THE TZ IN NORTH JAPAN

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Notre projet pour ce nouveau voyage : trouver les couleurs de l'automne et redescendre petit à petit vers le sud.
Du 17 octobre au 30 novembre 2023
45 jours
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Si tout le monde connaît l’époque des cerisiers en fleurs au printemps, l’automne est également très prisé des japonais pour les couleurs des arbres, virant du vert au rouge intense, en passant par toutes les gammes de jaune et de brun.

Notre parcours a donc été élaboré pour commencer au nord et redescendre petit à petit, en espérant que l’automne et nous serons en phase.

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Normalement, le déplacement jusqu’à l’aéroport devait être très simple : un bus à prendre à 4h du matin au pied de l’immeuble à Bagneux jusqu’à la gare de l’est, 200m à pied et un autre bus direct jusqu’à Roissy CDG.

Le bus n’est pas passé… le suivant était dans 30 mn…

Plan B : marcher jusqu’au RER situé à 900m (heureusement, ça descend) puis prendre le 1er train jusqu’à l’aéroport.

Mais nos cartes de transport ne fonctionnent pas pour les gares hors Paris. Acheter un ticket fut le parcours du combattant : 1ère machine = ne prend pas la carte bleue, juste la monnaie ; 27€ en pièces, on n’avait pas. 2ème machine = hors service. La 3ème « momentanément indisponible ». Hors, il est nécessaire de repasser son ticket pour sortir du RER à l’aéroport… Je me suis souvenue qu’il y avait une entrée sur l’autre côté. André a couru pour vérifier et là, une machine fonctionnait. Ouf. Heureusement, les RER passent environ toutes les 10 mn, nous ne sommes pas arrivés trop tard.

merci la RATP ! 

Mais le décollage à Roissy s’est fait attendre. Nous sommes donc arrivés en retard à Munich, d’où on prenait le vol international. On a couru et on est arrivé à temps.

Atterrissage à Tokyo pour reprendre un vol domestique vers Hokkaïdo. Bien que les bagages aient été enregistrés jusqu’à Sapporo, on nous a annoncé qu’il fallait les récupérer, passer la douane, puis le contrôle des passeports, changer de terminal par bus, le tout en 1h30 ; avec un vol arrivé en retard et 400 personnes qui font le même parcours que nous, c’était mission impossible. Et après les contrôles, une gentille hôtesse nous a indiqué d’aller à un guichet spécial pour nous annoncer que nos valises n’avaient pas pris le vol et que nous devions les attendre 1 ou 2 jours…

Nous avons donc raté la correspondance pour Sapporo et avons du attendre 4h pour le vol suivant.

 4 h à attendre. Autant profiter de 12 mn de massage pour 1,90 €. 

Quant aux valises, elles ont mis 2 jours pour arriver. Heureusement que nous avions l’adresse d’un couple Servas pour les réceptionner et que nous avions des sous-vêtements pour 2 jours dans nos sacs à dos. De plus, dans beaucoup d’hôtels japonais, ils fournissent brosses à dent, peignes... et même pyjama !

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"Le chemin vers la mer du Nord" traduction de Hokkaido

Hokkaido, l'île située dans la partie la plus au nord du Japon, représente 22% du territoire national japonais. Hokkaido offre une nature magnifique en toute saison, des paysages pittoresques et des stations de ski dont la neige poudreuse est réputée dans le monde entier.

Avant l‘arrivée des japonais du sud (17ème siècle), Hokkaido était peuplé par les Aïnous, qui vénéraient la nature. Pour eux, dans chaque élément (eau, cascades, animaux, vent, arbres, plantes…), vit un dieu qui doit être honoré.

Et comme souvent, les colons ont asservi les autochtones, leur interdisant de chasser et de pêcher, puis les déplaçant vers des régions infertiles. Ce peuple a donc failli disparaître ainsi qu’une grande partie de sa culture, laquelle n’est quasiment plus connue de ses descendants.

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« Préfecture » de la région de Hokkaido, c’est une ville très calme. Pas grand-chose non plus à voir comme monuments car l’agglomération est relativement récente : 19ème siècle. De beaux jardins, dont un botanique.

Sapporo en 1889 et aujourd'hui 
L’un des bâtiments les plus anciens : le bureau du gouvernement local, actuellement en rénovation. A droite, le clocheton déposé 
Tour de l’horloge 

Construite en bois en 1878 dans le style américain, à l’origine, il s’agissait d’une salle d’entraînement militaire du collège d'agriculture. A noter que le mécanisme de l'horloge est américain.

Un très beau parc, mais pas de couleurs d'automne 
 Un des petits habitants du parc ; c'est un écureuil, pas un lapin. 
allée en moquette rapiécée et maison ancienne 
le jardin botanique avait une petite collection d'orchidées
LA tour de radio, identique partout au Japon, et pour finir, un bon bol de ramen.

Le lendemain, nous séjournions chez un couple Servas ; nous avons visité une exposition... de poissons ! réalisés par multicouches de peintures enchassées par de la résine dans des bols à saké en bois.

Mauvais temps mais quelques belles couleurs dans le parc.
 artiste : Riusuke Fukahori
peinture sur toile, et énorme bloc de résine avec des centaines de "poissons" incluant une partie de la table et des fruits
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Tête de Buddha émergeant d'un immense dôme de béton planté de lavandes. Evidemment, ce doit être plus beau sous le soleil et au mois de juin. La statue est haute de 15m et on y accède par un chemin tortueux. Tout le site est un cimetière, créé par Tadao Ando, Architecte japonais qui a travaillé dans le monde entier. Sur le site, on trouve aussi des Moai, des statues de Buddha de Sukhothai, des lions ailés de Persépolis...

Sur le trajet   ; On ne fume pas dans la nature ! et les chiens ont un pré adapté pour eux ; gare aux oublis.  
des oies en cours de migration, arrêtées dans un champ ; on n'a pas été assez rapides pour photographier les grues... 
 ne pas oublier de visiter les fabrications de produits locaux : ici, brasserie de saké. 

Les différentes sortes de riz pour préparer du saké ; à droite, les bouteilles contiennent la quantité de riz nécessaire pour produire une bouteille de 720 ml ; à gauche, du riz peu travaillé, à droite du riz très décortiqué donnant une qualité meilleure.

différents types de contenants.  
Service à saké ; "aujourd'hui, je conduis" dit le macaron, c'est à dire que le conducteur n'a pas le droit de goûter les sakés 
"je me suis caché !"     Au bord de la route ; le groupe de biches était quelques virages en amont.  
On avait le choix entre des saucisses peu appétissantes ou  un izakaya, boui-boui local.
 c'était délicieux !!
A la japonaise ! couchage sur tatamis et petit déjeûner, dont du poisson fumé, omelette sucrée, radis, chou et lard à la vapeur. 
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 C'est pour ces couleurs que nous sommes venus au nord !

Lac Mashu

Lac de caldéra formé après une éruption il y a 7000 ans environ, il repose entre 2 pics situés respectivement à 800m et 857m. Pourtant le froid et le vent y étaient mordants, expliquant la taille assez basse des bouleaux l’entourant. Le bleu de l’eau est unique, à tel point qu’il aurait été répertorié en tant que « bleu Mashu »

 Végétation fleurie, mais rase et se protégeant des vents glacés sous les buissons.
 Vue juste de l'autre côté de la route. Au fond à droite, 2ème lac de caldéra, le lac Kusharo.
En redescendant du point de vue 
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 Les vapeurs nous ont attirés.

Mont Io « montagne de soufre » est appelée « Atosa-Nupuri » en langue Ainou = montagne nue. Une mine de souffre y fut exploitée jusqu’en 1963.


C'est bon pour les bronches !   
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vous ne comprenez rien ? normal ! c'est juste pour les altitudes, pas très hautes, bien que le froid y soit déjà bien installé. 
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Lac Kusharo

Autre lac de caldéra  

Ce lac avait des vagues comme sur la mer ; pourtant il n'est pas immense. Et si on grattait un peu le sable, on arrivait à de l'eau chaude ; d'ailleurs, le restaurant à côté proposait des bains (à l'intérieur !) et une fontaine d'eau bouillante pour faire réchauffer son thé ou le biberon du petit dernier.

Peut-être sa future voiture (Prius 2023) ? En attendant on a repris notre petit "tank Toyota" (c'est son nom !)
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Lac Akan

On a raté la croisière sur le gros bateau. Alors, on a loué les services d'un plus petit, mais beaucoup plus rapide !

Ce lac est unique au monde. Dans ses eaux (autrefois) très claires vit une espèce d'algue très particulière ; la marimo. Elle pousse sous forme de sphère, en colonie, sur le fond du lac. Il n'y a que 2 autres endroits où elle pousse : un lac en Islande et un autre dans le nord de l'Ecosse, mais c'est à Okkaido qu'elle grossit jusqu'à 20 cm de diamètre. Un "observatoire des algues" a été créé sur une petite ile au milieu du lac, où l'on peut voir la reconstitution d'une colonie. D'où le besoin d'y aller en bateau...

A gauche, reconstitution d'une colonie. A droite, cycle de vie d'une algue marimo. 
A gauche, marimo de 20 cm de diam environ (adulte), et marimo en fin de vie. Les petits morceaux recréeront de nouvelles marimo.
On fait le tour du lac. 

Retour au bourg où se baladait un cerf au milieu des voitures. A droite, marimo en vente pour les touristes... On avait vu plusieurs pêcheurs sur le lac, alors, on s'est dit qu'on pouvait trouver du poisson frais dans les restaurants. Effectivement, une petite friture nous attendait au boui-boui du coin.

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Le guide touristique indiquait un "village Ainou" dans le bourg. Mouais... plus un étalage de trucs à touristes, peut-être même fabriqués en Chine.

Par contre, on a vu un oiseau qui descendait les troncs petit à petit à la recherche d'insectes, mais la tête en bas.

Et jolie surprise sur le chemin du retour...

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Ouest de Sapporo ; Jozankei est l’une des stations thermales les plus anciennes (1866) et les plus réputées de Hokkaido. De plus, la vallée pour y parvenir est classée « remarquable » pour ses couleurs d’automne.

Avant l'hiver, de nombreux travaux d'entretien des routes sont réalisés. Et à chaque fois, on admire le même geste gracieux du Monsieur ou de la dame Sécurité.

Arrivée à Jozankei. Les jeunes filles prennent un bain (très chaud) de pieds en pleine ville.  
Des fontaines d'eau chaude et d'autres bains de pieds.  
 Même le sage de la ville (Mizumi Jozan, moine qui ouvrit le 1er onsen ici pour soigner les malades), prend son bain de vapeur.

Pendant toute la belle saison, un chemin le long de la rivière est le lieu de fantasmagories musicales. C’est le moment où l’on peut rencontrer des « Kappa », êtres fantastiques vivant vers les rivières et les zones humides, issus du folklore japonais. Le kappa a l'apparence d’une tortue anthropomorphe, de la taille d’un singe, avec une bouche en forme de bec et le sommet de son crâne est légèrement creusé. Ce creux est rempli d'eau, de laquelle il tire sa force. Ainsi, si l'on salue un kappa à la manière japonaise (en s'inclinant), il vous salue en retour et perd toute son eau, devenant alors inoffensif. Le kappa est en effet un être très poli, même si il est souvent facétieux.

Des illuminations sont projetées au sol ou dans les arbres.  
Un kappa et à droite, le roi des kappas. 
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Otaru est une ville portuaire au nord-ouest de Sapporo, dans la baie d'Ishikari. Depuis le 18ème siècle, elle est un port d’entrée des denrées nécessaires à la région. Une grande conserverie de poissons offrit un débouché direct aux nombreux pêcheurs au harengs de la ville.

Elle est réputée aujourd’hui pour sa production d'objets en verre et ses distilleries de saké.

Terminé en 1923, le canal d'Otaru, bordé des anciens entrepôts, est l’attraction phare de la ville. Il subsiste également d’autres bâtiments en pierre, abritant désormais des restaurants ou un musée.

Vieux hangar (tout est relatif par rapport à nos vieux bâtiments) et ancienne banque du Japon reconvertie en restaurant. 
 L'ancien phare du port, reconverti en restaurant. On y a dégusté des sashimi hyper frais. Les morceaux orange sont des oursins.
 A droite, ancienne voie ferrée menant à Sapporo depuis le port. 
 A droite, une "vraie" horloge devant un bâtiment ancien.
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Yoichi

La ville de Yoichi, 30 km d'Otaru, est surtout connue pour la distillerie de whisky Nikka. 

Nikka, installée à Yoichi fut l’une des premières distilleries de whisky du Japon.

Le fondateur, Masataka Taketsuru, dut sa renommée à son acharnement à réussir dans son objectif. Issu d’une famille de distillateurs de saké, il eut très tôt l’idée de fabriquer du whisky japonais et ne ménagea pas ses efforts ; après des études de chimie au Japon, il partit pour l’Ecosse en 1918 où il compléta ses connaissances théoriques, tout en travaillant dans diverses distilleries. Il y rencontra "Rita", fille de sa logeuse, ils se marièrent en 1920 malgré l’opposition des 2 familles et partirent au Japon. La suite sur https://fr.wikipedia.org/wiki/Masataka_Taketsuru

Au fort des Rousses, on stocke des comtés. ici, ce sont des tonneaux de whisky, qui maturent doucement dans les caves.  

Photo de droite ; les assemblages (ou mariages) sont réalisés pour obtenir un goût particulier. De plus en plus, les tonneaux de maturation ont servi auparavant pour d'autres alcools (Bourbon, sherry...), apportant des fragrances nouvelles.

Vous pouvez aussi voir dans la liste ci-dessus, du "vin de pommes". En effet, la région est riche en pommiers. Quand Masataka Taketsuru réalisa sa première "cuvée" de whisky, il la laissa vieillir 5 ans en fûts. Pendant ce temps, il fabriqua du jus et de l'alcool de pommes.

 A gauche: cuvée 15 ans en fût neuf ; à droite, cuvée 5 ans en fût "réchauffé" (intérieur du tonneau re-brûlé).
 La salle de dégustation ; on était venu en train exprès, on n'allait pas louper la dégustation ! 
Nos 3 choix ; notez les gobelets en carton contenant de l'eau fraiche pour boire entre 2 whiskies.
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Nous redescendons petit à petit vers le sud. Arrêt dans la région de Muroran, et pour une journée, balade autour du lac Toya. Nous étions attendus par une membre de Servas, qui nous a fait visiter les alentours.

 Entrée d'un sanctuaire, avec ses torii ("portails" monumentaux laqués vermillon)
Fontaine pour les ablutions : main gauche, main droite et parfois, la bouche, sans que la louche ne touche les doigts ou la bouche
 L'entrée du temple à gauche, avec les 2 grosses cloches et à droite, tableau pour suspendre des voeux.
A l'arrière du temple. 
Aconit bleue et entrée de nid protégée par un champignon. 
 Lac Toya, avec ses îles de cônes volcaniques.
 La formation du lac et des cônes volcaniques.
 Tout le tour du lac est agrémenté de sculptures. 
 Lors de la balade le long du lac. 


Après le retour en train, (le chauffeur domine dans sa cabine), un repas de choix : des anguilles sur lit de riz avec soupe miso. 


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La zone volcanique s'étend à l'est et laisse échapper ses fumerolles près des lacs sulfureux.

A l'entrée du village ; les touristes sont-ils stupides au point de leur indiquer qu'"il y a une photo à prendre ici" ? 
La zone "des enfers". Des fumerolles et les odeurs caractéristiques sulfureuses. 
Les roches ferrugineuses se confondent avec les couleurs d'automne des arbres.  
 Contraste...
 Confluent entre 2 rus contenant des composés chimiques différents. 
La fumerolle en haut à gauche permettrait aux paysans de prédire le temps. A droite, lac aux composés multiples (gris, bleu pâle) 
 La température au fond de cette "mare" est d'environ 130°.
Bain de pieds (chaud) dans la forêt.
 Le chemin était parsemé de petites statuettes (toutes différentes), habillées de petits tabliers bien repassés.
Après l'effort, le réconfort : sukiyaki : 3 viandes de boeuf haut de gamme à cuire dans un bouillon de légumes et tofu. Oïshii !
 Puis un bain au "onsen" de l'hôtel. Théoriquement, les photos sont interdites, mais là, il n'y avait personne d'autre que moi.

Le bain chaud est une institution au Japon. La plupart des hôtels possèdent ces bains très chauds qui détendent après une journée de travail ou de balade. Mais le rituel est à suivre scrupuleusement : d'abord se déshabiller entièrement ; (il y a des bains pour hommes et d'autres pour femmes) ; puis se laver (frotter même) entièrement aux stations que l'on voit sur la photo de gauche. Tout est fourni : savon, shampooing, après-shampooing, serviettes, éponge... Puis on se rince encore plus soigneusement car il ne doit plus rester une once de savon. Enfin, on rentre (nu) dans le bain (très) chaud (environ 40°). On ne reste pas longtemps, juste le temps de se détendre. Les onsen sont au rez de chaussée ou en étage et l'on peut profiter de la vue sur l'extérieur ; dominer la ville ou admirer un jardin. Ensuite on s'essuie au sortir du bain pour ne pas mouiller le sol de la salle de "beauté" (photo de droite). Suivant la gamme d'hôtel, des produits de beauté seront à disposition. Dans l'un d'eux, il y avait un "bar" à shampooings avec une dizaine de soins différents pour les cheveux !

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Il était impensable de quitter Hokkaido sans créer une étape spécifique sur la culture Ainou. Dans cette région, les archéologues ont retrouvé des vestiges de la présence du peuple Ainou datant de plus de 7000 ans, notamment des restes de villages, des poteries, des outils, des pointes de flèches… Ils vivaient en harmonie entre eux et avec la nature et considèrent les sons naturels, tels que le bruit du vent, les chants des oiseaux et le murmure des rivières, comme les voix des divinités, et ils ressentent le pouvoir divin dans les objets de la nature. Ainsi, de nombreuses créations Aïnou ont été inspirées par des objets de la nature, notamment des plantes qui ont la vitalité nécessaire pour survivre à l’hiver et commencent à bourgeonner au printemps, des plantes qui ont des feuilles vertes même pendant les hivers glacials et des plantes nourrissantes qui maintiennent les gens en bonne santé. Les Aïnou croient que chaque forme du monde naturel a une signification, une beauté et des qualités dignes d’être appréciées. La culture Ainou est caractérisée par des expressions répétitives, la répétition étant considérée comme représentant l’immortalité.

« Je rencontre un arbre, j'écoute sa voix, je parle avec lui et j'essaie d'en profiter au maximum. Si vous écoutez attentivement, je suis sûr que vous pouvez entendre la voix de la vie qui habite dans l'arbre. »

Les chouettes étaient vénérées car censées protéger les maisons des mauvais esprits ; à droite, loutre. 
Maison Ainou avec une structure en bois et recouverte de joncs.  

"Les femmes Aïnou s’occupait de moudre les graines, donnaient naissance à des enfants, les élevaient et travaillaient pour leur famille. Elles recherchaient des plantes comestibles à conserver et produisaient des objets du quotidien, tissaient des tissus, ramassaient du bois de chauffage et réalisaient des sculptures en bois. En rassemblant les matériaux qu'ils utiliseraient au quotidien, elles ont soutenu la vie de leur famille. Elles n’ont jamais gaspillé les matériaux collectés dans la nature – pas un seul morceau - sur la base de la croyance selon laquelle ils ne pouvaient survivre que grâce aux bénédictions de la nature et qu’ils vivaient dans le cadre de la nature. Elles ont toujours été remplies de gratitude envers la nature. Pour agrémenter leur vie quotidienne, les femmes Aïnou décoraient des objets usuels avec des motifs traditionnels, travail qu'elles accomplissaient en priant pour la santé et le bien-être de leur famille. Les techniques permettant de créer des motifs élaborés ont été transmises de mère en fille, et bon nombre de ces motifs étaient des dessins abstraits d'objets trouvés dans la nature."

Chaussures en lanières de cuir et bottes en peau de poisson. A droite, ustensiles de cuisine en laque sur des tapis tissés.

"Les hommes Aïnou se livraient principalement à l'iramante (chasse), au cepkoyki (pêche), à ​​l'uymam (commerce) et à l'inomi (prières aux divinités). Ils étaient également censés protéger leur famille et le village ; des hommes éloquents, courageux et dignes, excellents en dextérité ont été choisis comme kotan korkur (chefs de village). Le chef des Chikabumi Ainou à Asahikawa a été choisi par le peuple, et non par succession héréditaire, jusqu'à l'ère Meiji.Les Aïnous vivaient sur les terres d'Hokkaido jusqu'à ce que les Japonais du sud s'installent et commencent à récupérer les terrains. En fait, les villages et les familles Aïnou possédaient autrefois des champs de chasse traditionnels, connus sous le nom d'iwor, où la chasse et autres activités menées par toute personne autre que les propriétaires fonciers étaient totalement interdites. Sur la base de sa politique de colonisation, le gouvernement Meiji a encouragé la redistribution des terres à Hokkaido, au mépris total du concept de propriété foncière des Aïnous." « Autrefois, les Aïnou traversaient la vaste mer pour faire du commerce avec des gens en dehors d'Hokkaido. Chaque année, ils chargeaient leurs navires remplis de marchandises, notamment du shintoko (objets en laque), du riz, des tissus, des fourrures et du vin, et mettaient les voiles, puis rentraient à la maison avec des biens troqués ». (Source : Contes anciens rédigés par Kura Sunazawa)

 Bottes en peau de poisson et peau de phoque (en haut) ; à droite, raquettes à neige.

Les Aïnou fabriquaient à la main leurs produits de première nécessité, capitalisant sur leur connaissance approfondie des caractéristiques des matériaux qu'ils trouvaient dans la nature. Ils décoraient les objets du quotidien avec des motifs traditionnels, convaincus que le pouvoir réside dans la beauté. Ils croyaient que le pouvoir les protégerait et leur donnerait une force intérieure. Les conditions d'éligibilité pour les chefs de village incluaient même le teketok (dextérité), car ils pensaient que les beaux outils qu'ils pouvaient fabriquer permettraient de capturer du gibier en grand nombre et enrichiraient ainsi la vie des gens. En appliquant leurs compétences, les Aïnous ont commencé à fabriquer des souvenirs touristiques, en plus de leurs nécessités quotidiennes, à l'époque Meiji. Initialement, les designs de ces souvenirs étaient inspirés d'objets du quotidien, notamment des récipients, des baguettes, des cintres et des outils, mais à la fin de l'ère Meiji, les jeunes Aïnou d'Asahikawa se sont mis à sculpter des poupées et des ours en bois. L'énergie juvénile de ces sculpteurs sur bois a aidé le peuple Aïnou à transcender son histoire de travail forcé et d'exploitation pendant la période Edo et son histoire de destruction culturelle causée par l'assimilation forcée à partir de l'ère Meiji. Ces jeunes Aïnou essayaient de comprendre qui ils étaient, à la recherche d'un but dans la vie, et ils ont commencé à gagner leur vie en fabriquant à la main des souvenirs touristiques. Le sculpteur sur bois Aïnu Umetaro Matsui a dirigé le développement de la sculpture sur bois aïnou, et a appliqué ses compétences exceptionnelles pour transformer des ours en bois sculptés en œuvres d'art. Au cours des années qui ont suivi, les compétences des sculpteurs sur bois Aïnous ont rapidement progressé grâce aux conseils fournis par des sculpteurs renommés et à l'observation attentive des oursons élevés dans les kotan (villages).

 Musée Ainou d'Asahikawa.

Ce musée a été créé pour préserver autant de choses que possible héritées de nos ancêtres et pour transmettre partout l'esprit des Aïnou. Nous faisons partie de l’histoire et le rôle de ce musée est de préserver et de transmettre cette histoire et cette culture qui, autrement, seraient perdues.

La zone autour du musée est aujourd'hui une zone résidentielle mais jusqu'à l'époque Meiji (1868 à 1912), seuls les Aïnous y vivaient. Sous la route devant le musée coule une rivière et l'eau jaillit du cours supérieur. En automne, un grand nombre de saumons remontent la rivière.

Les ancêtres de la famille Kawamura vivaient à Kamiyubetsu, sur la côte d'Okhotsk. Les ancêtres d'il y a 10 générations ont donné naissance à des filles uniques, et préoccupées par l'avenir de la famille, les filles ont été mariées à des familles de diverses régions d'Hokkaido et la famille Kawamura s'est finalement retrouvée dans la région intérieure de Kamikawa. Monokute (qui signifie « fort »), la 7ème génération de la famille qui a déménagé à Kamikawa, a protégé le mode de vie des Ainou d’Asahikawa après avoir succédé au chef de la communauté des Kamikawa, Kutsunkure (qui signifie « expert avec un arc"). Après la période Meiji, l'afflux de « pionniers » Wajin (les Japonais du sud) a commencé pour de bon, et le mode de vie des Ainou a radicalement changé. La pêche au saumon et la chasse au cerf ont été interdites, et les ancêtres qui ont réalisé que leur propre mode de vie ne pouvait pas continuer n'ont eu d'autre choix que d'arrêter de transmettre la langue aïnou pour le bien de leurs enfants, en conséquence, une grande partie de la culture de leurs ancêtres ne fut plus transmise.

*Mon grand-père, mon père et moi".

Il y a quatre conditions pour devenir un ainou kotan korkur (chef du village) : paetok (un orateur éloquent), rametok (quelqu'un de courageux), siretok (quelqu’un de digne) et teketok (et adroit). À la mort de Kutsunkure (« expert en arc »), le grand chef Aïnu de la région de Kamikawa, mon arrière-grand-père Monokute (« fort ») fut choisi comme kotan korkur (chef du village). Mon grand-père, itaksiroma (« discours correct ») avait de nombreux frères, mais c'est lui qui fut choisi pour succéder à mon arrière-grand-père en raison de son caractère calme et sérieux. Asahikawa était protégée par une forteresse naturelle et l'installation des Wajin (japonais du sud) y fut relativement tardive, mais son urbanisation progressa rapidement. Les terres fertiles de nos ancêtres ont été transformées par le développement des Wajin. Chassés des terres auxquelles ils étaient habitués, les Aïnous ont été contraints de vivre sur des terres impropres à l'agriculture, mais la pêche et la chasse ayant été interdites, ils n'ont eu d'autre choix que de se lancer dans l'agriculture. Mon père est né en 1893, peu de temps après que la famille ait déménagé dans la réserve de Chikabumi. Le nom de mon père était kanetukkaayne (« une personne qui gagne de l'argent »), mais sur le registre familial, c'était Kaneto ainou. Par la suite, la 7e division militaire fut établie à côté de la réserve, créant un problème de flambée des prix des terrains, et les ainou d’Asahikawa furent transférés à Teshio où, grâce aux efforts des ainou eux-mêmes et à la coopération avec les Wajin, ils restèrent là-bas. Cependant, la superficie des terres que les ainou Asahikawa pouvaient gérer eux-mêmes a été réduite à un cinquième et une ordonnance a été prise pour placer le reste des terres sous contrôle municipal pour un usage commun. La religion, la langue et les habitudes de vie des Ainou furent interdites parallèlement à la modernisation du Japon. Lorsque des militaires venaient au kotan (village), les écoliers étaient obligés de danser comme s'ils constituaient une sorte d'attraction. Dans l'édition de mars 1918 de "TOURIST", publiée par l'Office du Tourisme, la culture ainou est décrite en détail. Affligé par ce sort et dans le but de diffuser une compréhension correcte de la culture ainou, mon grand-père a créé le musée de la culture aïnoue en 1916. En 1930, le rituel « ivomante » a été réalisé et filmé dans le cadre d'une enquête universitaire menée par l'université d'Hokkaido. L'ancien mode de vie ne pouvait plus être maintenu et, comme l'agriculture était également difficile, il ne restait plus que du travail salarié. Quand mon père était enfant, il a été profondément impressionné par les chemins de fer et est devenu ouvrier géomètre ferroviaire. Il a obtenu les qualifications d'arpenteur et a voyagé pour travailler comme géomètre dans toutes les régions de Hokkaido et dans la péninsule coréenne (occupée à l’époque par les japonais). En 1944, après la mort de mon grand-père, mon père retourna à Asahikawa pour reprendre le musée. Le musée ainou, construit en 1951, a été détruit dans un incendie en 1964, mais a ensuite été reconstruit avec les fonds propres de mon père. En 1955, le rituel iyomante a été interdit par une ordonnance d'Hokkaido, mais il était pratiqué presque chaque année à Asahikawa. En 1957, mon père a réalisé l'ivomante à des fins de tournage, et en 1964, le festival Hokkaido ainou a eu lieu à Asahikawa. Au total, environ 500 Aïnous ont répondu à l’appel de mon père et sont venus de tout Hokkaido. Au cours de cette période de 5 jours, les participants ont pris part à l'iyomante, ont navigué sur des pirogues en aval, ont dégusté la cuisine aïnou, ont organisé des services commémoratifs et des concours et débats de littérature orale yukar, ainsi que des concours d'upopo (danse traditionnelle) et de sculpture sur bois, des défilés de mode... Des visites écologiques et une conférence sur la culture ainou ont été organisés. À l'époque où la discrimination contre les Aïnou était forte, il était difficile d'organiser des événements liés aux Aïnou, mais « l'esprit Aïnou » de mon père a tenu bon. Ce festival a dépassé le domaine du tourisme et a servi de catalyseur pour raviver l’éclat du peuple Ainou. Pour mon grand-père et mon père, les Ainou et le musée n'ont jamais été qu'une simple affaire d’argent. Il s’agissait de protéger la race Aïnou et de transmettre au monde la culture Aïnou laissée par nos ancêtres. Au cours de sa vie, mon père a toujours dit : « Les gens ne travaillent pas pour l'argent, ils travaillent pour le bien du peuple ainou». À l'heure actuelle, nous continuons à travailler dur pour trouver un moyen de conserver ce que les Aïnou ont hérité de leurs ancêtres, dans un domaine situé entre « tourisme » et « tradition ».

La chasse à l'ours

Les ours revêtent une importance particulière pour les Aïnou. Il existe plus de 80 mots pour désigner le mot « ours » dans la langue aïnou, mais kim-un kamuy (le dieu qui est toujours dans les montagnes) est celui le plus souvent utilisé.

La chasse à l'ours a lieu pendant la saison hivernale, car la chasse à l'ours pendant l'hibernation est la plus sûre. À Asahikawa, vers janvier, il y a une saison connue sous le nom d'iwan ray-e-upun (6 blizzards rampants). À cette époque, la neige est si froide qu'elle se transforme en poudre fine et la neige qui s'accumule au sol est soufflée par le vent comme si elle rampait. C’est la saison où naît le dieu de la montagne, mais parler de la naissance du dieu est tabou. Un rituel en l’honneur de la maman ourse est réalisé sur place et son esprit retourne alors dans le monde des dieux, mais l'ourson est ramené à la maison et élevé avec la famille pendant environ deux ans.

 A droite, objets rituels en laque et planchette de libation (sur le bol)

Kamuy Imoka ; un cadeau des dieux Dans Kamuy Mosir (le monde des dieux), les dieux existent sous la même forme que les humains, mais lorsqu'ils visitent Ainou Mosir (le monde des humains), ils prennent la forme d'animaux, de plantes, de phénomènes météorologiques, etc. Les kamuy ont des rangs et leurs pouvoirs spirituels sont augmentés par les prières, le saké et les bâtons de prière inaw offerts par les humains. Souvent, les personnes qui recevaient la visite des kamuy (personnes bénies par des ours) étaient respectées comme étant dignes de confiance des dieux. La viande et la fourrure sont les plus beaux cadeaux faits aux humains. Les dieux et les humains ont mutuellement besoin les uns des autres. Les oursons nés pendant l'hibernation étaient élevés avec soin, en tant qu'invités d'honneur accordés par le dieu de la montagne. La propriétaire de la maison nourrissait elle-même l'ourson et le traitait comme un enfant de la famille. Lorsque cet ourson atteignait l'âge de deux ans, un jour d'hiver où la température descendait à environ moins 30 degrés, l'esprit et le corps de l'ours sont séparés, accompagnés par les prières du iyomante (rituel) à travers lequel il est ramené là où il est réel, sa chère mère l'attendant dans le monde des dieux. De nombreux cadeaux sont préparés et des prières, des chants, des danses et de la poésie yukar sont exécutés pour plaire aux dieux au cours du rituel, lequel s'étend sur trois jours et trois nuits. En peu de temps, la triste séparation de l'ours (sacrifice) s'est transformée en la force de surmonter l'hiver et la fête continue.

Objets rituels, dont les bâtonnets ornés de copeaux de bois.  
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Le mont Hakodate (334 m) domine le port et la ville du même nom. Sur ses flancs se trouve un quartier de rues pentues et de bâtiments de style occidental, datant du début du XXème siècle, lesquels ont miraculeusement échappé aux incendies et aux raids aériens de la 2ème guerre. Hakodate a été fondé en 1454, quand Kono Kaganokami Masamichi construisit un grand manoir dans le village aïnou de Usukeshi (le mot aïnou pour « baie »). Elle a ensuite servi aux Japonais, durant la période Meiji (1868 – 1912) comme base pour coloniser l'île de Hokkaidō qui était à l'époque habitée uniquement par les Ainou.

Le voyage en train longe la côte qui n'est pas bétonnée du tout. Juste des champs de panneaux solaires de temps en temps. 
Il suffit de regarder les bouches d'égouts pour savoir dans quelle ville on est.  
Ici aussi, des petites sculptures jalonnent la ville.  
Le port de Hakodate et à droite, la vue depuis notre chambre d'hôtel. 
 La ville vue depuis le .mont Hakodate
Un bateau de pèche aux calamars et à droite, des pousse-pousse, comme lors de la période féodale. 
Face au port, d'anciens hangars en briques ont été restaurés. 
A gauche, une église ; Il y a une forte proportion de chrétiens à Hokkaido. 
 D'anciennes maisons sur les pentes du mont Hakodate.
C'est aussi le quartier des religieux ; à gauche, église orthodoxe, puis église catholique et enfin, temple shintoiste. 
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Le marché aux poissons

Le crabe est La spécialité de Hokodate : royal (à gauche) et crabe "poilu" à droite. La taille du crabe royal est monumentale.
2 autres spécialités ; le calmar et la coquille St Jacques (et quelques "bulots" )
On trouve aussi du saumon sauvage (entre 60 et 80 € la bête) et on peut se restaurer de poissons et fruits de mer sur place.  
 Lui aussi est amateur de poisson frais...
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Goryōkaku a été la principale forteresse de la république indépendante d'Ezo (Hokkaido).

Construite par le shogunat des Tokugawa de 1857 à 1864 sur le plan de forteresses occidentales, le site dominait le port de Hakodate. Fortement endommagé après la guerre de Boshin, les bâtiments furent démolis en 1871. En 2010, la maison du gouvernement principal fut reconstruite d’après les plans d’origine.

Maquette de la forteresse de Goryokaku  
 Les douves sont encore présentes ; le bâtiment principal a été reconstruit. Emplacement de maisons de serviteurs
Magnifiques arbres en habits d'automne 
Ce vieux pin a des étais sous toutes ses branches. 
A gauche, les racines adventives de ce vieux cerisier continuent à le maintenir en vie et soutiennent son tronc.
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L'ancien hôtel de ville

L'ancien Hôtel de ville restauré en 1982 et la vue sur la ville et le port depuis le balcon. 
De style occidental, le mobilier reconstitué ressemble à celui des années 20/30 chez nous.  

L'incendie de 1907 qui détruisit la moitié de la ville fit aussi partir en fumée la salle communale. Reconstruit en 1910 grâce aux dons d'un riche marchand sous l'ère Meiji (très ouverte à l'époque vers l'occident), cet ancien hôtel de ville fut restauré totalement et à l'identique en 1982. Il contenait, outre une grande salle commune, des petites pièces dont des salons et une chambre dédiée à l'empereur.

Table de jeux et chapeaux melon. 
 La chambre de l'empereur et ses toilettes privées. 
La grande salle de réception et une cheminée.
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 Représentations en plastique de plats proposés par les restaurants ; bluffant de vérité et très pratique si on ne sait pas lire.
Sashimis puis crabe poilu et enfin, les coquilles St Jacques à la mode Hakodate.
Et pour terminer, une bonne glace au matcha (thé vert japonais en poudre) 
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Ca y est, nous avons quitté Hokkaido, pour redescendre le long de la plus grande île du Japon, Honshu. Nous avons fait un stop de 4 jours à Aomori, car il y avait des sites distants intéressants à visiter. La ville par elle-même n'a rien d'original. Les seules attractions sont le marché aux poissons et le hangar aux "Nebuta", grands chars utilisés lors de l'un des plus fameux festivals du Japon (Nebuta matsuri). Ils sont tellement énormes que seulement 4 grands sont en exposition permanente.

Nous avons traversé le détroit entre Hokkaido et Honshu par un tunnel de 23 km de long, à 240 m sous le niveau de la mer. 
 C'est toujours un émerveillement de regarder les kimonos de cérémonie. 
Kimonos pour les jeunes filles ; à droite, petits sièges pour les gens qui ne peuvent plus rester agenouillés. 
Le bâtiment rouge abrite quelques chars du "Nebuta Matsuri". A droite, costume porté par les participants au festival.
 Les figures sont réalisées avec du papier enduit de cire sur une structure en fils d'acier. (voir plus loin)
Les chars représentent des événements de l'histoire ou de la mythologie. 
Grand char présentant au recto la naissance de Buddha et au verso, Buddha adulte prêchant aux animaux. 

Le festival se déroule en été depuis au moins 3 siècles. Les chars font 7m sur 9m et 5m de haut ; pouvant peser jusqu'à 4 tonnes, ils sont poussés par une trentaine de personnes. Ils sont accompagnés par des danseurs, des groupes de joueurs de flûte et des taïkos, gros tambours.

Ancienne figurine faite en bambou sur lequel du papier était collé, peint puis enduit de cire. A droite, structure moderne en fer.
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On change de décor pour faire un tour au marché aux poissons. L'originalité de celui-ci est que l'on peut y manger : les gens achètent un certain nombre de tickets à la caisse centrale, puis vont de stands en stands, choisissent leurs plats en échangeant le nombre de tickets requis.

La queue à la caisse pour acheter les tickets, puis échange de un ou plusieurs tickets contre des plats.  
Vous avez du choix ! à gauche, ce n'est pas de la viande mais des variétés de thon.  

Vous pouvez aussi acheter des produits à cuisiner chez vous.

 A droite, ce sont des sachets de St Jacques déshydratées. 
 A gauche, différentes sortes d'algues ; à droite, ce n'est pas une côte de boeuf mais un morceau de thon bien gras. 
 Vous ne trouvez pas qu'il a une bonne tête ? 
Plat de sashimi (poisson cru) devant la tablette sur laquelle on commande son menu. 
Et pour finir, ça vous dit une glace vanille avec du parmesan râpé dessus ? heu... nous n'avons pas essayé...  
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Cette ville à 35 km au sud ouest de Aomori possède un très beau parc, vestige d’un complexe contenant un château. Ne restent désormais que quelques tours de guet, les douves et ce très beau parc. On est arrivé juste au moment d’une exposition de chrysanthèmes, mais dont certains étaient encore en boutons. On a même assisté à un concert de shamisen, genre de petite guitare aux cordes pincées que l’on utilise avec un large plectre.

 Les douves et la porte d'entrée du site de l'ancien château.
Maquette du site et une des dernières tours de garde.
 Les contreforts s'étant effondrés, la grande tour de garde a été déplacée pour permettre les travaux de soutènement. 
 On dirait un château de poupée, mais c'est assez grand. A droite, les tuiles du toit. 
Touristes affublés du chapeau contre le soleil, fourni en même temps que le gilet de sauvetage. 
Le parc est le terrain de promenade des seniors ; ils promènent leurs toutous ou ils font du petit train !
L'entrée du parc annonce l'exposition de chrysanthèmes.  
Sauf que les mannequins sont habillés de...  fausses fleurs. Dommage...  
Ces fleurs sont énormes.  
Ce jeune pin est en cours de mise en forme avec des ficelles.
Jolies représentations mais toutes réalisées avec des fausses fleurs. Les fleurs naturelles remercient les organisateurs...  
 La région est la plus grosse productrice de pommes du pays ; on en trouve à "toutes les sauces". 
Mélange de pommes et de chrysanthèmes ; les visiteurs pouvaient écrire des poèmes ou des voeux sur les pommes avant de les poser.
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Jardin Fujita

Ce Monsieur Fujita n’est pas celui qui vécut à Paris pendant les années folles. Celui-ci a créé un jardin à Hirosaki que l’on peut admirer toute l’année, notamment depuis le pavillon de thé. Outre un ruisseau dominé par une grande cascade, il possède une mare à iris et une curiosité, une « harpe d’eau ».

Ici, pas question de troubler la quiétude du lieu par des souffleuses ; tout se fait au râteau. A droite, une "harpe d'eau".
Le jardin sert de décor à de jolis mariages. 
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Site préhistorique de la période Jomon (- 4000 à – 2200 AC), Sannai Maruyama s’étend sur une vaste étendue d’anciens marais, dont le sol particulièrement acide et anaérobique a conservé intacts de nombreux artefacts. 550 emplacements de « maisons » ont été exhumés ainsi que de vastes bâtiments, des « cimetières » et des amoncellements de « poubelles », dans lesquels ont été retrouvés de nombreux tessons de poteries, d’os et de restes de fruits, donnant une idée relativement réaliste du mode de vie de ces habitants.

Si le terrain est mouillé, vous pouvez emprunter ces bottes gratuitement.  
Voici le type de hutte (celles-ci en écorces) que les archéologues ont reconstitué d'après les restes retrouvés.  
 Hutte recouverte de chaume de joncs.
 L'entrée n'est pas haute ; il faut vraiment se plier pour entrer. 
Plateau de bois pour fumer les viandes et poissons ; le foyer était au milieu de la hutte, encastré dans le sol.  
Autre technique : recouvrir la hutte de terre et de plantes pour la calfeutrer.  

Déjà à l'époque, la technique du Yakisugi (brûlage du bois en surface) était utilisée ; cela rendait le bois imputrescible, le protégeait des insectes et retardait les incendies.

Les restes d'une grande maison commune ont été exhumés. 
Intérieur de la grande maison avec une femme préhistorique se chauffant les mains ! 
Des "greniers" sur pilotis ont été reconstitués. 
 Trous de 2m de profondeur et de diam. contenant des troncs de châtaignier. Il y en a 6 (3x2) et l'espace entre 2 trous fait 4,20M
Ces trous ont permis de reconstituer cette plateforme, dont personne ne sait à quoi elle servait.  
Pointes d'outils en obsidienne et hameçons en os. 
 Pointes de flèches en quartz, obsidienne et autres pierres dures.
 Pointes flèches en cristal et ornement de coiffure en laque.

Les tombes des adultes étaient alignées le long des "routes" et étaient surmontées par un monticule de terre entouré de pierres (pas en béton comme sur la photo !).

Les enfants décédés étaient entreposés dans des poteries ouvertes au fond ou sans fond, puis enterrés ensemble sur une parcelle séparée du village.

De nombreuses poteries ont été retrouvées, parfois de grandes dimensions.  

Ce qui caractérise ce site et cette civilisation, ce sont les statuettes plates figurant des personnages, la bouche ouverte, et mettant en relief les seins et le nombril.

 A droite, mini poteries (3 à 4 cm de diamètre)

A gauche, tas de détritus ; il reste du travail pour les archéologues ! A droite, figurine d'un site différent (mais même époque) dont les yeux sont protégés par des "lunettes" munies d'une fente.

Reconstitution d'un vêtement en fibres végétales et représentation imaginée d'un intérieur de hutte.  
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Le Bouddha de Aomori est la plus grande statue en bronze de Bouddha assis du Japon. Il est très récent puisqu'il a été érigé entre 1982 et 1984. On peut même entrer à l'intérieur de l'édifice où est conservé un mémorial de la dernière guerre. Quelques autres temples sont disséminés dans la forêt autour, ainsi qu'une des plus grandes pagodes à 5 étages. Un beau jardin zen complète le site. Il n'y avait quasiment personne pour visiter, on a donc pu profiter de l'atmosphère sereine du lieu. Nous n'avons pas essayé la copie de sutra en calligraphie ni la méditation Zen, que l'on peut pratiquer en réservant à l'avance.

Les hivers sont rudes et enneigés. Les plantes sont donc soigneusement protégées.  
 L'entrée du sanctuaire.
Les statues des 2 gardiens sont sculptées dans le bois.  
Le jardin Zen au pied de la pagode. 
A gauche, la cloche pour avertir les divinités de sa présence et à droite, détails des supports pour les poutres du toit.  
Encensoir à gauche et fontaine à droite.  
Et à travers les branches, apparait l'immense statue.  

A l'intérieur de la statue, il y a une dizaine de Bouddha protecteurs des années chinoises : Mahavairocana Tathagata pour les Chèvre et Singe à gauche, et Seishi Boddisattva pour l'année (et ceux qui sont nés à ce moment-là) Cheval à droite. Au milieu, une grande fresque dorée de Bouddha.

A droite, le tronc horizontal est actionné pour faire sonner la cloche.  
Philosophie Zen.   

A gauche : « Ne nettoie pas la maison parce qu’elle est sale, nettoie-la pour la rendre belle. Et cela nettoiera également ton coeur ». A droite : « Si tu n’as aucune envie de voir, tu ne verras rien ; si tu n’as pas envie d’entendre, tu n’entendras rien »

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Osorezan est l’un des trois lieux les plus sacrés du Japon. Il a été découvert il y a plus de 1000 ans par un prêtre bouddhiste qui, à la suite d’un rêve, a marché depuis Kyoto pour trouver ce lieu qui ressemble au monde de Bouddha.

Osorezan est également connu comme l’entrée de l’au-delà ; la rivière Sanzu no Kawa, l’équivalent du Styx de la mythologie grecque, doit être traversée par toutes les âmes mortes via le pont Taiko, (le pont rouge ci-dessus) 2 démons les attendant.

 Lac Usori situé à côté du temple.
Entrée du temple.  

Jizo, un bodhisattva du bouddhisme japonais, protège les âmes des démons maléfiques. On en trouve de nombreuses statues autour du site, comme les tas de cailloux. Ceux-ci sont des offrandes à Jizo par les parents d’enfants morts dans l’espoir qu’il les utilisera pour aider leurs enfants à accéder au paradis. Les moulins à vent aux couleurs vives sont une autre offrande.

Petit oratoire où les pèlerins ayant terminé un pèlerinage viennent offrir leurs sandales de paille.
Petit temple au bord du lac.  
A droite, ruisseau d'eau soufrée.
 Un rhododendron ; ils aiment les sols acides mais là... ils ont du mérite, avec ces fumées sulfureuses...
Retour en ville en voiture ; attention aux ours. 110 km/h sur l'autoroute :  vitesse dangereuse...
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 Dommage, le temps était plutôt gris.

Le temple Zuiganji

Fondé au 9ème siècle par le moine Jikaku Daishi, ce temple attira bientôt de nombreux autres moines qui habitèrent dans les grottes alentours. Ensuite, le temple tomba en désuétude jusqu'en 1609, où Masamune Date, le Samurai qui créa la ville de Sendai, découvrit le site et ordonna sa reconstruction pour servir en tant que temple familial. Il n'épargna aucune dépense et fit venir les meilleurs artisans (sculpteurs, doreurs, charpentiers...) et matières premières, parfois depuis Kyoto (800 km). Dommage, il était interdit de photographier l'intérieur des salles, même celle contenant l'armure originale du seigneur de guerre, dont le casque arbore sur le dessus, une lame courbe de près d'1m de long. Heureusement les jardins étaient magnifiques et nous avons eu la chance de quelques rayons de soleil pendant notre visite.

 A gauche, la porte réservée à l'empereur et à droite, l'entrée d'un des temples. 
 Nous n'avons jamais vu de plus beau jardin zen, aussi "manucuré". 
Touriste auréolé et feuilles bicolores 
 A droite, déesse protectrice des mariages. 
 Oui, ce sont les couleurs réelles !
Intérieur d'un petit temple et genévrier multi centenaire, soutenu par plusieurs étais. 
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Temple Godaido ; il contient les statues des 5 Buddha de la sagesse, sortis 1 fois tous les 30 ans. 
 Voici comment la mer façonne la pierre très friable des centaines d'îles alentours. 
La mer sculpte les roches et leur donne des formes étranges, comme cette "vague" à gauche.  

La petite île de Fukuura-jima, reliée à la ville par ce long pont rouge, est très arborée. Quelques 300 variétés de fleurs, plantes et arbres, plus un petit temple, y ont élu domicile.

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Matsushima et le tsunami de 2011

Rappel de la chronologie des événements :

11 septembre 2011 :

Un tremblement de terre d'une magnitude 9,1 (sur une échelle qui, à l’époque, ne comprenait que 7 niveaux) survient sur la côte pacifique au nord-est du Japon.

Son épicentre se situe à 130 km à l'est de Sendai, ville située à environ 300 km au nord-est de Tokyo. Il donne naissance à un tsunami dont les vagues atteignent plus de 30 m par endroits. Celles-ci parcourent jusqu'à 10 km à l'intérieur des terres, ravageant près de 600 km de côte et détruisant partiellement ou totalement de nombreux villages et zones portuaires.

Le séisme par lui-même n'a occasionné que peu de victimes et de dégâts, grâce à la qualité des constructions parasismiques japonaises.

Le tsunami, quant à lui, est à l'origine de plus de 90 % des morts et disparus, ainsi que de l'essentiel des dégâts matériels, y compris la submersion de plusieurs réacteurs de la centrale nucléaire Dai ichi située sur la côte dans la préfecture de Fukushima, provoquant la 3ème catastrophe, c'est à dire la dispersion de radioactivité dans une large zone autour du site détruit.

Lors de ce séisme, l’île du Japon a basculé de 2,40 m vers l’est d’un seul coup, provoquant des réactions sur les courants marins, et changeant sensiblement l’orientation de l’axe de la terre.

Matsushima a été relativement protégée, justement par les centaines d'îles qui ont cassé la force et l'amplitude des vagues.

Voitures  projetées sur un magasin et inondations vers une école. 
Bateau de plaisance en équilibre sur un mur et parking des bus submergé.  
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La ville de Sendai, 25 km au sud de Matsushima, était située à mi chemin entre Aomori et Tokyo, notre étape suivante ; elle possède les restes d’un château et un temple, témoins du glorieux passé de son fondateur, Masamune Date (voir ci-dessous) ; les habitants y sont réputés pour être très accueillants. De plus, il y avait des membres Servas aux alentours et nous voulions nous rendre compte de l’évolution de la région après la triple catastrophe du 11 mars 2011.

Sendai est également réputée pour son artisanat (soie, laque et céramique), ses distilleries de whisky, la langue de bœuf grillée et le zunda, une pâte sucrée verte à base d’édamame (graine ressemblant à un croisement entre la fève et le petit pois).

Mais nous n’avons rien vu de tout ça. Nous avons visité Matsushima, (autre résidence de Masamune Date), et Shiogama, banlieue de Sendai, où nous avons résidé dans une famille Servas.

Masamune Date (1567 - 1636), un des plus puissants seigneurs du XVIIème siècle créa cette ville en 1601 car elle était plus centrale sur l’ensemble de son domaine. Son magnifique mausolée est au coeur du temple Zuihoden, sur une colline de la ville. Son château a disparu ; il n’en reste que des ruines.

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Musée de Shiogama

Voici les statuettes originales (20 cm environ) des personnages à "lunettes".
Une autre figurine en terre cuite et un personnage réalisé en paille (H=2m environ) destiné aux festivals.
Chaussures : ancêtre des tongs et "tageta", « raquettes » permettant de ne pas s’enfoncer dans les champs de riz inondés.
Statuette (5 cm) en cristal de roche représentant un symbole bouddhique et pilier très ornementé de temple.
Armures de samourai.
Je suis sûre que George Lucas (Stars Wars) est venu dans ce musée, puis a inventé le casque de Dark Vador. 
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Ancienne ferme

Cette ancienne ferme (utilisée jusqu'en 1991), a été déplacée pour être présentée comme musée.  

Cuisine avec foyer ouvert. A gauche, des petits foyers pour chauffer l'eau, cuire le riz...
Pas de cheminée dans ces maisons. La fumée était concentrée dans ces trous au plafond et protégeait des insectes xylophages. 
A gauche, le puits dont l'eau était amenée par une conduite en écorce aux sanitaires.  
 A gauche, la salle de bains avec sa baignoire en bois et les toilettes à droite, dans un autre bâtiment. 
"Zori" (sandales) et bottes en paille. 
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Sanctuaire de Shiogama

Vue depuis le temple.  
Heureusement, nous n'avons pas eu à monter cette volée d'escaliers... 
 La cloche pour appeler les dieux et à droite, très vieil arbre vénéré.
Les branches de cet arbre à gauche sont ovales... et cerisier fleurissant 2 fois par an. 
 A gauche, chaudron servant à faire fondre du métal pour mouler ensuite des pièces de monnaie.
 Détails de la lanterne ci-dessus. 
Petite fille en kimono de fête pour la célébration des "3, 5, 7 ans" et jeune femme transportant un koto (instrument de musique).

Tout savoir sur la célébration des 3, 5, 7 ans : https://www.kanpai.fr/societe-japonaise/shichi-go-san-fete-enfants-3-5-7-ans

 Les enfants de notre hôtesse, devant l'affiche des célébrations. 
 Et qui dit festival en automne, dit exposition et concours de chrysanthèmes.
 Non, ce n'est pas un très vieux chrysanthème, c'est plusieurs qui ont été attachés sur un joli tronc. Astucieux, non ?
Et voilà ce qu'on a fait au lieu de visiter Sendai. A droite, vue depuis chez nos hôtes.  
Balade en forêt ; ces conifères très hauts et très droits servent notamment pour la construction des temples.
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Fondé en 766 par le moine bouddhiste Shodo (735 - 817), ce vaste site n'était à l'origine qu'une simple hutte au toit de chaume. Au fil des siècles, le sanctuaire s'est transformé en un immense complexe de temples et de tombeaux, grâce au soutien du Shogunat Tokugawa, lequel gouverna une grande partie du Japon entre 1603 et 1867. Aujourd'hui, le site est une des plus grandes institutions religieuses du pays.

 Ceci n'est qu'une vue du "jardin". Il y a de nombreux autres bâtiments, pagodes, tombeaux... complétant le site. 
Le pont rouge au pied du sanctuaire. Celui-ci étant construit sur le flanc de la montagne, on grimpe des escaliers sans arrêt.

Tokugawa Leyasu fit construire de nombreux bâtiments et son petit-fils Lemitsu (1604 - 1651) continua son entreprise.

La première sculpture est très réputée et a été reprise partout dans le monde ; chacun des 3 singes fait un geste différent : l'un se bouche les oreilles, le 2ème se tait et le 3ème refuse de voir, comme celui de la 2ème photo.

Intérieur d'un temple et à droite, offrande de jarres de saké par les fidèles, voire des entreprises.  
 Et encore des escaliers....
A gauche, une des 2 pagodes jumelles :  l'une contient une cloche sacrée, l'autre, un taïko de cérémonie (gros tambour) 

Nous étions arrivés à 9h sur le site pour éviter les flots de touristes. Bien nous en a pris ; devant la grande pagode, on se rend compte de la réputation du lieu (après 10h), sans compter les dizaines d'écoles en visite avec leurs professeurs.

 A gauche, la sculpture du chat endormi est également un des clous de la visite du sanctuaire. 
 Grands candélabres offerts par les ambassades de l'époque (18ème siècle) ; à gauche, cadeau des Pays Bas.

Tombeau de Tokugawa Leyasu ; son corps est enseveli derrière cette « pagode » réalisée en 1683, dans un alliage d’or, d’argent et de cuivre, pour remplacer la première version en bois, puis la suivante en pierre. La tombe elle-même n’a jamais été ouverte depuis que le Shogun y fut enterré en 1617.

Voyez-vous les dragons ?  
Petite fille de 3 ans ayant revêtu ses plus beaux atours pour la fête des 3, 5, 7 ans.  
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kiku = chrysanthème, Matsuri = festival ; du 1er au 22 novembre. 

Celui-ci est un des plus importants du Japon, et sous le patronage de l'Empereur et de l'Impératrice. Le chrysanthème est d'ailleurs la fleur symbole de la dynastie actuelle.

Cela se passe dans un temple ; le tori (grand portique) à l'entrée indique qu'il s'agit d'un sanctuaire shintoïste.  
Il y a des fleurs de chrysanthèmes jusque dans le bassin des ablutions. 
Une idée des plantes exposées un peu partout. 
Il pleuvait (nous avons sorti les pélerines) et nous sommes arrivés tellement tôt que les stands n'étaient pas encore ouverts.  
 Poupées représentant l'Empereur et l'Impératrice.
Ils sont habillés de vraies fleurs et le jardinier est en train de revoir le "kimono" de la dame avant l'arrivée des visiteurs. 
Le stand des fleurs primées. 
Et les vrais bonzaÏ ; celui de droite, encore en boutons, sera rouge très foncé.   
A gauche, petit autel avec des offrandes de boissons, et la cagnotte à monnaie en bas. A droite, un samourai garde le sanctuaire. 
Collection de dragons sculptés entourant le temple.  
La mare et son pont dans l'enceinte du temple. 
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Arrivés sous la pluie ; heureusement, le temps a alterné entre gris, quelques rayons de soleil et pluie. Pendant ces 3 jours, nous avions programmé l'incontournable "kiku matsuri" et shopping : vêtements, ustensiles de cuisine, outils...

Tokyo, au hasard des rues.

 On dit que Tokyo grouille de gens et de voitures... 

La rue principale du quartier de Akihabara est rendue aux piétons le dimanche. C'était tellement étonnant que tout le monde se prenait en photo au milieu de la rue sans voiture. A droite, la "sky tower" au détour d'une rue quasiment vide.

A gauche, un canal sous un pont routier avec une barge contenant un camion pour réaliser des réparations. A droite, les fameuses plaques de trottoir ; ici, pour l'accès à la bouche d'incendie.

Je ne sais pas ce que ce cycliste va faire avec ses 4 parapluies. A droite, modèle avec les moufles. 
Sur la façade d'un immeuble. 
Ici, on respecte les règles ; tout le monde reste à gauche, pour monter comme pour descendre. 
11ème étage d'un grand magasin transformé en jardin vertical ; et sa vue sur Tokyo. Notez le vieux bâtiment à l'horloge en bas.
 La jeunesse tokyoïte (et étrangère) passe son temps dans ces boutiques d'"animés". 
Machines pour essayer d'attraper des peluches, figurines de toutes les tailles... 
... boutiques Pokemon, et jeune fille habillée en soubrette pour attirer les clients vers un club "privé". 

Elles étaient des dizaines le long de la rue, toutes plus ou moins habillées (celle-ci a une jupe jusqu'au genoux, d'autres étaient plutôt en "mini-mini")

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Changeons de quartier et dirigeons-nous vers celui des professionnels de la restauration.

Avec une tête de cuisto en haut de l'immeuble, on sait où l'on est. Puis Ecotel japonais. Pas facile de trouver ce qu'on veut.  
 Spécialiste des boîtes à bento en bois ; notez la fermeture "cousue" avec un copeau coloré. Pas de colle. 
Grand bol en bois laqué ; à droite vitrine d'un coutelier.  

Et en attendant que le coutelier affute les couteaux achetés, On s'est installé au restaurant d'à côté.

A gauche, le cuisinier prépare le poisson grillé à la paille ; le bambou sur le grill contient du riz cuit "à l'étouffée".
A ne pas confondre avec ces "simili" en plastique, mais tellement bien imités ! 
 Et c'est plutôt cher : "viande braisée avec pomme de terre" = 27 €, natto et riz = 30 €

Le "natto" est une institution au Japon ; c'est réputé pour être "bon pour la santé". Il s'agit de graines de soja fermentées qui ont un aspect filandreux et un goût très particulier, fort et ammoniaqué. Il est généralement consommé au petit-déjeûner avec du riz.

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Un des nombreux parcs de Tokyo, vers Shibuya.  
Il semble y avoir 2 arbres. En fait, un rejet est devenu aussi gros que l'arbre original.  
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Notre étape suivante était l'île de Shikoku, à 650 km au sud ouest de Tokyo. Comment s'y rendre ? 1/ par train : le shinkansen va jusqu'à Okayama, puis il faut changer de gare pour prendre les trains locaux. Cher et compliqué puisque notre JR Pass (Japan Rail Pass) était fini. 2/ par avion : relativement cher et plutôt banal. 3/ par la route : inutile d'y penser. Les autoroutes sont très chères (surtout sur cet axe), la vitesse y est limitée à 80 km/h et elles sont souvent à 1 seule voie. Restait un autre moyen de transport : direct entre Tokyo et Tokushima, tranquille et écolo : le ferry !

Les Japonais ouvraient des grands yeux et semblaient sceptiques quand on leur disait que l'on prendrait un ferry entre Tokyo et l'île de Shikoku, à la limite, ils ne comprenaient pas notre idée. Ce fut un peu compliqué pour prendre les billets car le site de réservation n'est qu'en japonais. Merci à Masumi, membre Servas chez qui nous logions, et dont la secrétaire a "dépatouillé" les arcanes de la réservation ; il a même fallu traduire nos noms avec les lettres japonaises !! alors que l'alphabet latin est utilisé partout.

Notre ferry  au port de Tokyo. 
L'immense pont et la "sky tower" illuminés.  
A droite au milieu de la photo, la "tour Eiffel" de Tokyo. En fait, la tour de radio/télévision rouge et blanche. 
Bye bye Tokyo ! 
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Finalement, ce fut une très bonne expérience : départ à 19h00 de Tokyo, vue splendide sur Tokyo by night depuis la mer, nuit sur le bateau (nous avions réservé une cabine) et arrivée le lendemain à 13h30 à destination, sans fatigue et sans stress.

Bienvenue à bord ! 
Notre cabine ; à gauche, les couchettes à rabaisser ; au fond, une télévision, que nous n'avons pas regardée, évidemment. 
Il y avait même un onsen ; celui-ci est réservé aux femmes. Agréable de prendre un bain chaud en regardant défiler le pacifique.

Le "restaurant". Des plats surgelés de toutes sortes, à faire réchauffer dans les 7 Micro-ondes mis à disposition. Pour les boissons, les glaces, idem : des distributeurs automatiques.

En vitrine sur le bateau : des petits personnages (5 à 7 cm) taillés dans du bambou. A droite, le parfait pèlerin.
Lever de soleil sur le pacifique au pays du soleil levant.  
 On a eu l'occasion de croiser différentes sortes de bateaux.
Ce bateau de pêche parait minuscule au pied de cet immense porte-containers. 
On approche des côtes.
Et le soleil revient à mesure que l'on approche de l'île de Shikoku, de climat méditerranéen. 
 Arrivée au port de Tokushima. 
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Naoshima, petite île de 8 km², 3400 habitants, est située dans la mer intérieure de Seto, à 1h de ferry de Takamatsu sur la grande île de Shikoku. Elle existait principalement par l’industrie Mitsubishi Materials, qui possède un site de raffinage au nord de l'île depuis 1917, mais petit à petit, les habitants la désertèrent pour plus de facilités, soit sur Honshu (la grande Île au nord), soit sur Shikoku, (l’île au sud).

Deux hommes décidèrent alors de réagir : le maire, Chikatsugu Miyake, qui rêvait de développer un site culturel sur Naoshima, et Tetsuhiko Fukutake, fondateur et président de la société Benesse (grande entreprise spécialisée dans l'éducation et notamment dans les cours par correspondance, basée à Okayama). Le second était à la recherche d’un site pour y monter un camp de vacances où des enfants du monde entier pourraient se retrouver.

C’est dans les années 80 que le projet « Art House Project » prend forme avec l’aide d’un des architectes japonais les plus connus, Tadao Ando. A un autre architecte, Kazuhiro Ishii, fut confié le soin de dessiner les nouvelles écoles et les bâtiments municipaux.

 A gauche, les marins étalent au sol une grosse corde tressée plate sur laquelle vient se poser la porte basculante du ferry. 
On quitte Takamatsu "by night". 
 Naoshima est entourée de plusieurs autres îles et îlots. 
 Ici, royaume des agrumes et des potagers. Notez les carrés de cultures surélevés. Et un pilleur de kaki !
Les maisons, parfois anciennes, sont très complexes au niveau des toits. 
 A gauche, une porte ouverte sur un joli jardin et à droite, "attention aux vieux !, silver zone". Jamais vu ça chez nous !
Dahlias  géants ; presque 3m de haut ! 
 Le petit port de Honmura. C'est dans ce village que sont la plupart des oeuvres du "House Project".

« Art House Project » se définira alors comme la réhabilitation d’anciens bâtiments vacants, parfois vieux de plus de 400 ans, par des artistes contemporains qui ont eu carte blanche pour mettre en valeur ces constructions.

Kadoya : Tatsuo Miyajima

Voici la «mer du temps 98». C’est à un habitant du village que Tatsuo Miyajima, l’artiste, a demandé où seraient placés les 125 compteurs à LED, dispensant leurs couleurs et leur décompte dans un vaste espace d’eau. La maison en elle-même a plus de 200 ans.

Go’o shrine – Hiroshi Sugimoto 

Hiroshi Sugimoto a rénové un sanctuaire existant de la période Edo. Il exprime un esprit japonais ancien à travers les bâtiments basés sur le sanctuaire shinto et une chambre souterraine, qui rappelle l’enterrement japonais. L’escalier part des ténèbres pour aller vers la lumière resplendissante.

 Go gaisho : Yoshihiro Suda

Cette maison fut construite proche d’un endroit où se réunissaient les joueurs de go. L’artiste Yoshihiro Suda reproduit 2 petits espaces dont l’un est vide (quelques tatamis) (à droite mais invisible sur cette photo) et l’autre contient ses œuvres, des sculptures grandeur nature de fleurs de camélia en bois peint.

 Ishibashi : Hiroshi Senju

La famille Ishibashi avait pignon sur rue dans le commerce du sel. Le travail de l’artiste Hiroshi Senju s’inspira de scènes de la mer intérieure de Seto pour peindre les murs en bleu indigo ou noir et créer également un «jardin du vide».

Minamidera : bâtiment Tadao Ando / conception scénique : James Turrell

Bâtiment de béton recouvert de bois brûlé sans aucune fenêtre dessiné par Tadao Ando, dans lequel on peut vivre une expérience intéressante : on rentre par un couloir en labyrinthe en posant sa main sur le mur que l’on suit dans le noir. On arrive ensuite à une immense pièce où l’on s’assoit, toujours dans le noir complet. Après quelques minutes, l’œil s’habitue et on commence à deviner, au fond, des zones un peu plus claires. Petit à petit, on « distingue» plus facilement ; on a alors le droit de se lever puis de se diriger vers ces espaces blanchâtres. On remarque ainsi un mur à mi-hauteur qui cache une très fine bande de LED diffusant une pâle lumière. En fait, ces éclairages étaient là dès le début, mais notre œil venant de l’extérieur ne discernait que du noir. Au fur et à mesure qu’il s’est habitué à l’obscurité, la rétine a repéré les lueurs et on a pu se mouvoir sans se bousculer.

Haisha : Shinro Ohtake. Ci-dessus, on peut voir les vieux murs en pisé

«Haisha» veut dire dentiste. C’est donc l’ancienne maison et cabinet du dentiste local qui a été confiée à Shinro Ohtake pour en faire un travail multiformes, peinture, collage, métal, plâtre… sans compter les dents incrustées dans le béton du mur d’entrée. Gore…

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 Oeuvres de Lee Ufan en extérieur. 
Assiette de géant ? Soucoupe volante abandonnée ?  A droite, oeuvre de Shinro Ohtake. (ne me demandez pas de que c'est) 
 Autres temps, autres moeurs... 
Sculptures de Niki de Saint Phalle. 
 Sur la plage, un ancien Tori à moitié enseveli dans le sable.
Les citrouilles de Yayoi Kusama.  
Naoshima pavilion : Sou Fujimoto 
Retour en ferry vers Takamatsu.  
La cabine du capitaine ; un amoureux des hibiscus. ;-D

Sur le ferry qui nous a amenés de Tokyo, les dames avaient vue sur l'océan depuis leur onsen, ici, ce sont les hommes qui urinent face à la mer.

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Retour sur le continent, enfin, l’île de Shikoku et bienvenue à Takamatsu.

Chaque ville a ses propres plaques d'égout.  

Les 2 plus grands centres d’intérêt de la ville sont le jardin Ritsurin Koen, avec une exposition intéressante sur l'artisanat local et notamment les objets en laque, puis une autre sur les tuiles, et enfin, le Shikoku Mura, musée en plein air de maisons anciennes (comme le musée des maisons comtoises à Nancray).

Pelle à chenis (mot franc-comtois) et boîte, en laque ancienne. 

Cette pelle est constituée de plusieurs couches de papier collé autour d'un morceau de bois ou de bambou, utilisant de l'amidon de fougère et de la laque comme colle, ou du jus de kaki.

 Boîtes en laque
 Toutes les étapes pour créer un plateau laqué. 

1/ application de laque noire 2/ polissage 3/ application de 7 couches de laque blanche 10/ application de laque jaune 11/ application de laque vermillon 12/ application de 4 couches de laque blanche et blanc-vert. 16/ application de 3 couches de laque blanc-vert 19/ application de 4 couches de laque vert-blanc 22/ application de 4 couches de laque verte 26/ application de 3 couches de laque vert foncé 29/ application de 8 couches de laque noire 37/ dessin du motif 38/ sculpture des contours du motif 39/ sculpture du motif à travers les couches de laque 40/ finitions de la sculpture 41/ sculpture et polissage des détails 42/ polissage final pour la brillance. Maintenant, vous savez pourquoi les objets en laque sont si chers ; mais ils durent une éternité et ne craignent pas l'eau !

 Kasuri : tissus dont les fibres sont teintes à l'indigo spécifiquement pour créer des motifs géométriques ou floraux.
Peignes et ornement de cheveux en or, nacre et écaille de tortue.  
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 Tuiles et angles de toits.
 A droite, Chisa (ou chi-chi à Okinawa). Chimère, protectrice des maisons et des temples, notamment des incendies. 
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Ritsurin Kôen ; en 1642, Yoishige Matsudaira, gouverneur de la province, hérita du jardin. Lui et sa descendance continuèrent son développement jusqu'en 1745. Pendant 228 ans, le site fut utilisé comme lieu de villégiature de la famille et comme réserve de chasse aux canards. En 1875, il devint jardin public, propriété de la ville de Takamatsu.

 L'automne commence à peine dans cette province de climat méditerranéen.
Une libellule rouge, pas sauvage, et une bergeronnette, comme les nôtres.  
Ce sont 2 grands chênes, mais leurs feuilles sont radicalement différentes de ceux que l'on connaît en Europe. 
Il n'y a pas que les "petits" arbres (à gauche) qui sont taillés "en nuages" ; les très grands aussi ! 
Ce martin-pêcheur a un grand garde-manger à ses pattes.  
carpe (koï) japonaise avec le rond rouge du drapeau ;-D  

La famille Matsudaira avait fait construire un pavillon de thé pour pouvoir admirer le jardin selon le changement des saisons. Aujourd'hui aussi, on peut y boire un thé "matcha" servi par une dame en kimono léger (yukata).

 Ce n'est pas une vraie cérémonie du thé, mais le lieu se prête à la contemplation.  

La cérémonie du thé fait partie des trois arts traditionnels japonais avec le kodo, (appréciation des parfums), et l'ikebana, l'art floral.

Un maître de thé doit obligatoirement porter un kimono ; il utilise également des ustensiles codifiés comme un bol à thé, une mini cuiller de bambou pour servir la poudre de thé et un fouet, également en bambou, pour rendre le breuvage mousseux.

Les invités doivent tout d'abord retirer leurs chaussures avant de pénétrer dans la salle d'attente du pavillon de thé. Ils sont salués d'une révérence par leur hôte.

Ils peuvent ensuite entrer dans la salle de tatami, où l'on attend d'eux qu'ils partagent leurs impressions personnelles sur le rouleau suspendu dans l'alcôve ou sur l'arrangement floral de saison.

Quand le thé, après le rituel réalisé par le maître, leur est offert, les invités doivent en prendre une gorgée puis complimenter le maître sur le goût du thé et sur l'esthétique du bol, puis dégustent de petits gâteaux sucrés tout en commentant la beauté des lieux.

 Une dame a revêtu un kimono pour assister à un concert de flûte, des mariés et une petite touriste, à qui l'on a loué un kimono.

A gauche, cette dame n'est pas un centaure (voir ses chaussures) ; elle balaie les feuilles et les aiguilles de pins. Bon courage... A droite, ce sont les racines d'un arbre que l'on voit. Il a poussé sur un autre arbre, qui est mort entre temps, et celui-là a continué à pousser ainsi.

 Le pont des amours ?
Boulettes de farine de riz gluant (dango mochi) légèrement grillées. A droite, rivière de thé vert ? non... lentilles d'eau ! 
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Shikoku Mura est un parc architectural de bâtiments anciens situé à quelques kilomètres de Takamatsu. Le site rassemble plus de trente maisons de paysans (minka), fermes et autres ateliers datant des ères d'Edo (1603-1868), Meiji (1868-1912) et Taishô (1912-1926).


Sur 55 ha, 33 maisons et ateliers ont été déplacés et reconstruits.  
 Pont de lianes de la vallée de l'Iya, région la plus reculée de Shikoku. 

A gauche, théâtre kabuki rural provenant de l'île de Shodo. Pendant la période Edo, de nombreux théâtres comme celui-ci ont été construits pour que les agriculteurs puissent en profiter. A droite, réserve à riz communale.

 Intérieur de maison rurale avec plancher en bois (pas de tatamis) et foyer au milieu de la pièce principale.
Maison de la famille Kono.  

Atelier abritant une marmite dans le sol pour cuire à la vapeur les tiges de murier, matière première pour la fabrication du papier washi; Le cylindre au dessus de la marmite est le couvercle qui sera manoeuvré pour assurer l'étanchéité de la cuisson vapeur.

Commode pour les objets de valeur (porcelaine, kimonos...). A droite, puits pour piéger les sangliers. 
 Cabane à sucre. 18ème siècle.

Spécialité du nord de Shikoku, les cannes à sucre étaient pressées dans ces ateliers temporaires, faciles à monter et démonter pour la saison hivernale de la récolte et de la fabrication du sucre.

 Presse à canne à sucre. On passait 2 fois les cannes entre ces rouleaux de pierres mues par un boeuf.

A gauche, marmites en bois pour faire bouillir le jus de canne, 3 fois de suite, pour augmenter la pureté du sucre. A droite, reconstruction d'un pont voûté.

 Phare déplacé ici à la suite de sa destruction par le tremblement de terre de Kobé en 1995.
 Maisons de gardiens de phare. A gauche, notez la réserve d'eau pluviale en pierre car il n'y avait pas de sources sur les îles
 Intérieur de maison de gardien de phare et chaudière pour l'eau de la salle de bains.
 Vue sur la ville de Takamatsu.
Maison familiale Nakaishi 

Les murs extérieurs sont recouverts de bambous fendus verticalement pour protéger les murs en terre du vent et de la pluie. Photo centrale : appentis agricole au toit de chaume, comme la maison principale (photo de gauche). A droite, maison "de retraite" : quand le fils aîné se mariait, les parents prenaient leur "retraite" et s'installaient à côté de la maison principale. Notez la marche moins haute de la maison "de retraite" pour en faciliter l'entrée par des personnes âgées.

 Atelier de fabrication de sauce soja. Ces tonneaux font plus de 2m de haut. 
Sacs en toile pour presser le "moult" de soja et extraire la sauce et différents contenants à sauce soja. 
Vélo side-car pour les livraisons de sauce soja et claies pour faire sécher les pâtes.  
 Tour de guet pour les incendies. Le rouge était un mât de destroyer reconverti en tour à incendie.
Matériel (filets et nasses en terre) et maison de pêcheur. 
Maison de Mr Tsuken 

Mr Tsuken était inventeur de matériel militaire fin XVIIIème. On découvrit de nombreux prototypes d'engins de guerre dans le grenier lors du démontage de la maison.

 Sépulture japonaise avec lanternes, épitaphes...
Petit temple avec une "pierre musicale". 
Ancienne résidence de style colonial du britannique William Down, construite en 1905.  
Entre ces constructions anciennes, 2 réalisations modernes : un escalier d'eau et une "source".  
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Les "bobines" sur le port de Takamatsu, à côté de la gare ferroviaire.
Voici notre train.  
 La campagne de Shikoku alterne des champs d'agrumes, de légumes et de panneaux solaires...
des rizières, des potagers et agrumes et une rivière asséchée.  
 Le train longe la côte en arrivant vers Matsuyama. 
 Puis, en arrivant à l'hôtel, tri des photos, mise au format, ordonnancement du parcours et rédaction des textes.
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C’est un port moderne tourné vers les régions de Honshu et Kyushu mais qui a su conserver une part de son passé. La ville fait toujours voyager ses habitants et les touristes sur ses lignes de vieux trams. Hélas, le célèbre Dogo Onsen, l’un des plus anciens établissements thermaux du Japon, avec, notamment, un bain réservé pour la famille impériale et qui fut le théâtre du film d’animation « le voyage de Chihiro » est en rénovation jusqu’en 2026 ! J’avais eu la chance d’y aller en 2017 ; j’avais pu admirer cette architecture complexe de salles, d’escaliers, de bains, tel un labyrinthe. J’en avais pris des photos et les rajouterai à mon retour.

Au hasard des rues...

 Ce sont les mêmes plaques, mais peintes différemment. 
Regardez bien la photo de gauche ; le pin a été taillé pour qu'une branche passe sur les 3 portes : entrée, garage et jardin.  
Scénettes sculptées et peintes ; orchestre de lapins et famille impériale : 650 € et 2400€ 
 Voici les écoliers de la ville. Un rien rétro. Le sac est typiquement japonais et pèse très lourd, même vide.

 Ils ont gardé leurs vieux trams et ça marche encore parfaitement ! La vidéo "comme si vous y étiez".
 Voici le fameux "Dogo Onsen", sous cloche pour sa rénovation. 

Retour 5 ans plus tôt. Le Dogo Onsen, extérieur et intérieur.

On dirait que l'on a rajouté des pavillons, de ci, de là, au fil des années. 
 Les salles de repos après le bain. Le tarif supérieur offre des pièces de repos privées et une collation plus copieuse. 
 Des escaliers partout, des portes qui, parfois, mènent sur un petit patio arboré. (revisionnez le voyage de Chihiro). 
 Cette locomotive a été conservée car elle entre dans l’histoire du roman « Botchan » de Natsume Sôseki.
 Située près du Dogo Onsen, cette horloge "boîte à musique" a de nombreuses animations intégrées. voir la vidéo. 
 Le soir, on s'est offert le (très bon) restaurant de l'hôtel, situé au 6ème étage. Voici la vue sur le jardin intérieur.
Notez la pierre pour monter dans les petites pièces privatisables. 
Ce n'est pas un oeuf rose, mais le couvercle d'un petit bol . 
 Vaisselle, nourriture et décoration des plats sont aux couleurs de l'automne. 
 Des portions qui paraissent minuscules mais qui, en fait, nourrissent largement. 
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 Bâtiment officiel, témoin d'un passé ouvert sur l'occident. Sur la colline, le château.

C’est en 1602 que Kato Yoshiaki fait construire le château sur les hauteurs du bourg. Il a une vue à 360° sur les environs et la mer intérieure de Seto. En 1627, Gamo Tadachika hérite du château et fait ajouter un 2ème mur d’enceinte. Il meurt sans successeur en 1634 et le domaine est confié à Matsudaira Sadayuki, neveu de Tokugawa Leyasu, celui qui unifia en grande partie le Japon. La paix régnera pendant 234 ans sous le règne des 15 générations des Matsudaira. Après plusieurs incendies (accidentels et criminels) et reconstructions, le château est donné à la ville de Matsuyama en 1923. Après de nouveaux incendies en 1933 et 1945 (pendant la guerre), une reconstruction en bois, identique à l’original, est réalisée entre 1968 et 1990.

A droite la porte principale ; à gauche, en retrait, une petite porte permettait de prendre à revers d'éventuels assaillants.  
Cour intérieure de la 1ère enceinte.  
Vue sur la ville et les environs.  
Porte pour entrer dans la 2ème enceinte et accéder au château. Notez les contreforts de poutres ; difficile à pourrir celles-là !
A gauche, le "donjon" du château et la vue.  
 Le château abrite une belle collection d'armures. Ils ont fière allure, n'est-ce pas ? surtout celui avec les plumes !
 Arc et flèche cérémoniels ; à droite, le petit temple de la famille Hisamatsu. 
Coucher de soleil sur la mer intérieure de Seto. 
En redescendant à pied du château à travers la forêt qui pousse sur le flanc de la montagne.  
On aurait pu aussi utiliser ces "télé-chaises". Remarquez qu'il n'y a aucune protection, sinon le siège incliné vers l'arrière.  
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Une agréable aire de pique-nique sur le trajet, ... 
 ... avec des camélias en fleurs.

Sur la route, on s’est arrêté parce qu’Internet indiquait un site archéologique. Il était 14H00 et il n’y avait personne dans cette partie du petit village. Après la visite extérieure de la chaumière, on a marché jusqu’à une grotte fermée par des grillages.

 Encore une vieille chaumière le long de la route à Kamikuroiwa ; celle-ci présente un métier à tisser. 

Il était noté qu’il y avait également un musée. Nous avons avisé le hangar situé à côté et avons ouvert la porte, qui n’était pas fermée à clé. Personne à l’intérieur ; on a parcouru les allées et examiné les objets exposés dans les présentoirs sous verre. Puis nous sommes repartis… Sauf que nous sommes passés devant une maison où une vieille dame nous a vus et a péniblement descendu ses escaliers. Elle nous a fait comprendre qu’elle était la « gardienne » du musée, que c'était payant et qu’elle allait tout nous expliquer… en japonais… Mais Wikipedia était plus explicite.

Le site a été découvert en 1961 par un lycéen habitant à proximité. Des fouilles archéologiques ont été menées cinq fois depuis 1970, et l'examen stratigraphique de plus de 14 couches a indiqué qu'il avait été occupé du début à la fin de la période Jōmon (- 11 000 ans à – 400 ans AC). Des artefacts ont été trouvés dans toutes les couches et comprenaient de la poterie Jōmon avec de fines lignes, des pointes de flèches, des affûteurs... Parmi les 7 petites pierres plates (5 à 7 cm de diamètre) gravées dans le schiste, celle qui sert de photo pour le ticket d’entrée (100 yens = 0,61 €) représenterait une statue féminine… Mouais… Il faut avoir de l’imagination pour y voir des seins… Moi, je n’ai vu que des traits verticaux et 2 vagues courbes horizontales. De plus, 28 restes humains ont été découverts, des enfants et curieusement, une hanche féminine dans laquelle était enfoncé une pointe (très émoussée) en bois de cerf. D’autres objets, bracelets, ornements de cou et d'oreilles fabriqués à partir de coquillages ou d'os ont également été mis au jour. La même couche de sol a également révélé le morceau de faïence le plus ancien du monde (au moment de sa découverte), environ 14 500 ans.

Divers restes d'animaux ont été découverts, cerfs, sangliers, kamoshika (petit cervidé à fourrure épaisse et à petites cornes), macaques japonais, chiens sauvages, loups, lynx de Sibérie, loutres, ours noirs d'Asie, lapins, écureuils volants géants, souris et un énorme nombre de coquilles d'escargots. Mais ce qui est remarquable, c’est que les fouilles ont mis au jour une sépulture de chiens, montrant l’intérêt porté par les habitants à ces animaux.

Voici comment piéger un sanglier ainsi que les animaux chassés. 
 Les travaux collectifs et familiaux. 

Heureusement, des petites scénettes en pâte à modelée reprenaient le discours très complet mais incompréhensible de la vieille gardienne, illustrant ses explications à l’aide de sa baguette de bambou. Puis, pour notre délivrance, 2 hommes sont arrivés et elle a compris qu’elle aurait un meilleur auditoire avec ces 2 nouveaux arrivants.

 Plaqueminier couvert de kakis et séchage des plants d'édamamés (soja).
Culture en terrasse de thé.  
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Comment faire découvrir l'île de Shikoku sans parler de son pèlerinage ! Il comprend 88 temples officiels en référence à Kukai (Kōbō Daishi), le moine qui aurait créé cet itinéraire d'environ 1200 km au cours du 9ème siècle.

Les motifs pour réaliser ce pèlerinage sont variés. Certains viennent pour des raisons religieuses, d’autres pour prier pour la guérison ou la prospérité de leur famille, ou encore pour se souvenir de ses défunts, voire, pour simplement se ressourcer dans la nature. Vous pouvez faire le trajet à pieds, à vélo, voiture, transports en commun ou taxi... Il n'est pas nécessaire de compléter l'ensemble du parcours en une seule fois, ni de visiter les temples dans un ordre précis.

Pour être un vrai « henro » (pélerin), il faut avoir au moins ces attributs : - Un chapeau conique en bambou, protégeant du soleil et de la pluie, - Une veste blanche, représentant symboliquement le linceul funéraire, - Un bâton de pèlerin, en tant que l’incarnation de Kûkai qui chemine à vos côtés - Un chapelet et une clochette - Un sac où seront conservés des bougies, de l’encens, des pièces de monnaie d’offrande... - Un carnet de pèlerin où seront apposés les tampons de chaque temple.


 Le temple Chikurin de Kochi est le 31ème sur les 88 que comptent le pèlerinage
 Le bassin des ablutions, toujours gardé par un dragon crachant l'eau. 
Les pèlerins, en tenue plus ou moins complète ; la dame à gauche a préféré apposer les tampons des temples sur sa veste.  
Le parc offrait une multitude de couleurs, des feuillages aux différentes mousses. 
 De nombreux petits sanctuaires, plus ou moins récents, sont disséminés dans le parc. 
Le chat "maneki neko" ; est-ce lui l'ancêtre de ceux que l'on trouve désormais partout dans les magasins japonais ?
A gauche, racine extérieure, comme celles des fromagers tropicaux.  
 Exposition de très anciennes statues en bois des différentes incarnations des Bouddhas. 
 Ces petits bouts de chou en tenue traditionnelle sont toujours craquants. Kawaï des ne! (trop mignon)
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Tomitaro Makino (1862 - 1957) était un fou de nature. Dès son plus jeune âge, il parcourut les alentours de Kochi à la recherche des plantes de la région. Après s'être instruit tout seul sur la botanique, il partit à Tokyo pour se perfectionner puis revint dans sa région natale. Durant sa vie, il a collecté plus de 400 000 spécimens de plantes et possédait une bibliothèque de 45 000 livres de botanique. Il est connu dans le pays comme le "père de la botanique japonaise".

A sa mort, ce jardin ainsi qu’une grande serre tropicale ont été créés. Sa collection comprend aujourd'hui des rhododendrons japonais, des érables, des chrysanthèmes et une collection d’orchidées de la région de Kochi (cymbidium Kanran), lesquels ont servi pour de nombreuses hybridations.

Le savant à la manière "Tournesol" au milieu de ses livres et publications. La vue depuis le jardin. 
 Exposition de cynbidium Kanran (orchidée locale)
 Hybridations de cymbidium Kanran
 La grande serre tropicale contient une belle collection d'orchidées.
Hibiscus Schizopetalus royal au centre. A droite, Remarquez la taille de ces bambous.  
 Fleur étonnante (je n'ai pas retenu le nom) de face et de profil. 
 Et celle-ci ? Comment la trouvez-vous ? 
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Histoire de Yamauchi Kazutoyo et sa femme Chiyo.

Yamauchi Kazutoyo était un vassal d'Oda Nobunaga (1534-1582) et participa à la plupart des batailles majeures de la fin du XVIe siècle sous son commandement. Son épouse, Chiyo, était la fille du seigneur du château Gujo Hachiman. Très économe en une époque où c'étaient les femmes qui tenaient les cordons de la bourse de leur mari, son bon sens économique fut une bénédiction pour son clan. Selon la légende locale, elle aurait dit à son mari Kazutoyo : « N'aime que moi et je réaliserai ton rêve de devenir le seigneur d'un domaine. »

En cadeau de mariage, Chiyo avait reçu dix pièces d'or de sa famille, qu'elle avait gardées sans en parler à son mari. Un jour, un marchand de chevaux local a amené un cheval exceptionnellement beau. Le cheval était très cher et personne ne pouvait l'acheter. Reconnaissant l'opportunité de distinguer son mari des autres vassaux, Chiyo acheta le cheval avec son pécule secret. Le magnifique cheval attira l'attention de Nobunaga, son seigneur, qui aurait dit : « Si personne au sein du clan Oda n’avait acheté ce beau cheval, cela aurait été embarrassant. Je suis content que vous l'ayez acheté.» Sous Nobunaga, Kazutoyo deviendra maître du petit domaine de Karakuni, puis des châteaux de Nagahama et Kakegawa. Il prêta ensuite allégeance à Tokugawa Ieyasu (l’unificateur de la plus grande partie du Japon). Kazutoyo reçut ensuite la seigneurie du château de Kochi à Shikoku pour son aide lors de l'attaque du château de Gifu et de la bataille de Sekigahara en 1600. Il y fit construire le château sur la hauteur et y emménagea le 21 août 1603. En 1611, Yamauchi Kazutoyo fit ajouter une 3ème enceinte au pied du château. En 1874, il sera ouvert au public en tant que parc de la ville.

 Le château de Kochi dominant la ville.
Le blason de la famille Yamaouchi (3 feuilles de chène) ; à droite, tapisserie en relief de la légende de Kazutoyo et le cheval.
Dans le donjon, une grande maquette illustre l'organisation des bâtiments.
Chasse à la baleine (elles passent au pied de Kochi) et atelier de poissonnerie. 
 Guerrier du 17ème siècle et reproduction du manteau porté par le seigneur lors des batailles.
Panneau de bois sculpté apposé au dessus des portes pour laisser filtrer la lumière et l'air. 
Du haut du donjon, la vue est splendide, mais les escaliers sont un peu casse-... tellement ils sont verticaux. 
Partie habitation du château. Pièces avec tatamis et panneaux coulissants, permettant de créer des + ou - grands espaces.
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Elle est très réputée pour son marché de rue le dimanche et sa spécialité culinaire, le tataki de bonite. Elle vit également naître les 3 amis, visionnaires sur leur temps, qui montèrent un parti d'opposition pour parvenir à se libérer du système féodal. Cela leur coûta la vie alors qu'ils n'avaient pas 40 ans.

Lever de soleil sur la banlieue de Kochi depuis l'hôtel. A droite, la gare ; toujours en hauteur au Japon.  
 Sakamoto Ryoma (1836-1867), Takechi Hanpeita (1829-1865) et Nakaoka Shintaro (1838-1867)

Issus tous 3 de familles de samouraïs, c’est à dire héritiers du système féodal, ils ont contribué à la modernisation du Japon, en combattant pour rendre le pouvoir à l’empereur au détriment des seigneurs. Ils sont vénérés dans tout le Japon pour avoir été les visionnaires qui avaient compris que l’ère féodale devait être abolie pour entrer dans l’ère moderne, avec des instances gouvernementales pluralistes, comme dans les nations occidentales.


Les vieux trams ; mais la ville n'a pas hésité à faire de la pub sur certains, manière de compenser les frais d'entretien ? 
 Kochi est un haut lieu de pêche à la baleine depuis très longtemps. 
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Le marché de rue du dimanche matin.  
A gauche, des pousses de bambou (gros en blanc et petit bambou en vert) toutes décortiquées. Daïkon de toutes les couleurs. 
La région de Kochi est grande productrice de gingembre.  
 A droite, corail extrait de la baie de T
C'est la capitale des agrumes, du yuzu en particulier (7,50€ le sac)
On trouve aussi des bonzaï.  
Marché et restaurants aux poissons. A droite, cuisson de la bonite en "tataki". Un délice ! 
Pas facile de se frayer un chemin parmi le monde et les tables. Bonite en tataki, soupe miso, riz et bière de gingembre. Miam ! 
 Tour de frites de patate douce ; mise en sachet de pétales de bonite séchée pour le dashi (bouillon) ; rayon de boissons chaudes.
A part une curiosité, le camembert dessert au chocolat et à la pistache... on trouve du vrai camembert (on n'a pas goûté). 
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6 rayons pour les chiens et chats avec un grand choix de jouets pour aller titiller les chats.  
sans oublier les boules massantes pour chat et les vêtements en tous genres. 
 Notre génération connait cet appareil qui a été abandonné depuis un certain temps. Eh bien, ça revient à la mode au Japon ! 
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Là, ce sont les jouets pour les grands, les seniors, devrais-je dire, car la moyenne d'âge tourne plutôt autour de 75 ans, hommes comme femmes.

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Revenons à moins de bruit... voici des variétés de cyclamens que nous ne connaissions pas.

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 C'est ce genre de tricycle que je veux quand je serai vieille ; heu... c'est à dire... bientôt !
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Au bout de la rue où se trouvait l'hôtel, se trouvait ce petit sanctuaire.

 Il y avait 3 chemins pour arriver ici, donc 3 torii ; un pour chaque entrée. 
 Le dragon qui crache de l'eau à votre approche...
 Il y a toujours des lanternes (en pierre, en métal, en bois et papier washi... près des temples. 
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Vallée encaissée en plein centre de l'île de Shikoku, elle avait servi de refuge aux guerriers et leur famille ayant perdu des batailles et n'ayant pas voulu se suicider, comme le voulait la tradition. C'est aussi pourquoi on y trouve des ponts de lianes (restaurés), qui permettaient de couper les accès. Les routes sont très étroites et il n'y a pratiquement pas de villages le long des 150 km. Il vaut mieux prévoir un réservoir plein pour la voiture !

Reconstruction des anciens ponts de liane. 
Rassurez-vous : tout est renforcé par des câbles en acier. 
Un 2ème pont, moins touristique que le 1er (mais tout aussi cher pour la visite).
Par contre, on en avait 2 pour le même prix ; il y a le "Pont mâle" (le plus grand) et le pont femelle (plus petit).
Vue du pont. L'eau est d'une grande clarté 
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« Kakashi no Sato »

Face à la désertification des campagnes japonaises, une femme a décidé de « repeupler » le village de son enfance, Nagoro, après avoir elle-même passé sa vie professionnelle à Osaka. Depuis 20 ans, elle confectionne donc des poupées grandeur nature, reprenant les visages et les poses de vraies personnes, et les installe dans les champs ou à l’école, n’accueillant désormais plus d’enfants. Aujourd’hui, il y a dix fois plus de poupées que d’habitants, mais de nombreux touristes visitent ce qui est appelé « Kakashi no Sato », le village des épouvantails.

Le petit village de Nagoro, perdu au fond de la vallée de l'Iya. 
Vous êtes d'abord accueillis pas les agents de la voirie.  
 Ces 2 images ne vous rappellent rien ? 
La jeune fille s'appelle Kintaro. A droite, est-ce une vraie personne en train de rempoter ses plantes ou une poupée ? 
Planqué sur le tas de bois avec son téléphone.  
 L'ancienne école du village a été réquisitionnée pour héberger des poupées. 
Le détail des visages avec leurs expressions est très réaliste. Un vrai travail d'artiste !   
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Ouiinnnn !!! Nous sommes revenus à Paris et avons trouvé le froid, la pluie et la grisaille.

Adieu les yusus de Kochi, bye-bye le soleil de Matsuyama, au revoir les bonsaïs de Kokubunji, sayonara les taïyaki de Tokushima !

Ahh, mais vous n’avez pas tout vu ?… Alors, prenez votre chapeau et vos lunettes de soleil, on repart.

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Tokushima

 Le parc entouré de douves accueillait autrefois un château.
 Nous sommes le 27 novembre et il y a encore de belles roses. 
Les curiosités du parc  
Chaque ville a ses uniformes.  
 Un poisson ninja ? 

Les taiyaki (prononcez « taïyaki ») sont des petits gâteaux fourrés à la pâte sucrée d’azukis, des haricots rouges moelleux. Quand j’ai découvert qu’ils étaient fabriqués avec de la farine de riz (au lieu de blé), je n’ai pas hésité à manger toute la partie gaufre. Et ceux-ci étaient tellement bons que nous sommes retournés en acheter pour le petit-déjeûner du lendemain.

A gauche, fourrage avec la  pâte d'azukis. Les gâteaux sont bien dorés et croustillants. Miam, j'en ai l'eau à la bouche...
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La campagne de Shikoku. Des cultures de légumes, des rivières presque sèches, des agrumes et de curieuses collines en cônes.

Comment quitter le Japon sans avoir admiré les bonsaïs, re-créations de la nature ? Au nord de Shikoku, il y a plus de 80 pépiniéristes spécialisés dans les arbres nains, essentiellement les pins.

Des forêts de pins...
 Des érables.
Avez-vous deviné à partir de quelle plante est formé le bonsaï du milieu ? Réponse en fin de page.
Même un simple fusain (à gauche) ou un pommier (au milieu) peut être taillé en miniature. 

Ces 2 érables à gauche sont en cours de formation sur un rocher. Le cartonnage sert à retenir la terre en attendant que les racines soient assez nombreuses pour le faire toutes seules. A droite, un agrume, avec de petits fruits encore verts.

 A gauche, encore un agrume. A droite, nous avons cet arbuste dans nos allées ; décidément, tout peut être travaillé  en miniature
Une partie de la réserve de pots... 
A gauche, un kaki, seul sur l'arbre qui a perdu ses feuilles.  
A gauche, un grenadier, au milieu, un cognassier du Japon et à droite ??? avis aux connaisseurs ?? 
 Plus de place dans la jardinerie ?  Alors, on les stocke dans la rue... Ici, ils ne craignent rien, il n'y a pas de voleurs.
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Mais il a bien fallu retourner vers un aéroport. Ce fut Matsuyama, comme la semaine précédente, mais pas dans le même hôtel ; dans celui-ci, notre chambre avait une très belle vue.

De nuit et de jour. La vue sur le château.
 En une semaine, les couleurs des arbres ont évolué vers les bruns.

Réponse à la question sur le type de bonsaï présenté : il s'agit d'un rosier.

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Il n’y a pas que la France qui est réputée pour sa gastronomie. Au Japon, la nourriture est partout. Du simple triangle de riz (onigiri) fourré à diverses choses (algues, thon mayonnaise, miettes de saumon, nato (petits haricots fermentés), umeboshi (prune salée en pickles), etc. et entouré d’une feuille d’algue croustillante, aux sushis/ sashimis bien connus, des yakitoris (petites brochettes de viande ou légumes ou poisson) aux ramen (nouilles dans un bouillon avec des tranches de lard ou de rôti de porc), il y en a pour tous les goûts et à tous les prix. Et nous n'avons toujours pas goûté la cuisine "Kaiseki" ; "kaiseki est un type d'art où l'on cherche l'harmonie des goûts, de la texture, de l'apparence et des couleurs de la nourriture. Pour cela, seuls des ingrédients frais (et souvent locaux) sont utilisés et préparés de différentes manières pour amplifier leur goût. Les mets sont ensuite dressés sur les plats individuels pour magnifier l'apparence et le thème saisonnier du repas. Autour des plats, la décoration est souvent faite avec des branchages et des fleurs, ainsi que des garnitures préparées pour ressembler à des plantes ou des animaux." (wikipedia).

L'intérêt des plats imités en plastique. Tout le monde peut comprendre.
En bas à gauche : des sachets en plastique contenant des huitres. Difficile de connaître leur fraicheur...

A gauche, ce serait de la baleine. On en a mangé malgré nous. Ca a la texture de la viande, mais avec un goût de poisson. A droite, des cartilages de raie ; peut-être pour faire des bouillons ??

 Ici, tout est emballé ; et on trouve des oignons tout épluchés.
Racine de VRAI wasabi. Puis du shiso; ça pousse très bien chez nous, c'est délicieux avec des sushi. Des daïkons séchant à l'air.

Les boissons aussi, ce n’est pas ce qui manque. Il y a des distributeurs automatiques partout : dans les rues, dans les hôtels, dans les magasins… tout le monde a sa bouteille, et les 3/4 du temps, c’est du thé vert froid.

On a raté le Beaujolais nouveau ; pourtant, il était bien sur les étagères, entre 6 et 10€ la 1/2 bouteille. 
 On trouve les alcools (saké, whisky...) en bouteille de 1,7l, 4l, en boîte carton de 1l, 2l... dans toutes les petites supérettes
Rayons "boissons rafraîchies" dans un même supermarché ; on a l'embarras du choix.

Seulement, quand la carte des restaurants est écrite en japonais et que personne ne parle anglais, on essaie le traducteur gogol. Et ça devient parfois un peu "rock'n roll"… L’intelligence artificielle, elle a encore du travail à faire dans ce domaine…

A gauche, la carte en japonais ; à droite, la traduction gogol. 
Bon appétit ! 
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Avant de clore ce dernier chapitre, et surtout ce blog, nous avons rajouté des photos dans les paragraphes 24 (Naoshima) et 28 (Matsuyama) et il est fort possible que vous n'ayez pas été avertis de la parution de l'étape 36 (Vallée de l'Iya).

Voici l'épilogue de ce voyage ; après 5 ans, nous avons trouvé des changements de comportements, mais le COVID est aussi passé par là.

Ce qui a changé en 5 ans :

- Les villes ne sont plus aussi propres ; on trouve des canettes et des sacs plastiques dans les plates-bandes. (il n’y a pas de poubelle dans les rues ; on doit remporter ses déchets chez soi) Pas pratique si on veut manger une banane, par exemple ; que faire de la peau ?

- Les enfants sont moins calmes. Ils crient ou font des caprices par terre, devant les parents sans réaction.

- Dans les restaurants ou lors des petits-déjeûners à l’hôtel, beaucoup d’assiettes ne sont pas finies, surtout celles des enfants.

- On voit maintenant des ados affalés dans les "combinis"* ou les bars, glandouillant sur leur smartphone.

- Les limites de vitesse sont largement dépassées par de nombreuses voitures.

- On trouve plus de personnes (et pas seulement les jeunes) qui parlent anglais, ou alors ils osent plus.

- Les hôtels ont fait des économies sur les accessoires de toilettes mis à disposition des clients ; et dans certains, on fait son enregistrement soi-même sur des caisses automatiques.

- Il y a des purificateurs / humidificateurs d’air dans toutes les chambres d’hôtel (conséquence COVID ?)

- Pendant les vols internationaux, il y a moins de repas et la qualité des plats et boissons est bien moindre.

- On a trouvé qu'il y avait beaucoup moins de monde dans les métros à Tokyo.

- Par contre, il y a beaucoup plus de vélos, roulant sur les trottoirs, au milieu des piétons.

- Désormais, les sacs plastiques pour transporter les courses sont payants dans les combinis (mais il y en a des gratuits en sortie de caisse...)

* combini : supérette ouverte quasiment 24h/24 et 7J/7. On y trouve tout (nourriture et boissons, sous-vêtements, produits de toilette, petit outillage, presse, toilettes…) ; on y va aussi pour payer ses factures, imprimer la traduction en japonais du permis de conduire, commander un taxi… Et il y en a à peu près tous les 100m.

Ce qui n’a pas changé :

- Les toilettes sont toujours aussi propres, (avec siège chauffant et le jet d’eau pour se rincer le derrière (appelé washlet) et avec du papier, que ce soit dans les parcs ou dans chaque « combini »), sauf les toilettes des hommes, qui, elles, sont toujours aussi "inondées".

- Le papier toilette est toujours aussi fin. Il faut en dérouler plus d’1m et le replier pour obtenir un « multifeuille » convenable.

- Les japonais sont toujours aussi serviables.

- Les trains et les bus sont à l’heure.

- Les voitures sont toujours propres et soignées.

- Il y a toujours aussi peu de traductions en anglais dans les restaurants, les musées et même dans les hôtels internationaux.

- Tous les appareils fonctionnent ; aucun matériel n'est en panne. (Là, je fais référence à notre départ, où plusieurs automates d'achat de tickets de métro étaient en panne).

- Personne ne traverse la rue si le feu est rouge pour les piétons, même en pleine nuit quand il n’y a aucune voiture.

- Tout le monde se maintient à gauche sur les escalators, en file indienne ;

- Les bébés sont quasiment toujours pieds nus dans les poussettes ou les kangourous.

- Les programmes à la télévision sont toujours aussi nuls et les pubs interminables.

- Les japonais sont les rois de l'emballage, sur-emballages, sacs papier, boîte cartonnée puis des sacs plastiques… à n’en plus finir.


Cependant, il reste cette ambiance de sécurité, de tranquillité, même tard le soir ; on ne craint pas les sautes d'humeur d'un passager dans un train ou un bus, où personne d'ailleurs ne se permettrait de passer un appel téléphonique, encore moins avec le haut-parleur. La notion de respect existe encore, même si les jeunes ne se lèvent pas pour laisser leur place à une personne âgée (ou alors, elle est très, très âgée). Bref, nous avons vécu une parenthèse de 6 semaines de bien-être, à l'abri des informations anxiogènes. Le retour fut brutal…


Dans quel pays trouverez-vous une "météo" des couleurs des feuillages selon les sites de la région ?  

Nous étions venus au Japon en automne pour les couleurs, nous en avons eu plein les yeux !🤩 C'est une très belle saison pour y voyager ; sans compter que sur les 6 semaines, nous n'avons eu à déplorer que 4 ou 5 jours de pluie. A refaire 😀