À propos

Baroudeurs sur les mers, depuis plusieurs années, nous avons posé nos sacs de marins à terre et commençons de nouvelles aventures en camping- car. A bientôt sur les routes !

SOLEILS D'HIVER EN ESPAGNE ET PORTUGAL SAISON 4

"Il n'est rien de plus beau que l'instant qui précède le voyage. L'instant où l'horizon de demain vient nous rendre visite et nous dire ses promesses" Milan Kundera
Du 13 janvier au 5 mars 2023
52 jours
Dernière étape postée il y a 5 jours
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Publié le 9 janvier 2023

Dimanche 8 janvier 2023

Nous nous sommes quittés le 13 mars 2002, sur une promesse, malheureusement non tenue, qui était : rendez-vous en baie de Somme au printemps.

Que s’est-il passé entre temps ?

Durant deux années nous avons supporté une épidémie mondiale qui a modifié nos comportements et notre façon de vivre, et dont le dicton était : Rien ne sera plus comme avant le COVID !

A cette pandémie s’est ajoutée en février une « opération spéciale » menée contre l’Ukraine par la Russie… Nous avions une nouvelle épée de Damoclès sur la tête.

Épée de Damoclès d’où vient cette expression ?

Du mythe de « Denys l’ancien », tyran de Syracuse et maître de Damoclès. Celui-ci étant envieux du rôle de tyran de son maître, Denys lui propose de prendre sa place durant une journée. Alors Damoclès se rend compte qu’il a une épée suspendue au-dessus de la tête, retenue par un fil de crin appartenant au cheval de Denys. Ce dernier voulait lui montrer que le rôle de tyran a deux faces : tout d’abord un sentiment de puissance mais aussi un risque de mort pouvant frapper à tout instant.

Que faut-il penser de ce mythe ?

Le « tyran » est toujours très en vogue aujourd’hui et ne cesse de croitre !

Au XIXe siècle, on parle « d’épée de Damoclès » pour décrire une situation particulièrement dangereuse ou pénible pouvant se produire d’un moment à l’autre. Et bien on peut dire que celle-ci nous est tombée sur la tête depuis quelques mois, vu l’état du monde dans lequel nous vivons !

En vrac, indépendamment de « l’opération spéciale » :

- crise climatique : sécheresse, canicule et incendies dans le monde et en France dans des lieux où cela n’était pas envisageable.

- crise énergétique (on a plus de pétrole, mais pas beaucoup d’idées.)

- crise politique, crise sanitaire, crise économique, crise écologique …

Et au milieu de cet océan de « crises » en avril nous rencontrons un couple charmant, Serge et Danielle, qui décide d’acheter notre maison de Touraine ! ça c’est enfin une bonne nouvelle !

notre ex maison LA BAULDINIERE  

Pas le temps de partir en baie de Somme. Nous devons trouver un autre « logement » où garer Léon et poser nos sacs de marins ! Il faut redevenir « sages » à notre âge et penser à la transition avant l’EHPAD !

En septembre nous emménageons dans le Sud, enfin le sud-est, dans une charmante ville au bord de la méditerranée, dans notre nouveau « home » pour quelques décennies, on l’espère !

Départ prévu pour de nouvelles rencontres et aventures aux soleils d’hiver :

VENDREDI 13 janvier 2023

JOUR DE CHANCE OU JOUR DE POISSE ?

Si vous tremblez chaque jeudi 12 soir et que le samedi 14 vous retrouvez le sourire, dans ce cas-là vous êtes atteint de : PARASKEVIDEKATRIAPHOBIE !

C’est-à-dire vous avez une peur phobique des vendredis 13. STUPEFIANT !

« VENDREDI 13 » associe deux symboles de malchance :

Le terme vendredi et le chiffre 13

Le chiffre 13 est associé à la malchance par opposition à l’harmonie du chiffre 12 (12 dieux, 12 travaux d’Hercule, 12 constellations, 12 signes du zodiaque, 12 heures de jour et 12 heures de nuit). Jésus a partagé son dernier repas avec les 12 apôtres, mais ils étaient 13 en réalité ! On pourrait ainsi continuer la liste des « malchances, malheurs » du vendredi 13.

Le vendredi est également réputé pour porter malheur. Jésus fut trahi par Judas et crucifié un vendredi. Aux États-Unis et en Angleterre c’est le jour des pendus et celui des sorcières. L’arrestation des templiers et leur massacre interviennent un vendredi 13, etc..

L’association des 2 symboles du malheur font des vendredis 13 des jours de « super malchance » et pour d’autres de « super chance » comme en témoignent les ventes de billets de loterie ce jour-là. Pour ma part je ne suis pas paraskevidekatriaphobe ! Mais pour autant je ne joue pas à la loterie, je laisse cela au Captain Marcus !

LEON et Marcus le captain ! 

Bonne fin de week-end, à la semaine prochaine pour les préparatifs de Léon et le départ. En attendant l’équipage de Léon, le Captain et le Bosco vous souhaitent

UNE EXCELLENTE ANNEE 2023, faites de Joie, de bonheur, d’Amour et de Paix

 la famille CHAUBENLARBRI !  
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Publié le 18 janvier 2023

Mardi 10 janvier 2023

Lundi nous avons rapatrié Léon qui était en révision, et l’avons garé dans notre résidence pour l’équiper en vue de notre départ vendredi 13.

Il est évident qu’un CC de 7m00 ne rentre pas dans la place de parking d’une voiture, nous avons donc opté pour le mettre en « LONG SIDE » sur 3 places de « parking visiteur » inoccupées en cette saison.

Catastrophe … ! Dans le quart d’heure qui a suivi nous avions un gentil mot sur le pare-brise : « veuillez ôter votre véhicule, interdiction de se garer » !

Et dans l’heure qui a suivi, notre syndic envoyait un mail, à l’ensemble des co-propriétaires, photo de Léon à l’appui, pour demander à qui appartenait cet outrecuidant !

Le ciel s’est assombri …

Réponse au syndic : « C’est nous les heureux propriétaires de Léon le voyageur, et nous le préparons pour notre long départ qui devrait se faire vendredi 13. Nous pensions ne déranger personne, ces places étant inoccupées en cette saison et comptions sur la compréhension et la tolérance de nos chers voisins ! "

Que nenni. Ce fut pendant deux jours le défilé de personnes plus ou moins « agacées, contrariées » ne pouvant supporter la présence de Léon qui pourtant ne faisait pas de bruit … et attendait gentiment que nous chargions les kilos de matériels nécessaires à notre expédition HIspano-Portugaise de 2023.

INTERDIT ! C’EST INTERDIT !! INTERDIT !!!

La plupart pourtant ont dû connaitre 1968 dont le slogan était :

IL EST INTERDIT D’INTERDIRE !

Tout marin qui se respecte sait que lorsque les nuages s’amoncellent, l’orage ou pire la tempête n’est pas loin et qu’il faut impérativement lever l’ancre et FUIR !

Décision est prise devant l’incompréhension et l’intolérance, nous partons : Jeudi matin 12 janvier à l’aube !

Fin de la séquence « copropriétés » sur une citation de P. Vaillancourt

« L’esprit de tolérance est l’art d’être heureux en compagnie des autres «

Jeudi 12 janvier 2023

Debout les braves, l’orage ne nous atteindra pas. Nous sommes prêts à 8 heures, le moteur chauffe, la radio diffuse un air de jazz et lentement mais surement nous « embouquons » l’autoroute pour PALAVAS LES FLOTS notre première étape vers l’ouest.

Le grand canal  

Vendredi 13 janvier 2023

Jour de chance il fait beau, le ciel est bleu et les canards de l’an passé sont là attendant tranquillement leur pitance, en l’occurrence une belle baguette de pain aux céréales. Elle n’est pas belle la vie !

ils sont très familiers surtout lorsqu'on les nourris ! un peu de sport pour se réchauffer .. 

Palavas est une jolie petite ville, tranquille à cette époque de l’année, et l’aire de camping-car, se trouve en plein centre, au bord des canaux. Nous avons donc une vue superbe sur les bateaux et le soleil couchant est sublime.

Merci à Anne-Elizabeth Lemoine d’avoir lu mon blog et de parler des Paraskevidekatriaphobes lors de son émission« c’est à vous » de ce vendredi !

c'est magnifique !  

Dimanche 15 janvier 2023

Nous reprenons la route direction l’Espagne. Notre prochaine étape sera GIRONA pour retrouver une amie de jeunesse… de plus de 50 ans ! que nous n’avions pas revu depuis le Covid.

C’est dans une magnifique propriété que nous garons Léon et commençons le rappel des bons souvenirs avec un verre, que dis-je avec plusieurs bouteilles de bon vin rouge « Château Lafitte » leur propriété dans le Bordelais !

Rendez- vous à Valence !

Dany, Chantal et Marcus  

PS : merci à ceux qui ont « commenté » le premier article de ces nouvelles aventures 2023.

A vos plumes pour les prochains articles !

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Publié le 21 janvier 2023

Lundi 16 janvier 2023

Un peu dur à digérer la raclette du dimanche soir, mais c’était de circonstances, il fait froid ! Une bise venant des Pyrénées enneigées a soufflé toute la nuit et nous a contraints à rester bien au chaud, ce matin, sous la couette !

10h30 – Tout le monde est sur le pont. Il faut retrouver les amis pour continuer nos bavardages tout en préparant le pot au feu de ce soir, car nous avons un invité au diner. Michel, le frère de Dany, que je n’ai pas vu depuis un peu plus de 38 ans ! Nous en avons aujourd’hui le double ! … Que le temps passe vite !

Belle soirée au coin du feu, les bouteilles défilent. Ce ne sera pas pour nous le « Dry January » !

Mardi 17 janvier 2023

8h30 – Léon chauffe ses « cylindres » après cette nuit glaciale et nous nous préparons à faire 450 kilomètres, longue étape pour le captain, pour arriver à Valencia où nous avons nos habitudes. Avec Michel, nous nous sommes promis de nous revoir avant nos 114 ans ! Bye bye Dany, Max, Chantal et Michel à bientôt, sans aucun doute.

Il nous faudra pratiquement 8 h de route, arrêts inclus, pour arriver au Valencia Camper Park qui est complet ! C’est la troisième saison que nous venons et jamais nous n’avions essuyé un refus de place. Il paraît que devant le nombre croissant de camping-caristes il faut réserver sur internet sa place plusieurs jours à l’avance. Où est l’ivresse du plaisir de s’arrêter au hasard des étapes et de découvrir un nouveau lieu ? Le Covid est passé par là et tracer la route, en camping-car, est devenue un nouvel eldorado !

Nous attendrons sagement le mercredi matin pour qu’un quidam nous laisse sa place.

Mercredi 18 janvier 2023

10h – Enfin une place se libère et nous nous installons. Trop tard pour partir à l’aventure et visiter « la Cité des Sciences et des Arts » que nous avions laissé de côté les années précédentes. Tout heureux nous avons la même idée le Captain et le Bosco… direction le « Mercado Central » pour quelques provisions ! (Heureusement, cette année, nous avons emporté notre chariot à roues.)

l'architecture du plafond du Mercado  

Petit rappel sur Valencia :

Troisième ville d’Espagne, avec plus de 800 000 habitants, c’est une grande cité méditerranéenne agréable par la douceur de son climat. 2000 ans d’histoire comme pour toutes les grandes cités d’Espagne.

Fondation par les romains av.J.Christ, puis développement et ensuite invasion par les wisigoth puis par les arabes qui construisent palais et mosquées et perfectionnent, suite aux romains, un ingénieux système d’irrigation dans les jardins (huerta).

Après le retour de la démocratie, la constitution de 1978 en fait la capitale d’une région autonome comprenant les provinces de Castello, Valence et Alicante.

Valence est située au cœur d’une campagne très fertile : la « huerta ». Grâce à son système d’irrigation, des milliers d’orangers et de citronniers y poussent, ainsi que des primeurs exportés vers toute l’Europe. Ses atouts majeurs : un riche patrimoine historique, un climat privilégié, son accès à la méditerranée et le développement du tourisme en font le troisième pôle économique du royaume.

La vieille ville a été bâtie en bordure du fleuve le Rio Turia. Mais des crues successives catastrophiques ont obligé les autorités à réaménager celui-ci. De grands travaux ont été entrepris de 1964 à 1973 pour éloigner le fleuve de la ville. Un nouveau lit a été creusé et l’ancien lit a été comblé et aménagé en jardins plantés de palmier, lauriers roses et pins. L’antique « Cauce del Turia » est devenu une « coulée verte » que surplombent 17 ponts ! Le clou de l’aménagement est l’immense « cité des Arts et des Sciences » que nous visiterons jeudi 19 janvier 2023.

Jeudi 19 janvier 2023

8h30- Nous sommes sur le quai du métro qui va nous emmener en 30 mn dans le centre de Valencia. Ensuite nous prendrons le bus 95 direction la « cité des Arts et des Sciences ».

Un lieu fantastique, gigantesque qui s’étend sur plus de 2 kilomètres à l’intérieur du parc de la Turia, sur l’ancien lit du fleuve. L’un des plus grands complexes d’Europe, connu dans le monde entier pour son architecture ultramoderne, au design futuriste.

Musée des Sciences 

C’est un ensemble de 6 bâtiments (Palais des Arts, Hémisféric, Musée des sciences, L’umbracle, l’Agora, et l’Oceanografic) qui s’étend sur plus de 350 000 m2, et comprend outre les bâtiments, des parcs, des plans d’eau et un pont suspendu, en forme de harpe. Inauguré en 1998 avec l’ouverture de l’un des bâtiments phare de la cité : l’Hémisferic (cinéma en 3 D)

Ce complexe, réputé et célèbre grâce à son design atypique a été pensé et conçu par deux architectes Félix Candela et Santiago Calatrava.

Plus de 11 ans de construction furent nécessaire à sa création.

Nous avons visité :

L’Océanografic, l’Aquarium de Valence :L’aquarium de Valence a été construit en 2002, à l’intérieur de la cité des Arts. Il représente une surface de plus de 10 hectares comprenant une dizaine de bâtiments ainsi que de nombreux bassins intérieurs et extérieurs.Les différents bassins de l’aquarium représente un volume d’eau important pour un aquarium en Europe : plus de 42 millions de litres. Ces bassins sont le lieu de vie de plus de 45 000 poissons et mammifères marins constitués de plus de 500 espèces différentes. Nous avons assisté au spectacle des dauphins. Amusant mais pas transcendant quand on a vu le spectacle de Marineland à Antibes. De beaux aquariums, un peu vieillissant, au regard des nouveaux ensembles aquatiques des pays du golfe. Par exemple celui de Dubaï , plus récent, et une merveille de technologie et d’animaux. Il est difficile de rivaliser aujourd’hui avec les pays à fort potentiel de pétrole et de gaz !

le restaurant sub marine (trop cher..) 
L’hémisféric :

L’hémisféric :

construction de la cité des arts et des sciences l’hémisféric a ouvert ses portes en 1998. Toujours imaginé par l’architecte, Santiago Calatrava,Nous avions choisi le film DREAM BIG. Le synopsie nous paraissait intéressant :

on dirait un gros insecte ! 

« de qui dépend la construction de l’avenir de la race humaine ».

C’est un cinéma de type Imax. En forme de sphère, il possède un écran de 900 m² qui projette des films en 3D. Les films proposés sont en rapport avec la nature, l’astronomie ou encore l’histoire de la planète Terre (c’est ce que dit la plaquette de présentation...)Quelle déception ! un film qui datait au moins des années 80 (j’exagère à peine), vieillot, sans véritable rapport avec le thème énoncé… 50 mn de banalités mais il est vrai en 3 D sur écran géant et sphérique ! Le film AVATAR, 1 ou 2, ou tout au moins des extraits nous aurait permis d’être dans l’action, chevauchant nos oiseaux de feux et tirant nos flèches meurtrières sur nos ennemis les envahisseurs de la planète Terre que nous nous évertuons à détruire ! flop le Dream Big ! Encore une fois tout ceci est question de « pognon » !

c'est nous avec nos nouveaux e.pods  

L’Umbracle :

L’Umbracle est un parc, d’arbres exotiques, situé, en hauteur, en face du musée des Arts et des Sciences et de l’hémisferic. Il est reconnaissable grâce à ces nombreuses arches blanches qui couronnent et renferment les arbres comme une volière.

la volière des arbres  

Le musée des Sciences du prince Filipe :

Construit par Santiago Calatrava et ouvert en 2002 le musée des sciences du Prince Felipe est un musée des sciences naturelles qui s’étend sur plus de 42 000 m². Ces dimensions impressionnantes de 220 m de long, 80 de large et 55 de haut en fond l’un des plus grands musées d’Espagne.

A l’intérieur du musée on trouve une partie réservée aux sciences naturelles, à l’histoire de notre univers et de notre planète mais aussi aux nouvelles technologiques. Le musée se veut interactif avec un tas de petites expériences à réaliser soit même. Nous n’avons pas eu le temps de le parcourir dans son intégralité car nous avions déjà au compteur :

10,5 kilomètres, 14 200 pas et 17 étages dans les jambes !

Conclusion (à mon avis et qui n’engage que moi) : L’architecture futuriste pour une construction de plus de 30 ans est l’atout majeur de cette « cité des Arts et des Sciences » qui devrait revoir son « contenu ». Mais pour cela il faut certainement disposer de fonds qui manquent à beaucoup de pays de la vieille Europe au regard des pays émergeants qui eux n’en manquent pas !

Retour bien mérité auprès de Léon pour une soirée de repos. Vive la retraite, que certains voudraient nous contester !

Demain départ pour Murcie. Nous sommes obligés de sauter l’étape de Alicante faute d’avoir trouvé un lieu pour Léon. Tous les campings et aires d’Alicante sécurisés sont complets !







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Publié le 25 janvier 2023

Vendredi 20 janvier 2023

Nous quittons le « Valencia camper Park » vers 10 h pour faire les 250 kilomètres qui nous séparent de Murcie. 16h30 : arrivée au « Camper Park de Casablanca » (on se demande pourquoi.) après nous être perdus dans les environs, cherchant en vain l’entrée.

Intermède : Longitude, latitude et…perdition !

Sans être prétentieux, les marins ont l’habitude de faire le point sur une carte pour trouver leur position et route… et bien il faut croire que notre Captain Marcus depuis qu’il n’a plus son sextant (instrument permettant, par la mesure de la hauteur des astres, de se situer en latitude et longitude) ne sait plus trouver sa route. Il faut dire qu’étant adepte de la ligne droite (en mer) c’est plus facile de trouver sa route que sur terre.

Pour mémoire, la longitude se mesure à partir du méridien de Greenwich (encore les Anglais) de 0 à 180 degrés vers l’est et pareil vers l’ouest ; ce qui fait que « l’antiméridien », qui est au bout de la route, se balade au milieu du Pacifique, à 20.000 km de chez nous.

C’est à cause de tout ça et des fuseaux horaires qu’il est une certaine heure ici et une autre là. Il suffit de voir la carte des fuseaux en Europe par exemple, pour imaginer les imbroglios politico-diplomatiques ayant conduit à l’adoption des différents horaires. Peut-être raison pour laquelle nous ne savons toujours pas laquelle des deux heures (hiver ou été) sera adoptée en France (peut-être une troisième, qui sait ?).

La latitude (0 à 90 degrés depuis l’équateur, jusqu’au pôle nord et pareil jusqu’au pôle sud) nous intéresse davantage en ce moment. En effet, avec Léon, nous essayons d’aller vers le sud, vers l’équateur (où nous n’arriverons pas cette année !). Partis de Saint-Raphaël (43,5 degrés nord) et arrivés, pour l’instant, à Murcie (38 degrés nord), nous n’avons gagné QUE 330 Km vers le sud. Et bien, ça ne suffit pas : IL FAIT FROID, toujours aussi froid !

Mais ce n’est pas en raison de ces considérations que nous nous perdîmes (vous avez vu, la conjugaison ? !). Non ; une confiance aveugle dans notre système électronique de navigation, nous a fait arriver à destination au milieu de…RIEN ! Alors, il a bien fallu récupérer le coup : nouvelles recherches, nouvelle route ; en fait un sentier pour les chèvres que même Rucio (l’âne de Sancho Panza) n’aurait pas voulu emprunter. Bref, nous sommes quand même arrivés à « Casablanca », non sans mal (mais c’était la faute de…Marcus) !

L'histoire de la Murcie, au sens régional, dévoile un passé faste, celui de l’imbrication de deux cultures, deux religions où se mêle legs arabe et Reconquista chrétienne et ce parallélisme est emblématique de tout le sud de l'Espagne et en fait sa richesse et sa gloire. Après avoir fait partie du Califat de Cordoue puis avoir été un royaume arabe indépendant, la région a été intégrée au royaume de Castille au XIIIème siècle. Puis en 1982 est devenue une communauté autonome n’appartenant plus ni à la Castille, ni à l’Andalousie ni à l’Aragon en raison de particularités spécifiques que je ne développerai pas ici.

Mursiya est le nom arabe donné en 825 par l’émir d’Al-Andalus. Les Arabes, profitant du cours du fleuve Segura proche de la ville, ont construit un réseau hydrologique complexe (canaux d’irrigation, canalisations, barrages, aqueducs…) qui a donné sa prospérité à la ville. Ils sont les précurseurs de l’actuel système d’irrigation des terres maraichères à partir de la rivière Segura. C’est pour cette raison que Murcie est dénommée « le verger de l’Europe ». (Je suis admirative devant ces bâtisseurs et ingénieurs que nous avons tant chassés).

Samedi 21 janvier 2023 et Dimanche 22

Mauvaise nuit… depuis quelques jours j’ai une grosse inflammation de mon œil droit et je ne me sens pas d’exhiber mon faciès déformé … et pleurnichard ! Captain Marcus décide de partir en reconnaissance pour une visite dimanche de la ville.

8h30 – « El coche » en 40 mn nous dépose sur la place de la « Glorieta » face au fleuve-rivière la Segura. Une des places les plus connues de la ville, où se situent le Palais Épiscopal et la Mairie. Une statue du Cardinal Belluga, évêque soldat (rien à voir avec le mammifère) trône au beau milieu de la place. Belle place fleurie de cyclamens. Nous y dégusterons une superbe « tarta al chocolate » arrosée … d’un thè !

Statue de l'évêque Belluga et les jardins de la Gloriette  


la Mairie très colorée (influence italienne)  

La Cathédrale – le Palais Épiscopal – l’Hôtel de ville

La Cathédrale se situe sur la place Belluga, à côté de l’arrière du Palais Épiscopal. Elle est bâtie sur l’emplacement de l’ancienne mosquée, comme beaucoup d’édifices religieux chrétiens. Elle fut d’abord transformée en église par Jacques Ier d’Aragon au XIIIe siècle, avant que tout ne soit rasé pour reconstruire un bâtiment plus conforme aux canons du catholicisme. A l’époque, Stéphane BERN n’était pas né pour préserver le patrimoine ! Il fallait effacer les traces des vaincus. Il ne reste que la Mezquita de Cordoue qui ait conservé une partie de l’architecture Arabe.

la cathédrale sur la place Belluga  

De style gothique et baroque, elle contraste avec le Palais Épiscopal coloré du 18ème siècle et la Mairie moderne imaginée par l’architecte Moneo dans les années 1990.

Palais Episcopal  


L’intérieur est grandiose. De nombreuses chapelles, un maitre-autel qui est une chapelle royale car elle renferme le cœur du roi Alphonse X, le sage, conquérant de Murcie. Un orgue symphonique de Merklin-Schütze, et pour nous faire pardonner nos péchés nous avons assisté à une partie de la messe dominicale …

une des nombreuses chapelles et les grandes orgues  


le Maitre Hotel  

…ce qui ne nous a pas empêché de poursuivre notre visite vers le : Casino Royal de Murcie ! l’un des monuments les plus visités de Murcie et de la région.


la façade extérieure 

Nous n’y avons pas joué à la roulette, ni tripoté les machines à sous, ni entamé une partie de poker dont la « cave » est à 10000$ ! Non rien de tout cela car le Casino Royal est le club privé, huppé, des aristocrates et des bourgeois friqués de Murcie !


la porte d'entrée 

Sa construction débute en 1847 et en 1983 il est élu « monument artistique national ». Il est situé dans la rue piétonne, Traperia, du centre historique à deux pas de la Cathédrale.

Histoire des « Casinos Culturels » en Espagne :

Il faut se rappeler que le mot « casino » signifie « petite maison » c’est-à-dire un endroit de convivialité, de détende, destiné à la sociabilité, où l’on se réuni pour échanger. Au 19ème siècle le mot casino s’associe au terme culturel pour devenir « casino culturel ».


Ces institutions ont été créées sur le modèle des clubs anglais. Il s’agissait donc de milieux masculins, bourgeois et souvent élitistes. De la “bonne société”, comme ils se décrivaient eux-mêmes. Des politiciens, des hommes d’affaires et des nobles se sont réunis pour s’amuser, échanger. En même temps, ils ont généré des réseaux de contacts basés sur l’exclusivité qu’apporte le fait d’être membre du casino. L’entrée se faisait généralement sur recommandation. De cette façon, un membre de la classe supérieure était parrainé par un autre membre de la société pour obtenir l’adhésion.

Il s’agissait de lieux éclectiques, comme le 19ème siècle lui-même. Un esprit qui s’est transféré dans ses bâtiments, qui vont du mudéjar et de l’arabe au néoclassique. Le Real Casino de Murcie en est l’exemple car il montre sa variété de styles de façon spectaculaire.

En ce qui concerne les jeux les plus courants dans les casinos, le billard était la star incontestée. Le jeu faisait fureur dans toute l’Europe. Acquérir une table était une priorité, presque autant que d’avoir un bon piano. Les cartes étaient une autre activité courante, avec différents types de jeux. Il y avait aussi de la place pour les jeux d’échecs. Les bibliothèques étaient une autre pièce de base.

En plus de la rencontre sociale et du facteur divertissement, des activités telles que la lecture commune de la presse a souvent été utilisées pour susciter le débat. Ils ont également intégré des espaces tels que des salles de danse et des fêtes. Bien qu’ils aient d’abord essayé de maintenir une certaine neutralité politique, au fil des ans, les clubs se sont politisés et ont servi de base aux alliances typiques du XIXe siècle.Ces lieux ont été obligés d’évoluer avec le temps. Ils ont pris le nom d’Associations, de Centres culturels, mais aujourd’hui encore en Espagne se créent des « Casino Culturel » à l’image de ceux de Madrid, Carthagène et Murcie.

Malheureusement, dans certains pays le terme s’est galvaudé et a perdu son « culturel » pour devenir « casino de jeux » uniquement ! pognon, pognon !

La visite-photos du « casino culturel de Murcie » commence ici. (Désolée pour la longueur de cet article, déjà bien synthétisé, mais cela m’a paru intéressant)


quel plafond ! on découvre déjà l'influence Nasride


les rues intérieurs  
la salle de bal - détail des murs décorés 
la bibliothèque  

Après cette visite qui nous a enchanté et remis en accord avec le terme « casino » nous poursuivons sur la place de las flores, pour y déjeuner. Quelles déceptions et oui au pluriel. La place est défigurée par les tentes-terrasses des restaurants qui bouchent toute perspective. A l’origine la place des « flores » signifie « marchands de fleurs », une seule boutique subsiste.

Deuxièmement nous sommes tombés sur le restaurant « pièges à touristes » tant par la qualité de ses tapas que celle de l’addition ! à FUIR !


Notre dimanche Murciens se termine par le Pont des Dangers (Puente de los peligros)sur le fleuve Segura. Il est aussi appelé Vieux Pont (Puente viejo) car il s’agit… du plus vieux pont de la ville. Il ne date que de 1742, mais tous les autres furent ravagés par les différentes crues de la Segura.

le Pont des dangers et la sardina 

On ne le dirait pas à le voir si paisible, mais le fleuve peut s’avérer dangereux Le nom ne vient cependant pas de là, mais de la chapelle de la Vierge des dangers qui le flanque.

Retour à Casablanca ! nous devons préparer Léon pour notre long trajet jusqu’à MALAGA : 430 kilomètres.

Bonne fin de week-end !

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Publié le 28 janvier 2023

Lundi 23 janvier 2023

Les neiges de la Sierra Nevada sur la route vers Malaga 

Nous quittons de bonne heure (8h30) avec la froidure matinale 3° Casablanca… et oui pour un long trajet de 450 kilomètres vers Malaga, deuxième ville d’Andalousie en taille et en nombre d’habitants. Arrivée au camping Malaga Beach Area dans la ville de La Cala del Moral, en fin d’après-midi. Heureusement que nous avions réservé car le camping est bondé ! C’est un espace en bordure de mer, presque sur la plage. Dommage, le premier rang qui a vue sur mer est réservé depuis bien longtemps par les habitués. Nous serons en quatrième ligne, qui s’avérera plus calme lorsque le vent souffle et le ressac de la mer frappe les rochers !

Nous nous installons et visitons le camping (sanitaires, emplacements de vidanges en tous genres, épicerie, documentation à l’office etc.)

Ce soir, c’est tapas, en préparant la visite de Malaga demain.

Mardi 24 janvier 2023

Mon œil ne s’arrange pas, toujours gonflé malgré les « bains » de froid et la crème anti-inflammatoire que je mets. Il faut trouver quelque chose de plus actif. Mon ophtalmologue refuse de me prescrire un antibiotique malgré la photo de mon œil pourtant significative (mais je ne la posterai pas !) Heureusement ma généraliste me transmet une ordonnance. Il nous reste à trouver une pharmacie espagnole qui l’accepte et qui a un antibiotique équivalent. La deuxième fut la bonne, ouf ! Je commence à me soigner et Marc part, comme d’habitude, en éclaireur sur Malaga et moi je mets à jour le blog sur Murcie. Quelle organisation !

toujours mes lunettes ... 

Mercredi 25 janvier 2023

9h30 - Le bus 160 nous dépose en 15 minutes au centre de Malaga. Nous avons décidé de consacrer la journée à la visite de la Cathédrale, au centre historique (c’est-à-dire la vieille ville) et au musée Picasso. Ce qui fera tout de même 8 kilomètres au compteur avec une pause déjeuner espagnole à 15h. On s’y fait très bien, cela permet d’avoir une matinée plus longue.

Calle Marques de Larios et un sphinx .. 

Malaga est l'une des plus belles villes du sud de l'Espagne (dixit les guides). Si la capitale de la Costa del Sol évoque souvent le soleil, les plages et la mer, c'est aussi une destination à la culture très riche.

Destination de vacances incontournable depuis les années 1970, c’est une station balnéaire connue pour ses grandes plages de sable caractérisées par de longues et sombres étendues de sable. Situées le long de la Costa del Sol (littéralement la « côte du soleil »), les plages cosmopolites sont bordées de promenades très arborées où il fait bon déambuler à l’heure de l’apéro.

place de la Constitution  

Les Malagueños (résidents) de la ville sont des personnes agréables et serviables. L'ambiance est toujours bonne ! Malaga est même classée parmi les villes les plus souriantes au monde.

Le plat typique de Malaga s’appelle l’Espeto. Il consiste en une brochette de sardines grillées qui est faite sur la plage. Les meilleurs endroits pour manger un bon espeto sont El Zagal et El Cachalote. Voici donc en quelques mots les spécificités d’une ville de la costa del sol qui nous a enchantés et que nous espérons revoir l’année prochaine.

Visite de la Cathédrale :

Nous remontons la calle Marquès de Larios, qui est l’artère commerçante de Malaga, où se trouvent les boutiques de luxe que l’on trouve dans toutes les grandes villes, en direction de la plaza de la Constitution, cœur du centre historique de la ville. Sur le sol nous remarquons de grandes plaques en métal (bronze...) qui sont en fait la reproduction des « unes » de journaux de l’époque évoquant l’adoption de la nouvelle Constitution (1978).

Direction vers la Calle santa Maria qui nous conduit à la Cathédrale Nuestra Señora de la Encarnacion.

Bien que les travaux commencent à la période gothique, 16ème siècle, sur l’ancienne mosquée de la ville arabe, l’édifice actuel est de style renaissance baroque et reste inachevée depuis 1782, faute de finances.

photo d'une photo d'un professionnel car impossible si pas de matériel pro 
façade principale - détail de l'entrée magnifique  
tour nord  

Face à la cathédrale se trouve la plaza del Obispo et le Palais Épiscopal (1762). La façade est un magnifique exemple de l’architecture baroque (encore) de Malaga.

Palais Episcopal - couleur intense ! 

Les cathédrales sont les temples les plus imposants de la chrétienté et, à ce titre, elles deviennent des espaces avec une grande variété d’éléments intéressants. Le temps nécessaire pour les terminer signifie qu’ils sont un mélange de différents styles architecturaux. Des murs aux plafonds, tout est décoré pour démontrer la puissance de l’Église. Retables, sculptures et peintures contribuent à refléter sa prépondérance.


Tour sud et reste d'un mur de la Mosquée  

L'intérieur de la Cathédrale est de style Renaissance. L'édifice est de forme rectangulaire et comporte trois nefs, d'égale hauteur, la nef centrale étant plus large que les collatérales. La clôture du chœur est une œuvre d'art. Les orgues du 18ème siècle, composées de 4000 tuyaux, sont superbes !

Seule la tour nord est achevée, de style Renaissance, elle mesure 84 m de haut. Elle comporte deux niveaux.

détail des plafonds et des colonnes 

La tour sud est restée inachevée, d'où l'aspect déséquilibré de la façade. Les habitants de Malaga appellent la cathédrale « La Manquita » (la manchotte). Il y a actuellement débat pour savoir si le monument ne devrait pas être terminé selon le projet initial, ou laissé dans l'état.

le maitre hôtel  
le choeur  
les orgues  

Depuis 2015, il est possible de visiter les toits. C’est une visite recommandée car elle permet de contempler l’une des plus intéressantes vues panoramiques de la ville. Cependant, il faut tenir compte qu’il y a 200 marches pour monter et autant pour redescendre. Nous reculons donc devant la souffrance en perspective de nos genoux vieillissants !

PS : désolée pour la qualité des photos de l’intérieur, mais il y avait une mauvaise lumière et le plafond tendu d’un filet donne une couleur jaunâtre aux photos.


Musée Pablo RUIZ - PICASSO (naissance en 1881 à Malaga – mort en 1973 à Mougins)

Palais Buenavista

Comme tout le monde le sait, Picasso et sa famille sont natifs de Malaga. Il y a la Fondation Picasso, Musée de sa maison natale, et le Palais de Buenavista siège du musée Picasso Malaga. Nous optons pour celui-ci. C’est un édifice du 16ème siècle de style renaissance auxquels s’ajoutent des éléments empruntés à l’art Mudéjar (nous allons en parler dans la partie 2 de l’article).

qui s'est ?  bel homme non ? 

Inauguré en 2003 ce musée expose 223 œuvres de l’artiste, peintures, dessins, sculptures, gravures. Mais aucune œuvre majeure. Les demoiselles d’Avignon sont représentées sur une tapisserie.

les demoiselle d'Avignon  
différents dessin de Pablo certainement enfant ou adolescent 
c'est nous devant une fresque de Pablo  

Après un arrêt Tapas vers 15h, nous terminons la journée par la visite du théâtre Romain prélude à notre journée « de Malaga la millénaire » de demain.

théâtre romain  

Bonne soirée, on est un peu fatigués !

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Publié le 29 janvier 2023

Jeudi 26 janvier 2023

Petit rappel historique pour comprendre la visite de l’Alcazaba et du château de Gilbrafaro et pourquoi le titre de l’article MALAGA LA MILLENAIRE.

à gauche  l'alcazaba et sur le top le gibralfaro 

Malaga compte au moins (selon les guides) trente siècles d’histoire et en fait l’une des quatre villes historico-culturelles les plus anciennes avec Séville, Grenade et Cordoue.

Au 10ème siècle, Malaga est une ville qui connait une période de grande prospérité grâce à une bourgeoise urbaine composée de juifs et de « mulaties » (personnes de père musulman et de mère chrétienne). Elle fait partie intégrante du royaume de Grenade, (sous influence Nazari), dont elle devient le port principal. Durant plusieurs siècles, les deux cultures musulmanes et chrétiennes vivent en harmonie, jusqu’en 1487, lorsque les Rois Catholiques entrent dans la ville et la rattachent au royaume de Castille. Ce rattachement entraine une période de décadence, accentuée par des phénomènes naturels tels que des épidémies, des catastrophes et de mauvaises récoltes.

Dans notre premier carnet de voyage en 2020 « soleils d’hiver en Algarve et Andalousie » nous avions beaucoup évoqué les différentes dynasties arabo musulmanes qui ont contribué au développement et à la prospérité de l’Andalousie (Al Andalus) de 711 à 1492, date à laquelle commence son déclin.

Voici ce que nous avons trouvé et synthétisé à partir de guides et d’internet (merci Wikipedia, et Herodote.net)

Occupation d’une partie de l’Espagne, essentiellement ce qui va devenir l’Andalousie.Dynasties Arabo-Musulmanes entre 711 et 1492

(Attention, accrochez-vous !)

1er dynastie : En 711, lesOmeyyades (avec deux « y »…on se demande pourquoi) envahissent l’Espagne, environ 80 ans après la mort du prophète Mahomet.

Entre 711 et 725, ils occupent presque toute l’Espagne, franchissent les Pyrénées et s’établissent en Occitanie, grosso modo de Toulouse à Arles.

Ils mènent, en France (qui n’était que la Gaule), une série de « Razzias » qui finissent par agacer quelques chefs de guerre francs. Quand l’armée Omeyyade, décide d’aller piller le trésor de Saint-Martin à Tours, elle se trouve, entre Poitiers et Tours, face à une force franque de quelques 30.000 combattants, commandée par Charles (le futur Charles Martel – grand-père de Charlemagne - qui n’était pas un tendre). Les Omeyyades sont défaits le 25 octobre 732 (bataille de Poitiers que nous avons tous appris à l’école)

Cette victoire franque et quelques batailles de plus, marquent la fin des grandes invasions arabes de France. Cela nous fait comprendre pourquoi nous n’avons pas de Mosquée, d’Alcazar (palais) et d’Alcazaba (forteresse) qui datent de cette époque. Bon les Mosquées se sont développées depuis…

Les Omeyyades se recentrent sur Al-Andalus (l’Andalousie espagnole) ; la dynastie s’éteindra vers 1039. On leur doit la construction de la remarquable Mosquée Mezquita de Cordoue. Qui sera pour partie transformée en une Cathédrale, tout en préservant certaines parties de la Mosquée d’origine.

Après les Omeyyades, première période de « Taïfas » !

Les « Taïfas » (Micro/petits états aux frontières variables) constituaient un large puzzle où chacun essayait régulièrement de bouffer la soupe sur la tête de l’autre

2ème dynastie : De 1085 à 1145 lesAlmoravides (des berbères) conquièrent tout Al-Andalous et règnent ; on vous la fait courte : rien de spécial à signaler. Ambiance (relativement) stable. Et rebelote pour une deuxième période de « TaÏfas » !

3ème dynastie : lesAlmohades, de 1147 à 1226.

Puis, pour changer, troisième période de « Taïfas ».

4ème et dernière dynastie :lesNasrides (Nazari en Castillan), fondée par Mohammed ben Nasar qui crée l’émirat de Grenade en 1237, et perdurera jusqu’en 1492, fin de la reconquête par les rois catholiques Isabelle et Fernand.

C’est une longue période (Nasride) de quelques 250 ans, de développement et de stabilité politico-militaire, attendu que les Nasrides payaient une (grosse) dîme au royaume castillan. L’Alhambra de Grenade a été construit à cette époque qui voyait la cohabitation harmonieuse des philosophes, mathématiciens, médecins et autres savants, musulmans, juifs et chrétiens.

A noter, et après on vous laisse tranquille avec toute cette histoire, que l’art Mudéjar (13ème – 16ème) dont on parle en permanence dans les livres d’arts ou les guides touristiques, c’est :

l’art des musulmans continuant à travailler selon leurs traditions pour le compte des chrétiens après la reconquête. Il en résulte une fusion entre l’art islamique et l’art occidental. L’architecture mudéjar évolue au fil des siècles mais en restant fidèle à la tradition musulmane dans les matériaux (plâtre, brique, bois) et les techniques de construction (préparation des murs, arc en fer à cheval, arc brisé…) ainsi que dans la décoration. Ce style est toujours d’actualité aujourd’hui dans de nombreuses maisons espagnoles.

Visite du château de GIBRALFARO

Etant donné sa position sur le sommet de la colline et le long chemin, à partir de l’Alcazaba, pour l’atteindre, nous optons pour le bus 35 pour la montée et nous ferons la descente à pied. Celle-ci fut très douloureuse pour nos genoux !

maquette du château avant restauration et après  

Le château de Gibralfaro, bâti sur l’emplacement d’un ancien phare (phénicien ou romain) a été agrandi et transformé au XIVe siècle, par le roi Nazarite Yusuf Ier, dans le but de protéger l'Alcazaba de Malaga, qui était une fortification palatiale de l'époque musulmane. Il se trouve sur une montagne, à 132 mètres au-dessus du niveau de la mer. Il s’étend sur 21 000 m2, avec 1310 m de muraille extérieure, 733 m de muraille intérieure et huit tours. De par sa position, on a une vue magnifique sur toute la ville de Malaga, le port et la mer. Très utile lorsque l’on veut se défendre contre les invasions ! Pendant longtemps, il a été considéré comme l’une des forteresses les plus imprenables de toute la péninsule ibérique.

vue depuis le château !  
chemin de ronde  
la dernière sentinelle et le phare du port 
les jardins  

Le complexe, de l’Alcazaba et du château de Gibralfaro tel qu’ils sont aujourd’hui, est le résultat d’un très long processus historique qui peut être divisé en quatre étapes :

La période islamique (Xe-XVe siècles),

La conquête des Rois Catholiques, jusqu’au 18ème siècle,

Son abandon et sa détérioration 19ème et 20ème siècle,

Sa récupération comme Monument Historique-Artistique, de 1930 à nos jours.

Visite de l’Alcazaba (forteresse ou casbah)

le théâtre romain et derrière l'Alcazaba  

Selon certains historiens musulmans, c’est peut-être le roi des taifas berbères, appelé Badis ben Habús, qui aurait ordonné la construction de l’Alcazaba, à partir du 11ème siècle en utilisant des marbres, des colonnes et des statues du théâtre romain adjacent. Elle présente une double muraille avec de nombreuses tours défensives et des entrées en recoin pour compliquer son accès.

murs d'enceinte  

La zone des palais est d’époque Nazari des 13ème et 14ème siècle. Elle se compose de trois palais parallèles dont la construction rappelle celle de l’Alhambra de Grenade.

merveille de plafond ! 

Pendant la conquête des Rois Catholiques, la fortification a été utilisée comme un bastion musulman infranchissable pour la prise de Malaga. Le siège commence le 5 mai 1487 et ne se terminera que le 19 août de la même année.

la Mihrab - indique la direction de la Mecque - magnifique travail de dentelle  
les tapaderas (petit couvercle) pour présenter les tapas 11ème siècle  

Ainsi se termine la visite d’un bel ensemble dont la restauration, certainement compliquée et onéreuse est tout à l’honneur des espagnols pour la sauvegarde de leur patrimoine.

15h30- Retour au camping pour une omelette bien méritée !


Vendredi 27 janvier 2023

Journée Off ! Repos, rangement, nettoyage car Léon commence à sentir le renfermé ! Et nous avons aussi besoin de reposer nos jambes et pieds qui sont soumis à rude épreuve depuis 2 semaines. Demain est un autre jour !

Petit rappel suite à mon oubli lors de la visite du musée Picasso.

Voici ce que rapporte, de discussions avec Picasso, Françoise Gilot, l’une de ses compagnes en 1964. A méditer :

« Nous ne devons pas avoir peur d’inventer quelque chose, tout ce qui existe en nous existe dans la nature. Ainsi nous formons une partie d’elle. Si ce que nous faisons s’identifie à la nature très bien ! Et si ce n’est pas le cas, où est le mal ? »

« L’art est le mensonge qui nous fait approcher la réalité » !


Samedi 28 janvier 2023

C’est notre dernier jour en Espagne, demain dimanche nous serons au Portugal.

Par conséquent nous ne pouvons pas quitter Malaga sans nous rendre au Marché couvert de Atarazanas , en passant par le quartier de Soho… pour voir le « street art » ; rien à voir avec celui de Londres..

street art à Soho ! 
le marché atarazanas  

C’est sous le règne de Mohammed V, au 14ème siècle, que fut construit le bâtiment (du marché). Sa façade est très caractéristique, puisqu’elle est formée de 7 arcs en fer à cheval. Aujourd’hui, sur les sept, il n’en reste qu’un. Sur cet arc, on peut lire une armoirie en arabe, « Dieu seul est le vainqueur, gloire à lui ».

Les bâtiments se sont détériorés rapidement. Des siècles plus tard, en 1870, un projet de Joaquín Rucoba est approuvé. Cette idée est née d’une proposition du conseil municipal de créer un marché couvert pour réglementer la vente de produits frais. L’architecte a conçu un bâtiment avec deux ailes reliées par un corps central.

Le premier nom officiel de ce marché est Mercado de Alfonso XII. Mais dès le premier jour, tous les citoyens l’ont appelé Mercado de Atarazanas. Entre 2008 et 2010, des travaux de réhabilitation ont été réalisés.

il est beau mon poisson !  

Actuellement, le marché de Malaga est un bâtiment d’apparence industrielle du XIXe siècle, avec de nombreux détails historiques néo-arabes sur sa façade. Ce marché est réparti en deux zones différenciées. D’une part les zones viande, poisson, légumes et fruits. Et de l’autre côté, on trouve des bars, des stands de tapas et des terrasses en plein air.

de 4,98 euros le kg à 6,98 euros - pas cher non ? 
des fraises blanches ? 

Nous faisons provisions de produits frais pour les jours à venir et aussi je ne peux résister au stand des poissons et crustacés qui finiront dans une paella que je préparerai en rentrant et que nous dégusterons à l’heure extra espagnole c’est-à-dire vers 16h !

les courses viande, crustacés, légumes, fruits pour 70 euros !  
la paella simplifiée pour 2... il en reste ! 


Demain, dimanche, verra un autre article ! bonne fin de week-end