Carnet de voyage

From sea to sea (en trichant un peu)

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Dernière étape postée il y a 86 jours
Du presque Atlantique (Québec) au Pacifique (USA puis Canada), et sans prétention aucune sur la qualité des photos ou de l'écriture, suivez-moi ici et sur http://www.cafecarnet.com/
Juin 2017
104 semaines
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Publié le 13 mars 2018

Ayant conclu le projet tel que je l'avais défini au début de ce blog (Québec, traversée des Etats-Unis et côte ouest USA/Canada), nous avons fait évoluer le blog d'Amélie pour en faire un projet commun sous le nom de "Café Carnet". http://www.cafecarnet.com/

Café Carnet est un blog sur nos voyages (en van principalement, mais pas que) et nos conseils pour bien préparer et vivre les vôtres!

Pourquoi ce nom ? Le Café est à la fois une couleur chaude, une odeur réconfortante, une chaleur bienvenue, un lieu de rencontre. Le Carnet quant à lui nous sert de mémoire, d’espace de liberté, de matérialisation de nos souvenirs et de notre expérience. Les deux sont des refuges indispensables à tout voyage !

Suivez-nous sur notre blog et sur les différents réseaux sociaux afin de profiter de notre expérience et partager la vôtre !

A bientôt!

Publié le 17 juillet 2017

L'idée est la suivante: profiter du temps et de l'espace qui s'offriront à moi sur les mois à venir.

Derrière cette phrase qui veut tout et (surtout) rien dire se cache un voyage à travers le Canada et les Etats-Unis en mode "road trip" au volant d'un van.

En partie à deux, en partie seul. Ou pas (qui sait, peut-être que des voyageurs feront un bout avec moi?).

Pourquoi le Canada? Car ce pays m'a accordé un PVT (pour Permis Vacances Travail) de 2 ans sur son territoire.

Pourquoi les Etats-Unis? Car c'est à côté! De plus, un ami m'a donné une excellente raison de traverser ce pays: son mariage.


Le programme est le suivant: Visiter une partie du Québec à deux, filer en Californie seul pour le mariage, remonter sur la côte ouest pour retrouver le Canada et plus précisément la Colombie-Britannique, et repartir de plus belle à deux dans les provinces de l'Ouest avant que l'hiver soit trop mordant!

La durée: 5 mois de fin juin à fin novembre.

Publié le 17 juillet 2017

13 Juin.

Me voilà arrivé à l'aéroport P-E Trudeau de Montréal.

J'attends patiemment Matthieu qui doit venir me chercher et m'emmener sur Sherbrooke, à 2 heures de route de Montréal. Il y vit et doit m'héberger pour les 2 semaines à venir.

Il a été d'une grande aide dans les préparatifs en tant que régional de l'étape! Des réponses à mes questions, une arrivée dans du coton, et surtout la recherche et l'achat du van qui doit me servir à voyager.

Je suis fatigué du décalage horaire et habité d'une humeur partagée entre l'excitation de ce qui vient et l'amertume d'avoir laissé les amis, l'amie et la famille en France. Vous serez là tout au long du voyage oui, mais un océan entre nous à ce moment-là ça compte dans la tête.

Quand Matthieu a su ce que je comptais faire pour débuter mon PVT, à savoir rouler à travers l'Amérique du Nord en van pendant quelques mois, il m'a proposé de visiter et essayer les vans que j'aurais sélectionné sur internet et me rendre compte de leur état.

Les critères de sélection étaient les suivants:

  • prix inférieur à 7000 $CA (soit 4600€)
  • volume raisonnable: suffisamment grand pour y vivre confortablement quelques mois et suffisamment petit pour pouvoir se déplacer en ville à l'occasion, se garer sur des places de parking, etc...
  • état "prêt à partir" pour rouler directement avec, sans frais à prévoir et ce pour 10 000 kms (ce dernier point est ambitieux!)

Après quelques essais et échanges de mails, je transfère les fonds pour un Winnebago Lesharo de 1987. Il a une gueule bien à lui, un moteur consommant peu et un gabarit adéquat.

Lorsque j'arrive à son volant pour un premier essai (histoire de s’assurer qu’il peut m’emmener jusqu’à Trois-Rivières le lendemain, lieu de l’estimation de sa valeur, impératif pour l’immatriculation), hormis un doute sur le circuit de freinage c'est conforme à ce à quoi je m'attends. C'est vieux, ça grince, c'est lourd. Ah, petit détail: ça grimpe à 80km/h, pas plus; il va falloir revoir à la baisse les distances parcourues par jour dans les mois à venir! : ) Cependant, à part une purge des freins j’y vois guère de problèmes sérieux (moi, le mécano...).


Me voilà au volant pour 2h30 de ballade. Heure matinale oblige, je surprends des biches sur la bretelle d’autoroute. Ouf, je n’aurais pas eu le même œil tendre et le même rictus avec un orignal ! Les panneaux signalant leur présence sont omniprésents le long des routes du coin.

45 minutes plus tard, un bruit sourd se fait entendre suivi d’un bourdonnement permanent… 5 km à parcourir jusqu’à la prochaine sortie, je serre les fesses (du mieux que je peux avec le peu que la nature m’a fourni).

Verdict : la ligne d’échappement a rompu. 45min et la première galère… Il est 7h30, je suis en pleine campagne, je lime ma tuyauterie sur le bitume et je crache du sans plomb dans les naseaux de tout animal qui traîne près de la route (dont moi). Faut réparer. Inventaire du van donc ? Rien, évidemment. Faut donc trouver de l’aide.

Gauche ou droite à la sortie ?

Gauche. C’est un pari n’ayant pas de GPS et ne sachant pas quoi y trouver. Après coup, j’ai fait le bon choix vu l’étendue déserte à droite (et je ne parle pas politique française : ) ) que je traverse peu après. Au bout de 300m, une ferme d’élevage. Je m’y insère pensant bien y trouver une bonne âme qui aura pitié de moi et m’indiquera le premier garage. N’ayant pas le sentiment d’être trop gourmand, je demande également du fil de fer pour une réparation de fortune. J’attache ainsi la ligne au châssis et pars arpenter la campagne profonde avec un van qui hurle à la mort par 8h du matin. 15 minutes plus loin, je tombe sur un boui-boui où deux bonhommes bien bourrus sont affairés sur un moteur de dépanneuse. Je suis plus surpris qu’eux étant donné qu’ils m’ont entendu arrivé de loin; leur seule interrogation est de savoir quel est l’idiot qui conduit ainsi de bon matin un van de cet espèce. Ils stoppent tout afin de faire ma réparation, me donnant l’occasion de voir le dessous du van : aïe. Fuites d’huile, rouille et ligne d’échappement épaisse comme une feuille d'érable (bah quoi, on est au Canada)… Ce qui apparaissait comme un coup de malchance s’avère être le début d’une longue liste d’ennuis.

Réparation faite à l’aide d’un tube greffé pour la modique somme de 50$ (je donnerais 80$ au type vu le temps consacré ensuite à trouver un DAB en ma compagnie.


Maintenant que faire ? Freins dangereux, aiguilles de compteur qui ont perdu la tête avec les vibrations de la route, ligne d’échappement en dentelle… J’appelle le proprio et lui fait part de ma mésaventure. Il m’indique qu’il savait pour la fuite, que cela vient de la crémaillère… première nouvelle ! Il doute de moi et demande à parler au garagiste pour savoir si la casse est intentionnelle. C’est lui le malhonnête et c’est lui qui me met en doute… le ton monte un tant soit peu. Je lui indique que je compte faire une inspection mécanique pour connaître l’ensemble des problèmes, il me répond que c’est mon problème et plus le sien…. Le van est immatriculé à son nom et il a perçu tout l’argent lors de la promesse de vente… Ça s’annonce compliqué.

Vu l’itinéraire prévu pour les mois à venir, j’angoisse et voit le mal partout : il me faut une inspection mécanique, hors de question qu’on immatricule à mon nom, que je prenne la route avec ça et qu’il soit dégagé de toute responsabilité.

Je rentre sur Sherbrooke ayant trouvé un garage pouvant réaliser une inspection… 70km de stress, à l'écoute du moindre bruit suspect.


Inspection ? Ascenseur émotionnel oui ! 3500$ de frais rien que pour les freins et la crémaillère de direction…. C’est la douche froide.

Le véhicule est bourré de vices cachés. Matthieu et moi nous nous sommes faits baiser en beauté.

Ceci est une ligne d'échappement ! 

Se sortir de l’arnaque du premier van, trouver le financement pour un autre van, trouver le bon van, faire les démarches administratives pour en être le propriétaire, faire le tout en 10 jours avant l’arrivée d'Amélie et le début du trip. Voilà le deal !

En parallèle des coups de fil et mails pour récupérer mon argent sur le premier van auprès du propriétaire, je retourne voir Serge, le mécanicien qui a œuvré sur le van pour mettre en évidence les vices cachés. Il m’avait dit à ce moment-là qu’il avait un camper (comprendre « camping-car ») à vendre. Il me l’avait tellement bien vendu à l’oral que j’ai voulu voir ça d’un peu plus près.


Il s’agit d’un GMC Vandura V8 5,7l de 1986. Il a une gueule terrible et paraît très propre. Pas de rouille, carrosserie propre…hormis les joints qui craquent (normal vu les climats ici), c’est beau. Serge m'affirme que tout fonctionne à l'intérieur, à savoir le frigo, la gazinière, le four, le chauffage, les lampes, les prises 110v, etc...

Comparé à l'ancien, c'est sur qu'il ne faut pas s'attendre à faire des économies: conso annoncée de 20 à 25 litres au 100 kms. J'ai mal à ma conscience écologique. Autre risque financier identifié sur le coup: 6 pneus et autant de risques d'en fusiller un sur les routes défoncées du Québec... Au moins, c'est américain donc les pièces seront faciles à trouver en cas de panne et ce moteur a prouvé sa fiabilité.

Je prends RDV le lendemain pour l'essayer. J'aimerais accélérer le pas mais on ne le brusque pas le Serge. Il est manifestement amoureux de son camper et le vend la mort dans l'âme: les enfants ont grandi, sa femme est malade, les occasions de sortir avec se raréfient...


Serge c’est un mec simple, qui vient des Iles de la Madeleine, un archipel entre l’Ile du Prince Edouard et Saint-Pierre-et-Miquelon (grosso modo, à l'extrême Est). Il avait son propre business de mécanique auto, puis a atterrit à Sherbrooke sans trop savoir pourquoi…. Me voilà à toquer à sa porte à 17h30 après son taf pour l'essai. On attaque par une bière : manifestement il n’a pas compris que j’étais pressé. Ma foi ça ne se refuse pas et on attaque donc par là…. Il m'engage pour la fin de son déménagement tout de suite après la bière, en me promettant l'essai suite à ça.... 21h30: je tourne la clé dans le Neiman, enfin! Il tourne comme un neuf comme ils disent ici. Tout fonctionne, il ne sent pas l’huile, il a de la reprise en cote….J’suis presque charmé. « Presque » car je n’ai plus confiance après la première arnaque.

Plus tard dans la semaine on réussit à démarrer les accessoires intérieurs sans soucis (le camper a passé l’hiver remisé, il fallait tout remettre en route). 2-3 finitions plus tard (réparer une fuite sur le réservoir d'eau potable, refaire des joints, charger les 3 batteries), Serge me propose également d’aller chez Canadian Tire (le temple de la pièce auto ou de l’accessoire) pour que j’achète ce dont j’aurais besoin à moyen terme pour vivre dans le camper. Il abaisse son prix de vente de 100$ pour les services que je lui ai rendu. Chic type.


Une semaine aura été nécessaire entre la première visite du camper, l'essai routier, l'essai de tous les équipements intérieurs et l'entretien de début de saison pour que je puisse partir sereinement avec.

Niveau tune, j'emprunte en attendant les jours meilleurs (comprendre "la vente de la Peugeot en France" qui n'est toujours pas faite; c'est pas mon truc les autos...).


Dernière formalité qu'est l'immatriculation. Je lâche l'argent à Serge en échange de sa procuration afin que je le représente à l'immatriculation (ici, l'acheteur et le vendeur se rendent à l'immatriculation ensemble lors d'un transfert). Le stress monte car malgré la sympathie et la simplicité du bonhomme, la première arnaque est toujours dans ma tête; et surtout, on est censé partir dans 48h en road trip.

Arrivé au guichet, on m'annonce que le véhicule n'est pas à son nom. Putain. Ni une ni deux je l'appelle, il me dit fébrilement qu'il doit être au nom de sa femme et me demande de me rendre chez eux afin de refaire une procuration avec elle. Pas besoin de vous dire que les 20 minutes qui me séparent de chez eux sont très longues... Elle n'est pas plus convaincante que lui, signe le papier sans trop y croire. Un contrat papier nous lie mais j'ai clairement plus la force, l'argent et le temps d’affronter une seconde arnaque. Je me remémore son histoire de vol de porte-feuille qui justifie le fait qu'il n'ait pas la carte grise du camper, je doute maintenant de lui...

Deuxième session à l'immatriculation. Il fait un temps pourri mais j'arrive quand même en sueur. Maintenant c'est le véhicule et les plaques qui ne correspondent pas. Ca cogne fort dans la poitrine là. Les Pilard sont cardiaques, mais visiblement c'est pas mon heure. Par chance, j'ai choisi la même hôtesse et elle voit que les noms de Serge (1ère procu) et de sa femme (2nde procu) sont les seuls noms qui sortent de ce tas de merde qu'est le dossier du camper. Elle me fait confiance et accepte l'impensable.

Elle me tend ma plaque d'immatriculation. C'est fait. Je suis propriétaire du camper et désormais apte à démarrer mon voyage.

La tê-tête  (pour info, l'immatriculation à l'avant n'est pas nécessaire ici; ce que vous voyez est le drapeau de l'Acadie)
Le cu-cul 

24 Juin.

Aujourd’hui c’est day off ! Je déconnecte de ces histoires de camper et autres, je pars en rando ! Tout seul, comme un grand, comme un grand qui n’en a jamais fait d’ailleurs…..

On m’a indiqué un départ de sentier pour gravir le Mont Orford (Point culminant du Parc du même nom). Le hic ? 9,4km et 410m de dénivelé, classé « difficile ». Difficile dans un pays où la rando est assez répandu ça fait un peu peur. Mon mollet est bien rétabli, alors pourquoi pas. J’ingurgite un petit-déjeuner de nutritionniste (pancake – sirop d’érable), et me voilà parti ! Entre-temps j’ai préparé un sac dont je suis fier : le lunch, 1 litre d’eau, de la crème solaire et un couteau.

Ça commence par suivre un ruisseau et ses cascades puis s’enfonce en forêt. C’est ombragé, coloré, le sol est humide, ça sent bon le sous-bois… on trace son chemin entre les pierres et les racines apparentes des arbres. Au bout d’un kilomètre peut-être, on n’entend plus la circulation routière. Le bonheur.

Ça grimpe pas mal, je mouille le maillot mais rien d’insurmontable: des points de vue bien placés sur les autres monts aux alentours servent de pause. Cependant les points se raréfient et je commence à tirer la langue…. J’aperçois le bout du chemin, le Graal, mais étrangement je vois un chemin caillouteux qui barre la forêt et monte, encore. Le Mont Orford n’est pas encore là, il faut faire encore presque 1km pour atteindre le sommet, au soleil, en remontant la piste de ski. Car oui les monts ici servent à randonner l’été et à skier l’hiver ! Enfin « skier », les Alpes sont loin… Pente, longueur, largeur : ça ressemble plus à une bonne piste de luge de chez nous.

J’arrive au sommet non sans peine. Mais ça en valait (la peine). Franchement j’suis trempé, le capot ouvert. Les jambes sont quasi-tétanisées et les yeux piquent à cause de la sueur qui s’y insère. J’suis sexy as Hell en quelque sorte !

Je profite des différents points de vue et file au lunch bien mérité. J’ai fait léger et sain, après coup c’était peut-être pas une bonne idée. Je suis persuadé qu’un point d’eau est disponible là-haut (ne serait-ce qu’aux toilettes) et en profite pour finir allègrement mes réserves. Erreur ! Toilettes sèches (sans eau donc) et aucun autre point n’est disponible. « Pas grave, le plus dur était la montée » ai-je dit à celui qui m’a annoncé la mauvaise nouvelle…

La chose qu’on oublie avec les muscles c’est que lorsqu'on les sollicite beaucoup, qu’on se refroidit sans les avoir étiré et qu’on leur en redemande beaucoup, ils crient. La descente étant tantôt abrupte tantôt accidentée (ou les deux en fait), on force énormément sur les cuisses. Je frôle la crampe dans le premier km. Aïe, je venais de me dire que j’étais en avance sur les temps annoncés par les guides…rien n’est gagné. N’étant pas une compétition, et souhaitant finir avant la nuit (!), je ralentis le rythme pour que mes muscles reçoivent autant de sang neuf que besoin. J’angoisse un peu car si je n’arrive pas à finir je suis quand même mal embarqué. A ce moment précis je repense à mon sac : la prochaine fois, prendre plus d’eau, le sifflet et la trousse de secours/survie….

Je mets mon allure de pensionnaire d’hospices à profit pour faire de belles photos ; enfin plutôt des photos de belles choses : mon smartphone sent le sapin (en forêt c’est thématique remarquez) et à tendance à flouter lorsqu’il y a du contraste ; il va falloir que je remédie à ça pour plus tard, mais ce n’est clairement pas une urgence vu ma situation financière.

4h15 avec 45min de lunch au milieu, voilà ma perf’. Pas si dégueulasse. Jambes cassées, pieds douloureux, je vais le payer demain….

C'est ça, un appareil qui floute... 
"Pour se retrouver seul, comme un arbre sans tronc, On a trop déconné, hier soir au café, ..." "On a trop déconné", La Rue Kétanou
Il est content 
Publié le 17 juillet 2017

Jeudi 29 Juin.

Je suis sur Montréal, arrivé la veille au volant du Gros (le camper). Aujourd'hui Amélie arrive par avion et les vraies vacances débutent. Au programme? Un road trip au Québec, une boucle au départ de Montréal et qui doit nous faire passer par des parcs nationaux, des lieux plein de promesses tels que le Lac Saint-Jean, Tadoussac, la Gaspésie, Québec....


3 jours à Montréal

On débute ici en Airbnb afin de s'accorder du confort avant la grande promenade en camper.

Montréal l’été est un festival de festivals : en peu de temps et pêle-mêle il y a les Francofolies, Mural (un contest annuel de peintures sur façades d’immeubles), le festival international du Jazz, Juste pour Rire, les 150 ans du Canada....

La ville semble à taille humaine. On ne s’y sent pas oppressé comme dans d’autres villes (Paris), les gens sont souriants et ouverts (Paris !)…. La mentalité y est pour beaucoup à vrai dire : l’hiver étant rude, les québécois sortent de chez eux et profitent au maximum du beau temps lorsqu’il se présente. Petites rues bordées d’arbres, commerces divers et variés dans le rez-de-chaussée des bâtisses et qui ont su en garder le charme, parcs où les gens s’adonnent à la musique, les sports en tout genre, ou tout simplement l’apéritif… C’est détendu, frais. Il faut bien ça d’ailleurs pour contrer la météo suffocante ce jour-là.

La finalisation de la préparation du camper et la fatigue (décompression pour moi, décalage horaire pour Amélie) font que l'on ne rentabilise pas au maximum nos journées. Qu'importe, on a prévu d'y revenir à la fin du périple!

(oui étonnement j'ai peu pris de photos de Montréal)


Parc National de la Mauricie

On file ensuite pour 2 jours et 2 nuits dans le Parc National de la Mauricie. Au programme: camping, rando, kayak, ...

On se familiarise avec le camper sur ce premier trajet: 3h de route, 75 km/h de moyenne, un bruit constant et pas de clim. Ca n'a pas l'air bandant comme ça, mais pourtant je vous assure qu'on a kiffé : ) Etre libre de nos mouvements, de notre temps, être autonome...

Parenthèse sur le confort: Je parlais de celui de l'Airbnb, c'était plutôt le confort d'être dans le connu, dans le civilisé, dans des murs, etc... Là avec le camping on fuit doucement le confort du connu. On apprend à caler le camper pour dormir à plat, on s’accommode des toilettes chimiques, on découvre les limites de sa tolérance envers les moustiques...

On attaque notre première journée par du costaud: on choisit la rando des chutes Waber (3 kms), accessible uniquement par kayak (6 kms aller-retour). Les efforts sont aussi réels que l'environnement nous est hostile: vent de face pour le kayak, humidité max, moustiques de 200g chacun (sont vraiment gros, vraiment). On est pas tout à fait au niveau mais on se bat et la récompense est au bout.

Lac Wapizagonke 
Lac Wapizagonke 

Le stationnement de nuit en camper

L’idée que l’on se fait du voyage en camper c’est de pouvoir aller et dormir où bon nous semble, car autonomes. Pour ma part le fait de ne pas payer d’hébergement justifie l’investissement dans le camper. Or ici les québecois prennent leur camper, vont en camping et paient un emplacement avec électricité et raccordement à l’eau, les uns agglutinés sur les autres. C’est étrange mais c’est comme ça, le camping sauvage est peu toléré et pratiqué.

Afin de trouver des endroits où dormir gratuitement, il existe des sites spécialisés et en fouinant bien on peut trouver de bons tuyaux sur des blogs. Lieux connus de tous : les parkings des supermarchés Walmart. Statistiquement, 4 Walmarts sur 5 l’autorisent. Ça sert de point de chute quand t’es en galère mais honnêtement qui a envie de vivre sur un parking ?. Autre lieu référence, les trucks stops. Idem, ça dépanne mais à moins d’avoir un sommeil bien profond et d’être passionné de poids-lourds, on y passe pas ses vacances. Au Québec Il existe aussi un réseau de Villages Relais qui tolère pour la plupart le stationnement de nuit sur des lieux bien spécifiés (nous l’utiliserons aussi). Enfin, il est possible de trouver des endroits en y allant au culot et en demandant aux commerces et/ou aux voisins.

Suite à la dernière rando dans le Parc de la Mauricie et suite à 2h de route éreintantes, notre première nuit sera au village de La Tuque derrière le truck stop.


Direction Lac Saint-Jean

Après une nuit habitée par les ronronnements des génératrices des poids-lourds, nous voilà repartis pour 3h de route en direction du Lac Saint-Jean. Au programme : visite du centre d’interprétation amérindien de Mashteuiatsh et du zoo de Saint- Félicien.

Un centre d’interprétation est un espace muséographique avec ou sans collection à visée de mise en valeur et de diffusion d’un patrimoine singulier impossible à réunir dans un musée classique (évidemment cette phrase n’est pas de moi).

Ici, l’art de vivre des Premières Nations du Québec, nom donné aux autochtones canadiens. On y voit des objets liés à la chasse, la pêche, les vêtements, on y voit aussi des projections sur le mode de vie dans le Grand Nord et une expo temporaire sur la volonté des peuples autochtones de faire valoir leur identité et faire perdurer leur culture tout en s’insérant et s’adaptant au Canada qui n’est pas le leur. De ce que j’ai compris (je ne prétends pas tout savoir après 2h sur le sujet), il y a eu une occidentalisation forcée des peuples autochtones voulue par les gouvernements canadiens au 20ème siècle. Exemple : les enfants étaient envoyés dans des pensionnats d’assimilation afin de leur faire apprendre l’anglais et le mode de vie européen. Si les familles refusaient, on leur coupait les vivres. Aujourd’hui, le modèle s’est adouci et on tente d’éduquer tout en inculquant les valeurs ancestrales. Après discussion avec Denise, une autochtone faisant partie de l’équipe du musée, les écoliers ont des sessions de camping en pleine nature (une l’été, une l’hiver) afin d’apprendre à la respecter et à chasser/pêcher. Aussi, leur éducation est partiellement faite en langue locale.

On sent après cette visite que l’équilibre entre tradition et développement est très compliqué à obtenir, d’autant plus qu’il y a autant de Nations que d’avis sur le dosage adéquat.


Bien que très intéressant, on doit filer au zoo ! L’excitation de voir des animaux hors du commun me fait sentir comme un gamin. En revanche, quand j’étais gamin, c’est pas moi qui payais… ! 45$ l’entrée par personne, ça pique !

Le thème du zoo est le « climat boréal » : continent par continent, on peut observer les animaux qui peuplent ce climat essentiellement présent au Canada, USA, Russie, Japon, Mongolie, … Tu savais toi qu’il y avait des singes au Japon, et qu’en plus ils étaient adaptés à ce climat ? Ne me remercie pas c’est gratuit pour cette fois…. Autre attraction du zoo, un parcours en petit train dans des plaines canadiennes dans lesquelles des animaux vivent en « liberté » et où ont été reconstitués des villages de bûcherons, de paysans, de commerçants de fourrures… Le petit train rejette autant de gas qu’il en consomme mais la chose est bien faite et les animaux ont vraiment de l’espace pour vivre (seul bémol sur ce point : les loups vivent enfermés, mais bon, ça serait un beau bordel sinon…) Malgré le peu de temps qu’il nous reste, on parvient à faire le tour du zoo jusqu’à la dernière minute d’ouverture.

Encore quelques kilomètres à parcourir jusqu’au Village Relais pour la nuit…. On en parle pas encore, mais cette journée un peu speed laissera des traces et commencera à nous faire dire que le planning des vacances est trop ambitieux. Si on veut continuer à profiter, il faut lever le pied.

Suite et fin du Lac Saint-Jean : Chutes à l’Ours et Parc National de la Pointe-Taillon

Le Guide Vert présente quelques lignes sur ces chutes. Par coïncidence, le Village Relais où on a passé la nuit en était proche, et des chutes, toujours spectaculaires, il n’y a pas à se forcer pour aller les voir. Jugez plutôt :


Autre idée issue du Guide, une petite session plage au bord du Lac Saint-Jean. La notion de Lac ici est assez large : on en a déjà vu par centaine le long de la route mais celui-ci s’apparente plus à une mer intérieure ! D’ailleurs, il y a des vagues…. Se baigner dans des vagues d’eau douce, vous assure que c’est déstabilisant 😀

La fausse bonne idée aura été de venir dans ce « Parc National » payant : en fait, on distingue les parcs Canada, gratuits toute l’année 2017 en raison du 150ème anniversaire du Canada, et les parcs Sépaq (Québecois quoi), eux payants. Ils s’appellent tout 2 « parc national », tout comme la « fête nationale » ici n’est pas celle du Canada mais du Québec… on y comprend rien mais à part ça : on se fait baiser ^^. Ça fait cher la plage, d’autant plus que les douches y sont elles aussi payantes (ça peut paraître être un détail mais quand on vit en camper, ça a son importance les douches publiques avec pression, chaleur, espace…!). Le souvenir n’en reste pas moins agréable. « De l’argent on en refait, des souvenirs non »….


Rivière Saguenay

Nous voilà à parcourir le fjord du Saguenay qui relie le Lac Saint-Jean au fleuve Saint-Laurent. C’est vallonné et le camion montre de grosses faiblesses en côte. Pour l’anecdote, on a du grimper une côte de plusieurs kilomètres allant jusqu’à 23% de pente, pensant trouver au bout de ce chemin un resto sympa, le premier qu’on se serait offert depuis Montréal…. A la place, un commerçant peu aimable qui a décidé de fermer trop tôt (il est à peine 20h) mais qui malgré tout nous autorisera à dormir au bord du Saint-Laurent devant chez lui. Un artichaut en quelque sorte, une enveloppe rugueuse autour d’un cœur tendre (me demandez d’où elle vient celle-là j’en ai aucune idée !)

Vue depuis notre lieu de stationnement pour la nuit 

Ce fjord est magnifique avec ses côtes découpées et ses petites baies pleines de charme (notamment Saint-Anne-des-Roses). L’excitation monte : au bout du fjord, Tadoussac et ses baleines….

Tadoussac

Bienvenue à Disneyland, Mickey en moins ! Les baleines qui peuplent le Saint Laurent face à ce village ont rendu ce dernier totalement artificiel. Hôtels à gogo, boutiques d’artisanat soi-disant local et galeries d’arts par dizaines… Une oasis au milieu de ce chaos : la micro-brasserie de Tadoussac…. :D

Paradoxalement, nous aurons ici le plus beau spot dodo du voyage :

Le soir 
Le matin 😀

Le lendemain, on a prévu la tant attendue excursion en zodiac à la rencontre des baleines….

On se lève dans la brume. Merde, c’est pas l’idéal pour observer quoi que ce soit, vivant ou mort ! Qu’importe, on est confiant, ça va se lever, c’est sûr ! On arrive au petit port Les Escoumins, 45min au Nord de Tadoussac, lieu quasi-inconnu des touristes où on a trouvé le croisiériste le moins cher de la côte.

Ils nous font patienter une heure afin que ça se dégage, c’est prévu paraît-il. On file sur le quai pour tuer le temps. A notre grande surprise, un phoque est juste là, au pied du ponton. Y’a de la vie dans ces eaux, c’est bon signe… En remontant, des souffles d’expiration de baleines se font entendre derrière nous. Impossible de les voir dans le brouillard…. Mais c’est prometteur !

12h30 sonne, on file au zodiac ! Cyril notre capitaine est confiant tant sur la météo que sur le fait de voir du mammifère…. 1h s’écoule, rien à part des pingouins, des cormorans et un fou de bassan. Il check avec les autres capitaines à la radio, c’est « Waterloo morne plaine »… Puis un dos de marsouin surgit ! C’était bref… des souffles se font entendre, faisant travailler l’imagination… Bordel il va se tirer ce brouillard ! Cyril nous parle un peu des baleines pour nous occuper lorsqu’un rorqual apparaît à quelques dizaines de mètres du bateau ; il se met à sa poursuite, allure lente….on a tous les yeux grand ouvert…..plus rien. Il nous assure que c’est la première fois qu’il perd un rorqual de vue. Ce n’est décidément pas pour nous aujourd’hui…. Retour à quai, un brin déçu bien que l’imaginaire travaille et travaillera quelque temps encore sur les souffles entendus dans la journée…. On retourne à notre spot chéri. Demain, on part vers le Sud.


Côte de Charlevoix

Le rythme soutenu du début de périple s’est effondré, par conséquent nous n’irons pas en Gaspésie….et c’est tant mieux ! A quoi bon avaler les kilomètres si on ne s’autorise pas des sorties de route ? Nous avions quitté Montréal avec l’intention d’y repasser du temps en fin de séjour, on est maintenant en phase avec cela : on est dimanche, on a une semaine devant nous pour redescendre tranquillement vers notre point de départ.

Le soleil est radieux, on voit la Gaspésie de l’autre côté du fleuve. Aujourd’hui, on aurait vu des baleines…la météo se fout de notre gueule.

On traverse l’estuaire et la première pause de la journée est là tout près : l’observatoire de Pointe -Noire. C’est un beau belvédère sur le Saint-Laurent et il nous reste un mince espoir de voir les gros poissons… Se devait être juste une pause, un check, une photo…. On y restera plus d’une heure. Au menu : rorquals, phoques, belugas…ils sont tous là ! De vrais enfants. Grâce aux jumelles et longues vues, on a l’impression d’y être. On les a vu nos baleines…. J


S’en suit une longue route qui vallonne et longe le Saint-Laurent. La Côte de Chalevoix est un lieu de villégiature renommé pour les Canadiens et Américains. Et ça se voit J On y trouve quand même des petites criques préservées, comme l’Anse de la Roche. Le parking est plein mais la vase est tellement collante que personne ne s’y aventure ! Lorsqu’on fait quelques mètres, on n’entend et ne voit plus personne, l’endroit a quelque chose de magique :

Ayant du temps, on décide d’une excursion à l’Isle-aux-Coudres le lendemain, vendue sur papier avec l’argument suivant : « 23kms de bonheur » ….

Isle-aux-Coudres. On peut y faire un peu de rando, visiter une cidrerie, louer des vélos… C’est parfait, je n’ai pas envie de rouler aujourd’hui. On se stoppe près d’un quai, sieste, dessin, pic-nic… on chille et c’est pas dommage. Après quelques heures on se décide pour retourner sur le continent, moyennant un petit tour en camion sur l’autre moitié de l’île, histoire d’avoir vu l’ensemble – ç’aurait été idiot de passer à côté d’un beau panorama… L’idée fût bonne mais la récompense n’est pas à la hauteur : une épaisse fumée blanche sort du moteur lorsque l’on s’arrête pour faire demi-tour. Une durite du circuit de refroidissement a lâché, tout le liquide a jailli sur le moteur (d’où la fumée). Ayant mis le nez dans le compartiment moteur la veille, je remarque ladite durite qui a éclaté. Un autre touriste s’étant arrêté à notre hauteur (il faut dire qu’on a choisi notre arrêt : le camion cache un des points touristiques de l’île, « la roche pleureuse », légende qui raconte qu’une femme de marin a tellement pleuré à cet endroit patati-patata…) et ayant quelques notions de mécanique confirme qu’il ne s’agit surement que de ça et que le moteur n’a pas du souffrir. Il se propose de nous emmener au garage de l’île avec sa voiture ; avec un peu de chance ils ont la pièce…

Vous y croyez vous, une pièce équipant un moteur de 1986 en stock sur une île de 10km de long sur 5 de large ? Non ? Vous avez raison… Cela dit, bonne nouvelle, elle arrive le lendemain et ne coûte qu’un cinquantaine de dollars…

Lieu du pic-nic 

Réparation et réconfort

Le lendemain, c’est parti pour une nouvelle session de stop pour aller au garage. On ignore si c’est légal ou non, mais quoi qu’il en soit ça fonctionne assez bien ! En 3 sessions, le temps d’attente le plus long a été 10 minutes.

Durite récupérée, remplacée, nous voilà repartis….300m. J’ai manifestement oublié des « détails » de ma 1ère de Bac mécanique. J’appelle Serge à la rescousse, et après m’être quasiment fait engueulé (« la prochaine fois t’entreprends rien, tu m’appelles avant »), on répare pour de bon et se dirige vers le ferry pour laisser cet île derrière nous…. Le soir, on s’accorde une nuit de camping traditionnel avec eau, électricité et douche ! Le luxe quoi…^^


Québec

Corps tout propre, lessive faite, eaux usées vidangées, full en eau potable…nous voilà armé pour la suite ! Je scrute attentivement la jauge de température du moteur pendant toute la durée du trajet vers Québec. C’est stable… qui sait, peut-être que le camion suivra mes ambitions jusqu’au bout ?!

Québec est présenté comme étant le joyau du patrimoine bâti canadien. Première ville nord-américaine à avoir été classé au patrimoine mondial de l’Unesco, c’est un bout d’Europe aux yeux des locaux. Basse-ville historiquement commercante le long du Saint Laurent, Haute-ville plus institutionnelle et religieuse, château de Frontenac, Plaines d’Abraham où les Anglais ont fait un grand pas vers la conquête définitive du Canada lors d’une bataille….tout se juxtapose assez harmonieusement et moyennant quelques kilomètres de marche, tout est faisable en une après-midi. Malgré les nombreux musées, on ne ressent pas le besoin d’y entrer pour comprendre et assimiler l’histoire de la ville (faut dire aussi qu’on en a lu beaucoup sur Samuel de Champlain et toute son épopée !). Malgré la quantité dingue de touristes (On ne peut trop s’en plaindre, on l’est aussi…), ça a quelque chose de rassurant, d’apaisant, de réconfortant d’être entouré de vieilles pierres et d’architecture de chez nous.

Château Frontenac 
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La boucle est bouclée

Il nous reste 3 jours avant l’avion retour d’Amélie, 3 jours sur Montréal. Ca se voit non, qu’on kiffe cette ville ?!

Jardin botanique, festivals, apéro sur le Mont-Royal au coucher de soleil, musées… on fait ce que l’on n’a pas eu l’occasion de faire lors de la première session et on a même le luxe de pouvoir passer du temps dans les quartiers appréciés 15 jours plus tôt ! On profite de nos derniers moments ensemble, bien conscients que l’on a vécu quelque chose de beau, hors du temps, prélude d’une belle aventure à venir : fin septembre, on remet ça de l’autre côté du pays et cette fois-ci, ni l’un ni l’autre n’auront de billet retour.

Publié le 29 juillet 2017

En route pour San Diego!

Lundi 17 juillet.

Je peine à quitter Montréal car c'est ici que sont mes derniers repères, je pars maintenant à l'inconnu pour un mois (jusqu'à retrouver les copains au mariage).

Dire que j'ai visité l'Ontario serait mentir, je l'ai véritablement rushé, m'arrêtant peu. Je n'ai rien de spécial à y voir/faire pour le moment et je souhaite me garder du temps pour le grand Ouest Américain. C'est loin certes, mais ça commence dès maintenant! Tout de même, 6 000 kms sont annoncés au programme jusqu'à San Diego...

Le trajet le plus direct me ferait passer par le sud de l'Ontario et donc Toronto, mais en cas d'installation future au Québec, c'est une ville que l'on souhaite faire à deux. Je fais l'impasse sans regrets et passe par le Nord. 3 stops pour autant de nuits le long de la Transcanadienne: Pembroke, Sudbury et Sault-Sainte-Marie, le poste frontière. En fixant à l'avance les objectifs de kilométrage et de stops jour après jour, je me mets des objectifs intermédiaires et atteignables, sans quoi ce serait décourageant (ne pas oublier que je roule à 80 km/h...).

La Transcanadienne est en elle-même LE souvenir de l'Ontario! Cette route traverse le pays d'Est en Ouest (et d'Ouest en Est aussi, sont pas cons ils l'ont fait dans les 2 sens!) et est pleine de symboles pour moi.

Publié le 29 juillet 2017

Sault-Sainte-Marie est à cheval sur la frontière, coupée en deux par la rivière du même nom. C'est en fait le point de passage au milieu des Grands Lacs (Huron, Supérieur et Michigan), le seul poste frontière sur 480 kms paraît-il.

Ayant entendu des histoires de passage de frontières délicats, les séries TV et films ayant forgé malgré moi une image rude des douaniers (ou une image de douaniers rudes je sais plus), j'y arrive avec un peu d'appréhension. 3 minutes au premier guichet, 1 minute au second... C'est plus rapide que La Poste! Et tout en restant au volant et sans fouille du camion. Trop facile... Je suis aux US!

10 kms plus loin, j'en profite pour jeter un œil à mon passeport. C'est les US, fiers comme ils sont, le tampon doit avoir de la gueule! ... Pas de tampon. Pas non plus de papier agrafé comme ça le devrait. Rien. Au-delà d'être étrange, c'est dangereux: concrètement rien n'indique que je suis entré par un poste frontière. J'aurais pu traverser la rivière à la nage, ce serait pareil. Le soucis c'est que fin août je prends un avion retour pour la France, puis je reviens aux US 15 jours plus tard. Que vont-ils penser? Me laisseront-ils ré-entrer? Si le camion est dans un pays où je suis interdit d'entrée... Je ne me laisse pas envahir par cette hypothèse et après renseignements pris auprès d'Amélie (qui check sur internet les modalités d'entrée) et de Matthieu (qui y est entré par la route il y a peu), je décide de faire demi-tour.

Mission: expliquer aux douaniers que leur collègue a mal fait son taf (sans passer pour le Français arrogant de base), obtenir le visa et repartir.

Le plus dur aura été de faire croire à mon histoire de road trip avec un AR pour la France au milieu, + la promesse de remonter au Canada avant la fin du visa de 90 jours (il en doute fort car rien ne m'y rattache, pas de job, pas de famille, pas de maison!); par chance je suis tout de même "domicilié" chez Matthieu auprès des institutions canadiennes. Évidemment, il faut ajouter l'accent du douanier auquel mon oreille n'est pas du tout préparée, le faisant donc répéter et l'agaçant manifestement... Bref, je suis approuvé. Je l'ai, ce tampon! (et contre toute attente, il ne ressemble à rien, fin du suspense).

Comment le premier douanier a t'il pu me laisser passer sans rien inscrire, dans un pays d'apparence si fermé, surtout depuis l'élection de l'autre truffe? Ça restera le mystère du voyage je pense...

Publié le 29 juillet 2017

4 minutes le premier passage, 2 heures le second (en comptant le demi-tour). Peu importe, personne ne m’attend.

L’état du Michigan se traverse en 4 heures, en partie en longeant le lac du même nom. Je parlais de mer intérieure pour le Lac Saint-Jean, c’est rien à côté de celui-ci ! C’est un des 5 grands lacs de l’Amérique du Nord, le long duquel on voit des ports et des phares. Si on ajoute les vagues, une chance que l’eau soit non salée pour nous rappeler que l’on est dans les terres. Je vais le longer sur 3 états différents : Michigan, Wisconsin et Illinois.

Le soir même je dors sur un Walmart à la frontière avec le Wisconsin ; j’y fais mes courses et cela constitue mon premier contact avec les Américains. Wahou ! J’ignore si c’est le coin qui veut ça, mais l’Américain est vraiment gros ! Ce n’est pas flatteur, c’est sans détour, mais c’est à la hauteur de ma surprise. Statisquement c'est alarmant...

Second choc: la bouffe. On s’attend à ce que ça soit gras, copieux, peu appétissant ou que sais-je encore de peu élogieux...mais lorsque l’argument de vente est « no cured with nitrites » ou « no added hormones or steroids », c'est du brutal.

Le ton est donné.

"alors tu vas bouffer toutes ces saloperies mais t'inquiète, c'est sans gluten"
Publié le 29 juillet 2017

Passé ce premier moment délicat (ça va vous surprendre mais la bouffe est un sujet important pour moi ^^), je roule le lendemain vers Milwaukee. Un ami y habite (sauf quand j’y passe !) et m’y a donné de bons plans.

Ça va faire du bien de se poser et de sortir du camion. C’est mon 5ème jour de route, 5ème jour de bouffe dans le camion, 5ème nuit dans le camion, le tout, seul et sans réel contact avec l’extérieur. Aujourd’hui ça pèse sur le moral…

Pour y arriver je passe par un quartier riche le long du lac. Je vous parle de ça car c’est un autre aspect qui me marque chez les Nord-Américains : afficher sa richesse est une fierté, là où en France c’est une source de jalousie et de jugement. Avoir plusieurs véhicules est normal ici, et faut que ça se voit. Ici en l'occurrence, gros pick-up, qui tracte un énorme bateau, le tout garé devant une gigantesque baraque… Je caricature à peine.

Milwaukee semble à taille humaine, avec une vie de quartier et des petits commerces. C’est paisible le jour, animé le soir. Ce n’est pas surchargé de buildings ou d’immeubles d’habitations qui vous étouffent (du moins le quartier de Bay View où j’ai atterri).

Jauge de moral au top, je prépare la suite en terrasse : Chicago !


Illinois et Chicago

On n’arrive pas à l’improviste dans la 3ème plus grande ville des US. Si on m’a conseillé des choses à y voir, je dois faire le tri (j’ai un planning de route à tenir, je ne peux pas tout faire) et personne ne m’a parlé du type d'hébergement dont j'ai besoin. Parking de Walmart ? Le plus proche du « centre-ville » et qui accepte les campers est situé dans un quartier chaud. Bien qu’il soit sécurisé, si c’est pour me faire braquer à pied à 200m en rentrant le soir… je ne prends pas le risque. Autre lieu identifié : le centre de conférence McCormick Place qui a d’immenses parkings pour ses évènements. Payant certes, mais proche du centre-ville (j’ai tout fait à pied) et 6 fois moins cher que le motel le plus moisi.

En y arrivant, j’aperçois un camper de la même époque que le mien et immatriculé au Québec lui aussi. J'engage la conversation, c'est un couple de Pvtistes qui voyage en Amérique du Nord (belle coïncidence!). On se rassure sur l’état de nos camions, enfin à la base c’est lui qui en a besoin et qui souhaite se rassurer : consommation, complément d’huile moteur, douche, étanchéité… tout y passe. Bilan: il est pas si mal le mien...!

Ils me parlent d’un feu d’artifices tiré le soir-même sur la Navy Pier, la jetée d’un petit km qui s’enfonce dans la mer. Le lac pardon ! Ça tombe bien, on est à 5 minutes de la rive… La skyline de Chicago (ça veut dire la ligne de gratte-ciels) vaut le coup d’œil. C’est à celui qui aura la plus grosse ! Je découvrirai le lendemain – un peu amer – que la Trump tower est dans le top 3 de cette grandiloquence.

C’est simple, le feu d’artifices à l’air miniature !


Lendemain consacré à la découverte de la ville. Je décide volontairement de tout faire à pied pour prendre le temps de voir ce qui me plaît. Avec le camion je me suis habitué à faire demi-tour si j’ai aperçu quelque chose, à choisir ma route etc… là, je ne me vois pas prendre un bus à impériale pour faire un tour imposé.

C’est grand (là vous n’avez pas besoin d’y aller pour le savoir en fait), architecturalement parlant c’est varié (dans les formes, les matériaux, les couleurs, …), la rivière procure de la fraicheur, la ligne de métro aérienne apporte de l’horizontalité dans ce monde vertical (bah oui, il se déplace à l’horizontal au milieu des barres d’immeubles…vous suivez ?!), les plages situées le long du centre vous font déconnecter... Globalement c’est réussi ! Du moins de ce que j’en ai vu. J’intègre au fur et à mesure du voyage que je ne peux tout voir, même si ça m’aurait plu ici de découvrir des quartiers « où les gens vivent » et non uniquement celui où ils travaillent.

Je finis la journée par le match de base-ball (qui se joue à quelques kms de là) devant une bonne bière bien méritée au pub (règles incompréhensibles) et par un concert de Blues dans un bar réputé pour cela : le Blue Chicago. L’intérieur est plus original que le nom ! Tout à l’air figé 60 ans en arrière. Entre estrade défoncée, murs décrépis, anciennes affiches de concerts… même la caisse enregistreuse est d’époque. J’assiste à un très bon concert. Bluffé notamment par l’harmoniciste, je repars même avec leur cd…

(Si vous passez par là, j'ai un plan pour faire cette photo gratuitement...^^)
Publié le 29 juillet 2017

Ce week-end éloigné du camion m'a fait le plus grand bien! J'attaque une nouvelle semaine sur la route, mais l'avantage c'est que maintenant j'ai acquis l'expérience de la première et aussi l'habitude d'être seul 😀

L'objectif est d'être à Denver dans 4 nuits, ça veut dire traverser l'Illinois, l'Iowa, le Nebraska pour enfin arriver au Colorado, début de mon "grand Ouest Américain" et des paysages et rando magnifiques.

Je fais quand même un tour par l'internet pour vérifier que je ne passe pas à côté de quelque chose d'énorme sur la route... Bilan: je peux rouler, il n'y a "rien" à voir de grandiose. A vrai dire ces états, catégorisés sous le nom des "Grandes plaines" ne sont pas vraiment tournés vers le tourisme.

Je vois défiler les kms et les paysages. D'abord des champs de cultures à perte de vue, puis des terres d'élevage, des dunes, des plaines vierges... le seul point commun dans tout ça? Les lignes droites... l'Américain est pragmatique: pourquoi faire des virages pour aller d'un point A à un point B si on peut le faire tout droit? Y'a bien un mec qui s'est autorisé la fantaisie de mettre un ou deux virages par-ci par-là mais c'est rare.

L'Iowa est surnommé "Heartland" pour son agriculture, autant dire que c'est rural. Il n'est pas rare de croiser des avions (au sol ou en l'air) qui traitent les champs, tant les exploitations sont démesurées....

Plus j'avance et plus je m'enfonce dans l'Amérique profonde. Soudain j'y croise des Amish en carriole tractée par des chevaux! J'étais avant-hier au milieu des gratte-ciels et maintenant je recule d'un siècle.. Quelle vision!

Le Nebraska est lui plus tourné vers l'élevage. Je lis avant d'y entrer que c'est un des états les plus conservateurs des US (politiquement pas un démocrate ne s'est imposé depuis 1964). Malgré ça je suis quand même sur le cul en lisant les panneaux anti-avortements qui fleurissent le long de la route! "I'm a child, not a choice", "Life is a present from God, respect it", "abortion stops a beating heart" sont mes favoris. Ambiance. Si je dis "conservateur" et "américain" dans la même phrase, vous pensez sans doute au droit de port d'armes? Ils sont assez militants dans ce domaine aussi 😀

J'entre au Colorado et prévois un stop de 24h à Denver le temps de planifier la suite... On est le 28 juillet, j'ai 3 semaines pour me rendre en Californie...

Publié le 11 août 2017

Le confort est primordial.

Je me suis volontairement tourné vers un camping-car plutôt qu'un van suite à la mésaventure du premier. Rien à voir avec ladite mésaventure, non la raison principale est que je tenais à peine debout dedans.

Pour vivre plusieurs mois dans le même espace, il faut du confort.

Point de vue confort intérieur, niveau aménagement, une vidéo vaut mieux qu'un long discours (et puis ça change un peu):

1: Faut mettre le son fort, ou pas du tout; 2: c'est plus lumineux que ça en a l'air, mais il fait 36 dehors donc je calfeutre! 

(oui je ne me suis pas rasé depuis fin Juin et oui, je ne suis pas allé chez le coiffeur depuis fin avril)

- frigo, feux, four, chauffe-eau, pompe à eau, toilettes, douche, évier....autonomes (j'ai une bombonne de propane, 2 batteries à décharge lentes, un réservoir d'eau propre, un réservoir d'eaux grises)

- un lit 120 + une couchette 2 places dans la capucine + la possibilité de rajouter 2 couchages en "transformant" la table

- Pas mal de rangement en tout genre

Le luxe quoi..! avec tout ça (et des bonbonnes d'eau potable), je peux tenir un siège! J'ai juste besoin de temps à autre de squatter un café pour recharger le PC (j'ai du 12V dans le camion, à moins de me brancher en camping) et de faire une lessive (flemme de la faire à la main).


Point de vue confort routier, vu que c'est à la fois le moyen de locomotion et la maison, on y va doucement! Il peut rouler à plus de 80 km/h mais pour sa longévité, je fixe cette limite.

A cette vitesse, je ne prends pas les autoroutes ("interstates") car tout le monde ou presque roule 10 km/h au dessus des limitations (poids-lourds compris) quand moi je roule 20 à 40 km/h en dessous. Ça peut être pire si c'est une longue côte et que je tombe sous les 80 ou 70.. J'opte pour le niveau inférieur, comparable tantôt à des nationales médiocres tantôt à de belles départementales.

C'est aussi une question de découverte qui me pousse à faire ça. Il n'y a rien à voir sur les interstates, tandis que sur les autres routes, on traverse des villages, on voit des choses bien typiques, la vie quotidienne des locaux (je n'aurais jamais croisé mes amish par exemple!), on s'aperçoit des différences entre états, etc... La moyenne de vitesse est plus faible donc, mais le plaisir est là.


Point de vue confort du bonhomme, assis toute la journée au volant, on s'empate. D'autant plus que le boulot m'entretenait un tant soit peu physiquement... Pour palier à ça, je fais des exercices euh...disons un matin sur 2. Ca en plus de la rando qui est devenu un vrai hobby. Je ne suis pas affûté hein, mais je me sens bien 😀

J'ai pas osé demander aux locaux s'ils connaissaient le dessin animé...

Publié le 11 août 2017

29 juillet: Départ de Denver et traversée des Rocky Mountains

Après avoir eu un culot récompensé hier soir (j’ai passé la nuit dans une concession de camping-car), me voilà fin prêt pour traverser les Montagnes Rocheuses. Autant vous dire que je n’en mène pas large, tant le nom et les paysages font peur lorsque l’on connaît les capacités de mon camion.

Ma chance ? Il pleut et ne fait qu’une quinzaine de degrés, cela devrait me laisser à bonne distance de la surchauffe moteur. Ici, pas d’autre alternative que de prendre l’Interstate (ils n’allaient pas faire une route spéciale pour les culs lourds comme le mien !). Premier col, second, troisième… mes sens sont en éveil: j’entends les litres d’essence se déverser dans le carburateur, j’ai l’œil sur les jauges, je m’inquiète dès que je sens une odeur inhabituelle avant de m’apercevoir que cela vient du camion qui me double…ça tient bon. En fait on dirait que celui qui souffre le plus c’est moi : j’ai froid (ça fait quelque temps que je n’ai pas eu de température inférieure à 25°C) et malgré tout je sue (le stress n’y est pour rien, non non… !).

Au bout de 2 heures intenses, les descentes s’enchaînent, l’horizon se dégage, la « végétation montagnarde » laisse place au désert : finies les dénivelés, place maintenant à la chaleur… !

A peine le temps de fêter ça en prenant une pause méritée que le camion cale peu après un démarrage…une boîte auto qui cale, j’suis pas prêt pour ça! La direction et les freins ne répondent pas dans ce cas….par chance, j’étais sur un parking et je m’arrête sans toucher quoi que ce soit (ah oui, je n’ai pour ainsi dire pas de frein à main, les québécois ne le mettant jamais car par grand froid, soit ça pète soit ça bloque les roues.. je sais simplement qu’un câble sur deux est cassé). Le hic ? Demain je vais à Colorado National Monument, une route scénique qui longe un canyon, si ça se reproduit en descente…

Premier bon plan de ce blog : si ça vous arrive, il faut passer en N (Neutre), redémarrer, et là vous pouvez freiner ou tourner, ou les deux, suivant l’urgence de la situation…


L’achat du pass « America the beautiful », le symbole du début du beau !

Il s’agit du pass qui vous ouvre les portes de tous les parcs nationaux des Etats-Unis. Je l’achète à l’entrée du Colorado National Monument et n’ai jamais été aussi content de lâcher 80$ :D Oh oui je vais le rentabiliser, oh oui….

Comme dit précédemment, c’est une route d’une trentaine de kilomètres qui vous emmène sur le bord d’un canyon et vous fait profiter de points de vue spectaculaires. Un peu tous semblables, mais une belle entrée en matière pour la suite !

Colorado National Monument 

Je file ensuite pour l’Utah (c'est quand même le titre de l'article merde!), où j’ai prévu de passer quelques temps. Programmés pour le moment : Arches NP et Canyonlands NP. (NP : National Park)

En fait l’Ouest Américain me paraissait tellement loin jusqu'ici que je n’ai pas vraiment pris le temps de planifier...

Je rejoins Moab (ville située entre les deux parcs) de la plus belle des manières : par la route 128, qui longe le Colorado (la rivière, pas l’état) en serpentant entre les canyons. On est en fin d’aprem et le soleil fait ressortir l’ocre des « falaises » de grès. J’ai plus la tête en l’air que sur la route. Je repère des campings le long de la rivière, des campings publics que l’on pourrait appeler « semi-sauvage » : aucun staff, pas de réservation possible (règle du premier arrivé, premier servi) et paiement de l’emplacement à effectuer dans une urne à l’entrée. C’est simple et efficace (ça rappelle les routes en ligne droite ^^). Je garde l’idée pour le lendemain car là, j’ai besoin d’un confort supérieur à ce que m’offre le camion : une longue douche, une lessive, du courant fort pour tout recharger. Pour trouver tout ça au même endroit et sans trop d'efforts, ça demande une nuit en camping "commercial"…

Lendemain donc, j’opte pour la nuit le long du Colorado. Règle d’occupation oblige, je vois de nombreuses voitures aller et venir, se cassant le nez sur les emplacements déjà occupés. Puis vient un énième pick-up, d’où en descend un homme qui m’aborde avec un bel accent français. On se pose les questions d’usage, il a l’air sympa, voyage avec ses enfants de 18 et 15 ans… mon emplacement est grand et mon envie de rencontrer du monde l’est tout autant. Ni une ni deux, je les invite ; me revoilà en coloc :D

Eric, Lola et Maël, haut-savoyards, voyagent à travers le grand Ouest en mode road trip pour la première fois. On échange nos histoires, on partage un repas, puis la journée à Arches NP et une seconde soirée ensemble. A vrai dire, au-delà de l’échange et du partage, on s’enrichit. Les contacts sont pris et les invitations lancées pour passer quelques jours chez les uns les autres (bon, je suis un peu mal à l’aise là, n’ayant rien à part mon camion ^^).


Ca y est, l'Utah est là!

La fameuse Route 128 


Le système de paiement du camping: argent dans l'enveloppe dans l'urne, le coupon à l'entrée de l'emplacement  
Publié le 11 août 2017

Les trois montagnards sont/ont été/sont en passe de devenir pisteur, guide, moniteur, adepte de randonnée à ski, gros fan de VTT, en sport-études… Autant dire que physiquement, partir en randonnée dans des canyons avec eux toute la journée m’angoisse un peu au moment de se rendre à Arches. Ce parc est constitué de canyons plus ou moins escarpés et de quelques arches qui se sont formées grâce à l’érosion de la roche.

On opte malgré nous pour une petite rando de mise en jambe puis une plus longue (malgré nous car oui, en fait on s’est planté de chemin et on a inversé…on se retrouve donc à faire celle de 15kms au pire moment de la journée). La première nous emmène à Delicate Arch, symbole de l’Utah qui est sur toutes les plaques d’immatriculation de l’état. Malgré la foule, c’est spectaculaire et met en appétit pour la suite…

Delicate Arch 

La suite c’est la rando Primitive Loop dans le « Devils garden », peu après «Fiery Furnace » (la fournaise ardente, accessible moyennant un permis ou un ranger accompagnateur sans quoi vous êtes -au mieux- perdus) … Charmant non ? En effet, il fait très chaud, on tâte les 40 degrés et tout le parcours est à découvert. On apprend à apprécier l’ombre des arbres qui étonnement parviennent à pousser et les moindres brises nous donne le sourire, intérieur seulement car on grimace tant l’effort est rude. On gère comme on peut les stocks d’eau… à vrai dire on en manque. Les paysages nous font oublier la chaleur :

Un homme à droite de la photo, pour se rendre compte de la taille des lieux... 
Double O Arch 
Navajo Arch 
Même les arbres sont torturés ici... 
Etre passager, dans une voiture, silencieuse...

Pas encore rassasiés, le soir on file sur Dead Horse Point State Park pour le coucher du soleil. Le nom viendrait du fait qu’un corral était placé à cet endroit dans le passé et pour une raison inconnue, les chevaux auraient été oubliés et seraient morts de soif… On y croit ou pas, toujours est-il que ça clôture à merveille cette journée rando, première d’une longue série !

Ah, et physiquement alors?! Je n'ai pas à rougir, mais je suis bien content de les avoir rencontré "hors saison"...!

Publié le 11 août 2017

Tout comme pour Arches, ce n’est pas la recherche du nom qui leur a pris le plus de temps ! Il s’agit d’un haut plateau autour duquel les canyons se font concurrence pour avoir la plus belle courbe, couleur, profondeur, etc… Les points de vue sont nombreux et les randos plus rares, c’est dommage. Ça attire donc beaucoup de touristes, car pas d’efforts à fournir pour être émerveillé. Je ne me plains pas hein, je le suis aussi, touriste. C’est à partir d’ici que je me rends compte qu’il y a énormément de français dans l’Ouest. A quoi les reconnaît-on avant même qu'ils parlent? Ils sont mieux fringués que la moyenne et hors des sentiers battus, ils sont sapés en Quechua (je ne juge pas, moi aussi). Et quand ils parlent? C'est fort et pour se plaindre : trop chaud, trop sableux, trop de monde, la lumière n’est pas bonne pour les photos, …

J’arrive quand même à me faire le Murphy’s Point trail, au bout duquel la récompense est là :

Oui, c'est moi 

C’est simple, je n’ai rencontré rien ni personne en 2 heures à part le silence (et quelques lézards, quand même…)

Voulant voir le lever de soleil le lendemain, je suis dans l’optique de resquiller et dormir dans le parc, à l’arrache, sur un parking… Tout bien réfléchi, l’histoire du partage d’emplacement avec mes montagnards m’a travaillé et je me pointe avec le camion dans le seul camping à proximité des points de vues, bien décidé à trouver des gens ouverts. Je fais un tour en camion, puis à pied… je cible un couple, bingo ! L’affaire est entendue, trop facile… Bon, cette fois-ci on n’échangera pas plus que 3 phrases ; ils me prennent visiblement pour un semi-hippie ou un babos ou que sais-je, dans mon camion plus vieux que moi et avec ma dégaine plus vieille que lui. Peu importe, la nuit au calme est assurée. Ah et le lever du soleil alors ? Complètement foiré. On peut pas toujours gagner…


J’ai réussi à prendre un peu de temps pour réfléchir au parcours et la suite se nomme Monument Valley et Grand Canyon…

Mesa Arch 
Tiens, on va mettre un canyon dans un autre canyon 
Publié le 11 août 2017

Je quitte l’Utah avec des images et des surprises plein la tête. Lors de ma ballade dans Colorado National Monument, le canyon n’étant tout compte fait pas très varié, je m’étais dit que si tous les canyons étaient pareils, ç’allait être long…. Quelle erreur ! Chaque canyon diffère d’un autre par sa taille, ses formes, ses couleurs, et, je l’ai expérimenté à Canyonlands, qu’on le voit le matin, à midi ou le soir, on y voit des spectacles différents…

Direction l’Arizona pour Monument Valley donc ! Les températures ne sont pas retombées et je me demande encore aujourd’hui si c’est la chaleur du soleil ou celle dégagée par la route qui était la plus étouffante. Cette fois-ci, c’est le camion qui souffre plus que le bonhomme ! Ce désert me vaudra 2 arrêts à la hâte pour éviter la surchauffe moteur…

Route prometteuse 

Monument Valley est à la frontière entre l’Utah et l’Arizona. Contrairement à l’Utah où les canyons que j’ai pu voir sont en fait, pour vulgariser, une différence de hauteur entre plusieurs plateaux (appelés « mesas »), ici on a l’impression que les plateaux se sont écroulés et ont laissé en guise de témoin de leur présence quelques pics rocheux. Les plus fameux sont regroupés dans cette vallée et l’attraction consiste à parcourir la zone en voiture via une piste d’une trentaine de kms (tout fait une trentaine de kms, j'y peux rien).

Les 3 plus connus sont Merrick Butte, East et West Mitten Butte, que l’on a en ligne de mire lorsque l’on prend la route qui mène à l’entrée du parc. Surprise, c’est une réserve navajo (indienne) et donc le pass ne fonctionne pas ici, il faut s’alléger de 20 $... Ça rappelle le Québec tiens… ! En échange du billet, une brochure, un manque d’amabilité et un ordre d’aller se garer sur le parking du Visitor Center. Ok….je m’exécute, lis la brochure et comprend la directive : les RV (camping-car) sont interdits de piste. Il y a du avoir par le passé plusieurs pannes ou accidents, ou tout simplement l’indien a le sens du commerce et se fait du blé sur le dos des touristes en RV (il faut dire que 4 sur 5 sont des RV de location, renseignements pris y’en a pour 5500 USD pour 12 jours de vacances…y’a donc de l’argent) : la seule option possible pour nous est de parcourir la piste à bord d’un pick-up, moyennant 85$ par personne. J’ai l’impression qu’on essaie de m’enfiler sans avoir eu la politesse de me dire bonjour au préalable.. Entre le stress des surchauffes moteur, la chaleur et ça, hors de question que je paie ! (oui je fais mon français touriste)

Stratégie mise en place : me poster près du Visitor Center, repérer des français, engager la conversation et me faire emmener dans leur voiture pour le tour de piste ! Pourquoi des français ? Je joue sur la solidarité et m’évite la barrière de la langue. Pour mettre toutes les chances de mon côté, je fais un effort vestimentaire et capillaire (mon apparence et en particulier ma barbe commence à me faire du tort, je le sens dans les regards). Tant d’efforts, ça va forcément marcher ? Eh non, le français est farouche semble-t-il, du moins ici…

Cet enchaînement de mauvais coups ne me motive pas à être créatif sur l’hébergement du soir. J’en viens à un « rien à foutre, j’ai payé 20$ pour être sur un parking (avec une putain de vue certes), j’y dors ». Au moins, je verrais le coucher de soleil sur le trio de stars… Beh non, même ça ça foire, un nuage sort de nulle part pour gâcher le spectacle.


Pour 20$ vous avez donc droit à cette vue 

Etant du genre à toucher plus de bois que Pinocchio, la chance finit par tourner. Un couple de français en Combi en provenance de France toque à la porte pour savoir si je compte dormir sur le parking. L’union fait la force et on se motive pour ça autour d’une bière et de beef jerky (c’est de la viande séchée, aromatisée de 1000 manières différentes et très appréciée des Américains). J’ai trouvé mon transport pour le tour de piste… !

Lever du soleil réussie cette fois, et franche rigolade dans le passage des ornières de la piste ! Le combi s’en sort mieux que certains SUV, qui l’eut cru !

Le lever du soleil.... 
....avant le tour en Combi! 
Lumière pourrie (signé " un français") 

Honnêtement c'est le Combi qui fera le souvenir de ce lieu. Sans même parler de l'amertume des débuts ici, le circuit est peu spectaculaire et le fait qu'on ne puisse pas en sortir (peu ou pas de rando et les pistes un peu plus "wild" sont surfacturées par les Indiens) gâche le plaisir.


Qu'importe, il paraît qu'il y a un Grand Canyon pas loin...

(pas d'inspiration pour cette transition)

Publié le 5 septembre 2017

Après un bref passage à Page et au lac Powell, je dois faire un choix entre Grand Canyon South Rim ou North Rim. La South est sur le tracé pour San Diego mais a l'inconvénient d'être très touristique et pas très "randonnable"; aussi lorsque je regarde la carte, peu de NP à se mettre sous la dent ensuite... J'opte pour la North, où paraît-il il n'y a que 10% des touristes, malgré des avis inquiétants quant à la pente de certaines portions de route. Mais merde! ce camion ne doit pas devenir un handicap.

Je descends du plateau de Page par Marble Canyon. Sur le chemin, je passe par Horseshoe Bend, qui est un lacet du Colorado en forme de fer à cheval (ils s'emmerdent vraiment pas pour les noms...).

Horseshoe Bend 

La North Rim, un paysage inattendu

Cela fait quelque temps que je mange du désert chaud et sec, je ne m’attends donc pas à autre chose en ralliant un « autre canyon », si grand soit-il. Erreur ! Je grimpe vers la Kaibab National Forest qui m’accompagnera jusqu’à Grand Canyon. L’air se radoucit, les arbres prennent peu à peu le dessus sur la roche et le sable pour finir par être tellement nombreux que l’on ne peut plus les distinguer. Une forêt quoi. Une véritable bouffée d’air frais, tant au sens propre qu’au figuré. J’en suis presque ému ! Les animaux sont de retour aussi : des Bip bip traversent la route (de leur vrai nom « roadrunner » ou « Grand Géocoucou »), des biches se nourrissent sur les rares prairies qui longent la route, des bisons vivent leur vie de bison.

J’arrive au NP à temps pour le coucher du soleil. Je me rends au point de vue le plus connu, le Bright Angel Point. J’imaginais Grand Canyon comme étant sec, aride, jouant sur les nuances de grés (!), or c’est vert et frais : les arbres poussent à flan de falaises, les arbustes longent les chemins d’accès au rim et la brise apporte la fraicheur.

Sur le plateau tout au fond, la South Rim 
Bright Angel Point 

Grand Canyon, la démesure

Après un sunrise très réussi (même par 12C°), c’est rando !

Lever de soleil 

Plusieurs routes mènent en bord de canyon pour des vues incroyables et des parkings sont disséminés ici ou là pour les départs de trails. C’est rafraîchissant, vivant (chiens de prairie, daims, papillons, écureuils… plus tout ce que je n’ai pas vu), immense ! Pour ne rien gâcher, j’ai démarré la journée à 5h30 pour le lever de soleil, ce qui me permet de ne croiser quasiment personne sur la première moitié de journée ! Il n’y a pas deux points de vue identiques, c’est invraisemblablement profond, j’arrive même à ressentir un vague vertige malgré mes 3 ans dans l’éolien. Incroyable.

Probablement parce que la journée n’était pas encore assez bonne, je repère un kayak vert-pomme sur le toit d’un pick-up… : mes montagnards sont là 😀 La surprise est plus forte de leur côté que du mien, étant donné que je leur avais annoncé faire la South Rim !

Cela me vaudra une nuit sur leur campement, perdu au bout de 45min de piste dans la forêt de Kaibab. Pour la première fois depuis 4 semaines, je dors hors du camion.


Ce Grand Canyon m’a réconcilié avec l’Arizona (après le bilan moyen de Monument Valley), que je quitte avec le sourire. Et maintenant alors ? Le relief ne me permet pas de traverser la rivière Colorado et de filer au sud, je suis condamné à retourner en Utah (quelle douleur… :D) . On est le 8 août, j’ai 10 jours pour me rendre à San Diego…

Publié le 19 septembre 2017

Au programme, deux parcs nationaux assez célèbres eux-aussi : Bryce Canyon NP et Zion NP. Le premier a été élu plus beau parc national des US par l’Agence de protection du patrimoine naturel, une chance car il va falloir être à la hauteur après ce que je viens de voir ! Le second est plus montagneux et promet de belles randos, réputées pentues et dangereuses.


Bryce Canyon National Park

Je ne sais pas qui s’occupe de la déco, mais c’est réussi ! Ce qu’il y a ici n’est visible nulle part ailleurs. Il s’agit d’un canyon rempli de Hoodoos, ou "cheminées de fées" à l’allure torturée et mesurant plusieurs (dizaines de) mètres de haut. Le sol est composé de plusieurs couches successives de roche, de nature différente, qui ont permis à l’eau d’éroder le plateau pendant des siècles et de former ces paysages troublants : c’est une autre planète.


Les monticules sableux au pied des hoodoos sont composés de plusieurs nuances : crème, gris, orange, ocre… On dirait les bases de bougies déco Gifi (oui Gifi, pas les autres). Un montage pour comprendre :

Non ?!

Sur les monticules sableux sont donc posés les hoodoos, qui me font penser à la fois à la Sagrada Familia de Barcelone et à la fois aux édifices religieux bouddhistes que j’avais pu voir en Birmanie l’an passé. Un montage pour comprendre.

Non ?! Ce n’est que moi ?!

Quoi qu’il en soit, randonner au milieu de ce parc fait perdre ses repères. A condition bien sûr de le faire tôt le matin et sur les tracés les plus complexes, ou hors saison : c’est une usine à touristes!

La configuration des lieux s'y prête car la route qui traverse le Parc National longe le bord du canyon, et une ballade sur sentier goudronné y est possible de bout en bout. C'est donc ouvert pour tout type de touristes de tout âge (je cible les enfants, les vieux et les chinois là), et pour être arrivé à Bryce Canyon en milieu de journée, je sais de quoi je parle: cela m'a valu de devoir choisir les sentiers de rando les plus courts et donc les plus peuplés.

Je décide donc d'entamer la seconde journée très tôt avec 2 objectifs imbriqués l'un dans l'autre: faire des tracés complexes (1) pour me préparer aux exigeantes rando de Zion à venir (2)... Je n'aurais jamais cru pouvoir associer ces trois termes mais paysages martiens, curiosités géologiques et écureuils sont au rendez-vous!

Je passerais 3 nuits ici tant l’endroit m’a plu, mais Zion m’appelle !


Navajo Loop Trail 
Un panneau explicatif sur la formation des Hoodoos 
Publié le 27 septembre 2017

"Road to Zion!" comme le disait Damian Marley (oui j’ai de grosses références).

J’ai une belle appréhension au moment de prendre la route, Zion National Park étant niché dans les montagnes. La chance étant très souvent de mon côté, j’arrive par le haut-plateau de l’Est (grimpette en pente douce) ce qui me vaut de traverser la montagne par le biais de tunnels et d’ensuite descendre les lacets pour rejoindre la vallée.

En terme de tourisme, Bryce était une bonne mise en bouche. Ici, 2 campings : pour l’un, il faut réserver 6 mois à l’avance ; pour l’autre (non-réservable), il faut faire la queue à partir de 5h30 du mat’ devant la cabane du ranger qui adjugera (qu’à partir de 7h) un emplacement pour le soir-même, disponible qu’à partir de midi (oui, tu niques ta journée pour obtenir 50 m² de pelouse jaune et sableuse). Ici, on dépose les véhicules à l’entrée du parc et on prend les navettes gratuites pour se rendre aux différents points d’intérêts tant il devait y avoir une guerre ouverte pour "parker son char" (le québécois ressurgi). Le seul essai de prise de navette à 7h30 du mat’ -soit la troisième de la journée- m’a valu 50min d’attente. Dingue.

Sans être plus malin que les autres, j’arrive à squatter un parking calme pour les nuits à 5min de l'entrée du Park et prends les premières navettes au lever du soleil (les 2 autres matins).

A Grand Canyon et Bryce, j’ai enquillé les kilomètres de rando pour me préparer pour ici. Il y a la "Angels Landing Trail", 8,7 kms, 450m de dénivelé positif, connue pour être vertigineuse (on grimpe sur une crête), exposée (soleil) et donc dangereuse (plusieurs morts sur les 10 dernières années, le dernier remontant à mi-juin...). J’attaque l’ascension excité. En effet ça grimpe, mais j’arrive plutôt vite là-haut. Le spectacle en vaut la peine, la particularité d’avoir à escalader la roche par endroit aussi. Malgré une bonne pause là-haut pour attendre que le soleil illumine la vallée, je suis de nouveau en bas vers 10h.

N'ayant pas les adaptateurs avec moi, j'ai filmé aussi bien que j'ai pu... Pardonnez-moi 😀 J'ai filmé un passage tranquille donc..
Vues depuis le bout du trail. Troisième photo: la crête par laquelle il faut passer pour avoir le droit aux 2 premières photos ^^

Ça laisse du temps en masse ! Je parcours la brochure du park et j’opte pour "Observation Point Trail", longue de 12,8 kms pour 650m de dénivelé positif… Elle est ici en fait la difficulté, pas dans la première !

L’ascension se fait à découvert, sans air (je la fais en début d'après-midi), ça grimpe sans cesse et sans variation. Le point final du trail ouvre sur la vallée, avec au premier plan la Angels Landing, presque insignifiante.

Observation Point. Au centre à droite de la photo, Angels Landing 
Même photo prise à l'aller puis au retour! L'eau s'est frayée un chemin en creusant la roche. Magnifique. 

21kms de rando, 1100m de D+. Exténué, cela me vaudra de me coucher avant le soleil!

Le lendemain, pour finir en apothéose, je décide de faire la Big Springs Trail. C’est une rando à grande majorité dans la rivière (13 kms sur 15), ce qui en fait son originalité. C’est un aller-retour au fond d’un canyon et la brochure prévient : il ne faut pas la sous-estimer et ne pas hésiter à faire demi-tour lorsque notre corps nous fait sentir la fatigue. Moui, enfin avec le programme de la veille, je suis armé ! Ou pas...

En terme de climat, ça change: l'eau est à 20 degrés et le soleil n'accède que peu au fond du canyon tant les parois sont hautes. Ça caille! En terme de parcours, ça revient à marcher à la vitesse d'un nouveau né, où tu verrouilles constamment tes appuis de peur que la pierre sur laquelle tu marches se dérobe: au mieux, l'eau arrive aux chevilles; le plus souvent, aux cuisses; parfois, au torse; par 2 fois, il faut nager sur quelques mètres car on n'a plus pieds... et le tout dans une eau trouble, sans anticipation possible sur l'état du "sol". C'est hyper usant, et sans la rencontre d'un couple de français avec qui je terminerais la rando (et quelques bières le soir!), j'ignore si je serais allé au bout des 7h de "marche"...

Cela restera de loin le plus gros défi physique du périple. Courbatures, bleus, ampoules, pieds gorgés d'eau plusieurs jours durant seront les souvenirs qui m'accompagneront les jours suivants!

Pour changer, un montage vidéo (mon premier):

N'ayant pas envie de mettre l'étanchéité de la caméra à l'épreuve pour la première fois, voici les passages tranquilles 
Publié le 27 septembre 2017

Je quitte Zion au plus tôt dans l’espoir d’éviter la chaleur de la mi-journée. Dommage, il n’y a pas d’heure où il ne fait pas chaud là-bas : je quitte la montagne étouffante pour le désert suffocant.

Je passe la « frontière » et recule d’une heure. Dernier fuseau horaire du périple, - 9h par rapport à la France.

Je tente d’éviter les Interstates comme à mon habitude mais Google Maps m’oriente toujours sur des pistes… à choisir, je préfère stresser à rouler lentement sur l’autoroute plutôt que de crever et changer un pneu en plein désert. Difficulté supplémentaire, le Nevada est en fait une succession de « bandes » Nord-Sud alternant vallées et collines rocheuses. Il fait un bon 35 degrés et je dois demander des efforts supplémentaires au camion dans les montées pour garder un tant soit peu de vitesse. La jauge de température moteur joue plusieurs fois avec la limite que je me suis fixé, malgré mes arrêts répétés. Telle une oasis (bah quoi, on est dans le désert !), la sortie pour le Lake Mead se présente.

Voilà comment on fait une pause mécanique en plein désert: on trouve un pont, on y cale le moteur en dessous et on patiente ...

Le Lake Mead est un lac artificiel (tout comme le Lake Powell) créé pour subvenir aux besoins de l’Utah, le Nevada, l’Arizona et la Californie en terme d’eau et d’électricité. La création du barrage (Hoover Dam) a d’ailleurs grandement contribué à la création du Vegas qu’on s’imagine : la Mecque du jeu et de la dépravation. Il fallait bien que les ouvriers du barrage aient de la distraction (alcool, sexe et jeu), des établissements ont donc vu le jour. S’en est suivi les mafias, les stars, les politiques…’fin bref, allez faire un tour sur internet si ça vous intéresse pour approfondir.

C’est sur mon chemin et je me dis qu'en plein désert, une halte au bord de l’eau ne peut qu’être salvatrice.

J’arrive aux portes du National Recreation Area et j’enchaîne les points d’intérêts qui sont répertoriés sur la carte que la ranger m’a donné à l’entrée. La chaleur monte jusqu’à 43 degrés (à en croire mon téléphone) et le relief n’est guère différent de celui de l’Interstate. Je m’arrête à de nombreuses reprises, me demande clairement ce que je fous là tant le désert est inhospitalié.

J’arrive à Echo Bay, pôle important du Lac à en croire la map. Les campings ? déserts. Les parkings ? idem. L’hôtel du bout de la route ? A l’abandon. Je ne comprends pas. Le lac est en vue, pas loin, et personne n’est là. Puis je fais une lecture rapide des bords du lac : il s’est tant retiré que l’hôtel qui était au bord de l’eau est maintenant à 300m du rivage.

Au fond à gauche? le lac; La ligne de démarcation gris/marron sur les collines? l'ex-niveau de l'eau; A droite? l'hôtel fermé...

Bon, la brochure vend les mérites d’un autre point, une autre « baie ». Plus de monde cette fois, mais à l’eau. Ils ont construit une marina énorme, et tournent en rond comme des gamins sur le lac avec leur formule 1 d’eau douce. Le lac est décevant. C’est en fait un terrain de jeu pour Américains en mal de loisirs nautiques. Je ne croise personne à part eux, eux et leur pick-up monstrueux tractant leur bateau d’Américain (donc gros). Ça se sent que je ne les aime pas ceux-là ?!

Bon, hors de question que je dorme là. Je pousse jusqu'au camping suivant. C’est le camping le plus proche de Las Vegas, il va y avoir de la vie ! 186 emplacements, 2 occupés… Incroyable, le matin-même 30 véhicules faisant la queue à l’entrée de celui de Zion pour espérer une place, et ici c’est vide. Je discute avec le ranger qui s’occupe des lieux et il me dit que la haute-saison pour eux, c’est l’hiver, que l’été les températures sont trop élevées pour que les touristes viennent camper, ils préfèrent les chambres climatisées des hôtels de Vegas (ça se comprend).

Je suis à 30 kms de Vegas, seul au monde ou presque dans ce camping au milieu du désert… une envie me titille : Et si je me faisais le strip de Vegas (boulevard des casinos) ce soir, là, en camion ?! C’est de nuit qu’il faut le voir, avec les néons et tout ! Allez, j’en ai déjà trop demandé au camion de toute façon, il n’est plus à ça près.

Cette artère est une vraie curiosité. C'est vu et revu 1000 fois à la tv, mais on ne peut se rendre compte de la démesure tant qu'on n'y a pas mis les pieds...


Je rentre dormir avec un goût amer: la nature avait très peu à offrir ici et le monde entier semble s'y être installé. La création du lac (une bonne chose si on revient aux origines de sa création) a été le point de départ d'une folie sans nom. Il ne cesse de baisser mais les golfs sont toujours aussi verts, la ville s'expanse et les néons sont toujours plus nombreux. Je croise certes des fermes solaires énormes, mais ça semble dérisoires. Je ne veux pas enfiler le costume de l'alter-mondialiste écolo apte de la décroissance, mais ça se paiera un jour.


C'est sans regret que je file donc en Californie. Eux-aussi vivent à crédit (il y a plus d'habitants là-bas qu'au Canada entier), mais ils méritent leur chance 😀

Publié le 27 septembre 2017

Je l’attendais depuis un moment.

Gamin, étant fana de voitures, j’ai collectionné toute sorte de choses en rapport avec elles. J’avais un beau livre sur la Route 66 et ce qu’elle représentait pour (certains) Américains. J’étais un peu jeune pour vraiment apprécier toutes les subtilités, mais ce livre m’avait marqué pour ses photos de vieilles voitures américaines disposées çà-et-là le long de la route, dans des mises en scène, figées dans le temps. Il y a peu, suite au déménagement des parents, je suis retombé sur ce livre et je l’ai parcouru une seconde fois, avec une lecture à un autre niveau évidemment. Je ne savais pas à l’époque que j’allais rouler un jour sur cette route….

Un peu d'histoire: La route 66 reliait Chicago à Los Angeles. Début 20ème, rien hormis le chemin de fer ne traversait le pays d'est en ouest. L'essor de l'automobile et la croissance forte des US ont décidé la création de la 66 pendant les années 30, et sur les décennies suivantes elle était LA route américaine, surnommée la "Mother Road", source de développement économique certain à son passage… Milieu des années 80 et densification du réseau autoroutier oblige, son remplacement par les Interstates était inéluctable et la grande majorité de l’axe a disparu.

Amboy > Newberry Springs

Ce n’est pas le tronçon le plus touristique, mais mon itinéraire fait que c’est cette portion qui s’offre à moi (et je ne regretterais jamais d’être passé par les derniers National Parks !).

J’arrive vers 19h sur la 66, il va vite falloir que je trouve où dormir avant la tombée de la nuit (j’ai un problème électrique qui fait que mes feux arrières ne fonctionnent plus). Amboy (la première ville) est à 10 kms, parfait.

J’y arrive ; un sentiment étrange me gagne et me quittera seulement bien après avoir quitté la 66. On est au milieu du désert, il fait une petite quarantaine de degrés, le vent est un peu moins brûlant que les heures précédentes. Le café est ouvert, seul signe de vie. A sa gauche, un bâtiment (certainement un ancien garage) arborant une vitrine où sont exposés des meubles années 50 et divers objets plus récents, c’est bordélique. A l’arrière, 2 vieilles voitures américaines, que personne ne s’est donné la peine de mieux mettre en valeur. Dans le prolongement, le motel est resté là, figé. Les portes des chambres sont ouvertes, je crois à une expo. En fait non, c’est à l’abandon : du mobilier subsiste, tantôt un lit, tantôt un fauteuil ; les fenêtres sont cassées, les lavabos aussi parfois…

J’entre au café qui est à la fois station-service café et musée. J’apprends en bouquinant un classeur sur le comptoir qu’un entrepreneur a racheté la ville il y a quelques années afin de faire perdurer le mythe d’Amboy et de la 66. Visiblement ce n’est pas sa priorité… ! Le gérant est aussi avenant que le reste de la ville, bien qu’il m’indique que je peux dormir sur le terre-plein d’en face. J’observe les alentours : il y a (hormis ce que j’ai déjà décrit) 5 maisons, dont 4 à l’abandon, 2 véhicules tagués et hors d’usage, une chapelle, un bureau de poste (fonctionnel), une école abandonnée…

Le soleil se couche, les quelques touristes vus depuis une heure ont maintenant disparus. Je suis seul, au milieu du désert, avec cette ville morte autour de moi. Il y a une musique aussi, qui se lance toutes les 30 minutes, un peu jazzy, qui dure 5 minutes, horriblement forte et qui sort de nulle part. Je ne flippe pas, mais ce n’est pas loin. Avez-vous vu le film « La colline a des yeux »? C’est l’histoire d’une famille qui part en camping-car en vacances, qui se retrouve à devoir dormir dans le désert suite à une panne et qui se fait torturer/violer/brûler vive et autres par des humains ayant subis des transformations génétiques (car irradiés suite aux essais nucléaires)… C’est marrant comme ce genre de conneries et de souvenirs de film reviennent en mémoire dans ces moments-là ! (il y a eu de nombreux essais nucléaires dans le coin).

Je dormirais mal, comme prévu, mais je me réveillerais entier.

Désolé si c’était long et pour une chute décevante mais c’était vraiment malaisant !


Le lendemain, j’entame la route à jeun avec la ferme intention de trouver un café digne de ce nom et kitsch à souhait pour le petit-dej’.C’est chose faite à Ludlow, la ville suivante ! La ville est aussi morte que la première, mais au moins il y a de la vie au café : la mamie-proprio a du jus ! J’engloutis un dej’ qui me fera tenir toute la journée, fais mes quelques photos et reprend la route…

S’en vient le Bagdad Café, à Newberry Springs, 3ème et dernière ville du tronçon encore debout. Ici a été tourné le film du même nom, succès apparemment populaire que chez nous ou presque. Les murs sont couverts d’inscriptions ou de drapeaux, à 75% français.

Sentiments étranges donc, comme je disais. Sentiment d’être de trop : il n’y a plus de vie ici. Sentiment de gêne : on a l’impression d’assister à l’agonie d’une bête blessée, avec ces quelques personnes qui essaient de faire subsister le mythe. Sentiment d’amertume : quelle gueule ça devait avoir à l’âge d’or !

Voilà ce qu’il reste de la Route 66, la « Mother Road », sur ces 150kms : 3 villes, pour des centaines de ruines encore visibles et bien plus encore ayant déjà disparues. Ici, le désert a repris son territoire. Que Vegas se méfie (si seulement… !)

Probablement un ancien garage à gauche; A droite, faut faire travailler l'imagination.... 
Station essence à gauche, qui a le mérite d'avoir encore ses murs, contrairement au motel de droite qui n'a plus que l'enseigne.. 

J’arrive donc en Californie par la Route 66 et par le désert. C’est montagneux, sec, il n’y a guère que les golfs qui verdissent le tableau.

Je vise Temecula, une ville qui semble de moyenne taille sur la map et qui a 2 mérites : elle est sur ma route et c’est une région viticole (depuis le temps qu’on nous parle de vins californiens, faut bien y goûter à un moment donné.. !).

Des vignes verdoyantes au milieu du désert: on comprend pourquoi ça crame régulièrement 

Première leçon : une ville de taille moyenne en Californie équivaut à une préfecture française. Il faut dire qu’ils sont 39 millions sur un territoire grand comme 2/3 de la France (jusqu'ici tout va bien), sauf que nous, on n’a pas les déserts… Seconde leçon : à se laisser guide par ses vices (ici le vin) on finit par provoquer son karma… Je n’atteindrais jamais la première cave de dégustation, ma ligne d’échappement ayant cédé à quelques centaines de mètres d’y arriver !

Après m’être allégé de 150$ pour la réparation, je file plein ouest pour revoir quelque chose d’essentiel à mon bien-être : la mer :D

J’atteins Oceanside, m’y baigne et prends le pouls de la Californie « surf et cool » : jusqu’à San Diego, les plages s’enchaînent, les villes orientées faussement surf et véritablement riche aussi. Il y a bien des gens « normaux » qui viennent surfer ici avant ou après le boulot par exemple, au milieu des touristes de tout poil, mais ils vivent dans les terres loin des résidences privées et resorts en tout genre.

Quelques ingrédients indissociables des plages californiennes: des perchoirs à lifeguards, des jetées, des pélicans et des surfeur...


San Diego : un goût de vacances

17 août : j’atteins San Diego avec le jour d’avance du mec qui a le sens du planning (lol). Demain, on se retrouve entre copains dans une maison de bord de plage et ce pour 5 jours. Au programme : baignades, beach-volley, beach-soccer, apéro, ballades, kayak…. Et on n’oubliera pas la raison qui nous a tous emmené ici : le mariage de Charles :D

San Diego a une atmosphère à part. Pourtant grande par la taille et les activités (il s'agit de la 2ème plus grande ville de Californie), on ne l’imagine pas ville business avec toutes ses plages, ses palmiers, ses parcs d’attraction, son ciel bleu omniprésent. C’est peut-être parce qu’on vivait dans une bulle remarquez, ou parce qu’atteindre cette ville avait une saveur particulière pour moi : ça y est, l’objectif était atteint, je ne pouvais plus avancer dans cette direction, le camion était stocké pour quelques temps (je rentrais en France ensuite). Je pouvais souffler.

Ca choquera peut-être ce terme « souffler », mais ne croyez pas que la vie sans job et sur la route est une vie rêvée sans stress et contraintes, sans peines et sans blues. Si je devais regarder derrière, ce périple était exigent (en terme de rythme par exemple), challengeant sur le plan technique (je n’avais jamais mis les pieds dans un camping-car avant cela), formateur sur le plan moral (vivre seul est –je pense- contre-nature)… mais putain, qu’est-ce que c’était bon !!!

Maintenant, c'est l'heure du retour en France pour une quinzaine de jours!

Publié le 18 octobre 2017

Attention, article long.

9 septembre : me revoilà au camion après 34h de trajet depuis Paris. Première étape : faire les courses, faire le plein, faire…. Stop ! La première étape fut une sieste…longue…très longue…de 15h… !

Tout a donc repris le 10 septembre. Départ de San Diego, objectif Vancouver à la fin du mois, soit 2500 à 3000 kms sur le papier, pour un trajet autant que possible par la côte !

Première étape à Huntington Beach, réputée pour ses vagues et ses plages. J’y goûte généreusement via une matinée sportive sur le bord de mer. Le soleil est là, toujours…à croire qu’il habite la Californie….

Je retrouve Johan à Venice Beach, Los Angeles, point de départ d’un bout de route ensemble qui nous mènera jusqu’au nord de San Francisco (Soit 1000 kms, à une vache près).

Venice Beach, j’en ai entendu parler, dans les séries et films, je savais que je reconnaîtrais mais je n’aurais su y mettre des images avant d’être sur place. Sont forts ces américains ! En fait c’est ce bord de mer où les filles font du roller en bikini, où les hommes font de la muscu huilés et où les palmiers rivalisent de hauteur.

Parce que prendre des filles en bikini en photo, c'est mal vu, vous n'aurez que la muscu plein air. Et les palmiers. 

Ce soir on dormira à Santa Monica, une des villes englobée par Los Angeles.

Parlons-en tiens, de Los Angeles. C’est un monstre difforme, énorme, dont on ne sait définir les contours. Même depuis un point culminant, ici le Griffith Observatory, la pollution brouille la vue avant qu’on ne puisse distinguer les bords de l’agglo de 20 millions d’habitants.

Rouler dans cette ville est une affaire de patience. En terme de transport en commun, il n’y a que 5 lignes de métro. Il n’y a pas que ça mais j’utilise cet exemple pour mettre en avant la chose suivante : si t’as pas d’automobile aux US, t’es foutu (ça c’est la généralité) ; et si t’en as une à Los Angeles, dans une telle urbanisation, bah t’es foutu pareil!

On ne passera moins de 48h à LA, juste le temps de se balader une journée du côté d’Hollywood, de l’observatoire, puis Beverly Hills histoire que j’épate tout le monde avec le camion :D


Pacific Coast Highway

Ou Highway 1, c’est une route qui longe le Pacifique d’une frontière à l’autre (remplacée parfois par la 101 tout de même). Elle est incroyablement belle paraît-il, voyons ça de nos propres yeux !

Malibu, Santa Barbara, Pismo Beach, Santa Cruz, Monterey… On avance à petit pas, mais on profite !

Santa Barbara | Pismo Beach |Des combi | Santa Cruz | ses phoques | Pismo bis | In-n-Out burger | Santa Cruz bis

On retrouve Charles et Stéphanie, les néo-mariés, pour une journée à Carmel et Monterey. La première des deux est une ville à mi-chemin entre Deauville, La Baule et la Côte d’Azur en terme de fréquentation et de construction tape-à-l’oeil. Le « fun fact » de la ville tient dans le fait que Clint Eastwood y a été maire J. Une route scénique rejoint les 2 villes entre elles : les villas (enfin le peu qu’on en voit) sont magnifiques, la côté déchiquetée également… On rate au loin « l’envol » d’une baleine, on ne verra que les énormes projections d’eau suite à son plongeon…on aura beau scruter la mer ensuite, on ne verra que les souffles des cétacés s’élever dans les airs, guère plus. On se réconfortera comme on peut avec les colonies de lions de mer qui peuplent le rivage !

Les retrouvailles sont trop courtes, on dormira 3 nuits chez eux ensuite, le temps pour nous de visiter San Francisco… !


San Francisco, la douceur

Voilà une ville où on se sent bien. La mer, la baie, le soleil, les jetées, les parcs, les plages, l’architecture raisonnée, les maisons victoriennes, Alcatraz… Certes, on ne verra qu’un dixième de la ville, mais putain, quel pied ! L’atmosphère est détendue, on sent qu’il y a de la vie, du business, que des choses s’y passent, mais pas de la même manière qu’ailleurs. La Silicon Valley est à deux pas, cela doit jouer son rôle… Après une première journée 80% marche 20% bouffe (on a vraiment abusé dans Chinatown), on optera pour la location de vélos sur la seconde et on en profitera pour traverser le fameux Golden Gate Bridge !

Ce pont a quelque chose de majestueux. Je n’étais pas convaincu au départ, je trouvais qu’on en faisait trop, que ce n’était qu’un ouvrage d’art parmi tant d’autres ; mais lorsqu’on s’en approche, qu’on le foule, qu’on le traverse, quand on le voit émerger de la brume ou capter le soleil avec son revêtement orangé, il fascine… J’ai du prendre 100 photos de ce pont, sous tous les angles qui s’offraient à nous sur le parcours, seul j’aurais pu en prendre le double je pense (Désolé Jo !)…

Une fois le pont passé, vous vous retrouverez quasiment en pleine nature, entre collines verdoyantes, forêts, phares et plages "sauvages". Il y a aussi des vestiges de sites de lancement de missiles et de bunkers (guerre froide). L'ensemble "vert + ruines" donne un sentiment d'être peu ou plus exploité et contraste avec la métropole. De quoi s'évader, prendre une dose de fraîcheur en cas de trop plein d'urbanisme!


Seconde tentative pour la dégustation de vins…

Un des vignobles les plus côté en ce qui concerne les vins californiens est situé dans la vallée de Napa, au nord-est de San Francisco.


Diaspora iranienne: Johan a un jour croisé un couple d’iraniens sur un trottoir parisien dont il reconnu la langue. L’homme était neurochirurgien à LA (et par conséquent, était méga-riche, et par conséquent, avait un énorme réseau de mecs comme lui). Une fois en Californie, Johan a contacté cet homme. Quelques nuits d’hébergement en manoir plus tard, Johan obtenait l’adresse d’un autre iranien producteur de vins haut de gamme à Napa. Par chance, c’était sur notre chemin….non on a fait un détour en fait :D

Si on devait synthétiser l’expérience chez Darioush, je choisirais ces mots : la folie des grandeurs. L’homme a donné son nom à son domaine, puis aux meilleurs de ses vins, ensuite il a fait construire une copie des colonnes de Persepolis (capitale de l’empire perse, construite sur ordre de…Darioush 1er) à l’entrée de ses bâtiments.

On est un tout petit peu intimidé à l’idée de se rendre dans ce lieu si exclusif. Pour la peine, on se fringue avec les mêmes habits qu’au mariage (Charles, si tu me lis…pardon ^^). Pour le moyen de locomotion, on ne peut pas tricher en revanche : c’est en camion qu’on entre timidement dans l’allée qui mène aux colonnes.

Darioush n’est pas présent mais nous a dit de demander à voir « Ryan ». En attendant le type dont on connaît que le prénom, on nous installe au bar en verre feuilleté qui trône au centre de la pièce. Colonnes, tableaux, sculptures, joaillerie… le luxe est omniprésent. On attaque la dégustation de 5 vins, facturée 40$. Ma foi, c’est une expérience unique, on se l’offre sans regret. Vient le fameux Ryan, s’en suit une longue discussion sur lui, nous, Darioush, les lieux, le vin, les voyages… Grâce à cet échange, on nous emmène ensuite dans une des caves privées du propriétaire. C’est la folie : les meilleurs noms et meilleurs crus français sont là, sagement rangés. Petrus, Cheval Blanc, Château Angelus, Château Mouton-Rothschild, des Romanée-Conti, Clos de Vougeot et j’en passe… Ceux d’autres pays évidemment, bien qu’on n’ait pas la même connaissance du vin étranger et donc qu’on ne puisse apprécier toutes les bouteilles à leur « juste valeur », ou plutôt à leur caractère exceptionnel. Il y a les bouteilles de la maison également, les mieux mises en valeur. Evidemment. Il s’agit d’œuvres uniques : point d’étiquettes, à leur place le verre de la bouteille est gravé, puis peint à la main… Les bouteilles valent plusieurs centaines de dollars chacune pour les plus petites, 1500$ le double-magnum (3L), 6000$ le salmanazar (9L)… Dernier chiffre : l’homme a 30000 bouteilles au total dans sa collection privée.

On remonte de là pas tout à fait comme on y est entré ; on fait quelques dernières photos pour les souvenirs, on s’en va à la réception pour payer… « c’est offert Messieurs » (il l’a dit en anglais, quand même). « Vous connaissez Darioush, de près ou de loin, cela nous fait plaisir », voilà en quelque sorte les derniers mots que l’on entendra avant de sortir des lieux…

Sur notre élan, on restera à Napa pour y dormir et déguster « quelques » autres verres de vin le soir-même dans les bars du centre-ville…

Les "étiquettes" de bouteille à la Darioush: verre gravé puis peint à la main. Splendide. 



Napa > Vancouver, le retour au mode solo

On se quittera Jo et moi le lendemain de cette expérience hors du commun. Son projet est de descendre aussi loin qu’il le pourra en Amérique du Sud, au guidon de sa moto, et ce au départ de LA. Bon vent poto !

Je retrouve la côte au Nord de la Californie. Avant d’en sortir, j’ai un dernier objectif : voir les séquoias géants dans le Parc National de Redwoods. Je le redis : j’aime les arbres. Ce serait trop long et confus d’expliquer pourquoi.

Les séquoias géants en chiffre : 100m et + de hauteur, 1500 ans et + d’âge, 7m et + de diamètre… Je ferais une belle rando au milieu de cette forêt magnifique. Photos à venir, j'en ai déjà trop mis dans cet article 😀

Publié le 8 février 2018

Oui, je suis à la bourre dans la rédaction! On repart en septembre 2017...

J'avais promis des photos des séquoias géant dans le précédent article, en voilà!

4/4: un sequoia déraciné est tombé sur le chemin, et vu la bête, il était plus simple de tailler dedans que de le tronçonner! 


Oregon, la côte sauvage

L’Oregon gagne à être connu : beaucoup moins touristique que la Californie, la côte y est plus sauvage, naturelle, apaisante. En gros, plus belle?

La géologie des lieux fait que des monolithes sortent du sable et culmine à plusieurs dizaines de mètres pour certains ! C’est très beau à voir et à photographier. Autre bon point à accorder à l’Oregon : il est permis de stationner pour la nuit sur le bord des routes. Cela me permettra de dormir dans certains des plus beaux spots du périple !

Cannon Beach et Gold Beach 
Deux nuits, deux spots assez sympas 

S’en suit l’état de Washington, dont je suis bien incapable de parler : j’ai volontairement choisi de le rusher (traversée de l’état dans la même journée) afin de rejoindre Vancouver ce jour, lundi 25 septembre. Pourquoi rusher? L’état est frontalier avec le Canada, ce qui permettra à l’avenir de le visiter facilement si le cœur nous en dit. Surtout, Amélie a atterri aujourd’hui… !

La route reprend à deux maintenant! A nous Vancouver, les Rocheuses et ses parc nationaux mondialement réputés, le tout agrémenté des couleurs de l’automne !

Vancouver > Rocheuses > Vancouver, une boucle de plus de 2000 kms!

(je reviendrais sur Vancouver et notre avis sur la ville dans un autre article)

Cette province (la BC, pour British Columbia) est donc la plus à l’ouest du Canada, entourée par le Pacifique, les USA, les Montagnes Rocheuses et le Grand Nord. On est le 30 septembre, c’est parti pour voir les couleurs de l’automne en filant vers l’Est jusqu’aux Rocheuses.


Osoyoos

Le premier stop est à 450kms dans les terres, le long de la frontière. Il s’agit d’Osoyoos, le désert du Canada. Sans blague, c’est vraiment sec et a des faux airs de décor de western ! On a beaucoup roulé et la fatigue se fait ressentir. J’ai pris l’habitude de rouler fort sur les derniers jours aux USA, mais après 4 jours sur Vancouver, ça pique, même pour moi qui ai l’habitude.

C’est la ville la plus au Sud de la Vallée de l’Okanagan. Cette dernière est surnommée « le verger de la BC ». Réputée pour ses vins, elle l’est également pour ses fruits et la beauté de ses lacs. Cela ne choquera personne, l’aspect vin a été décisif :D

Osoyoos et le bas de la vallée de l'Okanagan 

Kelowna, nouvelle capitale de l’ouest pour le vin

De 5 vignobles au début des 90’s, on est passé aujourd’hui à plus d’une centaine. L’élément déclencheur semble avoir été la médaille obtenue par le domaine Mission Hill lors d’un concours à Londres en 1994. La légende raconte que le jury est retourné en coulisse pour goûter de nouveau le vin, pensant avoir fait erreur lorsqu’ils se sont aperçu qu’il s’agissait d’un vin canadien (dans les concours, les vins se testent à l’aveugle).

On arrive un peu tard pour les fêtes des vendanges mais on trouve tout de même des vignobles offrant des visites et dégustations gratuites. On choisit le Summerhill vineyards, vignoble certifié bio. Avec ses coteaux en bord de lac, l’attente pour le tour est un plaisir.

Un bout de vigne, une petite grange typique et le lac Okanagan 

Rouge, blanc et « champagne » sont à l’honneur. Après une brève explication sur la vinification, c’est une dégustation de 6 vins. La robe est belle, les vins semblent bien fait bien qu’ils n’aient pas la finesse de ce que l’on peut trouver chez nous, chauvinisme mise à part. Il s’avère que les canadiens n’ont pas les mêmes goûts que nous en matière de vin, ni les mêmes critères de sélection. Ils se réfèrent à un cépage plutôt qu’à une région sur les étiquettes par exemple. Autre fait à connaître : le prix. Le vin coûte très cher ici, qu’il soit bon ou mauvais, local ou australien, bio ou non… il n’y a pas de différence. Les taxes y sont pour beaucoup. D’ailleurs, le vin (et plus généralement l’alcool) n’est vendu que dans des boutiques bien identifiées et gérées par les provinces: SAQ au Québec (Société des Alcools du Québec) ou BC Liquor Stores ici par exemple.

En cherchant des infos sur la vallée, je suis tombé sur ce mec : http://www.wine-explorers.net/ . Il s’est lancé dans la création d’une encyclopédie du vin, donc il se balade dans le monde pour répertorier les vins et vignobles. Jaloux.


Kettle Valley Rail Trail, une rando atypique

Jamais les derniers quand il s’agit de partir en rando, on a repéré un trail particulier sur les hauteurs de Kelowna, à Myra Canyon. La première particularité à laquelle on ne s’attend pas est la route d’accès : non goudronnée, très pentue, sinueuse et foisonnante de nids de poules. En camion, ça paraît interminable.

La vraie particularité est qu’il s’agit d’un sentier de 12 kms sur l’ancien tracé de chemin de fer qui reliait la côté Pacifique au reste du Canada. Le Kettle Valley Rail donc, long de 180 kms à travers les canyons, qu’un ingénieur s’est mis en tête de réaliser lorsque tout le monde le croyait impossible.

A flans de collines, on peut emprunter les ponts en bois (ou en métal, modernisés par sécurité) qui permettaient de relier les versants. C’est rustique et impressionnant. Lorsque l’on s’attarde sur les structures en bois, on peut dire que le génie humain a œuvré ici. Malheureusement la nuit tombe et nous ne ferons que 20% du sentier.

1/6: Vue sur Kelowna depuis le trail; 3/6: on aperçoit un des ponts en bois sur la gauche; 5/6: une photo volée à Google pour appr...


Revelstoke, dernière ville avant les Rocheuses

Les neiges éternelles recouvrent maintenant les sommets au loin, on gagne peu à peu en altitude : les Rocheuses nous tendent les bras. La ville de Revelstoke fait office de dernière halte avant la traversée du Glacier National Park et un no man’s land de 150 kms. Réputée pour être un point de départ pour sports extrêmes (escalade, ski héliporté), Revelstoke a un charme inattendu avec ses petites boutiques, ses rues fleuries, son architecture typique. Ca a des allures de nid lové en creux de vallée. Si le coeur vous dit d'aller par là-bas, on recommande un stop au Mountain Meals pour un encas ou un café !

On profite des commerces présents pour acheter de quoi isoler un tant soit peu les fenêtres du camion. On commence à être en altitude et bien qu’on soit début octobre, ça gèle. Pour une douzaine de dollars, on achète des rouleaux de papier-bulles et du scotch. L’hypothèse est la suivante : les bulles contiennent de l’air, l’air est isolant. CQFD!


Glacier et Yoho National Parks

On décide de passer la nuit dans un camping de Glacier National Park et d’y randonner. Sans électricité, on ne peut démarrer le chauffage du camion. Cest le moment pour notre isolation de faire ses preuves. L’air serait tombé à -6° cette nuit d’après la station météo la plus proche, on a survécu, mission accomplie !

Ce premier parc d’altitude est un début très prometteur.

On enchaîne le lendemain avec le parc Yoho. En accès rapide depuis la route, on y trouve le Lac Emeraude. Sur son chemin, en avant-goût se trouve le Natural Bridge, la formation naturelle d’un pont par érosion de la roche. La couleur de l’eau dans cette région est d’un bleu très pur, lumineux mais opaque, cristallin... difficile à décrire. Ce sont des sédiments de roche en suspension dans l’eau qui lui donne cette robe.

Le lac Emeraude est d’une beauté folle. Même si on a déjà vu des images de ces lacs canadiens dans des magazines ou sur internet, ça reste incroyable de les voir de ses propres yeux. On peut en faire le tour à pied, vivement conseillé pour s’éloigner des bus de chinois. Le soleil est là, la chaleur aussi… Serait-ce donc le fameux été indien ?!

Le lac, le "modeste" Lodge et un petit pivert en action 

Lake Louise, ville au ratio touristes-développement urbain le plus improbable

C’est une ville dont je connaissais le nom pour sa station de ski. S’il s’agit du poumon économique, il faut ajouter les nombreux lacs (Louise et Moraine pour les plus connus), les randonnées et les points de vue époustouflants pour se rendre compte de l’attractivité de la région. Situé dans le nord du Parc National de Banff (élu plus beau parc du Canada), c’est également le point de départ de la Promenade des Glaciers, ou highway 93. Longue de 230 kms, cette route est une des plus panoramiques au monde. J’y reviendrais plus tard.

Tout ça pour dire que l’on est en droit de s’attendre à un concours de barres d’immeubles en mode station de ski française, avec des hôtels, restaurants et resorts à tous les coins de rue. La réalité est toute autre. Le tour de force est d’avoir protégé la zone en Parc National et donc d’avoir limité le développement urbain. C’est à se demander où les gens se logent et se nourrissent en pleine saison !

On choisit une belle randonnée passant par le Lac Annette et, si les conditions sont bonnes, on poussera jusqu’à Giant Steps Waterfalls.

Ca caille sévère, le lac en témoigne !

Le soleil est là, la motivation aussi, on pousse un peu plus loin donc en traversant un champ de roches surplombant la Paradise Valley. On arrive aux Giants Steps pour une pause déjeuner bien méritée. "Giant" est exagéré, mais ça valait franchement le coup.

On se sent de taille à faire quelque chose d’un peu fou (ou con, la frontière est mince parfois): passer le Col Sentinel et redescendre de l’autre côté sur le Lac Moraine. Le temps, le moral, le physique, tout est ok. Le camion ne sera pas au bout mais une navette ou un coup de stop s’envisage. En route.

On voit bien des crêtes en face de nous, mais on n’imagine à aucun moment que c’est ça, le col Sentinel. D’une, c’est haut et abrupte et de deux, il n’y a pas de chemin visible. On avance et petit à petit on se rend à l’évidence : on va devoir prendre des risques à gravir des rochers instables, à repérer des traces de pas d'autres randonneurs dans les "touffes" de neige pour s’orienter. C’est à l’ombre, silencieux, inquiétant lorsqu'on entend des cailloux qui se détachent et dévalent les pentes autour. C’est assez irréel d’être là, mais maintenant on est trop avancé pour faire demi-tour : la descente est plus dangereuse encore. Je bluffe pas, pour preuve, je n’ai pas de vidéos ou de photos de l’ascension car trop concentré, trop anxieux, trop risqué.

On est à l’ombre, ça caille (2600m d'altitude), ça tire sur les cuisses. Le col est en vue depuis une heure déjà peut-être mais on a l’impression qu’il ne se rapproche jamais !

Au bout, la vue à 360° et le soleil nous font réaliser que l’on vient de faire quelque chose un peu bête certes, mais tellement beau !

Cadrage à revoir, mais l'important n'est pas là 😀
Au fond de la vallée à gauche: Giant Steps, d'où nous venions; A droite, vue sur la vallée des 10 pics (ici, la rando est balisée)

Une vingtaine de kilomètres pour je-ne-sais-plus-combien de dénivelé positif. Ça se terminera par un retour en stop au camion, embarqués d'ailleurs dès la première voiture. Tout nous aura souri aujourd’hui !


Highway 93 ou Promenade des Glaciers

C’est une bande de bitume de 230 kms au milieu des glaciers avec pour point de départ et d’arrivée Lake Louise et Jasper. Vous avez peut-être déjà vu dans des pubs ou magazines voyage des photos de route linéaire surplombée par d’énormes montagnes. C’est ici.

De nombreuses haltes sont possibles pour les points de vue et les départs de rando. Plus rares sont les haltes commerciales. Une seule station essence sur cette portion, regroupée avec motel, épicerie, pub et autres à Saskatchewan River Crossing. Aucun réseau téléphonique sur toute la route, autant vous dire qu’il faut prévoir où dormir le soir si vous entamez la route en milieu de journée ! Car oui, l’erreur à ne pas commettre est de sous-estimer le temps de parcours. C’est simplement époustouflant à chaque kilomètre, surprenant après chaque virage, pour peu que la météo soit avec vous. On vous interdit de prendre la route tard et devoir la finir en rushant ou pire, de nuit, pour atteindre l’autre bout et votre hôtel. Le plus rusé serait de dormir sur le trajet, soit dans le motel (bien que douteux), soit en camping. Cela vous permettrait d’admirer (encore une fois, si la météo est avec vous) un ciel pur sans pollution lumineuse. Renseignez-vous avant, surtout si vous y allez en haute saison.

Entre vues depuis le siège passager et randonnée dans la neige

Si le coeur vous en dit et vous emmène là-bas, notre conseil : à Saskatchewan River Crossing, sortir de la 93 et prendre la 11 direction Edmonton. Au bout de 50 kms, vous aurez un Public Access Land qui est une zone de camping libre. En bord de rivière et au milieu des montagnes, vous ne trouverez jamais meilleur camping à la fois autorisé et gratuit. Peut-être notre meilleur spot, à peine gâché par une souris qui s'est incrustée dans le camion et a mangé notre pop-corn toute la nuit, sans réussir à la repérer évidemment...

Pas mal le spot non?! 

Un des highlights de la 93 est le glacier Columbus Icefield. Prévoyez la petite laine : on est très haut, au pied du glacier. On peut s’y rendre d’ailleurs en garant son véhicule sur les nombreux espaces prévus et en randonnant.



Jasper, village aux allures de station

Notre chance est peut-être de visiter tout cela entre 2 saisons. On est mi-octobre, la saison estivale est derrière et la neige n’est pas encore là, du moins pas suffisamment pour ouvrir les pistes. Jasper est située sur la route qui relie Edmonton à la BC. C’est peu peuplé, mignon. A l’inverse de Lake Louise, Jasper a un côté village. A la nuit tombée, les wapitis viennent brouter l’herbe de l’esplanade située devant la mairie.

On profitera de cette ambiance pour y passer quelques jours, entre randonnées (celle des Cinqs Lacs et la ballade dans la mine désaffectée Pocahontas) et baignade dans les sources thermales de Miette Hotsprings.

Un wapiti, un bout de Jasper, Les couleurs des Cinq Lacs et une vue de la mine Pocahontas... 

La ballade dans les Rocheuses s’arrêtent là, on repique maintenant vers l’Ouest.



Kamloops l’austère

Nous arrivons à Kamloops en milieu d’après-midi. On s’aperçoit que le peu de spots repérés sur les applis pour garer le camion et dormir sont soit obsolètes, soit très glauques. On tente notre chance sur le parking d’un cimetière, contre une voie ferrée. C’est aussi charmant que ça en a l’air mais ça fera l’affaire : après tout, on ne va pas déranger les morts. Le hic c’est que nous sommes en réserve indienne et on se fait vite dégager. Trop de mauvais plans se sont enchaînés ici, c’est un signe. On reprend la Transcanadienne et on finit par trouver un provincial park campground à Savona, le long d’une rivière, tout à fait correct sur le plan qualité/prix.


Sea-to-Sky Highway, modeste nom pour l'autoroute Whistler - Vancouver

La route pour Whistler par le nord se fait via la ville de Lilooet. Il ne faut pas manquer la station essence ici car vous n’aurez qu’un no man’s land de 100 kms ensuite (ce qui me vaudra le baptême du jerrican d'essence) !

On s'arrête sur la route à Joffrey's Lake, un peu par hasard, sans savoir à quoi cela ressemble.... Cela valait-il le coup? A vous d'en juger! :

L’arrivée à Whistler se fait suite à une descente en lacets assez rude. J’y laisse des freins. L’effort en vaut la peine tant la ville est une oasis dans la montagne. C’est ici que les JO de 2010 ont eu lieu et ça se sent. C’est beau, neuf, on a la chance d’être en automne et d’avoir du soleil pour profiter des couleurs des arbres. N’espérez pas en revanche avoir le même sourire pour l’hébergement. C’est très cher et d’une qualité toute relative ! Il paraît qu’en hiver, c’est un enfer…

On visite le musée Audain, très beau d’un point de vue architectural et très riche au niveau de la collection d’art des Premières Nations !

Autre point à ne pas manquer sur la route: les Brandywine Falls et Shannon Falls!

Après une halte dans la ville de Squamish plutôt bien sentie car une tempête se préparait, la boucle est bouclée: retour sur Vancouver.

Retour à la civilisation, mais pas pour longtemps: nous sommes le 2 novembre, nous partons dans quelques jours sur Vancouver Island où nous comptons bien continuer à explorer entre deux de travailler chez l'habitant!

Publié le 25 mars 2018

Le parcours avait débuté au Québec en Juin dernier. 17000 kilomètres en camion plus tard, après s'en être séparé de l'autre côté du pays, s'être fait un dernier voyage le long de la côte Pacifique (dans le sens Nord > Sud cette fois), nous voilà de retour au Québec.

La suite va être un peu moins consacrée au voyage et pour cause, on va devoir travailler. On voyagera d'une autre manière, dans un autre périmètre plus restreint, sur des périodes moins longues (les week-ends quoi)... Bien qu'on soit allé loin pour découvrir des endroits splendides, nous savons que des spots pour s'évader, il y en a partout.

L'autre bonne nouvelle c'est que bientôt donc, on aura une adresse, fixe, après 9 mois de "nomadisme". Ça signifie que vous pourrez poser vos congés et passer nous voir!