À propos

Baroudeurs sur les mers, depuis plusieurs années, nous avons posé nos sacs de marins à terre et commençons de nouvelles aventures en camping- car. A bientôt sur les routes !

BALADE AU SOLEIL D'ESPAGNE

La route nous manque et le temps qui nous est accordé sur Terre est une source précieuse. Il nous faut vivre le moment présent intensément. La vie est un voyage, profitons de la balade !
Du 26 janvier au 28 février 2024
34 jours
Dernière étape postée il y a 52 jours
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Publié le 20 janvier 2024

Samedi 20 janvier 2024

Il est encore temps de se souhaiter une bonne et heureuse année 2024 !

La famille !  

A tous ceux qui nous suivent, lisent et commentent notre blog, ainsi qu’à la famille et aux amis, nous souhaitons une année 2024 pleine de : Bonne santé, mais pourquoi pas aussi :

De Fraternité, d’Egalite et d’un peu de Liberté ? (Vous voyez de quoi je parle…)

Si l’on regarde derrière soi, depuis le premier choc du Covid, c’est-à-dire quatre ans environ, les sujets de préoccupation, à travers le monde, s’accumulent et nous traversons des périodes difficiles, qui remettent en question nos valeurs et nos modes de vie.

Inutile de développer ici, ce n’est ni le propos, ni le lieu, mais nous pensons, à ce qui s’est passé le jour anniversaire de notre mariage…

Malgré tout, la vie vaut la peine d’être vécu, surtout lorsque l’on se trouve dans le dernier tiers de celle-ci et que l’INSEE nous donne encore une bonne douzaine d’années à jouer les baroudeurs !

« Le temps qui nous est accordé sur Terre est une source précieuse. Il faut vivre le moment présent intensément et semer des graines de douceur et de bonheur autour de soi. » (Anonyme)

Nous avons donc décidé de reprendre « la route » avec notre fidèle compagnon et coursier, « Léon Le Voyageur », et de parcourir à nouveau les chemins de l’Espagne, laquelle reste en cette saison, la plus propice pour qui est un grand frileux et futur octogénaire, cette année, : mon capitaine bien aimé !

Départ prévu mardi 23 janvier,

A bientôt avec le programme des semaines à venir, et heureux de vous retrouver sur la route !

Ces 2 photos datent des années 1960 ... Quelle est la ville d'Espagne ? à savoir dans les prochains jours !  
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Publié le 27 janvier 2024

Merci à ceux qui ont commenté mon premier post ! toujours les mêmes... et c'est avec plaisir que je vous lis.

Mardi 23 et mercredi 24 janvier 2024

7 h du mat, nous sommes sur le parking de notre résidence, à charger la voiture de tout ce qui nous est utile… et inutile, bien souvent, pour un séjour dans notre roulotte à quatre roues, pour quelques semaines. Il nous faudra un peu plus d’une heure pour atteindre Léon qui est bien heureux de nous retrouver sachant qu’il va dégourdir ses « cylindres ».

11h - Direction Le val, dans l’arrière-pays varois, où nous avons rendez-vous avec le deuxième Mac Gyver, pour nous aider à installer une nouvelle sécurité « Son et Trace » sur notre destrier !

SOLEIL LEVANT AU VAL  
les petites ruelles du Val  
Les Mac Gyver en action 

JC est le spécialiste des fils en couleur de tous genres, qu’il faut enfiler dans des petits boitiers et répertorier ensuite pour les raccorder … avec je ne sais quoi ! Bref, nos deux hommes sont bien occupés. Les heures passent et il s’avère, malgré les coups de fils à la société dite spécialisée en « alarme » et les conseils de Nicolas, que la tâche s’avère plus ardue que prévu. Nous devrons, sous peu, faire officier un expert…

Jeudi 25 janvier 2024

8h – JC et le capitaine jettent l’éponge et remontent tout le tableau de bord qui était en vrac sur le plancher. Nous voilà revenus à notre « sirène initiale », qui devra faire l’affaire pour encore quelques semaines. Entretemps, une mauvaise toux, depuis quelques jours, m’oblige à contacter mon généraliste qui se trouve à quelques kilomètres. Quelle catastrophe de vieillir… l’an passé c’était mon œil, aujourd’hui ce sont mes bronches ! Vite fuyons, malgré le ciel bleu, le soleil et la température proche des 20 degrés !

12h – Léon franchit la barrière de péage de Brignoles et fièrement s’élance sur l’autoroute, direction Palavas les Flots. Aie… « radio 107.7 » nous annonce des « barrages » à partir d’Aix en Provence. Il nous faut éviter Salon de Provence, Arles, Nîmes et Montpellier ! Waze, SVP, trouve-nous un itinéraire bis, un chemin de traverse ou d’écolier … mais sort-nous de cette panade.

Nous piquons sur le golfe du Lion, Istres et l’étang de Berre, Martigues, Port St Louis du Rhône puis nous contournons l’étang du Vacarès pour rejoindre Aigues Mortes (que des noms enchanteurs), le Grau du Roi, la Grande Motte, et enfin, à 17h, nous arrivons à Palavas ! Ce qui en temps normal nous prend 2h30, nous l’aurons fait en 5 heures, bonjour la pollution au CO2 !

Vendredi 26 janvier 2024

Hier soir, nous avons bien écouté les infos à la télé et celles-ci ne se sont pas améliorées concernant le mécontentement (euphémisme) de nos « agriculteurs » qui polarisent tous les problèmes actuels de notre vieux monde : mal payés, mal considérés, étouffés sous les normes, la concurrence étrangère qui n’a pas les mêmes exigences etc.… et dont la seule issue, comme d’habitude en France, c’est la révolte avec tout ce que cela comporte : les « emmerdements » pour tous ! Mais : Ils ont raison.

Les consignes étaient de ne pas prendre l’autoroute A9, celle qui devait nous conduire en Espagne chez nos amis, près de Girona. Nous décidons d’éviter également la nationale, car évidemment tout le monde va s’y agglutiner. Il nous reste les départementales, celles qu’on ignore... sauf, lorsque rien d’autre n’est praticable ! Et bien, regagner l’Espagne par la côte va s’avérer extrêmement « complexe », je n’ai pas dit « compliqué », cela aurait été plus facile. Non, « complexe » c’est le bon mot.

Pour illustrer le mot « complexe » : Connaissez-vous l’histoire de « l’assiette de spaghettis » ?

- Personne ne peut anticiper avec précision le nombre de spaghettis qui vont se trouver enroulés sur la fourchette ; et vous auriez la volonté d’en recueillir un certain nombre, que vous ne pourriez pas y parvenir, en raison des « aléas » liés à l’accumulation des différents ingrédients dans l’assiette (spaghettis, sauce, fromage, etc.). Elle est bonne non ?

NB : Nos spécialiste de l’IA seraient-ils capables de développer un algorithme susceptible de résoudre cet angoissant et « complexe » problème de spaghettis ? !

10hVendredi 26 – Nous avons quitté Palavas, première destination : Sète. Quelques kilomètres plus loin, premier « petit » bouchon… avec de gros camions, non adaptés aux départementales mais cela roule. A midi, nous sommes dans les environs d’Agde, tout en longeant la côte méditerranéenne, par de petites départementales et quelque fois de véritables chemins en terre battue où nous avons du mal à nous croiser avec d’autres véhicules.

Nous rencontrons tous types de véhicules du plus gros au plus petits, chacun essayant de trouver le meilleur itinéraire pour progresser soit vers le nord soit vers le sud, sans prendre l’A9 et la nationale. Inutile de dire que tout le monde est excité et franchement pas tolérant, envers Léon qui fait de son mieux pour nous sortir de ce bourbier circulant.

Le summum est atteint lorsque nous longeons l’Aude, très joli cours d’eau, qui devrait nous faire regagner Narbonne. Waze nous indique de tourner à gauche et de prendre le pont qui traverse l’Aude. Nous venons de voir un gros poids lourd, avec une voiture pilote qui vient de le traverser, nous nous y engageons, en oubliant le panneau ...

le pont de la rivière AUDE !  

Patatras ! La fin du pont est barrée par un portique indiquant : 2m60, Léon fait 3m00 de haut ! Nous avons déjà de nombreuses voitures qui nous collent et commencent à klaxonner. Il en est de même de ceux qui viennent en face de nous car nous occupons toute la chaussée. Il nous manque le fameux triangle qui permet de débloquer le portique, ce dont était muni le gros poids lourd !

Devant la cabale et la pression qui commencent à s’organiser autour de nous, la seule solution c’est de reculer. Pour cela le Captain Marcus doit user de toute sa diplomatie pour demander « gentiment » à tout un chacun de reculer afin que nous puissions dégager la voie ! Ouf au bout de 20 minutes nous reprenons un hypothétique trajet en pleine campagne sans savoir où celui-ci va nous mener ! Vive l’incertitude des voyages et les « assiettes de spaghettis » !

Il est déjà 16h : nous avons fait à peine 160 km en 6 heures ! et nous sommes en dessous de Narbonne. La jauge de Léon est proche du zéro, Gruissan est à quelques kilomètres. STOP : les baroudeurs sont fatigués et énervés… Nous choisissons l’aire « des quatre vents » (gratuite, en cette saison) sur le port de Gruissan pour passer la nuit. Coup de fil à nos amis en Espagne: à demain !

l'étang de Gruissan où nous sommes installés -  

20 h les infos : Notre tout jeune premier Ministre, installé sur des bottes de paille, (il lui manque la salopette et les bottes) accorde enfin « à ceux qui nous nourrissent » quelques mesures qui devraient permettre de débloquer la situation. On se demande pourquoi ne pas l’avoir fait plutôt avant que le purin ne se déverse sur les préfectures, qu’il y ait eu deux morts, que certains bâtiments aient brulé, ou des parkings défoncés par des tracteurs et que dire de l’état des routes et autoroutes… ! Bref tout ceci est bien Français.

Samedi 27 janvier 2023

Il fait beau, le soleil brille, température 6° à 8h du mat.

Quelles sont les nouvelles ? « Radio Traffic 107.7 » nous informe que malgré les « mesures annoncées » certaines autoroutes sont toujours fermées ou bloquées, d’autres ont été dégagées, mais pas la A9 qui est toujours fermées de Nîmes à la frontière Espagnole. L’explication étant la remise en état des voies gravement endommagées depuis une semaine. Le réseau secondaire étant complètement saturé par les camions, on nous recommande de ne pas bouger s’il n’y a pas d’urgence !

les jolis bateaux que nous aimons sur l'eau ... des Caraïbes !  

A nous Gruissan ! Nous sommes installés face à l’étang de Bages-Sigean, avec de nombreux copains de Léon et nous allons y passer tranquillement la journée et la nuit en faisant connaissance avec la ville et ses nombreux bassins remplis de magnifiques voiliers.

Demain tout devrait rentrer dans les « normes » !

Léon et ses copains  
Voici LEON II et sa voiture pour les petites promenades !  







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Publié le 1er février 2024

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Dimanche 28 janvier 2024

Nous quittons Gruissan au petit matin, en espérant pouvoir enfin gagner l’Espagne. Malgré tout, nous appréhendons la circulation à venir, au vu des nombreux camions que nous avions trouvés, bordant les routes conduisant à l’entrée de l’autoroute de Narbonne, la veille.

Que nenni ! Tout est dégagé, aucun véhicule n’encombre la route et nous entrons sur l’autoroute sans nous arrêter. Toute trace d’un grand chambardement s’est volatilisée durant la nuit, nous sommes revenus « aux normes » d’un dimanche matin hivernal, les gens font la grasse matinée, après la fiesta !

Nous arrivons chez nos amis à Garriguella pour l’apéro, sur le coup des 11h, heureux de les retrouver, pour leur raconter notre périple. Le déjeuner se poursuit tard dans l’après-midi, copieusement arrosé de bouteilles, cuvée Héritage, Bordeaux « Château Lafitte » … (non, pas les Rothschild : ils ont perdu leurs procès).

Max 97 ans et Marcus 80 ans  ! le bon vin ça conserve ...

Lundi 29 janvier 2024

Après les « au revoir, à bientôt » à nos amis, nous reprenons notre chemin en direction du sud.

l'itinéraire de cette balade cette année... sauf modification en cours de route  

Cela fait plus de trois ans que nous souhaitions nous arrêter à Tarragone, capitale de la « Costa Daurada », (cote dorée) aujourd’hui on pourrait parler davantage de « côte argentée » tellement le ciel est gris et tristounet !

Fondée en 218 avant J.C par les Romains, et malgré sa colonisation par les différents peuples (wisigoths et Maures), Tarragone a conservé un ensemble archéologique parmi les plus importants d’Europe, cirques, amphithéâtres, murailles, forums… répartis sur un site de 33 hectares, le tout classé au patrimoine mondial de l’UNESCO. Inutile de dire que je m’étais renseignée, documentée et avais préparé un parcours des plus intéressant. J’avais même trouvé un emplacement pour Léon…

Quelle déception ! Léon est refoulé, sans ménagement, de tous les endroits. Il nous est impossible de nous garer et nous ne voulons pas laisser notre « compagnon » sans surveillance. Au bout d’une heure d’effort, nous renonçons et poursuivons vers le cap Salou et Cambrils, dont les guides vantent les sites exceptionnels.

Nouvelle déception… Cette fameuse « cote dorée » s’est développée avec le tourisme du soleil et des plages de sable blond. La conséquence est une urbanisation démesurée pour trois mois d’été, et naturellement fermée en hiver. Le cap Salou est inaccessible, tout le littoral est bâti. Quant à Cambrils, village de pêcheurs, il est devenu une importante ville touristique. Nous décidons de « mettre les voiles » et de continuer vers Valence avec une halte à Peniscola pour la nuit, à l’aire de « La Brisa ».

Mardi 30 janvier 2024

Nous quittons, à pied, de bonne heure l’aire de camping-car, pour partir visiter ce qui semble être la plus joli petite ville (7500 habitants) de la Costa del Azahar, PENISCOLA, mot espagnol d’origine arabe et qui signifie « fleur d’oranger ».

Evidemment, c’est le centre historique, constitué par la vieille ville, ses remparts et sa forteresse, bâtis sur une presqu’ile rocheuse qui vaut le détour. Nous serons peu nombreux ce mardi matin à arpenter les rues et ruelles en admirant ce que nos ancêtres ont bâti et laissé à la postérité !

Installé sur notre "botte de paille" nous étudions la carte ! 

PENISCOLA : Les plus anciennes civilisations y ont laissé leur trace, car ce fut une place forte convoitée, grâce à un environnement naturel exceptionnel, à sa situation stratégique ; promontoire rocheux, entouré par la mer, sauf un isthme sablonneux (appelé « tombolo ») et à ses sources abondantes.

les plages de la baie de Peniscola  

Ce sont d’abord les Phéniciens qui s’y sont installés puis les Grecs qui l’appellent « Chersonesos » (péninsule) ensuite les Carthaginois, puis les Romains qui traduisirent le nom grec en latin « Pene + Iscola » (presque île).

la forteresse et ses murailles 
 la muraille extérieure et l'intérieur de l'enceinte 
belles ruelles très colorées  
mosaïques sous les balcons  
un verre avec une vue pareille c'est le bonheur !  
la maison en coquillages  
à gauche l'ancien phare où on allumait des feux  
le phare moderne de 1892  

Passons sur la période Arabe à partir de l’an 718 jusqu’en 1233 où Peniscola devient Banaskula. Ce sont les ordres religieux militaires, les Templiers, qui commenceront la construction du château, sur la partie la plus élevée du rocher et sur les restes de l’ancienne alcazabe entre 1294 et 1307. Mais après leur persécution et anéantissement, la ville revient à la fin du 14ème siècle à la papauté, au Pape Luna : Benoit XIII, (un parent du Capitaine…). Grace à Benoit XIII, Peniscola acquiert une renommée universelle, car la ville, avec Rome et Avignon, est l’un des trois « Sièges Pontificaux » que l’histoire à connu.

le pape Benoit XIII 

La suite, c’est la Renaissance au 16ème siècle avec Charles Quint qui renforce et arme la forteresse avec les armes nouvelles, puis les guerres de succession et d’indépendance aux 18ème et 19ème siècle, où Peniscola perd son importance militaire. La place forte sera démantelée en 1890. Le 20ème siècle n’apporte pas grand-chose, si ce n’est le développement de la nouvelle ville avec ses immeubles modernes, le développement du port et le début du tourisme balnéaire.

Nous avons adoré Peniscola, la forteresse perchée sur son rocher, qui domine la mer, à l’affut d’une prochaine attaque de pirates…

il va falloir faire un peu de maintenance !  et de formation du capitaine Marcus  

Demain nous serons à Valence, ville en plein boom et berceau de la Paella !






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Publié le 5 février 2024

Mardi 30 janvier 2024 😎

12h – Nous quittons Peniscola pour faire les 150 kilomètres qui nous séparent de Valencia, la troisième ville d’Espagne. Cela fera la troisième fois que nous y faisons halte. C’est une étape incontournable lorsque l’on descend vers le sud.

Certains d'entre vous semblent ne pas recevoir le mail indiquant qu'un nouveau article est publié. Soit vous n'avez pas "acceptés" l'invitation lors de la création du nouveau carnet, soit vous ne vous êtes pas réabonnés au blog, soit votre boite de spams contient mes mails. A bon entendeur !

La première fois c’était en février 2020, la deuxième fois l’année dernière, janvier 2023 et cette année, mêmes dates, même lieux. Je ne ferai donc pas un long récit sur les attraits de la ville, je vous incite à relire les deux carnets de voyage cités plus haut.

Nous avons nos habitudes, surtout pour laisser Léon en sécurité pendant que nous partons « shoppinguer » en ville ! Et le « Valencia camper Park » est le nec plus ultra pour cela. Heureusement que nous avions réservé ; et oui, devant la recrudescence des camping caristes, il faut maintenant réserver plusieurs semaines à l’avance pour certains lieux.

15h – Nous avons un jour d’avance, notre réservation commence le 31 janvier et nous sommes donc installés pour la nuit, sans service, sur le « parking d’attente ». Pas de problème, on s’adapte.

17h – La direction du camping nous informe qu’une place vient de se libérer. On replie tout… et Léon s’élance pour faire les 200 m qui nous séparent de notre emplacement face à un énorme Carthago, à côté d’un Concorde qui n’a rien à lui envier (il s’agit de CC de plus de 8m, de gros poids lourds, dont le prix dépasse de beaucoup les 100 000€ !). Léon semble tout petit, mais qu’importe, il galope aussi vite et surtout ne boit pas autant qu’eux !

Mercredi 31 janvier 2024

10h - Enfin le soleil est de retour et c’est sous un ciel bleu que nous prenons le métro qui nous conduit directement, depuis le camping, en centre-ville. La rame est bondée, mais chacun est sur son smartphone à regarder de quelconques vidéos, ou photos, à pianoter un énième texto ! Quel abrutissement…

Miracle … c’est la première fois, depuis bien longtemps, que je vois une charmante jeune femme en jupe, mais oui ça existe encore, sans baskets mais avec de jolies chaussures… en train de lire un livre, quelle stupéfaction ! Muchas gracias señorita de ne pas être le millième mouton …

place de la Mairie  

Nous avons déjà visité beaucoup de sites de Valence, mais nous n’étions jamais rentrés dans la cathédrale, située sur la Plaza de la Reina, complètement enclavée par les constructions qui se sont agglutinées autour d’elle et qui masquent la perspective de sa belle façade baroque. Elle occupe, comme beaucoup de sites religieux espagnols, l’emplacement d’une mosquée. Les travaux de construction ont débuté dans les années 1260 mais la plus grande partie de l’édifice date des 14 et 15ème siècle. De nombreuses restaurations lui ont permis de retrouver ses lignes primitives.

le fronton de l'entrée style baroque  

L’intérieur n’a pas la magnificence des cathédrales de Séville et Grenade qui sont celles qui nous ont le plus marqués. Les voutes gothiques ne sont pas très hautes mais on est frappé par la clarté qui provient des fenêtres aux vitraux d’albâtres de la tour lanterne de style gothique flamboyant. L’allée principale avec le maître autel, est encadrée, de part et d’autre, de nombreuses chapelles.

l'allée centrale qui mène à l'autel  
de très beaux plafonds  
les orgues curieusement placées derrière l'autel .. et les fonts baptismaux 

Nous déambulons dans les petites rues de la vieille ville, beaucoup de monde s’est installé sur les terrasses au soleil, pour déjeuner. La ville est bruyante, colorée et la chaleur de cette matinée (20°) nous oblige à tomber les polaires ! Et à nous rafraichir avec une Horchata, la boisson préférée du Captain Marcus après le… RHUM, of course ! A l’Horchateria de Santa Catalina, qui est une institution à Valence et considérée comme la meilleure de la ville. Dixit les Valenciens.

un verre de lait pour le Captain ! 

L’horchata de chufa (souchet). Le souchet, plante millénaire, a été introduite en Espagne par les Arabes, au 8èmesiècle. C’est un lait végétal qui a un gout de noisette, amande, sans gluten, ni sucre. Elle est très populaire à Valence et se boit comme un milk shake, très glacée, dans l’après-midi, accompagnée de gâteaux.

les vieilles rues ... heureusement que le street art fait oublier les dégradations  

15h - Nous reprenons notre métro pour rentrer déjeuner au CC des restes de notre « bœuf bourguignon espagnol » !

Jeudi 1er février 2024 - Happy Birthday Mimi ! 🌹

8h30 – Nous sommes à nouveau sur le quai du métro pour aller au « Mercado central » faire nos courses de frais et de quoi faire notre traditionnelle paëlla annuelle Espagnole ! Nous pourrions aller au Mercado les yeux fermés, tellement nos sens olfactifs sont en alerte !

Construit en 1914, avec plus de 1200 étals sur une superficie de 8500 m2 et, du fait de la variété des produits proposés, le marché est baptisé « le potager de l’Espagne ». Il se scinde en deux parties, ce qui facilite les achats : Sur plus de 6000 m2 on trouve, les fruits et légumes, avec des stands colorés et une disposition des produits ressemblant à des tableaux vivants (ou à des natures mortes…). Ensuite, la partie charcuterie et il y en a à profusion avec les différentes variétés de jambon, puis la viande avec beaucoup de volailles que nous espérons locales…

des fraises et des cerises en février.... pas très local certainement.. !  

Enfin la partie Mer, avec poissons et crustacés. C’est elle qui nous a beaucoup déçus cette année. Peu de marchandise… ou banale et surtout avec des prix astronomiques ! Valence est un gros port de pêche, mais les poissons sont au prix de l’or… (j’exagère à peine). L’astuce c’est de mettre le prix au ¼ (écrit en tout petit) c’est-à-dire 16 € pour des crevettes, c’est le prix de 250 gr !

Mais qu’importe … il nous faut notre paëlla valenciana !

Quelques mots sur celle-ci, pour votre culture générale, si vous êtes amateur. Ce plat a vu le jour dans l’Horta au 18èmesiècle. A l’époque les paysans accommodèrent à leur manière le riz de la lagune de l’Albufera. La paëlla tire son nom de l’ustensile, comme beaucoup d’autres plats, dans lequel elle est cuisinée. En 1920 un forgeron d’un village commença l’industrialisation de cet ustensile par technique de repoussage. Les puristes disent que c’est un plat qui se « déguste » à midi et non pas le soir. La paëlla valenciana (il parait) est élaborée avec des haricots verts, du poulet, du lapin et des escargots, et bien sûr, du riz. Mais on peut opter pour une paëlla « marinera » ou une « mixta ». Ce sera pour nous une « marinera », la meilleure, en y rajoutant des artichauts !

14h – Je suis en cuisine, pour une paëlla que nous dégusterons vers 15h30 !

il faut impérativement réserver sa table !  
Bon appétit !  

A demain pour la destination d'Alicante !

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Publié le 8 février 2024

Vendredi 2 févier 2024 -

9h – Léon, vidanges et pleins faits, s’élance pour les 180 km qui le séparent d’Alicante. Nous nous installons pour 4 nuits au camping El Jardin, dans le quartier El Campello, à 15 mn en tram du centre d’Alicante. C’est un camping curieusement aménagé (eau sur chaque parcelle, électricité, et également vidange directe des eaux grises) pour des camping caristes (beaucoup de français) qui souhaitent passer plusieurs mois au soleil espagnol. Nous en avons rencontré qui sont là pour 6 mois… d’autres pour un mois et nous pour 4 nuits !

El Jardin, les emplacements avec tubulure pour le soleil ou pour s'isoler ... 

Flash-back : 1964 !

Connaissez-vous la famille : HERNANDEZ ? Et bien voici son histoire et celle d’un jeune homme de 20 ans que nous appellerons MB !

Sur la musique de Charles Aznavour :

« Je vous parle d’une « histoire » que les moins de 20 ans ne peuvent pas connaitre » …

En effet, cette histoire s’adresse à deux publics : les seniors, ceux qui sont nés dans les années 1940 et les pieds-noirs, population de « premiers migrants » qui sont venus chercher en Algérie dans les années 1850, à contre-courant des migrants d’aujourd’hui, un nouvel eldorado !

La « Famille Hernandez » c’est une pièce de théâtre, écrite par G. Baïlac, animatrice d’une association culturelle à Alger, le CRAD. Le thème de la pièce, c’est la vie des Pieds-Noirs dans l'Algérie de la fin des années 1950. Les aventures d'une famille de néo-français d'Algérie, une de ces familles simples, humbles et pauvres. Des ouvriers, des employés, des petits commerçants qui représentaient l'immense majorité́ de la population européenne d'Algérie et en forgeaient le tempérament.

Le 17 septembre 1957, à Paris (on ne sait pas pourquoi) la troupe du CRAD présente la pièce qui a rapidement un immense succès.

L’idée originale de G. Baïlac était : Faire vivre sur scène, la cohabitation depuis plus de 130 ans, des diverses communautés, françaises, espagnoles, italiennes, juives, arabes, caractéristiques de l’Algérie des années 1950, dans un quartier populaire d’Alger appelé Bab el Oued; le tout avec leurs tempéraments respectifs, leurs particularismes, leurs coutumes et mœurs.

Elle ne souhaitait pas faire jouer des professionnels, mais plutôt utiliser des « amateurs » qu’elle choisit parmi ses amis. Elle eut l'idée de leur proposer de jouer « à jouer la comédie » tous ensemble, en s'exprimant avec spontanéité autour de ses idées générales. La pièce se construisit ainsi en s'appuyant sur le naturel et la gouaille des comédiens amateurs amis : Lucette Sahuquet – Robert Castel – Marthe Villalonga, entre autres. De grands professionnels du spectacle venaient de naître !

Cette pièce permit à la métropole de découvrir le folklore et les expressions typiques des pieds-noirs, peu connus à l’époque, émaillés de termes empruntés à toutes les langues parlées en Algérie, avec leur exubérance, leur truculence, leur verbe haut et leur humour méditerranéen. La pièce connu un grand succès qui se poursuivra par son adaptation au cinéma en 1965, après le départ des pieds-noirs en 1962.

Le Film est tourné en mai/juin 1964 à Alicante. C’est ici qu’entre en scène, celui que nous appelons MB

et qui vient de débarquer, en 1962, à Paris, de son Algérie natale, « migrant » retour à la case départ.

Suite à une annonce parue dans les journaux français, et à un premier casting, MB est retenu par G. Baïlac, pour le rôle que tenait Robert Castel dans la pièce de 1957, celui du BEGUE !

Tous les comédiens amateurs retenus prennent en mai 1964, pour deux mois de tournage, le chemin d’Alicante, ville la plus représentative pour figurer Alger dans le film.

Je vous suggère d’aller voir le film en noir et blanc sur « you tube » et qui s’appelle « La famille Hernandez », tourné à Alicante en 1964 » Partie de rigolade assurée !

Voila quelques acteurs en scène dont MB au premier plan  
à gauche MB et JP (dans le rôle du rempailleur, qui deviendra un ami de 60 ans) à droite MB et Anne Berger dans le rôle de Carmen ...
toujours MB  
à gauche MB à droite Frédéric de Pascale qui fera une belle carrière  
à droite en haut 2ème MB et à droite son petit fils Lucas. Le portrait craché de son grand père comme Victor Belmondo, avec Jean P...
Promotion après le film pour une nouvelle pièce avec MB et G. Baïlac  - Ce sera son dernier spectacle de comédien ! 

FEVRIER 2024 :

Voilà pourquoi, nous sommes de retour en cette année 2024, 60 ans après, à Alicante pour retrouver les traces des endroits où s’est tourné le film et, comme vous l’avez certainement deviné, pour célébrer un comédien, dont le talent n’a pas été reconnu à sa juste valeur, comme l’a été durant de nombreuses années Jean-Paul Belmondo... Mais dont le nom figure, malgré tout, au générique du film qui a eu son petit succès, surtout auprès des pieds-noirs nostalgiques ! Ce comédien génial : MB, est plus connu

sous le pseudo de Captain Marcus !

Samedi 3 février 2024

ALICANTE : Je ne vais pas ici refaire l’histoire des différentes invasions, wisigothes, grecques, romaines, arabes et la reconquête par les rois catholiques, tout le monde connait ce qui s’est passé depuis plus de 3000 ans ! Non, concentrons-nous sur notre objectif primaire… retrouver les traces du passage de MB, il y a 60 ans, la visite de la ville et ce qui fait son attrait au 21ème siècle.

Alicante, dixit tous les guides, est une destination appréciée pour ses 300 jours de soleil par an, sa vieille ville, son littoral et ses plages, ses musées et monuments, sa vie nocturne… C'est une sorte de Côte d'Azur espagnole animée toute l'année !

L'Esplanade d'Espagne avec son carrelage bigarré  
ses plages au sable doré !  
nous arpentons les rues de la vieille ville 

Nous commençons notre visite par la vieille ville, celle qui a été au cœur du tournage du film et nous cherchons en déambulant dans les ruelles la place principale où tout s’est déroulé… après plusieurs allers-retours qui ont duré quelques heures, nous tombons sur la place Del Carmen ; bien que relookée et modernisée… c’est ELLE ! Séquence émotion… de retrouver sa jeunesse, ses souvenirs d’espoir de comédien… les rencontres et les amitiés qui se sont nouées cette année-là … 1964 ! Je m’écarte pour laisser à mon capitaine adoré le temps de se reprendre et de sécher une petite larmette… (il est très émotif, ce capitaine !)

beaucoup de changements depuis 60 ans, le tourisme est passé par là !  
Euréka ! les deux premières sont el Carmen ou la troisième ? MB hésite... mais elles se ressemblent toutes ! 

Dimanche 4 février 2024 : Nous sommes de retour à Alicante. Dommage, le Mercado est fermé ! Nous nous arrêtons sur le parvis de la basilique gothique de Santa Maria, dans la vieille ville, à l’origine, il s’agissait d’une mosquée édifiée sur la muraille médiévale.

Magnifique porte arabo-baroque ?  

Nous poursuivons en direction du château de Santa Barbara sur le mont Benacantil qui domine la ville du haut de ses 166 m. Bâti sur une forteresse arabe du 9ème siècle, il doit son nom à sa reconquête par le prince Alphonse de Castille en 1248, le jour de la Sainte Barbara. C’est une vue magnifique à 360° qui nous fait découvrir la ville et son port.

le château depuis la vieille ville sur le mont Benacantil  
maquette qui permet de voir la première construction  
on peut voir l'évolution en 4 siècle !  
vue depuis le château  

14h30 – Il est temps de déjeuner, au soleil, en bordure de l’esplanade d’Espagne, constituée de plus de 6 millions de carrelets de mosaïques formant une houle tricolore, noire, orange, blanche. Nous déambulons parmi une foule bigarrée de touristes et d’Espagnols, dans un joyeux brouhaha.

Stephany notre serveuse, adorable avec sa superbe tresse de cheveux (les siens) !  

16h Il nous faut rentrer à El Jardin, après 9,5 km et 13061 pas ! Je suis épuisée …

Lundi 5 février 2024 : Jour de repos pour moi, ménage, rangement, écriture du blog, tri des photos… Marcus décide d’aller faire un tour en ville. Le musée de l’eau, situé dans la vieille ville l’intéresse. Il permet de découvrir l’histoire de l’approvisionnement en eau de la ville à travers un parcours de vieilles citernes creusées dans la roche. Malheureusement, l’accès lui en est refusé, car il y a une visite privée.

Rien à voir avec celui de Valence  
la mairie et une des rues de la ville moderne, avec production de champignons...  

18h30 – Nous avons rendez-vous pour un apéritif avec des Aveyronnais, en camping-car, Didier et Françoise, très sympathiques, rencontrés lors de nos pérégrinations dans Alicante.

Demain, départ pour le désert de Tabernas, et le parc de Cabo de Gata.

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Publié le 12 février 2024

Mardi 6 févier 2024 -

9h – Nous quittons « El Jardin » et Alicante, Province de Valence, direction l’Andalousie, notre prochaine étape Mojacar à 250 km, avant le désert de Tabernas et le Cabo de Gata.

El jardin  

Nous prenons la route de la côte, cela change de l’A7 qui est pourtant gratuite, ce qui n’est pas le cas des autoroutes en France, loin de là. Depuis que nous sommes en Espagne, nous avons fait des centaines de km sans débourser un centime. Il est vrai que les autoroutes ne sont pas toutes en bon état, mais on s’en accommode. C’est comme le prix du G.O, environ 1,60€ le litre. Comment fait l’état Espagnol ? Il doit mieux négocier ses prix auprès des producteurs, ou il applique moins de taxes ; taxes qui, chez nous, s’ajoutent aux prélèvements obligatoires de 46% qui nous sont demandés !

15h- Nous arrivons à Mojacar, petit village blanc perché sur un promontoire, qui bénéficie d’une vue magnifique sur la côte et la mer à quelques kilomètres à vol d’oiseau. Les Arabes ont marqué de leur empreinte la vieille ville dont les rues étroites, escarpées et fleuries, s’accrochent à la colline.

Mojacar 
 vue depuis le village sur la plaine et la mer au fond 
un village tout en espaliers 

Mercredi 7 février 2024

10h - Nous poursuivons notre route vers le désert de Tabernas. Mais arrêtons-nous quelques instants pour y retrouver nos westerns préférés des années 70.

Le désert de Tabernas se trouve dans le sud de l'Espagne, à 40 km au nord d'Almeria. Il y pleut rarement et le soleil brille plus souvent que dans n'importe quel autre endroit d'Europe. Une plaine aride, rocheuse et poussiéreuse s'étend sur une chaîne de montagnes, coupée de l'air humide de la Méditerranée et déchiquetée par des collines et des vallées couvertes d'arbustes et d'herbe. Il occupe un territoire de 28 000 ha.

Depuis les années 60, le Désert de Tabernas est passé d'un désert, aride et inexploité à un décor de cinéma très animé. Les conditions étaient idéales, surtout pour les films de western. Au début des années soixante, Sergio Leone a instauré un genre entièrement nouveau : le "western spaghetti" ou "western italien". Leone était impressionné par les films américains qui dominaient jusqu'alors le marché du cinéma et il était convaincu que les productions européennes de westerns pouvaient avoir autant de succès, à moindre coût.

"Per una pugno di dollars" ("Pour une poignée de dollars"), sorti en 1964, fut sa première tentative dans ce genre. Cependant, le budget était serré et ne permettait pas d'engager de grands acteurs comme Henry Fonda et James Coburn. Finalement, le rôle a été attribué à Clint Eastwood, un acteur de télévision encore inconnu. Le plateau de tournage a dû rester en Europe pour des raisons financières. Ce film a donc été tourné en grande partie dans le désert de Tabernas, semblable aux paysages typiques des westerns d'Amérique du Nord, et malgré les critiques, "Pour une poignée de dollars" a connu un énorme succès.

l'entrée du Parc  

Clint Eastwood est devenu du jour au lendemain une star internationale du cinéma et "Pour une poignée de dollars" a marqué toute une génération de cinéastes. Grâce à son succès financier et à ses coûts de production relativement bas, la "trilogie du dollar" a permis d'inonder le marché de westerns spaghettis. A la fin des années soixante, on tournait partout dans le désert.

Mais tous les films avaient besoin, outre de paysages grandioses, de décors qui n'existaient pas encore. Partout dans le Désert de Tabernas, des villages entiers de westerns apparaissaient comme par magie et devaient être construits spécialement pour la production des films. Après le tournage, plus personne ne s'intéressait à ces constructions et tous les décors sont restés tels quels dans le désert après le départ des équipes de tournage.

De nombreux réalisateurs ont alors utilisé les décors existants, qui avaient été laissés par les productions antérieures, avec des modifications parfois minimes (nouvelles couleurs, nouveaux accessoires) pour leurs propres productions. De nombreux films ont été tournés avec exactement les mêmes décors. Mais ces décors, longtemps abandonnés, se sont rapidement dégradés en raison des conditions climatiques du désert. Le vent fort permanent et les pluies parfois abondantes en hiver ont complètement détruit les structures au bout de quelques années.Mais l'engouement pour le désert, qui a atteint son apogée avec "Il était une fois dans l'Ouest" de Sergio Leone, s'est vite dissipé. Après presque deux décennies, le désert est redevenu stérile, les équipes de tournage disparaissant en même temps que l'argent et les emplois.

les restes du château Maure  

Il reste quelques figurants qui tentent encore aujourd'hui de faire revivre le mythe du western. Ils travaillent sur les trois plateaux de tournage restants, qui ont été transformés en parcs à thème : Texas Hollywood, Western Leone et Oasys. Ils organisent des spectacles de cascades, conduisent les visiteurs en calèche à travers le désert poussiéreux ou posent pour des photos avec des enfants. On remarque rapidement que l'âge d'or du Far West à Tabernas est révolu depuis longtemps. (Nous ne sommes pas rentrés dans le parc Texas Hollywood, car le prix de l’entrée pour deux personnes séniors a 34€ nous a semblé prohibitif, juste pour voir des décors en phase terminale !)

Ce qui reste, c'est une ambiance mélancolique qui s'étend sur l'ensemble du Désert de Tabernas. Une ambiance à laquelle seuls les fans inconditionnels de Clint Eastwood et de Sergio Leone peuvent sans doute échapper lorsqu'ils s'adonnent à une randonnée nostalgique dans le désert avec dans leur iPod la célèbre mélodie d'Ennio Morricone (do, la, sib, la, sol, fa…d’après Marcus le musicien) !

Plus de 300 films, de 1950 à nos jours, parmi les plus représentatifs du genre, ont été tournés à cet endroit. Des titres aussi célèbres que "Lawrence d'Arabie" (1962), "Cléopâtre" (1963), "Patton" (1970), "Conan le Barbare" (1982) ou "Indiana Jones et la dernière croisade" (1989). Ce n'est donc pas pour rien que l'Académie européenne du cinéma (EFA) a décerné au désert de Tabernas le titre de "Trésor de la culture cinématographique européenne". La série « Game of Thrones » a été tournée à Tabernas. Il faut préciser que le parc Western Leone, est en vente pour 2.5 millions d’euros ! C’est le plus ancien, et pourtant, le moins connu par manque de publicité ; avis aux amateurs de westerns et aux investisseurs !

Au loin on aperçois Clint sur sa monture !  

16h – Nous « mouillons » Léon dans le camper Park à Nijar Cabo de Gata, pour un déjeuner espagnol très tardif !

Jeudi 8 février 2024

Marcus prépare les vélos pour aller faire le tour du Cabo de Gata, mais auparavant il faut faire un peu de lessive, faire une petite toilette à Léon et à ses occupants, et terminer l’article sur Alicante, tout ceci nous amène vers 13h…. Entre temps, le temps (c’est le cas de le dire) s’est dégradé, le vent commence à souffler fort, le ciel s’assombrit… la flemme nous gagne… Marc remonte les vélos sur leur rail et nous restons au camping ! Pour préparer un apéro et un déjeuner vers 15h comme d’habitude. Demain est un autre jour… !

Vendredi 9 février 2024

Cabo de Gata la plage  

Le vent a soufflé toute la nuit, et Léon grince des dents sous les coups ! Le ciel est très noir et la météo annonce la « tempête Catarina » avec pluie possible pour la journée. On part, on reste… Marcus est hésitant à manœuvrer Léon par un fort vent de travers. Pour s’éclaircir les idées, et prendre enfin une décision… il s’occupe de faire tous les pleins et vidanges de Léon !

11h – Derniers instants pour quitter les lieux. La décision de quitter le mouillage est prise, l’ancre est remontée et nous « embouquons » la route vers le Cabo de Gata, pour quelques photos ventées avant de prendre l’A7 pour faire une partie de la route avant Gibraltar, notre étape de demain. (Non je n’ai rien bu, ni fumé… !)

Quelles désolations toutes ces serres immenses sur des kilomètres qui détruisent le paysage, alors que nous sommes dans un Parc Naturel ! Peut-on réellement faire du bio dans un tel environnement ?

les serres mystérieuses - on ne sait pas ce qui est cultivé ... 
Cabo de Gata  
on dirait Eric Cantona dans la série le voyageur !  

14h30 – Nous sommes à Nerja … Il pleut à chaudes larmes, la température est tombée à 10°. Nous allons nous préparer une raclette !

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Samedi 10 févier 2024 -

9h – Nous avons 200 km à faire pour Gibraltar et nous optons pour la route du bord de mer en passant par les grandes villes balnéaires très cotées de la Costa del Sol : Malaga, Fuengirola, très jolie ville blanche, les belles demeures ont les pieds dans l’eau... ! Marbella of course, ses golfs et ses superbes villas mauresques. Estepona, charmante. Nous atteindrons vers 14h, notre aire de stationnement, sur le port de la Linéa de la Conception, la ville frontière Espagnole, avant la dernière colonie britannique : GIBRALTAR, enclave douloureuse pour les Espagnols !

A gauche en vert foncé le Rocher qui s'élève à 426 m  
vue aérienne le rocher en vert, la vieille ville au pied et la nouvelle ville près des marina et la piste aérodrome à gauche  

Gibraltar, c’est l’histoire d’un rocher légendaire, entre mer et océan, qui fascine depuis l’Antiquité. Nous allons passer sur l’époque des Phéniciens, des Grecs, des Romains et même des Arabes qui l’occupèrent pendant plusieurs siècles, et dont les seuls vestiges sont une tour du Château Maure qui a résisté à l’usure du temps. Non, l’histoire est intéressante à partir de la reconquête des Espagnols au 15ème siècle et de la prise du rocher, trois siècles plus tard, par la flotte anglo-néerlandaise en 1704.

L'histoire se poursuit encore aujourd’hui, au 21ème siècle, en voici quelques éléments à méditer !


vue de Gibraltar depuis la Linéa de la Conception en Espagne  

HISTOIRE ACTUELLE ET GEOPOLITIQUE !

Gibraltar est un territoire britannique d’outre-mer (en faisant plus clair, c’est une colonie britannique dans un pays européen !). Gibraltar est toujours sur la liste officielle des territoires à décoloniser selon l’ONU !

Situé dans le sud de la péninsule ibérique en bordure de la mer d’Alboran et du détroit de Gibraltar, ce dernier reliant la Méditerranée à l’océan Atlantique, il correspond au rocher de Gibraltar et à ses environs immédiats et est séparé de l’Espagne par une frontière de 1,2 km.

Gibraltar est possession du Royaume Uni (initialement, une possession de l’Angleterre depuis 1704). Ce territoire espagnol est pris par les forces anglo-néerlandaises le 25 août 1704 et sa propriété (mais pas la souveraineté) est confirmée et reconnue par l'Espagne par le traité d’Utrecht en 1713. Les forces armées britanniques y conservent depuis une présence.

Une tentative espagnole pour reprendre Gibraltar a lieu de 1779 à 1783 lorsque l'Espagne déclare la guerre au Royaume-Uni dans le cadre de son alliance avec la France, au cours de la guerre d’indépendance américaine. Cette période, connue sous le nom de « Grand Siège » dure 3 ans. (On en parle encore aujourd’hui à Gibraltar et certains monuments y font référence)

Jusqu'en janvier 2020, Gibraltar faisait partie de L’Union Européenne dans le cadre de laquelle il bénéficiait d'un statut spécial. Gibraltar n'est en effet pas soumis à l'obligation de prélever la TVA et n'est pas non plus membre de l’union douanière. En outre, la politique commerciale de l’Union européenne, la politique agricole commune et la politique commune de la pêche ne sont pas applicables à Gibraltar (rien que ça !).Mais il ne fait pas partie de l'espace Schengen. Ce statut est modifié à la suite du Brexit. Les résultats locaux d'une consultation menée en octobre 2016, montrent que 96 % des Gibraltariens souhaitent obtenir un statut spécial leur permettant de rester au sein de l'UE, (avec les avantages, sans les inconvénients). Lors du vote, les habitants de Gibraltar rejettent à plus de 95 % le Brexit.

Gibraltar est toujours revendiqué par l'Espagne, cela depuis bien longtemps, en raison de la différence entre « propriété et souveraineté » et ce bien que la majorité de la population du rocher soit attachée à rester britannique. La question de Gibraltar est une cause majeure de dissension dans les relations hispano-britanniques. Aujourd’hui, l’Espagne revendique toujours la même position ; à savoir qu’elle exige le départ des Britanniques et que le territoire lui soit rendu, avec abrogation des accords datant du 18ème siècle. L'Espagne n'est pas contre un statut d'autonomie du territoire, allant jusqu'à s'inspirer du statut de Hong Kong, la colonie britannique restituée à la Chine en 1997. De ce fait, le Brexit, pour les Espagnols, a été compris comme un progrès, facilitant la possibilité de voir flotter le drapeau espagnol à Gibraltar !

Fermons le sujet historique et politique pour nous concentrer sur la visite de ce fameux Rocher.

12 h – Nous sommes sur l’aire des camping-cars, sur le port Espagnol de la Linéa et nous nous apprêtons à passer la frontière, avec nos passeports, tout d’abord du côté Espagnol et ensuite à le représenter côté Britannique. Au retour nous referons tout en sens inverse !

aire de CC sur le port de la Linéa  

Le soleil est revenu et nous nous hâtons vers la vieille ville, juste après le poste frontière, qui, bien qu’en partie détruite durant le « Grand Siège », conserve de beaux édifices. Ici on parle la langue de Shakespeare, ainsi qu’un mélange d’espagnol et d’anglais, mâtiné de maltais et d’hébreu, car la cohabitation multiculturelle est importante et constitue l’un des fondements de l’identité de Gibraltar.

Un nombre impressionnant d’automobilistes, de cycliste, de piétons franchissent chaque jour le poste frontière, on parle de 14 000 frontaliers, pour débouler dans Winston Churchill Avenue, car le Rocher est la pompe aspirante des nombreux chômeurs, surtout espagnols, qui viennent ici travailler pour un meilleur salaire. Peuplée d’un peu plus de 30 000 habitants, le rocher est un melting-pot éthnique et religieux où cohabitent, anglo-saxons, juifs, arabes, indiens, qui font tourner l’économie de Gibraltar, en raison des nombreux avantages liés à sa situation de port franc.

le poste frontière  

Nous arrivons à Grand casemate Square. Cette place était bordée de nombreuses casernes (d’où son nom). Elle est aujourd’hui envahie par les bars et restaurants.

La vieille ville s’étend entre le rocher et le port. Du nord au sud, elle est traversée par Main Street, rue piétonne commerçante par excellence. Nous sommes samedi après-midi et sommes consternés de voir que beaucoup de magasins et bâtiments style office de tourisme (tourism board) sont fermés. Mais nous continuons à déambuler dans Main Street. Nous sommes en permanence sollicités par les chauffeurs de taxi, pour nous emmener visiter Upper Rock Reserve, ce que nous ferons demain, hélas sous la pluie !

so British !  
vestiges de l'esprit belliqueux des British et démonstration de leurs forces armées... mais un peu dépassées ..
Saint Andrew church et le cimetière de Trafalgar  

Nous retournons sur Léon vers 14h30, après 6 kilomètres de marche afin de déjeuner à l’heure espagnole, et dernier jour de soleil !

Dimanche 11 février 2024

8h - Catastrophe ! Il pleut, le ciel est noir et un vent très fort souffle de l’ouest ! Que faire … Si j’écoute mon cher Captain : « On devrait attendre que cela se calme… », mais ce temps est prévu pour toute la journée... Nous décidons, courageusement, d’affronter les intempéries et de maintenir notre programme du jour, visiter « la Réserve naturelle d’Upper Rock » située dans la partie supérieure du rocher. C’est là qu’évoluent de nombreux singes, en liberté, et d’où nous pourrons avoir une magnifique vue sur la baie, le littoral andalou et les côtes marocaines qui sont à plus ou moins 15 km.

10h30 - Nous prenons un ticket pour une visite de deux heures, 4 spots, dans un mini bus de 8 places, plus chauffeur-interprète en anglais et espagnol (le français, ils ne connaissent pas !) pour la modique sommes de 92€ pour 2. Le ciel est toujours aussi noir, il pluviote et le sommet du Rocher est dans le brouillard !

La visite commence par les remparts, vestiges des fortifications et « la tour de l’hommage », vestige du château maure, puis commence la grimpette par une route étroite, à sens unique, bordée par moment par le précipice, puisque le Rocher fait 423 m de haut. Les dimensions du territoire de Gibraltar sont : longueur 4,5 km et 1,2 km de large.

restes du château maure  

Notre première halte est pour les « Pillars of Hercules » un monument qui fait référence à Calpe, l’ancien nom de Gibraltar et au mont Abyla de la côte marocaine, les deux montagnes qui dominent le détroit. Nous enchainons par le « St Michael’s Cave ». Cette grotte naturelle déjà occupée à la préhistoire est la seule à être ouverte au public parmi les 140 cavités que compte le rocher. Elle est constituée par de gigantesques stalactites et stalagmites. Elle accueille dans son auditorium des spectacles de musique, danse et théâtre.

les grottes de St Michael' cave  
St Michael's cave  

C’est ici que nous rencontrons les premiers singes qui sont les habitants et l’emblème du rocher. On les appelle les « magots de Gibraltar » (macaques de Barbarie) ou « monos » comme les appellent les locaux. Ils évoluent en totale liberté dans la partie supérieure du Rocher. Ils sont au nombre de 300 et leur origine est obscure et daterait du 18èmesiècle. L’histoire dit qu’ils seraient arrivés avec les Arabes, mais rien n’est moins sûr.

Ici ils ne sont pas farouche et attendent qu'on leur donne quelque chose, bien que cela soit interdit  

Ils sont placés sous l’autorité du Gouverneur, surveillés et nourris par des soigneurs militaires. Ceux que nous avons vus à St Michael’s cave nous ont semblé plutôt familiers avec le personnel, auxquels ils réclament de la nourriture, et peu agressif. Le reste du groupe est peut-être plus sauvage, car ils vivent plus haut sur le rocher et moins en contact avec le public.

à gauche la baie d'Algésiras, en face du rocher et à droite la cote marocaine  

Il pleut de plus en plus et la visibilité est de plus en plus courte ! Nous sommes dans la purée de pois, ou dans le frog anglais !

depuis le sommet la ville et le port - la route qui mène au sommet  
une petite éclaircie - la piste de l'aéroport et derrière la Linéa de la conception  
la partie moderne de Gibraltar avec sa marina et ses immeubles modernes  
le deuxième groupe de singe dont l'habitacle est au sommet et leur abri où ils sont nourris  

L’histoire des Tunnels : Car le rocher est truffé de tunnels, on en compte plus de 50 km mais dont une grande partie aujourd’hui est fermée au public pour raison de sécurité et d’entretien.

D’où viennent ceux-ci :

une reproduction d'un hôpital et le détail d'un tunnel  
depuis une ouverture dans un tunnel vue sur la ville  

Les premiers datent de 1782 durant le « Grand Siège » Le sergent major Henry Ince eut l’idée de creuser un tunnel dans la partie nord du rocher pour y installer des canons et surveiller la partie espagnole de l’isthme. Long de 25 m, il fut percé par un groupe de 18 hommes, à l’aide de masses, de leviers, et de charges explosives. Il faut s’imaginer comment les canons furent montés à flanc de colline … Mais aussi extraordinaire que cela soit, ils font piètre figure aux cotés des nombreux tunnels creusés pendant la seconde guerre mondiale, à partir de 1940. Jour et nuit pendant toute la guerre, les hommes recrutés pour ces travaux, se chargeront d’élargir, et de compléter le réseau de tunnels pour y installer des casernes (oui des casernes.) et toutes les installations nécessaires à la vie de milliers d’hommes en guerre. Une véritable ville souterraine avec hôpital, cuisine pour nourrir 1000 hommes, chambres, salle d’eau, le tout avec électricité grâce à de puissants générateurs ! De grande quantité de nourriture et d’eau y était stocké. Camions et ambulances pouvaient y circuler.

12h30 – La visite de « l’Upper Rock Reserve » est terminée, nous redescendons en ville. Difficile la descente ! Nous sommes à flanc de colline sur une route très étroite, dont les virages à angle droit, nécessite de faire plusieurs manœuvres et quelquefois de faire contrepoids ! Malgré la pluie, le brouillard, le froid ... ce fut une belle visite, très instructive.

13h – Nous avions prévu de ne pas quitter Gibraltar, la britannique, sans gouter à son « Fish and chips », plat traditionnel. C’est au « Little rock », à la place du « Roy’s cod place » fermé of course le dimanche, que nous terminerons notre parenthèse britannique en territoire Espagnol !

fish and chips ! bon d'accord c'est anglais...!  

En raison de la météo, inhabituelle en cette saison, nous n’avons pas pu visiter Europa Point, qui est la pointe extrême sud de Gibraltar, en face du Maroc. Quelques photos prises sur internet ou dans des guides permettront de s’en faire une idée.

Europa point et le Windsor bridge  

15 h – C’est sous une pluie sans fin et mouillés jusqu’aux os que nous regagnons Léon, pour préparer notre départ de demain en direction de Grenade et ensuite, notre retour vers la France.

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Publié le 16 février 2024

Lundi 12 févier 2024 -

10h – Nous quittons, sous un ciel gris, Gibraltar, ce promontoire montagneux qui marque l’extrême sud de l’Europe. C’est un « cul de sac », à moins de poursuivre jusqu’à Tarifa, qui est la sortie de la méditerranée, avant de passer sur la côte Atlantique de Espagne. Nous devons revenir en sens inverse jusqu’à Malaga, avant de prendre la direction de Granada, considérée comme l’une des plus belles villes d’Andalousie, avec Séville et Cordoue.

15h - Nous entrons dans le camping « Reina Isabel » à la Zubia, quartier périphérique de Grenade. C’est la troisième fois et pratiquement aux mêmes dates que nous venons dans ce petit camping atypique, aux parcelles étroites mais dont le charme est inexplicable !


Camping la Reina Isabel  

GRENADE :

Grenade jouit d’une situation géographique exceptionnelle avec, en toile de fond, les cimes enneigées de la Sierra Nevada, bien que celles-ci ne soient plus aussi enneigées que lors de notre passage en 2020. Le réchauffement climatique est passé par là !

La richesse culturelle de Grenade attire les visiteurs du monde entier. La majestueuse Alhambra, perchée sur la colline de la Sabika, a vu le jour au 13ème siècle. Cette ancienne citée arabe fortifiée raconte l’un des plus jolis contes des mille et une nuits, avec ses palais, ses patios et jardins extraordinaires.

l'Alhambra de nuit photo prise depuis l'Albayzin  

Le quartier de l’Albayzin face à l’Alhambra, tire son nom de l’arabe « al-bai’isin » qui signifie les « misérables » car il fut le refuge des musulmans convertis après la reconquête chrétienne.

Le venta el Gallo et nous ... face à l'alhambra  

Le quartier troglodyte du Sacromonte c’est l’âme gitane de Grenade ! Il y a accueilli la communauté gitane rejetée au 15ème siècle du centre-ville. Ces maisons-grottes en équilibre sur la colline de Valparaiso, offrent un joli spectacle avec leurs terrasses entourées de figuiers de barbarie et la vue magnifique sur l’Alhambra !

Mardi 13 février 2024

Jour de repos pour tout le monde y compris Léon qui a besoin de quelques soins et moi de temps pour finir mes articles. Nous avons déjà, lors de nos précédents voyages surtout en 2020, visité et arpenté tous les lieux intéressants de la ville et beaucoup écrit sur ce qui fait le charme de Grenade, ses édifices, cathédrale, palais et églises multiples.

Le charme aussi du camping « La Reina Isabel », c’est qu’il bénéficie d’un bon restaurant et propose divers services, pain, viennoise et sorties-spectacles en ville. On ne s’occupe de rien, le bus vient nous prendre, nous conduit sur le lieu du spectacle, nous attend et nous ramène au point de départ. C’est une aubaine pour ceux qui passent leur temps, comme nous, sur les différentes applications pour trouver des lieux à visiter, des endroits pour dormir, etc.

nos artistes pour la zambra  

En cette veille de Saint Valentin, une date importante pour nous, nous allons assister, dans une cave du Sacromonte, à un spectacle de « Zambra gitane ou maure » : C’est un chant espagnol de flamenco accompagné à la guitare sur un rythme à 2 ou 4 temps, ainsi que la danse qui l’accompagne, qui est le fruit de l’évolution d’anciennes danses mauresques, inspirées des mariages musulmans. Elle présente donc certaines similitudes avec la danse du ventre et avec la danse flamenco. Elle est née au Sacromonte dans les grottes des gitans, où les maures persécutés par les chrétiens vinrent se réfugier. C’est donc une danse typique des gitans de Grenade. Agréable soirée avec d’autres camping-caristes, essentiellement Allemand et Néerlandais, fort étonnés que des français puissent « baragouiner » (parler mal une langue) l’anglais, et se faire comprendre ! (Merci Patrick pour tes cours d’Anglais)

danse du châle ! 

Mercredi SAINT VALENTIN 2024 !

Après les différentes « accolades » et coupes de champagne, pour fêter 38 ans de cohabitation, dont 32 ans de fiançailles et 6 ans de mariage… nous décidons de faire une promenade dans le centre-ville, autour du parvis de la Cathédrale, qui est toujours très animé, et la place Bib Rambla. Les Espagnols savent fêter le 14 février : les rues sont décorées de gros cœur rouge, des comédiens grimés se prêtent au jeu des selfies et de jeunes lycéens distribuent des poèmes d’amour vieux de plusieurs siècles.

les rues de la vieille ville  

Nous assisterons également à un concert d’enfants et d’adolescents d’un lycée voisin, en uniforme, qui sous la direction de leur chef de cœur, entameront la « Sarabande de Haendel » sur les marches de la cathédrale ! Beaucoup de monde, parents, grands-parents et amis, très fiers de leur progéniture sous les flash et applaudissement des spectateurs ! A quand un tel spectacle en France ? Peut-on espérer un tel scénario lors de la réouverture de Notre Dame de Paris ? !

super ces enfants musiciens  
Bonne saint Valentin !  
 les petits chanteurs - les choristes 

Sur la place Bib Rambla, un duo avec piano et violon nous a joué une musique romantique, très Saint Valentin-Valentine !

Belle journée, ensoleillée et amoureuse…

Demain départ pour Tolède et la « Route de Don Quichotte », un autre grand amoureux et rêveur !

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Publié le 20 février 2024

Jeudi 15 février 2024

9h – Nous quittons Grenade et la Reina Isabel pour 360 km environ en direction de Tolède, notre prochaine étape. Nous laissons l’Andalousie pour grimper vers le centre de l’Espagne, et la Castilla y Mancha. C’est une superbe région, verdoyante, essentiellement plantée d’oliviers et de fruitiers sur des centaines et centaines d’hectares, sur un plateau à 1000 mètres d’altitude. Il fait beau, le soleil brille, mais la température matinale est proche de zéro ! (Le Captain est frigorifié et il en est à sa quatrième couche de vêtement !).

12h – Nous sommes sur la A4 en dessous de Valdepenas, à environ 150 km de Tolède… Changement d’itinéraire et de programme ! Quatre villages, sur la carte, attirent mon attention : ce sont les villages de la « ruta » des moulins à vent et de l’aventure de Don Quichotte de la Mancha ! Voilà une belle occasion de voyager hors des sentiers battus et de faire connaissance avec ce personnage de fiction mais tellement attachant.

L'Ingénieux Hidalgo Don Quichotte de la Manche

Miguel de Cervantes Saavedra (Né le 29 septembre 1547 à Alcalá de Henares – Mort le 23 avril 1616 à Madrid) est un romancier, poète et dramaturge espagnol. Il est célèbre pour son roman : « L'Ingénieux Hidalgo Don Quichotte de la Manche". Publié en 1605, il est reconnu comme le premier roman moderne. Le livre est une parodie des mœurs médiévales et de l’idéal chevaleresque, ainsi qu'une critique des structures sociales d'une société espagnole rigide et vécue comme absurde.


On peut penser que ce roman est une autobiographie de Miguel de Cervantes. Il passe son temps libre, tout comme « Don Quichotte » (son héros), à lire les poèmes de chevalerie de Ludovico Ariosto. Il est tellement bouleversé par ces récits, qu’il va s’en inspirer pour rédiger ses propres textes ! Il baigne déjà dans un milieu militaire et consigne toutes ses aventures dans un carnet, avec l’idée de les raconter plus tard.

Histoire de Don Quichotte (l'avez-vous reconnu ?)

« Don Quichotte » est l’histoire d’un gentilhomme de la Mancha, en Espagne, qui devient fou après avoir lu trop de romans de chevalerie. Se prenant pour un chevalier errant, Don Quichotte part en quête d’aventures, monté sur sa vieille jument Rossinante, et prend pour écuyer un naïf paysan, Sancho Panza, qui chevauche l’âne Rucio. Le troisième personnage du livre est une paysanne de son pays, Dulcinée du Toboso qu’il ne rencontrera jamais, mais en tant que chevalier, c’est la dame de ses pensées à qui il jure amour et fidélité ! Leurs péripéties incluent des affrontements avec des ennemis imaginaires (comme les célèbres moulins à vent), des discussions philosophiques, et des tentatives pour rétablir la justice et l’honneur. Ils forment ensemble un duo inséparable : ce sont un peu les Astérix & Obélix « modernes » !

Don Quichotte attaque les moulins à vent parce qu’il les confond avec des géants maléfiques. Cela découle de la folie induite par sa lecture excessive de romans de chevalerie, où les héros affrontent souvent de tels adversaires. Cette scène est l’une des plus célèbres du livre et symbolise la lutte entre illusion et réalité, mettant en évidence la subjectivité de la vérité. Finalement, Cervantes véhicule un message humaniste, valorisant la gentillesse, la compassion et l'honneur, même face à l'absurdité et à l'incompréhension.

Il rêve d'une société de justice et de paix, d'amour courtois, de sentiments fins et gentils. Ce rêve chez lui, se trouve transposé en cette forme chevaleresque qui est hors du temps, et doublement onirique. Don Quichotte ne voit pas les choses comme elles sont, mais comme elles devraient être.

Don quichotte est-il réellement fou, parce qu’il confond illusion et réalité ? Qu’il défend et lutte pour ses idéaux élevés : l’amour, la justice et la liberté ? Ou est-il un héros méconnu ?

Quels sont aujourd’hui, et demain, les « fous » qu’il nous faudrait, pour combattre le monde bien réel qui nous entoure ?! La question est posée, quelle est la réponse ?

14h - Nous quittons l’autoroute pour « Puerto Lapice ». C’est ici que Don Quichotte, lors de sa première sortie, entra dans une auberge, qu’il prit pour un château, afin de se faire sacrer « chevalier errant » par un seigneur qui n’était autre que l’aubergiste ! Nous apercevons sur les collines les premiers moulins blancs.

Puerto Tapice et l'auberge où Don Quichotte fut fait chevalier !  

Nous continuons en direction de « Consuegra » où nous allons passer la nuit, pour visiter demain, la colline aux dizaines de moulins, tous dans un état remarquable mais hors de fonctionnement aujourd’hui. Ils seront remplacés, quelques centaines d’années plus tard, par les « éoliennes » que nous allons voir tout au long de notre périple !

Consuegra  

Vendredi 16 février 2024

Ils sont magnifiques ces moulins ! et du haut de la colline nous avons une vue magnifique sur la ville et la plaine.

9h30- Nous continuons vers « Campo de Criptana » un très joli village, dominé par une colline battue par les vents où nous découvrons d’autres magnifiques moulins, un musée dédié à Cervantès et à Don Quichotte, mais qui sera malheureusement fermé. En bon touristes… nous ferons quelques achats à la boutique qui elle est ouverte !

La Castilla Mancha est une région aride, une terre sèche, sans rivières qui pourraient être source d’énergie pour transformer les céréales en farine. C’est donc la force du vent que les hommes utilisèrent.

Le fonctionnement des moulins est simple (c’est toujours ce qui est simple qui marche le mieux !) La toiture du moulin (coupole) est mobile et en fonction du vent, on l’oriente à l’aide de la grande manche ; les pales sont revêtues de leurs toiles à voile qui, sous l’effet du vent et à travers une série d’engrenage, mettent en mouvement les meules qui vont écraser le blé. Simple non ?

facile a traduire !  

11 h – Nous ne pouvons quitter la « Ruta de Don Quichotte », sans passer par le village de « El Toboso » patrie de la « Dulcinea », l’unique amour du chevalier errant !

à droite Dulcinéa et à ses genoux à gauche Don Quichotte  
à gauche le casque de Don Quichotte qui est un bol à barbier ! et Rossinante sa jument !  

13h – Il est temps de quitter la « Ruta » et de prendre une décision : où allons-nous passer la nuit ? Initialement, nous devions nous diriger vers Tolède, mais nous nous en sommes éloignés et la direction la plus proche est Aranjuez, notre étape après Tolède… et bien inversons les destinations ! Nous arriverons au « Camping International D’Aranjuez » à 16h, juste dans les temps pour déjeuner, à l’heure espagnole, et terminer notre « couscous » revisité façon Léon ! (Nous avons rapidement adopté les heures espagnoles pour déjeuner, ce qui nous permet de sauter le repas du soir et nous nous en portons nettement mieux !)

Voilà nous sommes installés pour 48h ou plus à Aranjuez. A nous le Concierto de Aranjuez de Joaquim Rodrigo, ou la chanson moderne de Richard Anthony : « Aranjuez mon amour » !

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Publié le 25 février 2024

Samedi 17 févier 2024 –

Le nom d’Aranjuez est-il connu pour sa ville et son Palais Royal, ou grâce au Concerto éponyme dont la réputation n’est plus à faire ?

En ce qui nous concerne, nous sommes plus particulièrement enclins à dire : par le « Concerto de Joaquin Rodrigo », dont l’instrument soliste est la guitare classique, instrument fétiche du Capitaine Marcus, dont il joue… un peu moins bien qu’il y a 40 ans, par manque de pratique !

Mais commençons par la ville d’Aranjuez et son Palais Royal.

photo du château médiéval au 12ème siècle  

A l’origine, Aranjuez n’est qu’un modeste village des bords du fleuve Tage, à une quarantaine de kilomètres au sud de Madrid. Au fil du temps il deviendra, par la volonté des Rois Espagnols, l’une des plus belles résidences de la couronne, notamment réputée pour ses jardins extraordinaires.

Tout débute au 12ème siècle, lorsque Alphonse VIII de Castille « donne » cette terre à l’ordre militaire de Santiago. A la fin du 15ème siècle, (donné peut-être repris…) les Rois Catholiques récupèrent le domaine d’Aranjuez, où les souverains séjournent dans le palais médiéval au printemps, en profitant de la douceur du climat. Cet usage se poursuivra jusqu’au règne d’Isabelle II au 19ème siècle. Il est bien évident que durant ce long espace temporel, sept siècles, le palais médiéval s’est modifié !

Entrée coté jardin et façade coté cour intérieure  
Bâtiments annexes  

Sous Philippe II,16ème siècle, le souverain (monarque) confie à un grand architecte le soin de tracer les plans d’un nouvel édifice. Les prémices d’une résidence royale se font jour, afin de rendre plus agréables les longues vacances printanières des souverains ! Je ne détaillerai pas ici les détails de la construction… ainsi que les grands travaux hydrauliques permettant d’irriguer les jardins royaux, mais également les terres agricoles où sont plantés de vastes vergers (la ville est connue pour la culture de la fraise et de l’asperge). Après la mort du roi, la construction du palais s’interrompt pendant presque un siècle.

le tage en bordure du château et de ses jardins  

Après le décès du dernier des Habsbourg, en 1700, et les différents conflits guerriers, le petit fils de Louis XIV, dénommé Philippe V monte sur le trône d’Espagne. Soucieux de la nouvelle dynastie qui se met en place, il poursuit les travaux de restauration ou construction des demeures royales, dont celle d’Aranjuez. Nous sommes au 18ème siècle. En 1748 le nouveau palais est victime d’un grand incendie…

les jardins du Prince  
seule photo autorisée à l'intérieur - le grand escalier  

Le roi Ferdinand VI, très attaché à cette demeure entreprend alors sa restauration et le palais est enfin achevé, deux siècles après ses débuts, tel que l’avait voulu Philippe II.

la salle à manger - le cabinet arabe - magnifiques ! 
le boudoir de la Reine - et le cabinet de porcelaines - fantastique !  

Le règne de Ferdinand VI donne une impulsion déterminante au développement de la ville d’Aranjuez. Un nouveau plan d’urbanisme est développé avec de larges artères et de grandes places. De nouvelles règles vont permettre de favoriser le développement de constructions, au-delà des terres appartenant au domaine du Palais Royal. Ce qui n’était pas possible auparavant, car des décrets royaux empêchaient toute construction autour du palais. C’est pour cette raison qu’il n’y a pas de « vieille ville » à Aranjuez. Les différents bâtiments de la ville datent des 18ème – 19ème siècle qui correspondent à l’apogée d’Aranjuez sous le règne de Charles IV.

Vont se succéder, après les invasions Napoléoniennes, Ferdinand VII et Isabelle II, période durant laquelle Aranjuez brille de ses derniers feux. Le palais royal a conservé son lustre, grâce aux restaurations et à la politique de remeublement menées par le Patrimoine National.

la mairie et la place San Antonio et la fontaine de la Mariblanca  
place san Antonio  
la chapelle Royale de San Antonio  

C’est en effet une visite à ne pas manquer, tant par l’architecture grandiose des bâtiments, que par le soin apporté à la décoration de chaque pièce, aux meubles d’époque retrouvés, aux tentures conservées.

Seul bémol et pas des moindres… toutes les photos intérieures sont interdites pour « raison de sécurité », ce qui nous paraît ridicule, à l’ère des selfies et de l’image sous toutes ses formes ! Visiter un tel lieu, sans pouvoir le photographier est frustrant, sauf à acheter un livre sur le palais et faire des photos de photos, certainement aussi interdites au titre de la « propriété intellectuelle » !

Pourquoi cette longue litanie de monarques sur sept siècles ? Pour constater que depuis le moyen âge, huit grandes famille régnantes, quatre françaises et quatre germaniques (toujours existantes.) se sont partagées au gré des alliances ou des guerres, l’intégralité des pays qui constituent l’Europe d’aujourd’hui.

Les systèmes politiques ont pour certains changés, suite à la révolution française de 1789. Bien que remplacer Roi par Président et princes, duc, marquis… par Ministres, sénateurs, députés, ne change pas grand-chose !

Le seul point commun entre tous c’est qu’ils sont nés, selon le vieux dicton, avec une « cuillère d’argent dans la bouche » ! Mais quel est le véritable sens de celui-ci ? !

« Être né avec une cuillère d’argent dans la bouche » : (Article remanié du Figaro)

« On dit cela de quelqu'un qui vient d'un milieu aisé et privilégié : la personne est née dans l'opulence et n'a jamais eu besoin de se préoccuper du coût de la vie ».


Si elle n’est pas très aimable, l’expression n’en demeure pas moins explicite. A l’étranger, les Français sont connus (à tort ou à raison...) pour aimer les débats, les conversations animées où chacun donne son avis, parfois (souvent !) sans écouter les autres. Le ton monte, et il n’est pas rare que les noms d’oiseaux et autres métaphores irrévérencieuses fusent à tout-va !

Dire à son interlocuteur : qu’il est de toute façon né avec une cuillère d’argent dans la bouche est un moyen bien connu en rhétorique, qui consiste à discréditer la personne elle-même pour minimiser ses arguments. Dans ce cas précis, on lui indique que son raisonnement est biaisé puisque c’est un être privilégié, et qu’il n’a aucune préoccupation financière depuis sa naissance, (que ce soit vrai ou faux !). Tout signe de richesse en France est une injure pour celui qui n’en a pas ! Que ceux qui n’ont jamais dit cela lors d’une conversation animée : lèvent la main !

Aux origines: les Anglais ! (Encore eux…)

Georges Planelles, dans son ouvrage: Les 1001 expressions préférées des Français, précise que cette expression vient de nos voisins les Anglais : «born with a silver spoon in his mouth.» Si nous ne connaissons pas précisément la date de son arrivée en France, l’expression serait apparue pour la première « dans une traduction de Don Quichotte de Cervantès » parue en 1712. ». Le mot anglais «spoon» est d’ailleurs une déformation de spon qui désignait un copeau de bois, la cuillère étant taillée dans un gros éclat de bois, pour ceux qui n’avaient pas les moyens de se payer une cuillère en argent ! (C’est intéressant cette coïncidence avec Don Quichotte) !

Ne désire rien et tu seras l''homme le plus riche du monde !  

Quelques mots sur le Concerto d’Aranjuez

Lorsque Joaquin Rodrigo (1901-1999) compose le Concerto d’Aranjuez pour guitare et orchestre en 1938, il ne se doute pas du succès phénoménal qu’il connaîtra. Le Concerto d'Aranjuez est une œuvre majeure du 20ème siècle, sans aucun doute la plus connue de Joaquín Rodrigo, l'un des grands compositeurs espagnols de musique classique de la période d'après-guerre. Sa popularité est si grande que des transcriptions ont été réalisées avec succès pour des quartets de jazz, pour des chansons populaires en plusieurs langues, avec d'innombrables enregistrements.

Joaquín Rodrigo est né en 1901 à Sagunto (Valencia). Aveugle dès l'âge de 3 ans, il reconnaissait volontiers que ce handicap l'avait poussé vers la musique. Il entreprend ses premières études musicales en Espagne, commence à écrire ses premières œuvres en Braille...Et en 1933, il épouse la pianiste turque Victoria Kamhi qui restera sa fidèle compagne jusqu'à sa mort.

Le concerto d’Aranjuez tient son nom de la splendeur des jardins du palais royal d’Aranjuez. Joaquin dira de ce lieu qu’il est « imprégné du parfum des magnolias, du chant des oiseaux et du jaillissement des fontaines ». Cette référence, de l’adagio, à ces jardins, est longtemps resté un point d’interrogation. Il faut insister sur la « symbolique » qui ressort de cette comparaison, au beau milieu des horreurs de la guerre civile espagnole, d’évoquer les splendeurs d’un lieu de sérénité d’une Espagne rêvée et ancienne. Le compositeur avait voulu dire toute son horreur des exactions des fascistes de Franco, en clamant que l’Espagne, ce n’était pas ça.

« L’adagio » est le mouvement le plus connu de ce Concerto d’Aranjuez. Empreint de tristesse, il est une supplication adressée à Dieu pour qu’il ne prenne pas la vie de sa femme Victoria, qui venait d’accoucher d’une petite fille de sept mois, mort-née. Ce mouvement est un véritable dialogue entre la guitare soliste et les instruments de l’orchestre. Il faut fermer les yeux, se concentrer, et écouter les vibrations de la guitare du « guitariste Marcus » pour sentir le parfum des magnolias ! Aranjuez mon Amour...

Dimanche 18 février 2024

Nouveau changement de programme ! Nous abandonnons l’idée d’aller à Tolède afin de regagner la France quelques jours plus tôt et d’éviter les possibles manifestations des agriculteurs qui nous avaient déjà bloqué à l’aller, et qui menacent de tout faire « Péter » avant le salon de l’Agriculture.

la très belle gare d'Aranjuez  

Nous prenons le train pour Madrid situé à moins d’heure d’Aranjuez, pour une visite de « reconnaissance » afin de préparer un possible voyage dans la communauté de Madrid prochainement. Nous faisons le tour de la ville en « city tour » et nous déambulons : dans la vieille ville, le Palais Royal et la cathédrale qui lui fait face, sans y entrer, environ 1 h de queue c’est trop pour nous.

contraste modernité et bel immeuble ancien  
Palais Royal - à nouveau la démesure ...  
la Cathédrale  
la place Mayor - beaucoup de monde .... 

Nous déjeunons au soleil sur la Plaza Mayor dans le restaurant typique « piège à touristes » ! Quant à l’addition, au regard de ce que nous avons mangé et au service déplorable : à fuir !

au départ cela devait être des Rib. 32€ + 5€ de frites  - pas de comparaison ...
un dimanche à Madrid !  

Retour au camping pour se préparer à poursuivre notre aventure vers Saragosse, communauté d’Aragon, avant de redescendre sur les plages de Girone où des amis-marins nous attendent !





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Lundi 19 février 2024

8h30 – Nous quittons le camping déserté par les habitués du week-end, essentiellement des madrilènes qui viennent chercher la nature et l’air de la campagne. Un petit tour du côté des vidanges pour soulager les vessies de Léon et nous partons dans les rues d’Aranjuez à la recherche d’une station de GPL, recommandée par le taximan d’hier. Au bout de 30 minutes à tourner en rond dans la ville, très encombrée par les voitures dont les propriétaires vont au boulot, nous renonçons et prenons la direction de Madrid pour récupérer l’A2 qui va nous conduire au bout de 380 km sur l’aire municipale de la ville de Saragosse. Superbe aire avec service (vidanges, eau), sans électricité mais gratuite, avec le tram juste en face pour nous conduire en 15 mn en centre-ville.

Il est 15h30 et nous n’avons pas encore déjeuné (Désolée Bruno… mais nous sauterons le repas du soir) !

17h- Comme souvent, Marc part en éclaireur en ville pour quelques renseignements et documents auprès de l’Office de tourisme. A son retour nous constatons, une fois encore, que les OT n’ont plus aucune documentation sur leur ville ou région, simplement un plan de la ville, naturellement payé par les commerçants au vu de la liste sur trois pages de leurs noms et logos ! Il parait que depuis le Covid on ne trouve plus d’informations sur papier. Il en est de même dans les grandes villes, par exemple Madrid, où nous avons dû nous contenter d’un plan.

la Torreon de la Zuda - la tour penchée de l'époque romaine qui faisait partie de la muraille 

La préposée de l’OT présente Saragosse comme étant la ville des quatre cultures et de citer celles-ci :

L’ibère, La Romaine, la Musulmane et la Chrétienne.

Marc un peu étonné répond : « je connais trois cultures : la juive, la musulmane et la chrétienne et je n’ai jamais entendu parler de la culture Ibère… Admettons pour la culture Romaine, mais que faites-vous de la culture des Juifs qui ont été très nombreux à une époque en Espagne ? Que n’avait-il dit ! On lui rétorqua, mordicus, « Qu’on ne présente plus la culture juive à Saragosse au prétexte qu’il n’y en aurait plus de trace (de la culture) dans la ville » !

Que se passe-t-il en Aragon ? Est-il interdit de prononcer le mot « juif » … Ou « Ibére » est-il devenu : le non-voyant pour aveugle ?

Après une recherche approfondie, sur le sujet, il apparait, sur internet, qu’en 2023, un dimanche par mois, à 11h, l’OT organise : « Une visite culturelle du quartier juif de Saragosse qui consiste en un parcours accompagné d'anecdotes, d'histoires, de plans, d'images et d'objets juifs, à travers les rues sous lesquelles se trouvait le quartier juif de Saragosse. Nous apprendrons quelque chose sur la culture juive, ainsi que sur son histoire et sa coexistence avec les chrétiens et les musulmans tout au long de l'histoire de la ville, jusqu'à l'expulsion des juifs, par les monarques catholiques au XVe siècle, Isabelle et Ferdinand, car ils refusent (les juifs) de se convertir au catholicisme. » Texte issu du site : <zaragoza.es>.

Faut-il comprendre un manque de formation du personnel, une communication hasardeuse ou un manque de compétence de ceux qui sont en charge du tourisme à Saragosse... ?

Notre découverte de la ville commençait bien !

Mardi 20 février 2024

9h00 – Nous embarquons dans le tram qui en 15 mn nous dépose dans le cœur du quartier EL CASCO qui borde le Rio Èbre et irrigue une plaine fertile. Saragosse, capitale de l’Aragon est une ville de plus de 650 000 habitants et surfe sur plus de 2000 ans d’histoire. Héritière des Romains, des Musulmans, des Juifs (malgré les dénégations de certains) et des Chrétiens, elle est bien « la ville des quatre cultures » et jouit de l’un des plus beaux patrimoines architecturaux d’Espagne.

Notamment avec la Basilique (ou cathédrale ?) Notre Dame du Pilar, la Cathédrale Del Salvador, le palais de l’Aljaferia, merveille de l’art Arabe et les nombreux musées, entre autres celui de l’enfant du pays Francisco Goya, que nous ne pourrons pas visiter.

la cathédrale et la basilique des Pilar  
le palais de l'Aljaferia 

Saragosse la Romaine : de cette époque il ne reste qu’une muraille d’une longueur de 100 m, le théâtre romain, le port fluvial et les bains publics.

la muraille romaine  

Saragosse la Mudéjar : C’est au 8ème siècle, que la ville est devenue un centre musulman important appelé Medina Albaida Sarakosta. Son plus beau fleuron est l’Aljafería, l'un des monuments les plus importants de l'architecture mauresque du 9ème siècle. L'art mudéjar est évident dans les tours des églises de la Magdalena, San Pablo, San Gil et San Miguel, la Tour de Zuda et le mur de la cathédrale San Salvador construite en lieu et place d’une ancienne mosquée.

les jardins de l'Aljaferia  

Saragosse la Juive :


De la communauté juive et du quartier juif, il ne reste que les bains rituels du 13ème siècle trouvés dans le sous-sol d’un immeuble moderne de la rue Coso. Utilisés comme synagogue, hôpital, boucherie et prison et dont le terrain est occupé maintenant par le Séminaire de San Carlos. Il s’étend sur les actuelles rues de Don Jaime, Veronica, Place San Pedro Nolasco, rue Santo Dominguito, Place San Carlos et rue de San Jorge.

Saragosse la Chrétienne : Si les prémices de la reconquête de l’Espagne par les chrétiens sur les musulmans remontent aux 9ème et 10èmesiècle, elle ne s’achève que par la prise de Grenade en 1492. À la fin du 11ème siècle et au début du 12ème, deux victoires : la prise de Tolède en 1085, suivie par celle de Saragosse en 1118, témoignent de la puissance de l’état chrétien. Ces victoires avaient été facilitées par le démembrement du califat de Cordoue en 1031. Mûs par un esprit de croisade (déjà !), la Castille, l’Aragon, la Navarre et le Portugal s’associent et en 1212, leurs armées écrasent les Almohades en plein cœur de la Sierra Morena.

Au milieu du 13ème siècle, de l’ancienne puissance d’Al-Andalus il ne reste plus que le petit émirat de Grenade. La Reconquête marque alors une longue pause, jusqu’en 1482 où les Rois Catholiques décident d’éliminer ce qui restait de l’Islam en Espagne. Restons en là … on ne va pas épiloguer sur le 21ème siècle.

l'immense façade la basilique Del Pilar  

Nous débouchons sur l’immense Plaza Del Pilar, du nom de la Basilique qui la domine, bordée par l’Èbre . LaBasilique Del Pilar, c’est un bijou de l'art baroque, qui a remplacé un édifice de style gothique, qui lui-même avait pris la place d’une église romane ! C’est le centre de pèlerinage le plus important du christianisme, lors des fêtes du Pilar qui ont lieu la semaine du 12 octobre. L’église entretien une légende autour de la Vierge Marie qui serait venue à Saragosse pour réconforter l'apôtre Jacques, qui se trouvait avec les premiers convertis sur les bords de l’Èbre pour prêcher l’Évangile. Elle apporta le « Pilar » (colonne de marbre) pour servir de base à la première église de Saragosse. Un joli conte… (réalité ou fiction ?). Comme le disait la mère de Romain Gary, « une histoire pour être belle, n’a pas besoin d’être réelle ». A l’extérieur les tuiles polychromes des onze dômes du toit, d’inspiration byzantine, sont magnifiques. Tout comme l’intérieur, malgré un manque d’entretien qui au fil des ans dégrade la peinture des grands tableaux, les coupoles et retables qui sont encrassés par la poussière. Manque d’argent évidemment, mais la visite est gratuite ! Bien que les photos soient interdites… nous avons réussi à en prendre quelques-unes, sans nous faire remarquer !

vue depuis le pont de l'Ebre avec le soleil couchant  
le choeur et l'accumulation de la poussière sur le dôme  

Nous continuons à déambuler sur la Plaza en direction de la Cathédrale Del Salvador, dont la construction débute vers le 12ème siècle, en lieu et place d’une ancienne mosquée. Elle mêle tous les styles, et se distingue par sa coupole et ses murs de style mudéjar, son abside romane, sa tour baroque, et sa façade néo-classique. Nous renonçons à y entrer… photos interdites, gardien... et il faut payer sa dime !

la mairie et Goya 

11h30 – Nous décidons d’aller prendre notre café quotidien (comme les espagnols) au Mercado Central, aménagé dans d’anciennes halles du 13ème siècle et restauré en 2019. De nombreux stands présentent les produits régionaux qui sont nombreux, et les spécificités de la région, champignons sauvages, agneau de Téruel, et naturellement « el Jamon » local ! Malgré tout, notre marché de cœur reste celui de Valence !

12h30 – De notre planning du jour, il nous reste le Palais de l’Aljaferia, ce palais du 11ème siècle qui abrite aujourd’hui, le Parlement de l’Aragon. Celui-ci se trouve à l’ouest de la vieille ville et il faut bien compter une trentaine de minute à pied… Bus ou on fait notre footing du jour ? Bien qu’à contre cœur j’opte pour la deuxième solution et nous voilà partis.

de belles rues et places dans le centre ville sur le chemin du palais de l'Aljaferia   

Le palais de l'Aljaferia est un palais fortifié construit durant la seconde moitié du 11ème siècle, à l'époque d'Al-Muqtadir, en tant que résidence des rois Banu Hud, puis celle des rois catholiques d’Aragon avant d'être affecté aux services de l’inquisition. Durant la Guerre civile espagnole le palais de l'Aljaferia servit de prison : de nombreux républicains, socialistes, communistes y furent enfermés. Une fois la guerre civile terminée, le régime franquiste continua à l'utiliser comme prison.

Son importance réside en ce qu'il est l'un des témoignages conservés d'un grand édifice de l’architecture islamique en Espagne à l'époque des Taïfas. Il reflète la splendeur de la Taïfa de Saragosse au moment de son apogée politique et culturelle.

voila l'état avant "restauration.."  

Nous optons pour la visite guidée, malheureusement en Espagnol, et malgré ses compétences dans cette langue, Marcus n’a pas pu suivre le rythme « effréné » du langage de notre guide ! donc rien d’intéressant à signaler.

Durant de nombreux siècle, après les Rois Catholiques, les bâtiments se sont dégradés et dans les années 1980 a commencé une grande restauration, reconstruction, mais il manque la patine du temps et les artisans modernes n’ont plus, à notre avis, les compétences et la finesse des artisans mudéjars. Dommage...

La structure extérieure a bien été restaurée, malgré son aspect récent, mais nous avons été déçus par celle de l’intérieur, surtout lorsqu’on a visité l’Alhambra de Grenade, le Real Alcazar de Séville, et la Mezquita de Cordoue.

trop neuf !  
Porte et dessin en haut d'un mur d'époque 
l'oratoire chrétien et le Mihrab à droite dans la même pièce  
plafond de la partie chrétienne qui n'a pas beaucoup d'intérêt  

16h – Nous sommes de retour sur Léon pour un déjeuner espagnol très tardif ! Et préparatifs de notre départ de demain.

Mercredi 21 février 2024 et jeudi 22

7h – Il fait nuit noire, tout est calme sur l’aire, et brusquement Léon se met à hennir ! Ses 150 chevaux chauffent et s’ébrouent, prêts à reprendre la route ! Direction le sud de Girona, un petit village près de la mer pour retrouver des amis que nous n’avions pas revu depuis 6 ans. Ex-marins, devenu camping caristes à leur tour et qui reviennent d’un périple d’un mois au Maroc.

430 km de conduite pour notre capitaine c’est long, surtout lorsque la moyenne tourne autour de 70 km/h ! C’était plus facile lorsqu’on pouvait enclencher le pilote automatique et que le radar nous prévenait lorsqu’un cargo se trouvait à quelques miles ! 15 h – C’est avec grand plaisir que nous retrouvons Pierre, Claudine et Milou leur fox terrier, copie conforme du Milou de Tintin !

Vendredi 23 février 2024

Nous nous quittons pour continuer notre route vers la France : les autoroutes payantes, le GO à 1,92€, les fruits et légumes hors de prix ! Destination Palavas les Flots pour une halte de quelques jours, afin de nous ré-acclimater, d’effectuer quelques « travaux de sécurité » sur Léon, avant le retour à la maison prévu le 28 février et de faire la bise à nos amis de Léontine, Nelly et Bruno !

Ici se termine notre périple hivernal espagnol. Rendez-vous, si tout va bien, en Juin pour notre voyage au cercle polaire en Norvège. Les baroudeurs vous saluent !


Merci à tous ceux qui nous ont suivis, et à ceux qui n'ont pas pu le faire, faute d'indication de mise en ligne des articles. Bug du site myatlas ou maladresse de ma part ? Toutes mes excuses. Un remerciement tout particulier à ceux qui ont osé faire des commentaires (Jean de la Lune, Mirafa, Nelly, Patrick, Mahé et tous les autres... ). J'espère que cet "incident" sera réparé rapidement et rendez-vous en juin pour la Scandinavie ! On vous embrasse tous.