Carnet de voyage

1 semaine au Sultanat d'Oman

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7 étapes
2 commentaires
Par AB76
Envie de chaleur, de wadis, de désert et de mer d'Arabie
Janvier 2023
7 jours
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Après 7 heures passées dans l'avion (vol direct depuis Paris CDG par Oman Air), nous arrivons à 7.10 du matin à Mascate (4.10, heure de Paris).

Le temps de passer la douane, récupérer nos valises, nous rejoignons notre hôtel Grand Hyatt en taxi. La réception nous fera la bonne surprise de nous accorder un early check-in sans attendre 15.00. Ils changeront même les oreillers et la couette en plumes à ma demande.

Il y a beaucoup d'hôtels à Mascate, de toutes catégories, mais la plupart sont en pleine ville, fichés entre les échangeurs, vue sur une voie rapide, avec rien autour. Le retour d'expérience de connaissances croisées durant le séjour n'était pas satisfaisant : obligés de manger dans un centre commercial, seul endroit offrant la restauration.

Nous n'avons pas eu ce problème à notre hôtel qui offrait 3 restaurants (buffet ultra complet, indonésien, italien). Il présentait de plus l'avantage d'être en front de mer, et de pouvoir se balader à pieds tout le long de la corniche de Qurum (quartier prisé où se trouvent toutes les ambassades et de jolies villas).

Hôtel Grand Hyatt Mascate

Du coup, après nous être changés, nous avons le temps de visiter la grande mosquée du Sultan Qaboos (qui ferme ses portes aux touristes à 11.00): œuvre architecturale moderne et démesurée, où les lignes droites et courbes s'entremêlent pour livrer des perspectives grandioses. On y admire l'un des plus grands tapis au monde ainsi qu'un lustre monumental. La propreté du lieu ne pousse pas à renfiler ses chaussures. On mangerait sur les sols en marbre.

La grande mosquée Sultan Qaboos

Retour à l'hôtel pour prendre un bain dans la piscine et le jacuzzi, puis déjeuner face à la mer.

Le taxi est très pratique pour se déplacer à Mascate, il y en a partout (compter une vingtaine d'euros par course) et c'est même conseillé car il est compliqué de circulaire avec son propre véhicule : beaucoup de trafic, d'échangeurs , des endroits où le parking est difficile et où les PV pleuvent, (comme Mascate).

Petite sieste de 2 heures puis nous rejoignons à pieds l'Opéra Royal. Sans Googlemap, nous aurons un peu de mal, d'autant que peu de locaux savent où il se trouve. L'opéra n'était pas du tout ancré dans la culture locale avant que feu le cousin du Sultan actuel fasse édifier ce bâtiment.

Qurum et l'Opéra Royal

Nous poussons toujours à pieds le long de la mer jusqu'à la réserve bio (mangrove) pour assister au coucher du soleil (dès 18,00), puis rentrons en taxi à l'hôtel.

 La corniche de Qurum

Dînerons à l'italien de l'hôtel pas trop tard pour faire un vrai dodo.

Malgré une nuit blanche, nous aurons occupés cette première journée mieux que prévu.

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Après un pdj gargantuesque, nous partons en taxi vers Mutrah, port de pêche situé à l'extrémité Est de Mascate où les 2 super-yachts du Sultan sont à l'ancre.

Nous commençons par visiter son marché aux poissons, édifice moderne où sont étalées les pêches du jour : thons bonites, crabes bleus, etc...


Marché aux poissons de Mutrah

Nous poursuivrons le long de la corniche vers la mosquée au dôme bleu, calée entre de jolies maisons aux balcons de bois.

Corniche de Mutrah

Tout prêt de la mosquée, plusieurs portes mènent au souk de Mutrah où l'on trouve encens, chapeaux typiques omanais, pachmina, et beaucoup de vendeurs de bijoux en or (d'un jaune toc).

Souk de Mutrah

Depuis Mutrah, nous continuerons à longer la corniche pour rejoindre Muscat : l'ancienne capitale où persistent quelques bâtiments gouvernementaux et quelques résidences du Sultan (l'une d'entre elles, très colorée).

 Muscat

Retour à l'hôtel en taxi pour déjeuner indonésien, petite sieste et farniente à la piscine.

😱 : Valérie trouve le moyen de casser ses 🕶 de vue. Une demande à la réception et on se fait livrer 15' après un tube de colle xtraforte en chambre. Problème résolu 👌

Nous nous faisons livrer à l'hôtel notre 4x4 à 18h00 comme prévu pour découvrir la cote sud-est dès le lendemain matin. J'ai choisi le plus petit véhicule de chez MarkTours (après comparaison des avis sur les blogs, c'est un des rares loueurs chez qui l'on peut payer avec une carte de débit et pas uniquement de crédit) : un Mitsubishi Pajero 3.8L V6. C'est clairement surdimensionné pour 2 personnes et ça suce 13L/100, mais l'essence n'est pas chère (0.6 €/l) et c'est très rassurant sur les pistes, les fortes pentes, les gués des wadis et le sable du désert : ça passe partout.

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Nous quittons Mascate et longeons la côte vers le Sud, en direction de Sour par une belle autoroute, très calme une fois sortis de la capitale. La route est cernée de montagnes arides...un petit air d'american road trip.

route vers Sour 

Après une centaine de kms, nous quittons l'autoroute en direction du wadi al Arbiyyin. La route goudronnée laisse place brusquement à une piste. Côtes, descentes abruptes, passages à gué et tronçons immergés se succèdent sur une douzaine de kms. Valérie serre les fesses mais le 4x4 est d'ores et déjà amorti.

Vers Wadi Al Arbiyyin

Nous croisons 2 jeunes femmes à pieds et leur demandent l'emplacement de la cascade. Il s'avère que ce sont 2 françaises qui vont au même endroit mais qui ont été obligées de laisser leur véhicule 4x2 dès les premières pentes. Nous ferrons la route ensemble et les ramènerons jusqu'à leur auto. 2 copines qui ont laissé maris et enfants pour se faire leur trip peinard!

Le wadi était désert mais d'un intérêt limité s'il n'y avait eu cette rencontre fortuite.

Wadi Al Arbiyyin

Nous poursuivons quelques kms vers le Sud pour rejoindre le Wadi Shab. Nous revêtissons nos tenues amphibies, remplissons notre sac et des pochettes étanches pour nos affaires et nos smartphones sur le parking.

La traversée en bateau (2,5 OMR/pers) est un passage obligé pour débuter la balade.

Traversée vers Wadi Shab

Une fois sur l'autre berge, il faut crapahuter durant 1 heure parmi les rochers, quelques gués, et une bonne partie à flanc de montagne...petite montée de stress pour le vertige que je suis.

Rando vers Wadi Shab

Après cette belle randonnée pour remonter le canyon, nous arrivons enfin à la partie baignable. Nous faisons une première trempette pour se rafraîchir puis cassons la croûte.

On enfile nos chaussons de canyoning, maillot, t-shirt (respect de la culture locale oblige), rangeons nos affaires dans le sac étanche et partons pour une bonne 1/2 heure de nage dans une eau douce et tiède. Un régal dans ce paysage grandiose, d'autant qu'il y a peu de monde. Sur la fin, le cours d'eau semble arrêté par des rochers. Une brèche juste assez large et haute permet de passer la tête (stress-point pour Valérie la claustros qui, elle aussi se fera violence). La veine débouche sur une caverne dans laquelle se jette une cascade. Ca en valait la peine.

Sur le retour, nous ferons la rencontre improbable de mon ancien DRH, accompagné de sa femme...le monde est petit...😳


Nous récupérons le 4x4 et poursuivons vers Wadi Tiwi à quelques kms au Sud. Nous nous arrêterons au premier village en remontant le wadi (il y en a 7 qui s'enchaînent, sur 14 kms très pentus), planté de palmiers, bananiers et autres arbres à fruits inconnus.

Oued Tiwi

Nous passerons la nuit à Tiwi, dans un hôtel très simple en bord de mer (Tiwi Sunrise).

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Après une nuit calme, bercée par le bruit des vagues et un réveil par le muezzin, nous reprenons la route vers Sour. Nous y longerons sa grande plage de sable jonchée de barques de pêche et de coquillages. La mer est belle et calme, mais pas de quoi nous retenir plus longtemps dans cette ville.

Sour

Cap vers l'Ouest, nous quittons la côte pour rejoindre notre dernier wadi : Bani Khalid.

On accède très facilement au premier plan d'eau, aménagé pour les familles (restaurant, passerelles, toilettes), mais dans lequel bizarrement personne ne se baigne. Le second plan d'eau est joignable en crapahutant sur les parois du canyon et beaucoup plus difficile d'accès. C'est pourtant par là que tout le monde passe, pour tous se rejoindre sur une petite plage bondée.

Mon aversion pour les hauteurs escarpées nous a permis de découvrir que l'on pouvait aussi joindre les deux plans d'eau à la nage. Et là, nous étions seuls à évoluer dans une eau limpide et chaude, coulant entre et sous d'énormes rochers, bondée de poissons. Le kiffe total!

Au retour, nous déjeunerons sur place.

Reprenons la route pour notre rdv avec notre hôte du désert, direction Bidiyah.

Après quelques difficultés pour se retrouver, celui-ci nous dégonfle les pneus du 4x4 et nous voilà partis à le suivre sur les pistes, puis dans les dunes...là encore, alors que Valérie poussait des petits cris de frayeur, je me suis éclaté.

Route vers Arab Desert Camp

Notre camp se limite à 3 tentes de taille honnête avec cahutes de toilette attenantes (wc, lavabo, douche sans eau chaude et le tout à ciel ouvert). Les 2 autres tentes sont occupées par une famille Tchèque sympa.

Après une balade dans les dunes pour contempler le coucher de soleil, nos hôtes nous servent le dîner autour d'un feu.

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Du bon et du moins bon pour cette nuit dans le désert. Les points + : la taille, le confort et le nombre réduit des tentes ; le périple pour y arriver ; la facilité d'accès et la beauté des dunes. Les points - : le camp est trop proche de la "civilisation" (on voit les lumières au loin) et de la piste principale traversant les 100 kms du Wahiba Sands. Les buggys et gros 4x4 n'ont cessé de vrombir leurs moteurs jusque tard dans la nuit (certainement dû au jeudi, début du week-end en Arabie). Bref, une expérience beaucoup moins mystique que dans le Wadi Rum jordanien...

Lever vers 7.00 pour se promener dans les dunes. Une grande langue de brume est tombée durant la nuit rappelant, sous d'autres couleurs, les mers de nuages alpines.

Pdj, puis retour, seuls, vers les routes goudronnées... tout c'est bien passé. Il faut juste ne pas oublier de regonfler ses pneus pour ne pas déjanter au premier virage.

Nous reprenons la route vers Mascate pour une fin de séjour "farniente" en passant par Ibra, dont la vieille ville, abandonnée, donne une idée de l'habitat omanais d'avant les années 70.

Ibra old town

Nous avons ensuite fait un petit crochet vers la passe de Sama'il, abritant une énorme palmeraie de 7 km où seraient cultivées les meilleures dates d'Oman. Nous ne pourrons malheureusement pas nous y promener, chaque m2 y étant privé.

Vendredi oblige, nous ne trouverons aucun restaurant ouvert. Même les vendeurs de dattes, bananes et autres légumes, tenant stand au bord de la route nous ont refusé toute vente car aucune affaire n'est tolérée durant la prière. Nous devrons nous contenter de chips, graines et bananes achetées dans une micro-épicerie, certainement tenue par un mécréant.

Après cette longue journée de route, nous arrivons enfin à notre prochaine et dernière destination : l'hôtel Shangri-La Barr Al Jissah, campé à l'extrême Est de Mascate , séparé de Muscat par une montagne...on se sent très loin de la capitale : grande plage de sable blond, piscines à gogo, restos, activités en tous genres (jet ski, voile, paddle, canoé, Spa, ...), et enfin de quoi se boire une bière! De la détente pour la fin du séjour.

Nous aurons juste le temps de piquer une tête dans la mer avant le coucher de soleil et l'heure de restitution de notre 4x4 : notre loueur viendra comme prévu le récupérer à notre hôtel.

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Nous avons booké la veille une excursion bateau "observation des dauphins et snorkeling dans les coraux".

Une navette vient nous chercher à l'hôtel à 10.00 pour nous amener à une Marina située à 15' de là.


Au bout d'1/4 d'heure de bateau, poussé par 500 cv, nous apercevons les premiers ailerons...et d'autres bateaux de touristes (comme pour les safaris africains, les capitaines communiquent par radio pour se refiler les coordonnées d'intérêt).




Puis nous passerons 1heure dans l'eau sur un site coralien. Nous y verrons tortues vertes, poissons perroquet, chirurgiens, fouet, et d'autres de toutes les couleurs (nous ne nous sommes malheureusement pas équipés pour la photo sous-marine).


De retour à 14.00, nous passerons les 4 heures de soleil restantes à l'hôtel. Des zones de protection des nids de tortues alternent sur la plage avec les transats.

L'eau de la mer est bonne, et pourtant les baigneurs se comptent sur les doigts d'une main. Le métier de sauveteur est assez monotone à Oman!

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Dernière matinée avant le retour en France.

On profite des dernières heures de soleil et de chaleur sur la plage de l'hôtel (26°C à Mascate et 3°C attendus à Rouen ce soir!).


Notre vol de retour est à 14h45, ce qui nous laisse du temps pour la douche, le bouclage de valise et le checkout.

Conclusion :

Oman est une super destination pour janvier-février, propice à la visite comme à la baignade (d'avril à octobre, les températures montent drastiquement jusqu'à 50 °C!). La température, oscillant entre 19° la nuit et 26 le jour, permet de prendre tous les repas dehors, du pdj au diner, de visiter sans perdre trop d'eau et de se baigner dans la mer et dans les wadis. Chose TRES appréciable et rare sous de telles conditions climatiques : aucune nuisance d'insecte (zéro mouche, moustique ou autre bestiole à dard).

Les paysages peuvent paraitre globalement monotones lorsque l'on sillonne le pays (principalement des montagnes arides), mais cela décuple la beauté des wadis, des palmeraies, du désert et de la mer.

Les omanais sont beaux, élégants, très aimables, toujours prêts à vous aider avec le sourire et globalement forcent le respect par leur calme, leurs habits d'un blanc immaculé et leur port fier.

Peu de monde sur les routes, en dehors de la capitale, et là encore la conduite est calme et sans surprise.

Les infrastructures touristiques sont encore rares mais vont sans nul doute se développer très vite. Même à Mascate, rares sont les logements présentant du charme et bien placés, y compris en y mettant le prix. Nous sommes bien tombés et le niveau des prestations était au top.

Pour avoir échangé à l'aéroport avec mon ancien collègue, le secret d'un séjour réussi à Oman réside clairement dans le choix de l'hébergement, et tout particulièrement sa situation, notamment à Mascate (mais également dans le désert). Tout le reste devrait être facile, fluide et zen. ENJOY!