Carnet de voyage

États-Unis

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Le rêve américain
Mai 2020
12 semaines
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Publié le 12 mai 2020

[narration Jeanne]

Nous avons donc quitté le Costa Rica à bord d’un avion plein à craquer, en pleine crise du coronavirus. Nombreux sont ceux qui ont été surpris voir inquiets, car le Costa Rica faisait office d’élève modèle dans la gestion de la pandémie, mais nous, on a décidé de partir aux USA 😅 !

Cela dit tout est relatif : évidemment nous avons prévu un plan « safe », et non un séjour en hôtel à New-York 😏! Nous atterrissons donc à Houston où le contrôle à l’immigration se passe sans encombre, puisque nous prétendons être sur le territoire « seulement 15 jours, en quarantaine dans une maison prêtée par des amis, en attendant de prendre notre avions pour la France 😇🙏😉». All good ! Nous voilà tamponnés jusqu’au 25 juillet 🍾🥂!! Nous verrons d’ici-là si les frontières Canadiennes rouvrent leurs portes, nous permettant ainsi de poursuivre le voyage jusqu’à mi -Septembre… En attendant, nous avons obtenu les 3 mois de visa touristique pour les USA 🤠 !

Grosses routes et quartiers résidentiels à la "desperate houswife", pas de doute,  nous sommes bien aux States !

Nous prenons ensuite un deuxième avion - bien moins rempli- direction Denver, où nous passerons la nuit à l’aéroport ! J’adore☺️. Il est complètement vide mais on a quand même réussi à être dérangés par une dame qui est venue regarder une vidéo sur son téléphone à côté de nous en pleine nuit. J’ai trouvé ça invraisemblable, car elle n’avait pas l’air allemande. Je ne me suis pas privée pour l’envoyer balader (dans tout le reste de l’aéroport!!!) en mode ours mal léché 😤.

Le campement. ça faisait longtemps ! 
Une fois le jour levé, on est surpris par la vue sur des sommets  enneigés !

Le lendemain matin, nous prenons un dernier avion, et cette fois nous ne serons que deux ! Bon en même temps l’avion ne compte que 9 places passagers et la destination est vraiment un trou paumé ! Nous survolons des déserts industrio-agricoles comme dans les livres de géographie, avant d’atteindre une zone de dunes sablonneuses qui semble infinie. Ici plus de cultures, mais des vaches élevées sur des ranchs immenses ! Et plus de vaches que d’habitants, ça c’est sûr 😅

Malgré la multitude de vols annulés, notre avion VIP décolle rien que pour nous 2 ! 

Nous voilà donc à l’aérodrome d’Alliance, ou Becky vient nous chercher. On s’arrête faire les courses avant de rouler près d’1h sur la piste qui mène à son ranch. Quel changement ! La vue est dégagée sur 360° car il n’y a pas d’arbre, nous qui ne voyions que ça au verdoyant Costa Rica. Aussi, tout est jaune et fané, car la neige vient de fondre et la nouvelle herbe n’a pas encore pointé le bout de son nez. Il fait une température idéale, et l’atmosphère est tout à fait sèche : on « revit » !

Nous sommes logés dans une « bunk house » rien que tous les 2, ça aussi ça va nous changer. Pendant les 15 jours de quarantaine, nous y cuisinerons également tous nos repas. Nous redécouvrons le plaisir de dormir emmitouflés sous une couette, ainsi que la télé, avec par chance le film « Danse avec les loups » (mon préféré!) programmé dès notre arrivée !

notre nouvelle maison...jamais loin des chevaux 😉
Un fauteuil digne de Joe et Chandler, un vieille télé et un film qui nous met direct dans l'ambiance, "so good "! 

Cloitrés au milieu de 5000 hectares de prairies, et cernés par 2150 Black Angus, on ne devrait pas risquer grand chose côté virus 😉 ! En temps normal, le ranch est très prisé par les volontaires et n’offre pas de place disponible avant plusieurs saisons. Mais « grâce » au corona, tous les helpers prévus ont dû annuler leur venue. Voilà pourquoi Becky et Scott ont répondu positivement à notre demande complètement « last minute », bien qu’ils nous avouent dès notre arrivée « mais alors on aurait JAMAIS cru que l’immigration vous laisserait passer !!!». Ça faisait un drôle d’accueil du coup mais au final ils semblaient contents 😆! Et nous aussi, puisque nous serons donc logés-nourris au sein du ranch autant de temps que nous le souhaitons :) .

Notre premier jour de « travail » commence en douceur : on a emporté avec nous l’esprit « Kindred » du Costa Rica, alors on passe simplement la matinée au sein du troupeau des juments, pour se faire intégrer 🥰 .

Cerise sur le gâteau, un poulain est né quelques heures avant notre arrivée ! 
Lightening Up à gauche et Socks à droite, nos 2 chevaux de travail, se dorent la pilule sous le soleil printanier 

Mais un ranch ce n’est pas non plus le royaume des bisounours ! Nous passons une fois de plus d’un monde à l’autre, après des semaines de végétarisme au Costa Rica…nous voilà propulsés au coeur de l’élevage de viande bovine !

ça annonce la couleur  😂

L’après-midi, on se met donc à cheval pour rassembler tout un troupeau et faire le « branding » (marquage des veaux).

Mission accomplie ! 

Scott vient d’investir dans une table spéciale qui permet d’immobiliser les veaux à cet effet. Il a aussi un fer de marquage électrique tout neuf !

Jusqu’à cette année, le branding se déroulait de façon 100% traditionnelle, ce qui signifie que tout était comme dans la scène de « l’Homme qui murmurait à l’oreille des chevaux » : des cow-boys partout, des veaux attrapés au lasso, mis à terre puis ligotés, marqués au fer rouge sorti des braises et bien sûr, grosse teuf à la bonne franquette une fois tout le boulot fini 😃 ! C’était une sacrée organisation car tous les veaux devaient être faits sur une matinée, ce qui nécessitait l’entraide de 70 personnes. Eh oui, des veaux, il y en a 1000 par an !

Cela permettait certainement de resserrer les liens entre voisins, mais en plus de l’organisation colossale, c’était aussi assez chronophage puisque Scott devait ensuite participer à 25 branding chez les autres. Scénario inenvisageable pour lui et bien d’autres cette année, avec la pandémie. Nous assistions donc au début d’une nouvelle ère, puisque pandémie ou pas, la table et le fer électrique facilitent tellement le travail que Scott sait déjà qu’il ne reviendra pas au branding traditionnel par la suite…

Par contre, pas d’évolution côté castration, on reste avec le bon vieux couteau et la petite pince ! Eric s’éloigne à chaque fois, il dit que ça lui fait trop mal 😅 ! Les veaux semblent cependant plus souffrir de la chaleur du fer que de la castration a vif sans anesthésie - qui, je l’admets, est franchement dégueux mais que je regarde souvent avant de jouer avec les petits bouts de scrotum poilus qui trainent (ils sont tellement doux 😍 !)

Veau fraichement "brandé" et bientôt castré 🥴! 

Depuis, nous avons fait plusieurs branding et il y en a encore d’autres à venir. Nous nous débrouillons efficacement à 5 en comptant Jim, le tout nouvel employé de Scott et Becky (ben oui, ils pensaient vraiment pas qu'on viendrait!). On se contente de faire un troupeau par jour (soit 200 veaux max), au lieu d’être 70 personnes et de faire tous les troupeaux en une matinée. Bien sûr j’aurais aimé voir l’ambiance traditionnelle du branding, mais je sais que si cela avait encore été le cas, alors nous n’aurions pas pu être là…

Eric, tout sourire avant que Scott ne lui demande de transvaser les testicules dans un pot pour offrir au voisin ...🤮🤣
Car oui oui, ça se mange ! 
Dans l'action ! 
Comme le ranch est immense, on déplace parfois nos chevaux en van, tout équipés pour aller rassembler le troupeau !
Souvent il nous faut démonter et remonter tout le corral  la veille du branding, car on change de troupeau, donc de pâture... 

Cependant rien n’égal le plaisir de galoper côte à côte avec 400 têtes de bétail, au milieu de plusieurs dizaines d’hectare de dunes, et de conduire cette masse en mouvement vers le corral monté la veille. C’est à la fois grisant et magnifique !

Mais quand on guide le troupeau, il faut être concentré et parfois galoper, alors je range l'appareil et je rêve à ma GoPro !.. 

À cheval, nous allons aussi bientôt avoir l’occasion de faire du tri de bétail, et on doit encore aller récupérer un taureau qui s’est échappé. Aussi, on a dû jouer plusieurs fois à ce que je vois comme une sorte de tombola-chasse au trésor, super jeu grandeur nature, mais c’est notre job! On nous donne le numéro d’une vache et la pâture dans laquelle elle se trouve. Il faut donc la rechercher parmi environs 200 autres, disséminées dans des hectares et des hectares de collines. Et bien sûr il faut aussi trouver son veau, qui est parfois dans une planquette complètement à l’opposé de celle de sa mère ! Une fois les 2 « wanted » repérés, il faut les guider à cheval jusqu’à un point donné où on peut les enfermer.

Le numéros 703 est demandé !  
Trouvé ! Maintenant place au "driving" 

Bon, c’est parfois pour la bonne cause (veau est malade), parfois moins. La dernière fois c’était malheureusement pour séparer le veau et sa mère, considérée comme vieille donc sans valeur. Le but était de faire adopter son veau par une vache plus jeune, dont le bébé était subitement décédé. Pour réussir l’opération, Scott a alors enlevé la peau du veau mort pour l’ accrocher comme une cape sur le dos du veau de la vieille ! J’ai trouvé ça dingue de faire ainsi croire à la jeune vache que son bébé avait ressuscité 😳. La vieille vache elle, se sera non seulement faite enlever son bébé, mais sera alors en plus vendue pour être mangée 😱. Triste réalité !..

À part ça , nos tâches quotidiennes se partagent entre le nourrissage des vaches pour Éric, et l’entrainement des chevaux pour moi. Dit comme ça on a l’impression que l’un de nous deux se fait légèrement avoir, mais je vous assure, il s’amuse bien ! De mon côté, je continue mes expériences, avec des chevaux dit de « travail » et non de loisir, c’est encore un peu différent…

Nourrissage des jeunes, ils sont drôlement bien élevés ! 
Eric et les taureaux, toute une histoire d'amour... 

Notre quarantaine se termine demain et nous pensons prolonger le séjour ici jusqu’à début juin, car Scott a vraiment besoin d’aide à cheval jusqu’au premier week-end. Cela laissera peut-être assez de temps pour que les parcs nationaux se décident à rouvrir leurs portes ! D’ici là nous vous souhaitons à tous un bon déconfinement :)

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Publié le 11 juin 2020

Voilà ! Nous avons quitté avant-hier Becky et Scott, après 44 jours passés à vivre la vie de cowboys et à découvrir un métier en voie de disparition dans un vrai ranch (pas un ranch à touriste) où le travail se fait dès que possible avec de vrais chevaux (et pas des chevaux vapeur).

Pendant ce mois et demi d’immersion nous avons donc appris à nourrir les vaches, les petits « bulls » et les gros taureaux, que nous avons également appris à trier et convoyer sur de plus ou moins longues distances. Déplacer le bétail reste bien sûr l’activité la plus chouette, qu’on eu la chance de faire au moins une fois par semaine et jusqu’à plusieurs fois par jour selon les besoins ! Nous avons aussi vu comment déclencher les chaleurs (chimiquement pas personnellement !) pour inséminer les vaches, ou à l’inverse comment castrer les veaux (parfois déjà bien gros 😱!). Et enfin de les marquer. J’ai aussi eu l’occasion de perfectionner ma technique pour les attraper !!

 Très souvent, le ciel s'assombrit en fin de journée et nous offre cette lumière d'orage qui sublime le décors
 Nourrir les big bulls, réunir des paires et embarquer les chevaux pour rassembler des troupeaux...notre quotidien ou presque !
Heureusement on est allé qu'une fois au cimetière des vaches. Jeanne a quand même été inspirée pour les photos...
Branding  des veaux de Scott dans une pâture de plus de 300 hectares chez un voisin (on s'est fait aidé du coup!) 
Gauche :le plaisir des yeux avec les chevaux de couleur ! Droite :il m'a dit avoir appris à monter avant de savoir marcher🤠normal!
 Dernier branding...les veaux sont énormes, il est temps !! 
 Les taureaux aussi ! Prêts à embarquer dans la joie et la bonne humeur, pour la saison de reproduction 

Nous avons appris à mieux comprendre cet animal, ses instincts, ses comportements. C’était intéressant de constater leurs ressemblances mais surtout leurs différences de fonctionnement avec les chevaux.

Nous avons donc participé au premier maillon de la chaine de l’industrie bovine, ce qui nous a permis de comprendre différents aspects de cet élevage extensif (gestion des troupeaux, des pâtures, du patrimoine génétique du bétail) qui peut paraitre idéal dans un premier temps. Malheureusement pour les boeufs, ou vaches et taureaux trop vieux ou caractériels, la belle vie ne dure pas et cela se termine dans un feed lot, voisin ou lointain (lieu d’engraissement ou le bétail est stocké en grand nombre dans des enclos sans herbe, et nourri de protéines douteuses dans le but de prendre un maximum de poids avant l’abattoir).

Toutes ces « tâches » nous les avons réalisées avec plaisir et bien souvent avec les chevaux, dans des paysages magnifiques à perte de vue et si différents de ce que l’on peut trouver chez nous ! Autrefois territoire des indiens Lakotas, les sand hills (collines de sable) sont considérées comme des « waste lands » (terre perdues) puisque impropres à l’agriculture et sont devenues terres d’élevage propices pour les vaches Black Angus. L’arrière-grand-père de Scott est devenu propriétaire terrien directement après les Indiens !

 Il n'y a naturellement aucun arbre sur des milliers de kms2 à la ronde, car il pleut rarement au dessus de cette zone sablonneuse
 On se demande souvent comment les indiens se débrouillaient...ils n'avaient pas intérêt à perdre leurs flèches !
 Pas besoin de déforester pour l'élevage du bétail en tout cas !
 Et on ne manque pas d'eau pour les abreuver puisque le sous-sol renferme le plus grand océan sous terrain du monde  (450 000km2)
 Bref, on est prêt pour la Camargue 😉
 Le cheval reste aujourd'hui encore l' "outil" le plus performant et approprié pour travailler avec le bétail ! 

Combien de fois s’est on dit « eh ! on est des cow boys dans un vrai ranch ! » Un vrai ranch, perdu dans son immensité, seulement peuplée de coyotes, biches et autres antilopes (pronghorn) que l’on voyait assez souvent mais de trop loin pour les photos ! Seuls quelques serpents et tortues on bien voulu prendre la pose. On s’est bien souvent cru dans des décors de film, sauf que c’était notre réalité, et nous avons su en apprécier chaque moment …

    Ballade en tête à tête, quand des journées  de travail raccourcies le permettent
Seuls au monde...

Côté cheval, Jeanne qui arrivait avec les meilleures intentions pour aider le travail avec les jeunes chevaux , comme stipulé dans l'annonce, s’est assez rapidement trouvée confrontée à « l’esprit cow boy » de Scott pour qui ses chevaux n’ont pas de problème, et s’ils en ont, on fait avec ou on ne les utilise pas ! Assez déroutant d’être confrontée à cette autre approche du cheval, plus compris comme un outil de travail que comme un être avec qui l’on peut établir une vraie relation de confiance et de partage.

Malgré tout elle à quand même pu s'amuser à "diagnostiquer" les petit dysfonctionnements de plusieurs chevaux - à défaut de pouvoir vraiment les aider - et a tout de même pu faire le pré-débourrage de la petite Stormy, qui n'avait jamais vu un licol ou donné les pieds, ainsi que l' apprivoisement et éducation au licol du tout jeune poulinou !

L'ironie de l'histoire, c'est que pendant tout ce temps Scott lui répétait qu’il adorait ce qu’elle faisait , avant de lui dire un jour par hasard qu’il détestait la méthode Parelli et ne souhaitait plus jamais que qui que ce soit adepte de ce gourou ne s'approche de ses chevaux 😂….. Autant dire qu'il ne savait pas de quoi il parlait, ou sinon il ne se rappelait plus des compliments qu'il avait fait 😅 !

Quant à moi, j’ai passé beaucoup de temps avec les groupes de juments ou de hongres…… à ne rien faire. Juste observer leur fonctionnement, faire des séances de gratte gratte ou simplement la sieste….Bref, créer la relation et être accepté par les deux groupes. Jeanne a quand même pas mal progressé aussi à ce sujet « Etre » plutôt que « faire »…. même s’il reste de la marge de ce coté ! ! !

A coté de ça nous avons beaucoup travaillé durant notre séjour puisque nous avons dû pallier le renvoi de Jim, l’employé arrivé une semaine avant nous et qui s’est fait « kiké » le genou par un veau (coup de pied) durant le deuxième branding.

Dès lors, sa blessure l’handicape au point qu’il ne puisse plus assumer ses missions et que Scott n’aie d’autre alternative que de le renvoyer deux semaines plus tard. Nous avons donc assumé de longues journées de travail, engrangeant les « good job ! » d’un Scott parfois exubérant (comme savent l’être les extravertis😆) et parfois déroutant dans son manque d’explications ou ses précipitations, trop pris dans « le job » sans savoir perdre du temps pour en gagner ensuite 😏 « Take the time it takes, it will take less time » ! (Pat Parelli 😜 ! ! )

Les journées commençant souvent vers 6h30 nous étions très disponibles pour les différentes tâches qui s’enchainaient sans véritable emploi du temps fiable (la vie de la ferme quoi !). Des choses prévues la veille ou le matin même pouvaient changer sans que l’on soit mis au courant (pas facile pour moi cette fois 🙄!) ce qui demandait de notre part une flexibilité et une adaptabilité à toute épreuve (et donc de bons progrès de mon côté 😅)!

Et après ces longues journées aussi plaisantes que fatigantes, nous retrouvions joyeusement notre petit nid et une sorte de routine simple douche-repas-télé dont on ne s’est même pas lassé ! Mais on peut dire qu’on a eu notre dose de films en anglais et de viande (black Angus de la ferme …. Miam….miam !) !

 Les burgers maisons ont été nombreux mais cette bouteille fut la seule, promis ! Ouverte à l'occasion de nos 4 ans 🥰

Récompense surprise de notre implication, Becky et Scott décident de nous payer pour le boulot que l’on à fait ! Wahou ! ! Inattendue et généreuse rétribution qui nous permet alors d’acheter « gratuitement » une voiture !

La route du ranch méritait de dérouler un tapis rouge ce jour là ! 

Grâce aux recherches internet de Jeanne (eh oui encore ! !) nous dégotons celle qu’il nous faut (une Ford Freestar de 2006 pas trop grande mais assez pour y aménager l’arrière en chambre à coucher) et venons à bout des démarches d’immatriculation, de paiement des taxes et d’assurance !

 "Thanks God!" Au bout des démarches administratives, nous tenons le sésame ! (ps : Strategy Feeders c'est un feed lot!!!)
 On revient aussi avec quelques planches et des vis pour aménager tout ça sous l'oeil avisé des juments

Puis, quand enfin nous sommes venus à bout du marquage des 1300 veaux, que nous avons dispatché tous les taureaux et inséminé toutes les génisses, une fois la voiture aménagée, l’itinéraire du road-trip grossièrement planifié, et la date fatidique du 8 Juin arrivée, nous avons fait nos adieux aux milliers de vaches, aux 16 chevaux, aux 2 chiens et multiples chats (jamais réussi à compter) ! Et bien sûr, nous avons remercié Becky et Scott en retenant leur accueil au pied levé, leur générosité financière et le superbe ranch, au sein duquel nous auront vécu un mois et demi extra-ordinaire et une expérience qui restera unique dans nos souvenirs !

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Publié le 16 juin 2020

Nous quittons les immenses plaines vallonnées du Nebraska et ses hordes d’antilopes pour rouler tranquillement vers les montagnes et les forets du Wyoming afin de rejoindre « Grand Téton National Park » puis, juste à côté, « Yellowstone National Park ».

 Bye Bye le Nebraska, bonjour le Wyoming !

Le paysage et les miles défilent au rythme de la musique country, incontournable par ici. Nous expérimentons notre « lit roulant » qui se révèle très confortable grâce au matelas donné gentiment par Becky. Nous passons notre première nuit sur un parking municipal à Douglas et la seconde dans la nature vers Dubois, ( ce qui est rigolo parce que le douglas c’est….du bois !)

 On approche de Dubois...
 ...son style très western...
 ...et un peu déjanté !
 On quitte la route pour faire un peu de piste et trouver l'endroit idéal pour camper 🤗! 

Nous profitons, à Douglas, d’une douche chaude dans les sanitaires du parking, et, à Dubois, de l’effet revigorant d’une rivière de montagne. Heureusement, ici, le feu de camp semble être un intouchable et l’on peut se réchauffer facilement après un bain «glacial».

Nous campons pour notre troisième nuit aux portes de « Grand Teton National Park » et profitons d’une vue magnifique, comme un avant gout de ce que nous réservent les jours à venir !

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Ah oui ! Aux portes du « grand téton National Park » ! Nous y entrons donc le lendemain. A cause du Covid 19 celui ci (comme tous les autres) était fermé pendant un moment, mais par chance ré-ouvre progressivement depuis fin Mai. Les « visitor centers » sont encore fermés et il est impossible d’y camper pour l'instant, mais les chemins de randonnées sont accessibles, c’est déjà ça !

 How exciting 🤗 !!
 miroir en bord de route, sublime !

Nous sommes certainement les seuls touristes étrangers 😎, en tout cas pour sûr il n’y a aucun chinois 😝, et donc une affluence réduite comparée aux années « normales ». Il nous semble pourtant que les parkings sont pleins et qu’il y a trop de monde sur certains chemins…😏 !

Mais bon, durant cette période de fermeture les animaux « sauvages » ont eu le loisir de reprendre leurs aises et nous en sommes les témoins privilégiés, puisque dès notre première balade nous croisons castor, marmottes, écureuil, wapiti et surtout ………………… 6 ours (grizzly et ours noirs) et deux oursons qui grimpent dans un arbre et se bagarrent sur une branche ! Trop choux 😍! !

 Gauche : le premier ours, qui a créé un embouteillage piéton dans les 2 sens 😅 Droite : encore 3 ours  en bord de chemin !

Cette première balade de « reprise » nous fait traverser des paysages de poster et terminer autour de deux lacs d’altitude encore recouverts de neige et de glace. Jeanne découvre un univers quasi inconnu et semble conquise par ce qu’elle voit (prête pour habiter en Franche Comté ?)

 Jeanne, encore fringante en ce début de balade de remise en forme (4 mois sans marcher c'est pas rien!)
 Mais l'objectif de base étant atteint rapidement, la balade de reprise va donc se prolonger un peu...
 On reprend quelques forces d'abord 😜
et on grimpe ! 
 on grimpe...
 ...on grimpe...
 jusqu'au premier lac  👍
 Jeanne ne s'attendais pas à ça, la voilà ravie ❄️☃️...
... et motivée  pour continuer de grimper 💪!!!
 Jusqu'au deuxième lac...
  ...et même le sommet (bon il y avait une barre de céréale qui l'attendais 😁) !
y'a plus qu'a redescendre... 
 ...sur les rotules pour Jeanne mais la tête pleine de merveilles 😇

De retour à la voiture, après 24 kms, il se fait tard et nous mangeons rapidement sur une table de pique-nique près du parking alors que des touristes nous informent de la présence d’un grizzly à 200 m de nos noodles 😅 ! Nous sommes un peu cuits et devons encore trouver de l’eau pour la nuit et le lendemain…. On continue donc de manger nos nouilles comme si de rien n’était, pendant que les gens tout émoustillés par la présence de l’ours nous prennent pour des blasés.

Nous reprenons ensuite la voiture pour trouver de l’eau avant que la nuit tombe. La tête certainement encore pleine des émotions de la journée, et alors que je remplis nos bouteilles dans une rivière, Jeanne claque sa portière pour me rejoindre juste avant de se rendre compte que les portes sont verrouillées et que les clefs sont restées à l’intérieur évidemment! Drôle de voiture qui rend possible ce genre de situation 😳! Bref, il fait quasi noir, et nous sommes « enfermés » dehors ; clefs, téléphones, ordinateur et toutes nos affaires, au chaud, dans la voiture, et pas âme qui vive dans les quelques bâtiments alentours (oui par chance nous ne sommes pas encore au bout d’une piste paumée pour passer la nuit) ! Nous finissons donc par tomber sur une « Ranger » compatissante. Elle appelle un garagiste qui arrivera 45 minutes plus tard pour déverrouiller notre voiture. Soulagés (de 125 $ !) nous rejoignons alors vers minuit notre campsite à l’extérieur du parc pour une courte nuit. J’ai juste le temps de souhaiter un bon 33ème anniversaire à ma pt’ite chérie avant de m’endormir 😊.

Le lendemain, nous choisissons une balade à géométrie variable ! Après une première partie parcourue ensemble, Jeanne (qui est bien courbaturée 😅) prends son temps, s’immerge lentement dans la nature environnante et ses habitants, s’applique pour prendre de belles photos.

Elle se  prend même en photo (elle est forte quand même 😂)
Et se prend aussi pour Pocahontas ,en discutant avec pleins d'animaux. Une chouette journée d'anniversaire ! 

De mon côté, je me suis fixé un objectif un peu physique, le lac solitude (tiens donc!), et le rejoins au terme d’une course en montagne qui se termine dans la neige, hors trace et seul au monde ! Le pied 😁! Il me reste à redescendre en courant vu l’heure et, la fatigue aidant, ce ne sera pas vraiment une partie de plaisir !

J'ai respecté la première règle. Le reste, j'ai pas compris, je n'avais pas ma traductrice avec moi...

Cette journée est très fatigante pour moi (chacun son tour!) et nous terminons ensemble notre balade par un bain dans les eaux glaciales d’un torrent de montagne. C’est, depuis notre départ la seule façon que nous avons pour nous laver ! Dur sur le moment mais tellement vivifiant ! Il est déjà tard, Jeanne à mal à la tête (vraiment, ce n’est pas une excuse !) et je suis tellement crevé que nous nous contentons d’un diner Chips MnM’s digne des meilleurs repas d’anniversaire 🥳 !

Pour notre troisième et dernier jour dans le parc nous profitons d’un dernière balade pas trop longue pour récupérer un peu. Notre rando nous conduira de lac en torrent, et de cascades en sous bois pour confirmer ces fabuleux paysages que nous avons arpentés pendant trois jours.

  cette fois on se lève avec le soleil pour ne plus finir à la nuit, et éviter de croiser trop de gens
 ce qui nous permet de profiter d'une belle lumière...
 ...pour de belles photos en cours de route
et nous vaut de croiser un Moose (élan) dès le début de la marche ! Sacré garrot près de 2m de haut), et que dire du nez 😂

Nous terminons banalement dans un ruisseau glacé pour laver les corps et quelques sous vêtements ! Pour une fois nous arrivons assez tôt, en fin d’après midi au campsite et en profitons alors pour prendre un « vrai »repas ( =des pâtes cette fois, pas des nouilles! ) et étudier un peu le planning de nos prochains jours chez les voisins de Yellowstone 🤗!

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[narration Jeanne]

Yellowstone, voilà bien un endroit qui me faisait rêver depuis des années « un jour j’irai ! ». Presqu’aussi simple que ça, enfin nous y voilà 🤗! Encore une chance que les parcs rouvrent les uns après les autres depuis fin Mai… Une fois de plus, ça se goupille bien, comme si c’était dans l’ordre prévu par le destin 🙏.

Le parc est immense : environ 9000 km2 ! Il va donc falloir bien s’organiser car pour l’instant il est encore interdit d’y rester la nuit. Pas évident de s’y retrouver d’autant plus que les centres d’informations sont également fermés, mais grâce à quelques applis mobile on s’en sort pour trouver où dormir aux alentours, quel itinéraire choisir, quelles balades sélectionner… le tout sans réception téléphonique, vive la magie de la technologie 😅!

Ce parc semble encore plus fréquenté que le précédent, ce qui n’est pas très surprenant vu sa renommée mondiale, mais quand même, on n’ose pas imaginer ce que ça doit donner en temps normal 😳 ! On joue donc la carte « lève tôt » avec un réveil à 4h30 (quand on veut on peut ) ! De quoi bien se les cailler (bonnet dans la voiture 😏) mais rouler dans le parc en mode VIP avec la route pour nous tout seul, ainsi que le lever du jour 👍.

 Yellowstone repose en fait sur la caldeira d'un supervolcan de 45x85km, d’où l’intensité de l’activité géothermique au sein du pa...

A 6h30 nous sommes donc les premiers à nous lancer sur la piste d’une petite rando qui sera quelques heures plus tard absolument bondée (avec la queue pour le parking, au secours)… Pour le moment, nous sommes seuls dans la nature et c’est magique.

«Fairy Fall»littérallement«Chute Féérique» apparaît plus amicale pour la sieste que la rivière voisine,qui elle,semble ensorcelée!

D’autant plus magique avec toutes ces vapeurs qui s’élèvent du ruisseau…et soudain en bord de chemin, de l’herbe aplatie ! Vous ne savez pas ce que ça signifie ? Regardez d’un peu plus près, et vous verrez quelques touffes de poils marrons…ça sent le bison 🤗 ! Un peu plus loin, une bouse au milieu du chemin : je m’empresse de la touiller avec un bâton pour tester la fraicheur 🧐. Rassurez-vous, pas besoin de la goûter pour savoir qu’on est sur la bonne piste ! Au détour d’un virage, nous apercevons bientôt un trio qui fait la grâce mat’ au bord du ruisseau, trop beau ! Cette fois, pas de doute, nous sommes vraiment au pays de Yakari 😃 !

 Derrière les vapeurs de la rivière, les bisons sont là, paisibles et majestueux ! le début d'une longue série 😉 ...

On remonte le long de la rivière à travers les bois pour ne pas les déranger, et en bout de source on découvre un geyser ! C’est super de voir ça rien que tous les 2 et dans un cadre aussi naturel : pas de barrières, panneau ou autre dispositif particulier, on peut continuer de s’imaginer dans la peau de Yakari qui se balade et tombe tout naturellement sur un geyser après avoir salué des bisons 😏 (bon il manque juste Petit Tonnerre…).

 Au bout de la rivière, Impérial Geyser, pour nous tout seuls !

Du coup, l’esprit aventureux, on décide de quitter la piste et de crapahuter dans les hauteurs environnantes, histoire de voir le geyser d’en haut, et puis pourquoi pas un peu plus encore si on continue jusqu’à la montagne suivante !…

Un hors piste mémorable. Il y a d’abord eu ce moment ou Eric ne voit pas le gros mâle bison à 3 mètres de lui : « Mais où????!!!! » « Juste en face, près de l’arbre ! » À sa décharge, c’est vrai que malgré son envergure (énorme !!!), la couleur plutôt ton sur ton le rend discret, d’autant plus qu’il nous fixe en restant particulièrement immobile. 😬 On change de direction sans s’attarder… Nous tombons ensuite sur une succession de marres et un sous bois encombré de troncs au sol ; l’accès est moins direct que nous le pensions et nous voilà désormais sur le qui-vive depuis la rencontre avec Gros-Bison-Solitaire. Mais depuis le temps que je voulais sortir des sentiers battus, me voilà ravie d’ouvrir notre propre voie. Bientôt nous suivons finalement celle des animaux, puisqu’une fois sur les hauteurs rocailleuse et dégagées, un petit sentier se distingue.

 le labyrinthe des mares vu du haut...

Une bête surgit alors dans mon dos et me passe à côté, je fais un écart digne d’un cheval 😅!! Mais il s’agit juste d’un daim que l’on devait gêner sur « son » chemin… S’il avait eu un klaxon il l’aurait surement utilisé ! Chacun son rythme, et je finis par le retrouver vers le sommet - qu’Eric a lui aussi atteint avant moi. Je décide donc de filmer la scène : le daim qui gambade et passe à côté d’Eric, comme si c’était normal, comme si nous faisions partie de son décors, car nous sommes ici simplement considérés comme une autre espèce animal inoffensive, et non une espèce qui se veut à part et plus menaçante que toutes les autres. Nous avions déjà eu cette sensation en nous promenant à Grand Téton, et c’est un peu comme évoluer dans un Disney, les chansons en moins ! Je coupe et range l’appareil, pendant qu’Eric commence à grimper sur un rocher pour prendre encore un peu plus de hauteur. Je relève le nez dans sa direction pour le rejoindre et je vois la scène la plus improbable que mon appareil aurait pu filmer si je ne venais pas de le ranger 😱!! Un grizzly vient d’apparaitre dans le tableau, et il veut aussi grimper le rocher, mais depuis l’autre côté, pour voir où est parti le daim. J’ai juste le temps de crier « chéri, un ours !!!! » et les voilà qui se découvrent face à face au même instant ! On peut lire la même surprise sur leurs têtes, car seul le rocher et quelques mètres les séparent maintenant. Ni une ni deux, une fois la seconde de stupeur écoulée, chacun s’empresse de faire demi-tour et part en courant ! J’enregistre la scène dans mon cerveau et aujourd’hui encore je me la repasse quand je m’ennuie un peu : c’était tellement drôle (et un peu effrayant mais bon) 😂!!

Une fois remis de nos émotions, nous poursuivons encore un tout petit peu l’ascension pour arriver au bout du bout…et voir si on ne retrouverait pas notre copain, vous vous doutez bien 😇. La vue est non seulement imprenable, mais en plus nous sommes récompensés de notre témérité : on repère Ours-Peureux que l’on peut observer (presque) sereinement depuis le haut, puisqu’il est redescendu un peu pour continuer sa chasse !

 Une vue dont nous sommes peut-être les seuls à avoir profité ! Cascades, fumerolles, bisons, une nature sauvage à perte de vue !
et une petite dédicace Roi Lion à LH qui attendait l'article avec impatiente 😉

Nous redescendons enchantés par cette petite aventure et reprenons le tracé de la randonnée. Mais c’est ensuite un immense troupeau de bisons qui nous oblige à repartir en hors piste, puisqu’ils se sont installés par dizaines en plein sur le chemin qui traverse leur plaine. On ne voit pas d’autre choix que de partir à droite pour éviter le troupeau, et cela nous oblige à traverser une zone géothermique vaporeuse avec des trous d’eau surréalistes.

On apprécie vraiment de se sentir comme de simples animaux parmi les autres, partageant le même espace naturel - parfois hostile - et obéissant aux règles logiques permettant de préserver l’harmonie environnante. Pas besoin de les lire ou de les apprendre, ces règles sont naturelles.

En fin de balade nous montons au point de vue le plus populaire du parc ; ça fait bizarre de se retrouver entourés de Sapiens d’un seul coup ! Drôle de sensation de se dire que nous sommes soudainement revenu à la réalité… ne venons-nous pas plutôt de vivre l’inverse ?

La vue sur le Grand Prismatic m’hypnotise assez pour éviter que je m’attarde trop sur la question… Il y a de quoi : je pense que cette création de la nature est tout simplement un chef d’oeuvre artistique.

 Le "Grand Prismatic" n'est pas célèbre pour rien ! On croirait un dessin à la craie...

Sur la route pour sortir du parc, on marque un stop pour voir l’éruption du plus haut geyser de Yellowstone, ainsi que toutes les bizarreries avoisinantes, avant d’élire domicile au bord d’une rivière près de la sortie ouest .

Le lendemain, comme prévu, la pluie s’invite alors c’est grâce mat (bien méritée !). On se sent drôlement à l’abri dans la voiture et on apprécie de ne pas angoisser à l’idée de devoir plier une tente mouillée… On petit-déjeune au chaud dedans, en regardant un DVD Parelli pour compenser le manque de vue causé par la buée. Et quand ça nous chante, on décampe :) !

 Vive le nid 🥰!!

Malgré la grisaille, rouler dans Yellowstone reste un régal de paysage pour les yeux ! On croise aussi des bisons, et on aperçoit même un bel ours noir qui pêche de l’autre coté de la rivière.

Quand je disais qu'on a croisé des bisons...😅 Un plaisir sans égal de PARTAGER les lieux avec tous ces animaux ! 

Une fois près de la sortie nord, le soleil pointe le bout de son nez et nous offre un arc en ciel immense ainsi qu’une très belle lumière sur les incroyables formations de Mammoth Hot Springs ! Cette fois ce ne sont pas des chefs d’oeuvres de peinture, mais de sculpture, que la nature nous présente humblement.

 Des micro-organismes vivant dans l'eau créent tout un panel d'ocres, qui disparait quand la source se tarie : magique !

Nous sortons de Yellowstone par le Nord, salués par une biche au bord du passage de contrôle. Nous aurions aimé passer plus de temps dans cet endroit magique mais la météo est amenée à se dégrader, et ne pas pouvoir dormir dans le parc rend la logistique un peu compliquée. Il nous reste aussi pas mal de route au programme et encore beaucoup de beaux endroits à découvrir ! Alors malgré la pluie nous roulons joyeusement vers le Nord-Ouest, à travers les grandes vallée de cette contrée qui m’a toujours fait rêver : le Montana 😍 !

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[narration Éric]

En quittant Yellowstone, nous décidons de faire une croix sur « Glacier National park » au vu de la météo annoncée. Mais le lendemain, devant le dernier panneau nous permettant encore de changer la destination, et après un dernier check météo un peu moins alarmiste, nous bifurquons finalement vers le nord ! Parce qu’on ne sera jamais plus près de ce parc que maintenant 😉

Nous profitons donc encore des merveilleux paysages du Montana, des grandes vallées sur fond de montagnes enneigées, de ces innombrables maisons en fustes (que Jeanne s'est retenu de prendre en photo sinon on se serait arrêter trop souvent 😍! ) et de granges d’époque entourées de belles barrières en bois.

 Le Montana Ouest : des grandes vallées verdoyantes habitées par les vaches et traversées par des routes bien droites
Chouette panneau d'accueil du village de Plains "Où les montagnes rencontre les rivières, et les chevaux sauvages passent l'hiver"
Gauche: une entrée de ranch très jolie comme beaucoup d'autres,mais il y avait un detail amusant cette fois! Droite:vallée typique
 Gauche : super slogan, non ? Droite : le soir, je trace sur la carte les routes empruntées et note le nombre de "miles" parcourus

Beaucoup de maisons arborent (fièrement ?) le drapeau américain quand ce n’est pas le drapeau « Trump 2020 » ! Sur le bord des routes, de nombreux panneaux publicitaires pour….Jesus ou des slogans anti avortement nous expliquent sans équivoque dans quelle Amérique nous évoluons. Nous croisons aussi des américains en vadrouille avec leurs ENORMES « caravane - mobil home » attelées à de non moins énormes pick-up. L’Amérique XXL se décline jusque dans le gabarit des américains 🙄😅 !

 Le camping à l'américaine, 2 options : le pick up tire la caravane-bus, sinon c'est le bus qui tracte le pick up !

En bord de route, on repère une boutique qui attise notre curiosité. On s'arrête et on découvre la vraie caverne de l'Alibaba local, qui est un sacré personnage, à l'image de sa boutique ! !

De loin le meilleur musée qu'on ai visité ! !
Notez le retour du lapin à bois,ainsi que la gigantesque peau d'anaconda...et le poisson à fourrure qu'on ne trouve qu'en Alaska😂!

Et puis nous arrivons à « Glacier National Park », jouxtant la frontière canadienne ! Nous pique-niquons, presque banalement, au bord d’un superbe lac avant de ressortir du parc pour trouver notre campement du soir. Ici aussi il est encore interdit de dormir dans le périmètre du parc. C’est aussi sans surprise que nous dormons au bord d’une rivière à quelques mètres d’une pancarte « camping interdit » 🤫 !

 Arrivés au parc, un pique-nique s'impose 🤗 !
 On se fait discrétos à manger, et après une petite vaisselle dans le torrent, c'est à nous de nous y laver  🥶😁

Toujours dans le contexte covid 19, la moitié du parc (celle appartenant à la communauté indienne) est fermée au public alors la foule des visiteurs se concentre sur l’autre moitié. Nous nous levons donc très tôt le lendemain matin pour partir avant « les gens » sur une rando très populaire et surtout ouverte !

 Il est tôt, on est encore dans le brouillard et les montagnes aussi...

Nous marchons d'abord à travers la forêt, où nous croisons encore une biche de très près (ce qui devient franchement banal 😅), puis nous rejoignons assez rapidement un joli petit lac avant de nous heurter à la pancarte « end of trail » (fin du chemin).

Un petit sentier nous invite néanmoins à continuer et nous arrivons quelques minutes après sur un énorme névé qui marque la vraie fin de l’aventure.

Mais pas pour nous ! Jeanne, qui à repéré une cascade là haut, tout là haut, a envie d’aller la voir de plus près (certainement pour avoir au moins une photo de cascade dans ce voyage 😆 !)

 Vous la voyez, c'est celle du milieu, tout en haut ! D'après Jeanne c'est parfaitement faisable  😏

Commence alors la partie hors piste de notre sortie. Pentue et sur un sol instable, l’ascension est plus rude, plus longue et plus « émotionnelle » que prévue ! On a l’impression que la cascade recule au fur et à mesure que nous montons... Au prix de louables efforts physiques et psychologiques, Jeanne arrive jusqu’à un promontoire sur lequel, visiblement une pause s’impose !

Gauche : "à vos marques, prêts ?" Droite : "je déclare forfait !" 

Je continue en solo la grimpette qui devient de plus en plus « engagée » ! À mon retour, et parce que la cascade recule toujours, je propose au « reste du groupe » de redescendre pour ne pas tenter le diable. Le reste du groupe acquiesce à l’unanimité et nous nous engageons dans une descente à peine plus rassurante !

De là haut nous avons tout de même profité d’une superbe vue sur le lac, mais aussi sur des cascades inaccessibles, protégées par une végétation impénétrable…….Sauf peut être en remontant le torrent qui part du pied des cascades pour approvisionner le lac !

 Gauche : Jeanne m'attend et une nouvelle cascade (en bas à droite) attire son attention... Droite : zoom sur le nouvel objectif!

Nous sommes très motivés pour continuer à jouer les explorateurs ☺️ Nous repérons le passage vers le delta du torrent, enlevons nos chaussures pour le rejoindre, traversons des ruisseaux d’eau gelée, et commençons à remonter, par la berge, le torrent qui doit nous mener aux cascades.

Au bout de quelques mètres nous devons nous rendre à l’évidence que la seule possibilité pour continuer est de remettre nos chaussures et de marcher dans le torrent tellement la ripisylve est dense et impénétrable !

Les premiers mètres dans le torrent glacé nous font mal aux pieds tant l'eau est froide mais on continue, on s’accroche, on remonte le courant parfois assez fort, on mouille nos pantalons (rien à voir avec la peur !), on traverse des parties de bois en faisant du bruit pour prévenir les ours de notre présence, le bruit des cascades se fait de plus en plus présent et finalement, après un ultime méandre nous débouchons là où peu de Sapiens ont dû arriver : au pied vrombissant des cascades ! Drôle de sensation d’arriver là sans suivre un chemin piétiné par les touristes... On imagine un peu ce qu’on dû ressentir les explorateurs découvrant des contrées inhabitées 🙂!

 Doucement mais surement, cette fois on va y arriver !
 Tadaaaaam ! "notre" cascade 😀
L'eau coule à flot et mes chevaux continuent de pousser. Et  bien évidemment ce n'est pas moi qui sélectionne les photos 🙄😅

Quelques photos plus tard (oui quand même) nous reprenons le torrent dans le sens du courant et profitons au maximum de notre trajet retour jusqu’au lac ! Nous retrouvons le chemin de rando et constatons avec effarement qu’il est 16h. Nous n’avions pas pris de pique-nique mais personne n’a songé à manger, Jeanne pensant qu’il devait être au plus 13h (peut-être à cause d'un black out sur la montagne😅) ! ! !

Le retour au parking se fait sous un orage qui à eu l’élégance d’attendre la fin de notre aventure ! Quelle chance incroyable que d'avoir profité toute la journée d'un soleil éclatant... Nous ne regrettons pas le déplacement ! Nous croisons maintenant sur le sentier des gens qui montent en short/marcel ou en robe d’été sous une pluie battante...Incompréhensible 😳!

 5 min à peine après ces dernières photos du lac, l'orage arrive et efface les belles couleurs du lac. Dommage pour les suivant !

Nous rejoignons notre campement de la veille pour une nouvelle nuit avec cette sensation d’avoir passé une superbe journée dont nous avons choisi des ingrédients qui n’étaient pas au menu, mais ont agréablement relevé la sauce ! Rassasiés, nous décidons donc de ne pas nous attarder plus longtemps ici. Notre voyage est encore long et nous avons, en une journée, vraiment bien profité de cette moitié accessible du parc. Nous reprenons donc la route à l’aube le lendemain en direction, toujours plus à l’ouest, de « North Cascades National Park ».

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Vous vous en douterez, avec la situation un peu particulière liée au covid19, notre road trip sera essentiellement composé de balades en duo plutôt que de rencontres à la "nus & culottés". On fait avec et on n'est pas trop à plaindre : il y a tant de belles balades à faire !

Nous continuons donc notre tournée avec North Cascades NP (National Park), qui se situe au nord ouest de l’Etat de Washington, à la frontière canadienne. Depuis Glacier, la route est longue et nous mettrons deux jours pour rejoindre l’entrée du parc.

Du Montana à l'Etat de Washington,nous traversons l'Idaho nord, et nous arrêtons sur des spots sympas pour pique-niquer ou dormir 

En chemin, nous traversons l’Idaho où nous tentons une rando jusqu'aux Cedar Lakes, mais au fur et à mesure que l’on grimpe dans les montagnes, le temps se détériore et nous arrivons sous la pluie au premier des deux lacs. Nous décidons de rebrousser chemin et de trouver un endroit « à l’abri » pour pique-niquer. On s'installe donc un peu plus bas le long du torrent : la pluie est moins forte mais la forêt plus dense, et nous avons alors la drôle sensation qu’un ours peut débouler à n’importe quel moment pour, au mieux, partager nos sandwichs ! Les nombreux arbres limitent notre vue et le bruit de l'eau couvre tous les autres sons ; mais il n'y a rien par contre pour camoufler l'odeur des chips 😅 ! Nous devenons alors naturellement très attentifs, aux aguets, comme des proies. C'est intéressant de penser qu'autrefois cela devaient constamment être le cas ; quand ce n'était pas pour les ours, ce devait être les loups ou les brigands... à l'époque les gens n'allaient surement pas comme nous en forêt pour le simple plaisir de se balader l'esprit léger 🙄 !

Un peu plus tard, de retour à la voiture nous plongeons dans le torrent de montagne pour la douche du jour😁! Etonnant également de voir comme l’on peut s’habituer à se laver à l’eau glacée ! ! On en devient même plein de gratitude pour ces torrents ou rivières qui nous offrent la possibilité d’un bain quotidien et de ressentir cette sensation tellement vivifiante une fois essuyés et habillés. Cela fait presque deux semaines que nous n’avons pas pris de douche chaude et cela ne nous manque pas.

 Même après une balade pluvieuse, un bon bain froid ça réconforte ! Jeanne y retourne d'ailleurs à 2 fois 😄 !

Nous reprenons la route, que nous continuons toute la journée suivante, et les paysages grandioses de lacs, forêts et montagnes défilent, parfois ponctués de magnifiques maisons en bois qui nous font envie ou, au moins, nous donnent des idées. Charmés, nous marquons une pause peu avant le parc lorsque nous découvrons la petite ville très pittoresque de Winthrop qui à su cultiver son caractère d’antan en préservant ses commerces aux devantures en bois d’époque. Jeanne veux faire les boutiques, moi j’en profite pour raser, dans les toilettes publiques, ma barbe de 2 semaines et rajeunis de 10 ans par la même occasion😇!

Droite: Les voitures modernes dénotent dans le décors! Gauche: 50% sur le pauvre ours tué pour sa couleur rare (soit quasi 5000€!)

Nous finissons par atteindre North Cascades et pique-niquons pour fêter ça DANS un lac, le spot le plus original de notre voyage ! Puis, sans surprise, nous partons en balade...☺️

En arrivant au parc la vue sur la lac Diablo est superbe ! 
 On pique-nique DEDANS, sur une souche 😊
 Jeanne inaugure sa chemise achetée à Winthrop, sur une balade - sans surprise- remplie de cascades, mais vide de touristes !
 Une forêt bien calme qui nous rappelle un peu la Nouvelle-Zélande

Comme à l'habitude, s'en suit la toilette dans un torrent bien glacé (peut être la palme pour celui-ci😱) au pied de notre campement, et comme « j’aime ça » j’ai la bonne idée de me laver les cheveux (qui attendent ça depuis notre départ). Ma tête manque d’éclater au contact de l’eau mais mes cheveux revivent (et reprennent leur folle pousse😏 !)

 Après le rasage, le shampoing ! Et du savon tant qu'à faire, car on n'en met seulement quand on tombe sur de gros torrent....
...mais qui dit gros torrent dit souvent gros courant, alors mieux vaut s'accrocher ! 

Jeanne à repéré une belle randonnée pour le lendemain qui doit nous mener au lac Thornton. Nous partons de bon matin, motivés, mais au bout d’un moment, avec l’altitude, la neige toujours présente ensevelit le chemin que nous n’arrivons plus à distinguer (allez savoir pourquoi aux Etats-Unis les marquages style GR n’existent pas !!). Nous arrivons tout de même à rester plus ou moins sur la piste grâce au GPS du téléphone (et à Jeanne qui maitrise la technologie🙏). La fin de l’ascension se fait donc hors piste et comme le lac est sous la neige, au lieu d'y descendre, nous grimpons finalement jusqu’à Trapper Peak où nous pique-niquons, seuls au monde, avec une vue à 360° pour nous récompenser de notre ténacité💪.

 À North Cascades NP il y a des cascades...
 ...mais pas toujours de pont ! Certains s'en sortent mieux que d'autres 😅
 Avec la neige Jeanne n'est pas toujours à son aise non plus...
 ...mais elle surpasse sa peur du vide et des pentes malgré tout ! 
 ça mérite bien une photo de couple et un bonhomme de neige 😉
Mais surtout un bon pique-nique 🤗! 
Content Yves Duteil avec sa coiffure post-shampoing (comme quoi 1 tous les 15jours c'est bien hein...) ! 

Le retour est presque une formalité et nous prenons plaisir à dévaler les pentes enneigées avant de retrouver, plus bas, le sentier qui nous ramène à la voiture. La balade aura durée près de 10h où nous n'aurons croisé qu'un groupe de fille perdues dans la neige qui rebroussent chemin à 10min de la fin 🤦‍♀️(pas faute de les avoir encouragées!) Après le rituel du bain glacé, il nous reste un peu de temps pour reprendre notre route car déjà notre prochain objectif nous appelle : ce sera Olympic NP 🙂

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[narration Jeanne]

Nous continuons de rouler vers l’Ouest en longeant la frontière canadienne (toujours fermée à cause de la pandémie) et nous évitons Seattle - ainsi qu'un détour de 5h de route - en prenant un ferry à 20€ pour rejoindre la péninsule sur laquelle se situe Olympic NP, juste en face de l’ile de Vancouver.

On se sent alors comme au Canada en approchant le parc par une route qui borde un grand lac, lui même bordé de grands sapins sur fond de montagnes si joliment éclairées par la lumière du soir… Magnifique, mais bientôt il fait noir et ça ne nous dit pas où dormir ! Et oui, la « routine » d’un vrai road trip, c’est justement beaucoup d’improvisation ! Ce qui n’est pas un problème pour moi, élevée au « on verra bien quand on y sera! » si souvent répété par ma petite maman 😊… Et c’est une formule qui a largement fait ses preuves😅. Pour ce soir, on solutionne facilement la question grâce aux conseils d’un ranger, qui nous indique l’emplacement d’un « camp spot » parfait à l’orée du parc national. Car autant on ne peut pas camper n’importe où dans les « National Parks » - et en ce moment carrément nulle part ! - autant il est officiellement autorisé de pratiquer le camping sauvage dans toutes les « National Forests ». Allez comprendre, en tout cas ça nous arrange bien !

Le spot est tellement parfait que même des bûches nous attendaient!Et l'eau n'est pas glaciale,je me lance enfin pour le shampoing

Le lendemain on se lève avant le jour. Ou plutôt devrais-je dire « Eric se lève avant le jour » car j’avoue que moi je reste au lit pendant qu’il nous conduit 😇 . C’est l’avantage du lit sur roues ! Et d’un super chéri, puisqu’on n'a pas encore inventé le pilotage automatique…. Eric nous conduit donc dans le parc jusqu’au départ de notre rando du jour. On petit-déjeune avec le lever de soleil dans un froid de canard, et je m’échauffe dans tous les sens pour affronter au mieux la "petite" balade qui a cette fois été soigneusement choisie par Eric 😏 Comprenez : ce n’est pas tant pour éviter le monde que nous partons aux aurores, mais surtout pour avoir le temps de parcourir les 30km et 1600m de dénivelés en une journée 😅 ! Je me demande si c’est le nom du parc qui l’a influencé 🙄

Nous démarrons la boucle dans une forêt humide et majestueuse : beaucoup de grands arbres, de cascades, et la petite brume matinale transpercée par les rayons du soleil...une ambiance féerique nous invite à garder le silence. Puis, rapidement, la grimpette commence, et nous nous faisons doubler par un couple de coureurs, visiblement lancés sur le même tracé. Comme quoi je n’ai aucune raison de me plaindre, nous on se contente de marcher 😆. Ces 2 personnes seront les seules que nous croiserons, et nous ne le savons pas encore, mais sans elles nous n’aurions jamais pu terminer la boucle!

En effet, à mesure que l’on monte, la neige fait son apparition…et le chemin sa disparition !!! Une fois n’est pas coutume, AUCUNE indication ne permet de deviner le tracé… Personne ne semble avoir fait la rando récemment, surement à cause de la neige encore trop présente combiné au fait que le circuit nécessite normalement une nuit de bivouac, ce qui est interdit en ce moment. Alors nous bénissons les 2 coureurs pour leurs traces fraiches, et nous félicitons d’avoir, au dernier moment, changé d’avis sur le sens dans lequel effectuer la boucle ! En sens inverse, nous serions tombé sur une neige dénuée d’indice après quelques heures en forêt. Bien sûr le GPS du téléphone aurait pu dépanner cette fois encore, mais la batterie n’aurait jamais tenu le coup et nous n’aurions de toute manière pas été assez efficaces avec cette technique pour rester dans le temps imparti. Bref, nous nous réjouissons de ce coup de chance et la majeur partie de la rando ressemble alors à un grand jeu de piste version trappeur 🤗. Nous découvrons d’ailleurs d’autres traces : cervidés évidemment, mais aussi ours et même lynx ! Cependant, aucun de ces animaux n’aura daigné se montrer, et contre toute attente, le seul que nous voyons est…un colibri 😯 !

La rando est superbe mais il me faudra affronter mes pires cauchemars face aux abruptes pentes enneigées que nous devons traverser pour atteindre le pic Bogachiel, où je peux alors souffler et savourer ce qui me motive le plus dans la randonnée : LE PIQUE NIQUE 😃 (et oui, chacun sa motivation!)

Plein de jolies fleurs ! Surtout une ☺️( non, pas à gauche, à droite ! ) 
 Ce genre de passage tant redouté ! Mais ça passe bien si je ne regarde que mes pieds...et que j'arrive à ne pas glisser 😱!!
  Finalement c’est en passant un an sans hiver qu’on aura vu le plus de neige dans une année 😎
La récompense ultime : pique-nique face au mont Olympus  🤗

Une fois le ventre plein nous attaquons la partie descente et nous amusons à skier dans la neige en nous disant que cette fois ça devrait bien être la dernière fois qu’on en voit. Au total nous marchons plus de 10h, passant des vertes forêts aux blancs alpages, des folles cascades aux calmes étangs d’altitude, et du niveau de la mer aux sommets enneigés, le tout dans une ambiance sonore des plus silencieuses, renforçant encore un peu plus la sensation d’être seuls au monde.

De retour au parking, il reste juste le temps pour le bain, une soupe…et au lit 😁!

Le bidet est plus froid que la veille, mais le gueuleton "ben" bon !

Le lendemain par miracle je n’ai même pas une courbature 🙏 La remise en route sur 15 jours aura été efficace (Eric lui n’en a jamais, à se demander s’il a des muscles en fait 🧐😏 ). Nous reprenons la route et faisons désormais cap vers le Sud, le long de l’océan pacifique !

 Le Pacifique Nord  🙂

Les maisons en fustes laissent progressivement la place aux pavillons en bois laqués, et l’ambiance rustique montagnarde s'efface au profit de la touche plus raffinée du bord de mer. Le paysage a lui plus de mal à se décider et préfère mélanger les styles, mariant les montagnes couvertes de sapins aux grandes plages désertes de sable gris. La brume environnante crée une ambiance bout du monde des plus charmante et nous nous arrêtons de-ci de-là pour une balade de santé.

Mer et montagne se mélangent ; la neige se transforme en sable... 
 Je vous préviens je me suis lancée dans une mission de reportage capillaire ! il  risque d'y avoir des portrait assez souvent  😇
 Les plages sont idéales pour galoper, et ce genre de petit chemin fini de me rendre folle de ne pas être à cheval...

Nous roulons donc tranquillement au gré de nos envies durant 4 jours, passant de l’état de Washington à celui de l’Orégon, pour atteindre, enfin, la Californie !

Ceci est une chaussette, lavée en rivière sans produit,séchée sur le tableau de bord.L'aspect est douteux mais l'odeur à disparu !
 On n'est pas trop sûr de comprendre ce panneau  😂
 Le matin quand on a du temps et un bon spot, c'est pancakes au petit-déjeuner  🤗
 La bella vida 🥰 !
9

[narration Éric]

Au nord de la Californie se trouve le Redwood National Park. Nous nous immergeons à l’occasion d’une randonnée dans cette forêt peuplée de séquoias géants aux circonférences et hauteurs incroyables. De vraies sculptures monumentales végétales !

On se sent vraiment minuscules au milieu de ce monde arboricole surdimensionné. Nous marchons souvent le nez en l’air en faisant confiance à nos pieds pour nous guider sur le chemin qui nous mène à une plage à la nébulosité caractéristique de cette côte pacifique !

 Bien sûr, on ne se rend pas compte de grand chose en photo !

Nous continuons notre traversée en voiture en empruntant l’allée des géants. Une petite route nous conduit au milieu de ces vénérables millénaires que le serpent de bitume contourne en nous laissant admirer les plus beaux phénomènes. Un lit de rivière presque asséchée nous accueille pour la nuit et le bain du matin alors que le traditionnel feu de camp réchauffe notre petit déjeuné matinal.

Dur réveil pour les cheveux, heureusement on a des tartines chaudes pour oublier, et un bonnet de camouflage au besoin...

Nous avions ensuite prévu de passer par Yosemite National Park mais nous nous rendons compte en voulant préciser notre visite que cette année pour ce parc, l’entrée est impossible si l'on n’a pas réservé à l’avance - et bien sûr tous les billets se sont vendus dès la mise en place du système ! La gestion de la pandémie, au niveau des National Parks, est complètement hétérogène et souvent incompréhensible, voir illogique dans les dispositifs mis en oeuvre 🙄…. De fait, nous oublions Yosemite - et ses quelques 5000 visiteurs autorisés par jour ! Notre nouvel objectif est Sequoia National Park, juste en dessous sur la carte, mais bien moins réglementé que Yosemite.

 cette chevelure est décidément pleine de surprise !
En quelques Miles on a l'impression de passer de la Bretagne à la Méditerranée 

Nous quittons alors la côte pacifique et traversons des paysages arides à l’intérieur des terres entre San Francisco et Los Angeles. Après l’ombrage, le désert ! La chaleur est brulante et tout est sec, prêt à bruler.

Heureusement nous trouvons un canal d’irrigation pour nous laver et réguler notre température 🤤! Puis nous prenons de l’altitude pour atteindre Séquoïa NP où nous dormons dans la National Forest accolée.

Après le désert, l’ombrage ! Ici, malgré un climat plutôt sec, les séquoias peuplent à nouveau les pentes des montagnes jonchées de gros blocs granitiques.

Le lendemain nous partons très tôt pour une belle randonnée qui doit nous mener, à travers cette forêt particulière, vers 3 lacs d’altitude.

Arrivés au dernier lac, nous pique-niquons en compagnie des gardiens des lieux et décidons rapidement de prolonger la balade en mode hors piste, sous l’impulsion de Jeanne, sur-entrainée, qui a trouvé ça trop court (mais a peut-être oublié qu’il y avait le retour😅!! ) . Il est vrai qu’en l’absence de chemin tracé, les larges dalles de granit semblent rendre plus facile l’ascension vers les sommets environnants.

les lieux sont gardés par des marmottes adorables style chat angora. L'une s'endort à nos côté en nous surveillant pdt la sieste 🥰
 rien ne vaut de sortir des sentiers pour vraiment en suer !

Mais la montagne est pleine de surprise et nous mettons un certain temps pour arriver enfin à un sommet, qui, après avoir semblé reculer 100 fois, nous offre finalement une vue panoramique à 360° aussi belle que méritée !

La descente en hors piste par une voie différente n’est ni plus facile ni plus rapide, mais les petits challenges de désescalade qui s’enchainent et l’analyse du terrain nécessaire pour bien choisir notre route la rendent amusante.

En chemin Jeanne se (re?)découvre une passion pour les fleurs... 
Si vous croyez qu'on est arrivé, vous vous trompez... il faudra encore escalader le mur de droite...

De retour au lac où nous avions déjeuné seuls quelques heures plus tôt, nous découvrons beaucoup de monde et prenons alors sans regret le chemin qui nous ramène au parking, après une rando finalement bien physique ! Et Jeanne subit durement le retour, beaucoup plus long à son goût que l’allé 😏😆

Nous quittons Sequoias NP avec en point de mire Death Valley ! Après l’ombrage, le désert !

 On était bien, au frais dans les montagnes 😅!

Nous trouvons (non sans mal cette fois) un coin pour la nuit en bas des montagnes, puis sillonnons le lendemain une petite route très sinueuse qui nous propose un paysage encore différent, mélange de minéral et de végétal aux couleurs bien particulières. Puis les arbres deviennent des cactus et les routes des lignes droites infinies...

Nous sommes le 4 juillet, c’est la fête nationale, nous aurons donc droit à de nombreux feux d’artifices pour éclairer le ciel en plus de la pleine lune !

 Le calme qui règne au matin contraste avec l'agitation nocturne de la veille! Le désert fût propice aux battles de feu d'artifice

Au réveil nous découvrons un peu mieux la beauté du lieu qui nous a hébergé pour la nuit, avant de repartir dans des paysages de plus en plus désertiques et gigantesques, sous un soleil de plomb…vers la fameuse vallée de la mort !

 En route pour la Vallée de la Mort !
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[narration Éric]

En route pour Death Valley nous empruntons des routes rectilignes et interminables. L'absence d’autres voitures et l'aspect aussi déserté que désertique des rares villages que nous croisons nous donne la sensation d’être seuls au monde, perdus dans cette immensité minérale. Les heures et les miles défilent, tandis que la température augmente sans limite. Le paysage lui, devient vraiment extra ordinaire ! Les échelles ne sont plus les mêmes, nous progressons dans le gigantesque lunaire...

Notre première halte se trouve au terme d’une piste chaotique pour une petite balade qui doit nous mener....à une cascade ! Impossible de deviner que cet environnement minéral et désertique cache, quelque part dans ses recoins secrets, une oasis de verdure et de vie où la présence de l’eau offre un havre salvateur à quelques plantes et animaux chanceux... Et pourtant 😯! Après quelques minutes de marche au fond du canyon aride et brulant, celui-ci se resserre et les premiers saules apparaissent. Petit à petit, la vegetation devient plus dense et nous avons l'impression d'avoir changé de planète en quelques mètres. Le bruit de la cascade guide nos pas jusqu’à son pied ombragé. Là, ce sont les libellules qui s’approprient les lieux : des rouges, des bleues, des grosses, des petites ! Elles semblent régner en maitres et dansent innocemment au dessus de l'eau, les grenouilles étant trop occupées à se faire la court 😏...

Impossible de soupçonner la moindre présence d'eau dans ce désert aride... Suivons les crottins d'âne, ils connaissent le chemin !
 Il fallait VRAIMENT la voir pour y croire, et encore, on se demande si ce n'est pas la chaleur qui crée une hallucination !!

Nous passons un bon moment à profiter de l’ombrage bienfaisant et de la présence quasi miraculeuse de cette source de vie. À regret, nous rejoignons la voiture (et le cagnard😅) et roulons jusqu'au sommet d'une montagne pour un pique-nique panoramique impressionnant.

 Une vue de dingue, et une brise parfaite pour apprécier la sieste post-prandiale !

Puis, dans l’après-midi nous franchissons Paramint Range, une chaine de montagne, pour trouver notre campsite du soir à Wildrose. Les voitures se font encore plus rares puis finalement inexistantes. À la place, on croise des ânes sauvages 🥰! Depuis le campsite, nous nous engageons sur une piste carrossable afin de rejoindre le départ d’une rando qui va nous mener jusqu'à Wildrose Peak (2500 m d’altitude).

 Une jolie petite famille d'ânes sauvages !

Nous commençons à marcher à 17h pour éviter les heures les plus chaudes de la journée.

En découvrant cette fleur de cactus, on devine sans aucun doute pourquoi le sommet se nomme "wildrose" (rose sauvage) 

Après 2h de grimpette (et sans surprise zéro marcheur croisé) nous arrivons au sommet et découvrons une vue panoramique sur Death Valley et ses environs ! À perte de vue, aucune trace de civilisation et des paysages titanesques ! On se sent minuscules.

Nous arrivons à la voiture à la nuit et prenons rapidement une douche « bouteilles d’eau » avant de rejoindre le campsite (en slalomant entre les dizaines de lièvres qui tentent de passer sous nos roues!) pour savourer un bon repas "chips, pommes, gateaux" bien mérité, en regardant un film sur le téléphone 🤗! Nous devons être les seuls Sapiens à des kilomètres à la ronde.

Nous repartons le lendemain pour atteindre enfin la fameuse vallée de la mort, au bout d’un interminable et incroyable toboggan routier d’une dizaine de kilomètres, qui nous entraine en ligne droite sans détour, du haut de la montagne au fond de la vallée, là bas, tout en bas ! Quelle sensation !! Tout est démesuré ici !..

Petit déjeuner seuls face au désert 

Nous nous arrêtons aux Sand Dunes, curiosité géologique, où des dunes de sable se sont formées au milieu du désert rocailleux. La température est extrême (environ 48°) et la pt’ite chérie à juste le temps de voler quelques photos avant de frôler le malaise pendant notre retour à la voiture😇.

Nous reprenons la route jusqu’à Furnace Creek, où il fait encore plus chaud car situé sous le niveau de la mer, mais, comble de l’absurde, un golf verdoyant dénote à l’extrême dans le paysage alentours. Notre chance ou un timing de dingue fait que nous arrivons au moment où le système d’arrosage du green se met en marche 🤩! Ni une ni deux, on se jette sous les jets d’eau pour une douche improvisée, peut-être la plus chaude depuis notre départ et certainement la plus inespérée et réjouissante ! Un vrai bonheur.

Quel est le plus absurde, un golf dans le désert ou l'arrosage à midi ? Les 2 cumulés sont un comble mais on en a bien profité !

Malgré l’ombre procurée par les arbres du golf durant notre pique-nique, la chaleur reste accablante et Jeanne a du mal à terminer l'article de "Glacier National Park" rempli de photos de cascades dans ces conditions 😅! C’est donc avec un plaisir démesuré qu'elle découvre le restaurant du golf, vide mais ouvert, dans lequel nous commandons glaces, milkshake et boissons fraiches ! Re un vrai bonheur !!!!

Nous ne sommes pas pressés de quitter la clim' des lieux et en profitons pour admirer méticuleusement la déco du restau et du saloon où se côtoient vieilles photos de la conquête de l’ouest, tableaux plus ou moins réussis et collection taxidermiste de la faune locale (bref, vraiment tout pour ravir Jeanne 😄!).

Finalement nous repartons sous une température encore plus dingue (si, si !) et ne faisons qu’une courte halte au lac de sel de Badwater avant de capituler et d’activer enfin la clim de la voiture, dont nous avions jusqu’ici voulu nous passer pour rester en immersion totale dans « la vallée de la mort……..de chaud » !

Le lac de sel de Badwater, une chaleur absolument invivable. Cet été le record mondial de 54°C y a été enregistré !  

Et puis, au fil des miles et des paysages toujours aussi grandioses, nous quittons petit à petit Death Valley en direction de Las Vegas dans le Nevada.

Cette nuit, nous dormons encore une fois dans un paysage désertique, en pleine nature...mais pourtant bien aux portes du paradis du jeu et de la démesure américaine 🤑 !

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Publié le 25 août 2020

[narration Éric]

Après avoir tranquillement flâné à notre campsite, nous reprenons la route pour continuer notre « traversée du désert » et arriver d’un coup, en milieu d’après-midi, dans l’oasis LAS VEGAS.

 Petit dèj à l'ombre, entourés de cactus

Nous entrons dans « la ville des lumières » par une autoroute 2X4 voies qui pénètre jusqu’au coeur de la ville. L’avenue la plus populaire, et inévitable pour le touriste de passage, s’appelle « le strip » et concentre la majorité des hotels de luxe plus gigantesques les uns que les autres, qui abritent tous en leur sein galeries marchandes et casinos labyrinthiques aux milliers de machines à sous ! Il faut vraiment le voir pour le croire 😯

Bienvenue sur le Strip de Vegas, véritable oasis au milieu du desert  
 Des hotels, des casinos et de l'eau, en veux-tu en voilà !
 Mais aussi des bières au cannabis, des stands de tir, une tour trump en or, et j'en passe 😅 !

Nous déambulons dans la looooongue avenue (environ 7km) tantôt sous le soleil accablant, tantôt dans les galeries et casinos, qui nous procurent plus d’ombre et de fraicheur que de rêves ou d’envies ! Les rues semblent désertes en pleine journée, mais on découvre finalement beaucoup de monde dans les hôtels, scotchés devant les machines à sous 😏...

Les gens peuvent passer jour et nuit devant les machines à sous, et il y en a tellement que s'en est écoeurant 🙄

Les immenses complexes hoteliers à thème nous transportent de Venise (avec canaux et gondoles) à Paris (avec tour Eiffel), puis New York (avec statue de la liberté) à Louxor (avec pyramides et sphinx), et rivalisent de qualificatifs pour vanter leurs spectacles permanents, David Copperfield et autres magiciens, tous, les meilleurs du monde, chanteurs ou chanteuses plus ou moins connus(de moi) ou spectacles de cirque tous plus extraordinaires (qui frôlent parfois l'indécence !). Chaque Méga hotel a son méga show (mais un seul sera maintenu à cause du Covid 19).

 À gauche, la galerie marchande de l'hotel Bellacio est dotée d'un faux ciel, comme ça il fait jour même quand c'est la nuit 😎!
 Las Vegas et son légendaire sens  de la morale 😇!

La démesure est partout et, lorsque la nuit tombe, l’apparition des lumières démultiplie cette sensation ! C’est très impressionnant, souvent très beau, mais cette ville « miracle » - ou mirage - a poussé au milieu d’un désert que l’on traverse maintenant depuis quelques jours et qui s’étend à perte de vue, dès que l’on quitte les faubourgs de la ville... On ne peut s’empêcher de se demander : d’où vient toute cette eau qui enchante, irrigue ou rafraîchit ?! De se demander combien de temps encore pourra durer une telle débauche d'énergie et si d'ailleurs, le rêve américain incarné par cette vitrine de la puissance capitaliste, n’arrive pas déjà en bout de course, comme en témoignent les énormes hotels délabrés et laissés à l’abandon, qui dénotent tout autant que le nombre non négligeable des mendiants qui jonchent les trottoirs devant les antres du luxe et de l’argent... "Hélas Vegas" est aussi visible de l’autre côté de la médaille.

Sentiments mitigés donc, entre émerveillement de surface et dégout plus profond devant cette ultra consommation illimitée !

 Gauche: pas besoin d'être handicapé pour utiliser un fauteuil électrique ici😆Droite:on n'a pas hésité à ne PAS faire de shopping 

Bref ! J’ai faim depuis des heures lorsque nous choisissons un restaurant qui a comme première vertu d’être ouvert et qui nous permet enfin de nous poser, boire et manger. Mon Hamburger frites est délicieux (mais je pense que j’aurais pu manger de la cervelle d’agneau et des pieds de porcs avec le même appétit) mais le fish & chips de ma pt’ite chérie semble moins convaincant 😏 (grosse dalle ou pas, on ne l' "arnaque" pas 😅)!

Nous terminons la rando urbaine (eh oui, 15kms quand même !) tard dans la soirée et constatons de retour à la voiture, qu’il va être impossible de dormir comme prévu sur le parking, sous peine de devoir choisir entre chaleur étouffante en gardant les fenêtres fermées, ou vacarme incessant de la ville en les ouvrant..!

Nous quittons donc Vegas, déjà bien fatigués, un peu avant minuit, et roulons pendant une heure, plus à l’Est avant de trouver un spot pour dormir « pas terrible, mais ça ira bien ! ». Après une courte nuit rendue inconfortable par la chaleur et la soif, nous partons de bonne heure le matin pour trouver un endroit ombragé (une gageure dans le coin !) pour le petit déjeuner.

Quelques miles plus loin, alors que Jeanne imperturbable continue tranquillement sa nuit dans le lit roulant, je bifurque un peu par hasard sur une petite route qui nous mène tout droit……..au fleuve du Colorado. Alléluia 🙏 ! Nous profitons de cette oasis providentielle pour prendre un bon bain tonifiant dans les eaux claires et froides, suivi d’un petit déj « Pancakes » avec nos amies les abeilles !

On découvre ensuite une station destinée aux pêcheurs pourvue de nombreux robinets... L'eau chauffée par le soleil à travers les tuyaux nous permet de remplir nos bidons pour la douche du soir, faire la vaisselle, la lessive et même me raser pour la deuxième fois en 1 mois ! L’eau c’est la vie, et l’eau chaude c’est le luxe 🤗

 Un gros poisson profite de la station pour s'enlever les écailles...

Nous nous attardons un peu pour préparer, à l’ombre, la suite du périple, ce qui nous permet de préciser notre itinéraire et par la même occasion décider de rebrousser un peu chemin. Alors, après une ultime trempette fort rafraîchissante, nous reprenons la route, finalement en direction du grand lac Mead, au bord duquel nous camperons le soir même avant d'atteindre le célèbre Zion National Park !

 Bonne surprise, la route pour le lac Mead se révèle être absolument magnifique !
  Cela nous pousse à sortir de la voiture malgré la chaleur...
 ...pour grimper rapidement jusqu'à un point de vue qui valait le coup d'oeil !
 On adore ce genre d'émerveillement inattendu !
 Le spot au bord du lac valait bien de prendre le risque d'emprunter la piste sablonneuse de 4x4 !
La nuit le coffre ouvert nous fera profiter cette fois 'dun excellent courant  d'air, tel un ventilo sur puissance max, parfait !
 Au menu ce soir, pâtes-pesto...comme 1 soir sur 2 (l'autre option étant riz-chilli ☺️ ) !
 Et l'aventure continue !! (c'est bien pour ça d'ailleurs que ce blog a plus d'un mois de retard 😅)
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Publié le 17 novembre 2020

1 mois de retard qu’on disait ?… mouarf, c'était rien 😅 ! Non, nous n’avons pas attrapé le covid entre temps, mais les événements se sont enchainés, les photos se sont accumulées, et le choix de ne pas passer trop de temps devant l’écran mais plutôt à vivre le moment présent nous aura fait lâcher le blog sur la dernière partie du voyage...

Depuis, nous sommes rentrés en France mais le tourbillon de la vie ne nous a guère laissé de répit. Maintenant que nous sommes bien installés, nous voilà donc 4 mois plus tard, de nouveau sur ce blog pour terminer de vous raconter notre épopée !

Nous quittons donc les berges sauvages du lac Mead et l'état du Nevada, pour nous rapprocher un maximum du Zion National Park, dans l'Utah. Nous avons la journée devant nous pour rouler, faire quelques provisions, et préparer notre visite (comme d’habitude par nous-même en fouillant sur internet, puisque les centres d’informations sont tous fermés), avant de nous installer tranquillement pour la nuit sur un spot de camping sauvage à quelques miles de l’entrée du parc.

Nos recherches nous apprennent entre autre qu’il est en fait devenu fort compliqué de pénétrer dans ce parc ! Les voitures sont interdites depuis des années et l’accès se fait donc par un système de navettes… Jusque là, ça va. Mais avec le Covid, des dispositions particulières on été mises en place afin de limiter le nombre de personnes au sein des navettes : il faut désormais prendre des billets (nombre de places très limité) qui sont uniquement disponibles sur internet, et uniquement la veille pour le lendemain ! Résultat, les tickets qui sont quotidiennement mis en vente (1$) à 9h…. sont déjà épuisés vers 9h03 ! Et c’est tous les jours comme ça.

Autant dire que malgré notre tentative de réservation dès 9h le lendemain matin, nous n’arrivons pas à être assez rapides pour gagner un ticket de navette pour le matin suivant, mais on arrive tout de même à en décrocher un pour le début d'apèm. Ça sera surement l'heure de pointe et ça ne nous laissera pas beaucoup de temps sur place mais c'est déjà ça ! Et d'ici là pour aujourd'hui nous nous contenterons d'une petite rando "d’entretien" aux alentours afin d’être prêts pour les deux jours à venir💪

 Gauche:pas sûr qu'il ai pris son ticket celui-là ! Droite:pas d'ours ici mais ne pas quitter sa nourriture des yeux pour autant😄!
 les routes alentours sont superbes
Après la balade de santé, dîné pâtes-pesto panoramique au soleil couchant 

Le samedi, nous prenons notre temps le matin puisque notre navette est à 14h, et nous réussissons cette fois (merci pt’ite chérie) à prendre des billets d’entrée pour le matin suivant, nous allons donc pouvoir accéder au parc 2 fois, on se sent trop VIP 😎

Cependant, pas mal de sentiers (bien sûr les plus intéressants) sont fermés (covid toujours) mais la foule des touristes américains désireux de visiter le parc ne faiblit pas. De fait, nous nous retrouvons en début d'après-midi au départ des navettes pour rejoindre le départ de la rando « the Narrows » au milieu de nombreuses autres personnes partageant le même objectif - ce qui a le don d’assombrir mon humeur 🙄😬!

The Narrows est une rando familiale qui serpente dans un torrent relativement plat au fond d’un canyon imposant et souvent très étroit (=narrow) . Par ces températures, c’est la rando familiale, facile, ludique et rafraichissante par excellence, surtout avec le choix restreint que nous propose le parc en ces temps de restrictions Covid !

Sans surprise nous commençons donc la rando dans un flot de Sapiens et, malgré un petit détour moins fréquenté pour pique-niquer au calme, nous nous retrouvons dans la nuée dès l’entrée du canyon ! Ce sont, je pense, des milliers de personnes qui barbotent, pataugent, et prennent leurs ablutions dans ce que nous appellerons bientôt le « bain de pieds géant ».

Avant son sandwich, Jeanne ne résiste pas à l'appel de l'eau émeraude 😍😈. Elle ne sait pas encore pourquoi elle est si trouble 😏😇
Pour toute la crème solaire et autre jus de chaussettes des "randonneurs" qui pataugent quelques centaines de mètre en amont ! 

Je suis bien sûr excédé de voir tant de monde et c’est à marche forcée que j’entraine la pt’ite chérie toujours plus loin pour fuir la furie de la foule bouillonnante !

Au bout d’un moment - c'est à dire après avoir doublé des centaines de personnes qui arrivent à peine à poser un pied devant l’autre quand il s’agit de marcher dans l’eau (et portent pour beaucoup des chaussures de location spéciales en néoprène, comme s’il s’agissait d’une grosse expédition !) - cette stratégie de fuite en avant commence à payer, et l’on peut enfin apprécier la beauté du paysage débarrassé des bruyants intrus.

La remontée du torrent se fait plus sauvage, plus technique et nous nous retrouvons pratiquement seuls au milieu de cet environnement exceptionnel et si pittoresque !

Mais il est déjà temps de penser au retour si nous ne voulons pas rater la dernière navette pour revenir à l’entrée du parc, et risquer de se rajouter 8 miles à pied !

Nous rejoignons ensuite notre campsite, toujours ombragé (ouf!) mais bien moins calme que la veille, week-end oblige !

Le lendemain nous partons assez tôt pour prendre la navette de 8h et profiter des heures les moins chaudes de la journée pour notre seconde rando au sein du parc, nommée « Scout Lookout ».

 Belle lumière matinale au pied de la randonnée

Nous nous engageons alors sur un chemin large et cimenté, accessible au plus grand nombre….du moins jusqu’à ce que celui-ci prenne du dénivelé de plus en plus fort !

 Pose à la chinoise pour un sentier bétonné à la chinoise... La vue n'en est pas moins superbe

On se croirait sur un chemin de pèlerinage dont le graal, bien plus haut, est un spectaculaire point de vue que nous n'atteindrons jamais puisque la dernière section a été fermée par les autorités du parc, je vous laisse deviner pourquoi…

Nous profitons tout de même d’un chouette belvédère, un peu moins haut, mais quand même !

Tout le monde profite de la vue 😊 ! 

Puis malgré la chaleur qui augmente, nous continuons notre ascension sur un chemin bien moins roulant, plus technique et donc soudain vidé de la foule déambulante 😈 Nous finissons comme à notre habitude par une petite section hors piste pour trouver un charmant coin d’ombre et une très jolie vue sur les gorges en contre-bas, que nous admirons pendant notre pique-nique.

 Où est Charlie ☺️?

Le retour est une formalité, mais il fait trèèèèès chaud, l’excuse parfaite pour faire un plouf à l'arrivée, avant de reprendre la navette et sortir du parc pour se payer une bonne glace et une boisson fraiche bien méritées !

 ça c'était avant qu'elle voit le panneau "danger mortel  cyanobactéries", elle faisait moins la maline après 😂

Puis vient le moment de reprendre la route - magnifique - et de trouver un nouvel endroit inconnu en guise de chez nous 🤗

 Comme à la maison 🥰 ! Chambre au calme et bien ventilée, salle de bain super, jolie vue sans vis-à-vis et porte serviette inclus😄

Le lendemain, nous profitons du calme, de l'ombre, et de notre planning très libre pour s'offrir une petite pancakes party, puis écrire dans mon carnet (celui qui nous sauve aujourd'hui!) pendant queJeanne avance sur le blog (la belle époque😏...)

 Le petit dèj en slip dehors... pépère 🐱! 

Et quand on est prêt on décampe : cap vers un autre canyon...encore plus Grand 🤗 !