Carnet de voyage

Cœurs de goélands

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Deux amoureux autour du Monde... en quête de liberté et de rencontres !
Octobre 2019
365 jours
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Publié le 5 décembre 2019

... Ça ne vous rappelle rien ? 😉

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Publié le 3 décembre 2019
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1er décembre 2019. Deux ans après mon passage à Santiago, impasse d'un voyage avorté, nous sommes arrivés au bout de ce chapitre pèlerin. Sur le parvis de son enchanteresse cathédrâle, au milieu des badaux, les derniers pèlerins de la saison se mêlent aux touristes. Une humble fierté envahit mon coeur qui bat la chamade... On y est !

Seuls et ensemble, nous passons de longues minutes assis là, sur les pavés de la grande place, à contempler ce trésor d'architecture que des dizaines de millions de pèlerins avant nous ont rêvé, puis atteint. Pourquoi avons-nous entrepris ce périple ? Moi qui abhorre tant la religion, moi, dont les pas solitaires m'ont si souvent guidé vers le chemin le moins fréquenté... Pourquoi ?

...On dit qu'une part de la magie du Camino réside dans le fait qu'à mesure qu'on arpente ses sentiers, on oublie les raisons qui nous ont poussés à s'y engager.

Et c'est peut-être cela le véritable Chemin que je recherche et que j'ai décidé d'emprunter :

Vivre simplement mes rêves sans les rationaliser ;

Assumer pleinement mes peurs et ma lumière même devant ceux qui crient aux autres la peur de leur lumière ;

Contempler avec émoi la splendeur de la Vie qui bat en moi et tout autour de moi, avec lucidité, sans fards et sans subir la tyrannie du mental ;

Faire l'expérience de Qui Je Suis, et construire Ici et Maintenant Qui Je Veux Être, la confiance en étendard, l'Ego au service de l'Âme.


...En sortant de cet Instant d'éternité, nous rions, quelques larmes de grâce s'échappent de nos yeux, nous nous embrassons, comme des enfants heureux. Puis nous décidons d'interpeller une passante afin de nous aider à immortaliser ce moment dans la matière à travers cette photo, pâle reconstitution empreinte de nos plus belles énergies de partage. Puisse-t-elle vous communiquer un peu de cette simple gratitude, de cette joie paisible et incrédule qui nous a traversés en ce premier jour de décembre 2019, autour des 16 heures, à Saint Jacques de Compostelle.


Et à l'heure où j'écris ces quelques lignes, dans le bus qui nous téléporte déjà vers la capitale portugaise, une phrase entendue maintes fois à la fin du Sentier du Paradis (au Mont Saint Michel) me revient en mémoire. Une simple phrase. Elle me souffle la sagesse du marcheur au long cours qui revient à la jungle urbaine de ce qu'on appelle "la civilisation".

Une toute petite phrase, pourtant si profonde et si juste... :

Ici commence le véritable Sentier.


¡ Ultreïa !


Antoine

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Publié le 1er décembre 2019

"Buen Camino !"

"Bon Chemin !"

"Have a good way !"

Je suis toujours surprise lorsqu'un visage inconnu, les yeux pétillants ou admiratifs, au détour d'un sentier, d'une rue, d'un rayon d'épicerie ou d'une plage nous sait ou nous devine pèlerins, nous souhaitant avec une grande bienveillance l'aboutissement de notre projet et la sérénité dans notre chemin.

À plus de mille kilomètres, au plus profond du massif central, des gens n'ayant jamais quitté leur petit village nous ont vu passer, prêts à parcourir tant de paysages, à franchir tant de collines et de vallées dont, comme nous avant, ils ne soupçonnaient même pas l'existence.

J'ai le sentiment, sans fierté démesurée ou héroïsme fantasmé, de marcher pour ces gens. Pour tous ces gens. Pour ceux qui ne peuvent pas, ceux qui pourraient, ceux qui l'ont fait. Pour ceux qui comprennent, ceux qui s'étonnent, ceux qui s'insurgent. Pour ceux qui en rêvent, pour ceux "même pas en rêve". Pour ceux qui ouvrent leur cœur, ceux qui ferment leur porte.

En amenant jusqu'à eux un peu de mon voyage, de ma liberté, de ma détermination et de mon envie de partage, je m'imagine semeuse de graines, comme tant d'autres avant moi passés par là.

Et les graines feront des arbres, si on les arrose, non?

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Publié le 30 novembre 2019

Saint-Jacques, j'ai marché vers toi.

Durant 56 jours, 940 kilomètres, j'ai marché vers toi.

Sous la pluie battante, dans les nuits les plus froides, au cœur de la tempête, j'ai marché vers toi.

Avec mon sac si lourd, mes tendons enflés, avec le mal du pays, le doute et la fatigue, j'ai marché vers toi.

Et en marchant vers toi, c'est vers moi que j'ai marché. Pas à ma poursuite: à ma rencontre.

Pas après pas, j'ai laissé le déluge au dehors pour mettre le soleil au dedans.

Pas après pas, mon sac s'est allégé de peurs et empli de sérénité.

Pas après pas, j'ai soigné mon corps, avec douceur, j'en ai fait mon allié.

Pas après pas, j'ai marché vers toi.

Et demain, tu te tiendras devant moi. Je me présenterai ainsi, paisible, sachant que tout commence.

Je ne marcherai plus vers toi. Je marcherai avec toi, poursuivant chaque jour mon chemin, toujours davantage vers moi-même, riche de ces semaines de marche, de réflexion, de méditation, de ces paysages, de ces animaux, de ces dépassements physiques et psychiques. Grandie. Prête à rayonner d'Amour. Et bercée de confiance, par une foie nouvelle et assumée, par la certitude que tout ira bien.

Et je marcherai encore. Tous les itinéraires sont permis.



Mau.

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Publié le 29 novembre 2019

Petit chaton... Negrita.

Un matin de marche, tes miaulements aigus nous ont sortis de nos pensées encore embrumées de sommeil. Minuscule boule de poils, tu t'es traînée hors du fossé où tu étais recroquevillée pour venir t'affaler sur les chaussures d'Antoine, et tout s'est bousculé dans ma tête et dans mon coeur... : ta maigreur; ton bassin visiblement décalé; ton poil si doux, si noir, comme mon Yoda; ta patte abîmée; tes grands yeux; ce miaulement implorant, cette route où tu avais du faire la mauvaise rencontre d'une voiture... Et puis nous, attendris et paniqués... Un appel au vétérinaire du village voisin, 2 kilomètres en courant pour t'acheter une boîte de thon, l'attente que l'on vienne te chercher pour te soigner...

Et entre les deux... la tendresse, les caresses... J'ai senti ton pouls ralentir lorsque je t'ai rassurée, serrée contre moi, tremblotante et ronronnante, si fragile...

Apprentie vétérinaire, je me suis félicitée de sentir tes côtes intactes, de voir ton regard vif et alerte, de constater ton bon appétit.

Évidemment, j'ai pensé à venir te rechercher, après tes soins... Évidemment, quand tu es partie dans ta petite cage de transport, j'ai eu un pincement au coeur...

L'après-midi, nous avons parlé de toi, confiants, t'imaginant bientôt adoptée par une famille aimante.


Deux jours plus tard, autour d'un café, avec douceur et chagrin, c'est Antoine qui m'a appris ta mort. Lui l'a appris face à l'Océan. Il n'y a pas de bon endroit pour ces choses là...

J'ai envie, ou peut-être besoin, d'apaiser un peu ma tristesse en me disant que tes miaulements d'appel à l'aide ont été entendus ce matin là; que délaissée des hommes, tu as finalement été accompagnée dans ton dernier voyage. Qu'un surnom, de l'Amour, et un peu de thon, ont réchauffé ton corps fébrile des heures passées au fond du fossé...

Et puis, bien sûr, en pensant à toi je pense à mes chats, qui ont eu plus de chance, à Nina qui a failli nous quitter cet été, à mon petit Eliott qui s'est finalement envolé, une nuit, dans mes bras, contre mon coeur.


Bon vent, Negrita. Tu seras dans chacun des chats libres et heureux que nous saluerons sur notre chemin.


Maureen

Publié le 29 novembre 2019

...

À toi


À ton courage, ta détermination,

À tes jeux d'enfant fous et innocents,

À tes chaussures qu'importe la saison,

À tes grandes joies, tes larmes, tes danses,

À ton ode au moment présent...


À la vie à l'amour,

À nos nuits à nos jours,

À l'éternel retour de l'enfance,

Au voyage qui fini,

À celui qui surgit,

Et qui unira nos deux vies...


À moi,

Aux continents que je m'ouvre avec toi,

À mes oublis et à mes pitreries,

À ce soleil que tu mets dans ma vie,

À mes ombres que je n'te cache pas, à mes peurs de vivre avec toi...


À la vie à l'amour,

À nos nuits à nos jours,

À l'éternel retour de l'enfance,

Au voyage qui fini,

À celui qui surgit,

Et qui uni déjà nos vies...


À nous,

À notre écoute et notre bienveillance,

À la beauté sans savoir que l'on donne,

À cet amour immense que l'on rayonne,

À nos silences de circonstance, à nos folies, nos rires, nos transes...


À la vie à l'amour,

À nos nuits à nos jours,

À l'éternel retour de l'enfance,

Au voyage qui fini,

À celui qui surgit,

Et qui a uni nos deux vies...


28 septembre - 28 novembre... Joyeux anniversaire !!


Toine

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Publié le 28 novembre 2019

Au bout du Portugal, alors que nous marchions sur d'interminables pontons de bois longeant l'Océan, impassible Atlantique, nous avons été les subtils témoins d'un spectacle aussi commun qu'extraordinaire.


Au bout du ponton de bois qui menait à la plage, un vieil homme se tenait là, immobile, et qui paraissait comme absorbé.

Mon pas, doucement a ralenti jusqu'à zéro. Et du haut de mon indolente naïveté, j'ai cru capter là, moi petit point lentement mouvant sur ce globe immense, une petite poussière de ce qui se jouait alors d'immensément profond pour ce vieil homme immobile. En voici la substance brute, telle qu'elle m'a été livrée :


" Hola mar, mi querida mar... Hola. Me alivia volver a verte, hoy que tanta tristeza y tanta amargura siento en mi corazón cansado.

Y el Océano le contestó :

" Hola. Me alegra tu visita abuelo. ¿ Pero qué te pasa hoy, amigo mío ? Hace tantos años que te conozco. Pero es la primera vez que te veo tan afligido. ¡ Cuéntame !

Y el viejo suspiró :

" No entiendo al ser humano. No entiendo a mis propios hermanos y hermanas... Ve toda esa basura... ¡ Mira este plástico ! ¿ Cómo es posible ? ¿ Qué pasó, endónde nuestros ancestros se equivocaron ? ¿ Y sobre todo : ¿ por qué no hacemos nada para CAMBIAR ?

- Se parece más a rabia ahora...

- Claro que se parece, ¡ si lo ES ! Claro que siento rabia, encontra deste viejo sistema que está destruyendo el planeta a la misma velocidad que lo poco que queda de humanidad en el Hombre... Claro. Pero...

- ¿ Pero ?

- Pero lo que más me conmueve ahora, sabes, es una infinita tristeza...

Siento tristeza porque Madre Naturaleza habla, entrega, regala su amor incondicional e infinito pero el Hombre no solo queda sordo, sino también la va destruyendo, matando poco a poco, asesinando cada día, más y más. Y con todo esto, me siento como si fuera yo inconsolable...

- Mmmh... Ya veo.

Et l'Océan lui souffla une douce brise venue du large pour le remercier de s'être confié à elle...

Il lui répéta une fois de plus qu'elle l'aimait, de ces amours si purs, sans limites, sans conditions.

Puis, après un silence, lui dit :

"Hermano mío. Quisiera que tu alma se acuerde que la conciencia de la Belleza está en todo el planeta, toda forma de vida y en todos los tiempos. Así que no desaparecerá aquella conciencia con el Ser Humano si este termina por elegir la autodestrucción. Y este plástico ¡ hombre, no te preocupes, que para mí es una broma que durará un décimo de segundo !

También quisiera que sepas que la tristeza y la rabia sí tienen fin, cuando la Fe definitivamente se muda a vivir en tu corazón.

Y al fin y al cabo, abuelo, sepa que Madre Naturaleza ama tanto y tanto a sus creaturas que siempre les dará, a ustedes - Almas que se creen mortales - otras y otras suertes... Así que no todo anda mal... ¿ Qué opinas abuelo ?"



... Je ne sais si le coeur du vieil homme s'est allégé de sa peine ce jour-là. Je ne sais pas non plus si sa colère le quitta : mes pieds m'arrachaient déjà au pays de son coeur pour rejoindre l'Espagne.

Mais au fond de moi, je senti grandir une jeune certitude, fragile et prometteuse... :

Madre Naturaleza habla, entrega, regala su amor incondicional e infinito... Y por fin, algunos seres humanos intentan escucharla.


Antoine

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Publié le 28 novembre 2019
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Publié le 24 novembre 2019

Je serai pèlerin.

Je marcherai.

Je marcherai sous le soleil trop lourd,

Sous la pluie à verse

Et dans la tourmente.

En marchant, le soleil réchauffera mon corps de pierre,

La pluie fera de mes déserts un jardin.

À force d'user mes chaussures

J'userai mes habitudes.

Je marcherai,

Et ma marche sera démarche.

J'irai moins au bout de la route

Qu'au bout de moi-même.

Je serai pèlerin.

Je ne partirai pas seulement en voyage,

Je deviendrai moi-même un voyage,

Un vrai pèlerinage.


Auteur anonyme

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Publié le 24 novembre 2019
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Publié le 16 novembre 2019

Bientôt sur myatlas... et après une courte page de... LAVERIE !!

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Publié le 15 novembre 2019

860 kilomètres en stop et covoiturage, de la France au Portugal, en passant par l'Espagne! Une sacrée aventure 😊

D'ici deux jours, nous reprendrons notre marche vers Compostelle, depuis Porto!


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Publié le 12 novembre 2019

Deux-mille cent kilomètres. Vingt heures de route. J'ai subitement si peu de mots...

Tu as traversé la France pour me voir. Pour être là, un Samedi matin, de l'autre côté de la rue, tout sourire et les yeux humides. Pour partager un week-end, simple, puissant. Pour que l'on regarde ensemble l'Océan déchaîné se fracasser sur les rochers. Pour voir nos yeux brillants te raconter nos aventures, notre Aventure. Pour y prendre part, dans la matière. Pour que l'on fasse un bout de chemin ensemble. Pour t'assurer que nous avions des pulls chauds. Pour partager du vin et du chocolat. Pour se raconter nos périples, comme des vieux marins.

Avec toi, tu as amené ce parfum familier, cette sensation rassurante, ce goût qui ravit instantanément les papilles: le connu, un chez-soi immatériel. Dans ce flot d'incertitude sur lequel nous avons choisi de naviguer quotidiennement, dans cette mouvance perpétuelle, tu es venu murmurer à mon cœur l'immuable. L'amour. Les racines. La Famille.

Juste avant la frontière, qui nous séparera symboliquement davantage, avant une nouvelle partie du voyage qui nous éloignera plus encore, tu m'as comme retenue un dernier instant dans le chaud de ton amour paternel, si précieux.

Je ne sais pas encore ce que je suis partie chercher, quelle est ma quête. Mais je sais ce que je retrouverai, ce que j'ai la chance d'emmener dans mes bagages, à travers le Monde, à travers mes recherches intérieures. Dans les jours les plus lumineux et dans les nuits les plus froides.

Et je sais pourquoi je reviendrai.

Merci, Papa.



Maureen

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Publié le 11 novembre 2019

À nos errances !


À la vie qui danse,

À l'imprévu qui s'invite quand on l'attend pas,

Sans frapper, qui ouvre la porte et qui connaît déjà le petit fauteuil près de la cheminée où il s'installe

Comme si de rien n'était.


À nos errances...

À tous ces projets que l'on croyait

Bien ficelés, bien arrimés, bien accrochés,

À tous ces plans sur la comète, ces châteaux en Espagne, ces Camino francés...

"Je prendrai le bateau" ; "je ne fumerai pas" ; "je ne prendrai pas l'avion" ; "et je ferai ci" ; "et je ferai ça"...


À nos errances.

À nos pères, à nos mères, nos frères et soeurs

Qui nous ont entendu prononcer ces mots et qui,

Silencieusement ont pensé, sagement ont su, lucidement ont cru,

Mais toujours n'ont rien dit...

À leur amour, à leur bienveillance,

À leur tendresse et leur amitié !


À nos errances !

À l'instabilité de la marche, qui fait que l'on manque de tomber à chaque pas

Mais pourtant se rattrape,

Au prodige immense qui fait que l'homme se tient debout,

À cet enfant apprenant à marcher,

Qui tombe, qui tombe et tombe encore

Mais qui inlassablement se relève...


À nos errances.

À la branche de l'arbre qui entièrement se donne, se laisse par les vents ballotter et qui, dans son aveugle confiance, sait bien que l'arbre la tient,

De toute son âme...

...

Et l'Humain s'est levé et l'homme s'est fait Homme et il a marché.

Et à l'intérieur, aux tréfonds du coeur, l'adulte et l'enfant se prenant les mains se sont réalisés...


À l'Amour qui jamais n'a faiblit dans le cœur de la Terre.

À l'Amour des futurs pères et des bientôt mères, tous ces êtres humains qui continuent de vouloir faire des enfants dans ce monde qui s'écroule (!)

Parce qu'ils ont cette invincible douceur au fond du cœur,

Cette bougie qui souvent vacille mais jamais ne s'éteint,


À l'Amour...

À l'Amour qui nous pousse à faire plus de 2000 km sur un coup de cœur,

Venir voir son sang, la chaire de sa chaire,

Simplement lui dire qu'on l'aime

Et repartir, nu comme un verre de Sancerre,

Repartir, comme on est venu...


À l'Amour !

À l'Amour du ciel et de la terre,

À l'Amour des plaines et des collines,

À l'Amour de la montagne,

À l'Amour de l'océan, à cet amour immense et infini qui nous pousse sans raison logique à toujours avancer, à ne jamais baisser les bras.

À l'Amour qui sait que la voile a besoin du marin

Et que le marin a besoin de croire en son cœur.


À cet Amour, véritable, invincible et immortel qui fait que la vie est Vie et que la mort est Vie, elle aussi.


ULTREÏA !


https://youtu.be/ly2IHt74Xhg


Antoine


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J'ai l'impression que la tempête Amélie nous est passée sur le corps...

Des jours durant, nous avons cheminé sous une pluie battante transformant les sentiers en ruisseaux, secoués par des vents faisant tomber des arbres en travers du chemin, glacés d'humidité et trempés des pieds au plus profond du sac à dos.

Nous sommes passés par toutes les étapes: l'auto-dérision, la détermination, le découragement, l'entêtement, l'entraide, la résignation et enfin le renoncement... Douloureux, nécessaire, raisonné, raisonnable...

Les nuits à abriter notre tente sous des préaux ou des chapelles n'ont pas suffit, les replis aux coins de cheminées non plus, les refuges de fortune ne nous ont été que de courts répits s'avérant très vite insuffisants, illusoires même, face au déferlement de la Nature.

Pourquoi marchons-nous ? Que cherchons-nous ? Jusqu'où sommes-nous prêts à aller ? Dans quelles conditions ?

En nous posant ces questions et en constatant qu'après environ 600 kilomètres de marche, les conditions climatiques nous faisaient atteindre nos limites matérielles et psychologiques, nous avons décidé de transformer momentanément notre périple, nous rapprochant en stop des Pyrénées, espérant rejoindre l'Espagne au plus vite, pour y trouver un temps non plus clément, mais qui nous permettrait de progresser dans des conditions supportables.

Là non plus, nous ne serons pas des puristes: nous ne franchirons pas à pieds le col de Roncevaux, déjà enneigé et fermé aux piétons, sous peine d'une lourde amende. Le traverser par une route, dans des conditions de sécurité approximatives ne nous intéresse pas non plus.

Notre marche reprendra donc de l'autre côté de la frontière. Reposés, déterminés, et fiers d'avoir su renoncer.



Maureen

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Publié le 4 novembre 2019

Comme prévu, il fait très froid au Canada...

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Publié le 4 novembre 2019
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Publié le 4 novembre 2019

Imaginez une petite maison de pierre, aux volets bleus. Le village le plus proche est à quatre kilomètres et ici, pas de véhicule : tout se fait à vélo. Au milieu d'un champ, balayée par les vents et bien emmitouflée dans le brouillard, elle semble être arrivée là par hasard, dans le sac à dos d'un voyageur qui, s'étant prélassé sous l'un des grands chênes, aurait décidé de rester vivre là.

Elle ne paye pas de mine, cette maisonnée toute de bric et de broc, comme marquée par le passage d'une infinité de destins, d'histoires, de vies...

Un drapeau tibétain virevolte dans le jardin, délivrant son message de paix sous ses couleurs délavées par le soleil et la poussière. On a même fait une niche pour un chien errant, à qui l'on a offert non seulement le gîte mais un nom: Milou.

La porte est toujours ouverte. Les pèlerins viennent ici pour se réchauffer, partager un repas ou dormir. Les photos de leurs visages souriants jonchent les murs du petit couloir. S'ils le peuvent et le souhaitent, ils laissent quelque chose, afin de faire vivre l'endroit. Rien n'est demandé.

Imaginez maintenant une grande cheminée, qui occuperait une cuisine modeste, un peu désuette, avec des poutres au plafond et des piles de casseroles dans les placards. Au coin du feu, il y a deux chaises: vous pouvez venir vous réchauffer sur la première. Sur l'autre, derrière la fenêtre au carreau mince et légèrement embué, est installé un vieux Monsieur. Toute la journée, il guette quelqu'un ou quelque chose, sans rien attendre ni espérer, écoutant France Musique ou France Culture, et roulant des cigarettes qui lui jaunissent les ongles. C'est un mélange de mes deux grand-pères : il se prénomme comme l'un, aime le rouge comme l'autre. Naviguant d'un âge à l'autre lorsque, de voûté, famélique et toussotant il relève sa gueule d'ange, souriant comme un gosse devant le gâteau au chocolat encore un peu chaud que je pose devant lui.

Ici, les mots sont choisis soigneusement, ni pour meubler le silence, ni pour faire du zèle.

Les bûches de bois, les livres, la musique et les histoires que l'on se raconte au coin du feu doivent permettre de rechauffer l'interminable hiver, lorsque les pèlerins ont déserté le chemin et qu'au fond des champs et du brouillard, il ne reste plus qu'un chien errant ne voulant pas de la niche construite pour lui, et un vieux Monsieur, voûté sur sa chaise, derrière la fenêtre d'une petite maison de pierre aux volets bleus.



Maureen



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Publié le 3 novembre 2019

Qu'en pensez-vous, ça se fête ou ça se pleure ?! 😅

Pour moi ce sera ni l'un ni l'autre tant je savoure chaque petit instant passé à cheminer vers mon coeur, dans cette Nature flamboyante... et près de toi Maureen.


❤👣🙏


Antoine

Aaaaah !!
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Publié le 31 octobre 2019

Le temps file... Un mois déjà !


La saison que nous traversons nous offre toute la palette de son talent : le contraste !

Un jour il pleut des cordes, le lendemain le soleil nous réchauffe tellement que nous sommes en T-shirt jusqu'à 16 heures. Un jour la brume nous enrobe et fige le moindre paysage, le lendemain c'est le vent qui joue le premier rôle, il fait danser les branches dans les arbres et des pluies de feuilles nous bénissent. Et que dire de ces couleurs, si enivrantes ! L'automne semble se délecter en nous offrant son feu d'artifice de couleurs : du vert au marron en passant par les jaune-orange-rouge... C'est Elle, Mère Nature. Elle nous régale de son bouquet final avant la grande hivernale. Car quelle plus merveilleuse façon de mourir si ce n'est dans une dernière danse ?


Et l'acte V de Cyrano à ma mémoire nostalgique résonne... :


" Les feuilles... Comme elles tombent bien !

Dans ce trajet si court de la branche à la terre,

Comme elles savent mettre une beauté dernière.

Et malgré leur terreur de pourrir sur le sol

Veulent que cette chute ait la grâce d'un vol."


...Toine


https://youtu.be/4otD9PUSU2E

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Publié le 30 octobre 2019

Petite réflexion pseudo philo-psychologique, qui vaut ce qu'elle vaut:


Nous discutions, Antoine et moi, de notre tente. Nous avons remarqué qu'autour d'elle se cristallisaient des enjeux très forts, et je crois qu'elle est porteuse de plein de choses, cette tente!

De la façon dont on a vu nos parents gérer leur lieu de vie (et donc, longtemps, le nôtre), individuellement et en tant que couple; de comment nous avons habité plus tard nos logements respectifs; de nos expériences antérieures de camping; de notre cohabitation à Lyon...

Partant de là, tout prend du sens: la façon dont on la porte, au sens propre et au sens figuré; dont on en prend soin; dont on en assure la sécurité, la nuit; notre manière de choisir ensemble où l'installer; de l'habiter, chacun, ensemble, dans nos solitudes et notre lien...

Cela vient aussi mobiliser des réflexions autour de notre statut de nomades -choix que nous faisons aujourd'hui et certainement pour les mois à venir: cette tente, ce maigre toit que nous portons, tels des tortues leur carapace, que nous remontons inlassablement chaque soir, qui nous abrite vaillamment, est en fait notre Maison: l'immuable dans le mouvant, la sécurité du connu dans l'univers nouveau qui nous accueille chaque jour...

Alors, avec application, à la tombée du jour, nous érigeons notre petit abri vert et fixons ses tendeurs, tels des racines que nous relions à la Terre et qui nous connectent bien au-delà, grâce à la sécurité de ce petit nid d'Amour, aussi éphémère que constant, au sein duquel nous pouvons reposer nos corps et nos cœurs...

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"Ya un bus à mon nom Maureen... C'est un siiiiiigne, non ??"

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Publié le 27 octobre 2019

Nous nous sommes reposés deux nuits dans l'ancien carmel de Moissac!

Une bien jolie étape.

Nous repartirons demain matin, après les Laudes à l'abbaye.

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J'ai tout quitté de la vie, et je marche sur des chemins de traverse, et j'avance dans un Monde hors du Monde, entre la vie que j'ai quittée et la Vie que je n'ai pas encore, sans savoir si j'arriverai...


Mais je sais pourtant qu'appuyé sur mon bâton, je traverserai des montagnes...


Pour qu'enfin je puisse arriver là où la mort n'existe plus, près du Saint, là où l'Esprit me vivifie et me renouvelle, car ce qui était morcelé se rassemble et ce qui était désaccordé s'harmonise: dans l'unité je revis.


Et je retournerai dans le Monde avec en moi, la force du Vivant.



Auteur anonyme.



L'escalier des pèlerins - Rocamadour
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Publié le 25 octobre 2019

L'arrêt de Montcuq. À voir !

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Publié le 22 octobre 2019

Il y a quelques semaines...

Mettre mes boucles en place. Y accrocher une épingle ou un élastique. Me maquiller : la peau, puis les yeux. Finir par la bouche, selon l'envie. Choisir des bijoux. Nouer un foulard autour de mon cou, ou le laisser glisser sur mes épaules. Deux pulvérisations de parfum: un pour la peau, un pour les vêtements. Choisir des chaussures. Écouteurs aux oreilles, sac à l'épaule, collants en place. Dernier coup d'œil au miroir. Moue dubitative. La journée pouvait commencer.


Ce matin...

Sortir un bras du duvet, sentir le froid, s'armer de courage, s'extirper en entier. Habillage rapide, méthodique : deux tenues à disposition. Chaussettes sèches, un luxe. Gant d'eau froide sur le visage. Chignon serré, pas trop haut pour la capuche. Sourire embrumé, yeux semi-ouverts:

"T'es belle.

- Gnnnn, bonjour mon amour."

Voix enrouée.

Marchons!


J'ai grandi et me suis construite en temps que femme dans cette société où deux choix semblaient s'offrir à moi : acquérir ma propre force, aux particularités très masculines, bref : "avoir des couilles" ; ou me mettre sous la protection d'un homme.

Dans mon aveuglement, je me suis beaucoup bagarrée ; plus tard j'ai fait de la boxe ; bu autant que mes copains ; bombé le torse ; et gueulé -plus fort que les mecs- que j'avais peur de rien. En parallèle, j'ai espéré un homme qui m'édifierait une prison dorée, où ma vulnérabilité pourrait enfin s'exprimer, lui étant infaillible, supérieur, inateignable.


Mon travail s'amorce, bien sûr, longtemps avant ce Chemin. J'ai la chance d'avoir eu des garde-fous, petite fille, puis adolescente, dans cette société phallocrate et hyper-sexualisante dès le berceau. Et puis la vie s'est parfois chargée de m'enseigner, dans l'épreuve, l'importance de la subtile alliance des énergies masculines et féminines. Souvent en souffrance, déstabilisée ou peu confiante concernant la seconde, j'en fais aujourd'hui une expérience toute autre.


Chaque jour, durant des heures de marche, je porte 16 kilos sur mon dos. Autour de ma taille, je noue un foulard afin de ne pas blesser mes hanches, saillantes.

Je ne me sens pas plus faible, pas plus en insécurité que l'homme avec qui je chemine, et je ne quémande pas sa protection : nous nous l'offrons mutuellement. Je suis envers lui aussi soigneuse qu'il l'est à mon égard. Je ne souffre pas davantage du manque d'hygiène. J'avance, aussi, avec ce qui fait de moi une femme, acceptant des douleurs de règles sous la ceinture ventrale de mon sac à dos ; m'adaptant à la nature et à mon environnement.

Nous évoluons côte à côte, égaux, différents, complémentaires, amoureux.

En ce sens, j'apprends aussi à le séduire loin des apparats, du matériel, du superficiel. Doucement. À tâtons. Un jour après l'autre. D'incertitudes en essais, en leçons.


Mon masculin et mon féminin dansent ensemble, s'enseignent, se soutiennent, s'apportent puissance et reconnaissance. Le chemin est encore long.


Je suis une femme. Une marcheuse. Une pèlerine. Et je suis pleine de forces.

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Publié le 21 octobre 2019
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Publié le 21 octobre 2019

Il y a trois semaines nous sommes venus en stop (et par la voie rapide) au Puy en Velay, pour démarrer notre périple de marche. Hier pour la première fois, nous sommes passés au-dessus d'une autoroute.


Chacun notre tour, à quelques centaines de mètres l'un de l'autre, nous sommes restés bouches-bées devant ce spectacle abrutissant et démesuré. Sous nos pieds, lancés à 130km/h, dans des bolides ultra-sophistiqués, des vies défilaient, apparaissaient et disparaissaient, insaisissables.

Si fragiles... Un coup de volant et la mort est au bout du virage... Et nous, pauvres "piétons", que serions-nous au milieu de ce fleuve torrentiel de ferrailles et de chaires ?!?


Pourquoi ? ... Qui sommes-nous, êtres humains, pour avoir défié Mère Nature avec tant d'orgueil, tant d'insouciantes intelligences ??


Balluchon sur le dos, j'ai parfois eu comme l'étrange sensation de me prendre pour le tout premier voyageur de l'humanité, à l'aube des âges farouches. Et voilà que ce voyageur, naïf et indolent, se retrouve nez à nez avec le voyage des temps modernes !


C'est ce voyage-là qui a façonné beaucoup de paysages que nous traversons. C'est lui qui a dévié nos GR, goudronné bon nombre des chemins où nous avons usé nos semelles. C'est lui encore qui a modifié la géographie des villes, créé des cités dortoirs et les aires d'autoroute. C'est lui, aussi, qui tue des millions de personnes dans le monde. Et c'est lui, enfin, qui réchauffe dangereusement la planète... Bref ! C'est autour de lui que s'est construite notre société.


Mais qu'aurait pu penser ce tout premier voyageur de l'humanité en découvrant que chaque robot lancé à pleine vitesse abritait un voire plusieurs de ses semblables ? Aurait-il crié au miracle ? Aurait-il maudit cette invention titanesque et inimaginable ? Et s'il avait simplement demandé, sans juger et en crispant doucement les doigts autour de son bâton de pèlerin : pourquoi ?

Que lui aurions-nous répondu ?

"Pour aller plus vite.

- Pourquoi aller plus vite ?

- Parce qu'on n'a pas le temps. Pour gagner du temps.

-Mais c'est quoi ça, le temps ?"


Qu'est-ce que le temps ? ...

L'histoire ne le dit pas... En tous cas pas ici ^^ Mais pour ma part, je suis reparti sans réponse et sonné par cette rencontre du troisième type, fier d'être mon propre véhicule, content de pouvoir m'arrêter à ma guise, heureux de suivre des yeux un geai qui, semble-t-il, m'avait identifié comme un être vivant avant que de s'envoler plus loin, curieux de chaque couleur, de chaque vibration, joyeux et comblé à chaque fleur offerte au bord du chemin, mélancolique à chaque feuille tombant et virevoltant dans les airs...



Il n'y a qu'un seul voyage, celui qui nous connecte à l'ici et maintenant : l'instant présent.


Antoine

Le chemin est la destination... ULTREÏA !!
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Publié le 17 octobre 2019

Les photos de notre blog VS la réalité! 😂

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Pratique le... triple toit!
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Une bien belle étape, le 10 Octobre.

MERCI Thierry, Nadia et Zahia pour votre accueil !

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Publié le 13 octobre 2019

Ce matin c'était lessive et séchage du linge!


Qui a dit qu'un pèlerin c'était sale? 😉

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Onze jours que nous marchons. Il me semble qu'aujourd'hui, 8 octobre à Espalion, nous avons passé un cap.

D'abord parce que Maureen a enfin trouvé de nouvelles ailes à accrocher à ses racines... Et puis aussi parce que nous avons réussi à nous dépouiller de près de quatre kilogrammes, à deux ! Quatre kilogrammes de renoncement, de peurs libérées, quatre kilogrammes de transformation, tels des serpents changeant de peaux... Nous sommes alors partis plus légers aussi dans nos coeurs, plus souples, plus libres, plus autonomes aussi...


Onze jours que nous marchons. Nous en avons déjà vu défiler ! Des champs, des vaches, des forêts, des collines, des randonneurs pressés... Et le plateau de l'Aubrac, si froid, si humide... mais tellement magique !


Onze jours que nous marchons. Il me semble déjà que la somme de mes besoins s'amenuise. Mes joies s'amplifient, mes peines s'écoulent sans obstacles, mes peurs perdent de leur puissance, doucement, tout doucement...


Quelle épopée, quelles aventures encore à venir ! Mon corps, mon esprit et mon âme, à l'unisson chantent un grand MERCI plein de promesses et de don car demain...


... Je marcherai. Elle marchera. Nous marcherons.

Nouvelles chaussures, nouvelles peintures... L'aventure continue !
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Repas en amoureux à l'auberge!
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Publié le 6 octobre 2019

Je l'ai regardée s'éloigner. Longtemps. Lorsque mes yeux ne la virent plus, mon coeur la distinguait encore. Ses longs cheveux gris, les pommes de pin qu'elle lançait dans les airs pour son chien, son allure un peu nonchalante...

J'aurais peut-être aimé qu'elle se retourne. On s'attache parfois à bien peu de choses pour retenir, quelques instants fuyants, ces gens que l'on ne reverra sans doute jamais plus... un signe de la main, qui semble dire à la fois "bon vent", lorsque les doigts s'agitent, et "je garde un peu de toi et de cette rencontre", lorsqu'ils se referment contre la paume... un dernier sourire; un mouvement des lèvres qui sussure des mots que l'on ne peut que tenter de deviner à présent...


Elle s'appelle Josiane. Elle a ouvert sa porte avant que l'on ne frappe, semblant attendre quelqu'un ou quelque chose. Dans sa grande maison vide, où le vent de l'Aubrac s'engouffre par chaque fissure, elle nous a offert un lit, le temps d'une nuit. Dans le village, on nous a parlé d'elle et du fait qu'elle accueillait les pèlerins. Quelques heures plus tard, le mot accueil a pris tout son sens. Josiane s'est livrée, drôle, touchante, sincère et douce. Son enfance à Paris, le premier appartement avec une salle de bain, la naissance de ses enfants, son petit fils, ses grands parents qui vivaient ici, dans cette maison aux portes de l'Aubrac, où elle est maintenant seule. Ou plus exactement, avec Happy, son chien, dont elle confie son amour, sans pudeur. Il semble le lui rendre, vif et câlin, avec des grandes pupilles noires, pétillantes.

Au café du village, on s'est raconté nos vies, on a réchauffé nos corps d'histoires et de bière. En trinquant, on aurait pu se dire "aux chemins": chemin de Compostelle, chemins de vie, nos chemins qui se croisent... on n'a rien dit du tout. Être là, ensemble, voulait déjà dire beaucoup.

Le lendemain matin, nous sommes partis tard, déjà un peu enracinés dans ce cocon éphémère. Elle nous a accompagnés sur le chemin, quelques dizaines de minutes, avec Happy.

Lorsqu'il a fallu se dire aurevoir, elle retournant dans sa maison et nous, transportant notre maison, planait une forme de gratitude qui n'avait nul besoin d'être énoncée.


Pèlerins, voyageurs, si vous croisez Josiane sur votre chemin, ses longs cheveux gris jouant avec le vent et son sourire illuminant son visage, partagez donc un peu de sa solitude, peuplée de rêves, de vécu, d'envie d'être ensemble, de rire et d'histoires à conter.

Et si vous croisez Happy, caressez donc la douceur de ses oreilles et jetez lui quelques pommes de pin... il adore ça!



Maureen.

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Après une nuit à la belle étoile sur les marches de la cathédrale Notre-Dame du Puy... après avoir été réveillés par le curé au petit matin... après avoir assisté à la messe et à la bénédiction des pèlerins... nous voilà partis!

Cette fois on y est ! Buen camino !

Publié le 27 septembre 2019

Nous y voilà !

Après la Haute-Savoie, nous sommes partis ce matin en stop de Sologne et nous achevons cette nuit notre pèlerinage familial, à Montluçon avec Hélène et Pierre-Yves.

Demain soir, nous dormirons au Puy-en-Velay et commencerons notre marche Samedi matin, après la messe des pèlerins !

L'aventure... a déjà commencé !

Publié le 13 septembre 2019

A chaque fois que j’ai pris l’avion, mon corps, mon cœur et mon esprit se sont fait déraciner violemment. Je l’acceptais, me faisait une raison. Et puis je prenais mon mal en patience. Je tergiversais des heures durant entre inconfort physique et malaise de l’âme. La téléportation, c’est le mot qui m’est venu en tête, dès les premiers vols. L’être humain a inventé avec l’avion une machine qui en quelques heures pouvait l’emmener aux quatre coins du globe. Quitte à perdre le sens du temps et de l’espace. Quitte à raccourcir - jusqu’à presque effacer - le voyage qui consiste à aller d’un point A à un point B. Quitte à se croire surpuissant et ainsi passer à côté de la grandeur du Monde, à côté de la beauté de l’instant et peut-être même à côté de soi…


En 2011, après un an de vagabondages latino-américains, dans l’avion qui me propulsait du Chili, mon pays d’adoption, à la France, mon pays natal, je me suis promis de refaire un jour ce trajet à l’envers mais sans trans-planer, sans téléportation bref : sans avion. Je croyais à la fuite, je ne voulais rien ou pas grand chose à part voyager, je rentrai donc déprimé, abattu, disposé à reprendre mes études, non sans grands dilemmes. Mes rêves de marin passant les îles Canaries pour bouter vers le Brésil m’emmenaient en 2013 – 2014, ou 2015 tout au plus. Je ne savais pas qu’il me faudrait encore cinq années de vie en France avant de mener à bien ce projet fou. Je ne savais pas que je devrais vivre ici, en France, entre joies et déprimes, à planter mes racines, seul souvent, portant les casquettes de comédien, animateur, saisonnier, chômeur, et pas de casquette du tout… Je ne savais pas qu’en 2013 l’amour repousserait d’un an ce voyage, que la méningite en Islande remettrait la partie jusqu’à nouvel ordre et que la peur de s’envoler me clouerait à terre en 2017… Et je ne savais pas non plus que je ne partirais pas seul... Ce que la vie nous réserve !!


Aujourd’hui, à quelques jours de notre départ sur les routes de Compostelle, je suis très heureux de partager avec vous cette grande aventure qui s’annonce : seuls et ensemble, à pieds et en bateau, solitaires solidaires, nous partons, Maureen et moi, pour un long voyage, fait de poésie, de partage et de liberté !!



Antoine.

Publié le 13 septembre 2019

Je dirais que ce projet de voyage est un merveilleux entrelacs de rêves. Mes rêves de petite fille, dont le Papa disait qu’elle avait de l’eau de mer qui coulait dans les veines ; d’ado dont les rêves de liberté ont pris racine dans les livres ou les voyages, en terres écossaises et scandinaves ; de jeune adulte voyant enfin l’aboutissement de 7 années d’études et sentant fourmiller l’envie d’ailleurs ; les rêves d’Antoine ; nos rêves d’amoureux. C’est aussi le rêve éveillé d’une nuit blanche, sur la fin de l’hiver, où l’on a divagué les yeux ouverts, des heures durant, sur toutes les mers et les continents du Monde. En sortant marcher vers 6h du matin, nous étions pris entre épuisement, folie, et au creux du cœur, l’esquisse d’une grande aventure, ensemble : tous les chemins s’ouvraient à nous, foisonnant de promesses, de défis, de partage, d’émerveillement, d’Amour… on allait partir, vraiment !


Les mois passant, ce Voyage se concrétise, doucement. On l’ancre en nous, dans notre lien, dans la matière, auprès de nos proches... Du temps du rêve, on passe avec délectation aux temps des annonces, des projets plus concrets, des préparatifs, des anticipations… toujours un pied sur terre, dans le réel des démarches à effectuer et du matériel à acquérir, et l’autre dans l’immensité qui s’offre à nous, avec son lot d’imaginaire, d’évasion, de peurs, d’espoirs.

Cette danse, qui fait déjà partie du Voyage, se fait seuls et à deux : si l’on partage, s’accorde et s’harmonise, on expérimente aussi individuellement, à nos rythmes respectifs, le trajet que fait ce grand projet dans nos têtes et dans nos cœurs : comment il résonne, ce qu’il vient animer, apaiser ou inquiéter.


Et c’est l’essence même de notre route : cheminer ensemble, mais aussi pour soi, concrètement et intérieurement. Se reconnecter à l’essence même de nos Êtres. Pour ma part, j’aspire aussi à décélérer, en douceur, après des années d’une grande agitation, physique et psychique, due aux études, au travail, à la ville, à un mode de vie toujours plus chargé et rapide. J’ai aussi envie de laisser place à l’imprévu, me laisser surprendre, cueillir par la Vie, par ce qu’elle voudra m’offrir, me donner à voir et à ressentir. D’une reconnexion à la Nature, qui m’a tant manquée ces dernières années, j’espère trouver une nouvelle voie d’épanouissement et de reconnexion, soignant aussi, peut-être, le corps des tracas qui le fatiguent depuis quelques années.


Les jours passent, je suis prête, il me tarde !



Maureen.

Publié le 10 juillet 2019

Bienvenue à vous, famille, ami-e-s, inconnu-e-s de tous bords ! Nous sommes Antoine et Maureen, et nous allons ici vous raconter l'histoire de notre Voyage, entre terres et mers, du chemin de Compostelle à l'Amérique du Sud !

Passons tout de suite aux présentations :

Maureen, 24 ans, récemment devenue psychologue clinicienne, a grandi au pied du massif du Mont Blanc, cultivant ainsi un amour pour la randonnée... et pour la tartiflette de sa Maman. Après sept années d'études, intenses, l'heure est à l'aventure et au ressourcement intérieur !

Ce qui va lui manquer : ses 3257 robes et ses trois p'tits chats (chats, chats...).

Ce qui ne va pas lui manquer : les réveils à l'aube (11h...) et le bruit de la vaisselle dans l'évier qu'Antoine entrechoque maladroitement... !

Antoine, 30 ans, grand amoureux du voyage à vitesse réduite, comédien, animateur et saisonnier agricole à ses heures perdues, a grandi au fin fond de la Sologne, entretenant ainsi sa passion pour les grands espaces silencieux... et pour la berrrrnache ! Après avoir mené une vie de bohème à mi-temps, il décide de réaliser enfin ses rêves d'enfant : partir sur les chemins du Monde en quête de Liberté !

Ce qui va lui manquer : le bon vieux fromage de France et les robes de Maureen.

Ce qui ne va pas lui manquer : l'odeur du métro et Pôle Emploi.


Nous nous réjouissons d'avance de partager avec vous notre folle aventure, et nous vous donnons rendez-vous aux quatre coins du globe !!


Ultreïa !!