Carnet de voyage

Les merveilles de Jordanie

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Par Alex
10 jours, c'est court pour découvrir un pays comme la Jordanie mais assez pour en avoir un premier aperçu. Petra et le Wadi Rum vous dévoilent leurs secrets...
Octobre 2015
10 jours
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Arrivé à l'aéroport pendant la nuit, je n'ai pu découvrir la capitale jordanienne qu'au petit matin. Depuis le hall des arrivées, je guettais, impatient, le lever du soleil. Dès que les premiers rayons frappaient l'horizon, je n'arrivais plus à tenir en place. Je saisis mon sac à dos et bondis dans la petite navette se rendant en ville.

Quand mes pieds foulaient enfin le sol jordanien, j'étais tout excité. Depuis le temps que je rêvais de ce pays, j'y étais enfin, et en pleine forme pour un voyage découverte !

Amman est la plus grande ville du pays. Sur 8 millions d'habitants en Jordanie, 4 millions vivent à Amman. La ville s'étend sur plusieurs collines à l'instar de Rome ou d'Istanbul. J'ai tout de suite eu un petit faible pour cette ville attachante et bouillonnante d'énergie. Amman, c'est une porte d'entrée au Moyen-Orient et, comme toute ville orientale, elle vous enveloppe immédiatement dans son tumulte et son agitation.

Au départ, je marchais sans trop savoir où me rendre, juste pour me familiariser un peu avec la ville. J'écoutais son bruit et sentais son pouls, je croisais des regards et respirais l'odeur des épices mélangée à celle de l'encens. Je décidai ensuite d'orienter mes pas vers l’amphithéâtre romain puis de grimper au sommet de la colline pour visiter la citadelle.

Amman est, à tort, souvent oubliée lors d'une visite en Jordanie. La plupart des voyageurs se contentent de foncer au sud en direction de Pétra et du Wadi Rum et ne prennent pas la peine de découvrir cette intrigante capitale.

J'ai aimé prendre le temps de parcourir ses rues et ses souks, déguster ses saveurs dans les petits restaurants, j'ai aimé voir le sourire sur le visage de ses habitants et ressentir leur hospitalité. Les Jordaniens sont fiers de leur pays et plus que ravi qu'on leur fasse l'honneur de le visiter. Le temps d'un thé, d'un café ou d'une bouchée de falafels, ils vous conteront les mérites de leur roi, la beauté du désert, les merveilles de Pétra et la beauté de leur reine.

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Visiter la Jordanie sans visiter Jérash, à 50 minutes au nord d'Amman, c'est un sacrilège. Jérash, est un des complexes romains les plus grands et les mieux conservés du Moyen Orient. Même si je préfère l'ambiance des vieilles villes, visiter des ruines est un moment que j'apprécie beaucoup. C'est comme un havre de paix et de tranquillité au milieu du brouhaha de la ville et du trafic.

Je suis arrivé peu de temps après l'ouverture du site. Hormis un car de touristes chinois, personne n'avait encore envahi les lieux. Je me suis arrangé pour les dépasser et je pouvais alors découvrir Jérash seul, à mon rythme.

Pour la visite, il faut compter entre 2 et 3 heures en prenant son temps. Ca laisse la possibilité de faire des photos sans se presser et de profiter des lieux. J'avoue, je déteste la foule, surtout sur les photos !

Sur le chemin du retour, j'ai fait un crocher par la petite ville de Salt, à l'ouest d'Amman. Salt est l'ancienne capitale du gouvernorat de Jordanie sous l'empire ottoman. Après l'indépendance, le roi a choisi Amman comme nouvelle capitale, Amman qui avait été fondée par les grecs et portait pendant l'Antiquité le nom de Philadelphia.

J'ai trouvé cette petite ville charmante. Le centre historique est fait de petites rues, de souks, de boulangeries, de vieux palais et de vieilles mosquées.

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A gauche : l'Irak, à droite : l'Arabie Saoudite. Vous choisissez quelle direction ?

Voilà probablement la visite que j'ai le plus aimée de mon séjour en Jordanie : les châteaux du désert. Il y en a plusieurs et sont principalement situés dans le nord du pays. Toutefois vous en trouverez également en descendant dans le sud, sur la route de Dana et de Pétra.

Qasr Al Kharaneh

J'en ai visité trois. Trois vieux châteaux situés sur la route qui relie Amman à l'Irak et l'Arabie Saoudite. Ils servaient de refuge pour les garnisons ottomanes, palais d'été et de détente pour les sultans ou encore de repère pour les rebelles bédouins contre les Ottomans. Dans le château Al Azraq, construit de pierres noire et grises, Lawrence d'Arabie a même eu son bureau quand ils combattait les soldats ottomans aux côtés des Bédouins.

Qusayr Amra et ses fresques

J'ai adoré le château de Kharaneh et sa simplicité mais mon coup de cœur va pour le Château Amra dont les murs sont recouverts de fresques montrant des scènes de chasse, de sports, de détente et de loisirs.

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La Jordanie compte trois incontournables : Pétra, le Wadi Rum et la Mer Morte ! J'avais déjà eu la chance de me rendre à la Mer Morte lors de mon roadtrip en Israël l'année précédente.

En Israël on avait pris le temps de barboter, se promener, flotter. Toutefois, il faisait tellement chaud et humide et le sable était tellement brûlant qu'on a dû écourter notre baignade. De toute façon, la baignade est limitée à 20 minutes et la douche d'eau douce obligatoire.

Pour la Jordanie, j'ai pu profiter un peu de la mer morte mais j'ai eu l'occasion de visiter les alentours comme le Mont Nébo et la ville de Madaba.

Le Mont Nebo est le lieu où Moïse admirait le Pays de Canaan après la sortie d'Egypte des Hébreux. Il culmine à 817 mètres et offre une vue imprenable sur le région.

Si vous êtes véhiculé, n'oubliez pas le GPS car au départ de la Mer Morte, le Mont Nébo n'est pas facilement indiqué.

Pour ceux qui aiment les mosaïques, ne manquez pas de faire un petit détour par Madaba qui abrite, dans une église, la plus vieille mosaïque représentant le Moyen-Orient et, surtout, Jérusalem et la Palestine.

Profitez-en pour prendre un sandwich de falafels dans les petits restaurants en face de l'église, un régal 😉

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Au bout d'une semaine, au milieu de mon séjour, j'ai pris la direction de la réserve naturelle de Dana, au nord de Pétra. Ca ne pouvait pas mieux tomber. Rien n'est plus agréable qu'un peu de silence et de tranquillité pour se ressourcer.

Cette petite escapade nature, j'en rêvais. Après plusieurs jours à partir à droite et à gauche à la découverte du nord de la Jordanie, j'étais ravi à la simple perspective de passer deux jours dans un petit village isolé, situé dans une réserve naturelle.

Arrivé au petit village de Dana en milieu d'après-midi, je me suis empressé de parcourir ses petites allées, observer ses petites maisons de pierres, détruites et abandonnées petit à petit restaurées pour assurer l'accueil des touristes. Dana est un petit village qui a été totalement déserté et qui se reconstruit peu à peu. Il est en effet un point de départ pour des circuits de randonnées dans la réserve et le gouvernement jordanien fait restaurer ses maisons pour y créer des commerces et des petits hôtels de charme.

Le lendemain matin, après une nuit dans un calme absolu, je chausse les crampons pour suivre le sentier de randonnée dans la vallée. Le village se trouvant au bord du vide, il faut d'abord descendre dans la vallée (comptez environ 1 heure de descente) pour ensuite marcher sur du presque plat. Un guide croisé la veille m'avait dit qu'on pouvait randonner seul sans problème et qu'il fallait compter 6h aller-retour. N'ayant pas peur de la marche, je me suis lancé, confiant, dans cette aventure.

Après environ 3 heures de marche, je me rendais compte que quelque chose clochait. j'avais l'impression de ne pas avancer et malgré la vue qui s'étendait devant moi, rien n'annonçait un quelconque refuge à l'horizon. Un guide croisé par chance dans les parages, me dit que l'information reçue est fausse, ce n'est pas 6h pour l'aller-retour mais juste pour l'aller. En jaugeant mon stock d'eau, je décide, par mesure de précaution, de revenir sur mes pas pour rentrer au village. J'ai au moins cette certitude qu'il se trouve à 3 heures de marche.

Alors, j'avais juste pas franchement pensé que la descente du village dans la vallée deviendrait, au retour, une montée. Et une montée vraiment physique. Surtout en milieu d'après-midi en pleine canicule avec une réserve d'eau qui diminue comme peau de chagrin. Je buvais par petites gorgées pour m'assurer d'avoir de l'eau jusqu'au sommet. Je m'arrêtais tous les 50 mètres pour m'asseoir. Plus je m'approchais du village, plus il semblait s'éloigner. En quelques mois, j'en pouvais plus. C'est la première fois de ma vie que je me sentais comme ça, presque démuni de toute force, plus de souffle. Je peux vous dire qu'en arrivant au village, j'ai descendu 1 litre d'eau froide d'une traite. Ca m'a filé un mal de bide terrible mais au moins j'avais bu et je pouvais me reposer. Autant vous dire que je prévois mes randonnées différemment maintenant 😉

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C'est Pétra qui a motivé mon voyage en Jordanie. En apprenant, quelques mois auparavant, la destruction de Palmyre par un groupe d'idiots barbus, j'ai eu envie de voir le monde, de tout voir, avant que de sombres imbéciles ne le détruisent. J'ai pensé à Pétra, et j'ai refusé l'éventualité que ce scénario puisse se produire pour Pétra. J'ai alors pris mes billets pour la Jordanie, bien décidé à profiter de ce pays tant que c'est encore possible.


Parti à 5h30 du matin du petit village de Dana, dans le nuit noire, j'arrive à Pétra vers 6h30, peu de temps après l'ouverture. Pour des sites aussi visités, je préfère arriver tôt, à l'ouverture et profiter des lieux avant l'arrivée de la foule et des cars de touristes. Je n'ai croisé que quelques aventuriers, aussi déterminés que je l'étais à se lever tôt pour voir Pétra sans la foule.

L'autre point positif, c'est que ça permet de visiter une bonne partie du site (en plein air donc peu d'ombre) avant que la chaleur soit trop forte. Après vous avez tout le loisir d'explorer les différents sentiers de randonnées dans le site (Pétra est très grand).

Ca fait vraiment un effet bizarre. C'est une sensation que j'avais ressentie quelques années auparavant lorsque j'avais voyagé en Egypte. Il y a des monuments où des endroits sur Terre que l'on connaît depuis tout petit. Ils sont dans nos livres d'école, dans les films, à la télévision, dans les fascicules de voyages... On les connaît sans même les avoir vus. Et un jour... Et un jour on se trouve là, devant eux, à la fois surpris et déjà habitués à les voir.

Quand j'ai découvert Pétra, que j'ai pénétré comme Indiana Jones dans les grottes et que j'ai vu, en vrai cette fois-ci, le Khazneh, le monument phare de Pétra, j'ai été partagé entre plusieurs émotions : la surprise, l'émerveillement, la joie et l'excitation...

A part le monument le plus connu de Petra, le Khazneh, je ne savais pas vraiment à quoi m'attendre. Etait-ce une ville complète taillée dans la roche ? Etait-ce grand ou petit ? Y'a-t-il d'autres monuments connus ? Toutes ces questions me trottaient dans la tête à mesure que je découvrais les lieux.

En fait, j'ai été surpris de découvrir que Pétra était un mélange de plusieurs influences (nabatéennes, romaines entre autres) et que vous y trouverez des temples, des ruines, des colonnes et même un monument semblable au Khazneh, le monastère.

Après une bonne journée de marche, à arpenter les sentiers à droit et à gauche, je remonte en fin d'après-midi à mon hôtel, les pieds en compote.

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Ceux qui me connaissent peuvent vous dire que j'aime le désert. J'aime ces étendues de sable, ce néant et ce tout magiquement imbriqués, ce sentiment de grandeur et de petitesse. J'adore cette sensation si particulière de se sentir si vivant dans un lieu où la vie est si difficile. Après l'Egypte et Israël, le désert du Wadi Rum est mon troisième désert, et j'espère pas le dernier 😉

Aller dans le désert est pour moi un moment vraiment particulier. C'est un endroit que je trouve fascinant ! Ce que je vais dire s'applique je pense à ceux qui voyagent seuls. Voyager en groupe ou même en couple ne procurera pas les mêmes sensations, mais je dirais que le désert est l'endroit parfait pour l'introspection.

La solitude, l'isolement, le silence et chaque élément semblent vous forcer à regarder autour de soi, certes, mais aussi à se regarder soi-même et regarder en soi.

Suivez le guide au milieu du désert...

Comme je le disais plus haut, j'ai visité trois déserts jusqu'à aujourd'hui, deux en solitaire (Egypte et Jordanie) et un avec une amie (Israël). Je confirme, la sensation n'est pas la même. Je conseillerais vivement à chacun d'aller au moins une fois dans le désert en solitaire.

Attention, quand je dis en solitaire c'est avec toutes les précautions nécessaires. En Egypte et en Jordanie, j'ai fait appel à des guides locaux mais quand je désirais être un peu seul, je m'éloignais un peu. Pas besoin d'être très loin.

Attention à votre appareil photo : si comme moi vous aimez faire des photos, veillez à bien protéger votre appareil photo du sable et de la chaleur. Je vous donne quelques conseils sur cet article publié sur mon blog 😉

Pour ma découverte du Wadi Rum, j'ai choisi de prendre un guide qui m'accompagnerait faire de la randonnée. J'imagine déjà le fond de votre pensée : "De la randonnée dans le désert ? Il est fou celui-là" 😉

C'est une expérience que j'avais toujours voulu tenter. Prendre le temps de vraiment vivre le désert. C'était vraiment top. Après, évidemment, à pied, on va moins vite qu'en voiture. Etant donné qu'il nous fallait rentrer au camp bédouin avant la tombée de la nuit, on allait jamais vraiment loin. Je n'ai donc pas eu l'occasion de voir ces magnifique dunes de sable rouge que l'on trouve partout sur internet. Je le garde pour une prochaine fois !

Après une longue journée de marche, rien de mieux que d'observer un coucher de soleil sur l'horizon du Wadi Rum et de siroter un délicieux thé autour du feu au son de la musique bédouine.

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Aqaba est la dernière étape de ce voyage en Jordanie. Je suis descendu du nord jusqu'au sud et maintenant il ne me reste plus qu'à remonter jusqu'à Amman pour repartir à Paris.

Mais, un peu de patience, ne bousculez pas les choses, prenons le temps de faire un petit arrêt à Aqaba, unique ville jordanienne à jouir d'un accès à la mer.

C'est d'ailleurs amusant de se tenir devant la mer, d'observer les courbes de l'horizon et de se dire que, depuis ce point de Jordanie, on voit à la fois Israël et l'Egypte.

Avec la proximité de la mer, Aqaba a un petit goût de vacances. On sent la station balnéaire, il y a quelque chose dans l'air, peut-être une forte humidité que je n'ai senti nulle part ailleurs en Jordanie et il y a ces palmiers qui bordent les rues donnant à la ville un air (lointain) de Floride !

Alors, malgré la chaleur, malgré l'humidité, il fait bon se promener le long de la corniche et dans les rues alentours. Les terrasses des cafés et restaurant, au bord de la mer, sont vides mais seront vite prises d'assaut en soirée.

Je trouve le panorama vraiment superbe : la mer, les palmiers et les montagnes en arrière-plan. Je n'ai malheureusement que très peu de temps pour visiter la ville, seulement quelques heures, avant de reprendre mon bus en direction de Amman et de me rendre à l'aéroport. J'en profite pour manger un petit plat dans un restaurant : au menu, mezzés et poisson à la sauce du chef ! Puis direction la citadelle.

La citadelle d'Aqaba est probablement le seul monument historique d'intérêt touristique dans la ville. La plupart des touristes viennent ici pour faire de la plongée et du snorkeling. En effet, la Mer Rouge est connue pour ses récifs, ses petits poissons et son eau claire qui fait la joie des plongeurs.

Le trajet en bus de Aqaba jusqu'à Amman dure 4 heures. Une fois arrivé en ville, je profite une dernière fois de quelques falafels dans le vieux centre d'Amman et me rend en taxi à l'aéroport.

Moi qui aime le Moyen-Orient, visiter la Jordanie était un souhait depuis pas mal de temps. Est-ce que j'ai aimé ? Oui, absolument. La Jordanie est un pays fascinant et attachant et sa population vous fera vous sentir (presque) comme chez vous. Le contexte géopolitique de la région étant ce qu'il est, le nombre de touristes a chuté, or la Jordanie est un pays où je me suis senti à l'aise et en sécurité.