Par Attila
Les grands classiques de l'Afrique du Sud entre Kruger et Drakensberg.
Mars 2018
18 jours
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Pour cet énième circuit sud africain, j'ai décidé de reprendre quasi la trame de mon premier séjour dans ce pays, 2006, 12 ans déjà...

Je vous propose donc de (re)découvrir Blyde River Canyon, le parc Kruger du centre au sud, le Swaziland à travers deux de ses parcs nationaux ( Hlane et Mkhaya), le KwaZulu Natal (Mkuze, iSimangaliso, Imfolozi, Ithala) puis le nord du Drakensberg (Cathedral peak et Royal Natal).

Nous voyagerons en Ford Ecosport, un veau automatique pas vraiment adapté à toutes les pistes empruntées en cette saison plutôt humide et dormirons en B&B, hôtels et cottages des parcs.

Le contenu de nos assiettes sera sponsorisé par Pick n Pay, Spar, les boutiques des parcs, Spur et quelques restaurants.

Celui de nos verres par le café, l'eau minérale, Savanna dry, Hunters dry et le vignoble local bien sûr...

Prêt(e)s pour 3500 kilomètres à travers la savane, les montagnes et les sables léchés par l'océan Indien ?

C'est parti !

2

C'est parti au milieu des grèves Air France et Sncf...

Mais nous passerons entre les gouttes et l'avion à hélices comme l'A380 seront au rendez vous.

Une nuit de films, de siestes et de collations plus tard, l'airbus se pose sur le tarmac d'Oliver Tambo et déverse son demi-millier de passagers.

Un coup de tampon sur le passeport, un peu d'attente aux bagages, beaucoup de monde chez Avis Budget.

Il fait un peu frais, le soleil est voilé, l'automne débute.

Nous prenons maintenant possession du véhicule réservé, une Ford Ecosport grise louée pour 3800 kilomètres et 19 jours.

C'est le SUV le plus économique de la gamme (moins de 30 euros par jour) et ce n'est pas un hasard...

Ses points forts sont le vaste coffre et la garde au sol. Ses points faibles, son moteur de 2 CV, sa boîte automatique et sa consommation (éco est pour le moins mensonger...).

Un cauchemar sur une piste en pente un peu boueuse, un veau sur certaines routes montagneuses.

Bref, ça peut aller pour un safari mais j'éviterai en Auvergne.


Mon compagnon décide de faire les premiers kilomètres et nous voilà engagés dans le flux.

C'est bizarre...

Dès qu'il freine, me voilà projetée contre le pare brise !

Je rappelle aux conducteurs n'ayant jamais conduit d'automatiques que leur pied gauche ne leur sert à rien...

Accélération et freinage se font comme avec une manuelle: du pied droit !

Ahhh...

Ça va beaucoup mieux !


Je cherche un distributeur sur ma carte, pas de FNB trouvé dans l'aéroport, et décide de prendre les petites routes.

C'est étrange, le triangle qui symbolise le véhicule semble statique ou fou.

Il saute de points en points sur la carte, revient en arrière, s' arrête de longs instants.

Je suis perdue...

Je décide d'oublier cette indication et me sert du navigateur gps comme d'une bonne vieille carte.

Ce que je ferai tous les jours vu que la geolocalisation par satellite s' avérera en rade sur mon smartphone...

Le portefeuille bientôt rempli, nous regagnons l'autoroute direction plein est et Middelburg, notre première étape sur le sol africain.

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Nous arrivons à destination en fin d'après midi.La guesthouse est facile à trouver et confortable.La propriétaire nous conseille alors un restaurant, Ginelli's, que nous testons illico.

Nous sommes vendredi soir et l'adresse semble courue des familles et des couples d'amoureux du secteur. L'enseigne se veut italienne mais, comme souvent en Afrique du Sud, c'est juste parce qu'il y a aussi des pizzas au menu...

Nous dégusterons plutôt nos premiers steaks qui se révèleront excellents.

Pas trop fatigués jusqu'ici par le long voyage et la nuit quasi blanche, le repas et le cidre finissent enfin par avoir raison de notre enthousiasme.


Bonne nuit...

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Après un traditionnel déjeuner à l'anglaise, nous ne filons pas à la britannique et prenons tout notre temps pour parcourir les kilomètres qui nous séparent de Blyde River Canyon

Ce chemin des écoliers qui aborde le défilé par le nord n'est pas le plus rapide, les heures tournent.

Voilà donc une annonce qui tombe à pic !

C'est le week end, l'adresse est connue, les lieux sont bondés, nous patientons.

Des autrichiens nous invitent à partager leur bout de table, nous passons commande.

Notre déjeuner se prépare, la viande grésille, nous salivons...

Cette délicieuse brochette de springbok prend la pose espérant ainsi éviter le supplice du bain gastrique.En vain...

Une petite promenade digestive pour admirer les fameuses marmites façonnées par les eaux tumultueuses de la Blyde ?

Rassasiés, rafraîchis, nous découvrons maintenant les points de vue aménagés le long du canyon sur les trois rondavels, ces rochers en forme de hutte - rondavel en afrikaans-.

Déjà 17 00, la lumière se dore, le soleil va bientôt disparaître.Sous bonne escorte, nous quittons les lieux direction l'autre côté de la faille à 80 kilomètres de là !

Une pancarte, une piste au milieu des arbres fruitiers, notre logis.Un steak d'autruche, un curry de légumes, une bonne bouteille, notre lit...

Bon repos !

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Ce matin, un peu de marche au programme .

Vous vous souvenez de ce petit lac de retenue que nous apercevions depuis les points de vue, hier soir ?

C'est là que nous allons !

Nous payons les modestes droits d'entrée du parc naturel puis entamons une courte descente...

Vers les rives de la retenue.

Deux échardes et un peu de sueur plus tard, nous choisissons d'aller admirer une cascade vantée sur quelques panneaux.

Rien de bien spectaculaire mais, hormis quelques travailleurs, nous sommes seuls, il fait beau et le murmure comme la fraîcheur des eaux s'avèrent apaisants.

Au bout d'une courte mais raide montée, nous découvrons un bel ensemble de cabanes déserté.

Une longue passerelle en bois nous indique alors le chemin de la sortie,

Chemin que nous empruntons pour regagner l'Ecosport et poursuivre notre route en direction du Kruger.

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Hormis quelques achats d'aliments secs effectués le premier jour, notre glacière est vide.Il va falloir remédier un peu à cette situation avant d'entrer dans le parc...

J'ai repéré deux Pick N Pay quasi sur le parcours. Le plus dans l'axe gagne, nous faisons donc une pause à Acornhoek.

Contrairement aux grands malls des banlieues, villes et quartiers cossus, il n'y a là aucun gardien pour les véhicules, aucun aide au stationnement, aucun porteur de courses.

Le magasin n'est pas non plus tout à fait le même, les produits les plus chers sont absents.

Adieu fromage et charcuterie, même le rayon viande est pauvret.

Heureusement le liquor store reste bien achalandé, nous ne mourrons donc pas de soif...

Nous traversons ensuite cette petite ville bouillonnante d'activité avant de parcourir les derniers kilomètres qui nous séparent d'Orpen, porte d'entrée centrale du Kruger.

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Plus un chat sur la route, quelques vaches de loin en loin puis une mince barrière et un garde. Nous signons le carnet d'entrée et pénétrons maintenant dans le parc.

Un kilomètre plus loin, nous croisons le regard d'un premier animal.

Celui que nous avions si vainement cherché l'an dernier à Etosha, notre premier Big 5, l'éléphant...

L'entrée réglementaire du parc se dessine alors et c'est la remise officielle du permis de circulation.

Un coup d'oeil aux nouveaux panneaux d'observation installés et en route pour le premier safari de ce voyage !

Quelques babouins attendent déjà l'erreur du voyageur débutant -oublier de surveiller constamment son sandwich et ses boissons-, le zèbre se pavane dans la savane...

L'éléphant se sait le roi des lieux, prière de toujours lui céder le passage.

Pas toujours très propre cet animal comme pourront le remarquer les lecteurs attentifs sur cette photo...

Le gnou se remplit la panse entre amis, la hyène débute sa ronde de nuit.

Le jour décline rapidement, le ciel s'assombrit. Il est bientôt 18 00, les portes du camp vont fermer !

Rendez-vous tente 34 pour le braai .

Au menu, les fameuses Boerewors, de délicieuses saucisses épicées.Bon appétit ...

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Il paraît que l'avenir appartient à ceux qui se lèvent tôt. Pourtant, malgré un réveil aux aurores, on ne peut pas dire que notre escapade pré-petit déjeuner soit un succès.

Une tortue, un phacochère, un buffle -et de deux...- au lointain.

Quelques vautours endormis perchés sur un arbre mort, des pintades de Numidie qui testent une mixture de beauté à base d'urine d'éléphant - des précurseuses ? -.

Espérons le safari post-tartines plus gourmand...

Ahhh! Voilà qui est mieux ! Beaucoup mieux !

Mais que fait-il, cet éléphant ???

Le saccageur de forêt traverse tranquillement la route en nous observant. Il s'attaque alors à son met favori à deux pas de la gravel, dos à demi-tourné.

Nous l'admirons prendre son déjeuner puis patientons, patientons, patientons...Céder le passage, céder le passage, d'accord. Mais nous n'allons peut-être pas attendre toute la journée que Monsieur ait fini de dévorer son bosquet ?

L'animal décide alors de varier son menu et se dirige droit sur nous. La raison du plus fort étant souvent la meilleure, nous reculons, reculons, reculons.

Un arbre attire maintenant l'oeil du pachyderme qui s'écarte un peu du chemin. Deux pas, trois, dix. Le voilà presque à distance raisonnable ! Nous avançons.

Une tête se retourne, deux oreilles s'agitent, l'éléphant - certainement un affidé de Sud-Rail- reprend son blocus. Il baguenaude sur la piste, nous nargue en s'éloignant un peu puis se remet en position de chien d'arrêt au milieu de la voie.

Vous ne passerez pas ! Nananananèreuhhhhhhhh !

Le manège de la diabolique bestiole se prolonge de longues minutes. Je fais semblant de partir, je reviens, je repars, je fonce un peu sur la route...

Nous décidons de nous éloigner et surveillons le passage du coin de la jumelle. Dés qu'il arrivera au niveau du bel arbre là-bas, on fonce !

Ouf, ça y est !

On t'a eu !

Va fan c...

Euhhh, je m'égare...

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Après ce long moment d'émotion, nous apprécions quelques rencontres certes moins palpitantes mais bien plus charmantes.

Une girafe essaiera bien de nous impressionner en stationnant sur la chaussée mais un coup d'accélérateur aura raison de sa témérité !

Tiens, quelques voitures sont garées et tous les regards sont tournés vers ces buissons. Que s'y passe-t-il ???

Vous voyez l'arbre au second plan ?Juste à son ombre sont couchés au moins trois lions !

Nous nous installons en espérant un peu d'action mais pas une oreille ne bouge, pas un oeil ne s'entrouvre, pas une queue ne sert de chasse-mouches.

H+15 minutes...

H+30 minutes...

H+40 minutes. Ça bouge !

H+50 minutes...Ben pas trop...

Nous finissons par laisser les rois fainéants à leur sieste et allons déjeuner.

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Les buffles jouent à cache cache avec les herbes et les buissons.Heureusement, d'autres bestioles se montrent moins avares de leur image !

Reflets dans un oeil d'or.

Un creux dans la journée ? Un troupeau de zèbres et ça repart !

Le camp du soir est maintenant tout proche, très proche !

Quelques cobs nous souhaitent la bienvenue, quelques babouins malintentionnés aussi...

La porte franchie, nous découvrons ce très agréable petit camp

Posé au bord d'un point d'eau.

Quelques brochettes de poulet et de légumes plus tard, nous nous rendons à la cachette

Mais seul un hibou daignera se montrer.Peut-être l'aube se montrera-t-elle plus propice ?

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Un café, quelques rusks et c'est parti pour un petit déjeuner avec vue sur le point d'eau de Talamati.

Quelques gnous, quelques impalas, quelques grondements...

C'est bizarre, ça me rappelle quelque chose ces bruits sourds. Mais quoi ???

Mes neurones, bien engourdis en ces heures matinales, scannent dans leurs souvenirs tandis qu'une voiture arrêtée hors du camp revient à toute vitesse puis repart, chargée de passagers qui, manifestement, avaient préalablement déclaré forfait pour ce safari aux premières lueurs du jour.

Le véhicule stoppe pile-poil là où il stationnait auparavant tandis qu'une lumière se fait dans mon cerveau...

C'est un lion ! Y a un lion là-bas !

Nous sautons rapidement dans l'Ecosport et arrivons juste à temps pour apercevoir...

...l'animal s'enfoncer dans les fourrés.

Nous suivrons la direction qu'il emprunte pour essayer de le croiser un peu plus loin. En vain mais quel réveil !

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En début de matinée, nous quittons à regret Talamati pour d'autres aventures.

Un éléphant pointe bientôt sa trompe dans notre direction.

Nous testons illico une méthode radicale pour éviter de se faire encore piéger : s'arrêter après l'endroit où l'animal devrait passer au lieu d'avant.

C'est très efficace pour tracer sa route mais nettement moins pour l'observation...

Je crois qu'il va falloir trouver un autre moyen !

Ce bucorve du sud pourrait peut-être servir d'ilotier de la savane ?

Ou bien encore ce buffle crotté ?

Euuhhh, je plaisantais Monsieur le Buffle ! Vous êtes splendide ! Ne me regardez pas comme ça !Ok, j'm'en vais...

Les premiers zèbres du jour font alors leur apparition,

Puis...

Je ne vois rien du tout !On cherche quoi d'ailleurs ???

Bush...cheetah...two...

Maintenant que vous le dites, ça paraît évident !

Malgré une longue attente, nous n'en verrons guère plus.Et puis, c'est l'heure de déjeuner, non ?

Cette cachette ombragée surplombant un cours d'eau fera un excellent coin pique nique en cette très chaude journée.

Et en plus, nous pourrons y réviser nos leçons d'ornithologie...

L'estomac et l'esprit pleins, nous reprenons la route pour une dernière partie de cache cache.

Trop facile !

Bon, après, quand on fait plusieurs tonnes et qu'on a les oreilles décollés, difficile de passer inaperçu...

Nous laissons le pachyderme vider le réservoir, engloutir son goûter et parfumer les lieux avant que ne lui prenne l'envie de nous empêcher de gagner notre camp du soir qui se devine à l'horizon.

Bonne installation !

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Balule est scindé en deux parties communicantes, l'une réservée aux campeurs, l'autre à quelques huttes rustiques.

Pas d'électricité dans ces lieux, pas d'eau courante ni de fenêtres dans les rondavels. Une impression de voyager dans le temps.

Le charme se renforce quand l'employée en charge des lieux vient allumer les lampes à paraffine et les dispose dans la cuisine, le bloc sanitaire et l'entrée des logements.

Fêtards, noctambules et autres ennemis de la sérénité, passez votre chemin.

Le braai s'allume à 17 00, la porte du bungalow se ferme à 20...

C'est le paradis de l'arbre à saucisses, des couchers de soleil flamboyants.

Paradis à peine troublé par la hyène résidente,

Qui passe et qui rapace à la tombée du jour à la lisière du camp,

En quête de son dîner !

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Cette nuit, le ciel nous est tombé sur la tête. Eclairs tonitruants, pluie battante et chute brutale des températures.

Un orage plutôt bienvenu après les 38 de la veille mais pas de quoi faire déborder les cours d'eau...

L'eau sera d'ailleurs le fil conducteur de cette journée de safari,

Qui de points de vue

En points de vue

Nous fera suivre les méandres des rivières Olifants et Letaba.

H2O rime avec une nouvelle diversité d'animaux,

Certains plutôt sympathiques, d'autres carrément effrayants !

Comme ailleurs, le zèbre et l'éléphant pullulent.

D'ailleurs, c'est quoi ce gros machin qui s'est introduit sur ma photo ???

Pousse toi de là ! C'est pas toi qui m'intéresse ! Mais ce magnifique rollier à longs brins !

Un piaillement, l'oiseau s'envole.

Un chacal solitaire gémit et tourne dans la plaine. Petit poucet de la savane, il semble complètement perdu.

Un peu plus loin, un automobiliste nous fait des grands signes.Sur votre droite, à 400 mètres au tournant, il y a un groupe de...


100, 200, 300, 400 mètres. OKUn tournant. OKRegarder du côté droit de la route. Ok

Bingo...

Vous nous reconnaissez ???

Deux petits groupes de lycaons se reposent sur le bord de la chaussée, quasi indifférents aux moteurs des véhicules qui ne manquent pas d'arriver.

D'ailleurs en voilà un dont les passagers regardent en l'air au lieu de regarder vers le sol et qui manque d'écraser ces trop rares chiens sauvages...

Puisque c'est ça j'm'en vais !

Nous aussi !!!

Juste un peu plus loin...

Il n'y aurait que 250 de ces canidés au Kruger et en voilà presque une dizaine devant nous !Nous profitons donc longuement de notre chance,

Ravis de cette rencontre espérée mais inattendue !

Nous abandonnons tout de même la meute pour nous rapprocher de Balule.

Plus que quelques girafes à doubler, une rivière à franchir,

Et nous voilà revenus à notre point de départ,

Juste à temps pour observer la hyène entamer sa tournée du soir.

8

Adieu Balule, une longue journée de route en direction de l'extrême sud du parc nous attend !

Le ciel est encore plombé aujourd'hui, quelques averses ponctuent le safari.

Les tortues sont à la fête et entament de périlleuses traversées de bitume.

Enervés, les zèbres se chamaillent, se mordillent sous l'oeil interloqué de leurs impassibles voisins d'herbage.

Un troupeau d'éléphants entame sa transhumance

Nous les laisserons prudemment passer...

Un oiseau rare en cette contrée donne du bec et de la plume. Mouillée...

Chaque lit de rivière est bien rempli, la végétation abonde.

La sécheresse ne semble pas avoir cours ici.

D'ailleurs, une famille de hyène a quitté son abri habituel, un trou d'écoulement des eaux certainement noyé, pour se réfugier à l'abri d'un buisson.

Les aînés dorment, les enfants jouent, se font les dents sur une brindille avant que d'être assez forts pour sucer et briser les os de quelques proies...

Une colline offre un très beau panorama sur la plaine dont le vert s'étale à perte de vue.

Au loin, défile l'arrière garde d'une impressionnante harde d'éléphants.

Nous sommes maintenant aux portes du sud, un buffle solitaire nous y souhaite la bienvenue !

Nous parvenons juste à temps à un premier embouteillage pour apercevoir le cul d'un guépard précédemment perché sur un monticule.

Nous parvenons bien à temps à un second embouteillage pour apercevoir notre quatrième big bloquant la chaussée...

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Les deux rhinocéros se jaugent, puis le combat s'engage !

Les bretteurs jouent de la corne, feintent, reculent, reprennent leur assaut.

A pointe finalement mouchetée : les deux compères finiront par s'éclipser patte dessus, patte dessous dans la savane.

Nous quittons maintenant le goudron pour des pistes de plus en plus étroites qui débouchent aux portes de notre logis pour les deux prochaines nuits : Biyamiti.

Ce petit bush camp est toujours aussi agréable avec ses bungalows donnant sur la rivière asséchée.

Bien loin de la foule de Lower Sabie ou de Skukuza...

J'y avais observé des babouins, des vervets et des éléphants.

Aurais-je autant de chance cette fois-ci ?

Un tour le long de la barrière, rien.

Préparation du braai, cuisson des saucisses.

Je m'empare des jumelles, nada.

Il est où le tire bouchon ?

Je prends ma torche longue portée, toujours rien.

A table !

Je scrute l'autre rive, j'écoute le silence.

Pas une impala, pas un phacochère, juste une petite grenouille qui gobe un insecte...

Bonne nuit.

9

Nous entamons cette dernière journée au Kruger par une petite grasse matinée.

Tant pis pour les léopards, les guépards, les ratels, les oryctéropes, les protèles, les caracals, les pangolins et les mambas noirs qui défilent devant notre porte, il faut aussi savoir se reposer !

Quand nous nous décidons enfin à partir, le soleil est déjà un peu haut et, contrairement aux jours précédents, ses rayons se font de plus en plus ardents.

Quelques hyènes en profitent pour se faire sécher le poil,

Quelques rhinocéros, le cuir...

Euhhh...Si on continuait plutôt le safari que de s'adonner à des montages bizarres ?

Nous croisons maintenant une bande de vervet semant la terreur sur les bancs de pique nique de Berg en Dal.

Puis c'est l'heure d'une nouvelle partie de cache cache dans la forêt et les collines.

C'est toujours le même qui perd d'ailleurs...

Un groupe de lycaons est annoncé mais nous n'en verrons que le bout d'une queue se fondant dans les buissons.

Nous nous consolons donc avec ces zèbres et leur curieux manège, une valse à deux temps, épaule contre épaule, cou contre cou, gueule contre dos.

Une famille de phacochère sort de son bain de boue. Terrorisée par l'Ecosport, elle s'enfuit toutes queues dressées.

Comme je n'ai pas eu le temps de prendre une photo, je vous mets le portrait d'un autre curiste...

J'essaierais bien les vertus de la boue du Kruger mais toutes les baignoires sont occupées...

Dépitée, je reprends donc le chemin du camp

Où, bien heureusement, nul animal ne s'est glissé dans ma salle d'eau !

(Chou blanc ce soir également au coin du feu...)

10

Aujourd'hui, c'est le Swaziland qui est au menu !Encore faut-il d'abord sortir du Kruger sans trop tarder.

La piste longe paresseusement la rivière Crocodile.

Sous bois, fraîcheur, gazouillis d'oiseaux puis un véhicule dont la fenêtre s'ouvre brièvement.


Ezihrugzt jyb jt for kilometers jomihgvibuhrb lions roni gby !


Bon, je crois que vous avez compris comme moi : il y a des lions à quatre kilomètres mais à quatre kilomètres de quoi ????

Un embranchement.

On part à gauche ou à droite ?

Va pour la droite en croisant les doigts.

Un bakkie dans le rétroviseur.

Pressé, très pressé, il nous double dans un nuage de poussière.

Suivi de quelques autres...

Je pense que nous devons être dans la bonne direction !

Les minutes passent, la sortie se rapproche.

Plus que 4 kilomètres avant de retrouver le goudron.

Plus que cent mètres avant de distinguer un bouchon.


Tous les véhicules sont garés n'importe comment, tous les appareils pointent dans la même direction.

Nous devinons plus que nous ne distinguons les fameux lions jusqu'à ce qu'un mouvement nous indique qu'il y en a aussi un pas si loin de nous.

Le gaillard ronfle et ne semble pas décider à bouger d'un pouce malgré le grondement des ventilateurs, le murmure qui s'échappe des voitures, le cliquetis des appareils photos.

Nous patientons.

Une demi-heure plus tard, le soleil a tourné.

Nous cuisons dans le véhicule et l'observation n'est guère plaisante vu la foule.

Des moteurs vrombissent, des véhicules bougent.

Si nous en profitions pour partir ?

L'Ecosport va pour se faufiler dans le mince espace disponible quand nous comprenons le pourquoi de toute cette agitation.

Un, deux, trois lions surgissent de l'autre côté de la route et s'en vont rejoindre leurs petits camarades de chambrée.

L'un passe juste devant la Ford et s'écroule à l'ombre d'un fourré pile poil dans notre axe cette fois ci...

Il observe un peu les alentours,

Puis replonge dans son sommeil, indifférent à tous ses admirateurs.

Bon, ben c'est pas tout ça, mais on a encore plus de 150 kilomètres à parcourir et une frontière à franchir !Adieu les lions, adieu le Kruger et en route pour Hlane !

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La porte du parc franchie, nous longeons d'immenses bananeraies avant que de parvenir à l'autoroute Johannesburg-Maputo, autoroute que nous nous contenterons de traverser.

La banane cède maintenant la place à la canne à sucre.

Si ça continue, vont apparaître des publicités pour Trois Rivières, Damoiseau ou La Favorite !

Le terrain s' avère ici aussi plat qu'il n'est montagneux en prenant la route Malelane-Mbabane.

Les champs succèdent aux champs, les raffineries aux raffineries.

Le passage de la frontière ne change rien à l'affaire hormis peut être les conditions de travail des ouvriers agricoles.

Fini la liberté, nous sommes entrés en dictature, la dernière monarchie absolue du globe, le royaume de Mswati III, qui n'oublie pas de se remplir les poches à défaut d'améliorer le quotidien de ses sujets.

Peut être les black blocs ou un Jean Luc Mélanchon pourraient intervenir pour rétablir un semblant d'équité dans cette contrée australe ?

Mais bon, c'est plus facile de défier l'autorité, de crier à la tyrannie quand on pantoufle en démocratie...

Tiens, la terre semble en jachère par ici ?

Des arbres, du vert, une pancarte.

Attention, vous pénétrez dans une zone protégée, vitesse limitée à 60 !

Attention, traversée d'éléphants !

Attention, traversée de girafes !


Bienvenue à Hlane.

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La nationale balafre le parc.Une entrée s' annonce bientôt sur la droite.

Quelques lignes d'écriture, une mauvaise piste, une barrière à ouvrir et nous voilà au camp.

Nous nous dirigeons vers la réception.


Un groupe palabre avec son guide.

Des français.

On ne veut pas faire la sortie prévue!

On veut rentrer !

Y en a marre d'arriver tous les jours en fin d'après midi à l'hôtel !

On veut profiter de la piscine !

On veut faire les boutiques !

Les cheveux blancs, les cheveux gris gagnent leur bataille.

Z ont pas fait Mai 68 pour rien...

Le guide remballe ses VTT, sa randonnée, son 4x4 et regagne son bus.

Nous passons à la portée de son oreille.

Je lui murmure bon courage.

Un sourire, un merci.


La sérénité revient sur Ndlovu.

Nous récupérons les clés de notre bungalow et nous dirigeons vers les fauteuils judicieusement posés au bord du point d'eau pour siroter un Savana aussi frais que mérité...

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Les animaux ne semblent pas assoiffés, il faut dire qu'avec les orages des derniers joueurs, de l'eau, il y en a un peu partout...Nous abandonnons donc nos fauteuils pour un safari.

Hlane n'est pas vraiment un parc pour voitures de ville mais le 4x4 n'y est pas formellement obligatoire.Nous tentons donc notre chance avec l'Ecosport.

La piste principale est carrossable mais on devine rapidement qu'elle se transformera en mare boueuse et spongieuse à la première grosse pluie.

Le réseau secondaire se corse. Herbes hautes, sable,

Mais aussi poids lourds ou hors dimensions...

Un énorme trou rempli d'eau et de vase nous fait alors comprendre qu'il est impossible d'aller plus loin sans un véhicule adapté. Nous rebroussons donc chemin.

Un nyala entame son dîner devant notre logis.

Si nous en faisions autant ?

La nuit tombe maintenant sur le parc, nous allumons les lanternes.

Bon dîner aux chandelles sous les étoiles...

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Il a tonné une bonne partie de la nuit et des trombes d'eau se sont abattues sur le parc.Je crois qu'il va falloir abandonner l'idée d'un autre safari en Ford ce matin...Le réceptionniste nous propose alors de faire un détour par Manzini et son marché en remplacement.

Pourquoi pas ?

Je m'attendais à un de ces marchés artisanaux comme il en existe tant au Swaziland et suis agréablement surprise de découvrir un ensemble de stands quasiment comme chez nous...

Les fruits, les légumes, les corn flakes, La viande (j'espère que vous aimez les abats...),

Les épices, la vaisselle, un magasin dédié au rugby italien, Zara,

Darty...

Une boutique finit tout de même par me décontenancer un peu.

Qu'est ce donc ???? Un coup d'oeil à droite, un coup d'oeil à gauche, personne.

Je soulève le couvercle...

Une résistance électrique git au fond de la bassine me dévoilant le pot aux roses. Qui veut un chauffe eau ?

Nous déambulons encore un peu dans les allées avant de regagner notre véhicule et notre prochaine étape, Mkhaya.

Nous sommes en avance au rendez-vous fixé pour la plus grande joie de la gourmandise des enfants du coin...

Nous avons faim, supplient les filous en faisant la moue devant les bananes offertes.La boutique là-bas vend des bonbons, vous pourriez en acheter...

Ben non, les gars.Ça sera une banane pour le goûter ou rien !

Merci, s'exclame alors une malheureuse victime de l'indifférence écologique des gloutons du coin...

15 45.Un 4x4 s'approche.Son chauffeur se gare à nos côtés puis nous informe du programme.

Nous allons garer votre voiture puis faire un petit safari en cheminant vers le camp !

Et c'est parti...

Quelques barrières à ouvrir et à refermer et nous sillonnons les pistes cahoteuses du parc.Un koudou nous souhaite très (trop...) discrètement la bienvenue,

Un crocodile nous scrute d'un oeil intéressé,

Un hippopotame s'enquiert de nos tarifs pour une épilation d'oreille,

Deux rhinocéros, les stars de Mkhaya, improvisent un défilé.

Ben, c'est quoi ça ?Un hybride sorti d'une éprouvette de laboratoire pour contrer le trafic de corne ?

Euhhh... Non...

Nous laissons maintenant cette charmante famille et gagnons notre logis, un superbe chalet de pierre mi-ouvert bientôt éclairé à la lampe à paraffine.

De superbe, l'ambiance devient alors magique et nous suivons le chemin des lanternes jusqu'à notre table dressée les pieds dans le sable pour le dîner.

Le repas achevé, une petite représentation de danses traditionnelles nous est proposé au coin du feu.

Vous vous souvenez certainement de Johnny Clegg levant bien haut la jambe en compagnie d'autres zoulous dans ses clips ?

Ben là, c'est pareil sauf que ce sont des dames toutes de rouge drapées qui nous prouvent l'étendue de leur souplesse.

Et comme dans chaque spectacle organisé pour les touristes, il y a un piège...


Une des danseuses s'approche des spectatrices puis s'empare d'une main.

Charitable, elle a choisi une jeune allemande pour la suivre dans sa sarabande.

Bonne joueuse, la germanique tentera de soutenir le rythme.

Pas si mal !

Heureusement que Mswati III ne traînait pas dans les parages. Nous aurions pu frôler l'incident diplomatique germano-swazi...

(Pour ceux qui voudraient en savoir plus, voir ici)

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05 30. Une douce voix prévient que le thé est servi.

06 00. Après avoir avalé une tasse dudit breuvage, grignoté un biscuit et enfilé quelques vêtements, c'est le top départ pour le morning drive, un sunrise walk en ce qui nous concerne.

Le 4x4 nous lâche dans la savane, le ranger nous murmure quelques conseils, nous entamons la randonnée à la queue leu leu.

Le premier être vivant croisé ne nous fait pas bien peur, cette champignonnière improvisée sur bouse d'éléphant non plus.

Le niveau d'adrénaline grimpe lorsque nos pas croisent ceux d'une hyène

Puis quand un hippopotame décide d'aller observer de plus près ces curieuses créatures qui osent piétiner les berges de sa mare d'eau.

Le guide étudie toutes les traces, écoute tous les bruits mais le rhinocéros reste invisible. Nous retrouvons donc le relatif abri d'un véhicule qui, après avoir contourné l'embuscade d'une bande de girafes nous ramène au camp pour le petit déjeuner.

Repus, nous hésitons entre la chaise longue et un petit tour à la cachette.

La chaise longue perd, nous voilà repartis en vadrouille !

La palissade est ici remplacée par une longue double haie de branchages qui débouche sur la planque.

Manquent les animaux...

Nous retournons donc à notre chambre puis faisons un petit tour à la boutique de souvenirs.

Un cadeau original, mais je me demande si porter une robe à l'effigie de mon président ne serait pas un peu too much.

Vous vous imaginez, Mesdames, portant ceci pour aller au boulot ???

Je repose donc le tissu et me dirige vers le 4x4 pour un nouveau safari.

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Tout le monde est dans le 4x4 ? 1, 2 passagers, c'est bon, on y va !

C'est la matinée du phacochère qui se montre à tous les coins de piste.

Un petit tour à la mare de l'hippopotame qui reçoit une visite,

Et soudain, entre en scène un couple de rhinocéros.

Le ranger décide alors de quitter le véhicule pour aller voir les bêtes d'un peu plus près.

Nous contournons un bouquet d'arbres pour éviter d'être dans le sens du vent et nous nous rapprochons pas à pas.

Un geste du pisteur, nous nous accroupissons.

Un autre signe, nous poursuivons lentement notre chemin.

Dites, vous êtes sûr qu'il ne nous a pas entendu, là ?

Mais non ! Suivez moi sans bruit !

L'animal est maintenant bien en vue, juste à quelques foulées de nous.

Nous retenons notre souffle puis abandonnons smartphone et appareil photo pour profiter pleinement de ce magique instant.

Que décrire après une telle rencontre ? Un banal déjeuner ?

Le dernier safari proposé nous paraîtra non sans piquant mais un peu sans piment

Malgré quelques scènes touchantes

Nous regagnons maintenant notre véhicule et le goudron.Adieu le Swaziland,

Bienvenue au KwaZulu-Natal !

Le soleil amorce son coucher lorsque nous franchissons les portes de notre hôtel.

Une vue splendide nous attend sur la terrasse de notre bungalow

Quelques féroces moustiques aussi...

Bon dîner et bonne nuit !

12

Aujourd'hui, nous rejoignons l'océan. Par des chemins détournés et un parc, UMkhuze...

Adieu, l'horrible nationale 2 et sa circulation infernale, place aux pistes défoncées et inondées du KwaZulu Natal.

Un gué, deux gués, trois gués. Ça passe mais il n'en faudrait guère plus !

Nous quittons maintenant la plaine et nous enfonçons dans les collines.

Les habitations se font plus traditionnelles même si les plus anciens rondavels ne semblent plus exister que comme témoignages d'un passé révolu.

Les enfants vont à l'école, les ânes et les vaches divaguent sur la chaussée.

Un dernier obstacle en forme de cours d'eau à surmonter et nous franchissons la grille extérieure d'UMkhuze.

Une immense aire d'accueil, déserte et surdimensionnée pour ce parc à la fréquentation réduite, se profile alors à l'horizon.

Personne, nous continuons.

Quelques kilomètres plus loin, une guérite barre la route. Enfin un employé, nous payons notre écot.

Nous traversons ensuite le camp tout aussi immense et désert que l'aire d'accueil.

On doit être vraiment au calme par ici !

Je ne connais pas les lieux, je ne sais où aller.

Pourquoi pas aux cachettes ?

Celle ci sont très réputées et parfaitement aménagées.

Une enceinte puis un très long couloir en bois débouche sur chaque planque.

Pas de poils à l'horizon, mais beaucoup de plumes. On comprend mieux pourquoi la chose s'appelle un bird hide...

Nous nous enfonçons de plus en plus dans le parc, les estomacs grognent. Cette aire de pique nique tombe à pique !

Les big five promis sont absents mais les lieux s'avèrent parfaits pour dévorer sandwichs et bananes. Toujours en aviaire compagnie...

Quelques herbivores finiront tout de même par se montrer.

Ils n'ont pas l'air très anxieux... Y-a-t-il vraiment des carnivores par ici ?

L'heure tourne, il faut se presser. Nous retrouvons la sortie, les pistes puis le goudron.

Nous retrouvons la N2, ses camions, ses bas-côtés encombrés de piétons et d'échoppes. La conduite devient dangereuse, il faut redoubler d'attention.

Je jette un oeil à la confirmation de réservation de la location de ce soir et m'aperçois qu'il faut arriver avant 17 30 pour récupérer les clés.

Glups, il ne nous reste qu'une heure pour effectuer 100 kilomètres et un plein de courses...

Nous abandonnons donc l'idée de remplir la glacière et la cave et appuyons légèrement sur le champignon.

17 30, encore une vingtaine de kilomètres. On verra bien.

Nous quittons maintenant la route principale pour le réseau secondaire puis observons attentivement chaque pancarte en espérant y lire le nom de notre logis.

La géolocalisation capricieuse de mon téléphone change alors d'antenne relais.

Nous sommes trop loin...

Un demi-tour et c'est reparti pour un examen minutieux de la signalisation.

Monzi safari lodge indique bientôt un petit panonceau sur la droite. Nous le suivons...

Nous pénétrons dans une vaste zone privée et barricadée comportant un golf, des maisons mais aussi des cultures et des espaces sauvages. C'est assez étrange, très hétéroclite.

Selon les indications du gardien des lieux, nous roulons encore un ou deux kilomètres avant de parvenir à la palissade cernant le lodge.

Un coup sur la sonnette, deux, trois, quatre...Personne.

De l'intérêt d'un téléphone portable en voyage pour les derniers réfractaires...

Un coup de fil plus tard, une charmante dame arrive en voiturette de golf, nous ouvre la barrière et nous confie les clés de notre bungalow.

Des gazelles et des gnous font une apparition dans le verger jouxtant la propriété, le soleil s'embrase, nous nous posons.

Il fait nuit maintenant. Le premier supermarché est à Santa Lucia un peu loin vu l'heure et la fatigue de la route déjà effectuée.Il nous reste des pâtes, des tomates, un ananas, ça suffira bien pour un dîner !

Le bar est en revanche complètement à sec. De l'eau et c'est tout.

Inadmissible !

Je me souviens alors qu'il y avait un petit magasin là où nous avions fait demi-tour juste avant d'arriver. Il me semble même que ce magasin était un liquor store doublé d'un troquet...

Cinq minutes plus tard, nous nous garons devant la boutique qui n'a franchement rien à voir avec celles qu'on rencontre dans les centres commerciaux et autres zones marchandes des beaux quartiers.

Fini les alignements millimétrés de bouteilles en libre service, fini le choix infini des boissons.

Ici, ça sent la peur du vol à main armé et les portefeuilles peu garnis...


Un petite pièce, une grille, une petite ouverture dans la grille, une vendeuse derrière avec son antique caisse enregistreuse et quelques boissons du style alcool fort ou bière à portée.

Nous nous approchons du guichet, j'aperçois du cidre dans le frigo, j'en commande deux bouteilles.

L'anglais de l'épicière est aussi laborieux que le mien mais nous finissons par nous comprendre.

Elle tape sa note, me la glisse par la fente, quelques pièces changent de main.

Les bouteilles suivent la monnaie par l'ouverture, nous quittons les lieux.


Quelques personnes sirotent des bières devant le bistrot. Toutes noires, toutes masculines.

Je n'ose m'y installer.

Pas facile de franchir le pas d'un autre monde même si on en a la possibilité.

13

Le Savanna dégusté, le plat de pâtes englouti, le moelleux du lit testé, il serait peut être enfin temps d'aller admirer l'océan ?

Le parc d'iSimangaliso offre à la fois la possibilité de profiter des joies de la plage et de celles d'un safari.

Nous commencerons par l'option farniente les pieds dans l'eau avant de tenter de débusquer cobs à croissant, buffles et rhinocéros...

Une première piste débouche sur une grève quelque peu inhospitalière.

Enfin pas pour tout le monde...

Nous tremperons tout de même les orteils dans l'océan indien qui se jette à nos pieds. Pas si frais que cela, baignable même !

Le chemin suit maintenant la crête offrant une vue panoramique sur la partie plus animalière du parc.

D'ailleurs, quand on parle du loup...

Nous poursuivons alors la route jusqu'à son terme : Cape Vidal et sa superbe plage de sable blond.

Les vagues se fracassent sur le rivage, les courants tentent d'aspirer les baigneurs. Mais que c'est agréable de rouler dans ces flots tumultueux !

La trempette prolongée nous ouvre l'appétit.

Si nous allions déjeuner ? Faudra se méfier, je pense...

Nous sortons nos provisions et nous installons à une distance raisonnable du groupe de chapardeurs.

Y en a bien un sur cette branche qui surplombe notre table mais il a l'air profondément endormi.

Erreur...

L'ouverture du pain de mie et la vue de notre garde manger achève de le réveiller et le gourmet alerte ses cousins...

Nous résistons vaillamment aux multiples assauts de la troupe déchaînée et pensons avoir gagné la bataille. Mais, une seconde d'inattention aura finalement raison de notre dessert et nous assistons impuissants au vol d'un régiment de bananes par un individu à peine plus haut que le fruit de son larcin...

A quelques mètres de nous, un guide prépare à manger pour son groupe.

La table est dressée, de la nourriture sortie et pourtant pas un singe ne s'approche.

Une peluche affalée au milieu des victuailles monte la garde, très efficacement nous renseignera le guide !

Vous connaissez maintenant l'objet indispensable à mettre dans votre valise avant d'effectuer un voyage en Afrique Australe...

Pour nous remettre de nos émotions, nous décidons de faire une dernière promenade les pieds dans le sable, les yeux dans le bleu.

Un petit safari, maintenant ?

Une jolie piste filant dans le sous bois débouche sur un jardin d'éden particulièrement fréquenté.

Une bande de buffles se régale d'une herbe aussi tendre que haute. Un festin pour les herbivores mais une gêne pour le photographe...

De plus, quand les animaux sont pour une fois bien visibles, ils vous tournent le dos !

Et puis, apparaît une silhouette familière

Chouette, il va traverser devant nous !

Allez, tourne toi un peu ! Mais non, pas dans ce sens là !

Arghhh ! Encore une paire de fesses ! C'en est trop, partons !

Revenus à Santa Lucia, nous partons en balade le long de l'estuaire en suivant la promenade aménagée sur les marécages.

Les lieux ne sont pas forcément très bien fréquentés, il est donc préférable de ne pas mettre les pieds n'importe où...

Au delà du vert, on commence à deviner un peu de jaune et de bleu,

Puis c'est le choc, nous voilà en plein désert !

Ah non, c'est une plage...

Vu comme ça, ce n'est pourtant pas spécialement évident...

Nous nous amuserons de longues minutes à jouer avec les ombres et le vent avant de jeter un dernier coup d'oeil sur le sable doré et l'océan tumultueux.

Demain, fini le bleu, nous traverserons le KwaZulu Natal pour rejoindre Ithala.

14

La route la plus courte en kilomètres entre Santa Lucia et Ithala, notre prochaine étape, passe à travers la réserve d'Imfolozi-Hluhluwe. Je ne résiste donc pas à l'envie d'y retourner...

10 00, nous pénétrons dans le parc. 10 01, nous apercevons notre premier postérieur...

10 02, deux...

L'expression "avoir du cul" aurait-elle été inventée par un safariste chanceux mais pas trop...???

La malédiction finira par se lever même si le rhinocéros reste taquin...

Patience est le maître mot du voyageur comme du photographe et il faudra attendre de longues minutes pour apercevoir le côté face plutôt que le côté pile.

Nous traversons maintenant une rivière, point de rendez vous d'un immense troupeau de buffles malheureusement un peu lointain.

Un solitaire assure cependant le spectacle à quelques mètres du véhicule.

La piste longe maintenant l'Imfolozi et un premier défilé d'éléphants interrompt notre progression.

Un retardataire, et nous pouvons poursuivre notre chemin.

Les points de vue se succèdent, d'autres hardes d'éléphants aussi...

Il y en a partout !

Personnellement, j'ai arrêté de les compter.Pas vous ?

12 30, nous décidons d'improviser un pique nique avec vue panoramique sur le cours d'eau. Je sors la glacière, l'eau, le pain, les laguioles.

Un bruit...

Dis, Agnès, y a pas un éléphant là juste derrière l'arbre à côté de la voiture ?

Arghhhh ! Décampons !

Nous semons enfin les pachydermes et finissons par déjeuner à Mpila, en très gracieuse compagnie.

14 30, faudrait peut-être regagner la sortie !Et c'est le début d'une course effrénée...

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Je ne sais pas pourquoi mais je suis partie sur l'idée qu'il n'y avait qu'un peu plus de 120 kilomètres entre la sortie d'Imfolozi et Ithala et que 3 heures seraient suffisantes pour effectuer ce trajet et faire les courses.

Nous sortons d'Imfolozi à 15 00 tapantes, il faut être à Ithala à 18 00 maximum, tout semble donc parfait !

La route publique passe maintenant à travers le parc ce qui impose de ne pas rouler à plus de 60 kilomètres heure. Ce n'est pas bien grave. Nous avons tout le temps et le paysage est superbe !


Un panneau nous indique alors que nous sortons de la zone protégée et qu'il est possible d'appuyer sur le champignon.Moi, je veux bien mais le moteur tousse ! Elle a rien sous le capot, cette écosport ! Une malheureuse montée et nous nous faisons doubler par les camions !


Et des côtes, il y en aura quelques unes...

Des descentes vertigineuses aussi...

Pour ne rien arranger à l'affaire, la région est plutôt peuplée et le bitume truffé de monstrueux dos d'ânes.

A peine a-t-on pris un peu d'élan pour aborder la grimpette suivante qu'il faut brusquement freiner sous peine de fusiller ses amortisseurs...

Notre moyenne s'en ressent et je commence un peu à m'inquiéter pour l'heure.

Aussi, je me décide à faire un point d'étape et m'aperçois qu'il y a beaucoup plus de kilomètres que prévu...

50 de plus...


Mon Gps ayant rendu l'âme, je me perds une première fois.

Un quart d'heure de perdu...

Puis une seconde.

C'est fichu, nous n'arriverons jamais à temps !


La route ne s'arrange pas. Des piétons, des villages, des ralentisseurs, pas de signalisation...

Impossible de profiter du décor, encore moins des scènes de vie quotidienne qui défilent sous nos yeux.

Juste le temps de remarquer que les femmes ici se maquillent de terre, phénomène que je n'avais jamais observé dans ce pays.

Il est 17 15, la vitesse s'améliore, je pense être à 60 kilomètres, je reprends confiance.

Quand...


Quand je m'aperçois que nous nous ne sommes pas du tout sur la bonne route !

Il va falloir couper par la piste que nous venons de dépasser, piste dont je ne connais pas du tout l'état...

17 30, la Ford tremble sur le gravier, les cailloux. Nous naviguons à l'aveugle au propre comme au figuré puisque la nuit commence à tomber.

18 00. Toujours sur la piste...

18 05. De la lumière ! Nous retrouvons le bitume. Bon, si je ne m'abuse, nous sommes bientôt arrivés !

18 15. Plus que quelques kilomètres. Je me vois déjà dormir dans la voiture en me régalant d'un quignon de pain.

Il n'y a pas vraiment d'hôtels à des kilomètres à la ronde, il fait nuit et nous sommes trop fatigués pour chercher un éventuel logement de secours...

18 20. Bienvenue à Ithala. La grille est fermée.

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18 21, je sors me dégourdir les jambes tout en me rapprochant de la clôture. Un véhicule est garé là, phares allumés.

Le chauffeur abaisse sa vitre et nous demande ce que nous faisons ici.

Nous expliquons la situation, il n'a pas l'air affolé.

Le gardien ne va pas tarder à faire sa ronde, il vous laissera entrer !

Je reste perplexe...

Je vois également une affichette sur le portail qui indique le numéro de téléphone de la réception du camp et qui parle d'after hours arrival.

Je commence à penser que, même si cela doit nous coûter quelques rands, nous dormirons finalement dans un lit.

Une silhouette se devine alors derrière la grille, nous interpellons le veilleur.

Vous avez une réservation ? C'est pour le camp principal ? Attendez une minute, je vais vous ouvrir !

Un grincement et nous pénétrons enfin dans le parc.

L'homme nous indique le chemin à suivre et nous demande de ne pas trop traîner, le réceptionniste partant à 19 30.

Pas un mot sur une éventuelle amende, pas une allusion à un éventuel bakchich, juste un sonore bienvenue.

18 40...C'est parti pour un safari de nuit d'une dizaine de kilomètres. Gaffe aux rhinocéros et aux éléphants !

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Rouler de nuit dans un lieu inconnu laisse place à tous les fantasmes, nous conduisons prudemment.

Un serpent se jette sous nos roues, des oiseaux utilisent le goudron comme piste d'atterrissage.

Nous ne voyons rien de ce qui peut se cacher derrière les herbes et les fourrés et sursautons à chaque mouvement.


Un lapin...

L'animal trottine devant la voiture essayant de nous semer à grands coups de changement de direction. Mais toujours sur le goudron...

Abruti ! Tu ne peux pas retourner dans ton terrier !

Nous réussissons à épargner le futur civet quand un autre prend sa place. Je n'imaginais pas tout à fait un night drive de cette façon...


La chaussée se rétrécit et nous grimpons.

Une clôture électrique, une palissade ouverte, quelques lumières, nous sommes arrivés.

Les clés en poche, nous gagnons notre bungalow.

Un peu défraîchi et daté mais avec un bon lit propre et moelleux dans lequel nous nous écroulerons dès le dîner avalé.


Bonne nuit...

15

Comme la plupart des nuits de la dernière semaine, le ciel nous est tombé sur la tête et le temps ne s'arrange pas à notre lever.

Nous remisons donc chaussures de randonnées et envie de marcher pour un tour des lieux en Ecosport...

Hormis sur la route qui mène au camp principal, il n'y a pas de goudron à Ithala. Des pistes, des pistes, encore des pistes dont peu adaptées aux voitures de ville.

Malgré les mises en garde du gardien des lieux, nous décidons tout de même de poursuivre un peu.Il sera toujours temps de faire demi-tour.

Les premiers kilomètres se passent en douceur puis le gravier fait place à la boue.Une descente, un peu de patinage pas vraiment artistique... L'eau a maintenant transformé le chemin en piscine de gadoue.Nous sortons de la voiture, étudions les lieux et renonçons.

Nous retrouvons alors le passage boueux sauf que la descente s'est transformée en montée et que nous ne passons plus...

Un premier élan nous propulse à quelques mètres du sommet, un second n'est guère plus fructueux.

Les pneus sont lisses, englués d'un masque liquide et terreux, le moteur peine, la boîte automatique s'avère une entrave plutôt qu'une aide.

Je me dis que des véhicules vont finir par se montrer et que, de toutes façons, le parc organise des secours à peu de frais... D'ailleurs, n'est-ce pas un bruit de moteur qui s'entend au lointain ?

Un groupe de sud africains en 4x4 s'approche puis stoppe. Pas trop le choix, nous bloquons la route...


Qu'est ce qui vous arrive les gars ?

Je peux essayer ?

Nous confions les clés de la Ford au costaud sorti de son Hilux.

Premier essai : pas mieux que nous...

Deuxième essai : le moteur rugit, le véhicule tremble, ça patine un peu, beaucoup...

Nous serrons les poings, nous croisons les doigts, ça passe !!! Merci !

Nous assistons au franchissement du passage délicat par ces quelques 4x4. On ne peut pas dire que cela fut un jeu d'enfant pour eux non plus...

Quant à la piscine de boue, nous entendrons de loin le grondement de moteurs en difficulté...


J'étudie la carte du parc. Les pistes de ce côté devraient être meilleures, tentons les !

Effectivement, c'est mieux.

Nous avons quitté la partie la plus montagneuse d'Ithala pour une vaste plaine, paradisde nombreux herbivores. Girafes, gnous, zèbres...

Bien que nous soyons le week end, la fréquentation est réduite. Nous profitons donc tranquillement des paysages,

Et des points de vue.

Nous tentons une nouvelle incursion hors des sentiers battus. La piste est très étroite mais correctement surfacée. Elle descend jusqu'au niveau de la rivière et sert apparemment de sentier de randonnée à tous les éléphants du coin...

Malgré de nombreuses bouses et des branches cassées, nous ne croiserons heureusement pas de pachydermes. Je ne sais pas comment nous aurions pu facilement leur laisser le chemin...

Un peu d'eau, nous passons.

Beaucoup d'eau, nous revenons sur nos pas.

Toujours pas de rhinocéros ou d'éléphants mais tout de même de jolies rencontres

Et de superbes panoramas sur les montagnes embrumées.

Peut-être aurons-nous plus de chance demain ?

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Ce matin, le ciel est légèrement dégagé.Nous n'irons pas pourtant tenter le diable en empruntant les pistes les plus amochées...

Nous rendons les clés du chalet, obtenons l'exit permit sans amende, parlons un peu avec le manager qui sourit devant l'état de la Ford et nous indique que, même avec un puissant 4x4, certains visiteurs renoncent à emprunter toutes les pistes du parc par ce temps...

Avant de gagner notre prochaine étape, Cathedral Peak, nous décidons tout de même d'effectuer un ultime safari.

Nous repassons donc devant le plus majestueux des points de vue

Et faisons nos adieux aux animaux qui daignent se montrer.

Certains resteront cependant bien cachés...

Nous nous arrêtons pour admirer une dernière fois notre camp niché au creux de la montagne,

Quand notre oreille est attirée par le bruit d'une herbe qui se froisse.

La silhouette en rejoint une autre, nous suivons les deux compères un moment.

Ce sera notre dernier souvenir d'Ithala que nous quitterons à regret.

16

Nous traversons maintenant l'Afrique du Sud des champs de bataille entre zoulous et boers, entre zoulous et britanniques, entre boers et britanniques : Blood River, Isandlwana, Ladysmith...

Autant de Verdun, de Stalingrad, de Waterloo que je préfère explorer à travers un livre d'histoire qu'en réalité.

L'après midi touche à sa fin quand nous nous enfonçons dans les vertes vallées du Drakensberg.

L'herbe est aussi grasse qu'humide, les vaches sont à la fête !

Tant, qu'elles ne semblent pas vraiment avoir envie de rentrer au nid.

Nous dépassons les derniers troupeaux, les dernières maisons.

La barrière du parc se lève maintenant devant nous. Plus que quelques kilomètres et nous arrivons à Didima et ses douillets chalets.

Je crois que nous allons passer une très bonne nuit...

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08 00, le réveil sonne. Je me lève, ouvre les rideaux.

C'était déjà pas mal par temps couvert mais là... Dommage de n'avoir réservé qu'une seule nuit ici !

Un petit déjeuner en terrasse plus tard, nous entamons une courte randonnée vers les Doreen Falls. Vous nous suivez ?

Le sentier est plutôt étroit, un peu humide et de moins en moins bien balisé.

Rien de bien difficile cependant et nous parvenons rapidement aux chutes qui, ce n'est pas étonnant, sont en eau...

C'est calme, champêtre et il y a même la possibilité d'observer les very small five.

Une pancarte nous invite alors à pousser un peu plus loin.

Pas une très bonne idée...

La trace grimpe fortement entre les hautes herbes détrempées puis se noie dans la végétation.Nous redescendrons sur les fesses, le fond de culotte boueux, le pantalon imprégné de rosée.

Un pique nique au soleil effacera les dernières traces de cette chute. Je vous remercie donc de ne pas l'ébruiter !

17

Le déjeuner englouti, nous quittons Cathedral Peak pour la dernière étape de ce voyage, Royal Natal. La route goudronnée fait effectuer un long détour et repasser en partie par le chemin de l'aller. Je décide donc de couper au plus court par une piste qui traverse les contreforts du Drakensberg.

Des fleurs violettes et roses égaient le vert des prairies, des vaches et leurs jeunes gardiens baguenaudent dans les champs.

Notre passage semble étonner les habitants. Peu de touristes doivent errer par ici !D'ailleurs, alors que les enfants croisés sur le bitume en direction de Didima réclamaient bonbons ou argent à la vue du véhicule, là, ils continuent leurs jeux, sourient ou font bonjour de la main...

Nous croisons un hameau, un village, quelques fermes.

D'après mon plan, il faut toujours prendre à droite en cas de croisement de pistes. Nous tournons...

D'autres maisons, d'autres piétons, quelques véhicules, un ou deux ivrognes titubants, un cul de sac, un demi-tour...

Nous retrouvons le chemin principal et décidons de ne plus en bouger !

Le temps s'obscurcit, la piste se détériore un peu, ça grimpe, il n'y a plus aucune habitation.

Juste des troupeaux et une magnifique vue sur un lac de retenue qui me confirme que nous ne sommes pas perdus !

Nous récupérons alors bientôt la route principale puis atteignons les frontières du parc. Il crachine, il bruine, il pleuviote...Le spectacle du fameux amphithéâtre formé par les montagnes est noyé dans la brume.

Une dernière courbe et apparaissent les chalets. Le notre est le dernier.

Une jolie situation mais une fois la porte franchie, une légère impression de voyage dans le temps.

Si vous aimez la moquette et le formica, les lieux sont faits pour vous. Dans le cas contraire, vous trouverez le rapport qualité prix bien faiblard...

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Pluie au coucher, grisaille au réveil.

Nous avions programmé d'aller jusqu'aux gorges de la Tugela mais je me demande si ce beau projet ne va pas tomber à l'eau...

Une éclaircie.

J'emballe pique nique et imperméable dans le sac à dos et c'est parti pour une quinze de kilomètres de randonnée !

Le chemin longe tout d'abord la rivière de très près puis prend de la hauteur.

Les herbes, les arbres gouttent et le sentier n'est souvent qu'un champ de boue. Impossible de marcher le nez au vent sous peine de finir les quatre fers en l'air !

Les pluies des derniers temps ont par ailleurs favorisé la végétation qui ensevelit de ci de là le chemin sous un océan de verdure. Pas sûre qu'un laguiole puisse se transformer en machette...

La montagne fait des apparitions entre deux tournants, entre mille nuages, nous progressons.

Un gros rocher culmine maintenant la vallée, un lieu parfait pour une petite pause...

L'amphithéâtre se devine un instant.

Ça monte un peu, ça descend, nous traversons des sous-bois.

Nous rejoignons le lit de la rivière et la progression s'effectue dès lors en sautant de rochers en cailloux. Et un pied gauche trempé, un...

L'eau est aussi claire que vive et cascade dans des bassins qu'elle a creusés au fil des siècles.

Torrent, ruisseau, ruisseau, torrent, la rivière semble capricieuse et ne demande qu'à gonfler.

Nous arrivons enfin à une fourche où le sentier s'évanouit.

La gorge est là, droit devant. Une fente étroite qui, par temps sec, forme le chemin.

Une échelle part à l'assaut de la falaise. Curieux, nous décidons de l'emprunter. Non sans appréhension...

Une vraie patinoire, ce truc ! Un orage de plus et la cascade de Tugela dégringolera jusqu'ici.

Après cet obstacle, le sentier reprend. Escarpé... Les cuisses commencent à me chauffer, il est temps d'arriver !

Mais une dernière épreuve se dresse alors devant nous...

Un cheminée suintante d'une bonne dizaine de mètres de haut avec juste une poignée de tiges en ferraille à peine plus larges qu'un pied d'enfant pour essayer d'y grimper.

Le fromage blanc qui forme mes muscles crie pitié mais parvient tout de même à hisser mes soixante kilos au sommet. J'espère qu'il ne faudra pas repasser par là...

Nous surplombons maintenant la faille, à peine apercevons-nous l'eau jaillissante au fond de la crevasse.

Puis, plus rien...Nous explorons les environs à la recherche d'un passage mais nous ferons chou blanc tout comme le couple arrivé peu après.

Un peu de repos, un bon déjeuner et nous rentrons...

Crevés !

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Un bain bouillonnant fait partie de l'équipement du chalet. Voilà qui semble parfait pour se relaxer après ces quelques heures d'effort !

Faudrait juste que le système fonctionne encore...

A peine sortons nous du bain chaud que nous assistons à un miracle. Les nuages se sont fait la malle, le soleil illumine l'amphithéâtre.

Enfin presque...

Le panorama est loin d'être quelconque mais je crois que je préfère tout de même celui de Didima.

18

Ultime réveil.

Quelques antilopes prennent leur petit déjeuner autour du chalet. Nous dégustons le notre avant de faire nos paquets.

Je nettoie la voiture, je referme la porte du bungalow.

Quelques babouins nous font une haie d'honneur à la sortie de Thendele.

Le camp puis le parc s'évanouissent du rétroviseur, nous prenons la route de l'aéroport.

Une rapide halte pour admirer le lac de retenue de Sterkfontein,

Une dernière occasion d'apercevoir éléphants, hippopotames, porcs-épics et autres féroces bêtes sauvages.

100 grammes de plus dans le sac à dos, 100 rands en moins dans le porte monnaie, un kudu et un phacochère que j'observe en écrivant ce carnet.

Le voyage touche à sa fin, qu'en retiendrais-je ?


Le restaurant sur la route de Blyde, l'éléphant joueur près de Tamboti, la hyène de Balule, la rencontre avec les wild dogs, la recherche du lion près de Talamati, le bungalow de Mkhaya, l'approche piétonne des rhinocéros, les vervets voleurs de bananes d'Isimangaliso, la promenade sur la plage de l'estuaire à Sta Lucia, la multitude d'éléphants à Imfolozi, la course folle pour gagner Ithala, les pistes boueuses de ce même parc, la vue depuis Didima, les courbatures de Thendele et toutes les petites routes et pistes empruntées au Kwazulu Natal.


De petits et gros riens qui font que chaque voyage reste unique même si on revient douze ans de suite dans la même région du globe !