Carnet de voyage

Islande : A song of Fire and Ice

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Ah l'Islande... son clapping, ses toponymes imprononçables, sa gastronomie exotique et ses patronymes dignes d'un album d'Astérix... Retour sur un road trip de 12 jours
Août 2019
12 jours
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J1
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L'Islande... depuis le temps que je rêvais de cette destination... 2 voyages en Ecosse m'ont définitivement convaincus de venir admirer ses paysages de création du monde...

Après de sérieux préparatifs, direction l'aéroport de Bruxelles, qui assure une liaison directe en 3h vers l'aéroport international de Keflavik. Arrivés sur place, 1er contact avec la météo islandaise : 13°, un peu de vent et de la bruine... pour un 4 août. Bof, pour un Lorrain pure souche (élevé à la quiche et à la mirabelle siouplé !), pas de quoi être impressionné, l'été peut être frais et humide aussi chez moi ^^

Sortis de l'aéroport, direction les locaux de Blue Car Rental, à 2 pas de l'aéroport pour récupérer notre 4x4 de location. On a fait le choix d'un Duster, vu que les pistes qu'on a prévu ne présentent pas de difficultés majeures. On a aussi fait connaissance avec notre guide, Gunnmár, un macareux qui présente la particularité d'être une panse sur pattes et d'enchaîner les jeux de mots pourris (auxquels vous n'échapperez pas, j'aime autant vous prévenir !)

Avion, Gunnmár, Jolly Duster... on est parés ! 

Bref, une fois tout ce petit monde opérationnel, direction l'Islaaaaaande ! Alors que la plupart des touristes filent vers l'est vers le Blue Lagoon et Reykjavik, on a décidé de profiter du reste de l'après-midi pour explorer un peu la péninsule. Je conseille fortement de prendre un peu de temps en début de séjour, car la péninsule de Reykjanés offre un véritable condensé des paysages islandais.

Avant de filer vers l'Est, prenez le temps de parcourir la péninsule de Reykjanés, elle en mérite largement le détour !

1er arrêt d'une longue série au Pont Entre les Continents, curiosité située à quelques kilomètres de l'aéroport de Keflavik. La péninsule de Reykjanés est située sur la dorsale médio-atlantique, qui sépare l'Europe de l'Amérique. Ce pont, qui enjambe un petit rift, rappelle symboliquement cette particularité, la dorsale n'émergeant de l'océan qu'au niveau de l'Islande, faisant de l'île un paradis pour géologues. Au final, l'endroit présente assez peu d'intérêt, très fréquenté, tous les touristes venant y faire la même photo vu 1 million de fois sur les réseaux sociaux. Bref, pas de quoi s'attarder.

Le Pont Entre les Continents, qui marque symboliquement la limite entre l'Europe et l'Amérique 

Quelques kilomètres plus loin, arrêt sur un lieu beaucoup moins connu et moins fréquenté : le cratère de Stampar. Au bout d'une randonnée très facile (5-10 minutes), on atteint le sommet du volcan qui nous offre notre premier panorama sur l'ouest de la péninsule : des coulées de lave à perte de vue, d'autres cratères et au loin, des fumerolles nous indiquant notre prochaine étape. Le temps, jusqu'ici couvert et humide, laisse progressivement place au soleil.

Le cratère de Stampar 

L'étape suivante nous emmène sur le premier site géothermal de notre périple, à Gunnuhver. L'odeur d'oeuf pourri est caractéristique de ces sites, où l'eau jaillit des profondeurs à une température très élevée (100°C). Des panneaux un peu partout préviennent du danger, restez sur les sentiers balisés ! Le site est relativement petit, c'est une entrée en matière idéale avant d'aller visiter des sites plus imposants.

 Chauuuuuuuud cacaoooooooo !

La fin de journée approchant, on file à Grindavik, petite ville du bord de mer (hormis Reykjavik, toutes les villes sont petites en Islande, de toutes façons ^^), histoire de faire quelques courses pour les jours à venir. On décide de pousser jusqu'au front de mer et de se rendre au Bryggjan Café, qui sert une des meilleures soupes de langoustines du pays. La soupe est en re-fill, ce qui signifie que vous pouvez vous resservir une fois. Et vu la soupe, on a pas hésité ! elle est servie avec du pain et du beurre, ce qui constitue un repas tout à fait convenable pour le soir.

Préférez la soupe de langoustines, elle est meilleure que la soupe d'agneau qui est proposée

Après avoir repris quelques forces, on termine notre visite de la péninsule par le Blue Lagoon, haut-lieu du tourisme islandais. Trop même. L'endroit est bondé et le coût d'accès aux sources chaudes est prohibitif ! On a préféré arpenter les sentiers qui parcourent le site, permettant de profiter de l'association entre le bleu laiteux des eaux du site et la lumière du soir. Le site en lui-même n'a rien de naturel, les eaux chaudes étant rejetées par l'usine géothermale qui jouxte le site.

Le Blue Lagoon, côté sans touristes ^^ 

Direction ensuite notre hébergement à Reykjavik, le Student Hostel, résidence étudiante privée, qui dispose d'une agréable salle commune.

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Ce second jour de notre voyage était consacré à la poursuite de notre exploration de la péninsule de Reykjanés, dans sa partie orientale. Réveillés très tôt et très en avance sur le programme, on a toutefois pris le temps de filer à l'autre bout de la péninsule pour voir les falaises de Reykjanestá, qu'on n'avait pas eu le courage de faire la veille. Arrivés sur place, personne hormis un van de campeurs profondément endormis, malgré le cris des mouettes. Les falaises sont relativement impressionnantes, marquées par la présence de rochers isolés des falaises par le lent travail de l'érosion. Ce paysage rappelle la côte nord de l'Ecosse, mais ces falaises demeurent néanmoins moins impressionnantes que leurs homologues écossaises.

A noter que le sentier menant en haut de la falaise est fermé depuis plusieurs années, une fissure menaçant d'emporter tout un pan de la falaise...

Après cette mise en jambes matinale, l'heure était venue de nous diriger vers Bláfjöll, pour le premier temps fort de notre voyage : une descente dans la chambre magmatique d'un volcan ! Cette excursion insolite se passe sur le massif du Þríhnúkagígur, seul volcan en Islande qui permet cela. Il s'agit là d'une curiosité géologique : la lave s'est brusquement retirée de la chambre, laissant celle ci intacte. Le cratère ne s'est donc pas effondré et laisse une cavité gigantesque, dans laquelle la Statue de la Liberté tient sans problème. L'accumulation des gaz dans la chambre, due à l'activité magmatique, a coloré la roche selon une large palette de vert, jaune, rouge et brun.

L'excursion, obligatoirement avec un guide, commence par une randonnée facile d'environ 45 min jusqu'au refuge au pied du volcan, où on s'équipe de la tête au pied comme des spéléologues (casque, baudrier, frontale). En raison de l'exigüité de la nacelle, les sacs (et Gunnmár en ce qui nous concerne) restent au refuge. Après avoir atteint le sommet du volcan, la descente s'effectue par le cratère, à l'aide d'une nacelle et le fond est atteint en 6 minutes. De là, un sentier circulaire parcourt la chambre, serpentant au milieu de blocs de lave. La promenade se fait toutefois avec prudence, la roche étant humide et glissante. Après 40 min à crapahuter, il est temps de remonter, afin de profiter du panorama exceptionnel qu'offre le volcan et de la délicieuse soupe à l'agneau servie au refuge. Sur le chemin du retour, et sur les conseils de notre guide, nous avons un peu exploré les environs et découverts d'anciens tunnels de lave effondrés.

 Chambre magmatique, panorama, tunnels de lave : le Þríhnúkagígur mérite le détour !

L'après-midi, direction le Sud, notre première route non revêtue nous conduisant sur les berges du Kleifarvatn, un lac occupant le fond d'une caldeira (un cratère effondré). Le lac est l'un des plus grands et des plus profonds d'Islande et abriterait une créature légendaire. Il me semble avoir déjà entendu pareille légende... mais où...

Les eaux bleues du lac, associées au côté désolé des paysages volcaniques qui l'entourent, donnent au lieu un étrange aspect, qui rappelle la "zone interdite" de la Planète des Singes, dans sa version de 1968.


Le Kleifarvatn, l'un des plus grands lacs d'Islande 

Notre route nous emmène ensuite sur le site géothermal de Seltún, plus grand que celui visité la veille. Ce site est l'un des plus actifs d'Islande, signe de l'intense activité volcanique qui règne en sous-sol. Lors de notre visite, une partie du site était fermée, des jets de vapeur étant apparus à proximité immédiate du sentier, rendant celui-ci dangereux, l'eau étant très chaude (80 à 100°).

L'un des sites géothermiques les plus actifs d'Islande 

La fin de journée approchant, on prend le chemin du retour, direction Reykjavik pour partir à la découverte de la capitale islandaise. Le centre-ville est assez modeste, on en fait vite le tour. Si l'on met de côté les musées, on peut faire le tour des principaux monuments de la ville en 2 bonnes heures.

Début de la balade par le lac Tjörnin, en plein Reykjavik, à 2 pas du centre 
 L'église luthérienne de Reykjavik et le siège de l'Alþing, plus vieille assemblée démocratique du monde
La plus vieille maison de la ville (1762) sur Aðalstræti
La salle de spectacle Harpa et le Sun Voyager, 2 lieux emblématiques du front de mer 
maisons de pêcheurs, couleurs, street art : les marqueurs de l'architecture de la ville 
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J3
Publié le 12 septembre 2019

Ce matin, cap à l'est ! Nous quittons Reykjavik pour la région la plus touristique d'Islande : le Cercle d'Or, qui rassemble, dans un rayon de 40km, des rifts, sources chaudes, cratères et chutes d'eau. Première étape sur notre route, le parc national de þingvellir. Pour s'y rendre, la plupart des touristes empruntent la route 36 depuis Reykjavik, qui est l'itinéraire le plus direct. De notre côté, nous avons opté pour la route 435, moins fréquentée et bien plus belle ! Elle traverse en effet la région géothermale de Nesjavellir, qui compte un volcan, une centrale géothermique et une coulée de lave, la Nesjahraun. Depuis Reykjavik, la route grimpe en hauteur avant de plonger sur le lac de þingvellir.

La région de Nesjavellir, peu fréquentée, mise en bouche de la journée... 

La route rejoint ensuite la route 360, qui longe le lac et nous amène à notre première étape sur le Cercle d'Or, le parc national de þingvellir. Le site se situe sur la bordure occidentale du grand rift qui traverse l'Islande, et marque le début de la limite entre les plaques américaine et européenne. Le site est traversé par une immense faille, qu'il est possible de parcourir et qui vous emmènera jusqu'à l'Öxarárfoss, notre première chute d'eau, bien modeste en comparaison de ce qui nous attend...

Outre son intérêt géologique, le site revêt une importance historique : c'est ici que se réunissait à l'origine le parlement islandais, l'Alþing, le plus vieux parlement du monde, créé en 930. Les chefs de clan islandais se réunissaient une fois par an sur la plaine en contrebas pour discuter des différentes affaires, rendre la justice, et tout un tas de trucs, ce qui lui vaut d'être classé au patrimoine mondial de l'Unesco.

Plus récemment, le site s'est rendu célèbre pour avoir servi de lieu de tournage à la série Game Of Thrones.

Pour toutes ces raisons, le site est très fréquenté, mieux vaut arriver tôt pour en profiter...

þingvellir, haut lieu de l'histoire islandaise 

Le site est en accès libre, pas besoin d'attendre l'ouverture du centre des visiteurs. Privilégier une arrivée la plus tôt possible pour profiter de la tranquillité des lieux...

Direction ensuite le site géothermal de Geysir, au coeur du Cercle d'Or. Le site a donné le mot "geyser", en raison du plus imposant d'entre eux, Geysir. Néanmoins, l'exploitation toujours plus importante de la géothermie a affaibli le geyser, qui ne jaillit plus que 2 ou 3 fois par jour. Afin de maintenir l'attrait touristique du site, les autorités islandaises ont procédé au forage d'un second geyser, Strokkur, plus modeste, mais qui jaillit toutes les 15 à 20 minutes.

Monsieur Strokkur, pris sur le vif...  

Comme tous les sites géothermiques, l'eau qui sort du sol est très chaude, n'allez pas y tremper les mains pour "tester" la température, ou vous comprendrez ce que ressent un oeuf dur... Un sentier grimpe sur une petite colline et permet d'avoir une vue panoramique sur le site et les environs. Facile d'accès, les bus y déversent des cohortes de touristes toute la journée, attendez-vous à voir du monde...

 Bien que très fréquenté, le site reste un incontournable !

Toujours en allant vers l'Est, on atteint le 3ème et dernier site majeur du Cercle d'Or : la chute de Gullfoss. Et quelle claque ! la chute est magnifique, très large et forme un escalier. Le vacarme sur place donne un indice de la puissance de la chute, même si celle-ci n'est pas la plus puissante d'Islande.

Assurément l'un des sites visités que j'ai le plus aimé en Islande, malgré l'inconscience de certains touristes, qui s'aventurent au-delà des sentiers balisés, sur des mousses et rochers glissants, à quelques mètres de la chute d'eau...

Un site exceptionnel, et sous le soleil ! 

Ayant levé le camp très tôt dans la matinée, on arrive au bout du programme de la journée en début d'après-midi. On décide de déjeuner sur place, afin de convenir de la suite de nos aventures. En parcourant mes guides, on a pas trop le choix : le principal intérêt dans le coin, c'est la piste de Kjölur, qui mène au massif volcanique de Kerlingarfjöll. On valide la destination autour d'une bonne soupe d'agneau et là... pouf, le macareux s'effondre, visiblement pas au niveau sur la bière ^^

Une soupe, une binouze (santé Gunnmár !) et zou, direction la piste de Kjölur...  

Une fois les batteries rechargées et les estomacs remplis (enfin, plutôt l'inverse pour Gunnmár), direction la piste de Kjölur, qui permet de relier le Nord et le Sud de l'Islande, à travers les Highlands. La piste n'est pas très roulante, beaucoup de trous, de pierres, de tôle ondulée... on ne progresse pas très vite, 50-60 km/h dans le meilleur des cas... J'avais lu que cette piste n'est pas très belle au regard des autres pistes islandaises, mais au vu des paysages traversés, qu'est-ce que ça doit être ailleurs !

Et au détour d'un virage, au milieu de nulle part, comme planté là... un arrêt de bus ! Et pour l'anecdote, ce poteau doit représenter le seul obstacle à des km à la ronde... ben il s'est glissé dans mon angle mort ce fourbe, et j'ai réussi à le toucher en reculant...

L'état de la piste nous fait prendre beaucoup de retard et l'heure avançant, nous sommes obligés de faire demi-tour avant d'avoir atteint Kerlingarfjöll, notre hôte nous attend une paire de km au Sud...

Premier contact avec les Highlands islandais : ça promet ! 

En route, petit arrêt improvisé sur les gorges de la Ölfusá, puis c'est l'arrivée à Knarrarholt, notre point de chute pour 2 nuits. Je recommande cet établissement, les propriétaires sont, et c'est surprenant pour des islandais, plutôt accueillants et chaleureux. On a pu échanger avec le mari, mécanicien de formation et bénévole au 112, la Sécurité Civile Islandaise. Il nous explique que leurs 4x4 arrivent d'Allemagne et sont modifiés spécifiquement pour affronter les pistes islandaises les plus exigeantes.

Demain, direction Landmannalaugar !

J4
J4
Publié le 16 septembre 2019

Landmannalaugar... Ce mot résonne dans ma tête depuis que j'ai planifié ce voyage, c'était la première croix que j'ai fait sur la carte et j'attendais beaucoup de cette étape... Autant vous dire que je n'ai pas été déçu !!

Le programme s'annonçait particulièrement riche : volcans, F-roads, gués, randonnée, cratères, lacs... on allait en prendre plein les mirettes et (pratiquement) pour pas un rond ^^

Pour rejoindre Landmannalaugar, 2 itinéraires s'offraient à nous : soit par la F26 et la F208 Nord, soit par la F225. La première option est la plus rapide et ne comporte pas de gués, mais la seconde est bien plus belle et passe près du volcan Hekla. Nous, on a choisi la seconde.

Pour atteindre la F225, il faut emprunter une portion de la Route 26, et c'est vraiment pénible : beaucoup de tôle ondulée et de trous. Puis c'est le croisement avec la F225 et la magie débute avec une vue dégagée sur le terrible volcan Hekla. Ce volcan est particulièrement redouté par les islandais, car il est imprévisible : il peut entrer brutalement en éruption en 30 minutes ! En temps normal, une randonnée permet d'atteindre le sommet, mais depuis 2011, elle est formellement déconseillée par les autorités islandaises : la face nord du volcan se déforme, signe d'une éruption prochaine...

On passe devant le Hekla, sur la pointe des roues pour ne pas réveiller le géant endormi... 

Le début de la piste est assez roulante, puis on entre dans le vif du sujet : on traverse un immense champ de lave sur des kilomètres, la piste serpente entre des rochers coupants comme des rasoirs, la piste devient plus difficile avec une multiplication de trous et de grosses pierres, notre vitesse de croisière chute à 30-40 km/h pour ne pas endommager la voiture ou crever...

Puis bientôt se présente devant nous un problème de taille : la piste s'arrête net, et disparaît dans une rivière, avant de réapparaître plus loin... Je cherche le meilleur chemin, je traverse un premier bras, puis un second... ouf c'est passé, le niveau était bas, c'était plus une pataugeoire qu'une vraie rivière... sauf que quelques kilomètres plus loin, je me rends compte qu'on s'est trompé de route : le gué est situé pile sur un carrefour et on s'est planté... Donc après avoir fait demi-tour (ce qui peut se révéler périlleux sur les étroites pistes islandaises), on repasse le gué et on se présente cette fois dans le bon sens, vers la bonne piste... La vidéo n'est pas de moi, mais elle fournit la bonne trajectoire pour franchir le gué sans souci.

La route ? Là où on va, on n'a pas besoin... de route.  

Il y a 2 autres gués sur la piste, mais ce sont plus de grosses flaques et nous n'aurons aucun souci pour rallier la F208 Nord. Nous faisons un arrêt au Frostastaðavatn, premier contact avec le massif du Landmannalaugar, aux couleurs si caractéristiques. Au pied du massif, une ancienne coulée de lave vient mourir au bord du lac.

Le Frostastaðavatn annonce les paysages irréels du Landmannalaugar

Après une portion de piste chaotique, c'est l'arrivée au camping du Landmannalaugar, qui accueille le voyageur par un double gué à franchir. Pour les plus timorés, un parking et des passerelles permettent de l'éviter... Pour les plus téméraires... 1ère courte, mode 4x4 et c'est partiiiii ! Le 1er gué se franchit en allant tout droit, en longeant l'alignement de pierres. Le 2nd gué est plus profond, il faut le prendre en arc de cercle, de l'aval vers l'amont... Avec le Duster, on a eu aucun souci pour le franchir !

Le double gué en vidéo (ne faites pas comme lui sur le 2nd gué !)

Le double gué du Landmannalaugar 

Arrivés au camping, on se gare tout au fond du parking, au départ de notre randonnée. Pile devant nous se dresse notre premier objectif : Bláhnúkur, "le pic bleu".

Bláhnúkur nous attend de pied ferme 

On entre rapidement dans le vif du sujet : après une première portion sur terrain plat, le début de l'ascension grimpe très vite sur une pente assez raide et sablonneuse, les bâtons de marche sont les bienvenus ! Le terrain s'élève très vite et offre déjà des vues grandioses sur le site, notamment le Laugahraun, la coulée de lave qui occupe le centre du site.

La montée offre dès le début un panorama exceptionnel... et le sommet est encore loin ! 

Après environ 1h30 de montée et 350m de dénivelé, on arrive en haut du sommet et là, une vue exceptionnelle, à 360° du site nous est offerte en récompense !

 Vue vers l'Est, sur les rhyolites du Barmur (au fond)
Vue vers l'Ouest, sur la Breinistasalda, aux couleurs exceptionnelles 
Vue vers le Nord, sur le massif du Suðurnámur 

Après avoir profité du panorama exceptionnel qu'offre l'ascension du Bláhnúkur, il est temps d'amorcer notre descente par l'autre versant, vers la vallée du Brennisteinsöldukvísl (à vos souhaits). Avec un panorama tout aussi exceptionnel, la descente est un régal, avec toutefois une fin un peu difficile à négocier, car très raide.

Une descente toute aussi éblouissante que la montée ! 

On arrive néanmoins sans trop de casse en bas, mis à part une douleur au genou chez mon compagnon de voyage qui s'est réveillée dans la descente. Alors qu'on devait initialement remonter vers la Breinistasalda, on choisit de ne pas prendre de risque, on traverse la vallée, puis on s'arrête bivouaquer au pied de la Laugahraun, qu'on doit traverser pour rejoindre le camping.

Et traverser une coulée de lave, ça n'a rien d'une sinécure ! le chemin est balisé par une série de piquets, mais il faut crapahuter au milieu des blocs de lave et on avance péniblement, en faisant attention de bien regarder où on pose le pied, une entorse est vite arrivée, surtout si comme moi, vous avez déjà eu affaire à ces petites bêtes !

On fini par longer un cours d'eau qui passe au pied du Bláhnúkur, dont l'apparence gris-bleu tranche avec le reste du massif... Puis c'est le retour au camping, un dernier coup d'oeil sur ce site exceptionnel et nous voilà repartis !

La Laugahraun, dernière étape de notre petite balade 

En chemin, on fait un crochet par Ljótipollur, un lac situé au fond d'un cratère. Il est possible d'en faire tout le tour, mais nous, après avoir crapahuté une partie de la journée et avec encore 3h de pistes à faire pour rentrer, on n'a pas eu le courage (#Déglonflés). Pour atteindre le lac, il faut prendre à droite au carrefour entre la F208 et la F225. Attention, la piste est assez mauvaise, mais ne comporte aucun gué.

Dernier arrêt de la journée à la ravine de Gjáin. Une petite pépite ! L'endroit se mérite, la piste pour y accéder est très mauvaise, mais l'endroit est magnifique ! Après avoir traversé une coulée de lave désolée, on découvre le canyon telle une oasis en plein désert. L'endroit a également servi de lieu de tournage à Game of Thrones. Un sentier y descend et permet de faire le tour de l'endroit, mais la fatigue de la journée nous a dissuadé d'y descendre. Retour à notre hébergement, épuisés, mais ravis ! Sans doute l'une des plus belles étapes de notre voyage.

 Une oasis au milieu d'une coulée de lave !
J5
J5
Publié le 16 septembre 2019

Aujourd'hui, cap au Sud ! Nous quittons nos charmants hôtes et mettons le cap sur Vík í Mýrdal. Alors que le soleil nous accompagne depuis le début de notre séjour, je m'attends à ce qu'il nous fausse compagnie, cette région étant la plus arrosée de toute l'Islande...

En attendant, il fait beau, Gunnmár est sage (normal il a la panse pleine, comme tous les matins ^^)... bref, ça roule. On atteint notre premier spot de la journée, la chute de Seljalandsfoss. Le site est très fréquenté et le parking payant... La particularité de cette chute, c'est qu'on peut en faire le tour par l'arrière. Comme il fait beau depuis plusieurs jours, le débit est faible et on n'a pas été mouillés. Le sentier peut être glissant car rocheux, prévoyez de bonnes chaussures de marche. Au retour de la balade, petite pause café avec un couple bien sympathique de toulousains, pas encore complètement congelés par la fraîcheur de l'été islandais ^^

On reprend la route, direction notre 2ème chute d'eau de la journée, Skogafoss. En chemin, la route est vraiment belle, la route est coincée entre la mer et les montagnes... Soudain apparaît sous nos yeux, à gauche de la route un immense glacier, qui n'est autre que l'Eyjafjallajökull, qui abrite le volcan du même nom, célèbre pour son éruption de 2010, qui a paralysé le trafic européen pendant plusieurs jours... et ce n'est même pas le volcan le plus redoutable... Le volcan est vraiment très près de la route, l'éruption devait être vraiment impressionnante...

On poursuit notre route vers Skogafoss, mais malheureusement, un accident assez sérieux a paralysé le trafic sur la Route 1 pendant près d'une heure. Comme il s'agit de la seule route praticable dans le coin, on prend notre mal en patience... On décide finalement de renoncer à la visite de Skogafoss, car l'heure avance et l'accès aux falaises de Dyrholaey, plus loin sur notre route, est réglementé pour préserver la faune...

Eyjafjallakökull (en bas à gauche) et Skogafoss (en bas à droite) 

En début d'après-midi, c'est la rencontre avec notre premier glacier islandais, le Solheimajökull. Ce n'est pas le plus beau des glaciers islandais, mais la magie du lieu réside dans le fait qu'on peut s'approcher vraiment très près du glacier, à tel point qu'on peut presque le toucher ! Le glacier vient mourir dans un lac d'eau glaciaire, avec quelques modestes icebergs. J'ai testé, et l'eau est vraiment très froide ! Dommage, j'avais pas de Ricard sous la main...

Quelqu'un a du Ricard ? 

On poursuit notre route toujours plus au Sud, et toujours sous le soleil, on a une chance incroyable ! Après une portion de piste qui grimpe, on atteint les falaises de Dyrholaey, qui abritent d'importantes colonies d'oiseaux marins et célèbre pour sa célèbre arche de pierre. Le site offre un panorama époustouflant sur la mer, les plages, les montagnes... et permet d'apercevoir également le Myrdalsjökull, glacier qui abrite le redoutable volcan Katla, le plus redouté des volcans islandais, car ses éruptions provoquent des jökulhaups, terme islandais qui désigne des crues glaciaires dévastatrices, issues de la fonte du glacier lors des éruptions.

Au fond, le Myrdalsjökull qui cache le terrible Katla 

Dernière étape avant notre arrivée à Vík í Mýrdal, la plage de Reynisfjara. Ce site est emblématique du Sud de l'Islande, pour 3 raisons : la plage de sable noir, les orgues de basalte et les Reynisdrangar, des stacks rocheux au large. La plage est donc très fréquentée et il faudra s'armer d'un peu de patience pour arriver à photographier les orgues de basaltes sans touristes...

Autre spécificité, propre à beaucoup de plages islandaises : les vagues traîtresses. Il s'agit de vagues arrivant par surprise, mais bien plus puissantes que les autres. Ces vagues peuvent vous déséquilibrer et vous emporter vers le large. Le risque est réel, restez à bonne distance du rivage : de grands panneaux expliquent le danger et plusieurs touristes imprudents sont emportés tous les ans... soyez prudents, surtout si la météo est mauvaise (et c'est souvent le cas dans le coin) !

Le danger est réel, ne jouez pas aux cons...  

Et c'est sous un grand soleil qu'on arrive au terminus de notre étape, la petite ville de Vík í Mýrdal, la ville la plus arrosée d'Islande ! Autant dire que la photo de la célèbre église sous le soleil est un cliché rare à obtenir... Le lieu étant pris d'assaut en été, pensez à réserver votre hébergement très en avance 😉

Demain, direction les Lakagigar, une étape qui s'annonce riche !

J6
J6
Publié le 17 septembre 2019

Toujours sous le soleil, départ tôt le matin pour le Laki et les Lakagígar, littéralement "les cratères du Laki", par la piste F206, donc 4x4 obligatoire.

Pour comprendre l'importance du site, il faut revenir un peu en arrière : le 8 juin 1783, une fissure de 27 kilomètres s'ouvre de part et d'autre du Laki, provoquant l'apparition de 115 cratères, qui vont cracher pendant 8 mois des quantités astronomiques de magma, de cendres et de gaz. Les fontaines de lave ont atteint, par endroits, une hauteur de 800 à 1 400m, projetant des cendres qui ont recouvert une surface d'environ 8 000 km². Pour vous donner une idée, cela représente 1/3 de la superficie de la Lorraine.

En Islande, il s'agit de la plus grande catastrophe naturelle du pays : outre la grande superficie noyée par les coulées de lave, les pâturages ont été contaminés par le fluor contenu dans les cendres, intoxicant une grande partie du cheptel islandais (50% des bovins, 75% des ovins, 75% des chevaux). La famine qui en résulte a tué 20 à 25% de la population islandaise, provoquant un important exode.

En Europe, l'éruption du Laki a formé un nuage qui a empoisonné le Nord de l'Europe et provoqué un dérèglement du climat : hivers rigoureux, sécheresses, orages violents... Ce dérèglement s'est fait ressentir pendant plusieurs années, jusqu'en 1788, entraînant une succession de mauvaises récoltes et de disettes parmi les populations paysannes. Les historiens considèrent aujourd'hui l'éruption du Laki comme l'une des causes secondaires de la Révolution Française de 1789.

Pour atteindre le Laki à partir de la route 1, il faut emprunter la F206 sur environ 50 km. Et le moins que l'on puisse dire, c'est qu'on prend le temps d'admirer le paysage, tellement la piste est mauvaise : on mettra 2 heures pour arriver à destination... La piste compte pas moins de 6 gués à franchir, mais 1 seul est véritablement impressionnant, celui situé sur la Hellisá. A notre arrivée, un jeune couple allait faire demi-tour. Après avoir discuté avec eux, le gué ne fait pas plus de 30cm et un panneau indique la trajectoire à prendre... Je décide donc d'ouvrir la voie et le jeune couple nous suit. En suivant les indications, on passe sans problèmes et on poursuit notre route jusqu'au Laki.


Le gué de la Hellisá nous barre la route du Laki... 

Arrivés sur place, on a le choix entre 2 randonnées : une courte, à travers la fissure volcanique, ou l'ascension du Laki. Comme il est tôt, on décide de faire les 2, en commençant par l'ascension du volcan. A quelques encablures du sommet, on est accueilli par les locataires de l'endroit : des lagopèdes !

Puis c'est l'arrivée en haut du Laki... et le spectacle est époustouflant. De part et d'autre du volcan, on distingue parfaitement la fissure éruptive et on imagine à peine le côté cataclysmique que devait avoir le paysage en 1783/1784.

Les cratères du Laki vers le Nord (en haut à gauche) et vers le Sud (en haut à droite) 

Après avoir admiré longuement le panorama, on redescend et on part explorer (en restant sur le sentier !) la fissure éruptive. Le sentier passe littéralement au coeur de la fissure, on marche sur du magma qui s'est refroidi... Se balader tranquillement au coeur de ce qui a été la plus grande catastrophe naturelle d'Islande est juste incroyable !

 Se balader au milieu d'une faille éruptive... Magique !

On poursuit notre exploration des Lakagígar en nous élançant sur la F207, qui forme une boucle et rejoint la F206. Attention, un gué qui peut être infranchissable vous attend sur la piste, qui est en sens unique... pensez à bien vous renseigner auprès de la ranger qui est au pied du Laki. En ce qui nous concerne, elle nous a dit que si on avait réussi à arriver jusqu'ici, on devrait arriver à passer... "but it's at your own risk" (phrase que j'ai le plus entendu en Islande ^^). On s'élance sur la piste, qui serpente au milieu des cratères, le paysage est juste irréel, le vert de la mousse se mêlant au noir de la cendre volcanique qui est omniprésente. Bientôt, on arrive au gué tant redouté sur la F207 et c'est de loin le plus impressionnant qu'on ait traversé... Grâce aux explications de la Ranger, on a la bonne trajectoire : entrer tout droit, c'est un peu profond, mais ça remonte, puis suivre les piquets. On s'élance... doucement... doucement... ouf ! c'est passé nickel ! Une fois franchi le gué de la F206, comme le matin, on tombe sur un couple pas franchement rassuré... Je leur explique qu'on vient de passer et leur montre comment faire, et ils passent sans souci 😀

Le gué le plus impressionnant du voyage, sur la F207 

Au retour, au bout de la F206, on fait un petit crochet pour découvrir un endroit insolite : le canyon de Fjaðrárgljúfur, le plus beau d'Islande ! Le site était occupé par un lac glaciaire, dans lequel s'est formée une épaisse couche de sédiments. Le lac s'est vidangé, laissant place à une rivière, qui a creusé la couche de sédiments et formé le canyon. A cause de Justin Bieber, qui l'a immortalisé dans un clip, le site est devenu très fréquenté et la flore souffre des va-et-vients incessants de touristes...

 Le plus beau canyon d'Islande... au nom imprononçable... 

Et voilà, encore une journée exceptionnelle, sous un soleil radieux. On en a encore pris plein les yeux ! La journée se termine sur la vanne du siècle, signée Gunnmár :

"Vous savez quelle est la spécialité du Laki ? Non ? Et bien, c'est le canard... parce que le canard Laki"

(il est sympa ce macareux, mais un peu con...)

J7
J7
Publié le 17 septembre 2019

Deuxième partie de notre exploration du Sud de l'Islande, axée sur la thématique de l'eau : des chutes, des glaciers, des lacs, le bord de mer sont au programme du jour.

La première partie du parcours nous fait longer le Skeiðarársandur, une plaine alluviale ("sandur") formée par les crues glaciaires successives. Il s'agit du plus grand sandur du monde (1 000 km²), donnant au lieu l'aspect d'un immense désert de sable noir.

Le  Skeiðarársandur ou le désert à l'islandaise

Puis la route nous amène tout près du Vatnajökull, le plus grand glacier d'Europe, qui domine notre prochaine étape : le parc national de Skaftafell.

Les langues glaciaires annoncent le Vatnajökull 

Le parc national de Skaftafell fait partie intégrante du Parc National du Vatnajökull et constitue un vrai paradis pour les randonneurs, tant il y a à faire et à voir. En une matinée, on a choisi de faire 2 randonnées : l'une vers le Skaftafellsjökull et l'autre vers Svartifoss, une magnifique chute d'eau entourée d'orgues de basaltes.

Skaftafellsjökull 

Skaftafellsjökull, 10h.

Gunnmár : j'veux une glace!

Moi : Mais t'as avalé ton poids en bacon et oeufs brouillés c'matin !

Gunnmár : oui et alors? Là c'est l'heure de mon goûter de 10h. Fais pėter la glace.

Moi : bah va te chercher une glace, y'a un glacier juste derrière toi...

Gunnmár : Kónnárđ (juron islandais je crois)

Quelques vues prises dans le parc de Skaftafell...  
La superbe Svartifoss et ses orgues de basalte 

En redescendant de Svartifoss, on est tombé sur le couple qu'on avait aidé la veille à passer le gué sur la route du Laki. Ils étaient tellement contents, qu'ils nous sont presque tombés dans les bras ! Après cette première visite spectaculaire, arrêt pittoresque à Hof, pour voir l'une des dernières églises de tourbe encore debout. Il n'en reste que 6 dans tout le pays pour témoigner du mode de construction traditionnel des églises en Islande.

 L'une des 6 églises en tourbe encore debout en Islande !

L'après-midi est consacré à la découverte de 2 glaciers exceptionnels : le Fjallsárlón et le Jokulsárlón. Le second est de loin le plus connu, et donc le plus fréquenté ! Néanmoins, le site est vaste et il est assez facile de s'éloigner de la cohue des touristes... on a même eu la visite de quelques phoques, le lac communiquant avec la mer par un chenal. Le Fjallsárlón est moins connu, moins grand, mais aussi moins fréquenté. Des deux sites, ce dernier a ma préférence, car plus secret, mais aussi parce que le front du glacier est plus proche. De toute façon, les 2 sites sont distants de seulement quelques kilomètres, ce qui laisse la possibilité de voir les 2 dans la même journée !

Le Jokulsárlón est la lagune glaciaire la plus célèbre d'Islande... 
... alors que Fjallsárlón est plus petite et plus secrète. 

En fin d'après-midi, on arrive à Höfn, petit port de pêche et terminus de la journée, célèbre pour ses langoustes, qu'on cuisine à toutes les sauces ! Pour vous faire plaisir, je vous recommande le restaurant Humarhöfnin, l'un des meilleurs de la ville, les langoustines sont à tomber !

Après le repas, on termine la journée par une balade digestive dans la réserve naturelle de la ville, qui affiche de faux airs de Camargue, mais offre un panorama superbe sur le Vatnajökull, avec pas moins de 4 langues glaciaires sur la même photo !

Voilà qui conclut notre séjour dans le Sud de l'Islande. Demain, direction les fjords de l'est !

J8
J8
Publié le 19 septembre 2019

Aujourd'hui c'est une étape marathon qui nous attend à travers les fjords de l'Est : 435 km à parcourir sur la journée. Départ sous le soleil (c'est devenu une habitude !), mais on sait que c'est le dernier jour : la météo islandaise est plutôt fiable et annonce du mauvais temps au fur et à mesure qu'on va remonter vers le Nord...

1ère étape de la journée après quelques dizaines de kilomètres, au pied de l'Eystrahorn, une montagne qui domine une lagune, en bordure de la route.

La suite de la route est une succession de fjords, on longe un côté, on passe un cap, on longe l'autre versant, on atteint le fond du fjord... et on passe au suivant ! Au total, on devra répéter l'exercice 6 fois avant d'atteindre notre prochaine étape. Ce qui laisse le temps de prendre plein de photos, tant la route est belle !

L'étape suivante est insolite : on arrive dans un village où toutes les rues sont traduites en français et où les drapeaux français flottent en nombre. Même le nom du village est un hommage à la France : Fáskrúðsfjörður, littéralement "Le port des français". Le village a accueilli en effet de nombreux pêcheurs bretons au XIXème siècle et jusqu'en 1914 lors des campagnes hivernales de pêche. Le Danemark, qui avait la souveraineté sur l'Islande, a définitivement interdit la pratique en 1935 et les français ont quitté la région. La localité a néanmoins gardé des liens forts avec des villes de l'Hexagone (Dunkerque, Gravelines, Paimpol) et un projet de restauration de l'hôpital français a vu le jour, abritant le musée des Français en Islande.

On reprend la route, et à mesure qu'on remonte vers le Nord, le temps se gâte, comme l'avait annoncé la météo islandaise... Après un café pris dans la voiture, pour cause de vent beaucoup trop important, on se met en route vers Mjóifjörður, réputé comme le plus beau fjord d'Islande.

Pour atteindre Mjóifjörður, il faut emprunter une piste. A mesure que la piste s'élève, le temps passe de nuageux à pluvieux, puis à très pluvieux, la température baisse... Arrivé en haut du col avant la descente sur le fjord, c'est la consternation : on y voit rien, le fjord est noyé dans les nuages. L'attrait de l'endroit résidant surtout dans ses paysages, on décide de ne pas pousser plus avant, d'autant que la piste commence à être détrempée et que la descente du col a l'air sportive... On fait donc demi-tour, et on poursuit jusqu'à notre prochaine étape.

Vers  Mjóifjörður, le temps se dégrade de plus en plus... 

On se rabat vers Seyðisfjörður, l'un des plus beaux villages des fjords de l'Est. Ici tout est coloré : les maisons, l'église... et même la rue ! La pluie ayant décide de ne pas nous lâcher, on s'arrête prendre une bière le temps que ça se calme et de trouver un plan B, vu qu'il nous reste du temps.

Un rapide coup d'oeil aux guides de voyage, et nous voilà en route pour Hengifoss, située à l'ouest d'Egisstadir. Arrivé sur place, il faut grimper le long d'un sentier, et sous la pluie et le vent, c'est pénible... très pénible. On finit par arriver à Litlanesfoss, une chute à mi-parcours, et on s'arrête là, vaincus par la pluie et le vent. On fait demi-tour et on se dirige vers Egilsstadir, le terminus pour aujourd'hui. On aura expérimenté le mauvais temps islandais au 8ème de jour de voyage... mais ce n'était que le début !

Litlanesfoss et la vue sur Lagarfljót 

C'est tout pour aujourd'hui, demain, direction le Nord, on a rendez-vous avec les baleines !

J9
J9
Publié le 20 septembre 2019

Changement de décor ce matin : il fait gris, frais (pour ne pas dire froid !) et humide. Les espagnols qui partagaient la guesthouse avec nous étant déjà très en forme dès le matin, on décide d'aller prendre notre petit déjeuner dans la station-service d'à côté, qui offre un "diner" dans une ambiance très 50's.

 Un Breakfast à l'américaine pour entamer la journée !

Direction le Nord, la bruine se transforme rapidement en pluie. On file (tranquillement) vers notre première étape de la journée. Sur la route, les conditions météo se dégradent, on monte en altitude, la pluie devient plus forte, les températures, déjà pas folichonnes, s'effondrent... A mi-chemin, on arrive dans une zone montagneuse, sur un haut-plateau... et là, on aurait dit l'hiver lorrain : 1°, du vent, de la pluie... et de la neige. Oui oui, vous avez bien lu... de la neige en plein mois d'août en Islande ! On a d'ailleurs croisé une saleuse. Au pied de Vegahnjúkur, une aire permet d'avoir une vue sur l'ensemble de la région... moi je suis juste sorti 45 secondes pour prendre 1 seule photo, tellement il y avait de pluie et de vent.

Pe-tiiiiit Pa-paaaaa No-ëëëëëël 

On fini par passer le col et on repasse sous la limite pluie/neige... mais toujours sous une pluie diluvienne. Arrivés sur le parking de Dettifoss, la plus puissante chute d'Europe, on doit se résoudre à un amer constat : la visite tombe à l'eau (et paf, paie ton jeu de mot !). Après Mjoifjordur la veille, c'est notre second renoncement. Au vu des trombes d'eau et du parking sous l'eau, on a même pas tenté... et on a bien fait, car quelques kilomètres plus loin, on a du sortir faire le plein... on est restés dehors 3 minutes et on s'est fait littéralement trempés. J'ai déjà eu l'occasion de tester la douche écossaise, et ben c'est rien à côté de son homologue islandaise !

Le park... pardon, la plage de Dettifoss  

On file vers notre terminus de la journée, le petit port de Húsavík . La météo annonçant une amélioration pour la fin de journée, j'espère encore que la croisière pour aller à la rencontre des baleines sera maintenue. En arrivant à Husavik, le couperet tombe : la mer est trop mauvaise, toutes les sorties sont annulées depuis 5 jours. On nous propose de décaler au lendemain matin, sans garantie... Un peu dégoûtés, on fait la visite du Musée de la Baleine, et c'est une bonne surprise : le musée est bien aménagé et très intéressant. On peut y voir un squelette de baleine bleue (rarissime en Islande). A noter que tous les squelettes de cétacés exposés dans le musée sont issus d'animaux échoués et en aucun cas d'animaux chassés.

Attention, d'une manière générale, les musées ferment tôt en Islande, généralement 17h. Si vous prévoyez des journées chargées pour profiter de la longueur du jour, préférez les visiter le matin !

On termine par une petite balade dans Husavik et sa jolie église et histoire de ne pas rester sur un constat amer, on décide de tenter les bains chauds. Husavik possède une attraction originale : des bains chauds à base d'eau de mer, chauffée par géothermie. Après avoir pris nos maillots, on se dirige donc vers Geosea. Les installations sont modernes et très propres. Après la douche (obligatoire) à poil (obligatoire aussi), on pousse une lourde porte qui donne sur l'extérieur... et c'est là que ça devient rigolo : le bassin est à 5-6 mètres de la porte. Il faut donc parcourir la distance en tenue de plage, par grand vent, pluie et par une température extérieure qui n'excède pas 5° !

Autant vous dire qu'on s'est jetés dans les eaux de l'Océan Arctique ! oui bon ok, ça fait bizarre comme ça, mais l'eau est chaude... tellement qu'on ose plus sortir. Après quelques dizaines de minutes, le ressenti est un peu contradictoire : si toute la partie du corps immergée est au chaud, on se mange en permanence le vent, la pluie, le froid... et les embruns dans la tronche (sinon c'est pas drôle !). Après une bonne heure et demie, la sortie est par contre moins brutale, on sent presque plus le froid pour regagner la douche et les vestiaires.

 Husavik, son église et son espace géothermal

Au final, l'expérience reste très positive, c'est très agréable et après des kilomètres et des kilomètres de voiture et de marche, les muscles ont apprécié : aucune douleur ou courbature le lendemain ! C'est sans aucun doute par mauvais temps que l'expérience révèle tout son caractère insolite... je vous le recommande !

J10
J10
Publié le 20 septembre 2019

Aujourd'hui, la journée est consacrée à arpenter les alentours du lac Mývatn, avant de se diriger vers Akureyri, 2ème ville du pays. Myvatn est l'un des lieux les plus touristiques du pays, et en tous cas, le plus important du Nord de l'Islande, attendez-vous à voir du monde, d'autant que la plupart des sites sont facilement accessibles.

Sous un ciel gris, mais clément, on se dirige vers la 1ère halte, Vindbelgjarfjall, avec ses 529m, il s'agit du point culminant de la région. Une randonnée permet de grimper à son sommet et d'avoir une vue panoramique sur le lac, et de distinguer notamment les pseudocratères qui parsèment le sentier et qu'on a à peine aperçu à l'aller. Ces pseudocratères ont été formés par des explosions de vapeur.

 Vindbelgjarfall : panorama sur la région du lac Mývatn

On a ensuite rattrapé une partie du programme de la veille, en se rendant au cratère du Krafla. Le Krafla est un volcan, dont la dernière éruption remonte à 1984. L'activité est intense dans la région, si bien que les islandais y ont installé une centrale géothermique. En chemin, sans doute le truc le plus insolite qu'on ait vu : une douche, au milieu de nulle part. On a été vérifier : c'est bien de l'eau chaude !

Le Krafla, entre cratère, centrale... et douche ! 

Dans le coin Nord-Est du lac, à proximité du Krafla, plusieurs sites majeurs s'enchaînent sur seulement quelques kilomètres : le site géothermal de Hverir, l'un des plus grands et plus actifs d'Islande, la grotte de Grjótagjá, célèbre pour avoir accueilli Jon Snow et Ygritt et enfin Hverfjall, un autre cratère volcanique, mais qui ne ressemble à aucun autre et qui n'a connu qu'une seule et unique éruption.

Hverir 

Hormis sa notoriété récente grâce à Game Of Thrones, la grotte de Grjótagjá n'a rien de transcendant, si ce n'est que le site, qui servait de source chaude avant l'éruption du Krafla, n'est plus utilisable aujourd'hui à cause de l'eau devenue trop chaude. En revanche, je vous conseille d'aller vous balader au-dessus de la grotte, où vous aurez une vue sur une superbe fissure volcanique...

Tu ne sais rien, Jon Snow ! 

Et enfin, le cratère de Hverfjall... un paysage lunaire, qui ne ressemble à aucun autre cratère qu'on a vu...

Cratère de Hverfjall 

Sur la route d'Akureyri, notre destination finale, on s'est encore arrêté deux fois : la première, sur le site de la chute de Godafoss, très jolie malgré sa hauteur relativement modeste et la seconde, au Ystafell Transportation Museum, dédié aux voitures anciennes en Islande, essentiellement américaines (liées à la présence d'une ancienne base américaine, où se trouve aujourd'hui l'aéroport international de Keflavik)

Godafoss, "chute des dieux" 
Ystafell Transportation Museum 

La route nous amène enfin au terminus de l'étape à Akureyri. Avec ses 20 000 hab, c'est la deuxième ville du pays, si l'on écarte la banlieue de Reykjavik. Après avoir enchaîné les petites bourgades, c'est un choc ! Le centre-ville est tout petit, les principaux points d'intérêts sont la cathédrale, qui domine la ville et le jardin botanique, qui mérite le détour pour les carrés dédiés aux flores arctique et islandaise.