Carnet de voyage

Escapade à Phnom Penh

23 étapes
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Retour au Cambodge pour un 4e voyage. Bien qu'il soit prévu que je reste cette fois principalement à Phnom Penh, j'ai envie de faire découvrir quelques facettes de ce pays.
Du 12 au 27 février 2017
16 jours
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12 février. Temps maussade. 7°

Me voilà reparti pour le Cambodge pour 2 semaines. Départ de Roissy Charles de Gaulle, escale prévue à Taïwan après un vol de 13 heures. Peu de touristes occidentaux sur ce vol. En revanche beaucoup de Chinois sur le retour d'un tour d'Europe où Paris semble avoir été le point d'orgue de leur périple. Les sacs Vuitton ou autres carrés Hermès, sensés représenter une image du bon goût à la française doivent néanmoins cohabiter avec les tongs de leurs propriétaires. The "Chinese touch"...

Vol: EVA Air. 608 euros. Départ Paris CDG 11h20. Arrivée Taipei 7h00 (Heure Paris +7h00). Correspondance pour Phnom Penh 9h10, arrivée 11:45 (heure Paris +6:00)


Au dessus des Carpathes 
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Après un petit déjeuner à l'asiatique (tofu, riz, porc... et croissant, cherchez l'intrus), une courte escale à Taipei.

Premières lueurs du jour au dessus de la mer de Chine
Rizières aux portes de Taipei 
Le royaume d'Hello Kitty, toilettes et cabines téléphoniques à son effigie à l'aéroport de Taipei
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13 février. Ciel couvert. 28°

Arrivée à 12h, sans encombre. Fatigué après 24 heures de voyage et évidemment peu de sommeil à bord de l'avion. Beaucoup de monde au bureau des visas à l'aéroport, une longue file d'attente à affronter malgré la dizaine de personnes en uniforme policier alignées derrière un comptoir et officiant dans un ballet bien réglé. Une partie d'entre eux récolte les informations sur chaque touriste, avant de nous dire "payez là bas" (en français dans le texte) , en nous montrant l'extrémité du long comptoir où il faudra refaire la queue, encore plus longue, pour récupérer le passeport estampillé du visa et laisser en échange 30$. Sans savoir pourquoi mon visa m'est délivré avant des dizaines de personnes avant moi en même temps que les américains du vol précédent. Peut être le fait d'être déjà venu et par conséquent d'être déjà "connu". Tant mieux en tous cas.

Boulevard de la Confédération  de Russie... en route vers Phnom Penh 

Nyta est venue me chercher, accompagnée de Veasna. La sensation de chaleur à la sortie de l'aéroport fait du bien après ses longues semaines d'hiver particulièrement rigoureuses à Lyon. Cependant il ne fait pas trop chaud. Un léger vent rend l'air respirable, et le taux d'humidité en cette saison est tout à fait acceptable.

Après midi repos afin de récupérer un peu de sommeil. Je profite que Nyta ait cours de français pour dormir jusqu'à plus de 19h.

Le soir dîner en famille, distribution de chocolats français pour les enfants, de vin et de saucisson pour les plus grands. Tout le monde semble apprécier, surtout le vin rouge 😉

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14 février. Ciel bleu, léger vent. 30°

Les effets du décalage me font me réveiller à 4 heures. Le centre de Phnom Penh est encore calme à cette heure, certainement le seul moment de la journée d'ailleurs.

Jus de coco fraîche pour petit déjeuner sur les quais 

Pour cette première journée, un peu de repos et un programme calme. Petit déjeuner au bord du Tonle Sap, petit tour au marché Pshar Kandal. Les odeurs de fruits et épices sont tres agréables, et que dire de toutes ces couleurs! Mais les odeurs de viandes ou poissons suspendus ou entassés à même les étals en bois sont un peu fortes pour nous occidentaux. Il faut parfois avoir le coeur bien accroché.

Dans les allées étroites de Pshar Kandal 

J'en profite pour me faire couper les cheveux. A 3$ la coupe, j'aurais tort de m'en priver. Cela faisait longtemps que je n'avais pas eu la raie sur le côté 😀

MEKONG RIVER BAR: angle quai Sisowath et rue 118. Noix de coco fraîche 2,5$.

VIP Hair Cut : rue 154, entre les quais et Pshar Kandal. Coupe 3$, certainement moins cher pour les Khmers.

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Aujourd'hui nous sommes le 14 février. Ici aussi la Saint Valentin est célébrée semble t-il. J'avais organisé depuis la France notre soirée dans un restaurant en vogue de Phnom Penh, le Malis. Alors oui bien sûr, on sort de l'image traditionnelle du Cambodge, ici se pressent les expatriés, les touristes en mal d'un certain confort... Ici, il est convenu de reserver. Le personnel, nombreux, est aux petits soins, et, il faut le dire est bien supérieur aux standards de service habituels. Peu de khmers , hormis le personnel bien entendu. En revanche beaucoup de khmères, souvent très jeunes, qui accompagnent des occidentaux, pour la plupart bien plus âgés. En même temps, comment en vouloir a ces jeunes filles d'avoir envie de rêver quand on sait que le menu de ce soir revient pour 2 personnes au salaire mensuel des ouvrières de chez Levi's ou Ralph Lauren en périphérie de Phnom Penh. 2 semaines et demi de salaire pour Nyta, soit 120$.


Une fois les choses remises en perspective, il faut néanmoins avouer que le repas fut simplement aussi excellent qu'original. Une cuisine khmère revisitée, des saveurs pour moi inconnues. Un seul mot, excellent! Nyta fut tout aussi surprise, et après une première gène évidente à venir dans un tel endroit, elle semble avoir vraiment apprécié et s'être régalée.

St Jacques au curry marinées, crevettes-tigres au piment vert et sauce Angkor (sucrée au miel je crois), soupe aux fleurs de komplok ( ?? Je cherche la traduction) et oeufs de poisson, mousse aux fruits de la passion et coco. Vraiment une super expérience, le tout dans un jardin intérieur, relativement bien protégé du bruit alors qu'à l'exterieur le boulevard Norodom est largement embouteillé cette heure. Les tables sont disposées autour d'un large bassin, des palmiers et une statue grandeur nature de Jayavarman VII, le roi emblématique du temps des splendeurs d'Angkor.




La fin de soirée se termine au Moon, bar sur les toits d'un hôtel. J'aime beaucoup cet endroit, je crois que c'est le premier bar ou j'ai mis les pieds à Phnom penh. On y surplombe la rivière Tonle Sap qui rejoint un plus loin le Mekong. Encore maintenant, ça me fait toujours rêver de me dire que je bois une bière au bord du Mekong. Regarder le soleil se coucher sur cette confluence large de plusieurs kilomètres , vaudrait presque un coucher de soleil sur la mer en Bretagne 😉. La pagode Wat Ounalom en contrebas, éclairée de mille feux pour une fête dont j'ignore le nom ajoute à la beauté de la vue.



Cocktails devant Wat Ounalom 

MALIS : 136 boulevard Norodom. Menu St Valentin + boissons 117$. Plats à la carte plus abordables les autres jours.


LE MOON : au dernier étage du KWest, à l'angle du quai Sisowath et de la rue 154 (entrer dans l'hôtel et prendre l'ascenceur). Vaut le coup pour les Cocktails taille xxl 5$. La bière en revanche est au prix de la France.


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15 février. Léger voile nuageux. 30°

Encore largement réveillé à 4h du matin alors que nous nous sommes couchés à plus d'une heure. Je souffre davantage du décalage horaires que les fois précédentes... je crois m'être rendormi au moment où Nyta s'est levée pour aller travailler, vers 8 heures. J'étais sensé l'accompagner au travail, prendre un petit déjeuner quelque part et me promener... elle m'a visiblement laissé dormir, j'ouvre un oeil à presque midi... une matinée de perdue...


Du coup mon petit déjeuner va se transformer en déjeuner. Terminés les fastes d'hier, retour à des choses plus raisonnables. Je descend manger chez mes loueurs, qui tiennent un restaurant au rez-de-chaussée. Je crois qu'en France on appellerait cela à peine un boui boui. Mais peu importe, c'est bon, c'est pas cher, rarement des touristes, et j'y suis toujours bien accueilli.

Lok Lak 

Leur fils de 11 ans va à l'école française, et il semblait content de pouvoir parler français en dehors du cadre scolaire.

Il a fini par me confier que sa petite copine, dans sa classe, était d'origine française et s'etait installée au Cambodge il y a quelques temps, et par conséquent qu'il faisait tout ce qu'il pouvait pour lui apprendre cette nouvelle langue et cette nouvelle culture. Il me disait qu'il se rendait compte à quel point ça pouvait être difficile... Il a 11 ans. Il a 25 ans d'avance sur moi.

Une fois le repas terminé, je me décide à aller tranquillement vers le quartier de la boutique de Nyta. Je fais une halte à Wat Ounalom. Cette pagode est un grand centre du bouddhisme. Ravagée par les Khmers Rouges, reconstruite, elle est sensée abriter un poil de sourcil de Boudha. Bien qu'en plein centre-ville, je suis surpris à chaque fois de n'y croiser presque personne. Quelques moines, quelques anciens venus faire la sieste au frais, des chats, des poules, des rats, mais si peu de touristes.

Les 2 photos suivantes sont prises exactement au même endroit, sur le quai Sisowath. La première, Wat Ounalom, face au Tonle Sap. La photo prise par des milliers de touristes chaque année. La seconde, est prise en me retournant, moins carte postale, où l'on voit des enfants, dont un est nu, qui ramassent les détritus rendus par le fleuve, sans doute pour les revendre. Moins glamour, mais le Cambodge c'est aussi ça.

Restaurant angle rue 5 et rue 118 : Lok Lak + 2 bières 20000 riels (5$)

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15 février

Comme chaque lundi, mercredi et vendredi, c'est cours de français pour Nyta, à l'institut français du Cambodge. Un petit bout de France en plein Phnom Penh. Une école avant tout, mais aussi un centre de langue pour tout âge, tout niveau, et toute personne souhaitant s'initier ou se perfectionner à notre langue. L'institut propose également un centre d'exposition, une librairie, un bistro, un restaurant,et un cinéma.

La culture française et Jean Dujardin à l'affiche cette semaine pour 2$ 

Pendant que Nyta apprend le passé composé et les jours de fêtes, je me rends à la librairie française. J'y suis venu 3 ou 4 fois déjà. D'habitude j'y suis toujours seul, l'employée derrière sa caisse avait presque toujours l'air surprise de me voir arriver. J'avais fini par me dire que cet îlot de culture française en plein Cambodge n'existait que pour nous faire plaisir, à nous français, qui sommes sûrement persuadés que le français est quelque chose d'important pour le monde. Et puis ce jour, à 18h, heure de sortie des classes, quelle surprise d'entrer dans cette même librairie ou est présente une petite dizaines d'ados khmers, dont les cours viennent sûrement de s'achever. Ils consultent les livres, de toutes sortes, et visiblement aiment lire quelques phrases à haute voix.

Le bistro, en arrière plan la librairie  

Au bistro de l'institut, on y parle français ( les clients, pas le personnel). Comme au café des sports, on y parle du PSG qui a mis une raclée à Barcelone la veille, de l'OM qui vient de perdre à Nantes (😜). La bière est cambodgienne, mais la carte des vins est aussi fournie que dans un bouchon de Lyon. On y mange des "plats du jour" ou des sandwiches rillettes, ou des plateaux de charcuterie, suivis d'un plateau de fromage. Le seul client khmer dans la salle vient d'ailleurs de commander un cognac. C'est le genre d'endroit où il ne faut pas trop rester... c'est un coup à avoir envie de rentrer en France

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16 février matin. Ciel bleu. 29°

Toujours pas réglé au niveau du sommeil, mais pour autant je me lève tôt cette fois. Je décide d'aller me promener avant qu'il ne fasse trop chaud. Direction le quartier du Wat Phnom.

Le Wat Phnom est une des plus anciennes pagodes de Phnom Penh, même si le bâtiment actuel ne date que de 1926.

Selon la légende, le Wat Phnom aurait été construit en 1373 pour abriter des statues du Bouddha sur la seule colline de la ville (27 m de haut). C'est Daun Penh ("Grand-mère Penh"), une riche veuve, qui aurait découvert quatre statues du Bouddha en bronze et une en pierre dans un tronc d'arbre échoué sur les berges du Mékong.

Après avoir découvert les statues, Daun Penh aurait élevé la colline à côté de sa maison et fait construire le sanctuaire abritant les statues, utilisant le bois du tronc qui avait descendu le Mékong pour la charpente.

Cette histoire a donné son nom à la ville de Phnom Penh : la colline de madame Penh.

Wat Phnom 
L'intérieur du Wat Phnom  

En contrebas du Wat, se trouve l'hôtel Raffles Le Royal. Autrefois appelé simplement Le Royal, ce bâtiment art déco est un symbole de la ville. Non pas pour accueillir les grands de ce monde, mais pour avoir été au début des années 70 le camp de base de nombreux journalistes couvrant les événements au Cambodge et dans le sud-est asiatique. C'est fut l'un des derniers refuges pour les journalistes jusqu'à ce que les Khmers Rouges les contraignent à rejoindre l'ambassade de France.

L'hôtel le Royal 

Le 17 avril 1975, la ville tombe aux mains des Khmers Rouges. La vingtaine de journalistes encore présente doit se réfugier à l'ambassade de France, dernière représentation diplomatique restée ouverte. Il y rejoignent des centaines d'étrangers, une douzaine de membres du gouvernement déchu et 800 khmers tentant de fuir le nouveau régime. Trois semaines de huis clos s'ensuivront. Journalistes et étrangers pourront quitter le Cambodge à bord de camions pour la Thaïlande. Les membres du gouvernement d'abord, puis l'ensemble des cambodgiens ensuite seront finalement livrés aux Khmers Rouges par la France. Aucun d'entre eux ou presque n'en réchappera.

L'ambassade de France au moments des faits. A droite, des Khmers escaladant la clôture  afin de demander protection

Deux films traitant du sujet:

- La déchirure, de Roland Joffé, 1984

- Le temps des aveux, de Régis Wargnier , 2013

Plus gai, le vieux marché, (Phsar chas)

Barbecue mobile 
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16 février après-midi. Léger vent bienfaiteur. 33°

Cet après-midi j'avais prévu de faire découvrir le palais royal. Mais en y arrivant j'ai remarqué que le soleil, étant déjà derrière les bâtiments, aurait créé un contre-jour sur les photos. Par conséquent je reviendrai semaine prochaine sur le sujet, si possible en matinée. Du coup, cet après midi je suis resté à flâner dans le jardin situé en face du palais, et sur les quais à regarder les gens passer, les vendeurs ambulants, les moines.

"Monsieur Papa" comme aimait se faire appeler le roi Norodom Sihanouk, continue de bénir passants et mariés  


Sur les quais du Tonle Sap, on s'y promène bien sûr, mais on y vit surtout. La promenade longue de plusieurs kilomètres et large de plusieurs dizaines de mètres est propice à toutes sortes d'activités. On y trouve toutes sortes de marchands ambulants, des gamins jouant au foot, des versions asiatiques de ce sport mais pratiqué avec en ballon en bambou ou une sorte de volant de badminton lesté. Hommes et femmes de tous âges y jouent.

Tôt le matin, les séances collectives quotidiennes de tai Chi se font avant les fortes chaleurs. Le soir, les séances de danses collectives, à grand renfort de madison, prennent le relais.

Et parce qu'au bord du Tonle Sap on y vit, en fin de soirée, on peut voir des familles démunies s'installer et s'allonger pour y passer la nuit, certaines sur des nattes, certaines à même le trottoir.

Traverser le boulevard du quai Sisowath est une aventure en soit. Il peut s'écouler de longues minutes avant de trouver l'espace nécessaire entre deux véhicules et s'élancer. Personne ne s'arrêtera pour laisser passer un piéton alors il faut parfois savoir prendre sa chance et s'imposer. Une phrase résume bien la situation :

Oublie que t'as aucune chance, vas y fonce! On ne sait jamais, sur un malentendu ça peut marcher! 😀


Le marché de nuit à la tombée du jour 

En remontant le quai vers le nord, se tient chaque soir du mercredi au dimanche, le marché de nuit. On vient y marchander des fringues bon marché, acheter un truc à grignoter et se poser sur les immenses nattes mises à disposition. Chaque soir,des chanteurs amateurs se succèdent sur une scène centrale et reprennent les tubes khmers du moment où des oeuvres de leur composition.

Ce soir nous essayons un resto khmer en face du marché de nuit. Malgré le coin touristique, il était rempli de khmers, donc bon signe. On ne s'est pas trompé, une carte de 25 pages, une cuisine faite à même la rue, du prahok qui embaume la tablée entière, des serveuses qui ne peuvent s'empêcher de rajouter des glaçons dans votre bière même après avoir refusé poliment, ... on est bien dans un resto khmer. Mais que c'est bon!

Amok de poisson, boeuf au prahok, à gauche des tranches de jeunes bananes vertes (avec la peau) 

18 Rik Reay : rue 108, en face du marché de nuit. Amok de poisson, viande, pichet de bière, 44000 riels (11$)

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17 février. 32°, vent marin apportant fraîcheur

Aujourd'hui, direction le sud ouest du pays pour quelques jours à Kep, au bord de mer.

En route pour Kep 

Il faut 3 heures pour relier les 170 kilomètres entre les 2 villes, au moyen d'un mini bus des services postaux qui transporte les touristes en plus de faire la liaison postale. Le coût un peu plus élevé qu'avec le bus classique, mais plus rapide d'une heure et plus confortable. La flotille de mini bus partant vers Kep, Sihanoukville ou encore Battambang décolle à l'heure exacte, soit 7h30. Ce qui me semble à moi juste normal, je vois bien chez Nyta l'étonnement que suscite une telle ponctualité.

Voyage sans encombre, même la sortie de Phnom Penh se fait relativement sans traffic.

Profitant de la moindre escale technique, des vendeuses ambulantes nous prennent d'assaut  avec boissons, fruits frais... 

Kep est à quelques kilomètres de la frontière avec le Vietnam. Appelée Kep-sur-mer du temps du protectorat, elle était la station balnéaire la plus prestigieuse du Cambodge. Sihanouk lui avait même prévu un fort développement à partir des années 60. Mais les Khmers Rouges en ont décidé autrement, et Kep est longtemps redevenue une ville endormie qui se réveille petit à petit.

Kep, c'est avant tout, le crabe. La principale attraction est d'ailleurs son marché au crabe où se vend au petit matin la pêche du jour dans la baie.

Alors bien sûr, pour déjeuner ce sera... du crabe! Nous nous arrêtons dans un des nombreux restaurants du marché au crabe, le KIMLY, connu pour avoir pas moins de 27 recettes de crabe, et au moins autant pour les crevettes.

Crabe au poivre vert de Kampot, crevettes aux épices 

Bus : Cambodia Post. Comme son nom l'indique, s'adresser au bureau de poste. 7$ le trajet, prix identique pour Khmers et étrangers.


MEALEA : 100 m au sud du marché au crabe, sur le front de mer. 50$ la nuit

KIMLY : marché au crabe. Crabe au poivre vert de Kampot, crevettes aux épices, 1 bière, 1 Sprite,17$

Maelis : salade crevettes à la mangue, boeuf sauce citronnelle, 2 pina colada, 2 bieres, 22$

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En échangeant avec le propriétaire de l'hôtel sur le moyen de se rendre dans une ferme de poivre, nous décidons finalement de louer un tuk tuk pour l'après midi afin d'explorer les alentours de Kep.


Notre première étape est la ferme au poivre Sothy. La région de Kep, limitrophe de celle de Kampot, produit du poivre de... Kampot. Les 2 provinces n'en faisaient qu'une il y a encore quelques années, ce qui explique cette même appellation.

Le poivre de Kampot est de renommée mondiale. Cultivé déjà par des chinois à l'époque médiévale , son essort se fait sous le protectorat français, en réponse à une pénurie de poivre indonésien. Le climat de Kep (journées chaudes mais nuits fraîches du fait de l'air marin), et son sol riche en fer favorisent la culture du poivre. Au début du XXe siècle, la quasi totalité du poivre consommé en France vient de Cochinchine et cette production est envoyée en métropole à partir du port de Kampot.

Les Khmers Rouges, jugeant cette culture trop élitiste, détruisent les poivrières, les remplaçant par des rizières.

Il faut attendre la fin des années 1990 pour que d'anciens cultivateurs de poivre reviennent sur leurs terres et relancent une production.

Le poivre de Kampot est le premier produit cambodgien à bénéficier d'une appellation géographique protégée.

Je ne vais pas refaire tout le cours, mais pour information le poivre, qu'il soit vert, noir, rouge ou blanc provient de la même branche.



Location d'un tuk tuk pour un tour organisé d'une demi-journée (5 à 6 heures) : 30$ le tuk-tuk, peu importe le nombre de passagers. Demandez à votre hôtel, ils doivent pouvoir contacter un tuk tuk de confiance pour vous, ainsi pas de surprise sur le prix.

SOTHY'S PEPPER FARM : visite guidée de la plantation et des méthodes de production. Bien sûr, possibilité d'acheter du poivre ensuite.

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17 février

Après la visite de la poivrière, nous poussons un peu plus loin dans les terres, jusqu'aux grottes de Kampong Trach.

Vous reprendrez bien un peu de poussière ? 

A force de rouler sur ces pistes aussi poussiéreuses que caillouteuses, ce qui devait arriver arriva : la crevaison.

L'avantage au Cambodge, c'est qu'il y a tout un tas d'ateliers de réparations pour cycles ou motos le long des routes. Même en rase campagne, il aura fallu moins de 5 minutes pour un trouver un, puis un autre (le premier n'étant pas équipé visiblement??). Il aura fallu ensuite 11 minutes précisément pour réparer et pouvoir poursuivre notre chemin.

Réparation en cours du tuk tuk 
Paysage jaunie, en pleine saison sèche  

Notre route peut reprendre, pour atteindre une montagne isolée. Enfin montagne, une colline un peu escarpée dirons nous. Cette colline est truffée de galeries souterraines à l'entrée desquelles une ribambelle de gamins propose leur service en tant que guide.

Les galeries abritent concrétions, autels, statues de bouddha. Elles débouchent sur un gouffre provoqué par l'effondrement de la roche et dans lequel pousse une mini jungle avec arbres, lianes et singes. Peu de touristes à s'aventurer ici, plutôt des locaux semble t-il, qui s'amusent à énerver les singes en leur jetant des cailloux, le public s'amuse lorsque les bêtes se mettent a hurler ou lorsqu'elles prennent un air menaçant... C'est toujours une belle expérience de voir les singes dans leur habitat naturel, mais je n'oublie pas que cela reste des animaux sauvages, je me contenterai de les regarder de loin, mais surtout de les laisser tranquille.

Grottes de Kampong Trach 

Nous poursuivons notre route, retour vers la côte. Nous arrêtons pour regarder les pêcheurs de rivière, ou encore un bâtiment apparaissant comme tout à fait quelconque. Le chauffeur m'explique quelque chose à propos d'oideaux et de nids... Et je finis par comprendre en regardant les oiseaux qui entrent et sortent, ce sont des hirondelles : ce bâtiment est une fabrique à nid d'hirondelles, si précieux dans la gastronomie et la médecine asiatique. Le chauffeur m'explique que le kilo de nid vaut 700 à 800$. La salive sécrétée par l'oiseau pour faire son nid contiendrait des enzymes bienfaiteurs pour le corps.

Pêcheurs au filet dans les rivières, et fabrique à nids d'hirondelles 

La dernière étape de notre excursion est la traversée des marais salants de Kep. Après le poivre, le sel.

Les marais salants entre Kep et Kampot, ce sont 700 paludiers, qui emploient 5000 personnes, cependant tout est loin d'être rose pour les nombreuses familles qui en vivent. Sur les 250 000 tonnes en réserve la saison dernière, seule 7 000 tonnes se sont écoulées. La consommation nationale absorbe péniblement jusqu'à 10 000 tonnes par an.

La faute à un sel thaïlandais bon marché, plus blanc et plus fin.

Une éclaircie dans ce ciel sombre, la signature ce début de semaine d'un contrat d'exportation de 20 tonnes vers la France avec la société... Le Guérandais ! Une première. Alors que le Cambodge est en pleine crise de surproduction de sel, il semble que la France en manque.

Un article du Phnom Penh Post traitant de ce contrat avec la France : ici


Le pays du sourire et où les enfants disent lolo et mymy aux étrangers  (hello et bye bye) 

Le tuk tuk nous ramène à Kep juste au moment du coucher de soleil que nous admirons avant de faire un saut dans la piscine de l'hôtel, bien mérité.

Coucher de soleil sur le golfe de Thaïlande  


Grottes de Kampong Trach, droit d'entrée 1$. Guide pas vraiment utile, mais leur perseverance fait qu'il est difficile de faire sans. 1$ au guide

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18 février. 33°. Davantage de sensation de chaleur.

Alors aujourd'hui, soyons francs, sera surtout une journée consacrée à la détente. D'ailleurs j'en profite pour faire quelques photos de la chambre et de l'hôtel.

La chambre, une terrasse privative, la piscine 
Les allées de l'hôtel, le coin petit dejeuner 

Ce matin, visite du marché au crabe, assez tôt pour voir toute l'activité qui y règne. D'habitude, dans un marché ou ailleurs, c'est plutôt sur moi que l'on se précipite. Mais que ferait un touriste de crabes? Difficile pour lui de les cuire à l'hôtel. En revanche, cette fois c'est Nyta qui subit les assauts des femmes vendant du crabe.

Le principe est simple, les hommes sont dans l'eau, ils ont pêché des crabes dans la baie, qu'ils mettent ensuite dans des nasses. Ces nasses sont plongées dans l'eau pour maintenir les crabes au frais. Il les sortent au fur et à mesure de la demande. Les femmes, sur le quai s'occupent de la vente. Quand une nasse est ouverte ça se précipite pour trouver les plus gros.

C'est une affaire de locaux. Les touristes, nous faisons quelques photos, mais ce n'est pas vraiment nous qui sommes intéressants cette fois. D'ailleurs je n'ai pas l'impression qu'il y ait un prix touriste comme si souvent, et on ne parle pas en dollars non plus. Le kilo de crabe ce matin s'échange à 30 000 riels (7,5$).

Paniers de crabes  

Une fois votre crabe acheté, vous pouvez le faire cuire sur place. Pour quelques riels les commerçants du marché se chargeront de vous le cuire.

Étals de poisson 

Ensuite petite ballade vers la plage de Kep distante d'un kilomètre et demi. Bien que petite station balnéaire appréciée et en développement, les plages de Kep ne sont ni grandes ni nombreuses. Il s'agit surtout de mangroves, ou de quelques plages pierreuses. Le peu de profondeur, propice à la pêche du crabe, est beaucoup moins pratique pour la baignade. Il y a cependant une petite plage dans le centre. Pour avoir une belle plage a leurs standards, les Français avait fait venir du sable blanc depuis Sihanoukville. Avec le renouveau de la ville, les importations de sable ont repris depuis 2013.

Nous avons la chance que la plage soit relativement propre. Oui c'est une chance car cela est assez rare au Cambodge.


La ville de Kep s'étire tout en longueur entre la côte et la colline qui surplombe la ville. Je ne sais pas si ville est le terme approprié tant elle s'étend en longueur, sans qu'il n'y ait de réelle continuité au niveau des constructions. La végétation sépare chaque bâtiments de plusieurs dizaines de mètres. La ville n'est pas dotée de centre ville non plus, tout au plus les quelques restaurants autour de la plage et les étals du marché au crabe constituent les deux zones où se concentre l'essentiel de l'activité de la ville.

Une autre facette de Kep, les dizaines de ruines disséminées un peu partout dans la ville. Pas toujours visibles, car souvent recouvertes par la végétation, et situées dans de grands jardins ou parcs, elles sont le témoin de l'oeuvre des Khmers Rouges qui ont détruit l'ensemble des grandes villas, appartenant pour la plupart à des français, de l'ancienne Kep-sur-mer.

Mais parce qu'il serait faux de penser que seuls les Khmers Rouges sont responsables de toutes les exactions commises au Cambodge, mentionnons quand même que ce qui restait des splendeurs de Kep fut pillé par les Vietnamiens lors du retrait de leurs troupes du pays en 1979, et déplacé dans la ville voisine de Hatien.

Un exemple de villas en ruine 

Nous retournons au marché aux crabes pour le déjeuner, pour goûter à nouveau... du crabe.

Crabe au poivre vert et noix de coco. Tom Yam aux fruits de mer. 

Après midi, piscine, cocktails au bord de la piscine. Nous daignons retourner au marché en fin de journée... Il faut bien se nourrir.

Restaurant déjeuner : Holy Crab. 23$.

Tom Yam 4.5$, crabe au poivre 12,5$. Plus cher que l'adresse d'hier, mais le crabe est ici entièrement décortiqué, et en portion plus grande.

Restaurant dîner : Magic Crab. 14,5$. Riz sauté aux fruits de mers, grande assiette de poulpes aux poivre vert, une noix de coco fraîche, une bière

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19 février. 38°. Là où il commence à faire bon...

Retour à la capitale ce jour. Non sans faire un dernier tour au marché, cette fois pour acheter le fameux crabe et en ramener à la famille à Phnom Penh.

Nous sommes dimanche, l'activité est plus intense que la veille encore. Les Khmers en weekend viennent de toute la région passer une journée au bord de la mer, et en profiter pour se ravitailler en crabes et autres fruits de mer.

Ça négocie, ça crie, on dirait que ça se bat au quart de dollar près. La négociation étant une affaire de femmes, tout cela est très aigu...Et parfois difficile à supporter pour les oreilles.

Négociations serrées  

Je laisse Nyta aux affaires. Après 10 minutes de négociations, la transaction pourra se faire pour 25 000 riels le kilo (6.25 $). Même principe de négociation pour crevettes et poulpes ensuite. Respectivement 37000 riels (9.25$) et 15000 riels (3.75$) le kilo.

Cuisson du crabe sur demande  
Nouvelles négociations serrées pour crevettes et poulpes 

Un autre petit plaisir que l'on peut déguster à tous les coins de rue, le jus de canne à sucre. On presse quelques tronçons de tiges de canne à sucre, le jus est simplement récolté et servi tel quel, avec juste quelques glaçons.

Pur jus de canne à sucre. 4000 riels  (1$)  pour pas loin  d'un litre.

Notre dernier repas à Kep, nous retournons au KIMLY, continuer d'explorer sa carte aux 27 recettes de crabe. Depuis notre dernier passage, j'ai appris que ce resto était sans doute dans tous les guides touristiques du monde. Ce n'est pas usurpé, c'est vrai qu'il est bon, l'accueil est avenant, et les fameuses 27 recettes permettent à chacun d'apprécier le crabe en fonction de ses goûts, et c'est ce qui fait la renommée du lieu. Cependant on oublie peut être trop vite le reste du menu. Et quelle n'est pas ma surprise d'y trouver en fin de menu, une double page consacrée au requin. Alors, je pense jusqu'à présent n'avoir jamais goûté au requin, et voilà qu'aujourd'hui s'en offre à moi 18 déclinaisons.

C'est dit, aujourd'hui ce sera requin!

A gauche crevettes à la sauce de tamarin, à droite requin au gingembre 

Puis retour sur Phnom Penh. Dîner avec la famille de Nyta avec l'ensemble des nos achats de la matinée. Un régal.

La fin des aventures du crabe aux pinces bleues  

Kimly : crevettes au tamarin, requin au gingembre, 2 bières, 1 noix de coco fraîche, 18$

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20 février. 30°. Nous ne sommes que le matin

Ce matin en nous réveillant nous nous donnons pour objectif Toul Tom Pong, autrement appelé le Marché Russe. Mais j'ai également envie de nouveauté dans Phnom Penh, alors je me souviens de 2 imposantes pagodes dans lesquelles je ne me suis jamais arrêté.

Pourtant la première n'est qu'à quelques dizaines mètres du palais royal. Il s'agit de Wat Botum Watei, soit le temple des fleurs de lotus, car le site originel était entouré d'un plan d'eau et de fleurs de lotus. C'est une des rares pagodes aussi ancienne à Phnom Penh (XVe siècle). Malgré sa situation en plein centre, à proximité immédiate du palais royal, il y règne une atmosphère paisible et semble délaissée des touristes, pourtant il s'agirait de la plus importante pagode de la capitale. Elle abriterait des reliques de Bouddha, et de nombreuses personnalités y reposent.

Wat Botum Watei 

Une pagode, ou Vat, n'est pas simplement un bâtiment de culte. Un vat, espace de culte consacré, est un endroit habité, constitué d’un ensemble de différentes constructions. La superficie du terrain qu'il occupe est variable mais est en moyenne de deux à trois hectares. Le vat est ceint d’une clôture quadrangulaire, ouverte par un, deux ou quatre portiques délimitant l’étendue où vivent les moines.

Le monument le plus visible, le plus important et le plus sacré est le sanctuaire. Autrefois en bois, à présent en maçonnerie, le vihara est un édifice fermé, couvert d’un toit à décrochement parfois surmonté d’une flèche dont l’élégante silhouette le signale au loin. Le toit est orné au sommet de chacun de ses angles de jahva lui donnant une forme élancée : et censés representer une tête de nâga ou une tête d’oiseau.

Le second édifice essentiel du vat est la sala punya, la salle des mérites où se déroulent les cérémonies courantes et qui sert de réfectoire aux moines et aux laïcs.

Les kuti, ou khot, sont les habitations des bonzes dont le plus grand est réservé au responsable religieux du vat. Ils sont en matériaux périssables ou en maçonnerie, selon la richesse ou la pauvreté des lieux, et n’ont généralement pas de décor peint.

Avant-guerre, tous les vat possédaient une bibliothèque, qui conservait les textes bouddhiques. À présent, nombre de monastères, en sont dépourvus. Quelques bibliothèques en béton armé datant de l’époque du Protectorat ont été transformées en salle de cours. Dans les villages, l’école est située à l’intérieur de l’enceinte, souvent accolée à la clôture puisque, avant la guerre, c’était l’école du vat qui était celle du village. Dans l’enceinte du monastère se trouvent des stupa, parfois en très grand nombre : ce sont des monuments funéraires recevant les cendres des défunts ou des édifices commémoratifs. Certains vat ont des espaces réservés aux tombes, à un crématorium, et à des autels consacrés aux génies.


Les peintures ornant les murs du vihara sont generalement consacrées à la vie de Bouddha.

Le décor peint a d’abord un rôle didactique mais il peut être augmenté de détails représentatifs d’une expression populaire et être le témoin d'une époque où d'un lieu. Ainsi, dans la ville de Kampong Thom, une fresque des années 1950 montre le Général De Gaulle assister aux noces de Bouddha!

Pour voir le Général De Gaulle aux noces de Bouddha, cliquez sur ce lien (en bas de page)

Notre seconde étape est le Wat Langka, à peu de distance du premier, et juste à côté du monument de l'indépendance.

Cette pagode tire son nom du lien qu'il existe entre les moines et ceux d'une communauté au... Sri Lanka.

Tout comme Wat Botum, elle date du XVe siècle. C'est assez remarquable quand on sait que de la période Khmers Rouges et des années de guerre qui ont précédé (1968-1979), seules 13% des pagodes ont échappé à la destruction. L'affectation des bâtiments du Wat Langka en entrepôts, plus utiles au régime de Pol Pot, à sûrement sauvé ce Vat de la destruction.

Wat Langka 
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20 février. 32°

Nous poursuivons notre route plus au sud, un 1/4 d'heure en tuk tuk, vers Tuol Tom Pong, appelé également le Marché Russe. Non pas qu'il soit tenu par des Russes, mais dans les années 1980, les nombreux expatriés soviétiques y avaient leurs habitudes pour faire leur marché. Jusque dans les années 1990, Tuol Tom Pong était célèbre pour être l'endroit où tout s'achetait, y compris l'invendable tels que les armes, les stupéfiants, les authentiques oeuvres d'art pourtant interdites de sortie de territoire....


De nos jours plus rien de cela à priori, juste un immense marché, l'un des plus grands de la ville, où l'on y trouve absolument de tout.


Il est important de repérer par quel endroit vous entrez dans Toul Tom Pong, surtout si vous vous êtes mis d'accord avec votre chauffeur de tuk tuk pourque vous vous retrouviez une fois vos courses terminées. Car il faut vous y attendre, une fois entrés dans le marché, vous allez vous y perdre à moins d'avoir un sens de l'orientation à toute épreuve.

Des centaines d'allées très étroites, de longueurs et d'orientations différentes font de ce marché un vrai labyrinthe. Vous pensiez reconnaitre la petite échoppe de soieries croisée tout à l'heure et qui vendaient des trucs sympas qui vous plaisaient bien? Et non, c'en est une autre... De nombreuses allées sont à peine assez larges pour permettre à deux personnes de s'y croiser.

Votre meilleur allié est de savoir prononcer Som toh (excusez moi) correctement, et si possible en plusieurs langues. Et comme si la promiscuité ne suffisait pas, le toit en tôle chauffé pendant des heures par le soleil au dehors peut a certains moments donner l'impression d'un four. Un four qui se transforme en sauna les jours de pluie quand la moiteur s'ajoute à la chaleur.

Et pour autant j'adore ce marché. On y trouve de tout, on se croirait dans une sorte de musée tant il y a de choses a voir. De l'alimentaire bien entendu, des vêtements en quantités industrielles. Les industries du textile, dont de grandes marques internationales, nombreuses dans le pays, semblent laisser s'écouler sur les marchés phnom-penhois nombre de leur produits invendus ou légèrement défectueux. A côté de ces originaux à prix défiant toute concurrence, de vulgaires contrefaçons, parfois a peine moins chères. On trouve des boutiques de souvenirs, de confection sur mesure, de pièces détachées de motos ou d'outillages en tout genre, des ateliers de sculptures, de joaillerie, des stands de manicure ou pédicure... la liste ne peut être exhaustive...

On trouve tout à Tuol Tom Pong 

Achats : boutique Association Rajana. A 50 mètres du marché russe dans la rue 450. Vêtements et artisanat commerce équitable. Un peu plus cher qu'au marché (quoique), mais au moins vous connaîtrez la provenance et aurez la certitude que les cambodgiens ayant produit ce que vous achetez ont un salaire décent. Robe pour enfant de 6 ans originale et de bonne qualité 12$.

Déjeuner CAFÉ YEJI , rue 450 : poulet au curry vert, riz sauté au boeuf, 1 coca, 2 bières 14$

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20 février. 38°, température ressentie 45°. Il commence à faire un peu chaud

Nous poursuivons notre journée en revenant dans le centre. Il nous prend l'envie d'aller nous promener au palais royal. Il est vrai qu'avec 45°, se promener sur les grandes esplanades du palais royal était notre meilleure idée...

Le palais royal est le seul endroit de Phnom Penh où l'on trouve véritablement des touristes en nombre conséquent. Phnom Penh intéresse encore peu les touristes, sur les 4 millions de touristes annuels que compte le Cambodge (à titre de comparaison, moins que la Géorgie ou le Kazakhstan, et 2 fois moins que la seule Bretagne), plus de 3 millions iront à Angkor, mais souvent au départ d'excursions d'une journée ou deux depuis la Thaïlande ou le Vietnam voisins. Pour les autres, Phnom Penh est souvent la porte d'entrée obligée avec son aéroport, et restent alors une journée ou deux dans la ville que l'on appelait pourtant autrefois la "perle de l'Asie", avant de filer vers les temples d'Angkor, ou les plages de Sihanoukville et Kep.

Par conséquent, le palais royal figure en très bonne place des choses à faire lors d'aussi courts séjours.

Ma dernière visite au palais remonte à novembre 2015. Il faut croire que cela fait une éternité puisque dans cet intervalle de temps, l'inflation du prix du ticket d'entrée y aura été de... 100%! Soit 10$. Nyta verra le prix de son entrée doublée également, passant de 500 à 1000 riels (0.25$ pour les Khmers).

L'ancienne salle du trône vers 1909, le pavillon Napoléon III, offert par l'impératrice Eugénie  en 1876

Le palais royal est relativement récent. Après que le Cambodge fut devenu un protectorat Français en 1863, la capitale du pays, jusqu'alors située à Oudong (45km au nord) est déplacée à Phnom Penh. Le palais est construit par le protectorat et inauguré en 1870. Certains bâtiments sont même offerts par Napoléon III et l'impératrice Eugénie, construits en France, puis démontés et remontés pierre par pierre dans l'enceinte du palais.

Plutôt que de vous abreuver de chiffres et d'architecture, j'ai plutôt envie de raconter un histoire, celle du Râmâyana

Le Râmâyana est une épopée écrite aux alentours de 300 avant J-C en sanskrit et qui célèbre les aventures de Râma, une des incarnations de Vishnu lors d’un très long poème épique composé de 48000 vers.

Le roi des démons, Râvana, et Vishnu, le préservateur de l’ordre universel, incarné sur terre en Râma, vivaient tous deux sur terre, chacun dans leur royaume. Râma se maria avec Sita, une très belle princesse. Jaloux, Râvâna voulait voler la femme de Râma mais ce dernier avait pris ses précautions et avait protégé sa femme par un cerceau magique, empêchant quiconque de l’enlever. Mais un jour Ravana pénétra dans le royaume de Râma et se transforma en vieillard mendiant. Sita, par charité, voulut aider ce pauvre vieillard en lui donnant quelque chose et au moment où elle lui tendit la main, le vieillard la tira vers lui et réussit à la sortir de son cerceau magique. Râvana emporta dans son royaume la belle Sita. Râmâ, furieux, engagea une guerre contre Râvâna pour récupérer son épouse, et demanda de l’aide à Surgiva, le chef des singes guerriers.

La troupe commandée par Hanuman arriva à Lanka, l’actuelle île de Ceylan, et engagea un terrible combat contre Râvâna. Hanuman remporta la guerre et put ramener Sita à Râmâ. Mais Râmâ avait perdu confiance en sa jeune épouse et pensait qu’elle avait couché avec Râvâna même si elle lui assurait le contraire. Pour en avoir le cœur net, Râmâ lui imposa une épreuve : elle devait traverser le feu. Si elle mourrait, c’est qu’elle l’avait trompé et si elle survivait, c’est qu’elle lui était restée fidèle. Sita, humiliée par cette suspicion, pria le Dieu de la Terre et lui demanda d’être absorbée par la terre lorsqu’elle traverserait le brasier. Le jour de l’épreuve arriva, Sita traversa le feu et son vœu fut exaucé, elle fut absorbée par la terre. A la place du cadavre que Râmâ pensait trouver, il vit une fleur à l’endroit où Sita avait été absorbée, une fleur de lotus. C’est cette légende qui explique en partie l’importance de la fleur de lotus au Cambodge et les pays d'influence hindouiste en général.

Passages du Râmâyana sur les murs du palais 

La discussion du jour :

《-Non, Alex, pas de bisou.

-Pourquoi?

-Dans le palais royal c'est interdit

-ah?

-Oui. Et je ne veux pas que mon roi me voit t'embrasser, on ne sait jamais...》

... Le pragmatisme khmer à toute épreuve, ou comment toute les femmes du monde entier rêvent au fond d'elles de devenir princesse 😀


Une journée bien remplie que nous terminons dans un restaurant... français. La Provence, petit resto qui ne paie pas de mine de l'extérieur, avait plusieurs fois attiré ma curiosité puisque situé juste en bas de l'appartement de Nyta. Les commentaires élogieux sur internet auront titillé davantage encore ma curiosité. Et nous n'avons pas été déçu. Accueil de Rodolphe le patron très sympa, les serveuses aux petits soins, qui ont pris le temps de traduire l'intégralité de la carte en khmer en expliquant La subtilité de chaque plat. Mais le meilleur est dans l'assiette. Des classiques, mais avec une touche d'originalité, et surtout bien maîtrisés. La meilleure preuve étant que Nyta a entièrement englouti l'ensemble des plats, ce qui est pourtant loin d'être évident quand il s'agit de cuisine française. 10/10!

Amuses bouches à la provence

Palais royal: entrée 10$ (1000 riels si vous êtes cambodgien, soit 0.25$)

La Provence : 2 foie gras poêlés, crevettes flambées au pastis, filet de boeuf, tropéziennes , 1 bouteille de Bordeaux, 80$

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21 fevrier. 34°.

Aujourd'hui pas grand chose à raconter. Journée repos. J'ai erré de terrasses de cafés en terrasses de restaurants.

Je vous envoie un assortiment pêle-mêle des photos du jour.

L'appartement où  je réside 
Angle rue 5 rue 118 depuis l'appartement  
Les quais en fin d'après-midi 
La nuit venue, vers 18h00, séance collective de fitness. Calamars au poivre vert et boeuf mariné au citron

Dejeuner : restaurant de l'angle rue 5 et 118 : nouilles sautées au boeuf, 1 bière, 4$

Dîner: Sammot snae baittong, rue 110 : calamars au poivre vert, plea sat koh (boeuf mariné dans le citron), 1 bière, 1 Sprite, 33000 riels (9.75$)

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22 février. 35°, ressenti 39°. Orageux en fin de journée

Une journée à peine plus mouvementée que la précédente. Mais les vacances sont aussi faites pour cela.

Je me rends pour autant au marché central, Phsar Thmey.

Ce monumental édifice art déco de couleur jaune, construit dans les années 1930, est composé d’un immense dôme et quatre ailes qui recouvrent de vastes ramifications d’allées avec des stands de marchandises à perte de vue. Il est un des symboles de Phnom Penh

Phsar thmey 

En 1934, pour mieux subvenir aux besoins de la population de Phnom Penh alors en pleine croissance, il fut décidé d’édifier un nouveau marché, on assècha alors le lac qui se trouvait à cet emplacement. Les contraintes étaient de préserver au maximum les commerces du soleil et des pluies tropicales, tout en utilisant au mieux le vent pour assurer une circulation d’air. Finalement, on utilisa des solutions déjà éprouvées sur d’autres marchés indochinois mais dans des proportions beaucoup plus importantes.

Lors de son inauguration, en 1937, le marché était considéré comme le plus grand d’Asie et certainement un des plus importants du monde, et aujourd’hui encore ce bâtiment historique reste pleinement fonctionnel. En 2008, une réhabilitation du bâtiment, financée par la france fut lancée.

Le marché est ouvert de 7 heures le matin à 17 heures le soir. Les boutiques sont regroupées par types. Ainsi, si la partie centrale sous le dôme est réservée aux bijoux, chaque aile a son activité bien définie (vêtements, chaussures, appareils électroniques, boucherie et poissonnerie)


Le mercredi c'est... cours de français. J'y récupère Nyta et allons dîner au Sovannah, près du monument de l'indépendance.

Le Sovannah fait partie des endroits que nous avons plaisir à fréquenter. Un restaurant à la khmère, de ceux que l'on appelle aussi beer-garden. Ce sont des restaurants de plein air, souvent juste protégés par un toit de tôle, ouverts le soir et où l’on vient entre amis pour grignoter quelques plats, boire, mais également pousser la chansonnette. A votre arrivée, vous devez choisir parmi les différentes lanceuses de bières vêtues au couleurs des marques qu'elles représentent, celle qui viendra tout au long de la soirée tantôt remplir votre verre au fur et à mesure que vous buvez, tantôt y ajouter de gros glaçons, ce qui est sensé aider à garder les idées fraîches...

Le Sovannah  

Nous finissons par une petite balade dans les jardins autour de la statue du roi Sihanouk et du monument commémorant l'indépendance vis-à-vis de la France.

SOVANNAH : rue 21, juste au sud de la statue de Sihanouk. Boeuf grillé, riz sauté, beignets au porc, 2 bières, prahok à volonté(!), 15$

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23 février. 34°, ressenti 41°. Quelques trop rares gouttes rafraîchissantes vers midi.

Ce matin, les singes sont descendus en ville. On peut les voir escalader les façades des immeubles et s'agripper avec facilité aux câbles électriques.

Pourquoi s'embêter avec la circulation quand on peut passer par les lignes électriques? 

Aujourd'hui, je me balade dans l'ancienne partie française de Phnom Penh. Si certains bâtiments ont été restaurés, comme la poste ou ce bâtiment abritant la représentation de l'unesco, de nombreux autres sont délabrés voire à l'abandon ou squattés.

La poste, l'unesco, l'ancienne banque de l'Indochine transformée en restaurant, un autre bâtiment abritant un café  
Une rue du quartier français, l'ancien commissariat, un autre bâtiment des années 20

Une anecdote sur le bâtiment ci-dessous, autrefois l'hôtel Manolis. En 1924, André et Clara Malraux y passèrent 4 mois de résidence surveillée après avoir dérobé des bas-reliefs au temple de Banteay Srei (Angkor)! Ils partirent sans payer la note ; quant aux objets du délit, ils se trouvent maintenant au musée Guimet...

L'ancien hôtel Manolis 

Il semble qu'une partie de la population commence à se préoccuper de cet héritage, et timidement envisage sa protection. Espérons que les promoteurs n'auront pas agis plus vite... en témoigne le lycée Descartes qui commence à voir les tours pousser autour de lui.

Le lycée Descartes, la tour Vattanak 

Retour par le musée national que je ne visiterai pas cette fois. Toutefois, quelques photos de ce bâtiment à l'architecture traditionnelle et qui accueille la plus grande collection d'art khmère.

Le musée national 

En soirée, repas avec la famille de Nyta dans leur appartement. Au menu boeuf à l'ananas frit, oeufs pourris au porc (très bon malgré le nom), soupe de liseron d'eau. Le nom anglais du liseron d'eau, morning glory, est davantage vendeur, mais c'est bon.

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24 février. 35°.

Aujourd'hui, deux marchés que peu de touristes fréquentent, Orussey (à ne pas confondre avec le marché russe), et le marché du stade olympique.

Ces marchés ne sont pas les plus connus des touristes, et pour cause, ici, peu (voire pas?) de boutiques de souvenirs. Ce sont des marchés destinés aux phnom-penhois. Ressemblant d'extérieur davantage à des casernes, ils sont à l'intérieur aménagés sur 3 niveaux. Un joli bazar dans une ambiance parfois un peu étouffante.


Au détour des allées

Déjeuner au 18 Rik reay, évoqué il y a quelques jours. Au menu, grenouilles... et pas que les cuisses.

Le soir, dîner tous ensemble au Kado. C'est un immense beer-garden situé en périphérie de la ville. On y mange très bien, la clientèle est exclusivement khmère et les gens se pressent pour chanter sur scène accompagnés d'un musicien et de chanteuses, des standards locaux, parfois avec un certain talent... parfois moins!

Déjeuner: 18 Rik reay, rue 108 : grenouilles, salade au boeuf mariné, 3 bières, 15$.

Diner: Kado, route nationale 6, après le pont japonais. Riz sauté, grenouilles, boeuf grillé, boulettes de poisson, salade au boeuf, une dizaine de bières, 65.20$ pour 9 personnes! En prime les clients qui chantent!

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Dernière journée au Cambodge. Nous profitons du week-end pour sortir de la chaleur étouffante de la ville pour faire un tour dans le village de Nyta, à environ 25 km au nord de la capitale. Une courte distance pour laquelle il compter jusqu'à une heure de trajet, en fonction des nombreux embouteillages, et du fait de l'état des pistes par endroit qui ralentit fortement l'allure.

Sur place on partage le repas de la famille, préparé par les femmes, pendant que les hommes vacquent à leurs occupations. Dans ce qui sert de cuisine commune à plusieurs maisons on y cuisine au feu de bois et avec l'eau récoltée des pluies.

On sort une très grande table en bois, et je fais rire l'assistance alors que j'attrape un tabouret et m'installe à table comme j'en ai l'habitude. L'ensemble des convives monte alors SUR la table et s'assoit dessus. Tant pis, je suis assis, j'y reste. A défaut de pouvoir toujours communiquer avec mes hôtes, au moins je les fais rire par mes habitudes d'occidental 😀.

Au menu, soupe de fleurs de lotus, Tom Yam (soupe pimentée aux crevettes et legumes), poisson de rivière grillé.

Promenade dans les rizières  
Maisons traditionnelles des campagnes cambodgiennes , atelier de sculpture du village.

Avant de rentrer sur Phnom Penh détour par une dernière pagode, Prasat Phnom Reap. Érigée dans un style d'inspiration des splendeurs Angkoriennes, elle date pourtant seulement de la fin des années 1990.

Prasat Phnom Reap 

Et puis retour sur Phnom Penh pour une dernière soirée. Dernier repas au Sammot baittong à côté de l'appartement, derniers cocktails partagés avec Pheakna et Veasna à regarder la nuit tomber sur la ville et le Mékong. Nous sommes samedi soir, les phnom-penhois se promènent sur les quais, y mangent, y jouent, y dansent. Encore plus que les autres jours, le fleuve est le lieu de vie de toute une ville...



Sammot snae baittong : calamars au poivre vert, coques à la sauce de tamarin, 3 bières, 10$

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Retour en France après cette parenthèse de 2 semaines.

Étant beaucoup resté sur Phnom Penh, difficile de prétendre brosser le tableau complet des multiples facettes d'un pays millénaire, qui, s'il est aujourd'hui bien plus pauvre que ses voisins thailandais et vietnamien, est pour autant riche de par sa culture et ses traditions. L'histoire récente ne l'a pas épargné, et pourtant on y découvre un peuple attachant, convivial, souriant et optimiste.

J'espère que ces quelques étapes auront pu vous faire découvrir également une petite partie du Cambodge.

A bientôt à tous!