Carnet de voyage

Détours en Turquie

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Par Alex
Départ d'Istanbul vers les villes de Edirne, Gaziantep et Sanliurfa, souvent oubliées des circuits touristiques traditionnels.
Avril 2016
10 jours
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La Corne d'Or au coucher du soleil

Istanbul n'a plus besoin d'être présentée. Cette ville intrigue et passionne depuis des siècles. Son Histoire est passionnante et riche, son patrimoine est imposant et son dynamisme vous emporte à chaque coin de rue. C'est une ville vers laquelle j'aime revenir, c'est une ville qui me plaît, vraiment ! Peut-être parce que j'y ai fait mon stage de fin d'études et que, pendant plusieurs mois, j'ai appris à la dompter, je l'ai découverte rue après rue, bouchée après bouchée...

La plupart des gens qui n'y sont jamais allés me demandent souvent "Mais qu'est-ce que t'as avec Istanbul ? Qu'est-ce que cette ville a de si particulier que tu aimes tant ?". Ceux qui l'ont déjà visitée la savent, Istanbul est unique et vraiment envoûtante. Je suis donc retourné à Istanbul, après 7 ans d'absence. Vous pouvez pas savoir à quel point cette ville m'a manqué !

Quand je suis sorti du métro à Aksaray, je me sentais déjà chez moi. Sac sur le dos, je me suis lancé en direction du vieux centre. j'aurais pu prendre le tramway mais je connaissais ce chemin que j'avais pris je ne sais combien de fois. J'avais l'impression de n'être jamais parti. Tout me revenait en mémoire, Istanbul a probablement beaucoup changé mais, pour moi, elle restait la même. Pendant 4 jours, j'ai arpenté la ville comme je l'avais fait 7 ans auparavant.

La gastronomie turque ne se limite pas au simple kebab, loin de là. La cuisine turque est beaucoup plus variée et savoureuse et c'est toujours un plaisir que de manger en Turquie !

Qu'il s'agisse de soupes, de salades, de viandes, de poissons, de légumes, de sauces ou de desserts, la table turque a vraiment de quoi satisfaire les papilles même des plus sceptiques 😉

Du coup, quand sonne l'heure du repas, il n'est jamais difficile de trouver un petit endroit où bien manger. Telles une madeleine de Proust, ces saveurs réveillent en moi des souvenirs...

Après avoir bien manger, il est temps pour une promenade digestive. Le temps est magnifique, le soleil est radieux, et pourquoi ne pas faire un tour sur le Bosphore ?

Je ne peux que vous conseiller de faire une croisière sur le Bosphore. Ca dure environ 1 heure (tout dépend de la formule choisie) mais ça vous montre une autre facette d'Istanbul. Et les maisons qui bordent l'eau sont vraiment jolies et comme sorties d'un autre temps...

Je débarque à Üsküdar, grand quartier d'Istanbul situé sur la rive asiatique. La foule y est compacte, tout le monde se presse sur la corniche pour admirer le Bosphore, y pêcher, et se régaler de bons plats de poissons grillés dans les restaurants situés le long de l'eau.

La tour de Léandre (ou Kiz Kulesi)

Je me promène dans ce quartier vivant et dynamique et décide de m'installer sur une petite banquette, face au Bosphore et à la Tour de Léandre, face à la péninsule historique, pour y siroter un petit thé et manger un islak hamburger (hamburger mouillé). C'est un hamburger cuit à la vapeur. Là, vu comme ça, ça surprend mais c'est plutôt bon et ça remplit bien l'estomac. Celui mangé à Üsküdar était différent de ceux que j'avais acheté à Taksim mais ça faisait partie des nombreuses saveurs que je voulais retrouver lors de ce voyage à Istanbul.

Je me rends ensuite (à pieds) à Kuzguncuk, un petit quartier ou une petite ville vraiment chouette au nord d'Uskudar. Situé à flanc de colline, son centre est composé de petites rues calmes où se dressent de vieilles maisons ottomanes toutes colorées. Et, arrivé en haut, il y a une superbe vue sur le Bosphore.

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Adalar (les îles en turc) est un petit archipel de 7 îles situé au large d'Istanbul. C'est une des destinations prisées des Stambouliotes le weekend et pendant leurs vacances, mais aussi des touristes.

Pendant environ 2h30 de traversée, vous aurez tout le loisir de voir défiler les silhouettes de la ville d'Istanbul et les mouettes ne manqueront pas de vous accompagner en suivant le bateau. Sur place, des petites îles où sont interdites les voitures et où on se déplace uniquement à pied, à vélo ou en calèche. Vous y trouverez des parcs, des sentiers de randonnée et de vieilles maisons de type ottoman. Généralement des maisons secondaires...

J'ai choisi de ne visiter que la plus grande, Büyükada (grande île). Si vous vous déplacez à vélo, vous pouvez aller plus vite et faire le tour de l'île plus rapidement mais j'avais envie de prendre mon temps et de me déplacer à pied.

C'est vraiment une excursion que j'adore faire à chaque fois que je visite Istanbul. Je trouve ces îles reposantes, apaisantes et le fait qu'il n'y ait aucune voiture vous donne l'impression d'être loin de tout (et ce même si la foule vous ramène vite à la réalité).

Si vous n'y allez pas le weekend mais en semaine, vous avez déjà des chances de limiter la foule sur place et sur le bateau. Personnellement, même en y allant en semaine, le bateau était archi plein. Mais je trouve que ça en vaut la peine. Après avoir arpenté les rues de la "ville", je me lance dans une petite randonnée. La vue sur la mer y est superbe et si vous aimez avoir un peu de tranquillité, vous y aurez la paix 😉

C'est avec cette balade sur l'île de Büyükada que se termine mon petit séjour à Istanbul.

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Edirne est une jolie découverte. Toute proche de la frontière avec la Bulgarie et la Grèce, la ville, ancienne capitale ottomane avant le conquête de Constantinople, a des airs d'Istanbul mais reste une ville plutôt paisible, tranquille et agréable à découvrir.

Arrivé en bus depuis la gare routière d'Istanbul, je suis accueilli par un déluge. Des trombes d'eaux tombent du ciel et ne daignent pas s'arrêter. Vu le temps qu'il fait, je n'ai pas envie de m'éterniser à la gare routière à chercher un minibus pour rejoindre le centre ville. Je saute dans le premier taxi qui se présente devant moi. Le chauffeur est un petit monsieur sympathique qui n'a aucune idée d'où se trouve mon hôtel. On tourne en rond pendant quelques minutes dans les ruelles étroites du vieux quartier avant tomber nez à nez avec l'hôtel.

Je meurs de faim. J'attends que la pluie s'arrête et fonce trouver de quoi remplir mon petit estomac. Je tombe sur un café où je prends un thé et un pogaça (sorte de brioche fourrée à la viande ou au fromage). Le nuit tombe et je regagne l'hôtel...

Le lendemain, c'est un magnifique soleil qui me réveille. Je peux partir à la découverte de cette ville paisible qui gagne à être connue. Au programme, la visite du quartier pittoresque de Mithat Pasha où on peut trouver de vieilles maisons ottomanes malheureusement en état de ruine pour certaines.

Se promener dans ce quartier, c'est comme faire un bon dans le temps. Je savais que j'allais aimer Edirne mais je pensais pas l'aimer à ce point. Elle me fait vraiment penser à Istanbul en version miniature et plus tranquille. Je poursuis la visite avec les mosquées, la traversée du pont enjambant la rivière au sud de la ville, une promenade sur le site du championnat annuel de lutte turque (ce type de lutte où les hommes sont englués d'huile avant chaque combat...)... et je me dis, pour une découverte, Edirne est une vraie surprise !

Le lendemain, je reprends prends le minibus pour la gare routière et retrouve Istanbul avant de terminer mon voyage dans une autre Turquie : Gaziantep, près de la frontière syrienne. Là, entre Edirne et Gaziantep, c'est vraiment le grand écart, mais c'est ça aussi la Turquie, un mélange de civilisations, un mélange des genres vraiment incroyable !

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Soyons fous, partons à Gaziantep !

Gaziantep, pour être honnête, ça a été mon impulsion, mon gros kiff (comme disent les jeunes aujourd'hui) de ce voyage en Turquie. J'ai pas mal hésité, je me suis renseigné à droite et à gauche pour savoir si c'était raisonnable ou insensé, dangereux ou sans risque. L'office du tourisme turc déconseille tout voyage là-bas sauf raison impérative, tout comme le ministère des affaires étrangères en France. Mais quand vous demandez aux voyageurs ayant fait le déplacement, ils vous répondent qu'il n'y a aucun danger à voyager à Gaziantep et à Sanliurfa.

Je me trouvais à Istanbul, j'étais censé y passer plus de temps et je me suis dit "soyons fou, partons à Gaziantep !". Je passerai les détails de mon arrivée à l'aéroport Atatürk où j'ai subi un interrogatoire et une fouille complète de mon sac et de mes effets personnels quand j'ai annoncé ma destination. Tout a été passé au peigne fin, y compris le contenu de mon portable, mon carnet de notes (super, j'avais utilisé ce carnet pour le Liban et la Jordanie, ça les a intrigué), mon appareil photo, mon portefeuille, mes poches... Puis on m'a laissé partir, après 40 minutes... Franchement, ça en valait la peine. Ce n'est peut-être pas le type de ville ou d'endroits qui vous plairait, mais moi j'ai été vraiment sous le charme.


POURQUOI J'AI AUTANT AIME GAZIANTEP ?

C'est une excellente question.

Déjà, premièrement, Gaziantep, c'est capitale turque de la pistache ! (je vous rassure ce n'est pas mon seul argument). Mais ça mérite quand même d'être souligné ! Les pistaches de Gaziantep sont réputées dans toute la Turquie. D'ailleurs, vous saviez comment ça pousse les pistaches ? Moi non plus, mais maintenant je sais, et vous aussi. Ca pousse comme ça, ces bonnes pistaches qu'on dévore à l'apéro !

Deuxièmement, qui dit pistache dit gastronomie. Gaziantep c'est donc un des épicentres turcs pour acheter tout un tas de bonnes choses : des fruits séchés et secs de la région (abricots, figues, raisins, noix, noisettes, pistaches...), mais aussi une liste impressionnante de loukoums, baklavas et autres délices ! Il existe même un kebab typique de la région et des baklavas typiques de Gaziantep. Tout ça a bien sûr été testé et approuvé par mes soins 😉

Miam, plein de bonnes choses !!!

Troisièmement, Gaziantep, c'est une ville au patrimoine architectural vraiment riche. La vieille ville regorge de mosquées anciennes, de caravansérails transformés en maisons de thé, de petites ruelles étroites et de maisons typiques de cette partie de la Turquie.

J'ai commencé par la visite de la citadelle. On me dit qu'elle est fermée, quand je réponds "je peux revenir plus tard, à quelle heure ouvre-t-elle ?" on me répond "dans quelques mois". Je comprends que ça ne sera pas pour aujourd'hui. Je fais demi tour et me prends quelques loukoums en passant. Ce qui est vraiment exceptionnel, c'est que on est à 70-80 km de la Syrie et on ne se sent pas vraiment au Moyen-Orient. Rien à voir avec les villes jordaniennes ou libanaises. La Turquie, c'est vraiment à part, un savant mélange d'orient et d'occident.

Quatrièmement, le sud est de la Turquie, aussi connu sous le nom de Kurdistan turc, c'est aussi des gens adorables, souriants et accueillants qui sont ravis de vous recevoir. D'ailleurs, il y avait beaucoup de touristes. Que des Turcs... et moi. En plus, c'est une ville vraiment sympa où on se sent bien. On se sent à l'aise, en sécurité et on a qu'une envie, celle de se promener dans les souks et les ruelles. Bon, j'avoue il y a eu deux attentats récemment dans cette ville mais vu que ça arrive un peu partout, je peux avancer que Gaziantep n'est pas plus dangereuse qu'Istanbul !

Cinquièmement, Gaziantep a un souk vraiment original. Deux en réalité. Un qui ressemble au Grand Bazar d'Istanbul (en version mini) et un où est exposé toutes sortes d'artisanat local, notamment des chaussons en cuir, des bijoux et tout un artisanat en fer : le marché des chaudronniers.

Sixièmement, Gaziantep abrite le plus grand musée consacré aux mosaïques. De très nombreuses et magnifiques mosaïques ont été découvertes dans la région en excellent état et sont exposées au musée. Même si vous n'êtes pas un inconditionnel de ce type d'art, je vous invite à visiter ce musée qui propose de superbes pièces !


Dernièrement, j'ai trouvé à Gaziantep une sérénité que je ne m'attendais pas à trouver là. J'ai adoré me promener dans les rues sans trop savoir où aller... J'ai redécouvert le plaisir de se poser dans une çayhane (prononcer tchaïHanè), une maison de thé installée dans un ancien caravansérail et déguster un thé, tout simplement, tout tranquillement. Et ça, franchement, c'était le pied !

Voilà ce qui m'a fait craquer pour cette ville ! Moi qui adore la Turquie, Gaziantep m'a convaincu qu'en dehors des circuits touristiques traditionnels, ce pays peut vraiment vous accueillir et vous charmer...

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Située à 140 kilomètres à l'Est de Gaziantep, Şanlıurfa est une ville particulière. Cette ville est symbolique car d'après la légende, Adam et Ève y auraient séjourné, elle serait la ville natale d'Abraham et serait également connue sous le nom de Rûh, une des villes construites après le Déluge écrit dans la Bible. Rien que ça.

Je n'y ai malheureusement pas passé assez de temps, je voulais absolument visiter le lieu le plus célèbre de cette ville : le Balikli Göl (lac aux poissons) et sa jolie mosquée.

Autour de la mosquée se trouve la vieille ville, le souk, la citadelle (fermée ce jour-là) et un agréable parc bien verdoyant et bien calme où sont installées des maisons de thé. Rien de mieux que de prendre un bon thé sous l'ombre des arbres dans un tel décor.

La ville est plus typée "ville orientale" que Gaziantep. Elle est emplie d'une agitation que j'avais déjà trouvée à Tripoli (Liban) et Amman (Jordanie). Ce jour-là, la chaleur était étouffante malgré qu'on était que mi-avril. J'imagine que la chaleur doit être vraiment difficile à supporter en plein été.

Après m'être vu refusée l'entrée à la citadelle, je redescends les marches et me promène dans le souk et autour de la mosquée. En ce lundi, de nombreuses familles sont installées sous les arbres. J'ai l'impression que ce Balikli Göl (à deux pas de la citadelle et de la mosquée) est le point névralgique de cette ville. Quand on veut traîner entre amis, on vient là.

Encore une fois, les visages sont bienveillants et souriants. Je m'assieds dans la çayhane la plus proche et savoure mon dernier thé. Dans la nuit, mon avion repart de Gaziantep pour Istanbul, je ne dois pas traîner mais je n'ai pas vraiment envie de partir.

Cette petite excursion dans le sud de la Turquie n'était pas prévue mais je ne regrette pas de l'avoir faite, d'avoir échangé quelques jours à Istanbul avec la découverte de Gaziantep et de Sanliurfa. Cette région présente beaucoup d'autres attraits et j'espère bien pouvoir y revenir pour les découvrir...

Allez, il est temps de regagner la gare routière et de prendre la direction de Gaziantep. J'aurai juste le temps de retourner au marché couvert m'acheter des loukoums, des fruits séchés et des pistaches à grignoter à l'aéroport.