1000 kilomètres à vélo en Irlande

Nous sommes partis trois semaines pour découvrir l'Irlande à vélo. Entre lacs, mer et montagnes, nous avons été enchantés par ce pays.
Du 9 au 31 juillet 2017
23 jours
14
KM
0
Nous voilà sur notre tandem Pino Hase !
Nous voilà sur notre tandem Pino Hase !

Les paysages irlandais nous ont souvent fait rêver sur MyAtlas ici et , et c'est ainsi que l'idée de faire l'Irlande a vélo a germé ! Nous visons des étapes quotidiennes de 60 à 70 kilomètres pour prendre le temps de profiter du pays.

Avec notre tandem, acheté pour l'occasion et qui nous est livré le jour-même de notre départ, nous rejoignons l'Irlande en ferry au départ de Cherbourg.

Nous logeons la veille de notre départ à quelques kilomètres de Cherbourg au coeur de la Normandie, aux chambres d'hôtes la longère. Il faudra une nuit supplémentaire avec le bateau pour rejoindre l'Irlande et accoster à Rosslare, à la pointe sud-est de l'Irlande !

KM
101

10 & 11 juillet

Nos premiers coups de pédale nous mènent en direction de Fethard, dans le comté de Waterford. Nous nous sentons toujours en Normandie. Les mêmes routes, la même végétation, la même bruine qui donne l'impression qu'il pleut sans pleuvoir... Bref on est bien, il ne fait pas trop chaud et on pédale allègrement.

60 kilomètres plus tard, nous voilà au phare de Hook Head, sur la pointe de la péninsule de Hook. Du haut de ses 800 ans c'est l'un des plus anciens phares au monde encore en activité.

Avant de rentrer, nous faisons connaissance avec la gastronomie irlandaise avec un festin de homard et fruits de mer, au Templars Inn, un sympathique restaurant qui, nous ne le savons pas encore, sera notre meilleur souvenir culinaire !

KM
182

12 juillet

Une journée passée en train plus tard, nous avons quitté le comté de Wateford pour Killarney, porte d'entrée vers le Parc National de Killarney. À partir de maintenant, nous allons remonter l'Irlande par l'ouest en suivant la côte.

La Parc National de Killarney est un plaisir pour les yeux. Nous serpentons à travers des lacs aux reflets parfaits au pied de la chaine de montagnes Macgillicuddy's Reeks, sous l'oeil vigilant du Carrauntoohil, plus haut sommet d'Irlande.

Les reflets dans le lac Muckross
Ladies View, point de vue magnifiques sur le parc national de Killarney
Du lac Muckross à Ladies View...

Pour les jambes, c'est une autre histoire. Nous enchainons les cols, et notre tandem dépasse difficilement les 5 km/h sur les pentes les plus fortes.

KM
200

13 juillet

La veille encore, le Carrauntoohil baignait sous le soleil et nous avons pu profiter des derniers rayons qui caressent les pentes du sommet..

Le voilà aujourd'hui noyé sous la brume. Malgré tout, nous sommes levés à 5 heures pour grimper ses 1038 mètres d'altitude, sans difficulté technique et accessibles à tout bon marcheur. Il reste un gros défi dans cette ascension : réussir à ne pas se mouiller les pieds et slalomer entre les limaces, les chemins sont particulièrement humides ! 😀

Nous sommes littéralement coincés entre la terre et les nuages

Nous avons choisi de passer sur le versant le moins fréquenté, mais qui offre un passage sur les crêtes. Le temps maussade limite la visibilité à quelques mètres et nous ne pouvons qu'imaginer les paysages.

Finalement, nous atteindrons le sommet et sa fameuse croix au bout de quelques heures d'effort !

KM
300

14 & 15 juillet

Pas de feu d'artifice du 14 juillet pour nous aujourd'hui, nous quittons les montagnes Macgillicuddy's Reeks en direction de la péninsule de Dingle.

Nous arrivons à la plage Inch Beach et ses 10 kilomètres de sable. On s'y baignerait presque si l'eau n'était pas à 14 degrés. Encore une fois, les dunes alentours nous rappellent furieusement la Normandie.

Inch Beach et ses alentours 
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Le lendemain, alors que nous avions prévu d'avancer au bout de la péninsule de Dingle, la pluie et le vent nous dissuadent de nous lancer sur 80 kilomètres d'aventure. Nous faisons un détour par le château Minard Castle et rejoignons notre point de chute suivant à Tralee.

Nous avons déjeuné deux fois au South Pole Inn, un pub fondé par Thomas Crean, né à Annascaul et explorateur de l'Antarctique. Le bâtiment bleu du pub est inratable et la cuisine excellente !

KM
376

16 & 17 juillet

Nous sommes partis depuis cinq jours, et nous commençons à prendre nos repères sur le vélo. Chaque soir, nous analysons également la carte pour trouver la meilleure route pour le lendemain. Chaque kilomètre compte (nous n'avons pas le droit à l'erreur sous peine de perdre plusieurs heures !) mais la distance n'est pas le seul paramètre à vérifier pour savoir quel chemin prendre.

Pour choisir notre route, nous faisons un compromis entre la distance, le dénivelé, les lieux que nous souhaitons visiter, mais surtout le profil des routes. Exit les grandes nationales ou les routes à fort trafic !

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Après la péninsule de Dingle, nous cherchons à rejoindre les falaises de Moher, en espérant que le temps soit de la partie. Notre remontée est ponctuée de villes charmantes et de châteaux en ruines, en passant par de nombreuses côtes sauvages.

Nous passons un agréable moment à Ballybunion, où des commerçants et l'office de tourisme se sont pliés en quatre pour nous aider à réparer un élément cassé de notre vélo.

Ballybunion et son château 

L'Irlande est un pays de château, et celui de Carrigafoyle que nous croisons quelques kilomètres après Ballybunion nous laisse un agréable souvenir. Il faut faire l'effort de grimper ses marches pour profiter d'une magnifique vue au sommet.

Le château de Carrigafoyle 

Chaque coup de pédale nous rapproche des falaises de Moher, et les côtes que nous traversons sont particulièrement belles et préservées.

KM
436

17 juillet

Nous avons absolument voulu profiter des falaises de Moher au soleil couchant et nous n'avons pas été déçus ! La foule a disparu et laisse place à quelques couples assis le long des falaises dans l'attente du moment le plus romantique de la journée 😀

Les falaises de Moher, ce sont 200 mètres de roches qui se jettent dans la mer à la verticale. Ce paysage incontournable d'Irlande vaut à lui seul le voyage.

Les falaises de Moher 

La lumière est belle, et nous profitons pleinement de ce moment.

Alors que le soleil a disparu derrière l'horizon, nous choisissons de prolonger l'expérience encore quelques heures. Nous allumons les frontales et continuons à arpenter le sentier qui longe les falaises. Progressivement, l'ouïe prend le relais de la vue, et le fracas des vagues contre les falaises nous berce alors que la nuit est tombée.

La voie lactée apparaît sous nos yeux, et alors que la nuit est déjà bien avancée, nous rentrons vers notre B&B.

Nous avons particulièrement apprécié notre hébergement à deux pas des falaises de Moher, Island View Bed and Breakfast. Très bon accueil et petit déjeuner.

KM
465

18 juillet

À quelques kilomètres des falaises de Moher, nous prenons le bateau pour rejoindre les iles d'Aran. Nous avons jeté notre dévolu sur Inishmore, la plus grande d'entre elle. Nous accostons après une heure de bateau, suivis de près par un dauphin sur une partie du trajet.

Inishmore, c'est une ambiance minérale qui tranche avec ce que nous avions vu jusqu'à présent. Nous visitons en premier lieu Dún Aonghasa, le monument barbare le plus magnifique d'Europe selon Wikipedia (dún signifie fort), construit pendant l'âge de fer. Il témoigne de l'importance des iles d'Aran à cette époque.

Le fort donne directement sur les falaises, attention où vous marchez ! 

Avec notre vélo, nous passons en revue l'ile et ses curiosités. La pierre est omniprésente. Inishmore est entourée de falaises, de forts et les parcelles de terre sont elles-mêmes séparées de haut murs.

Le trou de ver est l'une de ces curiosités faites de pierre : un rectangle parfaitement taillé dans la roche par l'action de la mer. C'est parfois le support de compétitions de sport extrêmes.

Encore quelques balades, et nous quittons finalement l'ile en saluant la colonie de phoques qui y a élu domicile !

KM
578

19 & 20 juillet

Au débarquement de notre bateau en provenance de Inishmore, nous foulons les terres du Connemara à l'ouest du comté de Galway. Nous avançons avec un vent de face à décorner les bœufs, combiné à une pluie intermittente qui met notre moral à rude épreuve.

Nous tombons malgré tout sous le charme des paysages du Connemara. Nous cheminons sur de petites routes magnifiques, en alternant lacs et tourbières, avec en toile de fond les montagnes du Parc National.

10 minutes de pluie, 10 minutes de beau temps, prendre des photos devient un sport ! 

Nous passons la nuit à Clifden, et nous en profitons pour nous promener autour de son château. Construit en 1818 par le fondateur de Clifden, John d'Arcy, et inhabité depuis 1894, c'est un endroit sympathique pour un coucher de soleil avec l'océan au loin.

Kylemore Abbey

Le lendemain, nous repartons vers le Nord. Nous longeons la Kylemore Abbey. Haut lieu touristique du Connemara, nous sommes un peu déçus lorsque nous apprenons qu'il a été construit dans les années 1800 par un riche anglais pour sa femme. Pas de visite pour nous, nous continuons notre route vers le Killary Harbour...

Le Killary Harbour est l'unique fjord d'Irlande, façonné par un ancien glacier il y a quelques temps déjà. Nous optons pour une excursion en bateau pour le parcourir sur toute sa longueur. Agréable moment où les averses alternent avec le soleil, et où l'on peut déguster sur le bateau les poissons et crustacés élevés dans le fjord.

 Le fjord de Killary Harbour

Le Connemara, c'est aussi des tourbières à perte de vue. Avec son climat frais et humide toute l'année, l'Irlande est idéale pour l'accumulation de tourbe dans le sol, parfois sur plusieurs mètres d'épaisseur. Les tourbières sont encore exploitées par les Irlandais comme source d'énergie, et il n'est pas rare de croiser des maisons dont la cheminée dégage la fumée de la combustion de tourbe, même en plein été.

Extraction de la tourbe dans une tourbière 
KM
694

22 au 24 juillet

Cela fait plus de 10 jours que nous sommes partis, et que nous passons en moyenne 5 heures par jour sur le vélo en Irlande. Après une journée blanche marquée par une tempête, nous prenons la route pour Achill Island. Nous avons choisi de visiter Achill Island alléchés par les photos que nous avions vues avant de partir. Et nous n'avons pas été déçus !

Achill Island est une petite ile magnifique où l'on côtoie des côtes restées à l'état sauvages et des plages paradisiaques. Le soir de notre arrivée, nous passons un long moment à marcher sur la plage de Keel et profiter du coucher du soleil.

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A quelques kilomètres de Keel, c'est Keem Beach que nous découvrons le lendemain. Avec ses eaux turquoises et sa plage de sable fin, cette plage vaut assurément le détour.

De Keem Beach, il est possible de tenter l'ascension du Croaghaun, le point culminant de l'ile à 688 mètres d'altitude. Pas de sentier pour y arriver, mais avec le sommet toujours en vue, nous parvenons en haut sous un temps magnifique.

Temps qui se dégrade subitement dès notre arrivée au sommet. Nous n'aurons pas une vue à 360° cette fois-ci, nous sommes littéralement assiégés par les nuages. Nous profitons de ces quelques instants sur le toit de l'ile d'Achill pour nous reposer et profiter du va et vient des nuages.

Voilà venu le temps de descendre, car le soleil se couche. Nous redescendons sous la couche nuageuse, et équipés de nos frontales nous entamons une marche vers les falaises toutes proches. Le vent souffle et les falaises sont traversées par les nuages. Il s'en dégage une ambiance toute particulière et nous prenons un réel plaisir à parcourir le sentier de crête qui suit les falaises.

Les falaises au bout du bout de l'ile d'Achill 

Alors que nous redescendons vers la plage, la nuit est bien là, et nous nous allongeons sur le sable quelques heures avant de rentrer à vélo dans la nuit noire.

Nous avons dormi sur l'ile d'Achill au Ferndale - Luxury Bed & Breakfast, qui nous a laissé un excellent souvenir. Un poil kitsch - c'est assumé - mais la déco est très travaillée et le petit-déjeuner est à tomber !

KM
869

25 au 27 juillet

Nous quittons l'ile d'Achill et choisissons de nous enfoncer loin dans les terres irlandaises. Les paysages changent alors du tout au tout. Nous voilà sur des routes sinueuses, avec une alternance de plans d'eau et de bosses sous l'oeil bienveillant des montagnes du parc national Ballycroy.

Une terre de dolmens

Plus loin encore nous entrons dans un monde de dolmens avec un premier crochet par le dolmen des Four Maols. On raconte qu'un homme fut assassiné par ses quatre frères, jaloux de sa puissance. Ces 4 frères furent pendus et enterrés sur une colline près de Ballina, et le dolmen érigé au-dessus s'appelle le tombeau des quatre meurtriers.

• • •

Et un autre crochet par le dolmen de Drumanone, l'un des plus vieux dolmens d'Irlande qu'on estime à 3000 ans avant JC. Il aurait servi d'autel funéraire où l'on célébrait rites et cérémonies toute l'année. Il se trouve dans un champ au bord d'un chemin de fer, qu'il faut traverser.


Un coup de coeur à Boyle

Pendant ces quelques jours dans la campagne irlandaise, nous sommes tombés sous le charme de la ville de Boyle. On pourrait passer des heures à flâner dans son centre historique pittoresque et visiter sa magnifique abbaye.

La ville pittoresque de Boyle 

Et à quelques pas de Boyle se trouve le lac Lough Key, qui a la particularité de comporter une ile sur laquelle est construite un château. Romantique !

KM
991

28 & 29 juillet

Le dernier obstacle qui se dresse devant nous avant de rentrer en France est de taille : nous nous sommes fixés pour objectif de traverser le parc national des Wicklow Mountains.

Nous sommes arrivés tôt le matin à Dublin par le train, et de Dublin à Glendalough, ce sont 60 kilomètres et surtout 750 mètres de dénivelé qui nous attendent. Quand on sait que nous grimpons à une vitesse comprise entre 5 et 7 km/h, nous avons prévu le temps.

Des tourbières, encore des tourbières... 

Les Wicklow mountains nous rappellent les tourbières du Connemara, agrémentées d'un soupçon de Rockfleet mountains, le tout saupoudré d'une multitude de lacs irlandais.

Depuis notre hôtel à Glendalough, nous choisissons de passer une journée à randonner dans les montagnes. Balade sympathique autour du lac de Glendalough, qui nous permet de contempler les montagnes et de tomber nez à nez avec une biche.

Beaucoup de lough dans les noms irlandais, et pour cause, lough (prononcer lock) signifie tout simplement lac !

Magnifique biche ! 

Nous avons manqué de peu les 1000 kilomètres, car notre compteur s'est arrêté à 991. Mais au delà de la distance, nous avons vécu une expérience inoubliable en Irlande à vélo.

Cette découverte du cyclotourisme en appelle beaucoup d'autres, et nous avons hâte de reprendre la route avec notre monture pour découvrir d'autres destinations.

À vélo, tout est différent. Tout est plus lent. Nous prenons le temps de discuter ensemble, de découvrir et de prendre un réel plaisir à voyager. Nous voyons sans doute moins de choses, mais tout est plus intense. Nous avons été également agréablement surpris par la courtoisie et les sourires des automobilistes irlandais.

Et en chiffres, cela donne :

  • 🚲 991 kilomètres de vélo sur les routes irlandaises
  • ⏱️ 61 heures sur la selle
  • ↗️ 6300 mètres de dénivelé montés

À bientôt sur les routes irlandaises !

Il ne vous reste plus qu'à compter les moutons ! 

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