signe d'aurore mais déjà tous les campeurs sont levés ! Nous aussi par la force des choses...

30 minutes plus tard, le 4x4 emprunte la piste qui mène aux confins du parcs.

Le jour pointe à peine lorsque nous parvenons au premier trou d'eau.

L'avenir appartient, paraît-il, à ceux qui se lèvent tôt.

Je vous présente donc l'avenir...

Un peu échevelé, non ?

L'avenir disparaît dans les dunes.Nous décidons cependant de rester au point d'eau pour un pré petit déjeuner en chantante compagnie.

Tiens ! Revoilà le vilain chapardeur ! Pourquoi s'approche-t-il de la mare en catimini ?

Il prend alors son élan et fonce, gueule ouverte, vers les proies convoitées.

Raté pour ce passage. Mais pas pour les suivants ! En trois bouchées, la tourterelle est dévorée. Paix à ses plumes...

Comme le chacal, nous avons terminé notre petit casse croûte.Reprenons donc le volant.

Un aigle profite des pluies de la veille, un oryx cherche vainement un brin d'herbe, un gnou évalue le danger de se faire attaquer par un Hilux, des termites s'essaient à l'architecture...

C'est maintenant l'arrivée !Je vous laisse vous installer et n'hésitez à utiliser le signal d'alarme si vous rencontrez un lion dans la salle de bain !

Voici notre logis du soir.

Seul le petit muret beige faisait autrefois office de protection.Une barrière encerclant le braai a dernièrement été ajoutée.

Nous nous installons confortablement près de cette barrière et observons l'activité aux très proches points d'eau.

Point d'eau des grands, point d'eau des petits.

Un immense troupeau de gnous apparaît alors dans la plaine.

Dans un nuage de poussière, il se dirige vers nous.

C'est la cohue autour de la mare !

Mais tous réussissent finalement à mouiller leur naseau.

Nous ne percevons bientôt plus que quelques têtes et quelques épis.

Les gnous s'en vont comme ils sont venus.Le soleil disparaît derrière une dune. Nous disparaissons dans notre lit.


Bonne nuit...

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Aujourd'hui, les choses sérieuses commencent !Nous allons emprunter quelques pistes 4x4 : du lit de la rivière Nossob jusqu'à Kaa Gate puis de Kaa Gate au village de Kang sur la route principale qui traverse le Kalahari botswanais.

Mais avant, il faut réussir à démarrer...

Je finis de ranger les dernières affaires dans le véhicule quand j'entends le bruit d'une alarme. J'ouvre le vide poche et découvre que le système qui dirige la batterie en réseau clignote et émet de vigoureux appels d'urgence.

J'appuie sur tous les boutons. Le silence revient.

Le niveau de charge indiqué est au plus bas et la deuxième batterie ne vient pas prendre le relai.

Nous essayons de démarrer.

Pas même un petit rrrr...

Une deuxième tentative, un nouvel essai de boitier.

Rien n'y fait !

Le voisin vient aux nouvelles et propose son aide.

Le fil rouge sur la borne rouge, l'incolore sur la borne noire...

Le voisin démarre son véhicule et ranime le Hilux !

Je débranche le frigo et nous entamons notre périple la batterie à plat...

Il ne va pas falloir se planter car il n'est pas sûr que nous croisions un autre véhicule d'ici la sortie du parc.

Ni même demain ou après demain d'ailleurs...

Nous décidons donc de rouler en direction de Nossob pour recharger la batterie avant de nous engager sur des chemins plus aventureux.

40 kilomètres dans un sens, 40 kilomètres dans l'autre, 90 minutes de perdues...

Ça doit être bon là ?

Allez, on y va maintenant !

Le Hilux s'engage sur les 81 kilomètres de sable.

La première impression est bonne : c'est plat et dur !

Le chauffeur et le copilote sont détendus. Ça sifflote presque dans le 4x4...

Malheureusement, l'état de la piste se dégrade tandis que nous nous enfonçons dans le cœur du Kalahari.

Ça ne sifflote plus dans l'habitacle...

Les yeux sont rivés sur la piste.

C'est à peine si nous prêtons attention au paysage et aux animaux.

Il faut dire que chat échaudé craint...

10 kilomètres, 20 kilomètres se passent.

Le chauffeur et le copilote se regardent.

L'est pas si terrible cette piste finalement, non ?

Les regards se tournent alors vers la gauche et la droite.La traque animalière reprend !

Il n'y a pas ici de points d'eau au bord de la piste.Par ailleurs, arbres et herbes folles gênent la vision.Les rencontres se font donc rares et fugaces...

Un arrêt vessie clandestin et un café plus tard, nous touchons enfin au but, Kaa gate nous voilà !

Nous signons le registre de sortie et constatons que nul n'est passé par ici depuis 4 jours...

Nous sommes loin de la fréquentation côté sud africain !

Le copilote reprend sa place et sa carte, le chauffeur enclenche la première et s'apprête à tourner sur la belle piste gravillonnée...

Euhhhh...

C'est pas par là...

Mais plutôt par ici.

Le chemin est très chaotique, la moyenne tombe à 20.Le chauffeur peste, cela fait 5 heures qu'il conduit...

Se présente alors un croisement.

La piste la plus longue semble la plus carrossable.Nous la choisissons.

Et nous voilà partis pour deux heures de patinage sur un sable profond qui s'est désagrégé au soleil.

Le copilote suit maintenant la progression du convoi sur son smartphone.Nous allons bientôt atteindre une route gravillonnée !

C'est le soulagement.

Nous traversons peu après le petit village de Zutswa où nous croisons notre premier véhicule de la journée...

Le goudron est proche désormais. L'hôtel et l'apéro bien mérité du soir également !

Enchainer Grootkolk-Kaa puis Kaa-Kang n'était pas une bonne idée.

Nous avons regretté de ne pas avoir dormi à Kaa ce qui nous aurait permis de mieux profiter des paysages.

Cela aurait été aussi bien préférable pour le conducteur qui a dû rouler attentivement sur 160 kilomètres de sable, 140 de semi-gravel et une centaine de goudron...

Par ailleurs, la piste en dehors du parc est nettement moins bonne que celle dans le parc.

Aller de Kaa à Nossob ne présente pas de difficultés hormis l'isolement. (La sortie de Gharagab est nettement plus coriace...)

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Voici le programme de cette nouvelle journée :

Du goudron, des ânes (pas de polémiques) et des troupeaux...

Quelques heures plus tard, un panneau nous avertit que nous allons bientôt quitter le Botswana.

La frontière passée, nous retrouvons une certaine animation et ces fameux villages sud africains qui s'étirent à la queue leu leu sur des dizaines de kilomètres le long des nationales.

Un plein de courses à Zeerust, d'autres villages...

C'est samedi, la fête bat son plein.

Des tentes sont montées dans les jardins, de la musique s'échappe des enceintes, de la bière coule à flots.

Les femmes, revêtues de leurs plus beaux atours, esquissent quelques pas de danse.

Une mine, deux mines...

La climatisation ne nous manque plus.

Le ciel est plombé, un petit vent agite les arbres.

La température est largement retombée sous les trente.

Une autre mine, des affiches qui nous vantent les merveilles de Sun City.

Nous atteignons le Pilanesberg !

Ce parc, où les animaux ne vivaient plus naturellement, est un domaine privé à deux heures de Johannesbourg.

Les logements n'y sont pas bon marché et il n'y a rien d'abordable à l'intérieur de la réserve.

Même les camps situés à ses portes affichent des tarifs sans commune mesure avec la prestation rendue...

Nous choisissons de camper au Manyane resort.

Je vous laisse payer l'emplacement et vous attends sur le terrain de camping !

Voici le coup de gueule du voyage...

Une fois la barrière de Manyane franchie, nous sommes propulsés dans un mauvais camping de lacôte d'azur début août.

L'espace est rentabilisé au maximum et les voisins sont à quelques pas.

De plus, comme nous sommes le week-end, c'est quasi complet...

Les sanitaires sont sales et leur nombre est plus que réduit : une douche et deux toilettes (dont une bouchée...) du côté des dames pour plus de vingt emplacements.

Les braais sont déglingués et les cendres des occupants précédents fument encore.

Dépités, nous faisons contre mauvaise fortune bon cœur et nous nous consolons en dégustant une bonne bouteille autour du feu..

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Notre emplacement est situé sur le chemin du point d'eau...

De drôles de bêtes sans poils passent et repassent à quelques centimètres de nos chaises puis à quelques décimètres de notre lit.

Il y a pourtant un chemin un peu plus loin...

22 heures.

Le camping se couche, il n'y a miraculeusement plus un bruit.

Minuit.

Un train passe, chargé de tout le minerai arraché à la plaine qui s'étend à quelques petits kilomètres de Manyane.

Ça siffle, ça grince, ça hoquète...

3 heures.

Un fêtard décide d'écouter quelques chansons avant de s'endormir...

6 heures.

Le camping se réveille.

Les bêtes retournent au point d'eau...

Vous avez bien dormi ?

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Le jour est depuis longtemps levé quand nous nous présentons à l'accueil du parc.Pour une fois, il n'y a pas triple tarification et nous payons le même prix que les sud africains. Une aubaine pour nous, une réserve pas à la portée de toutes les bourses pour eux...

Le paysage est complètement différent de celui du Kalahari.

Fini le désert, place aux volcans éteints !

Fini les plaines et dunes, place aux retenues d'eau entourées de montagnes.

Le vert des arbres se mêle au jaune des hautes herbes, les animaux sont difficiles à discerner.

Les rayures du zèbre le camouflent dans la savane.

La girafe joue à cache-cache dans les acacias.

Des nids se balancent comme des fruits aux branches des arbres. Chaque pelote de paille abrite un oisillon attendant la becquée.

Le rhinocéros ne respecte pas les priorités et l'éléphant laisse un odorant sillage là où il ne devrait pas se trouver.

La mince barrière a été saccagée et au visiteur de faire attention à ne pas faire de mauvaises rencontres en allant déjeuner.

Le déjeuner dégusté, nous décidons d'aller observer les animaux à l'abri d'une cache au bord de l'eau.

Les uns sirotent un café, les autres croquent un carré de chocolat.

L'attente se fait longue...

Que faire pour s'occuper ?

Notre patience est alors récompensée et surgissent quelques pachydermes assoiffés. L'éléphanteau de la troupe fait une apparition mais ses aînés se regroupent vite pour le protéger.

Le bain s'achève, nous retournons à Manyane pour découvrir avec stupeur que le camping est maintenant désert et nettoyé.

Nous convenons donc de laisser une autre chance à ce lieu et choisissons un emplacement pour la nuit.

Loin du point d'eau cette fois-ci !

Le jour tombe, la température aussi.

Je sors la polaire et me rapproche du feu.

La dernière pièce de bœuf grésille, les odeurs de viande grillée se répandent.Je découpe les ananas en morceaux, leur parfum m'enivre.

Plop...

Le vin coule dans les verres et son arôme excite mes papilles.

J'ai faim !

Pas vous ?

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C'est le dernier jour du voyage. Nous remballons toutes nos affaires avec soin avant de faire un ultime safari.

Il y a un animal qui s'approche ! s'écrie le traqueur-copilote.

Nous patientons...

..un peu...beaucoup...

Avant de pouvoir contempler le superbe postérieur de ce peu coopératif animal !

C'est vrai, quoi ! Nous faisons 10 000 kilomètres pour admirer la faune africaine et que font les animaux ?

Ils bavent parce qu'ils se sont empiffrés d'oryx, ils vomissent parce qu'ils prennent un bain en pleine digestion, ils sèment leurs crottes nauséabondes sur les aires de pique nique et ils nous tournent le dos !

Puisque c'est ça, j'm'en vais !

Au revoir...

Post-scriptum

En passant sous douane, j'ai découvert le meilleur endroit pour faire un safari !

Les rayons bien achalandés d'une boutique d'aéroport...

Safaris à consommer avec modération bien sûr !