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La Team MyAtlas
Par Attila
Une escapade à Salvador de Bahia, Brasilia et au Pantanal.
Mai 2014
12 jours
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1

Cet abécédaire en chiffres, lettres et images tire son inspiration de ce petit parcours : Salavador de Bahia, Transpantaneira, Chapada dos Guimarães, Brasilia et côte de Coco.

Il ne faudra pas chercher de liens logiques entre les différents épisodes ni de continuité géographique ou temporelle

Ce sont plutôt des divagations peut être dues à l'abus de cette substance...

A comme Alcool

Poconé, un samedi soir de mai.

Je m'installe à la terrasse Du Restaurant de cette petite bourgade, dernière frontière avant le Pantanal

(ou retour à la civilisation, tout dépend du sens de votre trajet...).

Je commande une petite caïpirinha, histoire de tester les spécialités locales.

Mon verre arrive sans tarder, un grand verre abondamment rempli d'une substance translucide dans laquelle surnagent un glaçon et deux trois fines rondelles de citron vert.

C'est étrange cette présentation.


Je trempe ma paille dans la boisson, soulève mon verre, et le repose, intact.

Mon nez n'a pas capté le délicieux parfum des agrumes mais une odeur puissante qui attaque directement le cerveau...

Je décide de goûter.

Le feu se répand directement dans mon gosier, rosit mes joues et pique mes yeux.

Je tends alors l'explosif cocktail à mon compagnon qui se remémore instantanément une fameuse scène de cinéma...

La recette de la caïpirinha façon femmelette n'a apparemment pas atteint les rivages du sauvage Pantanal.


L'ajout de citron supplémentaire ne me convaincra pas et, pour la première fois en quarante cinq années, je dois m'avouer vaincue par un simple verre !


Vous retrouverez un autre épisode pour soiffards à la lettre D...

2

Poconé, un samedi soir de mai.


Je quitte en titubant la terrasse Du Restaurant de cette petite bourgade, dernière frontière avant le Pantanal (ou retour à la civilisation, tout dépend du sens de votre trajet...).

Je regagne le nid douillet - c'est bizarre, avant la caïpirinha, je ne l'aurais pas qualifié ainsi - qui m'attend à quelques pas de là.

Pas de moustiques à l'horizon, pas un bruit à la ronde...

Je soulève le drap, pose ma tête sur l'oreiller et ferme les yeux.

Quelques minutes s'écoulent...

Les voisins entrent, sortent, rient, claquent les portes.

Le silence reprend....


BBBBOOOOOOOOOOOOOOOUUUUUUUUUUM

BBBBooooooooUUUUUUUUUUm


Les murs tremblent sous la pulsation des basses...


BBBBOOOOOOOOOOOOOOOUUUUUUUUUUM

BBBBooooooooUUUUUUUUUUm

HIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIHHHHHHHHHHH

BBBBOOOOOOOOOOOOOOOUUUUUUUUUUM

BBBBooooooooUUUUUUUUUUm


Merde ! C'est quoi ça ???

Cinq puis dix minutes passent, le bruit s'accentue.

Mon compagnon décide d'aller aux nouvelles.


La jeunesse de Poconé s'est rassemblée sur la place et, ça et là, des véhicules ont le hayon largement relevé laissant apparaître de superbes enceintes d'où s'échappe une syncopée binaire n'ayant aucun rapport avec les rythmes tendres d'une bossa nova...


Une demi-heure plus tard, nous toquons à la porte d'un motel et sommes accueillis par le sourire hilare du videur de nuit à l'annonce du nom de l'hôtel que nous venons de fuir.


Cet épisode n'est que l'ultime étape d'une longue lutte contre le bruit nocturne.


Alors, si vous allez au Brésil et que vous aimez dormir, n'oubliez pas vos boules quies !

(Ou un casque de chantier pour les plus délicats...)

3

Symbole du Pantanal -faute de grives...-, le capybara est le plus gros rongeur au monde.

Il ne semble pas attirer la convoitise des fins gourmets brésiliens et se montre donc peu farouche quand vous croisez son chemin.

Son activité favorite est le bain.Vous l'observerez donc souvent dans sa version humide.

Plutôt grégaire, le capybara vit en famille...nombreuse

Si vous êtes actuellement à la recherche de solutions quant au débroussaillage de votre jardin, je vous suggère d'essayer le capybara.C'est écologique autant qu'économique ...

Pour en apprendre plus sur cet étrange animal, je vous invite à prendre contact avec un professionnel des hystricognathes...

Ce que je ne suis pas !

4

Je pensais le Brésil terre chrétienne.Quelle ne fut donc pas ma surprise de voir le nom d'un dieu concurrent s'afficher à chaque coin de rue.

Je supposais alors que les brésiliens avaient mal interprété le concept de la vache sacrée et s'étaient convertis en masse à l'hindouisme pensant ainsi perpétuer cette tradition en communiant autour d'un rodizio des morceaux les plus goûteux du divin animal.


La lecture d'une carte des boissons m'a enfin ouvert les yeux !


Les brésiliens avaient bien adopté une idole multiforme mais la tradition védique n'y était pour rien.

Le nom sacré était répété à l'envie sur tous les menus et un culte lui était rendu sur toutes les tables.

La cérémonie est d'une simplicité extrême : 660 ml d'une boisson jaune et mousseuse maintenue à température adéquate grâce à un rafraîchisseur où s'étale le nom du Dieu célébré et autant de petits verres que de participants.

Vous remarquerez rapidement la piété extrême des Brésiliens. Particulièrement à la plage.


Rendons maintenant grâce aux dieux Brahma, Skol, Antartica, Bohémia.

Et à la déesse Devassa...

Vous retrouverez une vision plus classique de la religion (quoique...) à la lettre E.

5

Un chapitre sous forme de triptyque...

  • Premier panneau : La cathédrale de Brasilia

Je quitte le siège des trois pouvoirs et arpente la longue avenue judicieusement nommée Axe Monumental qui transperce la ville d'est en ouest.

Les ministères cèdent bientôt la place à une vaste esplanade sur laquelle je découvre un étrange édifice : une allée de statues précédant une immense construction blanche dont les piliers recourbés montent droit vers le ciel en formant une étrange couronne aux pointes acérées. Il paraîtrait que ceci aurait un rapport avec un dénommé Jésus et son ultime coiffe : une parure d'épines.

A droite de la cathédrale trône une sorte de chandelier géant dont l'utilité ne demeurera pas longtemps ignorée...

Je cherche l'entrée du lieu de culte et pénètre dans un long souterrain.L'obscur boyau débouche enfin sur la nef, inondée d'une lumière bleutée filtrant des vitraux.

Quelques anges se balancent ça et là accentuant le caractère inhabituel des lieux.

L'âme apaisée, je poursuis alors ma visite de Brasilia et vous donne rendez vous à la lettre N.

  • Panneau central : Eglise Saint François, Salvador de Bahia

Je descend du bus et me dirige vers le centre historique de Salvador de Bahia, le fameux Pelourinho.

Une fanfare tonitruante me fracasse bientôt le tympan droit.

Je décide cependant d'en savoir plus et suis la trace musicale.

Je débouche alors sur une belle place dont le côté opposé abrite une église à la sobre façade de pierre et de plâtre.

Au pied de l'édifice, une foule entoure deux statues richement fleuries tandis qu'un orchestre entonne des rythmes entraînants à la gloire de Dieu.

Les moines du couvent voisin s'emparent des micros et semblent décidés à concurrencer Conchita Wurst sur le terrain des décibels...

Une statue bouge puis l'autre.

Les saints regagnent leur logis suivis de la fanfare, des hommes en bure et des paroissiens en délire.

Je me glisse dans l'église à leur suite et assiste, effarée, à un show de percussions, danses et vocalises...


  • Dernier panneau : Sur la place du village de Chapada dos Guimarães

Toujours du bleu et de la lumière mais dans un autre style.

Le temps semble avoir suspendu son vol...

Aux portes du Mato Grosso.

6

Les questions sur le vêtement en voyage reviennent souvent sur les forums de voyage.

Je vais donc ici essayer de résoudre la difficile énigme du "Comment s'habiller au Brésil ?".


Aux pieds :

Une paire de tongs.

Les dames emporteront également une paire de stilettos (Avec strass ou dorures, c'est mieux.)

Sur le corps :

Un bermuda ou un short pour les messieurs (de la mi-cuisse au genou) accompagné d'un T-Shirt (Marcel largement accepté).

Il est inutile d'investir dans du lin ou dans des couleurs sobres.

Le T-Shirt pourra être abandonné si la chaleur est étouffante ou élégamment remonté au niveau des aisselles.

Pour les dames, le moulant est de rigueur. Le décolleté peut être profond, la longueur de la jupe courte. Les complexes sont interdits. Que vous soyez une vénus stéatopyge ou un mannequin androgyne, vos formes ne seront pas moquées. La silhouette locale est d'ailleurs plutôt ronde.

Sur la tête :

Rien de particulier à signaler pour la gente masculine. Couvre chef accepté.

La gente féminine devra apporter un soin particulier à sa chevelure. Une coupe longue et un cheveu bien raide sont un plus.

Sur la plage :

Les adeptes du burkini ne passeront pas inaperçues.

Celles du fil dentaire se fondront dans la masse...

En soirée :

Le grand jeu !

Surtout pour Madame mais un petit effort de la part de Monsieur est plutôt bienvenu.

7

Je quitte l'aérogare de Salvador. (Aéroport me semble un mot quelque peu surdimensionné pour ce lieu qui devrait pourtant accueillir de nombreux passagers d'ici peu...)Le taxi se faufile dans les avenues de la ville.Une immense nef brillamment éclairée illumine soudain la nuit.C'est le nouveau stade pour la coupe ! s'exclame le chauffeur.


Je quitte l'aérogare de Cuiaba. (Aéroport me semble un mot quelque peu surdimensionné pour ce lieu qui devrait pourtant accueillir de nombreux passagers d'ici peu...)

La voiture de location se faufile dans les avenues dévastées de la ville.

Le GPS tourne en rond, nous aussi.

Je reprends la main et parviens à sortir le Duster de l'interminable chantier que je ne peux imaginer achevé pour le 13 juin, 18 00...


Je déambule dans l'aéroport de Brasilia.

Une boutique, la première et la seule aperçue en quinze jours, me propose quelques babioles made in ChiFifa. (Prévoir de grosses coupures)

J'allume la télévision. Une publicité me vante les bienfaits de la coupe du monde : de nouvelles infrastructures, des millions de touristes, un tsunami de reais qui va déferler sur le pays !


Je me promène dans la vieille ville de Salvador.

Des brésiliens décharnés fouillent les poubelles tandis que d'autres entament leur nuit sur un bout de carton...

8

Voici ce que vous obtiendrez pour 100/210 reais (33 - 70 euros)...


10-12 mètres carrés.

Une minuscule salle d'eau comportant un petit lavabo, une douche et un wc

Un lit double sans fioriture.

Une chaise, parfois une table.

Un ou deux cintres mais pas forcément de placard.

Une télé cubique dans la version 100 reais, une télé écran plat dans la version à 210.

Un frigo (bruyant).

Une clim' (bruyante mais c'est parfait pour couvrir le son de la télé des voisins poussée à fond...).

Une fenêtre qui laisse difficilement passer la lumière du jour.

Carrelage au sol, mur peint au mieux en blanc au pire couleur hôpital.


Bref, un petit goût d'Inde la propreté en plus...


Je rassure tout de même les voyageurs attirés par les logements de charme.

Ils trouveront leur bonheur sur ce site.

Mais pour un prix largement supérieur à 300 réais...en basse saison.


Mes bonnes adresses de ce séjour :

- La Pousada do Parque à Chapada dos Guimarães pour ses délicieux dîners et sa tranquillité.

- Le Brasilia Palace, hôtel emblématique de la capitale brésilienne.

Faites de doux rêves !

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Salvador, 8 heures du matin.J'entends les gouttes de pluie s'écraser sur la terrasse de ma chambre.Je me rendors...

Salvador, 10 heures du soir.

J'entends les gouttes de pluie s'écraser sur la terrasse de ma chambre.

Je m'endors bercée par ce bruit hypnotique...


Dans la chambre d'une pousada sur la transpantaneira, à l'heure de la sieste.J'entends les trombes d'eau déferler sur le carrelage du patio.Je me demande si le Duster sera assez costaud pour patauger demain dans la boue...


Il est midi, le soleil brille sur le parc national de Chapada dos Guimarães.

Accoudée à la rambarde d'un mirador, j'admire la vue qui s'entend jusqu'à Cuiaba.

Au lointain, s'amoncellent de gros nuages noirs.

Je déjeune puis me balade.

Les nuages sont désormais au dessus de ma tête.

Je décide alors de regagner mon logis.

Le Duster quitte la nationale et s'engage sur la piste. Plus que quelques kilomètres à parcourir !

Un grosse goutte s'écrase sur le pare brise.

Je devine les toits de la pousada.

Un coup de tonnerre éclate.

Je ferme la voiture et me précipite sur la terrasse couverte de l'hôtel.

L'horizon est complètement bouché. Les gouttières débordent. Les pelouses se transforment en piscine.

Je bouquine en admirant les éléments déchaînés.

Quelques minutes passent. Il fait presque nuit.

Quelques minutes passent. Les lumières s'éteignent.

Et ne se rallumeront qu'à l'heure du coucher...

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L'aube se lève sur les plaines inondées du Pantanal.Notre canoë se faufile entre herbes folles et nénuphars géants.Les trilles des oiseaux saluent notre progression tandis que se dispersent les dernières brumes matinales.

Une silhouette tachetée se devine bientôt sous le couvert des arbres.

Un jaguar ! murmure notre guide...


TOC TOC TOC !


Il est 07 00 !

Debout là dedans !

Mon rêve s'évanouit alors que j'ouvre les yeux...

J comme Jaguar ne serait qu'un honteux mensonge.


Je vais donc plutôt vous faire partager mes rencontres avec le Jacaré...


Dans sa version croquante et dans sa version à croquer !

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Il ne sera pas question dans ce chapitre des kilos que j'aurais pu perdre ou gagner durant ce voyage mais de la façon la plus économique de dîner ou déjeuner au Brésil : le restaurant au kilo !


Vous repérerez généralement ces restaurants à l'affichette indiquant leur tarif.

Un gros 2.59 en vitrine signifie, par exemple, que 100 grammes de nourriture vous coûteront 2.59 réais !

Le principe est simple : vous vous dirigez vers le buffet, vous prenez assiette et couverts et vous vous servez...

En fin de course, un employé s'empare de votre assiette et la pose sur une balance tarée au poids de ladite assiette.

Un savant calcul lui permet ensuite d'indiquer un nombre proportionnel à votre appétit sur une petite fiche que vous conserverez précieusement.

Vous gagnez alors votre table pour déguster votre repas.


Vous avez soif ?

Il suffit d'appeler un serveur qui vous apportera votre boisson favorite et cochera la case correspondant à votre choix sur le bordereau récapitulatif de vos achats.


Vous avez encore faim ?

Retour à la case départ !


Repu, vous fouillez toutes vos poches et accusez votre compagne (compagnon) de voyage d'avoir égaré le précieux sésame.

Le serveur débarrasse votre assiette et vous retrouvez l'objet tant recherché...

Vous vous dirigez maintenant vers la sortie et tendez religieusement le papier taché vers le comptable.

La caisse enregistreuse crépite, vous n'avez plus qu'à payer...


Bonne digestion !

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Les villes brésiliennes sont rapidement étendues, le taxi n'est pas spécialement bon marché et la circulation dense et bruyante ne rend pas agréable la marche à pied.

Je vous propose donc d'emprunter le bus pour vos déplacement urbains !

  • Première étape : Trouver l'arrêt.

L'ônibus s'arrête (est censé s'arrêter...) à la hauteur du petit panonceau qui porte son nom.

L'abribus est en option.

  • Deuxième étape : Trouver le bon bus.

Il n'y a pas de plan, de numéros ou d'horaires affichés aux arrêts.

Il faut donc scruter chaque bus qui passe.

La destination finale est indiquée à l'avant du véhicule.

Sur les côtés, figurent les grandes étapes du trajet.

Encore faut-il avoir le temps de les lire...

Le mieux est donc de s'en remettre à la science d'un autre usager qui se fera un plaisir de vous renseigner.

Votre cas sera même examiné par toutes les personnes aux alentours...

En brésilien, bien sûr !

  • Troisième étape : Réussir à arrêter le bus.

Votre (vos) voisin(s) vous indique (nt) que l'engin fou qui s'approche est votre autobus.

Vous agitez violemment votre main de haut en bas.

Le bus stoppe.

Ou pas...

  • Quatrième étape : Monter dans le bus.

A chaque ville, son sens de montée.

A Brasilia, les passagers entrent dans le bus par l'avant et en ressortent par l'arrière.

A Salvador, c'est le contraire...

  • Cinquième étape : Payer son trajet.

Juste après les marches, un tourniquet bloque votre progression dans le bolide.

Un homme trône à côté de l'obstacle : le cobrador.

Derrière lui (ou à l'avant du bus...) s'affiche un prix.

Vous lui tendez votre monnaie et obtenez le droit de faire marcher le tourniquet.

Le tarif est le même que vous fassiez la ligne de bout en bout ou que vous descendiez au prochain arrêt mais n'est pas le même sur toutes les lignes d'une agglomération.

  • Sixième étape : Trouver une place assise.

N'y songez même pas aux heures de pointe...

  • Dernière étape : Descendre du bus.

Au bon arrêt de préférence...

Votre (vos) voisin(s) vous tape (nt) sur l'épaule pour vous indiquer que vous arrivez à destination.

Entre vous et l'unique sortie, se dresse la foule compressée des usagers.

Vous jouez des coudes et parvenez à la porte du bus.

Le chauffeur marque l'arrêt.

Peut-être pas assez longtemps...

Ou pas du tout...

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Courir après le bus m'a mise en appétit !

Je vous propose donc de me rejoindre sur la plage d'Imbassai pour déguster, les pieds dans l'eau, la spécialité de la région de Bahia : la moqueca.

La moqueca, dont l'origine est africaine, se décline en de multiples versions : poisson, crabe, langouste, crevettes...

Elle doit sa couleur à l'ingrédient qui lui est indissociable : une huile de palme rouge, azeite de dendê en version originale.

Vous reconnaîtrez aussi dans ce ragoût de délicieuses senteurs de citron vert, de coriandre et de lait de coco.

Ce plat n'est pas spécialement pimenté sauf si le gourmand a la malheureuse idée de renverser dans son assiette l'intégralité de l'innocent petit pot de sauce qui lui fait de l'oeil sur la table...

La moqueca s'accompagne de riz, de crudités et d'une épaisse bouillie plutôt insipide et gluante à base de manioc : le pirão.


Bon appétit !

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Oscar pour les intimes.


Le 21 avril 1960, après 1000 jours de travail acharné, les brésiliens inaugurent leur nouvelle capitale : Brasilia.

3 hommes ont porté ce projet : un président, Juscelino Kubitschek, un urbaniste, Lucio Costa et un architecte, Oscar Niemeyer.

Je vous propose maintenant une promenade en images à travers cette ville au charme certain quoique suranné...

(Je fournis le plan mais pas l'audioguide !)

Bonne visite...

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Le Pantanal est le lieu que rêve d'explorer tout ornithologue.

Le colibri butine,

Le toucan attend ses hôtes,

L'aigle prend son bain.

Le faucon couleur de muraille, le jaune gorge, le rouge tête, le bec bleu et la rose plume prennent la pose.

Deux vautours patientent au dessus du garde manger pillé par de peu discrets insolents.

Toute ce petit monde chante, piaille, virevolte et occupe ses journées en pêchant du piranha, en grignotant des fruits ou en gobant des mouches.

Le bonheur et la béatitude sauf pour votre pare brise qui se transforme en une odoriférante litière...

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Je vous rappelle que cet épisode est indissociable de la lettre F et de la lettre D.Le M est en option...

Découvrons maintenant les plages urbaines de Salvador de Bahia,

Les plages fluviales de Cáceres

Et les plages sauvages de la côte de Coco !

Toute cette marche dans le sable m'a épuisée.Pas vous ?Je vous propose donc de me rejoindre sur ces transats pour admirer l'océan en écoutant l'apaisant concert de vent et de vagues.

J'oubliais !

Les frileux pourront facilement se baigner début mai...

L'eau frise plutôt les 25 que les 15 !

17

Un voyage au Brésil, tel que décrit en filigrane dans ce carnet, revient à environ 120 euros par jour et par personne hors vol transatlantique.


Ce montant couvre les dépenses de logement (hôtel basique à confort - aucun hôtel de luxe), de nourriture (restaurant moyenne ou bas de gamme et pension complète au Pantanal), de transport (location d'un véhicule pour le Pantanal et la partie balnéaire ; 3 vols intérieurs ; transport en commun en ville sauf taxi pour les aéroports) et toutes autres dépenses (peu nombreuses : quelques entrées de musées).


Il me paraît donc préférable d'aller au Brésil après un voyage au Japon, en Norvège ou en Suisse plutôt qu'après un séjour en Inde ou même en Afrique du Sud...

18

L'eau des rivières qui s'entrelacent, se délacent et se répandent dans les plaines marécageuses du Pantanal ensorcelle le pixéliseur de souvenirs, amateur d'effets miroirs.

Je me suis laissée envoûter...

19

Je m'aperçois que je donne une image bien alcoolisée du Brésil entre bière et cachaça et que mes lecteurs, membres des AA ou bien musulmans orthodoxes, pourraient se dire que cette destination n'est pas la leur...

Je vais donc consacrer une lettre à une boisson merveilleuse qui vous accompagnera du petit déjeuner au coucher et que vous pourrez boire sans modération : le jus de fruit !

(Un nutritionniste me souffle à l'oreille que seule l'eau potable peut se consommer quasi sans modération. Mais bon, une fois n'est pas coutume ! )


Revenons à nos moutons...euh...boissons.


Le Brésil est un gigantesque panier de fruits et vous trouverez partout (et, pour une fois, à un prix quasi dérisoire...) de délicieux jus de fruits aux noms les plus appétissants les uns que les autres.


Maracuja, Acerola, Abacaxi, Manga, Laranja s'affichent aux menus et se dégustent au verre, au pichet ou à la cruche.

Un coup de mixeur, un peu de sucre pour certaines saveurs trop acides, quelques glaçons, une paille et voilà votre palais comblé !


Bonne dégustation...

20

Une tête qui dodeline de gauche à droite et de droite à gauche alors que son propriétaire affiche un sourire énigmatique rappelle au voyageur l'intense sentiment de perplexité quant à la réponse d'un Indien à l'une de ses questions.

Il aura d'ailleurs beau s'essayer lui-même à ce geste, il n'aboutira, au mieux, qu'au triste spectacle que donne un chien en peluche décorant l'arrière d'une voiture...


Rien de tel au Brésil !

Le geste emblématique des brésiliens est d'une clarté et d'une simplicité extrême : il suffit de lever le pouce tandis que vos zygomatiques entrent en action.

Vous êtes sur la plage et vous voulez une autre bière ?

Vous montrez un cadavre au lointain serveur qui fait aussitôt le signe magique.

Vous rendez votre véhicule de location intact et vous demandez à l'agent d'accueil si tout va bien ?

Le signe magique.


Je vous laisse vous entraîner et vous dis à plus tard pour découvrir ce que se cache derrière la lettre U.

21

Quelques kilomètres après Pocone, le goudron s'achève brusquement pour laisser place à la terre.

Une pancarte a tôt fait de nous avertir que nous nous engageons sur la fameuse Transpantaneira, route qui devait permettre la liaison entre le nord et le sud du Pantanal.

La nature et la pluviométrie ont eu raison de ce projet et la piste s'achève en cul de sac à Porto Jofre...

Mais n'anticipons pas et gagnons notre Duster - siglé Renault au Brésil...- pour parcourir les quelques 150 kilomètres et 122 ponts de cette longue étape !

Notre progression est rapidement stoppée par l'avant garde d'un troupeau.

L'obstacle contourné, le Duster franchit son premier pont et découvre que pluie et terre ne font pas toujours bon ménage.

Après avoir quelque peu papillonné,

Nous tombons sur un embouteillage.

Que se passe-t-il donc ?

Le pont suivant est trop endommagé pour permettre le passage d'un lourd bus de pêcheurs.

Tous les passagers se transforment donc en charpentiers et récupèrent de solides planches pour colmater les brèches...

L'habile rapiéçage est efficace et la route est bientôt dégagée.

Dans 100 mètres, tournez à droite ! ordonne alors le GPS.

Euhhhhhh, ça va pas non !!!

Nous coupons le sifflet à l'impudent ordinateur et poursuivons notre chemin.

Quelques photographies, quelques animaux (Revoir les lettres C, J et O...) plus tard, nous abandonnons notre très crotté véhicule et achevons le périple sur nos deux jambes.

Une dernière étendue lacustre à franchir,

Et nous débouchons sur l'ultime pont de bois de la Transpantaneira.

Je vous laisse faire quelques brasses dans le rio Cuiaba ou bien un peu de canoë sur nénuphar...

Attention aux piranhas !

22

Nous quittons les beaux quartiers de Salvador de Bahia pour une visite de la péninsule d'Itapagipe.

Notre logeuse nous a indiqué de bien faire attention à notre sac principalement dans la foule.

Le coeur tout de même léger, nous montons dans un premier bus puis dans un second.


Nous trouvons une petite place où nous installer et regardons le paysage urbain défiler à travers les vitres un peu crasseuse du bus.

Un jeune homme nous montre notre sac à dos et nous invite à mieux le refermer. Nous inspectons l'objet et remarquons que nous avons en effet oublié de tirer la fermeture éclair jusqu'au bout et qu'un centimètre de jour se distingue...

Nous regardons alors les autres passagers et observons que la nonchalance n'est pas de mise quant à la surveillance de ses effets personnels.


Le coeur un peu moins léger, nous descendons du bus et visitons la célèbre église de Nosso Senhor de Bonfim.

Gavés de nourritures spirituelles, nous décidons ensuite de consacrer quelques instants à des plaisirs plus roboratifs...

Suivant les indications gourmandes de notre guide, nous choisissons de nous rendre à pied à un restaurant situé à quelques minutes du sanctuaire.

Un peu perdus, nous demandons notre chemin à une passante. Ses explications s'achèvent par une sérieuse mise en garde sur le quartier.

Légèrement inquiets, nous poursuivons cependant notre route.

Le restaurant s'avère fermé. Nous convenons donc de gagner l'autre côté de la péninsule. Toujours en piétons, bien sûr.

Les rues sont désormais désertes. Nous pressons le pas en nous arc-boutant à nos maigres possessions.

Nous n'avons plus un poil de sec en arrivant au Fort de Monte Serrat.


Tu as vu le groupe d'hommes là-bas ?

Tu ne les trouves pas louches ?

Le délit de faciès nous guette !

Nous nous montons alors tranquillement le bourrichon en longeant la mer.

Tu crois pas qu'il nous suit, le gars en rouge ?

C'est presque au pas de course que nous retrouvons l'arrêt de bus et la fausse impression de sûreté procurée par une foule retrouvée...

Tiens, l'est plus là le pull over rouge...


C'est décidé, demain, j'arrête TFI et M6 !

23

De jolis cabanons en plastique dont l'usage se devine en amont grâce au délicieux fumet qui s'en dégage ornent certains lieux fort fréquentés des villes et plages brésiliennes

Ceux-ci ne dégageaient aucun effluve.

Je me demande bien pourquoi...

24

Le Duster atteint péniblement les faubourgs embouteillés de Cuiabá.Le copilote profite de la vitesse ralentie du véhicule pour observer ce qui l'entoure.

Une pancarte puis une autre le rendent perplexe.


Chambre Deluxe, 49 R par heure !

Chambre Lune de Miel, 56 R par heure !


Les noms des hôtels finissent d'intriguer nos voyageurs...

Eros, Vénus, Cupidon...


Serions-nous dans les quartiers chauds de la ville ?

Aucun signe de prostitution aux environs, aucun manège "suspect".

A quoi servent donc ces hôtels ???


A ce que vous pensez bien sûr !

Mais pour des amours officielles et non tarifées.

Il faut dire qu'à 3 (voire plus) générations sous le même toit exigu, un peu d'intimité ne nuit pas...

25

J'ai souvent noté dans différents carnets des remarques sur l'accueil, le sourire ou la gentillesse des habitants des pays visités.

Ainsi, sont souvent vantés les mérites des pays asiatiques comme la Thaïlande ou des pays du Maghreb comme le Maroc.


Je dois dire que, personnellement, je place les brésiliens largement au dessus du lot et que je décerne à ce pays la coupe du monde du pays le plus chaleureux !


Le brésilien peut être bourru, le serveur pas servile, le vendeur de souvenirs insistant...

Mais avec dans le fond une véritable chaleur qui fait oublier les petits désagréments.

N'hésitez pas à demander votre chemin, à engager une conversation, même dans un brésilien balbutiant, on ne vous mordra pas !

(Attention, le brésilien est plutôt tactile. Si vous détestez les contacts physiques, choisissez un autre pays...)

26

Ne restent que ces quelques souvenirs fixés pour toujours dans la poignée de connexions synaptiques ayant résisté au chapitre A...