Bien, comme me l'a justement fait remarqué Grégoire, j'ai réussi à passer à GDANSK sans voir la mer… Pour VILNIUS, aucun risque, celui (ou celle voire celles) qui me trouve la mer c'est blacklist de suite!
Aujourd'hui, des anecdotes, des pensées et bis repetita! Dans l'ordre, ou pas!
Donc 620 kms proposés en 8h par le GPS.
Commençons par le trajet. D'abord pas grand-chose, rien de rien, même autoroute qu'hier. Juste quelques faits de route. Un dépassement surprise par une très belle AMG, aucune idée de la vitesse mais nous étions déjà tous sur un bon multiple de vingt, juste vu l'écusson à l'arrière. Le plus surprenant pas de déplacement d'air et pas de bruit outrancier. C'était efficace.
Un joint de dilatation un poil proéminant qui m'a décollé de la selle. Un moineau dans la tête de fourche et un gros insecte qui a laissé une belle tâche jaune, ça a gratté un bon moment!
Entre OLSZTYN et KAUNAS, beaucoup de nationales ou départementales (ou équivalent) en très bon état. Peu de trafic, température idéale, alternance de forêts et de zones d'étangs, des maisons en bois, des églises orthodoxes en bois ou en briques. L'air pur de la campagne chargé des effluves de l'épandage... Ceci dit, le polonais rurale est très blagueur, il est assez fréquent d'en trouver en face de soi, sur la même voie de circulation, car il a coupé son virage. On retrouve le même comportement chez le roumain, un lien de parenté éloigné (ou pas)?
Faudrait tester les sacoches sur leurs fixations spéciales car sur ce montage elles gênent trop pour poser le genou. Faut mettre un coup de talon pour positionner le pied, se décaler, s'asseoir dessus, pousser sur le guidon pour retrouver la position, mettre sur l'angle, poser, relever, au retour accrocher le tendeur avec le bas de la veste, remettre en place... Bon voilà quoi. Du coup, je pose pas, je mets un peu plus d'angle et les pneus sont à peine boulochés.
L'arrivée sur VILNIUS, je n'aime pas comme la dernière fois, ça fait vieille zone industrielle.
Tout ça permet de se laisser aller à la comparaison des évènements quotidiens. Par exemple, le spectacle du petit-déjeuner d'hier était beaucoup mieux que ce matin. A PRAGUE, c'était un groupe de jeunes danseuses du ballet européen avec le chignon tiré à 4 épingles, première partie du stage à MARSEILLE (c'était inscrit sur les T-shirts). Elles ressemblaient toutes à des esses de bouchers, grandes et très fines, les épaules en avant mais très cambrées, avec des grands bras dégingandés. Epaisses comme des fétus de paille. Mais c'est surtout le silence dans les déplacements, pas dans les conversations, mais des déplacements légers, feutrés. Et cette laxité dans les articulations qui fait ressortir les coudes à l'intérieur quand les bras sont tendus. Ah ça je peux pas regarder ça me fait mal! Bon en tout cas il y avait de la vie.
A 8h, je suis allé au buffet. Tous ceux qui chantaient Jésus hier au soir, ils étaient tous là! Un groupe de jeunes familles américaines en plein séminaire! Le seul profane, et le mot est faible, c'est bibi. Pas le choix 3 grandes tables rondes, je prends la place la plus éloignée de tous.
"Hey, Welcome, Enjoy" - "Bonjour, bonjour, merci, spassiba, thank you" (j'avais pas envie de leur parler).
Mais le spectacle a commencé peu de temps après. il restait presque face à moi 1 homme et 4 femmes, c'était peut-être l'un des prédicateurs. Bref, 2 conversations d'un autre monde: le café et l'annonce de la paternité.
Le café
L'une des filles dit : I love italian coffee
Réponses Girl 1: Rhooo Yes
Girl 2: Sure!
Girl 3: So goooood!
Man: oh Yeah!
Puis silence chacun devant reprendre dans son assiette. Le tout dans une voix faussement enjouée tout en étant désabusé et avec le même hochement de tête que les chiens sur la plage arrière des voitures. 1 qui parle et 4 qui hochent la tête.
L'annonce de la paternité
Le type dit : I don't know if it is because I'm in this church but couple of weeks ago I dreamt I had a conversion with God himself and he talled me my girlfriend will soon give birth.
Girl 1: Wonderfull
Girl 2: Excellent!
Girl 3: Marvellous!
Girl 4: I'm so happy! ( ben oui mais pourquoi?)
L'homme reprend la parole: "And the fact, since, she is pregnant!"
Girl 1: Woouoaw
Girl 2: Very good
Girl 3: You'll be a good father!
Girl 4: Crazy!
Puis silence à nouveau, ils ont pioché dans leurs assiettes et sont partis presque en même temps quasiment sans dire un autre mot.
Comme j'avais un peu de temps sur l'autoroute, j'ai laissé vagabondé mon cerveau et ça m'a rappelé un peu la même situation autour d'un café au Liban et j'en ai profité pour imaginer ce que cela pourrait être pour la paternité et aussi pour un groupe de français.
Le café au Liban (histoire vécue dans un camps de réfugiés)
Homme 1: J'aime bien le café on en boit souvent au Liban
Homme 2 à 4 presque en simultané en se tournant vers l'homme 1: Bonne idée fait nous du café
Homme 1: combien on est?
Le reste: 18
Homme 1: d'où 18?
Un des autres: mais oui j'ai la belle-famille (NDLR: mais que les hommes viendront)
Homme 1: ok, c'est tout?
Un des autres: attend, attend, rajoute 1 pour Momo (j'ai oublié le prénom exact)
Homme 1: T'es sur? Je le fais en plus? t'es bien sûr?
Le même: C'est son heure j'te dis, fait confiance, il va arriver, j'te l'dis y va arriver.
Là, le ton est sérieux, ça parle avec les mains, ça s'agite, ça débat.
Le café en France
Acolytes de 1 à 5 comme ça pas de problèmes de genre….
A1: Le café du Bistrouille c'est le meilleur
A2: Attend on va aller en boire un au tabac tu m'en diras des nouvelles
A3: Moi je préfère les capsules N dans la nouvelle version
A4: Il n'y a que les cafetières italiennes qui font du bon café
A5: N'importe quoi maintenant il y la torréfaction basse température, Quand on y connait rien on l'ouvre pas!
A1: justement 5, on en est où du dossier du client avec le défaut de température
A5: ça tombe bien, je voulais t'en parler......
Normalement à ce moment là les 3 autres s'évaporent très vite. Mais c'est pareil il y a de la vie.
L'annonce de la paternité au Liban
Autre mode de vie, en général, on en parle pas par superstition jusqu'à la naissance.
L'annonce en France
Acolytes de 1 à 5 comme ça pas de problèmes de genre….
A1: Je vais être Papa
A2: T'a trouvé le mode d'emploi?
A3: On boit quoi et quand?
A4: Le prochain vous nous le gardez?
A5: T'as la photo du facteur? C'est pour vérifier.
Normalement à ce moment là c'est A1 qui part....
Sur ce, arrivée à VILNIUS, directement à l'hôtel, récupération de la chambre. Retour à la réception:
"Excusez-moi, vous pouvez couper la clim dans ma chambre il fait un froid polaire?" - "Oui on s'en occupe tout de suite on a un soucis dans cette zone de l'hôtel" -"Merci. Tant que j'y suis, le restaurant RESTOBARAS LAGAMINAS vous connaissez? apparemment il est à côté d'ici non?" - " Oui c'est très bien mais ce soir il est exceptionnellement fermé on ne sait pas pourquoi. Ce sont des clients qui viennent de nous en informer"
2 fois en 2 jours!
A la place, je suis allé mangé en face, j'ai voulu faire le pied de grue comme hier mais le rideau était vraiment bien tiré. Réouverture demain à 11H donc je déjeunerai ici avant de partir pour RIGA! Na! Si c'est ouvert...
Au "No. 1 BOKSTO" une pizza avec une pâte fine magique, exceptionnelle! Très bon dessert au chocolat et une IPA sans alcool (toujours en rémission..) bluffante. Pour 17€ dans une capitale.
Un peu d'accompagnement musical pour s'endormir...
Le chien qui hoche la tête est à 1'28, sinon le début de la vidéo pourrait rappeler des souvenirs Reportage sur une coutume locale Un petit côté Tino Rossi non?