Dolce Vita & Adriatique

Voyage entre amies de Split à Dubrovnik en passant par les îles de Hvar et Lokrum en 7 jours
Juin 2019
7 jours
3
J1

7 jours, 3 copines, 1 destination : La Croatie au mois de juin de Split à Dubrovnik en longeant la côte. Voilà le topo. Quelques grandes lignes d'activités à faire, les Air bn'b de réservés, chapeau de paille, maillots de bain, robes légères, converses : et c'est parti.

Après moult péripéties (merci Transavia), nous avons enfin nos fesses collées dans l'avion et deux heures plus tard notre pilote annonce de sa voix paisible que Split est en vue. Me précipitant vers le hublot (tout en étant assise, ma ceinture attachée et la tablette de mon siège relevée bien sûr) c'est alors que j'entrevit les eaux scintillantes et céruléennes de la mer adriatique. La brunette à côté de moi décale mon rideau de cheveux blonds qui (a priori) bouchent le hublot afin d'admirer avec moi le contraste du flammé des tuiles romaines avec ce bleu infiniment prometteur pour la suite des évènements. La rousse côté couloir, complètement défoncée aux médicaments anti-stress pour aviophobiques, ne voit rien mais finit par s'exclamer dix minutes après le reste de la cabine que l'on aperçoit la mer. Premier fou rire du voyage.

Le temps de débarquer, récupérer les valises et nous rejoignons le centre de Split by bus.

La gare routière de Split est située à 30 minutes de l'aéroport proche du port et du centre-ville. C'est donc un excellent choix de transfert et plutôt économique : 30 Kunas soit 4,05 euros à l'heure où j'écris ces modestes lignes.

Notre appartement est situé au coeur de la cité bouillonnante et de sa vie trépidante, proche du théâtre national croate.

Home sweet Airb n'b 

Après les formalités d'usage effectuées (comprendre : discuter dans un anglais approximatif de la pluie et du beau temps avec notre charmant hôte) nous entamons nos errances en quête de quoi nous sustenter et désaltérer. Ça tombe bien, les ruelles regorgent de placettes et bistros à tous les coins. Pour qui connaît l'Italie le rapprochement d'ambiance est aisé à faire entre ces deux pays bordant la même mer, même si les notes slaves peuvent parfois détonner discrètement dans la partition.

L'air est chaud (30°C) mais le souffle clair du vent nous rappelle avec une fraîcheur bienvenue que nous sommes en bord de mer. Et pour cela Croatie, je te dis merci. Nous trouvons un restaurant, "bien mais pas top" dont je ne relèverai pas l'adresse ici. Tout y est local, ce qui est déjà plus qu'acceptable, surtout pour trois affamées. Le vin est bon, mais je n'en saisis pas le nom.

Sans y prêter attention nos pas nous mènent le long de la jetée mais, trop fréquentée, nous nous esquivons rapidement vers des entrelacs de ruelles dont l'admirable enchevêtrement nous donne l'impression de nous perdre. Pays méditerranéen, pays des animaux errants. Split ne fait pas exception à la règle, morceaux choisis :

Avalant quelques volées de marches, nous montons ensuite au belvédère où un accueillant estaminet nous attendait à l'heure bleue. Une banquette pour trois, la vue sur le port et ses éclatants ferries. Une lune pleine, rousse et généreuse. Du vin. De la vodka. La vie.

J2

Hier le bleu était roi, aujourd'hui honneur au vert. La plus rousse du trio ayant des envies de paysage, nous avons décidé de visiter le parc naturel de Krka, célèbre pour ses chutes d'eau. Nous rejoignons donc le port, point de départ de notre escapade.

Nous avons booké la veille un trajet vers Krka parmi les nombreuses offres qui existent. Les prix de ce type de prestation incluant le trajet en van vers l'entrée du parc + une réduction sur le billet d'entrée (tarif groupe) sont similaires partout et tournent aux alentours de 180 kunas auxquels il convient d'ajouter le prix d'entrée du parc de 150 kunas. Le total tourne autour de 44 €, prix touriste. Il doit donc être possible de trouver des bus moins chers mais nous avons opté pour la simplicité du clef en mains.

https://split-cityexcursions.com/

à Split, petite passion botanique 
Volatile intru spoted

Durant le trajet je laisse mes pensées vagabonder en observant le changement de paysage par la fenêtre. En quittant la côte et en nous enfonçant dans les terres je suis frappée par la rudesse du paysage. Quelques collines recouvertes d'austères arbustes épineux mélangés à des cyprès clairsemés, peu d'agriculture, pas d'élevage. Les habitations sont modestes, avec des travaux non terminés "ad vitam" comme on en voit souvent en Méditerranée. Je repère des potagers dans les jardins privés, des roses trémières, de la vigne, de timides oliviers et quelques courageux figuiers. Nous suivons une voie-ferrée qui serpente entre les vallées prenant des virages que nous jugeons parfois audacieux voire intrépides.

Dans le van c'est Radio Dalmatia qui nous honore de musiques traditionnelles croates mélangées à de la pop slave dignes d'un euro- vision des années 90s voulant nous soutirer une larme à tout prix. Je vous laisse imaginer. Nous, on rigole bien.

Et puis au détour d'une épingle qui ne nous avait pas semblée différente de la précédente, nous commençons à apercevoir l'eau. Et avec elle les habituelles nuées d'oiseaux marins, négligemment posés à sa surface, barbotant mollement, les palmes au frais.

Le temps de débarquer du van et nous voilà parties pour la visite du parc qui, ne nous voilons pas la face, est déjà pris d'assaut par la horde sauvage habituelle de touristes. Beaucoup de croates ceci dit. Je n'ose imaginer le secteur en juillet ou en août.

Nous sommes accueillies par une faune aussi éclectique que chatoyante : poissons, libellules, grenouilles, oiseaux, ...


La suite du parcours fut une profusion de cascades, végétation luxuriante et sentiment d'avoir atteint une oasis dont les images témoignent mieux que mes mots.

voilà, voilà... 

Le retour à Split fut paisible, béates de tant de merveilles. La plage de Bačvice fut notre étape suivante. Intéressant mélange de béton et de sable, à proximité d'une voie ferrée qui, si elle est fréquentée, ne doit pas l'être souvent. Cependant, toutefois, néanmoins j'ai apprécié l'esthétique du lieu.

Street Art, amour toujours 
J3àJ4

Nous quittons Split au petit matin par la mer. Un dernier coup d'oeil sur son port et nous nous engouffrons dans notre ferry qui fait cap vers Hvar et ses promesses de fêtes endiablées.

Le ferry est un bon moyen de se déplacer en Croatie (sans voiture). Inutile de booker les places à l'avance (en juin) pour le trajet Split/Hvar (city) car il y a de nombreux départs chaque jour, il suffit de se rendre au port pour réserver sa place.

Pour le trajet Hvar (city) /Dubrovnik par contre il vaut mieux assurer le coup car il n'y a qu'un seul départ par demie-journée en haute saison. En ce qui concerne les horaires le site dédié est plutôt bien fait et permet d'organiser ses transferts :

https://www.croatiaferries.com/

A noter : il existe de nombreuses consignes dans les ports pour déposer ses bagages si nécessaire.


La rouquine (toujours elle) en proie à un léger mal de mer n'est pas très rassurée par le roulis de notre bâtiment (terme nautique) et nous déployons un arsenal d'ingéniosité pour détourner son attention. Confortablement installées, nous nous délectons alors du paysage qui défile sous nos yeux, sauf la brunette qui a préféré voler une sieste à Morphée.

La traversée est plutôt rapide et une heure plus tard nous foulions les pavés d'albâtre éclatants du port de la ville. De l'avis général, Hvar est une ville sublime. Pour ma part j'ai trouvé qu'elle alliait parfaitement le charme d'une architecture ancienne, la richesse de sa cuisine, la pureté de ses plages aux eaux cristallines, l'élégance d'un port à yachts privés, la convivialité de ses ruelles et l'effervescence de sa vie nocturne. Vous l'aurez compris, cette cité est passée en une nuit dans mon Top 1 des destinations où se détendre et s'amuser.

Hvar rivale de Venise ?  
Voilà, voilà (bis) 
Il manque le jasmin dont le parfum nous accompagnait durant deux jours 
Il y a un type, il mets des coquillage un peu partout ... 

Pour profiter des folles nuits croates (shots de vodka woo-woo à l'appui) nous avons fait la tournée des bars de la ville qui feraient fuir n'importe quel agoraphobe qui se respecte.

Nous avons particulièrement apprécié bouger notre booty principalement au Kiva Bar et au Seven sur de la pop/house/électro.

Assises en terrasse pour bruncher le long du port, nous observons la foule éclectique que les ferries dégueulent dès le matin au son lounge du DJ du restaurant. Les marins du port se mêlent aux touristes asiatiques à ombrelle, aux cougars à mini-chiens, aux backpackers en dreadlocks, aux jet-setteurs qui vont se coucher, à la jeunesse croate, aux ouvriers une orange à la main et à Roger et Ginette en marinière et birkenstock (ou Olga et Wilfried, c'est selon).

Nous avons brunché au BB Club qui propose un large variété de petits-déjeuners. Légère déception toutefois pour le goût des fruits. Le cadre en revanche est très agréable.

Un peu de pornfood n'a jamais tué personne... (ah en fait, si)

Après deux jours à se prélasser avec indolence dans l'eau turquoise de jour et à danser avec frénésie la nuit, nous reprenons le ferry en direction de Dubrovnik, la suite de notre itinéraire. Nous profitons du wi-fi pour nous documenter sur les oursins (pourquoi pas) qui, vous le saurez, n'ont pas de cause de mort naturelle connue en dehors de la prédation. Intéressant choix pour une réincarnation future.

Le trajet dure 3 heures et passe par l'île de Korçula. Avec le recul, nous aurions pu y passer une journée à la place d'une jour à Dubrovnik, mais à la base nous étions un peu inquiet de trimballer nos valises partout. Finalement tout étant assez proche et accessible, cela n'aurait pas posé de problème.

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Contre toute attente et à notre corps défendant, pour ce premier jour à Dubrovnik nous... ne visitons pas vraiment Dubrovnik 😉

Ivice, notre hôte pour trois jours, restaurateur à la retraite de monuments détruits lors de la guerre de Yougoslavie en 1991, a un avis assez précis sur ce que nous devrions suivre comme programme et a très à coeur de nous le faire suivre. Ouvertes d'esprit nous décidons de suivre ses conseils avisés. Toujours écouter les locaux. Il nous recommande donc d'éviter la suffocante vielle ville l'après-midi et d'embarquer à la place sur un bateau pour l'île de Lokrum afin d'échapper à la foule déchaînée qui se presse entre les remparts. Notre chauffeur de taxi la veille était d'ailleurs du même avis, ce qui nous laisse deux options : #1 Ils sont cousins #2 J'imagine que c'est possible qu'ils aient raison.

Cap sur l'île ! 

L'île de Lokrum, avantageusement située à dix minutes en bateau à partir du vieux port, est un havre naturel où les paons et les lapins s'ébattent joyeusement sur les pelouses. Elle fait la joie des baigneurs qui peuvent descendre le long de ses rochers équipés d'échelles tous les 20 m pour se rafraîchir dans l'Adriatique. On y trouve même des douches, avec du débit, pour rincer le sel qui se serait insolemment incrusté au milieu de la crème solaire et des coups de soleil. On peut aussi y louer des kayaks de mer pour les plus courageux qui voudraient tenter une manoeuvre d'encerclement des lieux.

Un paon est caché dans la photo en haut à gauche ...Where is Wally ? 
Après la porn-food, des lol-animaux ... ça devient n'importe quoi ici ! 
Un monastère est en cours de restauration sur l'île 
Comme quoi un contre-jour des familles peut avoir son intérêt graphique 😉

Si je devais refaire ce voyage, je remplacerais la visite de Lokrum par celle de Korçula sur la ligne de ferry entre Hvar et Dubrovnik

J6àJ7

La vielle ville de Dubrovnik m'a fait un peu le même effet que Kyoto (voir mon carnet de voyage) : une ville musée, reconstruite après la guerre de Yougoslavie mais malheureusement pleine à craquer des 4000 curieux débarquant, qui des bateaux de croisière quotidiens, qui de l'incessant va et vient d'une centaine de bus. J'ignore combien de Croates y habitent encore, mais je n'ose imaginer leur calvaire. A cela il faut rajouter la cohorte de fans de game of throne qui profitent des itinéraires organisés dans le but de marcher dans les traces de la célèbre série. * Mode cynique et spoiler on * D'ailleurs, les images d'archive de la ville ravagée par la guerre ne sont pas sans rappeler le pétage de câble en règle de Khaleesi brûlant King's landing jusqu'aux bas fonds de Culpucier. * Mode cynique et spoiler off *

Ceci étant dit, et bien que cela me mette dans une situation délicate vis à vis de ma conscience et du tourisme de masse, je dois bien admettre qu'en nous rendant tôt le matin à l'assaut des remparts de la cité fortifiée j'ai passé un moment très agréable. Nous fûmes même accompagnées par un vent coquin qui soulevait les jupes des filles et vola mon chapeau ce qui reste particulièrement appréciable par plus de 30 degrés.

Clic. Clic. Clic. Clic. 4 angles des remparts.
Détours et ruelles 

La Dubrovnik card 1 jour est rentable (32 euros) dès lors que vous voulez visiter les remparts (27 euros) 😉 et prendre un bus !

La ville compte également plusieurs musées et galeries. Plutôt fans de surréalisme dans le trio, nous avons décidé d'arpenter les allées de l'exposition Dàli.


Religion,  Tristan et Iseult, Cheval,  Alice au Pays des Merveilles, 4 des thèmes abordés

Mais Dubrovnik ne se résume pas à sa vielle ville. C'est aussi une station balnéaire agréable quoique très orientée famille (un peu trop au goût de notre trio en folie). Un charmant croate m'a même pêché quelques coquillages afin que je puisse les dessiner 😉


Oursin un jour, oursin toujours... 

Notre Air bn'b était très bien situé, dans le quartier animé de Lapad que je recommande. On y trouve la plage parfaite pour les couchers de soleil Lapad Beach, une promenade le long de la côte avec de nombreux bars, restaurants et escaliers qui descendent dans la mer. Le bus n° 4 fait des A/R en 10 minutes vers la vielle ville. Il y a un supermarché. Bref, très pratique à vivre en Air Bn'b.

Le soir nous profitons de la plage, de sa promenade et de ses bars.

Ce palmier a joué dans Star-Trek 

J'ai aimé le "Cave bar" de l'hôtel More où l'on peut admirer une grotte sous-marine. De plus, les canapés face à la mer ne sont pas dégueulasses.